‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.66Chapitre 40 sur 47 · FOIE GRAS · texte numérisé non relu

FOIE GRAS

Substances grasses

Matières azotées

Matières non azo'ées

Ce n'est pas déjà un aliment très-digestible, et si, au point de vue bromatologique, on peut comprendre le rôle important que joue la graisse d'oie comme condiment, l'hygiène ne saurait apprécier favorablement les exagérations d'une gourmandise intéressée. Certainement, le foie des jeunes animaux par lui-même

OIE (bromatologie et hygiène industrielle). 685

est loin d'être un mauvais aliment; il est très-substantiel et facile à digérer quand il n'est pas chargé de graisse; mais le foie gras est d'une extrême indigestibilité en même temps que peu riche en substances azotées. C'est ce qu'on peut voir par la comparaison des analyses qui précèdent, que nous empruntons à Payen.

On voit que, tous deux étant à l'état normal, le foie gras analysé contient près de 10 fois autant de substances grasses que le foie de veau et 33 centièmes de moins de matières azotées.

On a constaté un certain nombre d'accidents causés par des pâtés de foie gras. Les uns sont dus à la fermentation de la graisse et à la formation d'acides gras; ils ont la plus grande analogie avec les accidents provoqués par l'ingestion de viandes de conserve altérées. D'autres ont été attribués à la présence d'un parasite végétal : c'est ainsi qu'il a été signalé des empoisonnements par des foies de volaille dans lesquels il se forme des moisissures ressemblant à celles qui se développent dans un pain entamé. Enfin, un fait très-curieux est celui qui se rapporte à des accidents de trichinose observés en 1878 sur 60 soldats de la garnison de Thionville qui avaient mangé de la viande d'oie. 11 y eut deux décès , et il fut constaté par les médecins que ce n'était pas à de la viande de porc, mais bien à la viande d'oie elle-même que la maladie était due [Gaz. des hôp. du 18 mai 1878). Cette observation est du plus haut intérêt au point de vue de l'hygiène alimentaire, et je ne pense pas qu'elle soit isolée. On sait en effet que l'oie est très-vorace et que dans beaucoup d'endroits on lui donne de la viande à manger. Or, il est bien possible que les oies consommées par les soldats allemands de Thionville aient avalé de la viande trichinée, et qu'elles se soient infectées elles-mêmes de cette façon. Cela est même très-probable, car à cette époque de nombreux cas de trichinose furent constatés en Alsace-Lorraine (Jahresbericht iiber die Leistungen und. Fortschr. in der gesammten Medic; 1878, Band I, p. 616). Dans tous les cas, cette nouvelle origine de la trichinose doit éveiller toute l'attention des hygiénistes, surtout dans les pays allemands, où l'on fait à la fois une très-grande consommation de viande de porc et de chair d'oie.

11. Dans les contrées où l'on se livre à l'engrais des oies, celte industrie donne lieu à des causes d'incommodité et d'insalubrité qui l'ont fait ranger dans la troisième classe des établissements soumis à la loi. Les inconvénients qui provoquent le plus souvent les réclamations du voisinage sont : 1° la mauvaise odeur des déjections des volatiles qu'on engraisse, et celle des fumiers qu'on laisse s'accumuler ; 2° les cris désagréables de ces animaux. Aussi ne devra-t-on guère accorder l'autorisation de pratiquer un pareil élevage qu'à la condition :

1" Que l'établissement dans lequel il doit s'effectuer soit suffisamment isolé, et même situé dans un quartier i-eculé de la ville;

2" Que l'on y observe la plus grande propreté : les cours et les salles où se trouvent les cages seront lavées et neitoyées chaque jour avec le plus grand soin.

On ménagera au-dessous des cages une pente suffisante pour assurer l'écoulement des liquides et un espace assez grand pour permettre d'enlever complètement les excréments solides.

On ne laissera point s'accumuler dans les cours ni fumiers, ni matières excrémenlilielles, ni débris alimentaires quelconques.

686 OIGNON COMMUN (emploi médical).

Les fosses dans lesquelles s'écouleront les liquides seront régulièrement et fréquemment vidées.

Enfin, on exercera la plus grande surveillance pour prévenir tout dégât chez les voisins. Alexandre Layet.

§ m. Emploi thi-rapeiitique. Rappelons pour mémoire que l'oie a joué jadis un rôle en thérapeutique. La graisse d'oie était employée non-seulement en topique externe, mais en lavement; on tenait compte de son degré de consistance par rapport à la consistance de la graisse de porc ou de celle de chevreau, la dernière étant plus dense. Le sang d'oie, mêlé d'huile, était un remède contre la piqûre du lièvre marin (c'est Vaplysie de Linné). On le mêlait à de la terre rouge de Lemnos et au suc d'épine blanche (Pline). D.

OlGiX'O^. § I. Botanique. Ce nom s'applique à une espèce particulière du genre Cellium, VAilium cepa L., dont il a déjà été question au mot Ail.

C'est en outre un terme général, qui est synonyme de bulbe et désigne la partie sou(erraine d'un certain nombre de plantes {voy. Bulbe).

Enfin on a désigné sous ce nom, en le faisant suivre d'une épithète, certaines espèces ou variétés dont les principales sont :

Voignun blanc, variété de Voignon ordinaire {Allium cepa) ;

L'oignon de lis ou bulbe du lis [Lilium candidum L.) ;

L'oignon de loup , divers champignons qu'on dit être mangés par ces animaux;

l/oiynon marin et l'oignon de scille, la Scille maritime {voy. ce mot);

L'oignon Musqué, le Muscari ambrosiacum Riœnch , de la famille des Liliacées ;

L'oignon de proie, le bulbe du Cyanella capiissis L.;

L'oignon sauvage, Vhyacinlhus comosus L. Pt.

§ II. Emploi médical de l'oignon commun. Par sa composition chimique (huile volatile acre sulfurée, sucre, gomme, albumine, acides acétique et phosphorique), l'oignon commun est, enbromalologie comme en thérapeutique, une sorte de diminutif de l'ail. Les gens pauvres le mangent quelquefois cru,, et il est généralement bien digéré par les estomacs sains. Mais il est nuisible aux estomacs irritables et portés à la gastralgie, au pyrosis. Privé par la cuisson de son principe acre, il constitue un aliment usuel ; cependant le reste d'âcreté qu'il conserve presque toujours et la densité de ses fibres ligneuses forcent certaines personnes à s'en abstenir. L'oignon est plus doux dans les pays méridionaux que dans le Nord. Dans l'ancienne Piome, il entrait en abondance dans la nourriture du peuple et des soldats.

L'oignon a été vanté principalement comme diurétique et employé contre l'anasarque, l'ascite et même les kystes de l'ovaiz^e. Roques en ajoutait le suc à l'infusion de thé vert, et Serres (d'Alais) le faisait manger cru, tout en soumettant les malades à la diète lactée. Reste à savoir d'où venait l'effet diurétique : du lait ou de l'oignon ?

On a employé aussi l'oignon comme vermifuge, soit cru, soit macéré dans du vin; et comme expectorant, en décoction ou en sirop.

L'oignon réduit en pulpe par la cuisson fomie un assez bon cataplasme matu-

OIGOPSIDÉS.

ratif. Pour obtenir une action plus prompte, ou applique quelquefois l'oignon cru et pilé.

Mode d'emploi. La décoction d'oignon se fait par l'ébullition de deux oignons de grosseur moyenne, et coupés menu, dans un litre d'eau. On édulcore avec le miel.

Le $irop d'oignon (1 oignon pour 5 fois son poids d'eau) se prend à la dose de 60 à 120 grammes.

La dose est un peu moins forte pour le suc exprimé.

Enfin le vin d'oignon se prépare par macération de deux oignons dans un litre de vin blanc. A. Dechambre.

OIGOPSIDÉS. Famille de Mollusques-Céphalopodes, appartenant à l'ordre des Dibranchiaux ou Acétabidifères et au sous-ordre des Décapodes. Ses représentants ont le corps bursiforme, plus ou moins allongé, pourvu d'une lamelle dorsale interne et de deux nageoires latérales de forme et de dimension variables. Les yeux ne présentent pas de paupières. Outre les huit bras sessiles, ordinairement courts et inégaux, qui entourent la bouche, il existe deux bras tentaculaires quelquefois très-longs dont l'extrémité est élargie en forme de massue lancéolée et armée soit de ventouses, soit de foi ts crochets. Les huit bras ont leur face interne garnie de ventouses pédiculées disposées sur un ou plusieurs rangs et entourées chacune d'un anneau corné parfois denté. Les femelles possèdent un oviducte impair.

Cette famille renferme principalement les genres Cranchia Leach, Loligopsis Lamk, HistioteiUlm d'Orb., Onychoteuthis Licht., Enoploteuthis d'Orh. et Onimastrephes dOrb., dont les caractères distinctifs peuvent se résumer de la manière suivante :

' Bras (entaculaires armés à leur extrémité élargie de ventouses alternes sur quatre rangs. — Nageoires ovales ou cordiformes.

Entonnoir pourvu d'une valvule interne. Corps allongé. Bras tentaculaires gainis à

leur extrémité élargie de quatre rangées de ventouses

' Corps peu allongé, ayant à son extrémité deuxnageoiies ovales unies entre elles et échancrées à leur jonction postérieure. Iras tentaculaires gros et courts

Corps allonge, d'une transparence remarquable, portant à son extrémité deux grandes nagtoires cordiformes. Bras Tous les / tentaculaires très-gièles, plus

bras libres. \ •'s 'fO's lois de la longueur

i du corps

Bras tentaculaires armés à leur extrémité élargie de forts crochets ou griffes.

I — Nageoires trian- V gulnires. J Les deux bras inférieurs libres; les six autres réunis presque jusqu'au sommet par de larges membranes cutanées

Ommastrephes^

Cranchia.

Entonnoir

dépourvu de

valvules.

Un seul rang de ventouses à la face interne des huitbias. .

Deux rangées de ventouses à la face interne des huit bras.

Loligopsis.

Eiioploieuthis.- Onychoteuthis.

Histioteuthis.

Tous les Oigopsidés habitent la haute mer, souvent en troupes nombreuses,, et se nourrissent particulièrement de Ptéropodes nus {Clio, Cymodocea, Pneumodermon, etc.). On en rencontre des représentants dans presque toutes les mers. Parmi les espèces qui fréquentent les mers de l'Europe, il convient de mentionner surtout le Cranchia scabra Leach, de l'Océan Atlantique, puis les Onycho-

teuihis Lichtensteini Fer., Loligopsis Veranyi Fer., Enophteuthis Owenii Véran. et Ommastrephes todarus d'Orb., de la Méditerranée. Ed. Lefèvre.

oioiviSTiQUE. L'ôtwviffTixfl des Grecs était Vauspicium des Latins {voy.

DlVINATIO?») . D. .

OIOL'X-SKOUI^A (Eaux minérales de), protothermales, ame'tallites, ferrugineuses faibles, carboniques fortes. Dans la province d'Alger, dans la Bou- Zarria, à 3 kilomètres de la ville d'Alger, émergent d'un micaschiste feuilleté et se délitant aisément les sources d'Oioun-Skouna (fontaines chaudes), connues surtout à Alger sous le nom français de Frais-Vallon. Les griffons des sources d'Oioun-Skouna sont très-nombreux, un seul a été capté sous un petit marabout, dans un puits creusé à la base d'un rocher. Les eaux d'Oioun-Skouna sont claires, transparentes et limpides, quoiqu'elles laissent déposer sur les parois du bassin avec lesquelles elles sont en contact une couche notable de rouille ; elles n'ont pas d'autre odeur que celle que leur communique le gaz acide carbonique qui s'en dégage; leur saveur est ferrugineuse et leur température est de 17" centigrade. Leur débit en vingt-quatre heures est de 2500 litres. M. Millon a fait leur analyse chimique en 1855, et il a trouvé que iOOO grammes de l'eau d'Oioun-Skouna renferment les principes suivants :

Chlorure de sodium 0,ôU

Sulfate de soude 0,0i6

Bicarbonate de soude 0,061

— chaux 0,099

— magnésie 0,073

— fer 0,007

Silicate de chaui 0,050

Total des matières tixes 0,632

Avant cette analyse, on croyait que cette eau contenait de l'iode et de l'arsenic; M. Millon n'a pas trouvé la plus petite proportion de ces métaux ou de leurs composés. Ce chimiste ne nous a pas renseignés sur la composition gazeuse exacte de l'eau d'Oioun-Skouna, quoique toutes ses sources contiennent du gaz en quantité considérable. Cette eau est exclusivement employée en boisson par les gens des environs, et par plusieurs personnes d'Alger auxquelles les médecins ont prescrit un traitement ferrugineux ; mais elles sont exportées plus qu'elles ne sont bues sur place, et pourtant elles ont un goût agréable et leur digestion est très-facile. A. R.

OISEALTX. Dans la nature actuelle, la classe des Oiseaux constitue l'une des subdivisions du règne animal les plus naturelles et les plus nettement caractérisées. Il suffit, en effet, pour définir ce groupe, de dire qu'il renferme des Vertébrés ovipares, à sang chaud, à circulation double et complète, à respiration aérienne et double ; mais pour plus de précision on peut ajouter que les oiseaux ont le corps couvert de plumes, et les membres antérieurs ordinairement transformés en ailes, c'est-à-dire en organes de locomotion aérienne. Cette transformation des membres antérieurs nécessite dans les parties correspondantes de la charpente osseuse des modifications assez profondes : ainsi le sternum, sur lequel les principaux muscles du vol prennent leur insertion, acquiert chez la plupart des oiseaux un développement extrême et constitue un

grand bouclier convexe et quadrangulaire qui recouvre le thorax et une grande partie de l'qbdomen. Ordinairement, sur la ligne médiane de ce bouclier, s'élève une carène saillante, un bréchet, qui a pour effet d'augmenter la surface d'insertion des muscles de l'aile, et qui est d'autant plus accentué que l'oiseau est meilleur voilier. Chez les Faucons, chez les Martinets, cette saillie osseuse est particulièrement prononcée, tandis qu'elle est complètement effacée chez le Casoar, l'Autruche, le Nandou, l'Aptéryx, bref, chez tous les Oiseaux Coureurs qui ne jouissent point de la faculté de s'élever dans les airs.

L'omoplate s'allonge sous la forme d'une lame étroite, parallèlement à l'épine dorsale, et vient s'appuyer en avant sur deux os, savoir : la clavicule et l'os coracoïdien. La clavicule est soudée avec l'os correspondant du côté opposé pour constituer une pièce unique en forme d'U ou de V, qu'on nomme vulgairement la fourchette, et qui se rattache inférieurement au sternum par des ligaments, tandis quo l'os coracoïdien, qui correspond à l'apophyse coracoïde de l'homme et des mammifères, descend obliquement de dehors en dedans, de l'omoplate au sternum, et sert, avec la fourchette, à maintenir les épaules écartées pendant le vol, et à fournir à l'humérus un point d'appui solide. A priori on peut donc s'attendre à rencontrer un os furculaire et des coracoidiens lobustes chez les oiseaux bons voiliers. C'est ce qui arrive, en effet, et les Condors, les Gypaètes, les Frégates et les Martinets, que nous citions tout à l'heure, sont particulièrement remarquables sous ce ra[)port. Au contraire, les Oiseaux Coureurs, les Casoars et les Autruches, sont dépourvus de cl?.vicule.

L'humérus, le radius et le cubitus ne présentent (hez les oiseaux rien de bien particulier : le premier de ces os offre souvent une forte crête pour l'insertion des muscles pectoraux, et les deux os suivants ne peuvent tourner l'un sur l'autre ; ils sont d'autant plus longs que le vol est plus puissant : à leur extrémité s'articulent deux petits os placés sur le même rang, qui représentent le carpe et qui sont immédiatement suivis d'une pièce ij deux branches figurant le métacarpe. Au côté radial de cette pièce, dont le vide central est rempli par une forte membrane, s'insère un pouce rudiraentaire, et à l'extrémité s'attachent un doigt médius à deux phalanges et un petit stylet qui doit être considéré comme le doigt externe.

La ceinture basilaire des membres postérieurs consiste en un bassin, de forme très-allongée, résultant de la fusion d'un certain nombre de vertèbres lombaires et sacrées avec les os iliaques; presque toujours cette ceinture est incomplète en avant, les pubis ne se soudant pas entre eux, et d'un aulre côté la portion ischiatique, au lieu d'être séparée du sacrum par une large échancrure, se rattache à cet os en arrière, de façon à transformer l'échancrure en un trou. Le fémur est droit ou légèi-ement arqué, et généralement assez court; il est suivi, comme chez les mammifères, d'une rotule, d'un tibia et d'un péroné; mais ce dernier os est en partie soudé au tibia. Le tarse et le métatarse ne sont représentés chez les oiseaux que par un os unique qui est appelé pour ce motif le tarso-métatarsien ou le canon, et qui porte à son extrémité inférieure des trochlées auxquelles s'articulent les doigts antérieurs. Ces doigts sont ordinairement au nombre de trois et se composent d'un nombre de phalanges qui va croissant de dedans en dehors. En arrière ou un peu sur le côté, et généralement à un niveau légèrement supérieur à celui des autres doigts, vient s'attacher le pouce, qui compte seulement deux phalanges, et qui est très-réduit ou même complètement atrophié chez certains oiseaux; parfois

DICT. ENC. 2* s. XIV. 4i

090 OISEA.UX.

même, comme cliez l'Aulruche d'Al'rique, un des doigts antérieurs fait également défaut, et la patte est didactyle.

La tête des oiseaux est relativement petite; chez les très-jeunes individus le crâne se montre distinctement formé de deux os frontaux, de deux pariétaux, de deux temporaux, d'un occipital et d'un sphénoïde; mais par les progrès de l'âge, et même de fort honne heure, tontes ces pièces se soudent intimement. Les mâchoires constituent la majeure partie de la face : la mandibule supérieure, dans laquelle on peut reconnaître les analogues des os maxillaires, intermaxillaires, nasaux et palatins des mammifères, est unie au bord antérieur du frontal soit par une articulation n;obile, soit par une soudure qui n'interdit pas de légers mouvements de bascule. Vue par la face inférieure, elle paraît formée de quatre branches, dont les externes correspondent aux arcades zygomatiqui s et dont les internes sont analogues aux apophyses ptérygoïdcs. Celles-ci viennent se fixer sur une lame verticale, reliée a\i reste du crâne et descendant entre les orbites, qui en dessous n'ont pas de plancher osseux. Au contraire les branches externes de la mandibule supérieure s'articulent de chaque côté avec l'os carré portion de l'os temporal qui n'est point soudée au rocher, comme chez les mammifères, et qui sert de suspenseur à la mâchoire inférieure. Par suite cette dernière, au lieu de s'attacher directement au crâne au moyen d'un condvie saillant, est creusée d'une fossette articulaire destinée à recevoir la tête inférieure de l'os carré; en outre chaque branche de la mâchoire est formée de deux pièces unies d'une manière plus ou moins intime, et se prolonge en arrière au delà du point d'articulation avec l'os carré.

Par suite de ces diverses dispositions les mouvements des mâchoires sont plus libres que chez les mammifères; ceux de la tète sur la colonne vertébrale sont aussi plus étendus ; le crâne en effet repose sur la colonne vertébrale au moyen d'un seul condyle qui est situé au bas du trou occipital et qui est reçu dans une fossette correspondante de l'atlas.

La colonne vertébrale est généralement allongée et douée d'une grande mobilité dans sa portion cervicale, surtout chez les Echassiers, qui sont montés sur de longues pattes, ou chez les Palmipèdes, qui ont besoin d'aller saisir avec leur bec leur proie au fond des eaux. Parfois même le nombre des vertèbres cervicales, qui est ordinairement de douze à quinze, s'élève à plus de vingt, et dans ce cas le cou est toujours susceptible de se ployer en S, grâce à la disposition des facettes articulaires des vertèbres, afin de pouvoir s'allonger et se raccourcir à la volonté de l'animal.

Au contraire les vertèbres dorsales, au nombre de sept à dix, sont, à peu d'exceptions près, complètement immobiles, et fournissent ainsi aux ailes un point d'appui résistant. Mais, quand les ailes viennent à s'atrophier, comme chez les Autruches et les Casoars, ces mêmes vertèbres reprennent leur mobilité. Les vertèbres lombaires et sacrées, dont le nombre varie de sept à vingt, sont toutes fondues en un seul os, en un sacrum; enfin les vertèbres coccygiennes sont petites et peuvent jouer l'une sur l'autre; la dernière, qui porte les grandes plumes de la queue, est toutefois un peu plus développée que les autres, en forme de lame ou de soc de charrue.

Enfin les côtes prennent un point d'appui les unes sur les autres, par une apophyse aplatie qui se dirige obUquement d'avant en arrière, et sont rattachées d'autre part au sternum, non plus par un simple cartilage, comme chez les mammifères, mais par une pièce complètement ossifiée.

Sous le rapjiort du régime les oiseaux présentent de très-grandes différences : les uns se nourrissent de graines ou de fruits, d'autres recherchent les insectes, les vers ou les mollusques, d'autres font la chasse aux petits mammifères, aux oiseaux et aux poissons, d'autres enfin se repaissent de chair corrompue. Pour saisir leurs aliments, les oiseaux se servent quelquefois de leurs pattes, mais plus fréquemment de leur bec, dont la forme est extrêmement variable, et correspond jusqu'à un certain point au mode d'alimentation. Le bec, par exemple, est pointu comme une alêne chez les Oiseaux-Mouches, qui vont chercher des insectes microscopiques au fond des corolles; il est large et fendu jusqu'au oreilles chez les Engoulevents, les Martinets et les Hirondelles, qui happent au vol les moucherons et les papillons nocturnes ; il est aplati en spatule chez certains Échassiers qui tamisent la vase pour en retirer des vers et des mollusques ; il s'allonge en forme de cône chez d'autres oiseaux du même groupe qui guettent les poissons et les harponnent au passage, tandis qu'il se raccourcit au contraire et acquiert une force extraordinaire chez les Oiseaux de proie [voy. ce mot), dont la mandibule supérieure se termine toujours en pointe acérée et présente parfois des dents latérales destinées à retenir la proie et à la déchirer. Aussi les naturalistes se sont-ils souvent servis, dans leurs classifications, des caractères tirés de la forme des mandibules, ou, pour parler plus exactement, de l'aspect extérieur des lames cornées qui revêtent les deux mâchoires et dont l'ensemble constitue le bec.

D'après ce que nous venons de dire, les bords des mandibules sont souvent dentelés ou tranchants comme des ciseaux, et peuvent déchiqueter ou couper de la chair ou des substances végétales, mais dans l'intérieur de la bouche il n'existe point de pièces comparables aux dents des mammifères : aussi la mastication chez les oiseaux est forcément nulle ou incomplète. Mais d'un autre côté la langue peut, en raison de sa structure, servir non-seulement à la déglutition, mais encore à la préhension ou à la division des aliments. Elle est supportée par l'os hyoïde qui se prolonge en arrière sous la forme de deux longues cornes, remontant parfois sur la région postérieure de la tête, et donnant attache à des muscles fixés d'autre part à la mâchoire inférieure. Chez les Pics ce mécanisme est particulièrement développé et a pour effet de permettre à la langue de sortir rapidement de la bouche, d'être projetée dans les fentes de l'écorce et de rentrer incontinent chargée de menus insectes qui ont été englués par une salive visqueuse. La langue dans ce cas est très-effilée. Elle est également très-grêle et pénicillée chez certains Méliphages, tubuleuse et bifurquée ou même trifide chez les Soui-Mangas, et mince comme un cheveu chez les Oiseaux-Mouches; elle est au contraire épaisse et charnue chez les Perroquets, large et molle chez les Rapaces, sèche et triangulaire chez les Passereaux granivores, volumineuse et couverte de papilles chez les Palmipèdes; enfin chez les Podarges, grands Engoulevents de la Papouasie, elle se réduit à une petite lame, presque translucide, en forme de fer de lance.

Au-dessous de la langue sont placés des amas de follicules qui représentent les glandes salivaires et qui sécrètent une humeur épaisse et souvent visqueuse.

L'arrière-bouche ou pharynx n'est point séparée de la bouche par un voile du palais et se continue en arrière par l'œsophage. Celui-ci communique, au niveau de la base du cou, avec une poche digestive, à parois membraneuses, qu'on désigne ordinairement sous le nom de jabot et qui sert de réceptacle pour les aliments. Cette partie fait défaut chez les Autruches et chez la plupart des

oiseaux piscivores, mais elle existe chez les Oiseaux de proie et atteint son maximum de développement chez les Passereaux granivores. Dans son intérieur les morceaux de chair ou les substances végétales subissent une première décomposition et tombent dans l'estomac à mesure que cet organe peut les recevoir. En outre, chez les Pigeons le jabot est, à certains moments, le sié<^e de phénomènes particuliers. Pendant la période de l'incubation les paiois du jabot qui, en temps ordinaire', ne présentent rien d'anormal, s'épaississent et se couvrent intérieurement de plis nombreux, et dans leur substance se développent des glandes qui, au moment de la naissance des petits, fournissent une sécrétion laiteuse. C'est au moyen de cette sorte de lait, régurgité et versé dans le bec des pigeonneaux, que les parents nourrissent leurs petits jusqu'au moment où ceux ci sont assez Ibrts pour quitter le nid.

Au delà du jabot l'œsophage se rétrécit de nouveau, puis se dilate encore pour former le ventricule succenturié, dont l'intérieur est tapissé de glandes rougcàtres, simples chez les oiseaux carnivores et ramifiées chez les oiseaux frugivores ou granivores. Le volume de cette poche, où s'élabore le suc gastrique, est peu considérable, sauf chez les oiseaux qui sont privés de jabot.

Enfin le ventricule succenturié s'ouvre presque directement dans un troisième estomac, nommé ^e's/er, dont les dimensions et la structure sont assez variables.

Les parois du gésier sont très-épaisses chez les oiseaux qui se nourrissent de substances végétales, comme les Poules, les Dindons, les Pigeons, les Cvgnes, les Oies et les Canards, et des fibres musculaires très-denses et d'un rouge foncé aboutissent à un centre très-résistant et recouvrent une membrane muqueuse, qui est souvent endurcie par de la substance cornée, et sur laquelle ces fibres peuvent agir avec beaucoup de force. En se contractant elles pressent sur les aliments contenus dans le gésier, elles les écrasent et leur impriment en même temps un mouvement giratoire. Chez certains Pigeons de l'Océanie et de la i'apouasie qu'on appelle des Carpophages et qui se nourrissent de fruits à noyaux, la surface interne du gésier n'est pas seulement formée d'une membrane trèsrobuste, mais encore hérissée de petits tubercules cornés, destinés à la trituration des corps durs, et chez une espèce de Pigeon appartenant à un genre voisin des Carpophages, chez le Phœnorhine Goliath, l'armure du gésier, si l'on peut s'exprimer ainsi, est encore plus puissante ; en effet, les tubercules cornés sont remplacés par des pointes ossifiées en forme de cône aplati, qui s'engrènent les unes dans les autres comme les dents d'une machine à broyer lorsque les muscles de la couche extérieure entrent en jeu. Lorsque ces pièces osseuses ou cornées n'existent pas, l'oiseau supplée à leur absence en avalant de temps en temps de petits cailloux qui, pi'essés contre les aliments, les écrasent et les divisent. Par- Ibis même on a constaté que des Autruches avaient introduit dans leur estomac des boutons d'uniforme, des pièces de monn;iie, des pointes métalliques et même des morceaux de verre qui s'étaient usés sous l'action énergique des parois du gésier.

L'intestin, qui communique avec le gésier par un orifice pylorique souvent très-dilaté, est toujours relativement moins développé que chez les mammifères, mais se divise également en intestin grêle et gros intestin. Comme cela arrive d'ordinaire chez les animaux carnivores, ce tube est extrêmement raccourci chez les Rapaces; au contraire il s'allonge beaucoup chez les Gorfous et les Sphénisques. Ses parois sont en général très-épaisses et très-musculeuses et sa muqueuse interne est hérissée de nombreuses villosités. Au point de jonction

des deux portions de l'intestin s'insèrent presque toujours deux caecums de dimensions très-variables, très-courts chez les Rapaces, les Mésanges, les Mouettes, très allongés chez les Poules, les Faisans, les Paons, les Oies, les Cygnes, et en général chez les espèces granivores et herbivores. Chez un petit nombre d'oiseaux, tels que le Héron commun et le Butor, il n'y a qu'un seul caecum, et chez d'autres enfin ou ne rencontre aucun appendice de ce genre : c'est le cas des Perroquets, des Pics, des Marti ns-Pècheurs et des Cormorans.

Le foie est proportionnellement plus volumineux -que chez l'homme et se trouve partagé en deux lobes, qui sont recouverts en avant par le sternum et qui remplissent une grande partie du thorax et la portion supérieure de l'abdomen. Du reste le volume et par conséquent le poids de cet organe sont sujets à varier d'un groupe à l'autre : ainsi chez les Rapaces le poids du foie est au poids total du corps dans la proportion de 1 à 35, tandis que chez les Palmipèdes et chez les Echassiers le rapport est de 1 à 20 ou même de 1 à iO.

Pendant longtemps on a cru que tous les oiseaux étaient privés de vésicule du fiel; mais on sait maintenant que certaines espèces, peu nombreuses, il est vrai, possèdent un réservoir biliaire assez développé.

Le pancréas, logé dans la première anse de l'intestin grêle, atteint des dimensions considérables, sauf chez les Rapaces, et verse son produit dans l'intestin par un, deux ou trois canaux. La rate en revanche est fort petite.

Les reins, très-volumineux surtout chez les Palmipèdes et les Echassiers, sont multilobés, de forme irrégulière et de couleur brane ou rougeâtre foncé. Ils sont logés dans des fossettes creusées dans la voiàte du bassin, et ne présentent pas, comme chez les mammifères, de substance corticale distincte. La vessie faisant défaut, les urelères s'ouvrent directement dans le cloaque, ou portion dilatée du rectum. L'urine se trouve ainsi mélangée aux excréments. Elle est très-riche en acide urique, en carbonate et en phosphate de chaux, et tous ces éléments se coucrétaut à l'air avec les matières donnent cette substance bl;\nche et friable qu'on désigne sous le nom de guano et qui est si recherchée comme engrais. Ce guano est principalement tiré des îles Chinchas et de la côte voisine du Pérou, et a été déposé par des myriades d'oiseaux de mer qui ont élu domicile dans ces localités depuis un temps immémorial. Chez les oiseaux les produits nutritifs élaborés par la digestion sont, comme d'habitude, transportés dans le torrent de la circulation par des vaisseaux lymphatiques qui se réunissent en deux canaux thoraciques débouchant à leur tour dans les veines jugulaires. Le sang est très-riche en globules, et ces corpuscules, au lieu d'être circulaires, affectent une forme elliptique qu'on ne rencontre qu'exceptionnellement chez les mammifères. Mais les vaisseaux qui transportent le fluide nourricier dans les diverses parties du corps n'offrent rien de bien remarquable. On peut noter seulement que l'aorte se recourbe à droite et se subdivise, dès sa naissance, en trois grosses branches, dont l'une est l'aorte descendante et dont les deux autres constituent les troncs brachio-céphaliques. D'un autre côté c'est à peine s'il existe des traces du système de la veine porte rénale, si développée chez les Reptiles. Le cœur ressemble à celui de l'homme par sa position, sa structure et la nature de ses enveloppes : cependant le ventricule gauche a des parois singulièrement épaisses, et se trouve complètement enveloppé, sauf vers la pointe, par le ventricule droit, dont les parois sont très-minces; les oreillettes n'ont pas d'appendice distinct à l'extérieur, la valvule auriculo-ventricuiaire droite a l'aspect d'une grande lame charnue détachée de la cloison inter-

ventriculaire, tandis que la valvule auriculo-venlriculaire gauche est partagée en deux ou trois lobes donnant attache à des cordons tendineux. Enfin nous rappellerons que Barkow, Fober et Nitsch, en examinant des oiseaux immédiatement après la ponte, ont reconnu la présence sur certains points de la poitrine et de l'abdomen de plexus vasculaires résultant d'une multitude d artérioles fréquemment anastomosées. Ces plexus ont certainement pour but de déterminer chez l'oiseau une irritation plus ou moins durable qui a pour conséquence le désir de couver, et d'augmenter la température des parties du corps qui doivent se trouver en contact avec les œufs : aussi a-t-on désigné quelquefois ces réseaux sous le nom d'organes incubateurs.

L'appareil respiratoire ofl're des particularités bien plus dignes d'intérêt que l'appareil circulatoire. En effet la cage thoracique communique presque toujours largement chez les oiseaux avec la ca\ité abdominale, carie diaphragme est tout à fait rudimentaire, sauf chez certaines espèces de l'ordre des Coureurs; d'autre part les poumons, appliqués comme deux masses spongieuses contre la face dorsale de la poitrine, sur laquelle ils se moulent, n'ont qu'un seul lobe et sont enveloppés dans une plèvre apparente surtout à la face antérieure. De ce côté les poumons ne sont pas complètement clos, mais communiquent par plusieurs ouvertures avec des sacs aériens qui sont formés aux dépens du tissu cellulaire tapissant les cavités du tronc et la masse intestinale. Ces sacs aériens, dont la disj)osition a été particulièrement étudiée par M. le docteur Sappey, entourent le cœur, le foie, l'intestin et les organes reproducteurs, et envoient de l'air aux clavicules, aux vertèbres cervicales, aux humérus, aux fémurs, en un mot, à un grand nombre d'os du tronc ou des membres, ainsi qu'aux plumes et particulièrement aux grandes pennes des ailes et de la queue. Ces canaux et ces réservoirs aériens communiquent si facilement entre eux qu'un Cygne, par exemple, dont on a lié la trachée-artère, mais dont l'humérus a été largement ouvert, peut recevoir par cet orifice artificiel et admettre dans ses poumons la quantité d'air nécessaire à son existence. Cette disposition a évidemment pour effet d'alléger le corps de l'oiseau et de lui permeltie de s'élever avec moins d'efforts, mais elle a encore une autre utilité : elle multiplie considérablement les points de contact entre l'air et le sang, et facilite la régénération complète et rapide du fluide nourricier. Aussi, grâce à l'activité de leur respiration, les oiseaux sont-ils, de tous les animaux, ceux qui consomment la plus grande quantité d'oxygène, ceux qui résistent le moins longtemps à l'asphyxie et en même temps ceux qui produisent la plus grande quantité de chaleur. On a remarqué en effet que la température du corps des oiseaux peut s'élever à 40, 42, 43 et même 44 degrés centigrades.

Les bronches, au moins vers le point où elles pénètrent dans les poumons, n'offrent plus que des fragments d'anneaux cartilagineux, tandis que la trachéeartère a des anneaux complets. Ce dernier tube présente d'ailleurs, chez les oiseaux, des dimensions très- variables ; parfois même sa longueur excède celle du cou ; dans ce cas la trachée-artère décrit plusieurs sinuosités qui tantôt sont situées sous le jabot, comme chez le Coq de bruyère et le Phonygame de Kéraudren, tantôt viennent se loger dans une cavité du bréchet, comme chez la Grue •t le Cygne chanteur. La largeur de la trachée n'est pas non plus la même chez tous les oiseaux, et l'on constate aussi d'un groupe à un autre groupe, ou même d'une espèce à une autre espèce, des différences notables dans la solidité des anneaux cartilagineux qui entrent dans la constitution du tube aérifère. Ainsi

os anneaux de la trachée sont minces et flexibles chez les oiseaux chanteurs, larges et ossifiés cliez ceux qui font entendre seulement des cris aigus et discordants. Parfois aussi, sur une portion plus ou moins grande de la longueur de la trachée, les parois se dilatent subitement de manière à constituer une sorte de poche pour le renforcement des sons : c'est ce que l'on observe, par exemple, chez le Coq de bruyère.

Gomme chez les mammifères, il existe chez les oiseaux un larynx supérieur, dans lequel l'air pénètre par un fente ou glotte, située derrière la langue ; mais il n'y a pas d'épiglotte, ou du moins il n'y a qu'une épiglotte rudimentaire, et cette valvule est remplacée par de simples papilles qui, étant dirigées d'avant en arrière, peuvent obstruer l'entrée de la glotte et empèclier les aliments de tomber dans la trachée. En outre le larynx supérieur, dont la pièce principale affecte la forme d'un bec d'aiguière, ne sert que peu ou point à la production des sons. C'est une autre partie de la trachée-artère qui, chez les oiseaux, est chargée de ce rôle. Ordinairement on constate la présence, au-dessus ou au niveau de la bifurcation des bronches, d'une sorte de valvule circulaire, simple ou double, et percée d'une ouverture que l'air doit nécessairement traverser quand il est chassé des poumons. Cette membrane et les parties avoisinantes constituent ce qu'on appelle le larynx inférieur, dont il est facile de comprendre le mode d'action. Les lèvres de l'orifice dont nous venons de parler peuvent en effet être tendues par des muscles spéciaux et vibrer plus ou moins fortement sous l'effort de la colonne d'air qui vient à les fi'ôler; en outre leurs vibrations se communiquent à la couche d'air sus-jacente, enfermée dans un tuyau dont la longueur peut varier légèrement, par le jeu des muscles propres de la trachée. Ainsi se produisent des sons dont l'ampleur peut être exagérée par la résonnance de poches membraneuses ou ossifiées situées sur le trajet que parcourt l'air expiré.

C'est grâce à ce mécanisme, plus ou moins compliqué, qije certains oiseaux, tels que les Rossignols, les Fauvettes, les Serins, les Alouettes, peuvent faire entendre un chant modulé des. plus agréables à l'oreille. 11 résulte du reste des expériences de G. Cuvier que des Merles, des Pies et des Canards auxquels on a coupé la trachée-artère, n'en continuent pas moins à pousser , quoique plus faiblement, les cris particuliers à leur espèce, ce qui démontre clairement que le larynx inférieur rem[)lit chez la plupart des oiseaux un rôle plus important que le larynx supérieur. Il y a toutefois un certain nombre d'animaux de ce groupe, tels que les Condors et les Autruches, chez lesquels on ne constate point la présence d'un larynx inférieur.

Les oiseaux sont tous ovipares. L'organe femelle se compose d'un oviducte et d'un ovaire qui sont enveloppés et retenus par un repli du péritoine, et qui sont situés d'une manière asymétrique du côté gauche. Quelquefois cependant, par anomalie, il existe aussi un ovaire et un oviducte rudimentaires du côté droit. L'oviducte s'allonge sous la forme d'un canal très-sinueux et contractile, et vient déboucher dans le cloaque. Supérieurement il est en rapport avec l'ovaire par une trompe dont les bords ne sont pas frangés comme chez les mammifères, et dans ses parois il présente une couche de fibres musculaires et de tissu cellulaire tapissée intérieurement par une membrane muqueuse. Celle-ci est marquée de plis plus ou moins nombreux, longitudinaux, obliques ou parallèles, qui s'effacent en partie lorsque l'oviducte se dilate pour livrer passage à l'œuf. En outre elle porte des villosités, principalement à sa partie supérieure

et dans le voisinage de sa partie inférieure, au\ points où l'œuf doit séjourner quelque temps.

L'ovaire, situé sous la colonne vertébrale et sous les reins, consiste en une agglomération, en une grappe de petites si)lières bliinches ou jaunâtres représentant tous les œufs qui doivent être pondus successivement. Aux époques du rut chez les oiseaux sauvages, et à des époques plus fréquentes chez les oiseaux domestiques, quelques-uns de ces ovules grossissent, distendent la membrane qui les recouvre et, après être restés quelque temps fixés dans un étroit pédicule, s'échappent en rompant le calice suivant une ligne circulaire, pour s'engager dans l'oviducle. Arrivés dans ce canal ils y déterminent une sorte d'orgasme et par suite une sécrétion d'albumine qui se coagule rapidement et forme une sorte de sac à deux ouvertures autour de l'ovule. Mais celui-ci descend en tournant sur lui-même le long de l'oviducle, et dans son mouvement il entraîne cette enveloppe albumineuse dont les extrémités se tordent peu à peu et s'enroulent de manière à constituer une véritable coque translucide qui est appelée membrane chalazifère, tandis que les deux extrémités, les deux pôles, sont désignés sous le nom de chalazes. Poursuivant toujours sa route, l'ovule ainsi emmaillolté se recouvre successivement de nouvelles couches d'albumine, d'abord un peu épaisses, puis assez fluides, qui, serrées contre les parois de l'oviducle, s'accumulent principalement aux deux pôles et produisent celte masse hyaline qu'on appelle le blonc de l'œuf. Mais bientôt celui-ci se trouve arrêté |)ar un rétrécissement, ce qui donne le temps à une nouvelle couche d'albumine, un peu chargée de carbonate de chaux, de se déposer autour du blanc qu'elle enferme dans un sac sans ouverture. Puis le détroit est franclii sous l'effort de contractions musculaires, et l'oeuf parvient dans la partie inférieure de l'oviducle oîi il séjourne de dix à vingt heures, et où il se couvre de petits cristaux lactescents qui, en se serrant les uns contre les autres et en se superposant, donnent la coquille, tantôt entièrement lisse, au moins au loucher, tantôt fortement granuleuse, tantôt blanche, tantôt colorée par des substances étrangèi'es, minérales ou organiques. Dans cet état, l'œuf est assez résistant pour passer facilement à travers un autre détroit, moins resserré que le premier, et pour être expulsé.

L);ms cet exposé rapide nous n'avons pas tenu compte de l'influence exercée sur l'ovule par l'organe mâle. Il est temps d'en dire quelques mots. Les testicules des oiseaux ressemblent, par leur structure intime et la nature de leurs produits, à ceux des mammifères, mais ils ne font jamais saillie au dehors, ils sont toujours cachés dans la cavité abdominale, et même, en dehors de la saison de reproduction, ils sont fort réduits. Les épididymes, assez peu développés, se continuent par des canaux déférents sinueux qui se renflent un peu à leur extrémité inférieure, de manière à constituer des sortes de vésicules séminales, et qui débouchent au sommet de deux papilles coniques situées sur la paroi postérieure du cloaque. Sur la paroi antérieure de cette même cavité on remarque parfois aussi un petit tubercule ou une membrane linguiforme qui est creusée d'une gouttière pour l'écoulement de la liqueur séminale et qui représente par conséquent le pénis des mammifères. Cet appendice a une structure assez parfaite chez rAutrnche d'Afrique et se montre bien distinctement aussi chez les Canards, les Oies, les Cygnes et les Hoccos ; il est beaucoup moins développé chez les Échassiers et chez les grands Rapaces, et il est à peine visible chez l'immense majorité des oiseaux. En général, dans cette classe

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de vertébrés, il y a rapprochement des sexes, mais non accouplement véritable avec intromission. Le fluide séminal absorbé par l'oviducte remonte jusqu'à l'ovaire ou au moins jusqu'à la trompe et vient imprégner un ou plusieurs ovules arrivés à leur maturité. Comme le contact efficace entre le spermatozoïde et l'ovule ne peut avoir lieu que lorsque ce dernier est dégagé de ses enveloppes et délivré au moins en partie de la capsule, il est probable que la fécondation s'opère, non sur l'ovaire, mais à la partie supérieure de l'oviducte. Déjà avant de s'être détaché l'ovule contenait une grande ^quantité de matière jaune {vitellus), et son centre était occupé par une sphère germinatricc. Celle-ci, par les progrès du développement, quitte sa position première et vient à la surface du vitellus dessiner une petite tache blanchâtre, autour de laquelle, lors de la fécondation, s'opère une segmentation parlielle. Ce phénomène s'accomplit longtemps avant la ponte, et l'œuf qui a subi l'influence du mâle présente déjà, lorsqu'il est expulsé du corps de la femelle, un blastoderme divisé en deux feuillets, entre lesquels apparaît bientôt un feuillet moyen . Dès la quatorzième heure de l'incubation, l'eipbryon est visible sous la forme d'une tache blanche placée suivant l'axe transversal de l'œuf; le deuxième jour il s'élève de plus en plus au-dessus de la surface du vitellus et montre à sa partie supérieure un pli transversal, premier vestige de la tèle, et bientôt après, de chaque côté, trois points arrondis, premiers rudiments de vertèbres. Fendant le troisième jour, la tête se dessine de plus en plus, son extrémité pointue, qui deviendra le bec, se recourbe vers la poitrine, les yeux se colorent en noir, les membres supérieurs, puis les membres inférieurs, se développent. Les jours suivants les diverses parties des pattes se différencieut, le volume de la tète semble diminuer proportionnellement, et les yeux, d'abcrd énormes, ne s'accroissent pas avec la même rapidité que les autres parties de la face ; bref, l'ensemble du poussin se rapproche de plus en plus du type complet de l'oiseau.

Nous n'avons pas à insister davantage sur le développement du poulet, qui se trouve exposé dans tous les traités d'embryogénie, au moins pour établir la comparaison avec le développement du fœtus humain, et nous rappellerons seulement que le cœur apparaît dans l'embryon de l'oiseau dès la dix-septième heure d'incubation, et qu'il commence à battre vers la trente-sixième heure. Mais, à ce moment, il ne renferme pas encore de sang et contient seulement un liquide incolore. Les poumons se développent vers le quatrième jour, mais ils n'exercent leurs fonctions que lorsque le poulet a brisé sa coquille. Cependant bien avant cette époque l'embryon se trouve en contact avec du fluide respirable ; presque immédiatement après la ponte il s'est formé en effet dans la coquille un vide qui s'est rempli d'air et, vers la quarante-cinquième heure de l'incubation, i'allantoïde s'est montrée sous la forme d'une vésicule membraneuse. Grossissant rapidement, cette poche s'est bientôt étalée sur la surface supérieure du vitellus et s'est accolée pour ainsi dire à la surface interne de la coquille ; puis son feuillet externe s'est couvert d'un réseau vasculaire extrêmement riche qui, recevant le sang veineux de l'embryon, l'a mise en rapport avec l'air pour le transformer en sang artériel.

La durée de l'évolution de l'embryon est du reste sujette à de grandes variations, et dépend à la fois de la grosseur de l'œuf, des conditions dans lesquelles il est déposé et de l'état sous lequel le poussin doit se présenter, au sortir de sa coquille. L'incubation des œufs des petits Passereaux dure une douzaine de jours, celle d'un œuf de Poule trois semaines environ et celle d'un œuf d'Au-

truche près de sept semaines. Presque toujours c'est le jeune qui brise lui-même les parois de sa coquille à l'aide d'une petite pièce cornée qui arme momentanément l'extrémité de son bec ; mais, une fois délivré de sa prison, ce jeune peut se présenter sous deux aspects bien différents : tantôt en effet il est nu' débile et incapable de chercher sa nourriture, tantôt au contraire il est couvert de duvet et assez robuste pour courir à droite et à gauche et trouver sa subsistance ; le premier cas est celui des Passereaux, des Pigeons, des Grimpeurs et des Rapaces, le second celui des Échassiers, des Palmipèdes, des Coureurs et des Gallinacés. Dans ce dernier groupe, il y a même toute une famille, celle des Mégapodes, dont les petits naissent presque emplumés et ne diffèrent guère de leurs parents que par les proportions de leur corps. Ces Mégapodes se développent du reste dans des conditions tout à fait anormales. Les œufs dont ils sortent ne sont pas couvés à la manière ordinaire, mais sont déposés dans des tas de matières végétales qui ont été accumulées préalablement par le père et la mère et qui ne tardent pas à entrer en fermentation sous l'influence des rayons solaires. Cette décomposition des substances végétales produit nécessairement une somme assez forte de chaleur, de telle sorte que les œufs des Mégapodes se trouvent placés à peu près dans les mêmes conditions que s'ils étaient enfermés dans une couveuse artificielle.

Le système nerveux des oiseaux est toujours moins parfait que celui des mammifères. Les hémisphères cérébraux sont, il est vrai, assez volumineux, mais ils n'offrent pas de circonvolutions et ne sont jamais réunis par un corps calleux. Les lobes optiques, au lieu d'être cachés entre le cerveau et le cervelet, sont presque toujours à découvert en anière des lobes cérébi'aux ; le cervelet, marqué de stries horizontales, paraît constitué presque exclusivement par le lobe médian; enfin la moelle épinière est très-allongée et présente deux renflements correspondant à l'origine des nerfs des ailes et des pattes ; le premier de ces renflements est particulièrement accentué chez les oiseaux bons voiliers, tandis que le second l'emporte décidément chez les oiseaux qui se servent plutôt de leurs membres postérieurs que de leurs organes de locomotion aérienne. Comme il est facile de le prévoir d'après le seul examen de leurs lobes optiques, les oiseaux sont doués d'une vue extrêmement parfaite ; leurs yeux ne sont pas seulement très-volumineux relativement au reste de la tête, ils sont encore pourvus de certains perfectionnements qu'on ne rencontre pas chez les mammifères : ainsi de la rétine, qui est très-épaisse, part une membrane noire, plissée en éventail, qu'on appelle le peigne et qui a, dit-on, pour fonction de diminuer au besoin le diamètre antéro-postérieur de l'œil et de permettre ainsi à l'oiseau de distinguer avec la même facilité des objets rapprochés ou des objets très éloignés. La pupille est toujours arrondie, mais l'iris est très-contractile et de couleurs très-diverses, suivant les genres ou les espèces; la cornée transparente est fortement convexe et la sclérotique, mince et transparente en arrière, est fortifiée, dans sa portion antérieure, par de petites pièces osseuses qui s'imbriquent les unes sur les autres et donnent à cette partie du globe oculaire une forme invariable. Enfin d'ordinaire l'appareil palpébral se compose, non-seulement de deux paupières horizontales, dont l'inférieure est grande et très-mobile, mais encore d'une troisième paupière verticale qui peut s'étendre comme un rideau, afin d'adoucir l'impression des rayons lumineux sans intercepter la vue. Cette membrane nyctitante manque cependant chez quelques oiseaux. En revanche, les glandes lacrymales ne font jamais défaut.

L'appareil auditif est, chez les oiseaux, beaucoup moins compliqué que chez les mammifères; il n'y a point de pavillon de l'oreille pour recueillir les ondes sonores ; toutefois chez les oiseaux de proie nocturnes le rôle de cette conque externe est rempli en partie par des plumes légèrement soulevées et inclinées. Le méat auditif n'est que très-rarement fermé par des membranes ; les osselets sont réduits à une seule pièce grêle, rattachée d'une part au tympan, de l'autre au vestibule ; le limaçon est fort petit, et les trompes d'Eustache sont souvent ossifiées et se réunissent avant d'atteindre l'arrière-bouche ; mais, par contre, la caisse du tympan communique avec trois grandes cavités, à parois élastiques et très-sonores, qui sont creusées dans les os du crâne. Cette disposition compense sans doute jusqu'à un certain point les imperfections que l'oreille des oiseaux présente sous d'autres rapports, et permet à ces animaux de distinguer à une grande distance les cris des individus de leur espèce.

C'est à tort qu'on a pendant longtemps, sur la foi de Pline et d'Aristote, attribué une grande sensibilité olfactive à certains oiseaux, tels que les Vautours et les Corbeaux. Les expériences faites récemment à la Ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Paris sur des Vautours européens, et les observations antérieures du célèbre Audubon sur des Vautouis américains, prouvent que ces Rapaces ne possèdent qu'un odorat très-obtus. Les autres volatiles ne sont guère mieux doués sous ce rapport et dans la recherche de leur nourriture se fient certainement plus à leur vue qu'à leur odorat. Chez les oiseaux, du reste, les fosses nasales sont tapissées intérieurement par une membrane pituitaire presque sèche et par conséquent peu sensible, et les ramifications des nerls olfactifs sont moins nombreuses et proportionnellement plus courtes que chez les mammifères. En arrière, les fosses nasales communiquent avec la voûte palatine par une fente longitudinale, et en avant elles s'ouvrent en dehors par des orifices percés tantôt à la base du bec, dans une membrane nommée cire, tantôt vers le milieu ou même près de l'extrémité de la mandibule supérieure. Ces orifices peuvent être linéaires, arrondis, ovales ou même tubulaires, et fournissent d'assez bons caractères pour la classification des oiseaux.

Le goût est peut-être encore moins parfait que l'odorat, et cela n'a rien d'étonnant quand on songe à la structure de la langue, qui est souvent sèche ou même couverte de pointes cornées, et à l'absence de voile du palais. Enfin, la sensibilité tactile est très-peu développée : sur la plus grande partie du corps la peau est en effet garantie par les plumes contre le contact direct des objets extérieurs, et dans les parties dénudées, le long des tarses ou sur les doigts, elle offre souvent des épaississements ou même des scu telles, de consistance cornée, qui sont autant d'obstacles à l'exercice du toucher. Il résulte cependant d'observations récentes de M. le docteur Jobert que chez quelques Echassiers et Palmipèdes l'extrémité et les bords du bec reçoivent de nombreux filets nerveux et sont doués d'une assez gi-ande sensibilité, et d'autre part on sait depuis longtemps que les Chevaliers, les Bécasseaux et les Bécasses, qui ont l'habitude de piétiner et de sonder le sol avec leurs pieds pour reconnaître s'il renferme des vers, portent à la plante du pied, sous les doigts et les membranes interdigitales, des papilles régulièrement disposées qui doivent servir au toucher.

Ceci nous conduit naturellement à dire quelques mots du système tégumentaire des oiseaux. On sait que tous ces vertébrés ont le corps recouvert en majeure partie par des plumes, c'est-à-dire par des productions épidermiques analogues aux poils des mammifères, mais d'une structure plus compliquée.

Cliaque plume se compose : J» d'un tube corné, percé à son extrémité inférieure et surmonté d'une tige pleine; 2» de barbes développées sur les côtés de la tige et garnies de barbules qui, à leur tour, sont parfois frangées ou barbelées, de manière à adliérer fortement entre elles. Elle se forme dans une capsule qui consiste en une gaine cylindrique, revêtue intérieurement de deux membranes et enveloppant un bulbe cential, une sorte de |)apille du derme. D'iibord molle et visqueuse, la substance qui doit produire la plume se dépose à la surface du derme, s'insinue entre des cloisons obliques qui occupent les côtés de la gaîne et dans des sillons verticaux situés sur la lace dorsale et médiane, et, en se desséchant, elle produit d'une part les barbes et les barbules, de l'autre la tige centrale.

Le luyau se forme plus tard et enferme dans sa cavité le bulbe qui se flétrit et prend l'aspect de cônes parcheminés. La gaîne fait souvent saillie de plusieurs pouces en dehors de la peau, mais elle se détruit bientôt, et au besoin l'oiseau la déi;l\ire avec son bec pour permettre aux barbes, d'abord enroulées, de s'étaler latéralement, de telle soite que, à un moment donné, la plume apparaît complètement épanouie, et fixée seulement par l'extrémité inférieure de son luyau.

A une certaine époque, les plumes tombent au moins partiellement et sont remplacées par des plumes nouvelles. Ce phénomène a lieu généralement après la ponte, et quelquefois deux fois par au, et il détermine chez l'oiseau une sorte de malaise et la perte momentanée de la voix.

Dans les premiers temps de la vie, immédiatement après l'éclosion, le jeune est souvent couvert, excepté sous le ventre, de soies fines implantées par paquets qui seront chassés par les plumes normales. Mais chez les Oiseaux de proie et chez les Palmipèdes on remarque, au lieu de ces soies ténues, un duvet qui subsiste pendant assez longtemps, mais qui ne doit pas être confondu avec le duvet persistant, sorte de fourrure légère que l'on trouve, pendant toute la durée de la vie de l'oiseau, cachée sous les véritables plumes. Ce duvet persistant est particulièrement développé chez les Oiseaux nageurs tels que le Cygne, le Canard, l'Eider et l'Oie domestique.

Les plumes affectent des formes très-variées et présentent les couleurs les plus diverses. Les unes sont floconneuses, à barbes décomposées, les autres ressemblent à des lames rigides, d'autres sont réduites à l'état de filaments ou même de piquants. Certaines plumes ont des couleurs Iranches et immuables, d'autres au contraire, grâce à une structure particulière, sont irisées et chatoyantes comme des pierres précieuses. Presque toujours la livrée du mâle est plus riche que celle de la femelle, et le jeune, qui ressemble d'abord à la femelle par ses teintes modestes, ne prend son plumage complet qu'au bout d'un an ou même de deux ans. Souvent le changement de livrée ne s'effectue point par une mue totale, mais par une modification sur place, dans la couleur des plumes.

La nature des plumes ne varie pas seulement d'une espèce à une autre espèce, d'un sexe à un autre sexe, elle n'est pas constante dans toutes les parties d'un même individu. Ainsi les plumes du sommet de la tête s'allongent parfois en forme d'aigrettes ou de panaches, et celles du corps sont toujours plus courtes que celles des ailes et de la queue. On désigne sous le nom de pennes alaires ou de rémiges les plumes allongées et résistantes qui s'insèrent sur l'extrémité du membre antérieur et qui agissent comme organes de locomotion aérienne, et

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on appelle rectrices ou pennes caudales les plumes qui sont attachées sur les dernières vertèbres et qui servent de gouvernail.

Les rémiges primaires sont fixées à la main, les rémiges secondaires à l'avantbias, les rémiges bâtardes au pouce. A leur base, en dessus et en dessous, ces pennes sont recouvertes par des plumes plus courtes et régulièrement superposées, qu'on nomme couvertures ou tectrices alaires. Les couvertures alaires supérieures se divisent d'ailleurs en grandes, moyennes et petites couvertures. A la base de la queue il existe aussi des couvertures sus- et sous-caudales.

La forme de l'aile, et par conséquent la puissance du vol, dépend non-senlenient des rapports de longueur des os du membre antérieur, mais encore des proportions des rémiges. Chez les Faucons, par exemple, et en général chez tous les oiseaux bons voiliers, les premières rémiges sont très-longues, de ^orte que l'aile est pointue; au contraire chez les oiseaux de proie ignobles les premières pennes sont moins développées que les suivantes, ce qui donne à 1 aile une forme obtuse ou arrondie. On conçoit donc que les naturalistes aient pu, dans un grand nombre de cas, trouver dans les longueurs relatives des pennes alaires de bons caractères de classification.

Cliez un petit nombre d'oiseaux, tels que les Pingouins et les Manchots, les ailes enlin ont presque entièrement perdu l'aspect ([u'elles [)résentent communément; elles sont réduites à des sortes de moignons, couverts de plumes très-courtes et écaïUeuses, et sont employées non plus comme organes de vol, mais comme organes de natation. Enlin la station étant, chez ces mêmes oiseaux, presque verticale, les pennes caudales se transforment aussi en lames rigides, et peuvent offrir, au besoin, un point d'appui à l'animal.

iSous ne pourrions, sans sortir des limites d'un article général, nous étendre sur la distribution géographique et les mœurs des oiseaux. Ces animaux sont répandus sur la plus grande partie de la surface du globe et se trouvent jusque dans des petites îles perdues au milieu de l'Océan. Il y a parmi eux des groupes ou des espèces qui sont cosmopolites, et d'autres groupes qui sont au contraire confinés, soit comme les Oiseaux-Mouches dans les contrées tropicales du Nouveau Monde, soit comme les Pingouins et les Manchots dans les régions glacées voisines des deux pôles.

Un grand nombre d'espèces changent de station suivant les saisons et vont de la montagne à la plaine, ou vice versa, et quelques-unes même exécutent (les voyages lointains. Les Martinets, les Hirondelles, les Cailles, sont dans ce cas.

Au printemps, dans nos climats, l'accouplement a lieu, et le mâle et la femelle travaillent de concert à la construclion d'un nid dont la forme varie considérablement d'une espèce à l'autre, mais est à peu près immuable pour chaque espèce. Dans ce nid sont déposés des œufs dont le nombre, les dimensions et le mode de coloration sont également fixes, à peu de chose près, pour une espèce donnée. Les fietitsquien sortent sont presque toujours l'objet des soins assidus de la part de leurs parents jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour chercher leur nourriture. A partir de ce moment ils deviennent i)resque toujours des étrangers pour leur famille. Beaucoup d'oiseaux vivent solitaires, sauf dans la saison de la pariade, mais d'autres se réunissent en troupes nombreuses qui paraissent obéir à des chefs.

Dans la nature actuelle le nombre des oiseaux est extrêmement considérable. On connaît environ 10 000 espèces, qu'il a fallu nécessairement répartir eu des

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groupes d'ordre supérieur, genres, familles, tribus et ordres. Mais tous les auteurs n'ont pas apprécié de la même façon la valeur de tel ou tel caractère et ont assigné à tel ou tel groupe des limites plus ou moins étendues, une place plus ou moins élevée dans la série. De là des différences considérables entre les classifications qui ont été successivement proposées et dont nous n'entreprendrons pas de faire l'historique. Nous citerons seulement les classifications les plus connues. Celles qui ont été en usage jusque dans ces derniers temps reposaient presque exclusivement sur des caractères extérieurs. Ainsi G. Cuviei', dont la méthode est encore suivie par beaucoup d'auteurs, partageait dans son Règne animal les oiseaux en six ordres, d'apiès la conformation du bec et des pattes. Ces six ordres portaient les noms d" Accipitres ou Oiseaux de ■proie, de Passereaux, de Grimpeurs, de Gallinacés, d'Echassiers et de Palmipèdes. Les Accipitres étaient subdivisés en deux familles : Accipitres diurnes et Accipitres nocturnes, qui avaient pour caractères communs un bec et des ongles trèsrobustes et très crochus. Les Passereaux, groupe essentiellement hétérogène, se partageaient en : 1" Dentirostres, ayant la mandibule supérieure échancrée de chaque côté, près de la pointe ; 2" F issir astres, aiW bec court, aplati et largement fendu ; 5° Conirostres, au bec fort, plus ou moins conique et dépourvu de dents vers la pointe ; A" Tcnuirostres, au bec grêle, allongé, droit ou plus ou moins arqué ; b° Sijndactijies, différant de tous les groupes précédents par leur doigt externe réuni au doigt médian dans la plus grande partie de sa longueur. Les Grimpeurs se reconnaissaient, d'après G. Cuvier, à leur doigt externe dirigé eu arrière comme le pouce; les Gillinacés, à leur bec supérieur voûté, avec les narines percées dans un espace membianeux de la base du bec, à leur port lourd, à leurs ailes courtes, à leur sternum profondément échancré sur les côtés, etc. ; les Échassiers se distinguaient par leurs tarses élevés, leurs jambes dénudées vers le bas ; les Palmipèdes enfin par leurs pattes disposées pour la natation, c'est-à-dire implantées à l'arrière du corps et formées de tarses courts et de doigts réunis par des membranes palmaires.

Mais, comme il est facile de le voir, à beaucoup d'égards cette classification était défectueuse : ainsi les .Mégapodes, qui sont de vrais Gallinacés par leur structure intime et par leurs mœurs, les Autruches et les Casoars, qui méritent d'être séparés de tous les autres oiseaux, se trouvaient rangés parmi les Echassiers uniquement à cause de la longueur de leurs pattes, et dans l'ordre des Passereaux se trouvaient jetées pêle-mêle une foule d'espèces qui n'avaient pu trouver place dans les autres groupes. Aussi de nouveaux modes de classement furent bientôt proposés par Lesson dans son Manuel et dans son Traité d'ornithologie, par Sundevall dans son travail important inséré dans les Mémoires de l'Académie de Stockholm, le prince Ch. Bonaparte dans son Conspectiis systematis Ornithologiœ, dans son Conspeclus generum avium, et dans ses Tableaux paralléliqnes. Voici en peu de mots quel est le système de ces derniers auteurs, système qui est encore en usage dans plusieurs établissements scientifiques de l'Europe.

Les oiseaux sont d'abord répartis par Ch. Bonaparte en deux grandes catégories très-naturelles, les Insessores ou Altrices, dont les petits naissent dans un état de faiblesse assez grand pour ne pouvoir se passer de l'assistance de leurs parents, et les Prcecoces, dont les petits naissent assez forts pour chercher eux-mêmes leur nourriture. Ces deux grandes catégories se subdivisent ensuite en plusieurs ordres de la manière suivante :

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