ÉTABLIS
Gironde
1 sur 7,849
Boiiches-(lu-Rhône
Scine-Inféi-icuie
Ardennes
Pas-de-Calais
Somme
IS'ord
Rhône
Maiiie-et-Loire
Ibul-Rhin
Moselle
Meurlhe
Doults
Bas-Rhin
Mauclie
Vendée
Charente-Inférieure
llle-el-Vilaine
Finistère
Morbihan
TOTADÎ
De ces divers départements les uns sont situés à l'embouchure de grands fleuves, sur les bortis de l'Océan, ou dans telle autre région favorable à la fabrication ou aux échanges. Ce sont la .Gironde, les Bouches-du-Rhône, la Seine- Inférieure, les Ardennes, le Pas-de-Calais, la Somme, le Nord, le Rhône, Maine-et-Loire. D'autres offrent ou ont offert un débouché plus large qu'ailleurs à la carrière militaire ; tels les départements du Haut et du Bas-Rhin, de la Moselle, de la Meurlhe, du Doubs. Les derniers, Manche, Vendée, Charente- Inférieure, îlle-et-V Haine, Finistère, Morbihan, soni des pépinières de marins. Eh bien, si l'on parcourt ce tableau, on constate que chacun de ces départements fournit, relativement à la population, un nombre d'aspirants au doctorat inférieur à la moyenne, qui est, pour toute la France, de 1 pour 0704 habitants. (Le département qui fournit le plus haut chiffre d'aspirants au doctorat est la Haute-Marne : 1 pour 5191 ; celui qui en fournit le moins est la Loire : 1 pour 30 447.) Une seule exception se présente, concernant le Bas-Rhin, et elle tient vraisemblablement à ce que, à la date où la statistique a été dressée, la plupart des étudiants de ce département, se destinant à la médecine militaire, se concentraient à la faculté de Strasbourg.
Ainsi, là où le commerce et l'iiidustne en grande activité offrent de bonne heure aux jeunes gens de familles aisées des situations toutes faites et lucratives; où de nobles carrières, comme celles de soldat et de marin, les attirent et deviennent souvent héréditaires dans les familles, le recrutement du doctorat trouve peu d'aliments i. C'est un fait qui se dégage nettement parmi toutes les influences dont l'action peut se faire sentir sur le choix des carrières. Aussi, qu'arrive-l-il? c'est que l'officiat semble gagner sur phice ce que perd le doctorat. Les jeunes gens placés dans d'autres conditions sociales se hâtent de remplir les vides : ils vont chercher, dans une école préparatoire ou même dans une faculté, un diplôme du second ordre, et reviennent souvent au pays natal. Le nombre des olficiers de santé pour tout l'ensemble de nos départements en 1866 (5568) étant en 1866 inférieur de plus de moitié à celui des docteurs (11 254), il n'est pas bien loin de lui être égal dans les départements notés au tableau, et il lui est même supérieur dans quelques-uns, tels que le Pas-de-Calais, la Somme, le Nord et riIlc-et-Vilaine. Depuis 1866 un certain nombre de ces départements ont conservé cette élévation relative ou absolue du chiffre des officiers de santé. Ainsi le Nord a encore juste autant d'officiers de santé que de docteurs, soit 228; la Somme, 175 officiers de santé contre 174 docteurs; les Bouches-du-Rhône, 112 officiersde santé contre 243 docteurs; le Pas-de-Calais, 185 officiers contre 108 docteurs; lUe-et-Vilaine, 80 contre 89. Mais dans ces départements mêmes et plus encore dans les autres, comme on a pu le voir tout à l'heure, la proportion des officiers de santé s'abaisse graduellement; soit que les deux ordres de médecins diminuent en même temps et inégalement comme dans les Bouches-dvi-Rhône, la Manche, la Seine-Inférieure ; soit qu'il y ait à la fois augmentation du premier ordre et diminution du second, comme dans la Gironde, les Ardenncs, le Pas-de-Calais, le Finistère. Dans tous les cas il faut reconnaître que les pays qui envoient aux facultés et aux écoles préparatoires peu d'aspirants au doctorat sont d'ordinaire relativement riches en officiers de santé.
On peut voir encore par notre tableau que le nombre proportionnel et la distribution géographique des aspirants au doctorat ne se lient pas aussi étroitement qu'on l'a cru au degré de richesse de leur pays natal. On vient de voir, eu effet, la proportion dès aspirants au doctorat beaucoup plus faible dans les riches départements du Pas-de-Calais, de la Somme, du Nord, que dans la Vendée, le Morbihan, le Finistère ; mais d'autres documents statistiques déposent encore dans ce sens. Par exemple, la proportion des aspirants au doctorat monte à 1 pour 4155 habitants dansTfndre, 1 pour 4700 dans les Landes, 1 pour 5051 dans le Tarn, 1 pour 5095 dans la Creuse, 1 pour 5495 dans la Lozère, 1 pour 6015 dans le Cantal. Il est à noter que le Puy-de-Dôme, contigu au Cantal et plus riche que lui, ne donne que 1 aspirant au doctorat pour 7486 habitants.
Nous n'allons pas certes jusqu'à nier l'influence exercée par le bien-être des populations au profit du doctorat ; mais cette influence n'est pas autant régionale qu'on l'a cru ; elle est plutôt locale. S'il est vrai, et encore une fois nous l'admettons parfaitement, que les familles calculent les chances de profit offertes à la carrière du médecin par le degré de richesse de la contrée, comme
> Nous devons faire observer ici que les registres des Facullés de médecine necompnnnent pas tous les jeunes gens du département de la Bretagne qui embrassent la carrière médicale, une portion notable d'entre eux se destinant à la médecine navale et faisant ries ctudes dans dos écoles s| écia'es.
elles pèsent \n fatigue que peuvent imposer le degré de densité de la population et la conformation du pays, il est néanmoins certain que leur position sociale, le taux de leur fortune, le milieu où elles vivent, interviennent grandement dans leur détermination. Une circonstance d'ailleurs joue un rôle prépondérant. Dès qu'on fait partie de la bourgeoisie française qui a le goût des études sérieuses, qui aime au moins à le voir chez ses enfants, pour peu qu'on soit en état de faire les frais d'une instruction secondaire complète, on place ceux-ci dans les collèges et les lycées. Quand ils en sortent, ces élèves visent presque invariablement au baccalauréat, et, s'ils y atleignenf, non-seulement la carrière médicale est une de celles qui s'ouvrent naturellement devant eux, mais, s'ils y entrent, ils sont presque forcément entraînés vers le doctorat et détournés de l'otficiat, auquel on demande seulement et on n'a pas toujours demandé un certificat de grammaire. Pour ce dernier motif, l'officier de santé se recrute presque entièrement dans la partie illettrée de la population, dans les classes laborieuses, dont les fils, au sortir de Técole primaire, ne peuvent plus recevoir qu'une faible dose d'instruction classique. Les uns et les autres, une fois en possession du diplôme d'exercice, tantôt retournent dans leur pays, tantôt se fixent dans les localités oi!ides informations leur ont appris qu'étaient pour eux les meilleures chances de succès. La pénurie de médecins étant une de ces chances, ce serait par là que l'institution des officiers de santé répondrait au vœu de la loi, si ceux-ci tenaient réellement compte des besoins des populations. Nous avons vu qu'il n'en est rien; mais au moins le mouvement de déplacement qui s'opère parmi les jeunes gens munis du diplôme de docteurs ou officiers de santé, s'il n'est pas assez fort et assez bien réglé pour assurer une égale distribution des soins médicaux sur le territoire, contribue-t-il, en quelque mesure, à corriger de lâcheuses inégalités.
D. La loi de ventôse a manqué son but; telle est la conséquence générale qui ressort le plus clairement de tout ce qui précède. Dès lors se pose cette alternative : ou de réorganiser l'institution elle-même, ou de la supprimer ; alternative subordonnée elle-même à la solution de cette autre question : Dans l'état actuel des choses, mais surtout dans un avenir plus ou moins prochain, peuton attendre du seul doctorat un recrutement des ministres de la sauté suffisant pour les besoins de la population ?
Un des motifs donnés en faveur de la création des facultés nouvelles a été qu'elles deviendraient autant de centres d'attraction transformant peu à peu les aspirants à l'officiat en aspirants au doctorat, suscitant des étudiants et par suite des médecins dans les régions où ils font défaut, accroissant enfin le nombre total des praticiens et entraînant par là même le déversement d'un plus grand nombre d'entre eux dans les pays jusqu'ici peu favorisés. Nous craignons qu'il n'entre dans ce calcul une certaine part d'illusion. Quand on réfléchit qu'il a suffi d'imposer aux aspirants officiers de santé le simple certificat tle grammaire pour faire tomber rapidement le nombre annuel de leurs réceptions, on est peu porté à croire qu'ils ne reculeront pas devant les barrières autrement sérieuses que dressera devant eux la scolaiité des facultés, uniquement parce que l'un de ces établissements pourra se trouver plus à leur proximité. Cette circonstance ne peut modifier en rien les conditions essentielles de recrutement professionnel que nous rappelions tout à l'heui'e. En fait d'émulation, il ne faut pas perdre de vue que nos Facultés sont depuis longtemps flanquées d'école? préparatoires ; et à supposer que ces écoles ne soient pas, pour le goût de la
pratique et de la science médicale, un stimulant aussi énergique que des facultés vivifiées par de puissants moyens d'enseignement et par l'illustration des professeurs, on admettra bien qu'elles suffisent au moins à provoquer comme à satisfaire le désir de la carrière médicale. Quant à retenir en province par les créations nouvelles un bien plus grand nombre d'étudiants que par le passé, et les y fixer davantage après la réception, on peut l'espérer, mais dans une mesure restreinte. Voyez ce i\\n se passe dans les Facultés de droit. Leurs licenciés et leurs docteurs ne sont guère mieux répartis que les médecins sur la surface du pays. Les étudiants, qui ont à leur disposition onze Facultés, avec des moyens d'études presque aussi faciles à réunir en province que dans la capitale, s'entassent moins, il est vrai, à Paris que les étudiants en médecine; mais on y en compte encore, d'après la même statistique de 1860, plus de 1000 sur un total de 5000 environ. Il peut se faire que la dissémination des étudiants devienne à peu près, dans l'ordre de la médecine, ce qu'elle est dans l'ordre du droit ; l'avenir le dira. Le temps n'est pas encore venu de juger, sous ce rapport, les résultats des créations récentes. La nouvelle slatisti(jue de l'enseignement supérieur, qui a été publiée en 1878 et qui comprend le relevé par département des élèves inscrits au 15 janvier 1877 dans les Facultés de médecine, ne pouvait y comprendre, ni la Faculté de Lyon, qui ne s'est installée que le 1*'' novembre 1877, ni la Faculté de Bordeaux, qui date de 1878; mais la Faculté de Lille figure dans cette statistique, et nous y voyons que le département du Nord, qui envoyait, en 1866, 140 étudiants à Paris et 6 à Strasbourg, en garde, il est vrai, 117, mais en envoie encore 100 à Paris. A considérer ce chiffre de 217 étudiants appartenant au département du Nord, on pourrait croire à la réalisation commençante de l'influence des Facultés nouvelles sur le nombre d'étudiants en France. Ce serait une déduction au moins prématurée. Le chiffre total des étudiants français, au lieu de s'accroître, a diminué. De 5527 qu'il était en janvier 1866, il était descendu en janvier 1877^ à 4530. Le chiffre des étudiants étrangers n'a pas varié sensiblement : 554 en 1866, 500 en 1877. En attendant des documents plus étendus et plus généraux, que ne fournit pas la statistique officielle de 1876, il nous sera permis de répéter ce que nous écrivions en 1874 : « 11 est extrêmement vraisemblable que, lorsque les départements réunis ont fourni aux Facultés environ 5500 élèves, ils ont à peu près donné ce qu'ils pouvaient, et que le supplément suscité par l'institution de Facultés nouvelles ne sera pas considérable. On ne fait pas sortir, comme on dit, de l'huile d'un caillou; le terrain médical, épuisé par la production naturelle, ne tirera pas grand'chose d'une culture artificielle » {Gaz. heb.de méd. et de chir., 1874, p. 446).
Quoi qu'il en soit, c'est le moment de se rappeler les chiffres posés au début de notre examen statistique. De 1847 à 1866, le nombre total des docteurs s'est élevé de plus de 600 ; de 1866 à 1876, il a diminué de 511, restant encore supérieur à celui de 1847 ; il est ou il était, en 1876, de 10 745. Le nombre
* La statistique officielle de 1866, publiée en 1868, fait remarquer que les relevés de Paris comprennent les élèves qui, après avoir pris un plus ou moins grand nombre d'inscriptions, ont suspendu leur scolarité depuis deux ans et [ilus. Cette mention ne figure pas dans la statistique de 1876, publiée en 1878; mais il est à croire que le relevé comprend encore ici la totalité des élèves inscrits ; on ne voit même pas pourquoi il en serait autrement. Pour le dire eu passant, il est lâcheux que ce dernier recueil ne donne pas, comme le premier, des relevés du personnel médical entier de la France, et de la distribution des deux ordres de médecins sur le territoire.
total des officiers de santé a été toujours en diminuant depuis 1847; il est descendu de 7436 à 3635.
Ce qui donne pour la France entière 14376 médecins.
Lois de la discussion du projet de loi présenté à la Chambre des pairs (1847) il était d'usage d'évaluer le nombre total des médecins en France à une vingtaine de mille, et ce nombre était regardé par beaucoup de personnes et par nous-mêmes {Gaz. méd. de Paris, 1847, p. 448) comme dépassant les besoins de la population. En réalité, le personnel médical n'allait pas beaucoup au-dessus de 18 000; mais ce chiffre même était plus que rassurant; selon nous, un total de 10000 serait sufOsanl : soit 1 médecin par 2512 habitants. Le chiffre réel étant de 14 576, le déficit serait donc de plus de 1600. Si l'on exigeait la proportion de 1 médecin pour 2000 habitants, il faudrait remonter au-dessus du chiffre de l'année 1847 et posséder 18500 médecins.
Telle est la situation. Après en avoir montré les côtés divers avec la même impartialité, nous pouvons nous résumer ainsi :
1" La santé d'aucune contrée de la France, d'aucun individu, citadin ou paysan, ne doit être livrée à l'ignorance;
2° Dans l'état de la médecine, tel qu'il est et se fera rapidement, on ne peut sortir de l'ignorance et de l'incapacité que par une instruction préliminaire sérieuse et i)ar d'assez fortes éludes médicales ;
5" L'institution des officiers de santé ne répond au vœu de la loi, ni en amenant une meilleure répartition des secours médicaux sur le territoire, ni en assurant davantage les secours aux populations rurales ;
4" Le nombre des officiers de santé a diminué progressivement, tandis que celui des docteurs est un peu plus élevé qu'en 1847; mais le chiffre des étudiants en médecine a baissé dans une proportion notable;
5» Le nombre actuel des médecins paraît insuffisant pour la France et est
mal réparti.
Dans ces conjonctures assez embarrassantes, que faire? Il est manifeste qu'on ne peut son-rer à supprimer tout à coup et radicalement le second ordre de médecins. Ce serait même une imprudence que d'en renvoyer la suppression à un délai déterminé, l'effet des mesures réparatrices quelconques qu'on voudra prendre ne pouvant être calculé avec précision. S'ensuit-il pourtant qu'il n'y ait qu'à maintenir le statu quo? s'ensuit-il qne l'institution des officiers de santé soit un de ces maux nécessaires et à tout jamais incurables avec lesquels il faut se résigner à vivre? Nous nous expliqnerons là-dessus tout à l'heure. Pour le moment, rappelons que la Cliambre des pairs, en votant le projet de loi qui, par l'art. 1" du titre 1^'' (art. 29 du titre V du projet amendé par la Commission), abolissait l'ordre des officiers de santé, avait pensé qu'il suftiiait du temps nécessaire à l'extinction des médecins du second ordre actuellement en exercice pour atteindre un chiffre de docteurs en rapport avec les besoins de la population. « Les officiers de santé reçus conformément au titre 111 de la loi du 10 mars 1805 (19 ventôse an IX), ainsi que les médecins et chirurgiens dûment autorisés, continueront d'exercer la médecine aux conditions et dans les termes de leur commission » (art. 33 du t. V du projet amendé). Et le second paragraphe de l'article ajoutait (dans un français peu correct) : « Néanmoins ils pourront, avec rautorisatioii du ministre de l'instruction publique, transporter leur domicile et exercer leur art d'un déparlemeut dans un autre. « Ou pouvait se contenter alors de la vague échéance prévue par la Chambre, l'état du per-
sonnel médical permettant d'attendre sans inquiétude l'extinction d'une partie de ses membres. Il n'en est plus de même aujourd'hui. La durée de la vie moyenne d'un officier de santé (qui s'établit d'ordinaire à l'âge de vingt-cinq ans) n'étant que de soixante-six ans, un peu moins ou un peu plus selon les divers calculs, mais toujours une des plus courtes parmi les professions non manuelles, on peut prévoir la rapidité avec laquelle se creuseraient les vides de la profession.
Dans la discussion de 1847, Flourens avait proposé d'implanter dans l'ordre de la médecine une disposition qui existe dans l'ordre du droit, et d'instituer deux sortes de titres : l'un de licencié, conférant le droit d'exercer ; l'autre de docteur, tout honorifique. Ce projet a été repris récemment par M. Paul Bert, et avec plus de développement par M. U. Trélat.
Deux ordres de médecins : les premiers puisant leur instruction librement dans des écoles libres semées au gré des intérêts que pourraient y avoir les groupes de populations, soutenues par les municipalités et par les départements, subventionnées au besoin par l'État et distribuant un enseignement pratique ; les autres demandant la connaissance à la fois théorique et pratique des sciences médicalesk des établissements de haut enseignement, aux Facultés de l'État largement pourvues de moyens d'instruction , ou aux Facultés libres qui voudraient tenter la concurrence; le droit d'exercice donné par un brevet de médecin praticien; ce brevet délivré, non par les écoles libres, ni même par les Facultés officielles ou non, mais par des jurys d'État, ou mieux par un seul jury « composé d'hommes qui participent ou ont participé à l'enseignement, à Taris ou dans les grands centres scientifiques », et nommé parle ministre de l'instruction publique; les Facultés délivrant directement le diplôme purement honorifique de docteur en médecine ou docteur es sciences médicales; les aspirants au simple titre de médecin praticien pouvant passer à leur gré d'une école libre à une autre, d'une école libre à une Faculté, d'une Faculté d'État à une Faculté libre, puisque le jury ne lui demanderait pas d'où il vient, mais ce qu'il sait; enfin la preuve authentique d'un service régulier et prolongé (trois à quatre ans) dans un hôpital classé; tel est le système de M. Trélat.
Ce système n'est pas sans analogie avec celui que nous avons nous-même proposé depuis longtemps, et qui est mentionné dans ce Dictionnaire {voy. Médecine, enseignement) par le regrettable Montanier, avec des restrictions que nous n'admettons pas, mais que ce n'est pas le lieu d'examiner longuement. L'analogie dont nous parlons est, du reste, assez superficielle. Nous demandions {Gaz. hebd., t. I", p. 13 et 37, et ibid.^ passim) des diplômes de deux degrés, mais en attachant le droit de pratique au diplôme du degré supérieur, l'autre ne faisant que consacrer une sorte de stage; c'est assez dire que notre projet n'était pas destiné à activer le recrutement des médecins et ne recherchait que les conditions d'un bon enseignement médical. L'ensemble des dispositions proposées par M. Trélat touche, au contraire, la médecine par son côté professionnel. Nous voulions que les médecins du second degré sortissent ou pussent sortir, comme les premiers, des établissements de l'État; M. Trélat les envoie exclusivement aux établissements libres. Voilà d'assez grandes différences. Néanmoins, sauf peut-être sur ce dernier point, il serait aisé de s'accorder en pratique. Nous faisons aboutir tous les futurs docleurs à une sorte d'école de perfectionnement délivrant le diplôme de praticien: mais pourquoi? pour qu'il termine son temps scolaire par des études presque