‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.68Chapitre 17 sur 38 · NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMBRE

DES CAS d'ouchite.

Épidémie observée par Noble sur VArdent .... Épidémie de Mascara (Thierry de Maugras) ....

Épi<lémic de l'armée de la Loire (Vidal)

Fniflpmip il'Antil)Os (Chauvin)

Épidémie de Dijon (A. Juloux)

Fnî(lpinîp nlw'prvpf DUT Châtain

Épidémie de l'ile d'Oléron (Bussard)

Fnûîpmip i1p Uavonne (Servier] . .

Fniflpmip dp Dax /Joui'dan) •

FniHpinîp Hp Mphin /Jfadamet)

F,i)ii)éraie d'Auxoune (Gérard)

Totaux

Dans les épidémies qui régnent dans les pensions ou dans les collèges l'orcliite ourlienne est au contraire très-rare. Dans l'épidémie d'oreillons du collège de Strasbourg décrite par Crevoisier d'Hurbaclie, il n'y eut qu'un cas d'orcliite; dans une épidémie observée par Grisolle sur de jeunes entants aucun malade ne fut atteint d'orchite ; dans l'épidémie du petit séminaire de Bordeaux (Gintrac) sur 46 cas d'oreillons il n'y eut qu'un seul cas d'orcliite ; les élèves du petit séminaire avaient de neuf à vingt ans, la plupart étaient âges de treize à quatorze ans.

Dans l'épidémie de Genève, ditRilliet [op. «7. ), l'orcliite a atteint surtout les malades dans la force de l'âge; le plus grand nombre était compris entre 23 et 38 ans, le plus jeune avait 14 ans, le plus âgé 45.

Pendant l'épidémie observée dans la maison des cadets de Plôn sur des jeunes gens de dix à quinze ans 125 cas d'oreillons ne fournirent qu'un seul cas d'orchite [Lùhe, Berlin. Jdin.Wochenschr., 1879).

On s'explique aisément la difiérence qui existe entre les adultes et les enfants au point de vue des manifestations du côté des organes génitaux. L'activité fonctionnelle des testicules chez l'adulte appelle en quelque sorte de ce côté les localisations morbides, tandis que chez l'enfant ces glandes, qui ne vivent que d'une vie peu active, qui sommeillent encore, pour ainsi dire, échappent à ces localisations.

L'orchite se produit en général du sixième au huitième jour après l'apparition des oreillons (Rilliet), au moment où les tuméfactions parotidiennes commencent à se dissiper, ce qui a fait dire pendant longtemps que le mal se déplaçait, qu'il se portait de la parotide sur le testicule, en un mot, qu'il y avait métastase.

Nous ne croyons pas devoir discuter ici la question si souvent débattue des métastases; quelques auteurs ont élevé à la hauteur d'une théorie physiologique un mot qui n'est môme pas acceptable comme expression d'un fait. L'expression de métastase appliquée au mode de développement de l'orchite ourlienne

est aussi fausse que la théorie des métastases était creuse, car à coté (^es cas où i'orcliite succède aux tuméfactions parotidiennes il en est d'autres où l'orcliitc se présente d'emblée et constitue à elle seule toute la maladie {voy. plus loin Formes anormales) .

D'autre part, on ne voit pas, suivant la très-juste remarque deRilliet, l'orchile apparaître après la disparition brusque des oreillons, ainsi que cela devrait arriver, s'il y avait véritablement déplacement du mal; les parotides, qui en général sont encore tuméfiées au moment où l'orchite se montre, continuent à diminuer de volume, mais la résolution n'est pas plus rapide que dans les cas non compliqués d'orcliite.

D'après quelques auteurs, lorsque l'oreillon est simple, I'orcliite consécutive se produirait du même côté, à gauche, si l'oreillon siégeait à gauche, à droite, s'il siégeait de ce côté ; dans le cas (l'oreillon double, le testicule s'engorgerait du <côtc de l'oreillon le plus volumineux. M. le docteur Rizet signale ce qu'il appelle un effet croisé dans la tuméfaction successive des parotides et des testicules : pendant l'épidémie d'Arras la parotide droite se prenait d'abord, dit-il, puis le testicule gauche ; la parotide gauche suivait, enfin le testicule droit.

Pour notre part nous avons presque toujours tro\ivé ces règles eu défaut dans les cas qu'il nous a été donné d'observer et nous pensons qu'il faut reno-.icer à établir des lois à ce sujet.

Pendant l'épidémie d'Arras c'étaient les parotidites les plus légères qui s'accompagnaient le plus souvent d'orchites.

Au moment où les tuméfactions parotidiennes sont en voie de décroissance, ou alors que ces tuméfactions ont déjà complètement disparu, les malades ressentent dans l'un des testicules une douleur plus ou moins vive, une sensation incommode de pesanteur surtout lorsqu'ils se lèvent ; en même temps ils constatent facilement que l'un des testicules est plus gros que l'autre. Le développement de l'orchite peut être accompagné de symptômes généraux très-graves dont il a été question plus haut ; d'ordinaire la fièvre est beaucoup plus vive au moment de l'apparition de l'orchite qu'au début des oreillons, au moment de la tuméfaction des régions parotidiennes.

L'orchite, simple d'ordinaire, peut être double; dans l'épidémie d'Arras les orchites doubles furent même plus communes que les orchiles simples; sur 10 cas d'orcliite, les deux testicules furent pris chez 7 malades, trois fois un seul testicule fut atteint.

Dans l'épidémie observée à Montpellier par M. Luzy en 1864 il y eut 5 cas d'orchite double pour 5 cas d'orchite simple.

Cette fréquence de l'orchite double est heureusement exceptionnelle.

Sur 25 cas d orchites notés par Rilliet à Genève il y eut 4 cas seulement d'orchite double; l'orchite simple siégeait 13 fois à droite, 6 fois à gauche.

Sur 14 cas d'orchite ourlienne M. A. Juloux {loc. cit.) a noté un seul fait d'orchite double.

Sur o2 cas d'orchite ourlienne, M. Laurens a vu 26 fois l'orchite simple (17 lois à gauche, 9 fois à droite) et 6 fois l'orchite double {op. cit.).

M. Servier {op. cit.) n'a observé que deux fois l'orchite double sur 26 cas d'orchite ourlienne et M. Jourdan une fois sur H.

En réunissant les faits signalés par Rilliet et par MM. Juloux, Laurens, Servier, Jourdan, Madamet, on trouve qu'il y a à peu près 1 cas d'orchite double sur 8 cas d'orchite purlienne.

Le degré d'inflammation des testicules est aussi variable que le degré d'inflammation des parotides; tantôt les testicules sont seulement sensibles à la pression et se tuméfient à peine (Luzy, cité par Rizet), tantôt au contraire on assiste au développement très rapide d'une orchite extrêmement volumineuse et les malades éprouvent des douleurs très- vives dans les parties.

Comme Velpeau l'a fait remarquer (art. Orchite du Dictionn. en 30 vol.), cette orchite a une marche toute spéciale, bien diftérente de celle de l'orchite ou épididymite blennorrhagique : c'est plutôt le testicule qui se gonfle que l'épididyme ; il n'est pas exact de dire cependant que la tuméfaction se limite toujours au testicule ; l'épididyme se prend quelquefois, mais c'est toujours le testicule qui est le plus malade, contrairement à ce qui arrive dms l'orchite blennorrhagiqne. Rarement on observe des douleurs le long du cordon ou de l'ardeur en urinant.

A la période d'état, c'est-à-dire vers le quatrième jour après le début de l'orchite, le testicule malade a doublé, triplé ou quadruplé de volume, il est dur, très -douloureux à la pression ; la peau des bourses est rouge, tendue ; il n'y a pas en général d'épanchement dans la tunique vaginale. L'œdème des bourses a été signalé par quelques auteurs. La période d'état ne dure guère que deux ou trois jours, après quoi les douleurs disparaissent et le testicule diminue de volume, la résolution s'opère rapidement.

Si tout se bornait là, on pourrait dire avec Velpeau {loc. cit.) que l'orchite ourlienne « est la moins grave de toutes les orchites connues » ; malheureusement il n'en est rien et des faits nombreux démontrent qu'il n'est pas rare d'observer l'atrophie du testicule à la suite de cette orchite.

La terminaison de l'orchite ourlienne par atrophie signalée dès 1761 par Hamilton, puis par Murât (1805) et par J. Frank, a été regardée pendant longtemps comme une rareté pathologique ou même mise en doute par les auteurs du plus grand mérite, par A. Cooper en particulier :

« On a prétendu, dit-il, que le testicule s'atrophiait souvent dans celte maladie (les oreillons) ; mais je n'ai jamais observé cette atrophie dans ma pratique. L'atrophie du testicule est quelquefois le résultat de son inflammation vers l'âge de la puberté, quelle que soit la cause qui la détermine alors » (A. Cooper, trad.fr., 1857, p. 446).

L'atrophie testiculaire peut s'observer en effet comme conséquence de l'orchite traumatique, mais c'est sans contredit l'orchite ourlienne qui présente le plus souvent ce mode de terminaison.

Dans une épidémie observée par Dogny à Mont-Louis en 1828 sur des militaires, 27 malades eurent des orchites consécutives aux oreillons, et, dans les 27 cas, il y eut atrophie plus ou moins complète du testicule enflammé ; c'est Jà, croyons-nous, le premier travail dans lequel la fréquence de cet accident ait été démontrée.

Malheureusement le travail de Dogny fut vite oublié. Velpeau, à l'article Orchite du Dictionnaire en 30 volumes, ne parle pas de l'atrophie du testicule consécutive à l'orchite ourlienne. Nélaton, dans son Traité de pathologie chirurgicale publié en 1 859, ne signale pas davantage les oreillons comme cause d'atrophie du testicule.

Rilliet et Grisolle eurent le mérite de ramener l'attention sur cette particularité si intéressante de l'histoire des oreillons.

Chez deux malades, dit Rilliet, j'ai noté après guérison de l'orchite une DicT. EKG. 2« s. XVn. ~ 22

diminulion assez marquée dans le volume du testicule ; dans un cas le testicule était réduit de moitié {op. cit.).

Grisolle dans une leçon clinique {Gazette des hôpitaux, 1866, p. 56) insiste sur la fréquence de l'atrophie testiculaire consécutive à l'orchite ourlienne; il en rapporte quatre exemples recueillis dans sa pratique dans l'espace de quatre ans et il ajoute avec beaucoup de raison que la rareté de cet accident n'est probablement qu'apparente, les malades échappant à l'observation avant que l'atrophie ait eu le temps de se produire.

M. Combeau dans sa thèse (Paris, 1867) cite 4 cas d'atrophie du testicule suite d'orchile ourlienne. Humphry, Guersant, Yerneuil, ont signalé des faits analogues.

Les médecins des hôpitaux sont mal placés pour observer cette dernière phase de l'orchite ; les malades sortent de l'hôpital dès que le testicule a i^epris son volume normal et qu'il n'est plus douloureux ; il est rare dans ces conditions de noter une atrophie notable de la glande, on constate seulement que le testicule malade est devenu plus mou que celui du côté sain ; pour se rendre un compte exact de la fréquence de l'atrophie, il faut examiner les malades un ou deux mois après leur sortie de l'hôpital ; les médecins de régiments se trouvent pour cela dans de très-bonnes conditions : aussi les résultats publiés par eux sont-ils les plus nombreux et les plus probants. Nous avons déjà cité les faits observes par Dogny sur la garnison de Mont-Louis ; en voici d'autres publiés également par des médecins militaires.

Dans une épidémie d'oreillons observée par M. le docteur Châtain sur des militaires, K'S oreillons se compliquèrent d'orchite 9 fois sur 37 et, sur les 9 orchites, 3 se terminèrent par l'atrophie du testicule, atrophie constatée plusieurs mois après la cessation des accidents inflammatoires {Rec. mém. de méd. militaire, 1875, p. 627).

Sur 16 cas d'orchite M. Cbauvin a constaté 6 fois l'atrophie consécutive du testicule, qui était mou et très -notablement diminué de volume {op. cit.).

Deux mois après l'épidémie de Dijon M. A. Juloux {op. cit.) a examiné les testicules des hommes, au nombre de 14, qui avaient présenté des orchites, et chez tous il a constaté une diminution notable du testicule atteint ; la diminution de volume était d'autant plus forte que la maladie était plus ancienne.

Sur 32 cas d'orchites ourliennes, M. Laurens a constaté 16 cas d'atrophie plus ou moins considérable des testicules affectés.

Cas.

Atrophie équivalant aux trois quarts du testicule 2

Atrophie équivalant à la moitié du testicule 7

Atrophie équivalant au quart du testicule 7

Total 10

M. Laurens a noté de plus des douleurs dans les testicules à la suite des orchites. « Tous les malades qui ont des orchites métastatiques, qu'il y ait ou non atrophie consécutive, accusent une sensibilité anormale du testicule atteint et se plaignent d'éprouver dans cet organe des douleurs plus ou moins vives à la suite de la fatigue ou d'un simple changement de temps » {Rec. mém. de méd. militaire, 1876, p. 605).

Sur 13 cas d'orchite ourlienne l'atrophie plus ou moins complète du testicule a été notée 7 fois par M. le docteur Sorel (épidémie d'Amiens, garnison). Les malades ont été revus 7 ou 8 mois après la guérison des oreillons.

Épidémie d'Auxonne, 1875-1876 (garnison). Sur 13 militaires atteints d'orchite 11 ont été examinés 15 mois environ après l'atteinte d'oreillons. Gtiez ces hommes M. le docteur Gérard a presque toujours constaté une diminution de consistance du testicule et quatre fois il a noté une diminution de volume. Chez 2 malades l'atrophie était très-marquée ; un malade avait une atrophie des deux testicules qui étaient réduits au volume d'une fève, et il avait une diminution très-notable des appétits vénériens et de la puissance virile [Rec. mém. de méd. militaire, 1878, p. 563).

Épidémie de Melun en 1877 (garnison). 7 militaires qui avaient été atteints d'orchite ourlienne ont été revus par M. le docteur Madamcl trois mois après l'atteinte d'oreillons ; 4 de ces militaires présentaient une légère atrophie testiculaire du côté où avait siégé l'orchite. Peut-être un nouvel examen fait à une époque plus éloignée aurait-il donné des résultats plus caractéristiques.

Épidémie delà garnison de Rayonne en 1878 (M. Servier). Sur 23 hommes ayant présenté l'orchite ourlienne et qui ont pu être examinés six mois plus tard, 12 présentaient de l'atrophie testiculaire. « Les testicules atrophiés étaient à peu près du volume d'un gros haricot, ils étaient assez durs et tout à fait insensibles à la pression, laquelle ne produisait pas la sensation connue du froissement testiculaire » {Rec. mém. de méd. militaire, 1878, p. 536).

M. Servier a vu chez un malade le testicule shypertrophier à la suite de l'orchite ourlienne.

Épidémie de Dax en 1878 (garnison). 11 militaires examinés du quatrième nu cinquième mois, après avoir subi l'atteinte d'oreillons compliqués d'orchite, ont présenté l'état suivant (M. Jourdan) :

Chez 5 le testicule était réduit au volume d'une fève ; c'est l'atrophie complète.

Chez 5 il était réduit de plus de moitié et il était encore très-mou.

Chez 2 il n'existait qu'une très-légère diminution de volume.

Chez 1 il existait un commencement d'hydrocèle.

Le tableau suivant résume les statistiques fournies par ces différents observateurs relativement à la fréquence de l'atrophie testiculaire à la suite de l'orchite ourlienne; on voit que 163 cas d'orchite ont fourni 105 cas d'atrophie testiculaire, ce qui donne environ 2 cas d'atropliie sur 3 cas d'orchite ourlienne.

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