‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.66Chapitre 43 sur 47 · OLE[RE · texte numérisé non relu

OLE[RE

de l'acide tartrique, et l'on dessèche le produit au bain-marie. Toutes ces manipulations ont dû nécessairement introduire dans l'acide les produits de son oxydation à l'air. Pour le purifier définitivement, M. Gottlieb conseille de le mêler avec un grand excès d'ammoniaque et de le précipiter par le chlorure de baryum. On dessèche l'oléale de baryte et on le fait bouillir avec de l'alcool^de force moyenne; une portion seulement se dissout et cristallise par refroidissement; mais, en répétant ce même traitement, on parvient à obtenir le sel sous forme de paillettes cristallines, tandis que l'alcool retient les impuretés. Pour extraire l'acide oléique du stl ainsi purifié, on décompose celui-ci par l'acide tartrique, on lave le produit à l'eau, et l'on sèche dans le vide.

A la température ordinaire, l'acide oléique est un liquide incolore, de consistance huileuse, sans odeur ni saveur, et, s'il est pur, sans action sur h, tournesol. A environ 4 degrés, il se fige en une masse cristalline très-dure, sa dissolution alcoolique exposée au froid dépose l'acide sous forme de fines aiguilles; on ne peut le distiller sans qu'il s'altère. A l'état liquide, l'acide oléique absorbe facilement l'oxygène de l'air et rancit; alors il ne se fige }<lus par le froid. Soumis à la distillation, il se décompose en donnant naissance à plusieurs acides, entre autres à l'acide sébacique C^'H'^O*. La présence de ce dernier composé parmi les produits de la distillation d'un corps gras est la preuve de la présence de l'acide oléique dans ce même corps gras. Par l'action de l'acide azoteux, l'acide oléique subit une transformation isomérique et devient acide élaïdique, très-beau corps cristallisé en lames d'une grande blancheur, fusibles à 45 degrés. Sous l'action de l'acide azotique, l'acide oléique s'oxyde et donne naissance à une multitude d'acides dont la plus grande partie appartient à la série acétique, et l'autre partie à la série oxalique; mais on n'y remarque pas d'acide sébacique. Enfin, lorsqu'on chauffe de l'acide oléique avec de l'hydrate de potasse et une petite quantité d'eau, il se dégage de 1 hydrogène et il se forme un mélange d'acétate et de palmitate de potasse.

Cî6H-^*0*+2KO,HO = KO,C'2H''0' + KO,CWO' + 2H

Ac. oléique. Palniilale. Acétute.

Malaguti.

OLEIRE (Heinrich-D-Wid-Daniel d'). Médecin allemand, naquit à Brème,, le 7 mars 1780, étudia la médecine à partir de 1799 successivement à Berlin, à Halle et à Erford, se fit recevoir docteur en médecine à Erford, le 20 avril 1803, docteur en l'art obstétrical à Goltingue la même année, puis se fixa dans sa ville natale et y exerça son art avec succès. En 1829, il devint médecin des bains de Nenndorf, puis en 1837 profe-seur de médecine au gymnase de Brème en remplacement de Treviranus, puis directeur de l'hôpital général et de l'établissement d'aliénés et membre du collège médical et sanitaire. Il était de plus, membre de plusieurs sociétés savantes, conseiller aulique de l'électorat de Hesse et du grand -duché d'Oldenbourg. Oleire mourut vers 1850, laissant :

I. Dissert, inaug. Quantum et quomndo agunt arteriœ in circulationem sanguinis? Erfordife, 1803, m-¥. — II. Avec F. W'ôhlkr : Die Schwefelwasserquellen zu Nenndorf chemisch-phijsikalisch und medicinisch dargeslellt- Cassel, 185(3, gr. in-S».— III. Bemerkungen nher die Schwefelwasserstoff-Gasùâder zu Nenndorf. In Gràfe's und Kahlisch's Jahrb. f. Deutschl. Ileitguellen, Jahrg. I, art. 21, 1850. — IV. Divers cciits anonymes. L. Hn.

736 OLÉOMETRES.

OL.î^o-9iiiRGARlKE. On désigne sous ce nom un mélange d'oléine et de margarine qui constitue en majeure partie l'huile d'olive et les corps analogues Ce n'est donc point une espèce chimique définie, et nous renvoyons le lecteur aux articles Margarine et Oléique [Acide). Malasuti.

OLÉOMETRES. Ce sont des intruments dont on fait usage pour la détermination de la densité d'une huile ou d'un mélange de plusieurs huiles. La densité d'une huile est variable d'une espèce à une autre; elle est constante pour une même huile lorsque sa température ne varie pas : on comprend donc qu'il soit possible de définir la nature d'une huile, et surtout d'apprécier son degré de pureté par la détermination de cette constante physique.

C'est cette détermination qui se fait au moyen des instruments spéciaux appelés oléomètres : leurs indications perdraient toute valeur, si l'on n'avait soin d'opérer toujours à la même température ; en effet, les densités des différentes huiles, toutes inférieures à celle de l'eau, ne diffèrent pas beaucoup l'une de l'autre ; dans une huile donnée, le changement de température pourra donc amener une différence de densité plus grande que celle qui proviendrait de l'addition d'une huile étrangère.

Il y a des oléomètres qui servent pour la détermination de la densité de n'importe quelle huile, par exemple, l'oléomctre de Lefebvre, le densimètre de Massie : d'autres, au contraire, ne sont construits qu'en vue de la constation de la pureté d'une huile donnée ; ce sont l'élaïomètre de Gobley, l'oléomètre de Laurot et l'aréomètre thermique de M. Pinchon.

L'oléomètre de Lefebvre, imaginé en 1839, est un aréomètre ordinaire dont la tige est très-longue, de façon à ce que l'on puisse y inscrire des densités très-peu différentes les unes des autres: cette tige depuis le sommet A jusqu'en B où commence le réservoir, porte des graduations comprises entre 9.000 et 9.400; ces graduations correspondent aux densités de toutes les huiles pures connues, celle de l'eau étant supposée égale à 10 : pour éviter l'inscription d'un grand nombre de chiffres sur la tige, on n'y porte que la première et la deuxième décimale : ainsi 9.000 est écrit 00, — 9.520 est écrit 52, — 9.400 est écrit 40. Sur l'échelle en regard de chaque degré de densité, se trouve inscrit le nom de l'huile à laquelle elle appartient ; en même temps on y marque la couleur que prend cette huile sous l'influence de l'acide sulfurique, d'après le procédé de M. Heydenreich.

Les densités de toutes les huiles commerciales ont été déterminées par Lefebvre à la température de 15°; les essais des huiles au moyen de cet oléomètre devront donc être faits à cette température : si l'on opère à une température différente, la densité devra être ramenée à ce qu'elle serait à 15".

Pour éviter ces corrections, Lefebvre a dressé des tables qui donnent pour des températures comprises entre — 6° et H- 30°, le poids de l'hectolitre des différentes huiles; de plus, il a constaté que la densité varie pour une huile de 0.001 pour chaque 1°,5 au-dessus ou au-dessous de 15°. Partant de cette donnée, on pourra calculer facilement la densité d'une huile à 15°, si on sait ce qu'elle est à une température quelconque ; on pourra se servir pour cela de la formule empirique suivante :

x = ddzO,OèOQlXt, dans laquelle x représente la densité de l'huile à 15», d la densité indiquée par l'oléomètre à une température différente de 15°, et t la différence entre cette température et 15° : on se servira du signe {+)

OLÉOMETRES.

si la température est supérieure à 15°, et du signe ( — ) si elle est inférieure.

Cet instrument donne d'utiles indications, lorsque l'on veut déterminer la pureté d'une huile; il permet de trouver facilement s'il y a un mélange, mais il n'indique pas la nature de ce mélange.

M. E. Marchand s'est servi avantageusement, pour la détermination de la densité de certaines huiles de l'alcoomètre centésimal de Gay-Lussac, dont les degrés de 50° à 60° expriment toutes les densités spéciales aux huiles d'olive, d'oeillette et d'arachide. Ces densités doivent être prises à 15° ou être ramenées à ce qu'elles seraient à cette température, au moyen de la formule donnée plus haut [Journal de pharmacie et de chimie, 3" scr., t. XXIV).

Fig. 1. — Oléomêtre de LeCebvre.

Fig 2. — Élaïomètre de Gobley.

Fig. 5 . — Aréomètre thermique de M. Pinchon.

L'élawynètre de Gobley a été inventé spécialement dans le but de déterminer la proportion d'huile d'oeillette introduite dans l'huile d'olives ; sa construction repose sur la différence de densité des deux huiles à la même température : l'instrument est un aréomètre ordinaire portant une tige très-fine et lesté de telle façon qu'à 12°, 5 il enfonce dans l'huile d'oeillette jusqu'à la naissance de la tige, en un point A où se place le 0 de la graduation, et dans l'huile d'olive jusqu'en B situé à l'extrémité de la tige, où on marque 50 : cet intervalle entre 0 et 50 est divisé en 50 parties égales : pour déterminer la proportion d'huile d'oeillette contenue dans l'huile d'olive, on y plonge l'instrument, on lit le decrré vis-à-vis duquel il affleure, et on le double : la différence entre 100 et ce degré doublé donne la proportion cherchée.

DICT. ESC. 2' s. XIV. 47

738 OLÉOMÈTRES.

Les observations doivent, être faites à 12',5 ou bien être ramenées à cette température : cela se fait facilement si l'on veut tenir compte de la remarque suivante de Gobley : pour chaque élévation de température de 1", les huiles d'olives et d'oeillette se dilatent de 3°, 6 de l'instrument : il faut donc ajouter au degré observé, ou retrancher de ce degré, autant de fois 3%6 qu'il y a de différence entre 12°, 5 et la température au moment de l'observation, selon que cette température est inférieure ou supérieure à 12», 5; cette correction se résume dans la forme suivante : x=dàz5.G'Xt.

h'oléomèlre de Lmirot sert à reconnaître, dans l'huile de colza, la présence d'huiles étrangères. L'instrument se compose d'une burette en fer blanc qui fait fonction de bain-marie ; dans ce bain-marie, on place un cylindre creux en fer blanc, destiné à recevoir l'huile à essayer; on porte à l'ébullition l'eau du premier récipient, et, quand l'huile a atteint la température de 100°, on y plonge un aréomètre dont la tige graduée est excessivement fine, de façon à rendre sensibles les plus petites différences de densité : le zéro de la graduation <|ui est à la partie supérieure de la tige correspond à l'huile de colza pure à la température de 100°; au-dessus et au-dessous de 0, la tige est partagée en parties égales, il y en a 200 au-dessous et 25 au-dessus de 0° : les densités des huiles qui servent à falsifier l'huile de colza, étant très-différentes à 100", on comprend aisément que les indications de l'intrument puissent servir nonseulement à déceler la fraude, mais encore à indiquer la proportion d'huile étrangère additionnée à l'huile de colza. Pour cela, l'instrument est accompagné d'une table indiquant les degrés qu'il doit marquer dans des mélanges à proportions connues d'huile de colza et d'huiles étrangères.

L'oléomètre de Laurot se trouvera en défaut dans un seul cas, c'est lorsque l'huile de colza aura été additionnée d'acide oléique dont la densité est inférieure à la sienne; l'addition d'une certaine propoition de cet acide, en diminuant la densité de l'huile de colza, permettra l'introduction d'une huile plus lourde en quantité suffisante pour donner au tout la densité de l'huile de colza; pourtant on trouve que l'inconvénient est faible quand on se rappelle avec quelle facilité on peut déceler la présence de l'acide oléique {Journal de pharmacie et de chimie, 3° sér., t. II),

h'are'omètre thermique de M. Pinchon, inventé dans le but de fournir à l'industrie un moyen sûr de constater la pureté d'une huile et de faire les demandes sur des bases déterminées d'avance. Cet instrument se distingue de tous ceux cités jusqu'ici par son mode de graduation qui est tout nouveau : c'est un aréomètre portant au-dessus de la boule A qui sert de lest, le réservoir B d'un petit thermomètre à mercure qui reçoit directement la chaleur et indique au bout de peu de temps, la température du liquide dans lequel l'instrument est plongé.

Au-dessus de ce réservoir, se trouve la tige graduée C D, très-iine et dont les graduations liées à celles du thermomètre, font toute la valeur de l'instrument : cette première graduation se trouve du même côté que les degrés du thermomètre ; derrière la tige, se trouve une deuxième échelle, indiquant les densités du liquide aux diverses températures.

On peut déterminer au moyen de cet instrument, la pureté de toutes les huiles à condition de le construire spécialement pour l'huile qu'on veut examiner : si l'huile est pure, au bout de 15 minutes d'immersion, il devra y avoir identité absolue entre les indications du thermomètre et celles de

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l'aréomètre ; ils devront marquer par exemple, tous les deux 15», ou tous les deux 18°, ou tous les deux 20°; s'il y a discordance entre les deux indications, on sera prévenu de l'impureté de l'huile, sans connaître pour cela la composition <lu mélange; on saura, et c'est ce qui est surtout important au point de vue commercial, que la livraison n'est pas conforme à la demande. E. BurcIcer.

OLÉO^'E. Bussy, en distillant de l'acide oléique avec une fois et demie son ipoids de chaux, obtint un liquide volatil, non acide, non saponifiable qu'il nomma oléone. 11 se forme en même temps du carbonate de chaux. L'oléone n'a jamais été obtenue suffisamment pure pour que l'on ait pu déterminer sa composition. Elle représente probablement de l'acide oléique, moins du gaz carbonique.

Ce corps appartiendrait à la famille des acétones, et serait à l'acide oléique <^e que l'acétone proprement dite est à l'acide acétique. Malaguti.

BiBUOGBAPHiE. — Bdssï. Journ. de phai-m., 1835, p. 044.

OLÉO-PnospnORiQLE (Acide). Ce corps a été retiré de la matière cérébrale par M. Frémy. Mais d'après des recherches récentes sur la lécithine, il est probable qu'il n'existe pas tout formé dans le cerveau, mais qu'il se produit par la décomposition de la lécithine ou de quelque composé analogue, et se forme dans le cours de la préparation. Les chimistes ont peut-être fait acte de prudence en ne donnant pas encore la formule d'un composé qui résulte d'un dédoublement fort compliqué. Quoi qu'il en soit, cet acide se prépare en traitant l'extrait «théré de ceiveau par l'élher qui dissout l'acide oléo-phosphorique, tandis que l'acide cérébrique, autre principe retiré du cerveau, reste insoluble. Quoi qu'on fasse, néanmoins, il est difficile de l'obtenir bien pur.

Il se présente sous forme d'un liquide visqueux, jaune, insoluble dans l'eau €t dans l'alcool froid. Il se combine avec les bases.

L'acide azotique fumant le transforme eu acide oléique et acide phosphorique.

Les bases le décomposent en acide oléique, acide phosphorique et glycérine. Une ébuUition prolongée avec de l'eau le change en oléine et acide phosphorique. Une petite quantité d'un acide minéral accélère la décomposition. Malaguti.

OLÉO-RÉSi]\E. Ce mot sert à désigner les térébenthines très-fluides, ayant la consistance et l'aspect de l'huile : oléo-résine de copahu. Malagcti.

OLÉO-SACCHARUM OU OLÉO-SACCHARURE. Mélange d'huile essentielle et de sucre de canne pulvérisé, appelé essence sèche dans les anciennes pharmacopées, et auquel Béral avait donné le nom de saccharolé oléolique. Pour préparer les oléo-saccharures, on triture dans un mortier les deux substances, dans la proportion de 4 grammes de sucre pour une goutte d'essence. Quand cette dernière appartient aux fruits des anrantiacées, on prépare l'oléosaccharure, en frottant la partie jaune de l'écorce des fruits avec des morceaux de sucre que l'on pulvérise lorsqu'ils sont suffisamment imprégnés d'essence. Ce procédé fournit un produit plus agréable, d'une odeur plus suave, que le simple mélange de sucre et d'essence.

Par suite du mélange ou peut-être de la combinaison qui se forme ainsi, les oléo-saccharures contiennent les essences dans un état de division tel qu'elles deviennent facilement miscibles à l'eau; mais, d'un autre côté, elles acquièrent

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la propriété de s'oxyder avec une très-grande rapidité, ce qui fait que les médicaments dont il est question ici ne doivent jamais être préparés d'avance. Voici quelques formules d'oléo-saccharures souvent employés :

OLÉO-SACCHARURE d'aNIS.

^c Essence d'anis Or ,05 — 1 goutte.

^^<^Te 4 grammes.

Triturez dans un mortier (Codex).

OLÉO-SACCHARURE DE CITRON.

2r Citron frais K° i.

Sucre blanc en morceaux 10 grammes.

Frottez le sucre sur la surface du citron, de façon à en enlever la partie jaune; triturez dans un mortier pour mélanger exactement (Codex).

Autre formule {Formulaire des hôpitaux niilitairea) :

^ Essence de citron 1 crramme.

Su'-''*' 5 grammes.

Triturez dans un mortier. — Sert à la préparation de l'eau aromatique de citron.

OLÉO-SACCHARCRE DE MENTHE.

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