‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.66Chapitre 42 sur 47 · OKEN · texte numérisé non relu

OKEN

Bibliographie. — Lesson. Histoire naturelle des Colibris, 1831.— Du même. Lns Trochilidé ou les Colibris et les Oiseaux- Mouches. — Ch. BoNAP^nTE. Tableau des Oiseaux-Mouches.. In Eevue et Magasin de zoologie, 1854. — J. Gould. A Monoqraph of the Trochilidœ or Huming Dirds, 1860. — Mclsant et J. etE. Verreaux. Essai d'une classification mclhodique dks Trochilidés, 1866. — Mulsant. Histoire naturelle des Oiseaux-Mouches.— Sclater et Sadvin. Nomenclator avmm neotropicalium, 1873. — D. G. Elliot. Monograph of the Trochilidee', 1878. E, 0.

OKEIV (LoRENz), de son vrai nom Okenfuss. Célèbre médecin et naturaliste allemand, naquit à Bohlsbach, près d'Offenbourg, dans le grand-duché de Bade, le 1" août 1779. Après avoir fait ses humanités au gymnase des^ Franciscains d'Offenbourg et à la Stiftschule de Bade, Oken se rendit en 1800'à Fribourg, fit toutes ses études médicales à l'université de cette ville et obtint le grade de docteur en ISOi. Sa thèse {Febris synochalis biliosa, cum typo tertiano et complicatione rheumalica) est restée dans les archives de cette université à l'état de manuscrit. Il se fit immatriculer à l'université de Wuptzbourg en 1804, à celle de Gottingue en 1805 et encore la même année fat agréé comme privat-docent dans cette dernière ; c'est à celte époque que remontent ses premiers travaux d'embryogénie et de morphologie.

En 1807, Oken fut nommé professeur extraordinaire de médecine à léna, et enseigna surtout la pliilosophie naturelle, l'iiistoire naturelle générale, la xoologie et l'anatomie comparée, la physiologie animale et végétale ; ces leçons firent sensation en Allemagne et ne contribuèrent pas peu à remettre dans la bonne voie les études anatomiques et physiologiques ; mais ses recherches sur la nature des os du crâne, publiées en 1807, et où il met en avant l'homologie morphologique du crâne et de la colonne vertébrale, devinrent le point de départ d'une polémique avec Gœthe, qui avait eu les mêmes idées que lui sur la structure du crâne. En 1812, il fut nommé professeur oïdinaire d'histoire nahturelle à léna et en 1817, il fonda un journal plus ou moins encyclopédique, mais surtout consacré à l'histoire naturelle, Vlsis ; ce journal exerça incontestablement une influence énorme sur le développement général des sciences naturelles en Allemagne. D'un esprit très-libéral et indépendant, Oken ne tarda pas à accueillir dans sa feuille périodique les réclamations et les plaintes qui lui paraissaient fondées et y publia parfois des critiques très-acerbes contre les agissements des gouvernements allemands de l'époque. En 1819, le gouvernement de Weimar, où s'imprimait ïlsis, lui posa l'alternative de renoncer soit à sa chaire, soit à la publication de son journal. Oken aima mieux se démettre de sa chaire et continua à publier Vlsis, qu'U fit imprimer à Leipzig. Impliqué peu auparavant dans l'affaire de la fête de la Wartburg, il fut pris, puis reMché comme non coupable et continua à habiter à léna. Il paraît que l'hostilité de Gœtlie à l'égard de notre savant ne contribua pas peu aux mesures de rigueur qui furent prises contre lui.

De 1831 à 1822, Oken enseigna la philosophie naturelle et l'histoire à Bâle, puis, en 1822, provoqua la réunion du premier Congrès des naturalistes allemands ; depuis cette époque ce Congrès a eu lieu chaque année. Il vécut alors tranquillement à léna, publiant toujours Vlsis, qui n'affectait plus alors aucun caractère politique.

Désireux de rentrer dans la vie scientifique active, il accepta en 1827 le postede privat-docent à l'Université de Munich, et le 28 décembre de la même aanée fut nommé professeur ordinaire de physiologie. Mais en 1852, on voulut lui imposer un déplacement à Erlangen, qu'il refusa pour accepter la chaire d'hi^-

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toire naturelle et de philosophie de la nature que lui offrait l'Université de Zurich, qui venait d'être fondée, et dont il eut l'honneur d'être le premier recteur. Il mourut dans cette dernière ville le 11 août 1851 d'une péritonite consécutive à une maladie de la vessie. Son buste, sculpté par Drake, a été érigé en 1853 au « Fùrstengraben » à léna. Son éloge a été prononcé par M. Ecker au Congrès des naturalistes allemands réuni à Bade en 1879.

Oken a certainement rendu des services considérables à l'anatomie, à la physiologie et surtout à l'histoire naturelle ; mais, doué d'un esprit plus spéculatif qu'observateur, imbu des théories de la philosophie de la nature, quoiqu'il fût un disciple indépendant, plus ou moins infidèle de Schelling, il a cherché à édifier un système complet et homogène de tous les règnes naturels, et pour y arriver a introduit dans la science des formules quelque peu mystiques, des expressions parfois amphigouriques, une nomenclature bizarre et des hypothèses extrêmement hasardées, dont il n'est resté que fort peu de chose. Nous signalerons, parmi ses ouvrages les plus importants :

I. Progr. ûber Licht und Wârme. lena, 1809, gr. in-i". — II. Erste Ideen zur Théorie des Lichls, der Finstcrniss, der Farben und der Wârme. lena, 1808, in-4». — III. Lehrbuch des Systems der Nnturi>hilosophie. lena, 1809-11, gr. in-8; 2te Aufl., ibid., 1831, gr. in-8°.

— IV.Cruiu/rèss des Systèmes der Natwphilosophie, die Théorie der Sinne... Fraiikfui't a.M., 1803 (18021, in-8°. — V. Uebersicht der Naturjihilosophie... Frankfurt a. M., 1804, gr. in-8».

— VI. Die Zeugung. Baniberg, 1805, gr. in-8°. — VII. Abriss des Systems der Biologie oder Natwphilosophie. Ciôttingen.lSOô (1805),in-8''. — VIII. Progr. Ueber die Bedeutung der Schddelknoclien. lena u. Bamberg, 1807, gr. in-4"'. — IX. Ueber das U»iversum . als Fortselzung des Sinnensystems. lena, 1808, gr. in-4''. — X. Ueber den Werth fier Naturgesc/iiclite. lena,

1809, in-4">. — XI. Preisschrift ûber die Entstehung und Heilung der JSabelbriiche. Landsh.,

1810, gr. in-4». — XII. Lehrbuch der Nalurgeschichte. Leipzig, 1813-27, 3 vol. in-8°. — XIII. Esquisse du système d'anatomie, de physiologie et d'histoire naturelle. Trad. de l'allein. Paris, 1821, in-S". — XIV. Beitrâge zur vergleichenden Zoologie. Analomie und Physiologie, 1806-1807, 4 livr. (publié avec Kieser].— XV. Ueber das Zahlengesetz in den Wirbelndes Menschen. Muiichen, 1828, in-4''. — XVI. Allgemeine Nalurgeschichte... Stuttgart, 1833-1841, 7 vol. gr. in-8''; 15 livraisons de planches. Ibid., 1833-1840, gr. in-4°. — XVII. Isis. Leipzig, 1817-1848, 52 vol. in-4°. — XVIII. Articles dans : Marcus's u. Schelling's Jahrb. der Medicin, Siebold's Lucina, Oken's and Kieser's Beytrâge..., Gehlen's Journal f. Chemie. L. Hn.

OKi:s (Thomas-Verrey). Chirurgien anglais de mérite, exerçait son art à Cambridge, à la fin du dernier siècle et au commencement du siècle actuel ; il était cliirurgien à l'hôpital d'Addenbrooke dans cette ville. Nous connaissons de lui :

I. Duce dissertaliones : 1° Praxi medicinœ non est opprime necessai-ia scientia aiiatomica; 2" Fœluum deformitates non oriuntur ab imaginatione prœgnantis... Cantabrigœ, 1770, in-8°. — II. Account of the Proiidential Préservation of Elizabeth Woodcock, who survived a Confinement under the Snow for nearly Eight Days and Nights. Cambrigde, 1799, in-8°. — IIL An Account of Spina bifida with Remarks on a Method of Treatment proposcd by Mr. Abernethy. London, 1800, in-8°. New Edit. Ibid., 1810, in-8°, pi. — IV. Observations on the Fever lately Prévalent in Cambridge, 1815, ln-8°. — V. Account of a Remarkable Discharge of Water from the Meatu^ auditorius. In New London Med. Journal, t. II, p. 16. L. Hw.

OLATOPI. Sous le nom à'Olampi gummi, Lemery décrit une « gomme ou résine dure, jaune, tirant sur le blanc, transparente, ressemblant au copal, douce au goiàt avec tant soit peu d'astriction. On nous apporte cette gomme d'Amérique, mais rarement. Elle est détersive, dessiccative, résolutive.» Valmont de Bomare la dit jaunâtre, grumeleuse, dure, friable, quelquefois transparente, quelquefois blanchâtre et un peu opaquai

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Guibourt rapporte ces produits à des sortes de résine animé du Brésil, ou copals tendres, produits par des Hymenœa et particulièrement par VHymenœa cour baril h. Pl.

Bibliographie. — Lemery. Dictionnaire des drogues simples, p. 625. — Giiibodrt. Drogues simples, 7° édit., III, p. 464. Pl.

OLAIWDER (Eric-Johan). Médecin suédois, naquit dans le Smaaiand, le 27 janvier 1766, fit ses humanités à Wexio, puis en 1787, fréquenta l'Université de Lund ; en 1790, il fit un voyage à Greifswald, où il prit ses grades en philosophie, et en 1792 revint à Lund; il y fit en 1793 son examen de candidat en médecine, et après un voyage à Copenhague, prit en 1794 le grade de docteur en médecine., Le 15 septembre 1795, il fut nommé médecin provincial du district de Mariestad, Skaraborg Lan, et en 1808 de Lidkôping, où il exerça l'art de guérir jusqu'à sa mort, arrivée en 1837.

Olander avait résigné ses fonctions officielles en 1830. En 1834, il avait été nommé citoyen honoraire de la ville pour les services dévoués qu'il avait rendus durant l'épidémie de choléra ; à la même occasion la ville lui décerna une couronne de chêne. En 1813, il avait obtenu la médaille d'argent des vaccinations, et en 1815, il était devenu membre de la Société royale de médecine de Suède. Nous connaissons d'Olander :

I. Diss. inaug. de colica spasmodica (prffis. Engelhart). Lundœ, 1794. — II. Embetsberâttehe for 1814 (maladies régnantes). In Sv. Làk. Sâllsk. Handl., Bd. II, 1815. — III. Emb. for 1818. Ibid., Bd. VI, 1819. — IV. Jakttagelse vid en Likôppning. In Sv. Lâkare Sâllsk- Aarsberâttehe, 1816, p. 8. — V. Tvenne hàndelser af fôrgiflning . Ibid., 1825, p. 75. — VI. Om magplaagor, fôrorsakade af fôrskàmd hummer, tvâttejukan i orden kallad. In Post- och Jwik-Tidn., 1828, n° 182. L. H».

OLAiVl!\E. Un des produits de l'huile animale de Dippel. D.

OLARGUES (Jean d'), de son nom latinisé de Olargis, médecin français du quinzième siècle, né à Olargues, diocèse de Saint-Pons, d'après Astruc. Il avait fait ses études à l'école de Montpellier et a composé un traité De urinis, dont Schenck possédait un exemplaire manuscrit. L. Hn.

OLAX (L.). Genre déplantes Dicotylédones, dont on a tiré le nom d'une famille, celle des Olacinées. On peut dire de ces plantes que ce sont des Santalacées à ovaire généralement supère, et nous les avons placées dans un seul et même groupe naturel. ;Elles ont peu d'usages. L'O. zeyJanica L., qui est le Mœla-hola des indigènes (c'est-à-dire Arbre à salade), a, en effet, des feuilles et pousses comestibles, rafraîchissantes. Son bois à odeur excrémentitielle était autrefois employé dans le pays au traitement des fièvres chaudes. Quelques autres Olax, comme les Fissilia des Mascareignes et les Spermaxyrum d'Australie, sont fétides et antispasmodiques. Aux Olacinées appartiennent encore les OpUia, Anacolosa et Heisteria. H. Bn.

Bibliographie.— L., Amcen.acad., 1,387. — Mér. et Del., Dict. Mat. m^rf., V, 21. — Ro- SENTH., Dict. Sijnops. pl. diaphor., 755. — H. Bn, in Andansonia III, 120. H. Bs.

OLBEBG (Franz). Né à Dessau, en 1767, fit ses études médicales à Halle, où il fut reçu docteur en 1791. Il devint conseiller d'État, médecin des princes d'Anhalt-Dessau, etc., et mourut le 10 mai 1840. On connaît de lui :

I. Dissertatio inauguralis de docimasia pulmonum hydrostatica. Halle, 1191 , in-4'>

n. Bcilrâge %ur Literalur der Blallern uiul dercn Einimpfung. Halle, 1791, in-8°. — m. Unterricht fur Hebammen des FuisteiUhums Anhalt-Dessau. Dessau, 1799, in-8°. — IV. Allgemeine Vaccination in Dessau. In Hufeland's Journal der Heilkunde, t. XXIV, 1806 p. 181. A. D.

OLHEi^BOURG. Lc grand duché d'Oldenbourg, division politique de l'empire d'Allemagne, comprend trois territoires séparés : le duché de ce nom, qui nous occupera plus spécialement, et les petites principautés de Lûbeck et de Birkcnfcld.

Le duché proprement dit est situé entre 52°, 30' et 53", 40' de latitude N., et entre 5°, 15' et G", 30' de longitude E., baigné dans sa partie septentrionale par la mer du Nord, et enclavé dans le Hanovre sur le reste de son pourtour ; quelques lieues de sa frontière orientale confinent au territoire de Brème. Il mesure environ 115 kilomètres de longueur du sud au nord, sur 75 kilomètres de large, en moyenne ; sa superficie n'est que de 5375,40 kilomètres carrés, y compris les seigneuries de Jever et de Knyphausen. La principauté de Lûbeck appartient au bassin de la Baltique et est formée de plusieurs enclaves dans l'Est du Holstein; sa configuration topographique offre avec celle du duché des analogies que l'on ne retrouve plus dans la principauté de BirkenfeJd, pays montagneux et élevé, baigné par la Nahe, enclavé dans la Prusse Rhénane, et que des considérations polili(jues, seules, ont rattaché au duché en 1815.

L'Oldenbourg, habité, dans les temps les plus reculés, par des Frisons et des Saxons, a appartenu à la Maison de Danemark pendant un siècle, jusqu'en 1773 ; entré en 1808 dans la Confédération du Bhin, il fut incorporé deux ans après à l'empire français et forma le département des Bouches-du-Weser : redevenu 'indépendant en 1814, il a fait partie de la Confédération du Nord, et est aujourd'hui englobé dans l'empire d'Allemagne. La langue la plus généralement répandue est l'allemand ; à Birkenfeld, on parle encore le français dans plusieurs localités; à Liibeck, l'allemand, mais surtout le saxon.

Le duché continue à l'ouest du Weser la vaste région alluvionnaire de la Basse-Allemagne ; comme le Mecklenbourg et la partie septentrionale duHanovre, c'est un pays bas, uni et plat, sauf à son extrémité méridionale où, vers Damme, le terrain se relève en hauteurs qui ne dépassent pas, du reste, une centaine de imètres d'altitude. Toute la région du nord, ainsi que les contours occidentaux qui se relient par le Saterland aux landes de Meppen et au grand marais de Bourtange, représente une sorte de plage tantôt sablonneuse, tantôt lacustre, formée par les apports pélagiens et les atterrissements limoneux des fleuves. Le pays est arrosé par de nombreux cours d'eau, affluents, pour la plupart, du Weser et de l'Ems, et sillonné de fossés d'irrigation et de canaux de déversement pour les eaux de source et de pluie. Ce système très-important de canalisation avec écluses a eu pour but principal d'obvier au défaut de déclivité du sol et à l'insalubrité déterminée par la stagnation de ces eaux ; il concourt puissamment à l'assainissement de la contrée.

Outre les rives vaseuses de ses grands cours d'eau, le Weser, la Jahde, la Hunte, etc.. dans lesquels la marée se fait sentir assez loin, le duché possède de grands marais qui occupent surtout la partie occidentale ; tels sont le Saterland, entre Oldenbourg, l'Ems et la Hase, traversé parla Soesteet hMarke, vaste tourbière entremêlée de parties boueuses, de terrains arables riches en végétation et de parties sablonneuses, et qui couvre des milliers d'hectares en un seul

tenant ; au nord, la Jahde moor, sur les deux rives de la Jahde ; le Hahner moor au S. 0., etc. On retrouve encore les marais sur les limites S. E., au nord et au sud du lac de Dùmmer. Parmi les lacs ou étangs, sans pi-ofondeur, de la contrée, nous ne citerons que le Zwischenahn, au centre, et dans le sud, le Dummersee que traverse la Ilunte. Une grande partie du sol non occupé par le marais, surtout vers le S. 0., dans les cercles de Vechta et de Cloppenburg, est formé de terrains sablonneux reposant sur une couche de craie et couverts de hautes bruyères ; on trouve là des landes de plusieurs lieues d'étendue sans un arbre, sans une habitation; les quelques hauteurs dispersées dans le pays en divers groupes, telles que le Hilmmeling, canton le plus élevé de l'Oldenburg, ne sont elles-mêmes que d'anciennes dunes fixées par les racines des bruyères. Tous ces terrains sableux sont impropres à l'agriculture, peu habités et peu boisés, et les grains qu'on y récolte ne suffisent pas à la consommation des habitants. C'est seulement sur le bord des rivières, à leurs embouchures, le long des côtes, et dans les îlots de terres arables des marais, que l'on rencontre des régions d'une grande fertilité et recouvertes de magnifiques pâturages ; ce sont des terres d'alluvions marines, fluviales ou mixtes. Aussi, « l'habitant des marais est riche; celui des terrains sableux est obligé de s'ingénier pour vivre ; la terre ne le nourrit que s'il lui arrache son pain par un labeur acharné ; il est plus industrieux, voyage aussi plus que l'homme du marais, car la nécessité le pousse loin de sa patrie. Chaque année, un mouvement d'émigration traditionnel entrahie vers la Frise occidentale et les autres provinces de la Néerlande des milliers d'ouvriers de l'Oldenbourg, faucheurs de prés, coupeurs de tourbe, maçons et peintres ; ils partent régulièrement au printemps et reviennent à la fin de l'automne. L'industrie locale ne suffirait pas aies nourrir ». (E. Reclus. Géog. Univ., t. m, p. 740.)

A diverses époques, dans les siècles passés, la configuration de la côte septentrionale a subi des modifications considérables par suite des envahissemenls des sables et de la mer. En 1066, la mer bouleversa, en l'élargissant, le golfe de la Jahde, ancien estuaire du Weser, abandonné par ce fleuve qui s'est reporté à l'est; en 1218 et 1221, elle creusa la partie du golfe où se trouvent aujourd'hui, au sud de Wilhemshafen, les eaux les plus profondes. (E. Reclus). Ces modifications du profil de la côte par les envahissements de la mer ont été attribués au lent affaissement du sol, constaté depuis longtemps sur les rivages des Pays-Ras, de la Poméranie et de la Prusse orientale, et qui se produirait également sur les côtes de la Frise germanique. De nos jours même, l'Ile Wangerooge, au Nord de la baie de la Jahde, dépendance, de l'Oldenbourg, habitée encore en 1840 par 246 Frisons et fréquentée par de nombreux baigneurs, a été réduite par les incursions de la mer à un banc de sable que retiennent à grand peine les plantes à racines traçantes.

L'Oldenbourg, à l'instar des Pays-Ras, a cherché depuis des temps très-reculés ■à sauvegarder son territoire contre les empiétements de la mer ; la ligne de ■digues en terre, d'une hauteur moyenne de 5 à 10 mètres, qui part de la bouche de l'Ems pour aller rejoindre celle de l'Elbe, parcourt toute la côte du duché, en suivant ses contours et les sinuosités des embouchures de ses cours d'eau. De grandes étendues d'excellents terrains d'alluvion, épais de 10 à 12 mètres aux embouchures du Weser et de la Jahde, et d'une merveilleuse fertilité, ont été par suite conquis peu à peu sur le domaine maritine par l'annexion des dépôts marins et fluviaux que des travaux de défense plus avancés ont transfor-

mes en polders. C'est ainsi que la ville de Jever, au N. 0. de la Jahde, port frjquenté au huitième siècle, repose aujourd'hui à 15 kilomètres de la mer sur un riche terrain d'alluvions marines. Mais ces nouvelles conquêtes sont loin encore d'être aménagées en sol saluhre et inoffensif comme les polders de la Hollande ; les premiei'S travaux de l'arsenal de Wilhemshafen ont révélé toute l'insalubrité de ces terrains récents, et l'activité du poison paludéen le long des canaux d'écoulement et aux embouchures vaseuses des cours d'eau avoisinants.

L'Oldenbourg est sui tout un pays agricole ; les régions basses produisent des récoltes suffisantes de céréales et des légumes en abondance, du houblon, des plantes textiles, du colza, etc.; les bruyères des cantons sableux nourrissent des abeilles et de grands troupeaux de moutons à laine commune. L'élève du bétail constitue la richesse des terrains bas et fertiles du Jeverland ; les environs de la ville d'Oldenbourg, ceux de Delmenliorst, de Wildeshausen, couverts de riches pâturages, nourrissent une belle race de chevaux aussi estimés que ceux du Mecklenbourg.

L'industrie manufacturière, assez active dans les villes, fournit de la toile» de gros draps, des lainages, etc.. Le bois est rare dans le duché, la houille ne s'y rencontre pas ; la tourbe sert pour le chauffage et forme l'objet d'une exportation considérable. La pêche fluviale et maritime est très-productive.

Depuis un demi-siècle, h population de l'Oldenbourg s'est notablement accrue; toutefois, d'après le dernier recensement de l'empire allemand, il y aurait aujourd'hui arrêt et même diminution dans son mouvement, comme dans les autres contrées agricoles de l'Allemagne, telles que le Mecklenbourg. Un recensement opéré en 1822 accusait 196 000 habitants dans le duché proprement dit ; c'était, à cette époque, une population kilométrique de 36 environ. En 1843, le chiffre s'élève à 222 956 ; en 1871, à 245 978 [Alm. de Gotha 1875). Le recensement de 1872 donne 248 150 ; la population reste dès lors stationnaire, et trois ans plus tard, en 1875, ne dépasse pas le chiffre de 248 136 (Bagge) ; la densité kilométrique n'atteint, par conséquent, que 46,1. Dans les deux principautés de Birkenfekl et de Lûheck, le mouvement de la population a suivi également une marche ascendante; la première comptait 17 150 habitants en 1857 ; 29 480 en 1843, et 36 128 en 1871 ; elle était de 37 095 en 1875 ; Tarca étant de 502''*,86, le rapport kilométrique s'élève actuellement au chiffre de 73,7. La principauté de Lûbeck possédait 20 749 habitants en 1843, et 34 353 en 1871 ; — au 31 décembre 1875, elle n'était plus que de 34 085. Par rapport à sa superficie de 521 ''^,34, c'est une population kilométrique de 05,5. — Des trois divisions politiques de l'Oldenbourg, c'est donc le duché proprement dit qui possède la population la moins dense. Dans l'espace d'un demisiècle, jusqu'en 1875, le chiffre de la population de l'état entier, estimé à 240 700 en 1822, a atteint 319 314, ce qui établit une augmentation de 78 614 âmes en cinquante-trois ans. Cette population fournit annuellement un contingent militaire de 4000 hommes incorporés dans le dixième corps de l'armée allemande.

La population de quelques villes a plus que triplé : la capitale, qui comptait 5 225 habitants en 1827, en possédait 15 700 en 1875, et 19 100 avec ses faubourgs ; Varel, près de l'embouchure de la Jahde, simple bourg de 2 600 âmes en 1822, en accuse aujourd'hui 5 200, et et 10 050 avec sa banlieue, etc..

La religion protestante domine dans les trois divisions politiques où, du reste, tous les cultes sont libres ; on y a recensé, à la fin de 1875, 245 054 protes-

tants ou 766 sur 1000 habitants ; — 71 745 catholiques, ou 224 sur 1000 ; — 1 570 juifs, proportion 4 à 5 pour lOOO, et 947 individus professant des cultes différents. Les habitants des cercles de Vechta et de Cloppenburg, dans le sud du duché, sont presque tous catholiques; le culte évangélique est prédominant dans les autres cantons. Le nombre des catholiques a diminué depuis 1843, date à laquelle on en comptait 74 791.

L'instruction publique et les cultes entraînent une dépense de 709,704 francs sur un budget général de 7 millions et demi environ; les établissements scolaires sont nombreux : 4 lycées, 10 collèges; 2 écoles normales, protestante et catholique ; 407 écoles primaires protestantes, 155 écoles primaires catholiques, 7 Israélites. — 175 enfants sur 1000 habitants suivent ces écoles primaires.

Le duché comprend une dizaine de villes, 10 bourgs, plus de 800 villages ou hameaux, le tout divisé en sept cercles ou Kreis. Après Oldenbourg (latitude N. 53"8' ; longitude E. 5"52') les villes principales de commerce sont Jever, Varel, Wildeshausen, Dehnenhorst sur la Delme, Ovelgônne, Vechta, etc.; au Nord, la seigneurie minuscule de Knyphausen ; enfin, le long de la rive occidentale du golfe de la Jahde, sur des terrains cédés en 1 755 à la Prusse, la ville et l'arsenal maritime de Wilhelmshafen, créations toutes récentes.

Le Climat àe l'Oldenbourg est surtout subordonné aux influences maritimes; par son humidité, par ses variations continuelles, il offre de grandes analogies avec celui de la Hollande qui l'avoisine et avec celui du nord du Hanovre entre les bouches du Weser et de l'Elbe ; on l'a rapproché à juste titre du climat de Cuxhaven. Le voisinage de la mer. le vaste estuaire de la Jahde qui pénètre à plus de cinq lieues dans les terres, lui impriment les caractères généraux des climats marins, surtout dans sa partie septentrionale exposée, comme les autres plaines occidentales de la Basse-Allemagne, aux brumes et aux coups de vent violents de la mer du Nord. C'est le climat du N. 0. de l'Allemagne, plus humide que froid, avec son ciel le plus souvent nébuleux et sa température très-mobile, mais atténuée « par l'influence tempérante qu'exerce la mer du Nord, et aussi parle voisinage du Guif -Stream » (Lombard, de Genève).

« Les terrains qui entourent la baie de la Jahde se ressentent de l'influence des vents du nord ; les froids s'y prolongent beaucoup plus longtemps que dans le reste de la contrée où, en général, le printemps et l'été sont plus tardifs que dans les autres parties de l'Allemagne placées sous le même parallèle. Dans les plus grandes chaleurs de l'été, les soirées et les nuits sont souvent trèsfroides ; si l'on ne prend pas de grandes précautions, le changement subit de température fait naître des maladies dangereuses. » (Malte-Brun.)

Les vents les plus froids, en hiver, soufflent du nord et de l'est ; les plus chauds, du sud et de l'ouest. En été, les plus frais viennent du nord et de de l'ouest, ces derniers chargés de vapeurs et de brumes ; les vents du sud, de l'est, et surtout du S. E., sont les plus chauds. Le S. 0., prédomine en toute saison comme dans toute la Basse-Allemagne à l'ouest de l'Elbe ; il est généralement pluvieux et, selon sa fréquence, détermine des hivers plus humides et plus tempérés. Les vents directs de S. et de N. sont très-rares.

La température annuelle moyenne est de 8051, celle de l'été de 16°62, et celle de l'hiver deH-0°,36. L'écart des moyennes mensuelles, c'est-à-dire entre la movenne du mois le plus chaud et celle du mois le plus froid est de 18 degrés comme dans le Hanovj-e, un peu supérieur à ce qu'il est entre les 52 et 54 de-

/ôU OLDENBOURG.

grès de latitude N. où il s'abaisse à 16°, 50. La hauteur annuelle moyenne des pluies est de 72 centimètres.

Les maladies de malaria sont celles qui prédominent dans le domaine pathologique de l'Oldenbourg et de la principauté de Lùbeck. La topographie du pays, plat dans sa plus grande étendue, riche en dépressions marécageuse, en fondrières, en terrains tourbeux, parcouru par des cours d'eau dans lesquels se mélangent les eaux douces et les eaux salées ; son littoral bas et sujet à des inondations, les dépôts épais d'alluvions aux embouchures du Weser et de la Jahde, l'insalubrité des terrains récemment conquis sur la mer et que la culture n'a pas encore assainis, etc. , toutes ces conditions réunies expliquent comment une grande partie de l'Oldenbourg paie un lourd tribut à l'endémie palustre qui caractérise plus spécialement sa constitution pathologique.

Les fièvres inlermittentes régnent, en elfet, tous les ans dans les régions qui avoisinent l'embouchuie du Wtser et le golfe de la Jahde. Le docteur Lombard, de Genève, rapporte que, d'après les documents communiqués par une association de médecins au docteur Stadler, de Marbourg, sur les maladies qui ont icgné en 1859 dans 29 villes du Nord-Allemagne, on a compté 2 487 fièvres intermittentes sur un total de 52 532 malades, soit le 15™% ou une proportion de 76 pour 1000 du nombre total ; les deux villes de Varel et de Knyphausen, à l'Ouest de la baie de la Jahde, en comptaient à elles seules 1 218, près de la moitié. (Lombard, Traité de climatologie médicale, t. II, p. 594, d'après : Supplemenl-Heft ziim Archiv des Vereins uir Fôrderung der ivissenschafllichen Heittnmde. Leipzig, 1865).

Miihry a fait remarquer que la plupart des fièvres qui régnent dans les grandes plaines de la Basse-Allemagne, dans le duché de l'Elbe et dans le Mecklenbourg, sont plutôt printanières ou estivales qu'automnales ; il en serait de même dans l'Oldenbourg; dans toutes ces régions, qui ont entre elles de si grandes analogies dans leur constitution topographique, c'e-^t le printemps qui est le plus chargé, surtout les mois d'avril, mai et juin; la prédominance automnale ne se montre que comme exception.

11 n'est pas tiès-rare de voir la malaria, sur les rives du Weser ou de la Jahde, revêtir, comme sur les bords de l'Elbe, un cachet épidémique quelquefois très-grave (travaux de l'arsenal de Wilhelmshafen) ; la fièvre de chaume du Holstein et du Sleswig, qui règne dans la petite principauté de Lùbeck, se retrouve dans ces régions de l'Oldenbourg avec le même caractère de malignité et de léthalité.

Hirsch avait avancé que la tuberculose paraît moins fréquente dans la Basse- Allemagne que dans les régions méridionales ; il affirmait que toute la côte nord-occidentale est presque exempte de la phthisie, et que celle-ci peut être regardée comme rare dans TOIdenbourg. [Handhuch histor.-geograph. Pathol. Erlangen, 1859-64). Des statistiques plus récentes (docteur Zueizer, i»oi/. BihliO' graphie) ont montré coniLien peu est fondée cette opinion sur l'immunité des côtes de l'Allemagne pour la phtbisie. « L'Oldenbourg, qui semblerait devoir être préservé de la phthisie par l'impaludisme, compte le 146™^, 2 de décès amenés par la tuberculose ». (Lombard, de Genève, t. II, p. 648).

Les trois formes de fièvres continues, typhoïde, exantbématique, récurrente, se retrouvent dans l'Oldenbourg comme dans le reste de l'Allemagne nord-occidentale oiî les observations de l'association médicale pour 1859 signalent une moyenne égale au 17™" environ (16,8) des malades dans les villes ; il n'est pas

OLDEMANDIÂ. 751

rare de les observer à Varel et à Knyphausen ; la plus répandue serait la lièvre typhoïde ou typhus abdominal des allemands.

Le docteur Zuelzer, d'après des documents statistiques recueillis dans quelques villes pendant l'espace de trois années, de 1872 à 1874, indique le chiffre de mortalité par maladies organiques rfw cœî/r dans Oldenbourg ; cette ville a fourni lell™»,! des décès comme Berlin. Le même auteur signale également /'«/coolisme comme formant le 8™% 7 des morts dans la même ville, proportion presque aussi élevée qu'à Kiel oii il compte pour les 9"" des décès. Faut-il chercher dans cette cause l'explication de ce fait que l'Oldenburg représente le pays de l'Allemagne où la proportion des idiots est la plus élevée, 204 pour 10 000 habitants? Bourel-Roncière.

Bibliographie. — Voy. art. Allemagne du Diclionnaire et la bibliographie qui l'accompagne. Ouvrages plus récents à consulter : Rey. Gt'og. médicale. In Dicl. pratique des sciences médicales. — RocHAiiD (J.). Climat. In même recueil. — Boddis. Ge'og. ?nédicale, 1857. — ZiîELZER. Veber statistische Grundlage filr die Hygiène und specielle /Edologie. Studieti zur vergleichenden Sanilâls-Slalislik und Beitrâge zur Medicinal-Stalistik, \. uncl 2. Heft, in-S". Stuttgard, 1875-76. — Lombard (de Genève). Traité de climatologie médicale, t. H. Paris, 1878. — Journal officiel du 6 août 1876. — Bagge (G.). Tables statistiques de» divers pays de l'univers pour l'année 1879. Paris, — Reclus (E.), Géographie universelle, t. III. Paris, B.-R.

OLDE]%ii.a:vdia. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Rubiacées, que quelques botanistes font rentrer dans le genre Hedyotis Lam. Les Oldenlandia, tels qu'ils ont été définis par Linné, sont des espèces herbacées, rarement de petits arbustes, à feuilles opposées, réunies souvent entre elles par des stipules intermédiaires. Les fleurs ont un calice à tube subglobuleux, surmonté de quatre dents persistantes; une corolle quadrifide; quatre étamines brièvement exsertes ; le fruit est une capsule subglobuleuse couronnée par les petites dents du calice, distantes entre elles, biloculaires, à déhiscence loculicide, contenant de nombreuses semences, presque enfoncées dans les placentas.

L'espèce la plus intéressante est V Oldenlandia umbellata de Java et des Indes orientales, cultivée surtout sur la côte de Coromandel, où elle donne lieu à un commerce assez considérable. Sa tige, diifuse, tétragone, lisse, porte des feuilles étroites, linéaires aiguës, retournées en dessous sur les bords, rudes à la fice supérieure, pâle en dessous ; les fleurs sont disposées en cymes, qui simul nt «ne ombelle. Par la culture, elle prend une tige dressée, presque cylindroïde. La plante porte le nom de Che', chez les Polingos, d'où le nom de Chay ou Ckaya, qu'on lui attribue d'ordinaire, et celui de Chaija-root ou de Chaya-voir, que les Anglais donnent à ses racines.

Ces racines sont la partie exploitée de la plante ; elles sont minces, longues, tortueuses, comme de gros fils, d'une couleur variant à l'intérieur du jaune verdâtre au rouge de garance ; le bois est pâle. Le tout produit une poudre grise, qui donne à l'eau un couleur jaune foncé devenant d'un beau rouge par les alcalis.

On emploie ces racines en guise de garance, et elles contiennent, comme elle, de l'aligarine. Les feuilles sèches sont regardées comme expectorantes ; d'après Ainslie, on en mêle parfois à la farine pour préparer des gâteaux qu'on donne ^ux phthisiques et aux asthmatiques.

Une autre espèce, VOldendandia corymbosa, qui croît dans la Guyane, et çà

732 OLEASTER,

et là dans l'Amérique équatoriale, et qu'on a également signalée au cap Vert, en Afiique, est employée comme vermifuge aux Antilles, à la dose de un ou deux gros. C'est une petite plante glabre, à tige télragone, à feuilles linéaires lancéolées, à stipules membraneuses, terminées par trois soies, à fleurs formant un corymbe ou presque une ombelle. Pl.

Bibliographie. — Linné. Gênera, 154. Species, 174. — Roxburgh. Flora indica, I, p. Ui. — Endlicheb. Gênera. — De CANnOLLE. Prodromus. IV, 424. — Ainslœ. Materia indica, III. - Descourtiles. Flore médicale des Antilles. I, 225. — Mérat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, V, 21. — Guiboukt. drogues simples, III, 83. Pl.

OLDERMAIV'IV (Bernhard). Médecin allemand, né à Rostock en 1580, fit ses études à Francfort, à Wittenberg et à Rostock, où il obtint son degré de docteur le 3 octobre 1606. Trois ans après (1609), il fut nommé médecin pensionné à Brunswick, mais il ne tarda pas à quitter cette ville pour accepter, en 1610, les fonctions de médecin particulier du duc Jean-Adolphe de Holstein à Gottorp; en 1021, nous le retrouvons à Copenhague et plus tard à Kiel; par la suite il devint le premier médecin de la reine douairière, Sophie, de Danemark, et du duc de Holstein. Il mourut le 4 août 1651, durant un voyage à Copenhague. On a de lui :

1. Disp. de morborum causis (praes. J. Bacmeistero). Rostocliii, 1605. — II. Thèses inaugurales de arlhritidc (prses. J. Laïu-einbergio). Rostocliii, 1006. — III. Disputationes septem patliologicœ. Rostochii, 1G07 et 1G08. L. Hn.

OLE A. Voy. Olivier.

OLEAGO. OLE.VSTELLL'M. Nom donné chez les Latins au Cneorum tricoccum, d'après Mérat et De Lens. Pl.

SlÉBAT et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, V, 29. ^ Pl.

OLEAi^îDER. Nom spécifique donné par Linné au Nericum oJeander ou laurier rose. Pl.

OLÉAA'DRIXE. Substance encore mal connue que l'on trouve dans le laurier-rose {Nerium oleander) en même temps que la pseudo-curarine. La séparation de ces deux corps est fondée sur ce fait, que le tannate d'oléandrine est insoluble dans l'eau, tandis que le tannate de pseudo-curarine y est soluble.

L'oléandrine se présente comme un corps résinoïde, fusible, légèrement jaunâtre, inodore, très-amer, peu soluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool et l'élher. Elle paraît se rapprocher des alcaloïdes, elle est azotée. Elle se combine avec les acides et forme des sels incristallisables. C'est une matière douée de propriétés physiologiques très-actives. Localement, elle agit comme un irritant énergique. Introduite dans l'estomac, elle provoque des vomissements, de la diarrhée et des convulsions tétaniques intermittentes ; injectée dans la veine jugulaire d'un chien, elle le tue en peu d'instants. .j,

L'histoire chimique de cette matière mériterait donc d'être poursuivie.

Malaguti.

Bibliographie. — J. Ldtomsei. Rêpert. de chim. appl.., 1861, p. 77.

oiiEASTER. OLÉASTRE. Nom donné à l'olivier rabougri, sauvage ou échappé de culture. Pl. \^

OLÉATES. 755

OLÉitTES. Les oléates neutres ont pour formule G'^H''0*.OM. Mais bien que l'acide oléique soit un acide monobasique, il existe cependant quelques oléates acides résultant de la combinaison d'un oléate neutre avec un ou plusieurs équivalents d'acide oléique, fait tout semblable à celui que présentent certains acétates et l'acide acétique.

A l'exception des oléates alcalins, les oléates neutres sont insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool absolu et l'éther froid ; ils fondent vers 100 degrés et au-dessus. On les obtient à l'état pur en faisant digérer à une douce température un mélange en proportions équivalentes d'oléate de baryte et du sulfate de la base dont on veut avoir l'oléate, en présence d'alcool offrant une densité de 0,833. L'oléate reste dissous dans l'alcool ; on fdtre, on distille dans un courant de gaz bydrogène, et l'on obtient un résidu d'oléate.

Oléate d'ammoniaque. Sel très-soluble dans l'eau froide, gélatineux. Sa solution chauffée perd de l'ammoniaque et se trouble. On l'obtient en faisant réagir directement l'acide oléique et la solution d'ammoniaque.

Oléate d'argent. Sel peu stable qui ne tarde pas à se réduire.

Oléate de baryte. G'^H^O'.BaO. Sel cristallisable ; quand il est pur, il ne fond pas à 100 degrés. On le prépare en précipitant par le chlorure de baryum une dissolution aqueuse d'oléate d'ammonium et faisant cristalliser dans l'alcool. Si l'on fait dissoudre à chaud de l'oléate de baryte dans de l'alcool étendu, il se dépose par le refroidissement des flocons qui seraient un oléate acide. C36H5505.BaO.G'^H''0' HO.

Oléate de cuivre. Sel vert très-fusible, liquide à 100 degrés, très-soluble dans l'alcool et donnant une liqueur bleu-verdâtre, se précipite quand on ajoute du sulfate de cuivre à une solution aqueuse d'oléate alcalin.

Oléate de magnésie. Grains blancs et diaphanes, se ramollissant entre les doigts.

Oléates de mercure. 11 en existe deux :

1° Oléate de protoxyde ou oléate raercureux ; flocons gris, devenant bleuâtres par dessiccation, insolubles dans l'alcool froid, solubles dans l'alcool chaud et i'éther;

2° L'oléate de bioxyde ou oléate mercurique ; flocons blancs devenant gris par dessiccation, peu solubles dans l'alcool froid, plus solubles dans l'alcool chaud et dans l'éther.

Oléate de plomb. G'*H''O^PbO. Séché dans le vide, il se présente sous forme d'une poudre blanche, légère, fusible à 80 degrés en un liquide jaune. Soluble dans l'éther, soluble à chaud dans l'essence de térébenthine et l'huile de naphle; le liquide se prend par le refroidissement en une masse gélatineuse.

Pour obtenir ce sel à l'état de pureté, on sature une solution bouillante de carbonate de soude par de l'acide oléique pur dissous dans l'alcool absolu ; on décante, on ajoute de l'eau, et après refroidissement on précipite par de l'acétate neutre de plomb ; on filtre rapidement, et on lave dans un endroit frais, puis on sèche dans le vide. Toutes ces opérations doivent être faites à l'abri de l'air, parce que ce dernier l'altère rapidement : en pareil cas, l'oléate devient gluant.

754 OLÉIQUE.

Oiéatc de potasse. C**H''^0''.KO. Le sel neutre est incolore, déliquescent, soluble dans 4 parties d'eau. Un excès d'eau le décompose en précipitant un sel acide gélatineux, soluble dans l'alcool, ce qui permet de le purifier. On le prépare en chauffant avec de l'eau parties égales de potasse et d'acide oléique.

oiéate de soude. C''H*'0'.NaO. Sel non déliquescent, soluble dans l'alcool absolu d'oij il peut cristalliser, se prépare comme le sel de potasse.

Oléate de xinc. G'^H^'O^.ZnO. Poudre blanche, fusible vers 100 degrés.

Malagcti.

Oi.tf'X'RAïK'E {ùlévï}, coude, et ^ipaviov, tête). Apophyse de l'extrémité supérieure du cubitus.

Si la rotule, pièce distincte parmi toutes celles qui composent les éléments du genou, entièrement séparée des autres et ne s'y reliant que par des attaches fibreuses, a dû être, dans ce Dictionnaire, le sujet d'un article spécial, il n'en est pas de même de l'olécrane, qui fait partie intégrante des éléments osseux du coude, et dans certaines dispositions particulières, telles que l'étranglement de sa base, la saillie que forme son sommet dans la flexion de ravant-bras,etc., ont une influence directe sur la nature des lésions traumatiques de l'articulation. Pour ce motif, l'histoire anatomique et pathologique de l'olécrane a été renvoyée aux mots Cubitus et Coude. D.

OLÉÉKE. Voy. Hexylène.

OLÉFIAXT (Gaz). Le gaz oléfiant, appelé aussi hydrogène bicarbonéf éthène, éthérine, élayle, est le gaz décrit aujourd'hui sous le nom d'éthylène. Il a reçu de ceux qui l'on découvert le nom d'oléfiant à' cause de l'apparence huileuse de son chlorure {voy. Hydrogène et ÉiHYLÈiNE). D.

OLÉIME. Voy. Élaïdike, Oléique (Acide) et Bile, p. 275. D.

OLËIQ^E (Acide). C^*H'*0*. Ce corps s'obtient en grande quantité comme produit accessoire dans la fabrication des bougies stéariques. On pourra consulter à ce sujet les traités de chimie industrielle; mais l'acide obtenu dans ces conditions est fort impur, et ne pourrait même servir à la préparation de l'acide pur. Voici comment il convient d'opérer pour préparer celui-ci. L'huile d'amandes douces est la matière préférable ; on la saponifie avec de la potasse ou de la soude, et l'on sépare par un acide minéral le mélange d'acide oléique et margarique. Celui-ci est ensuite mis en digestion avec la moitié de son poids de massicot en poudre fine, pendant quelques heures; il se forme un mélange d'oléatc et de margarate de plomb, qu'on abandonnera pendant vingt-quatre heures dans deux fois son volume d'éther; l'éther ne dissoudra que l'oléate. On décompose la solution éthérée par de l'acide chlorhydrique étendu qui rendra libre l'acide oléique; celui-ci restant dissous dans l'éther surnagera le mélange; la dissolution éthérée, abandonnée à une évaporation spontanée, laissera pour résidu l'acide oléique. Enfin, on saponifie l'acide par un alcah et l'on purifie le savon en le dissolvant dans l'eau, en le séparant par le sel marin et en le dissolvant de nouveau. En dernier lieu, on isole l'acide oléique, au moyen

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