‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.67Chapitre 12 sur 40 · TS · texte numérisé non relu

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548 OMOPLATE (médecine opératoire).

Les fractures par projectiles de guerre sont aussi rarement limitées à l'apophyse acromiale, malgré sa situation exposée. L'épine scapulaire d'un côté, la clavicule de l'autre, sont brisées en même temps. Au moins ce fait semble-t-il ressortir des observations que nous empruntons à l'histoire chirurgicale de la guerre de la sécession d'Amérique. Elles sont inscrites dans le tableau précédent, page 346.

L'apophyse acromion, seule ou avec la partie externe de la clavicule, peut être réséquée par une simple incision semi-lunaire faite le long de son bord postérieur ou par une incision en L. Une incision longitudinale sur la face superficielle de l'os, terminée par une petite incision perpendiculaire à chacune de ses extrémités, nous paraît plus avantageuse. Ces incisions pénètrent du premier coup jusqu'à l'os. Le chirurgien relève les deux lambeaux avec la rugine, décolle avec précaution la gaîae périostale, détruit l'articulation acroraio-claviculaire et retranche avec la scie ou les cisailles toute la partie malade. L'acromion enlevé, il dégage avec le même soin l'extrémité externe de la clavicule, si cet os participe aux altérations. Peu graves au point de vue de l'existence, ces résections, comme le montrent les quelques faits réunis plus haut, ne sont pas toujours suivies du rétablissement intégral des fonctions du membre. Les lésions secondaires de l'articulation de l'épaule sont, avec l'affaiblissement du deltoïde, la cause la plus conunune de ces troubles fonctionnels. La méthode sous-périostée, en favorisant la reproduction de l'os chez les jeunes sujets, permet d'espérer des résultats plus favorables.

X. Résection de l'apophyse coracoïde. Suivant Heyfelder, la résection isolée de l'apophyse coracoïde aurait été pratiquée par Heine dans la clinique de Roux, en 1854. Nous n'avons rencontré aucun fait semblable à ajouter au précédent. Otis mentionne deux cas de résection de cette apophyse pour coup de feu, avec ablation de l'extrémité externe de la clavicule. Chez un des blessés le résultat est inconnu ; chez le second, au bout d'un an, les fonctions du bras laissaient à désirer, mais on espérait une amélioration.

XL Résectio.n d'une portion du scapulum sans solution de continuité de ses BORDS. Trépanation. Indiquée pour l'évacuation de collections purulentes sousscapulaires, pour l'extraction de corps étrangers logés entre l'os et la paroi thoraci jue, conseillée par les chirurgiens du siècle dernier, comme préventive des fusées purulentes et des phlegmons diffus profonds, la trépanation du scapulum ne semble pas avoir été bien souvent pratiquée. Herbst en Amérique (1864) trépana l'omoplate gauche, vingt jours après un coup de feu, pour extraire la balle enclavée; dix ans après, le patient conservait un bras presque sans utilité. Dubreuil en 1871 applique une couronne de trépan pour permettre le drainage d'un foyer profond consécutif à un coup de feu. Nul doute que des pertes de substances analogues n'aient été fort souvent produites par l'extraction des fragments d'un scapulum brisé par un projectile. Au dire de Heyfelder, Dupuytren et Lobsteiu auraient enlevé uniquement la partie de l'omoplate servant de point d'attache à un exostose pédiculée. Il n'y a pas dans ces quelques faits, les derniers fort incomplets, matière à une étude spéciale.

Eu résumé : la résection totale ou partielle de l'omoplate est une opération admise aujourd'hui par tous les chirurgiens et dont les faits démontrent l'incontestable utilité. Au point de vue de l'utilité fonctionnelle du membre supérieur, les excisions partielles du scapulum sont certainement préférables à l'extirpation complète de cet os. Avec Heyfelder et Dcmandre nous pensons que les

OMOPLATE (bibliographie). 549

premières doivent être pratiquées de préférence lorsque les conditions locales le permettent. Pour les affections de nature bénigne, caries, nécroses, exostoses l'accord est unanime sur ce point. Il n'en est plus de même pour les productions malignes, sarcomes, chondromes, carcinomes, dans lesquelles le dan^^er d'une récidive rapide est surtout à redouter. A l'amputation de l'omoplate, à la conservation de l'acromion conseillée par Fergusson, Pagct et S. Rogers préfèrent l'extirpation complète. Il ne nous paraît pas démontré que la résection partielle soit plus dangereuse pour la vie, et que les récidives soient bien plus fréquentes qu'après la résection totale. Anatomiquemcnt, on peut se demander avec Ro^ers si la cavité glénoïde, privée de tout ou de la plus grande partie de ses supports musculaires et tendineux est bien utile pour soutenir la tête liumérale. Mais contrairement à la conclusion de ce cbirurgien, les faits nous semblent plaider en faveur de la conservation des surfaces articulaires. Nous admettons donc, que l'extirpation du scapulum ne doit pas être pratiquée, quand la limitation des lésions rend suffisante l'amputation de cet os. A plus forte raison le bras doit-il être conservé, tant que l'étendue des altérations morbides ne rend pas cette conduite dangereuse ou impossible.

La résection sous-périostée est de règle pour les affections osseuses de nature bénigne. Dans les tumeurs malignes, l'enlèvement de toutes les parties malades est la première condition de l'intervention cliirurgicale. J. Chauvel

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OMO-TRAGHÉLIEN. 351

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O^IOPL.ITO-HYOIDIEX. Voy. OmO-HYOIDEN.

OMOPLATOSCOPIE OU SCAPULOSCOPIE. Divination pratiquée autrefois chez les Indiens de l'Amérique du Nord, d'après la direction des fentes que présentait une omoplate placée sur le feu(Tylor, Lubbock, etc.) (Voy. Divination).

OMO-TBACHÉLIEIV. Synon : Levator clavicitlœ, levator scapulœ major vel anterior de Douglass et Burmeister, acromlo-trachélien de Meckel, acromiobasilaire de Vicq-d'Azyr, clavio-trachélien de Cliurcli, basio-humeralis de Krause, Kopf-Arm Muskel de Peyer, transverso-scapulaire de Strauss-Durcklieim, omoaltanticus de Haughton, cervico-humeralis de Humphry mastdido-acroynio-clavicidaire de Lannegrace, etc.

On trouve cliez presque tous les mammifères sur la partie latérale du cou un muscle qui s'étend de l'acromion ou de la partie externe de la clavicule aux apophyses transverses des vertèbres cervicales et plus rarement à la base du crâne.

C'est à ce muscle que les zoologistes ont donné les noms multiples énumérés ci-dessus. En anthropologie, il est appelé de préférence levator clavicitlœ. îions avons choisi le qualificatif adopté par Cuvier.

Ce muscle se reproduit, quelquefois, par atavisme, dans l'espèce humaine, avec tous les caractères qu'il possède dans les animaux. Bien que l'orao-traché-

552 OMO-TRACHÉLIEN.

lien soit moins commun chez Thomme que le siernal, le surcostal antérieur, le transverse de la nuque, le cleido-occipital, etc., il constitue cependant une anomalie réversive assez fréquente.

C'est M. le profeseeur Wood qui, le premier, en 1864, a appelé l'attention sur ce muscle chez l'homme. Aujourd'hui, il en possède 5 cas. Il l'a rencontré chez 4 liommes sur 151 et chez 1 femme sur 71, soit 5 fois sur 202 sujets. 3 fois il était bilatéral, et 2 fois il existait seulement à gancbe. (J, Wood, On a Group of Varieties of the Buman Neck, Shoulder and with fheir T ransitionnal Forms and Homologij in the Mammalia. In Philosophical Transactions of the Hoyal Society. London, 1869.)

Dans la majeure partie des cas observés par M. Wood la disposition générale de l'omo-trachélien était la même. Large, aplati, dirigé obliquement de haut en bas et d'arrière en avant, il s'attachait supérieurement aux tubercules postérieurs des apophyses transverses des deux premières ou des quatre premières vertèbre? cervicales et, inférieurement, au tiers externe de la face supérieure et du bord postérieur de la clavicule, en face du tubercule d'insertion du ligament conoïde, au-dessous des fibres du trapèze.

Depuis la publication du mémoire de M. le professeur Wood, M. le professeur Macaîister (de Dublin) a noté plusieurs fois la présence de ce muscle. Sa statistique est toutefois un peu différente de la précédente. Tandis que M. Wood établit une moyenne de 3 cas sur 100 sujets, M. Macaîister admet seulement une moyenne de 1 cas sur 60; il juge, enfin, contradictoirement que l'omotrachélien est aussi souvent unilatéral que bilatéral (Macaîister, Proceeding Irish. 4carf.,X, p. 124).

M. le docteur Mûrie l'a disséqué sur une Boschismane, et tout récemment encore MM. Macwliinnie et Knolt en ont fait représenter divers spécimens .chez des individus àerace caucsLsiqnc (Knoit, Mmcula?- Anomalies, DahYm, 1819-1880).

Je ne l'ai vu qu'une fois, sur une femme. Il n'existait que d'un seul côté (à droite) et s'étendait des tubercules postérieurs des apophyses transverses de l'atlas et de l'axis, au-dessous du splénius, de l'angulaire de l'omoplate et du trapèze, à la face supérieure de l'acromion.

Si on fait quelques recherches bibliographiques on s'aperçoit que l'omotrachélien a été signalé depuis longtemps, mais considéré à tort comme un faisceau anormal des muscles du cou.

En 1815, Kelch a indiqué chez un homme dans lequel les muscles omohyoïdiens faisaient défaut une bandelette musculaire attachée supérieurement à l'apophyse transverse droite de la 6^ vertèbre cervicale et, en dehors, au bord postérieur de l'extrémité acromiale de la clavicule. Kelch regarde celte bandelette comme détachée d'un des muscles du cou, mais il évite de se prononcer sur celui de ces muscles auquel il doit la rapporter (Kelch, Beitràge zûr pathologischenAnat., Berlin, 1815, XXIV, § 32).

En 1814, Rosenmiiller remarque un faisceau musculaire compris entre l'apophyse transverse gauche de la première vertèbre cervicale et la première dio^itation du grand dentelé. Pas plus que Kelch, il ne sut en déterminer la signification (Rosenmiiller, De nonnullismmcuHs, etc. Leipsig, 1814, g 5). H y a quelques années Wood a revu une disposition analogue. Theile a noté un cas où l'omo-trachélien également unilatéral commençait aux tubercules postérieurs des apophyses transverses des ¥ et 5^ vertèbres cervicales droites, entre le grand droit antérieur de la tête et le scalène postérieur, et finissait au milieu

OMPHACINE. 553

du bord postérieur de la clavicule. Il admet là une variété du scalène postérieur (Theile, Traité de myologie de Sceinmerring, Encycl. anat. Trad. J. H. Jourdain, 1845, p. 155).

En 1847, W. Gruber a décrit deux muscles situés entre les apophyses transverses des vertèbres cervicales et les os claviculaires. Ces muscles qu'il a disséqués 2 fois sur 40 sujets furent regardés par lui comme des faisceaux dissociés du trapèze {Vier Abhandlungen, § 22). Ces deux cas sont discutés par Henle dans la dernière édition du Eandbuch; cet anatomiste, contrairement à l'opinion de M. W. Gruber, suppose que ces faisceaux dépendent des sterno-cleido-mastoïdiens.

Cruveilhier s'exprime ainsi sur ce sujet : « J'ai considéré, dit-il, comme accessoire ou supplémentaire du trapèze, un faisceau musculaire que j'ai rencontré récemment; il était étendu de l'apophyse transverse de l'atlas à l'extrémité externe de la clavicule, où il confondait ses insertions avec celle du trapèze. L'insertion à l'atlas avait lieu en avant du splénius et de l'angulaire. » (Cruveilhier, iuai. descript., 2^édit., t. II, p. 49.)

Enfin, l'omo-trachélien est représenté bifurqué supérieurement sur un nègre dans l'atlas de Guvier, Mercier et Laurillard {Atlas de myologie, Paris, 1855, pi. YIl). Ici seulement ce muscle est désigné par son véritable nom.

Exposer les divers modes de conformation de l'orao-trachélien chez tous les animaux serait trop long, je me contenterai d'indiquer les principaux changements qu'il subit et de comparer certains types normaux'chez les animaux aux mêmes types trouvés anormalement chez l'homme. A l'exception de l'homme des oiseaux et des poissons, il paraît devoir exister dans tous les vertébrés. Il semble remplacer les os sus-claviculaires qui relient, chez les poissons, la clavicule au crâne. De pareilles substitutions ne sont pas rares en anatomie comparée : ainsi l'appareil hyoïdien se compose d'un certain nombre de pièces dont les unes sont osseuses dans plusieurs animaux; musculaires, dans d'autres (ex. : stylohyoïdien).

Dans la plupart des mammifères, l'omo-trachélien est simple et commence au tubercule postérieur de l'apophyse transverse de l'atlas, chez plusieurs il descend jusqu'à l'apophyse transverse de l'axis, et semble représenter ce qui chez l'homme constitue les deux digitations supérieures de l'angulaire de l'omoplate. Contrairement à ce qu'on a dit, on le trouve dans la taupe où il prend ses insertions sur les apophyses transverses des quatre ou cinqpremières vertèbres du cou.

Tandis que M. Kroca assure qu'il n'existe pas chez le gorille et le chimpanzé (BvocdiyV Ordre des primates), MM. Huxley, Wood, Lannegrace affirment qu'il est toujours présent chez ces deux anthropoïdes et chez l'orang. D'après ces derniers naturalistes, il irait, dans les singes anthropomorphes des tubercules postérieurs des apophyses transverses des deux premières cervicales à Textrémité externe de la clavicule. Dans les singes quadrupèdes (cynocéphale), l'insertion externe se transpose, par suite de la station différente, et a lieu à l'acromion. L'attache claviculaire reparaîtrait, selon Mûrie et Mivart, chez le Nycticebus tardigradus et les chauves-souris (Mûrie et Mivart, Proc. Zool. Soc, 1865, 1867). L'omotrachélien est bifurqué dans la loutre, le phoque, le blaireau, la belette ek quelques autres animaux. A. Le Double.

OMPHACiï^E. On donnait ce nom chez les anciens à une huile retirée d^s olives vertes et qui servait aux athlètes à se frotter le corps. Elle était visqueuse, DICT. ENC. -2° s. XV. ^23

354 OMPHALIER.

brunâtre; après s'être oint de ce corps gras, ils se roulaient dans la poussière; après la lutte, on leur raclait la couche ainsi applique'e sur les membres, et, sous le nom de strigmenta, on recueillait la matière qui avait une réputation pour faire pousser les cheveux, guérir les gerçures et les crevasses, fondre les tumeurs goutteuses. Pl.

Mérat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, V, 3i. Pl.

OMPnAClTE. Belon, dans ses Singularités (p. 441), donne ce nom à de petites noix de galles ridées, non mûres, qu'on trouve décrites dans les auteurs sous le nom de galles d'Istrie. Pl.

GuiBOuBT. Drogues sitnples, II. Pl.

OMPiiALEA. Voy. Omphalier.

OîttPllALlEB. {Omphalea L.). Genre de plantes dicotylédones, du groupe des Euphorbiacées uniovulées, série des Excœcaria, dont les fleurs sont monoïques, régulières, apétales. Le calice des fleurs mâles est formé de 4-6 folioles imbriquées, et entoure un androcée qui a la forme d'un champignon. Sur les bords de son chapeau se trouvent deux, trois ou quatre anthères biloculaircs. Les fleurs femelles ont, avec un calice analogue, un ovaire à trois loges, plus rarement à deux, surmonté d'un style à sommet stigmatifère, 2, 3-lobé ou obtus. Dans chacune des loges se voit un ovule descendant, anatrope, à micropyle dirigé en haut et en dehors et coiffé d'un obturateur. Le fruit est 2, 3-dyme, charnu, à endocarpe indéhiscent ou partagé en 2, 3 coques élastiques, bivalves. Les graines, épaisses, courtes, ont un embryon à cotylédons larges et aplatis, entouré d'un albumen charnu et huileux. Les Omphalea sont des arbustes, souvent grimpants, à feuilles alternes, souvent très-grandes, épaisses, dont le pétiole porte en haut deux glandes. Leurs fleurs sont disposées en petites cymes sur un axe commun, simple ou ramifié, et les bractées axillantes des cymes sont souvent grandes, membraneuses, foliiformes ou loriformes. La plupart des Omphalea sont américains ; quelques-uns habitent Madagascar ; on leur avait donné le nom de Hecatea. Les Omphalea ne sont n-uère des médicaments, mais plutôt des plantes alimentaires. L'intérieur de leur oraine se mange et sert aux mêmes usages que les Noisettes. Aublet dit qu'il faut, pour ne pas être purgé, manger l'albumen, sans l'embryon (PL gtdan., II, 844) ; ce qui a été contesté. On fait de ces graines jeunes des cerneaux. La tit^e donne du caoutchouc, peu exploité, du reste. On applique les feuilles, goro-ées d'un suc irritant, sur les vieux ulcères, pour les modifier et les déterger. L'espèce la plus usitée à ces deux usages est ÏO. diandra L. {Spec, 1377), ou 0. cordata Sw. L'O. triandra L. a les mêmes propriétés. La graine est la ISoisette d'Amérique ou de Saint-Domingue des colonies. On fait avec leur masse intérieure des dragées et l'on tire de leur albumen une huile douce, cosmétique, alimentaire, pectorale. Le suc visqueux du tronc sert à faiz'c de la

glu.

Les Omphalea de Madagascar [Hecatea oppositifolia, alternifolia et higlandulosa, que nous avons le premier rapportés à ce genre) passent pour vénéneux.

H. Bn.

OMPHALOSITES. 555

Bibliographie. — L., Gen., n. 1093.— Juss., Gen., 392. — Emdl., Gen., n. 5793. — Wér. et Del., Dict. Mat. méd., V, 34. — M. arc, in DC. Prodr., XV, s. II, J 134. — Rosemth., Sijn. pi. diaphor., 825.— H. Bs, Et. gén. Euphorbiac, 527, 1. 117, fig. 1-9; Hisl. des pi V 137 164, 230. H. B...' '

OMPOALOCARPOS. OifiPHALOCARPo:^. Les anciens médecins appelaient ainsi les Gratterons, notamment le Rnhia {Galium) Aparine (Pline),. évidemment à cause de la forme de ses carpelles. H. Rj^.

OMPIIALOCÈLE. Yoij. OMBILICAL (Anneau).

OMPUALODE. Omphalodes Tournefort. Genre de plantes Dicotylédones,, appartenant à la famille des Borraginées. Linné avait fait rentrer les Omphalodes dans son genre Cynoglosse; les botanistes modernes, revenant à l'idée de Tournefort, en font un groupe à part caractérisé par : ses fleurs à calice quinquépartite ; à corolle hypogyne, rotacée, fermée à la gorge par des appendices ;. à cinq étamines incluses ; à ovaire quadrilobé, surmonté par un style simple et un stigmate émarginé. Le fruit est composé de quatre nucules, en forme de corbeille ou ombilic, d'où le nom d'Oinphalodes donné au groupe.

La plante intéressante de ce genre est V Omphalodes verna {Cynoglomnt omphalodes L.), jolie petite plante des bois du Piémont, qu'on cultive dans les jardins pour en faire des bordures, et dont les fleurs d'un bleu d'azur flattent agréablement le regard. La plante a, comme beaucoup de Borraginées, une saveur raucilagineuse, visqueuse et un peu amère; on l'employait autrefois comme adoucissante, propre à arrêter les hémorrhagies par ses propriétés inviscantes, à atténuer l'àcreté des humeurs, etc. Elle est de nos jours tombée en désuétude. On lui donne parfois le nom de petite bourrache.

Bibliographie. — Tournefort. InstitutionesRei herbariœ, tab. 58. — Endlicher. Gener<z-plantarum, n" 3780. — De Candolle. Prodromus. Pl.

OMPHALOMAIVCIE (De ôf/yaÀoç, ombilic, et ij.mirv.x, divination). Art de prédire le nombre d'enfants qu'une femme doit avoir, d'après le nombre desnœuds du cordon chez le fœtus actuel. D.

OMPHALO-RIÉSEIKTÉRIQIJES (VaISSEAUx). Voy. CIRCULATION et Œop.

OSIPHALOSITES (de 6^(falbç, ombilic, et airoç, nourriture; c'est-à-diro qui reçoit sa nourriture par l'ombilic). Sous ce nom, Is. Geoffroy-Saint-Hilaire a décrit divers monstres ayant entre eux, pour caractères communs, étant d'ailleurs dépourvus d'un très-grand nombre d'organes, de n'en posséder que quelques-uns, très-imparfaits ou même à peine ébauchés, et, par suite, de ne pas contenir en eux-mêmes les éléments de conservation de la vie.

Les uns, bien que leur corps, ainsi très-irrégulièrement constitué, montre pourtant encore une tendance manifeste vers la symétrie et renferme même des viscères, sont, en même temps, plus ou moins complètement dépourvus de vestiges d'une tête {acéphaliens) ou possèdent au moins, en plus ou moins grand nombre, les parties élémentaires de la face et surtout du crâne (paracé-^ phaliens) ; tandis que les autres, beaucoup phis imparfaits encore que les précédents, ne possèdent même pas de viscères et peuvent être réduits ainsi à l'existence d'une simple bourse cutanée {anidiens).

356 0J\IPI1AL0SITES.

Quelles que soient les différences que présentent, sous ces divers rapports, les monstres groupés sous la dénomination commune à'omphalosiies, deux points surtout doivent fixer sur eux l'attention; à savoir, d'une part, l'état manifestement précaire de leur existence individuelle, pendant le temps qu'elle a pu durer, et, d'autre part, l'annulation complète de la vie en eux, dès le moment de la rupture des liens anatomiques par lesquels les éléments de nutrition leur parvenaient.

Les omphalosites, même les moins imparfaits, sont tous, ou complètement dépourvus de cœur, ou pourvus seulement, dans quelques cas très-exceptionnels, d'un cœur très-rudimentaire. Cette particularité, très-nettement constatée, par Cioeller d'abord, dès 1683, puis par Vogli, et signalée ensuite par Béclard, puis par Elben, comme un caractère général des acéplialiens, a acquis aujourd'hui, dans l'histoire générale des divers omphalosites, depuis les recherches d'Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, une valeur fondamentale. Les résultats des études des embryogénistes modernes nous ayant appris que, contrairement cà l'opinion jusqu'à eux accréditée depuis Aristote, le cœur n'apparaît pas aussitôt qu'on l'admettait, mais seulement à une époque de la vie embryonnaire, oij l'axe cérébro-spinal est déjà complètement ébauché, la singularité des monstres omphalasites n'est pas toutefois aussi étrange qu'elle a pu le paraître tout d'abord. Ce sont simplement des monstres plus ou moins pourvus des parties constituantes qui se développent avant le cœur lui-même, et chez qui l'absence complète ou un grave arrêt du développement de cet organe a eu pour effet d'arrêter l'évolution normale ultérieure de l'embryon, les différentes parties de l'organisme n'ayant pu être reliées entre elles, en temps opportun, par l'action de l'organe central de la circulation du sang.

La persistance de la vie, en pareil cas, exige même, pour ne se faire encore que dans des conditions toujours plus ou moins précaires, le concours d'un emprunt de voisinage, compai'able à celui que fait l'embryon parasite chez les monstres doubles parasitaires, et qui n'en diffère que par le mode d'union de l'ompbalosite avec le soutien de son existence.

C'est, en effet, selon les justes prévisions d'Et. Geoffroy Saint-Hilaire, une condition, non pas seulement fréquente, comme le pensait Jleckel, mais constante, que la gémellité des monstres omphalosites, ainsi que l'ont démontré, au moins pour les oiseaux, les constatations auxquelles M. Dareste a été conduit par ses recherches , dans lesquelles le jumeau nécessaiie , étant enfermé sous la même coquille que l'ompbalosite, n'a jamais manqué d'être trouvé; tandis que chez l'homme et chez les autres mammifères à placenta, la séparation de l'embryon et de la vésicule ombilicale permet aux jumeaux de se séparer l'un de l'autre, au moment de la naissance. Jusque-là, c'est-à-dire tant que dure l'union entre l'ompbalosite et son jumeau nourricier, les anastomoses des vaisseaux de l'un avec ceux de l'autre, permettent au cœur de l'embryon bien conformé de remplacer le cœur de l'omphalosite, et ces anastomoses, indiquées par H. Meckel, sont telles quelquefois, que, comme l'a constaté Cazeaux chez un péiricéphalien, la circulation du sang est en grande partie renversée; le système veineux, dans ces conditions, étant dépourvu de valvules, soit dans sa totalité, soit seulement dans les veines qui transmettent le sang dans un sens inverse de l'ordinaire (Kalck, Gurlt). Mais, du reste, selon la remarque de M. Dareste, les modes de circulation sont variables nécessairement suivant les types d 'omphalosites que l'on étudie, ou, plus positivement, suivant

ONAGRARIÉES. 557

l'époque de la vie embryonnaire à laquelle chacun d'eux s'est constitué : chez ceux, en effet, qui se sont formés tels avant le développement du placenta et de l'allantoïde, les anastomoses des deux circulations doivent appartenir à la circulation vitelline. De ce nombre sont, par exemple, les anidiens, et aussi les monstres décrits sous les dénominations de céphalides et de hétéroïdes.

Cependant, le trait dominant du rôle de la gémellité dans l'existence des ompbalosites, c'est de fournir à ces êtres incomplètement pourvus un cœur d'emprunt, pour lancer le sang artériel dans leurs tissus; de telle sorte que l'omphalosite est, en réalité, « une dépendance de son frère jumeau, comme l'embryon parasite dans les monstres doubles parasitaires ». Ces deux organismes, selon la remarque de M. Dareste, sont de même nature et vivent de la même façon, avec cette différence, que, dans le premier cas, l'union est médiate, tandis qu'elle est immédiate dans le second : aussi, l'expérimentateur que nous venons de citer proposerait-il volontiers, commo synonyme d'omphalosites, le nom iVadelphosites, « s'il y avait un avantage réel à changer une dénomination consacrée par l'usage » . 0. Larcheu.

BiBLiOGBAPHiE. — Gœller. Aboi'tu'i hiimani monstroai historia. In Ephem. naturœ Curiosorum, 1685, p. 515. — Béclard. Mémoire sur les acéphales. In Biillelins de la Faculté de médecine. Paris, 1815 et 1817. — Elben. De acephalis sive monslris corde carentibus. Berlin, 1821. — Kalck. Monstri acephali liumani exposi/io analomica. Berlin, 1825. — GEOFFROï-SAiNT-HiLAiitE (^Etienne). Note sur l'acéphalie. In Revue médicale. Paris, 1820. — Geoffrov-Saint-Hilaire (Isidore). Traité de tératologie, t. II, p. 184, 204, 437. — Meckel(II.). Veber die Verhâltiiisse des (jeschleclils, der Lebeiisthâtigkeit und der Eihaiite bei eiiifachen und Metirgeburteii. In Mïdler's Archiv, 1850. — Cazeaux. Description d'un inonstre péracéphale, suivie de quelques réflexions sur la circulation dxi sang dans cette espèce de monstruosité. \n Mémoires de la Société de biologie, 1'° série, t. III, p. 211. Paris, 1851. — Claudius. Die Entwickelung der herzlosen Missgeburten. Kiel, 1859. — G. Dareste. Recherches sur la production artificielle des monstruosités, p. 510 et suiv. Paris, 1877.

09IPHAL0S0TER. Nom donné par Schooler à un crochet fait de baleine, qu'il a imaginé pour la réduction du cordon dans le cas de prolapsus. D.

OIVAGRAIRES. Voy. OnaGRARIÉES.

OIVAGRARIÉES. o^VAGRARlACÉES. Famille des plantes dicotylédones, polypétales, qui a tiré son nom de celui des Onagres (OEnothera). Dans cette famille l'ovaire est infère, le périanthe et l'androcée supères. Le calice est le plus souvent valvaire, et la corolle, tordue, imbriquée ou valvaire. L'androcée estisostémone, diplostémone, ou rarement formée d'un nombre supérieur d'étamines. Il y a souvent un disque épigyne, et les loges ovariennes sont pluriovulées, plus rarement uniovulées, l'ovule étant ordinairement descendant, avec le raphé dorsal ; la placentation est axile. Le fruit est charnu ou plus souvent capsulaire, septicide ou loculicide, et les graines ont un albumen ou en sont dépourvues. Les Onagrariées sont des plantes herbacées et plus souvent ligneuses, à feuilles opposées ou alternes. On les décrit généralement comme sans stipules ; mais nous avons démontré qu'elles en possèdent très-souvent, peu développées, bien entendu, solitaires ou géminées. Leurs inflorescences sont des plus variables. Nous avons {Hist. des plantes, VI, 484) divisé cette famille de la façon suivante, en sept séries :

1. (Enothérées. Fleurs régulières ou à peu près. Loges ovariennes multiovulées. Style entier ou plus ou moins divisé au sommet. Fruit sec ou charnu.

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