‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.68Chapitre 18 sur 38 · ÉPIDÉMIES · texte numérisé non relu

ÉPIDÉMIES

NOMEHE DES CAS d'orchite ^

nombre des cas d'atrophie du testicule.

ÉDidémie de Mont-liOuis ^n:\'ruvi

Ëpidémiô observée par Chat^iii. .

Epidémie d'Antibes fChauvin)

Epidémie Je Diion Uiilonx^ . . . . « 4 .

Epidémie d'Alïii Mjniirens'l. . . .

Épidémie d'Amiens (Sorel;

Epidémie de Bavonne (Servier^

Epidémie de Da\ ^Jourdan)

Epidémie de Meiun (Madame!)

Épidémie d'Auxonne (Gérard)

Totaux

* Nous n'avons tenu compte dans ce tableau que des malades qui ont été revus plusieurs mois après la gucrison des oreillons.

Quand les 2 testicules s'atrophient à la suite d'une orchite double, là perte de la puissance virile et des appétits vénériens est complète et, s'il s'agit de jeunes gens, on peut voir se développer chez eux l'état qui a été décrit sous le nom de féminisme, les seins s'Iiypertrophieut, la peau du visage reste glabre, le timbre de la voix se modifie.

MM. Lcreboullet [Gaz. hebdom., 1877) et Gérard {Rec. mém. de méd. militaire, 1878, p. 630) ont publié des faits de ce genre. Dans le fait de Gérard il n'est pas démontré que l'atrophie des testicules ait été la conséquence des oreillons, mais la chose paraît très-probable.

J'ai revu au mois de mars 1881 le malade dont l'observation a été publiée par M. Lereboullet; l'atrophie des deux testicules persistait; chaque testicule avait à peine le volume d'un haricot, mais le malade ne présentait plus aucun des attributs du féminisme, l'hypertrophie des mamelles notamment avait disparu. L'impuissance était absolue, depuis quatre ans il n'y avait pas eu d'érection. Ce militaire fut réformé à Conslantine pour atrophie testiculaire.

Dogny rapporte que plusieurs de ses malades furent frappés d'impuissance

Dans les cas mêmes où l'atrophie est limitée à l'un des testicules, il peut en résulter une diminution notable dans la puissance virile.

Sur 16 cas d'atrophie partielle du testicule M. Laurens a nolé 9 fois une diminution plus ou moins grande de la puissance virile et des appétits vénériens. Cette diminution était considérable dans 5 cas, légère dans 6 {loc. cit.).

Quelquefois l'atrophie s'arrête, le testicule reprend sa consistance normale et son volume, mais le plus souvent elle persiste, le testicule du côlé opposé devient quelquefois plus volumineux par suite d'une hypertrophie compensatrice.

f. Tuméfaction des mamelles. Mastite ourlienne. La plupart des auteurs parlent de la tuméfoction des seins chez les femmes comme d'une complication assez fréquente des oreillons, néanmoins les observations précises publiées à ce sujet sont peu nombreuses, La mastite ourlienne parait être beaucoup plus rare que l'orchite ; elle a été observée quelquefois chez l'homme.

Rochard parle de la métastase sur les seins, il l'atlribue à un traitement mal dirigé.

Cavallini rapporte que dans l'épidémie de Florence les parotides alternaient avec la tuméfaction des testicules chez les garçons et avec celle des mamelles chez les filles.

Binet cite le fait suivant: « Une femme qui avait les oreillons ayant été saignée, l'humeur se porta sur les mamelles » [Eist. et mém. de l'anc. Acad. de Toulouse, t. I, p. 88, 1872).

Chez les femmes, dit Chatard (de Baltimore), la fluxion se jette quelquefois sur l'utérus ou sur les seins.

Trenel (thèse de Strasbourg, 1812) cite trois exemples de métastases sur les mamelles qui ont été reproduits par Crevoisier d'Hurbache (18-47) et par Bouleillier (1866) ; le fait seul que ces auteurs ont été obligés de copier dans leurs monographies les observations de Trenel sans en ajouter de nouvelles prouve la rareté assez grande de la mastite ourlienne.

Dans la première observation de Trenel il s'agit d'une demoiselle de dixhuit ans qui eut des oreillons volumineux ; le cinquième jour les oreillons disparurent, une fièvre vive s'alluma, puis les mamelles se tuméfièrent et devinrent douloureuses ; le septième jour il y eut une sueur abondante, les glandes nummaires se dégorgèrent et la guérison se produisit rapidement. Dans la

deuxième observalion une fille de quinze ans a des oreillons volumineux avec fièvre, le cinquième jour il reste un léger empâtement des parotides, les seins deviennent douloureux sans augmentation de volume. Gue'rison le septième jour. Dans la troisième observation une femme de trente ans enceinte pour la première fois a des oreillons volumineux, le sixième jour les parotides sont eu voie de résolution, mais les seins deviennent douloureux et se tuméfient; le huitième jour sueurs abondantes, disparition de l'engorgement des seins ; gucrison le neuvième jour.

Dans répidémie décrite par Corzercz, les mamelles se tuméfiaient souvent chez les femmes (cité par J. Frank, note, loc. cit., p. 55).

Cullen, Roche [Dictionn. de méd. et de chir. pratiques, 1854), A. Cooper [loc. cit.), J. Frank, signalent la tuméfaction des mamelles chez la femme à la suite des oreillons; Roche dit en avoir observé plusieurs exemples; chez les femmes, écrit Frank, il survient des douleurs des lombes, du pubis, des mamelles, avec une apparition des règles en dehors des époques ou un picotement du vagin.

Pendant l'épidémie d'Arras M. Rizet a observé 2 cas d'engorgement des glandes mammaires chez des soldats atteints d'oreillons.

Dans la population civile d'Arras trois garçons sur une trentaine eurent un engorgement de la mamelle. Une petite fille de cinq ans présenta également un engorgement de la mamelle.

M. Jobard a observé une tuméfaction considérable des seins chez une Indienne à la suite des oreillons. La tuméfaction des parotides reparut au moment oiî la mastite ourlienne entrait en résolution [op. cit.).

M. Lemarchand a cité un cas d'engorgement mammaire chez un soldat atteint d'oreillons, un liquide blanchâtre s'écoulait par le mamelon lorsqu'on comprimait la glande; il y eut en même temps une orchite [ohs. VI, thèse citée).

g. Tuméfaction des grandes lèvres et des ovaires. La tuméfaction des grandes lèvres et des ovaires est plus rare encore que celle des mamelles.

Pendant l'épidémie d'Arras M. Rizet a observé chez deux femmes âgées, l'une de vingt-neuf, l'autre de trente-deux ans, des douleurs très-intenses qui semblaient ]^rovemv des ovaires. Niemeyer parle de l'endolorissement des ovaires à la suite des oreillons.

Les deux seules observations précises d'ovarite consécutive aux oreillons ont été publiées par MM. Meynet et Bouteillier.

Dans le fait cité par M. Meynet (Soc. des se. méd. de Lyon, 1865), il s'agit d'une fil!e de seize ans, non réglée, qui entrait à l'Hôtel-de-Dieu de Lyon le 1" juin 1865 pour des oreillons doubles bien caractérisés ; le 8 juin le gonflement avait disparu, mais il y avait de la fièvre, de l'agitation, de la douleur abdominale au niveau des deux fosses iliaques, surtout à droite; le 10 juin la pression était très-douloui'euse à droite et l'on sentait une tuméfaction notable, arrondie, occupant le siège de l'ovaire droit. Le 25 juin la douleur avait disparu, mais la tumeur persistait ; le 28 les oreillons reparurent des deux côtés, puis disparurent de nouveau en même temps que la tuméfaction de l'ovaire droit.

L'âge de la malade et l'absence des règles permettent de croire que le travail de l'ovulation n'a pas été étranger à ces accidents. M. Peter a publié [Gazette des hôpitaux, 1868, p. 146) l'observation d'une femme chez laquelle le travail de l'ovulation, au lieu de provoquer une hémorrhagie utérine, faisait naître tantôt une congestion de la région parotidienne, tantôt une hémorrhagie dans les

5i2 ORKILLONS.

grandes ou les petites lèvres ; le fait même des récidives des parotides prouve qu'il ne s'agissait pas des oreillons dans le cas de M. Peter, et l'observation de Meynet pourrait recevoir une interprétation analogue.

L'observation de M. Bouteillier recueillie à l'hôpital Beaujon dans le service de M. Moutard-Martin est plus probante que celle de M. Meynet; on peut la résumer ainsi : Une femme de vingt-quatre ans, bien réglée depuis l'âge de quatorze ans, se réveille le 20 juin 1865 avec un gonflement des régions parotidiennes ; au moment de l'entrée de la malade à l'hôpital ce gonflement a disparu, il y a des symptômes d'embarras gastrique; le 29 juin, douleurs dan* les deux fosses iliaques; le 50 juin la douleur est limitée à la fosse iliaque droite; on sent « une petite tumeur un peu allongée dans le sens transversal, mobile, douloureuse à la pression, plus grosse que l'ovaire à l'état normal, mais occupant le siège de cette glande. » Le I^'' juillet l'ovaire droit est toujours trèsdouloureux, rien à noter dans les grandes lèvres ni dans les seins; à partir du 3 juillet les douleurs diminuent d'intensité et la malade peut quitter l'hôpital le 13 juillet (Bouteillier, thèse citée).

11 serait intéressant de savoir si l'ovarite ourlienne peut se terminer par atrophie de l'ovaire, comme l'orchite ourlienne par l'atrophie du testicule, et si une ovarite ourlienne double peut entraîner la stérilité comme l'orchite ourlienne double l'impuissance.

Th. Laghi mentionne vaguement la métastase sur les grandes lèvres.

Rilliet, à Genève, n'a observé qu'un seul cas de gouflem'^nt des grandes lèvres chez une demoiselle de trente-six ans; la complication survint au cinquième jour d'un oreillon peu iutense et disparut au bout de trois ou quatre jours. M. Fournier a cité une observation dans laquelle, à la suite des oreillons, les grandes lèvres et les petites lèvres se tuméfièrent. M. Barallier a vu un engoigement de la grande lèvre droite consécutif aux oreillons arriver à suppuration (Gailhard, thèse, p. 109).

Groffier parle d'une dame qui, à la suite des oreillons, fut atteinte d'un écoulement vaginal avec douleurs dans la miction, engorgement des glandes inguinales, sentiment de pesanteur aux parties sexuelles extérieures. Un ouvrier âgé de quarante-cinq ans fut atteint, de même d'après Groftier, d'un écoulement de l'urèthre après la disparition des oreillons; Groffier est peut-être imprudent en se portant garant de la vertu de ses malades.

Chatard dit que, lors de l'épidémie de Baltimore, on confondit plusieurs fois avec des affections vénériennes des écoulements leucorrhéiques suite de métastase des or'^illons. Gravis et Stiévenart auraient observé un cas de gonorrhée chez l'homme à la suite des oreillons [Bulletin de thérapeutique, t. XXIX, p. 145). Quant à l'observation de M. Billoir [Gazette hebdom., 1859, p. 117) ; elle est très-loin d'être démonstrative.

L'existence d'une vaginite ou d'une uréthrite ourlienne ne nous paraît pas prouvée; nous avons toujours examiné avec soin l'urèthre des malades atteints d'oreillons avec orchite et nous n'avons jamais constaté l'existence d'un écoulement blennorrhagique.

h. Organes digestifs. Nous avons déjà parlé de l'angine et de la stomatite qui s'observent quelquefois chez les malades affectés d'oreillons. Au début de la maladie il existe en général des signes d'embarras gastrique, la langue est blanche, saburrale, la bouche est mauvaise, amère ; les malades ont de la tendance à la constipation.

Au moment de l'apparition de l'orchile on voit quelquefois la langue se sécher, les dents devenir fuligineuses comme dans la fièvre typhoïde.

La mastication est gênée par la tuméfaction des glandes parotides, elle est impossible ou très-douloureuse à la période d'état.

Quelques malades ont des nausées et des vomissements soit au début, soit au moment où se développe l'orchite.

Durée. Phénomènes critiques. Dans les formes simples, régulières, la durée de la maladie est de huit à dix jours (Rilliel), plus courte dans les cas légers et chez les enfants ; chez les adultes la durée peut être beaucoup plus longue ; lorsque des orchites succèdent aux parotides, il n'est pas rare de voir la maladie se prolonger pendant deux septénaires et même davantage.

Quelques auteurs disent avoir observé des phénomènes critiques. Dans l'épidémie de Bologne, d'après Th. Laghi, les oreillons se jugeaient par une diarrhée, par des sueurs ou des urines abondantes.

Canstatt (cité par Rilliet) signale comme phénomènes habituels à l'époque de la résolution : l'apparition d'une transpiration abondante qui, limitée d'abord à la tumeur, devient ensuite générale, et il indique comme crises plus rares : les urines sédimenteuses, la diarrhée et les vomissements bilieux.

Sallaud a observé des salivations critiques [op. cit.). La résolution des oreillons est souvent accompagnée, dit M. Houchut, d'une légère moiteur de la peau ou d'évacuations alvines. Rilliet n'a pas observé de phénomènes critiques et nous n'avons pas été plus heureux que lui.

Formes anormales. Les oreillons comme presque toutes les maladies épidémiques ont des formes anormales, des formes frustes ; de même que la scarlatine peut se caractériser uniquement par une angine sans éruption sur les téguments externes, les oreillons donnent lieu quelquefois à une orchite sans tuméfaction des parotides. Parmi les formes anormales des oreillons nous décrirons :

1" Les formes abortives ;

2" L'orchite ourlienne d'emblée ;

3° Les types inverses dans lesquels les parotides succèdent à l'orchite au lieu de la précéder ;

4" Les oreillons des glandes sous-maxillaires.

1** Formes abortives. Au plus fort de l'épidémie de Genève, dit Rilliet, et dans des familles dont plusieurs membres étaient affectés d'oreillons, il arrivait qu'un ou deux enfants étaient pris de fièvre, de malaise et d'un très-léger gonliement des parotides ou des glandes sous-maxillaires, sans aucune déformation du visage ; au bout de trois ou quatre jours tout était dissipé.

Ces formes abortives sont intéressantes à connaître ; malgré le faible degré de tuméfaction des glandes salivaires, on peut voir se produire, comme dans un des faits signalés par Trousseau, des accidents généraux graves suivis du développement d'une orchite ; l'existence antérieure d'une douleur ou d'une tuméfaction même très-légère au niveau des glandes parotides ou sous-maxillaires est une indication très-précieuse au point de vue du diagnostic.

Ces formes atténuées et à peine reconnaissables des oreillons confèrent l'immunité comme les formes régulières ; on s'explique ainsi pourquoi certaines personnes ne contractent pas les oreillons dans un milieu épidémique, bien

qu'elles disent n'en avoir été jamais affectées; ces personnes ont eu très-probablement les oreillons, mais sous une de ces formes abortives qui frappent peu l'attention.

2" Orchite oiirlienne d'emblée. Un grand nombre de faits démontrent que l'orcbite simple ou double peut constituer la seule manifestation des oreillons, la tuméfaction des glandes salivaires faisant entièrement défaut ; les observations d'orcbites ourliennes sans parotides concomitantes se rencontrent en général en petit nombre au milieu des cas d'oreillons réguliers, cependant dans quelques épidémies l'exception devient la règle et on assiste alors à des épidémies d'orchite dont la nature a été quelquefois méconnue.

Bourges, médecin de la Grande Armée, décrit des orchites ourliennes sous le titre suivant : Observations sur 2ine affection des testicules suite des fièvres catarrhales {Journ. de Sédillot, loc. cit.).

Lors de l'épidémie de Châteauroux en 1832 il y eut plusieurs cas d'orchite sans tuméfaction des parotides.

Rilliet, Julliard et Mayor, pendant l'épidémie de Genève, ont observé plusieurs fois des orchites sans parotides (Rilliet, loc. cit.). Desbarreaux-Bernard cite sept exemples de cette forme anormale des oreillons ; dans la même fam-ille un malade était atteint d'orchite, tandis que son frère avait une tuméfaction parotidienne.

Ressiguicr (1 cas), Boyer (5 cas), Malabouclie (4 cas), Debize, Vidal (5 cas), Jacob (3 cas), Jobard (2 cas), Chauvin (1 cas), Sorel (3 cas), Servier (1 cas), Jourdan (1 cas), ont observé l'orcbite ourlienne d'emblée ; pendant des épidémies d'oreillons nous avons vu nous-même plusieurs fois des orchites se développer chez des hommes qui n'avaient pas présenté trace d'engorgement des glandes salivaires ; les orchites avaient du reste dans ces cas les caractères et suivaient la marche de l'orcbite ourlienne ; un de nos malades eut une orchite double et ses testicules, qui présentaient au moment de la résolution une mollesse remarquable, ont du s'atrophier par la suite {obs. V, thèse de M. Lemarchand).

Dans une épidémie observée par Heller à Dantzig, en 1876, sur 29 militaires atteints d'orchite ourlienne, 10 seulement avaient eu des parotides, chez les 19 autres la tuméfaction des parotides ne fut constatée à aucun moment. 10 de: malades traités pour orchite furent examinés de nouveau au bout de quelques mois. Chez 5 d'entre eux le testicule était manifestement atrophié {Berl. klin. Wochenschr., 1880, u" 38).

C'est sans doute à ces oreillons à forme anormale qu'il faut rapporter la maladie décrite par M. G. Duffey en 1872 sous le nom d'orchite rhumatismale épidémique ; M. Duffey dit avoir observé à Malte une maladie épidémique caractérisée par de la fièvre et par le développement d'orcbites, maladie qui régnait principalement sur la garnison ; l'auteur ne parle pas des parotides, il est probable que ces glandes étaient peu ou point tuméfiées, sans quoi l'attention de M. Duffey aurait été attirée de ce côlé et la véritable nature de la maladie n'aurait pas été méconnue {the Dublin Journ. of Med. Se, février 1872).

3° Types inverses. Parotides consécutives à Vorchite. Crevoisier d'Hurbache cite un cas où l'orcbite précéda l'apparition des parotides; Lynch dit avoir observé plusieurs faits de ce genre [Dublin Quarterly Journ., 1856).

La tumeur des bourses, dit Ressiguier, peut apparaître en même temps que les oreillons ou même précéder l'apparition de ceux-ci.

Béravd (jeune) rapporte que M. Roques observa une épidémie d'oreillons dans laquelle la tuméfaction des parotides succédait à l'orchite au lieu de la précéder comme à l'ordinaire.

Pendant l'épidémie d'Arras l'orchite eut chez plusieurs malades une avance de deux ou trois jours sur l'apparition des parotides (Rizet, loc. cit.).

Boyer sur 12 cas d'orchiles primitives a vu 7 fois l'angine parotidienne se développer après la disparition de l'engorgement testiculaire.

Dans l'épidémie observée par M. le docteur Vidal à l'armée de la Loire (rois malades eurent une orchite d'abord, les parotides se tuméfièrent consécutivement {op. cit.). M. Lemarchand dans sa thèse donne une observation semblable.

Bussard pendant l'épidémie de l'île d'Oléron a vu chez deux malades l'orchite précéder la fluxion parotidienne, de vingt-quatre heures dans un cas, de trente-six heures dans l'autre.

Les parotides, après avoir disparu au moment où l'orchite se développe, peuvent se montrer de nouveau au moment de la résolution de l'orchite (Saucerotte).

Les variations qu'on observe dans le mode de succession de l'orchite et des tuméfactions parotidiennes montrent bien que ce sont là des localisations d'une même maladie générale : aussi l'étude de ces variations est-elle intéressante au point de vue doctrinal comme au point de vue pratique.

4" Oreillons sous-maxillaires. Nous avons vu plus haut que la tuméfaction des glandes parotides s'étendait souvent aux glandes sous-maxillaires; il est plus rare de voir les oreillons se localiser uniquement dans les glandes sousmaxillaires et sublingales, les parotides restant parfaitement indemnes.

La localisation des oreillons sur les glandes sous-maxillaires a été signalée par Leitzen en 1857 dans l'épidémie de Halle, par Panck dans l'épidémie de Moscou en 1840, par Spengler dans une épidémie observée à Herborn en 1851- 1852, par Fehr dans une épidémie d'ileidelberg (Langenbeck's Archiv, Bd. XX, p. 614), par Rilliet dans l'épidémie de Genève, par Trousseau.

M. N. Guéneau de Mussy a observé et décrit cette forme anormale des oreillons (Ga^eWe /«eZ'rfomrttiaire, 1868, p. 631).

Pendant une épidémie d'oreillons qui sévissait à Commenlry et qui atteignit plus de 700 personnes, M. le docteur P. Fabre constata quatre fois la localisation des oreillons sur les glandes sous-maxillaires, dans deux de ces cas les parotides étaient entièrement indemnes (Société des sciences de Gannat, 1875-1870).

MM. Chauvin, Gaillard [op. cit.), Lamotte (thèse, Montpellier, 1870), signalent les oreillons des glandes sous-maxiUaires.

Franz Penzoldt cite trois cas d'oreillons des glandes sous-maxillaires observés par lui et un cas qui lui a été communiqué par le docteur Maurer (Fr. Penzoldt, Corresp.-Blatt. des allgem. clrtzl. Vereins von Thiiringen, cité par Machado, thèse, Paris, 1880).

Chez un de nos malades, écrit le docteur Jourdan, les glandes sous-maxillaires avaient acquis le volume d'un œuf; ce gonflement gênait la mastication et donnait à la face une physionomie particulière {op. cit.).

M. Granier {Lyon médical, 1879) dit avoir observé plusieurs fois les oreillons sous-maxillaires et il en rapporte une observation.

M. Machado dans sa monographie des oreillons sous-maxillaires (thèse, Paris, 1880) rapporte deux observations nouvelles de cette forme anormale des oreillons.

M. le docteur Amodru (cité par M. Machado) a noté 4 fois les oreillons sousmaxillaires sur 19 cas d'oieillons pendant une petite épidémie qui régnait dans un pensionnat de jeunes filles.

Nous avons eu plusieurs fois nous-même l'occasion d'observer la localisation des oreillons sur les glandes sous-maxillaires, les parotides restant indemnes. Voici le résumé d'une de ces observations :

Un malade entre au Val-de-Grâce le 2 avril 1876 pour une rougeole légère. Dans la nuit du 4 au 5 avril les régions sous-maxillaires se tuméfient, le 5 au matin on trouve dans ces régions des tumeurs de forme allongée, assez dures et douloureuses à la pression ; les régions parotidiennes sont parfaitement libres, il n'y a ni tuméfaction, ni douleur à la pression. Les tumeurs sous-maxillaires augmentent de volume jusqu'au 7 avril, puis entrent en voie de décroissance. Le diagnostic d'oreillons, qui avait été porté, pouvait paraître douteux à cause de l'immunité des parotides, on pouvait soutenir, malgré la forme caractéristique des tumeurs qui dessinaient exactement les glandes sous-maxillaires, qu'il y avait eu tout simplement une double adénite, lorsque le 9 avril les deux testicules se tuméfièrent et devinrent douloureux ; en même temps la température montait à 40 degrés, puis à 41 degrés ; malgré l'existence d'une orchite double et bien que le traitement ait été peu énergique (repos au lit, diète, eau de Sediitz 2 verres), la défervescence se produisit le quatrième jour et les testi' cules revinrent rapidement à l'état normal.

On voit que dans ce cas les oreillons sous-maxillaires se sont compliqués d'une orchite double ; cette complication n'avait pas été signalée jusqu'ici par les auteurs qui ont publié des cas d'oreillons localisés dans les glandes sousmaxiUaires, mais elle n'a rien de surprenant, puisque les oreillons sous-maxillaires sont de même nature que les oreillons réguliers des glandes parotides.

En 1879 nous avons recueilli à Biskra deux observations d'oreillons des glandes sous-maxiI!aires sur des indigènes du l**'' régiment de tirailleurs algériens, le bataillon auquel appartenaient ces hommes venait de Sétif où les oreillons régnaient au moment du départ.

Les oreillons des glandes sous-maxillaires et sublinguales ont été souvent confondus soit avec l'adénite sous-maxillaire, soit avec le phlegmon du plancher de la bouche ou phlegmon sus-hyoïdien.

Complications. Nous nous occuperons d'abord des complications qui se rattachent directement au développement des parotides ou des orchites, puis nous étudierons les comidications qui dépendent de l'action du principe morbigène sur l'économie entière ou sur les organes internes.

a. Suppuration des parotides ou des testicules; induration persistante des glandes salivaires; adénites cervicales. Prostatite. Nous avons vu que les tuméfactions glandulaires des oreillons aboutissaient très-rarement à suppuration : pendant l'épidémie de Genève aucun oreillon ne suppura (Rilliet) ; de même pendant l'épidémie d'Ârras (Rizet); les auteurs sont unanimes sur ce point. Dionis rapporte cependant que pendant ime épidémie qui régna sur les demoiselles de Saint-Cyr les oreillons se terminèrent dans presque tous les cas par un petit abcès qu'on fut obligé d'ouvrir (Dionis, Cours d'opér. de chirur., Paris, 1773, p. 658).

Meilheurat et Emond ont observé chacun un cas d'oreillons suppures.

Dans l'observation publiée par Emond il s'agit d'un jeune homme de dix-huit

OREILLONS. 3i7

ans, d'un len)pérament Irès-Jymphalique, qui fut atteint d'oreillons volumineux ; l'orcillon du côté gauche suppura et à la suite de l'ouverture de l'abcès il s'écoula un verre de pus environ {Gaz. des hôpit., 1867, p. 448).

En 1869, pendant une petite épidémie d'oreillons qui régnait sur les troupes casernées à la caserne du Prince-Kugène, à Paris, nous avons vu dans un cas un oreillon se terminer par suppuration; le malade n'avait eu qu'un oreillon, assez volumineux du côté droit; dix jours après l'entrée à l'hôpital la tuméfaction parotidienne persistait, la peau était rouge et on constatait au centre de la tumeur de la fluctuation ; une incision donna issue à une assez grande quantité de pus de bonne nature, phlegmoneux; la guérison se fit rapidement.

Fehr a vu sur lui-même les oreillons se terminer par suppuration.

On a noté quelquefois une induration persistante de la région parotidienne et des adénites cervicales consécutives aux oreillons. Trencl cite un cas d'oreillons avec abcès scrofulcux du cou. Pendant l'épidémie de Genève Rillict vit chez un enfant de huit ans une adénite scrofuleuse succéder aux oreillons.

M. le docteur Madamct a noté chez cinq malades des signes d'adénite rétra et sous-maxillaire, M. le docteur Jourdan a observé 5 fois sur 61 cas d'oreillons un engorgement des ganglions du cou. 11 faut prendre garde de confondre l'induration des glandes sous-maxillaires avec l'adénite sous-maxillaire.

Il est très-rare que l'orchite ourlienne se termine par suppuration. Dans un cas de Bourges l'orchite se compliqua d'hydrocèle et d'abcès des bourses; Boyer dit avoir observé un cas d'abcès de l'épididyme; Ravaton a vu chez un malade atteint d'orchite ourlienne la peau des bourses se mortifier.

Gosselin rapporte qu'un jeune homme âgé de vingt-un ans atteint d'oreillons avec orchite présentait une tuméfaction considérable de la prostate, facile à apprécier par le toucher rectal ; au bout de trois jours le gonflement du testicule avait disparu et la prostate reprenait son volume normal {Clinique chirurgicale de la Charité).

Nous avons parlé plus haut de l'atrophie du testicule qui est souvent la conséquence de l'orchite ourlienne.

b. Accidents du côté du système nerveux et des organes des sens. Plusieurs auteurs parlent d'accidents cérébraux graves et parfois moitels pouvant se produire dans le cours des oreillons, accidents qu'ils expliquent en général par une métastase sur le cerveau ou sur les méninges; Hamilton, Groffier, Ressiguier, disent avoir observé ces accidents cérébraux.

A. Gooper dit avoir vu dans un cas la disparition soudaine des oreillons (à la suite de lotions faites avec la solution de sous-acétate de plomb et d'alcool) suivie de symptômes de compression cérébrale auxquels succéda le délire; l'enfant mourut en moins de huit jours {op. cit.).

D'après Frank la disparition des fluxions parotidiennes est suivie quelquefois de céphalalgie, de délire et même de mort.

Comme nous l'avons dit plus haut, il n'est pas rare d'observer des symptôi mes cérébraux très-graves en apparence et pouvant simuler une méningite, au moment où se développe l'orchite, mais ces accidents se terminent presque toujours au bout de quelques jours par une guérison rapide.

M. Gailhard rapporte dans sou excellente thèse sur les oreillons plusieurs exemples de ces accidents cérébraux.

Observation I. Oreillons avec orchite; accidents méningitiques, hyperes-

thésie, contractions spasmodiques, céphalalgie frontale, pliotopliobie, opisthotonos.

Obs. II. Oreillons avec orchile; abattement, stupeur, raideur du cou, céphalalgie, vomissements bilieux, épislaxis.

Obs. III. Abattement, adynamie.

Obs. VI. Oreillons avec orchite; accidents méningitiques, raideur de la nuque, épistaxis. Pendant la convalescence des oreillons le malade qui fait le sujet de cette observation est pris de pneumonie, puis de délire, de manie et d'aliénation mentale; M. Gailhard va peut-être un peu loin en rattachant la pneumonie et la manie aux oreillons.

Obs. VIII. Oreillons avec orchite double; accidents méningitiques, stupeur, coma.

Obs. X. Oreillons avec orchite, stupeur.

M. Jourdan a cité deux cas d'oreillons compliqués d'attaques hystériformes chez des militaires {loc. cit.).

M. le docteur Hatry a appelé l'attention sur les troubles visuels qui surviennent parfois chez les malades atteints d'oreillons; il a examiné à ce point de vue un certain nombre de malades pendant une épidémie qui a régné sur la garnison de Lyon en 1875-1876 et, au point de vue des troubles visuels, il a divisé ces malades en trois catégories :

Première catégorie. L'acuité visuelle est peu ou pas diminuée ; pas de photophobie, pas d'injection palpébrale, les veines et les artères du fond de l'œil sont seulement volumineuses.

2^ catégorie. Acuité visuelle diminuée, conjonctivite palpébrale, la papille est hyperémiée, les veines et les artères du fond de l'œil sont volumineuses, léger cercle d'infiltration autour de la papille.

5^ catégorie. La papille fortement injectée se distingue à peine de la choroïde, veines flexueuses, turgescentes, artères volumineuses, vaste cercle d'infiltration recouvrant la papille et l'origine des vaisseaux, acuité visuelle très-diminuée, la notion des couleurs est quefquefois altérée, photophobie, vertiges, larmoiement.

Ces troubles de la vue se produisent surtout lorsque les oreillons prennent un grand développement; M. Hatry pense que la tumeur agit en comprimant les vaisseaux du cou et en entravant la circulation de retour; il est possible aussi que l'inflammation retentisse sur le grand sympathique cervical, ou que la seule élévation de la température sur le trajet de la carotide soit la cause de la dilatation des branches terminales de cette artère; il est en effet démontré que, lorsqu'on échauffe sur une certaine étendue un tronc artériel, on voit tous les rameaux qui émanent de ce tronc se dilater par suite de réchauffement du sang qui les parcourt.

Chez un des malades observés par M. Hatry les troubles de la vue se compliquèrent de symptômes méningitiques ; chez un autre, de symptômes hystériformes (Hatry, Rec. mém. deméd. militaire, 1876, p. 305). Ces faits présentent un grand intérêt, mais ils ont été publiés trop récemment pour qu'il soit possible de dire si M. Hatry a vu des faits exceptionnels ou bien si les troubles de la vue sont fréquents dans les oreillons, bien qu'ils aient échappé à la plupart des observateurs. De nouvelles recherches sont nécessaires à ce sujet.

La conjonctivite et la tuméfaction des paupières ont été observées quelquefois (Combeau, Gailhard).

Plusieurs auteurs ont noté des cas d'otite consécutive aux oreillons. Ressiguier, Thierry de Maugras, ont vu survenir à la suite des oreillons des douleurs dans les oreilles, des otorrhées, une perte momentanée de l'ouïe; Spire cite un cas d'otite consécutive aux oreillons.

c. Accidents et complications du côté de Vappareil respiratoire. Les oreillons, lorsqu'ils sont très-volumineux, peuvent donner lieu à une gêne notable de la respiration et à des accidents de suffocation ; M. le docteur Jacob a cité un cas de mort par œdème de la glotte chez un militaire affecté d'oreillons. Voici le résumé de cette observation [Rec. me'm. deméd. militaire, 1875, p. 561) : un artilleur âgé de vingt et un ans se présente à la visite le 24 avril 1875 avec une tuméfaction de la parotide droite; il ne souffre pas du reste et continue à se promener jusqu'à trois heures du soir, il accuse alors un léger malaise et se couche ; vers deux heures du matin il se réveille brusquement et comme suffoqué, il se dirige vers la porte en poussant des cris inarticulés, mais il s'affaisse bientôt et meurt. L'autopsie permit de constater un œdème considérable de la glotte; les bourrelets œdémateux qui recouvraient les cordes vocales obturaient presque complètement l'ouverture de la glotte.

MM. Sallaud et Gailhard ont vu les oreillons se compliquer de bronchite et de coryza; M. Gailhard va jusqu'à admettre que des pneumonies peuvent se développer sous l'inQuence du miasme ourlien.

M. Jourdan a vu une pneumonie grave, à forme ataxo-adynamique, survenir chez un malade huit jours après la disparition du gonflement parotidien, et il n'est pas éloigné de voir là, comme M. Gailhard, une localisation de la maladie générale; de même pour un autre de ses malades qui à la suite des oreillons fut pris de bronchite avec hémoptysie.

Les faits d'oreillons compliqués de bronchite, d'hémoptysies ou de pneumonies, nous paraissent assez rares pour pouvoir s'expliquer par de simples coïncidences.

d. Accidents et complications du côté des voies urinaires. Pratolongo, dans une lettre célèbre dont nous aurons à parler plus loin à propos de la nature des oreillons, a signalé le premier l'anasarque qui survient, dit-il, chez quelques malades à la suite des oreillons comme à la suite de la scarlatine.

Lors d'une épidémie d'oreillons qui régna à Antibes en 1856 sur de jeunes recrues, trois hommes présentèrent de l'albuminurie avec anasarque, ils guérirent complètement; M. le docteur Renard auquel nous devons la connaissance de ces faits pense que chez ces malades la fluxion, qui se limite d'ordinaire aux régions parotidiennes, s'était portée en même temps sur les reins et sur les tissus périphériques [Union médicale, 1869, t. VIII, p. 451).

M. L. Colin a oljservé deux fois l'albuminurie et l'anasarque chez des malades atteints d'oreillons; dans un de ces cas l'albuminurie se termina rapidement par l'urémie et la mort ; voici le résumé de cette observation qui présente un grand intérêt : un garde républicain âgé de vingt-quatre ans éprouve le 24 octobre 1871 une gêne douloureuse dans les testicules qui se tuméfient simultanément; dans la soirée du lendemain il se développe une parotide à gauche, puis toute la face devient bouffie et l'anasarque se généralise. Le 30 octobre, au moment de l'entrée au Val-de-Grâce, on constate de l'anasarque, les urines renferment une grande quantité d'albumine ; une parotide du côté droit a succédé à la parotide gauche.

Le 6 novembre, céphalalgie, dyspnée, troubles de la vision; le 15, crise

350 unjiiLLUi>s.

convulsive épileptiforme suivie de coma. Le 21 le malade succombe à l'urémie dyspnéique après de vives souffrances ; les troubles de la vue avaient été en augmentant et on avait constaté tous les caractères ophllialmoscopiques de la rétinite albuminurique.

A l'autopsie les reins étaient volumineux, blanchâtres, et présentaient en apparence les altérations de la néphrite épithéliale (gros rein blanc) ; cependant l'examen histologique démontra qu'il s'agissaiL d'une néphrite interstitielle* aiguë. Les testicules, volumineux, avaient leur structure normale (L. Colin, Communie, à la Soc. méd. des hôpitaux, 1876. Lemarchand, thèse citée).

Cette observation prouve que la néphrite aiguë peut succéder aux oreillons comme à la scarlatine ; il est à remarquer qu'il s'agissait d'une néphrite interstitielle et non d'une néphrite épithéliale; les recherches les plus récentes tendent du reste à démontrer que, contrairement à l'opinion ancienne, la néphrite interstitielle est plus commune dans les maladies aiguës que la néphrite épithéliale.

M. Jourdan a cité un cas d'oreillons avec hématurie; il existait en outre dans ce cas une hypertrophie de la glande thyroïde.

e. Anémie, faiblesse générale consécutives aux oreillons. La convalescence des oreillons est quelquefois longue et difficile; cette affection, si légère en apparence, peut jeter dans toute l'économie une perturbation considérable. Plusieurs malades, dit Rilliet, n'avaient pas repris leur santé habituelle au bout de quinze jours ou trois semaines ; chez un jeune garçon de dix ans les oreillons furent suivis d'un état chlorotique qui persista pendant un mois et ne se dissipa que sous l'influence des préparations ferrugineuses.

Cette action profonde des oreillons sur l'économie démontre une fois de plus qu'il ne s'agit pas d'une affection locale, mais d'une maladie générale.

L'état de faiblesse qui est la suite des oreillons chez quelques malades peut être une cause prédisposante pour la tuberculose comme toutes les causes qui diminuent la force de résistance vitale; Rilliet cite un cas de tuberculose succédant aux oreillons (pp. cit.).

Diagnostic. Lorsque les oreillons suivent leur marche régulière et que la tuméfaction des régions parotidiennes est bien prononcée, le diagnostic ne présente aucune difficulté; on est du reste guidé, en général, par l'épidémicilé des oreillons qui se présentent rarement à l'état isolé; lorsqu'un militaire entre à l'hôpital avec les oreillons on apprend presque toujours en l'interrogeant avec soin que d'autres hommes appartenant au même régiment ont présenté les mêmes symptômes; de même dans les pensiojis, dans les collèges, les oreillons donnent lieu le plus souvent à des épidémies plus ou moins étendues.

La tuméfaction parotidienne des oreillons peut être confondue avec une adénite cervicale, avec une angine, ou bien avec des parotidites dont le siège anatomique est le même, mais dont la nature et la marche sont bien différentes.

L'adénite cervicale ne se limite pas en général à la région parotidienncj elle ne donne pas au toucher la sensation d'empâtement et de mollesse que donne l'oreillon; la palpation permet de reconnaître l'existence de petites tumeurs arrondies, roulant sous le doigt, qui ne sont autres que des ganglions lymphatiques. La marche de l'adénite est, d'ailleurs, bien différente de celle des oreillons : tantôt il s'agit d'une adénite aiguë qui se termine par suppuration, tantôt d'une adénite chronique avec ces chapelets ganglionnaires et ces

abcès fisluleux que l'on rencontre principalement chez les scrofuleux; dans aucun cas les adénites ne se compliquent d'orchite.

L'angine inflammatoire simple peut donner lieu à un peu de tuméfaction et à de la douleur dans les régions parotidiennes, mais il est facile de constater dans la plupart des cas que l'inflammation de la muqueuse de la gorge constitue le fait principal, tandis que l'angine, lorsqu'elle survient dans le cours des oreillons, n'occupe presque jamais qu'une place secondaire. On ne pourrait confondre l'angine qu'avec des oreillons qui donneraient lieu à très-peu de tuméfaction des régions parotidiennes et qui s'accompagneraient d'une inflammation vive de la muqueuse de l'isthme du gosier; dans ce cas, on serait guidé par l'épidémiciié de la maladie et par l'existence de complications telles que l'orchite qui sont particulières aux oreillons.

Les parolidites proprement dites, que l'on peut confondre avec les oreillons , se rapportent à trois espèces principales :

1° Parotidite sporadique idiopathique; i2" parotidite secondaire; 3° parotidite dyscrasique.

La parotidite sporadique idiophathique, assez rare du reste, survient d'ordinaire à la suite d'un refroidissement : d'où le nom de parotidite rhumnstismale qui lui est donné quelquefois; elle se présente à l'état sporadique chez des malades qui ont été exposés à un froid très-vif, se limite en général à l'une des régions parotidiennes et ne donne lieu à aucun des autres symj)tômes des oreillons.

Dans la parotidite secondaire l'inflammation se propage par continuité de tissus de la muqueuse buccale au canal deStenon; c'est ce qui arrive, par exemple, dans certains cas de stomatite mercurielle. C'est là, du reste, une forme rare comme la précédente et facile à distinguer des oreillons ; l'absence d'épidémicité d'une part, les signes de stomatite d'autre part, ne peuvent pas laisser longtemps dans le doute quant à la nature véritable de l'affection.

La parotidite dyscrasique qui apparaît quelquefois à la suite des maladies générales graves: fièvre typhoïde, typhus, scarlatine, rougeole, choléra, etc., n'a de commun avec les oreillons que son siège anatomique. On trouve déjà dans Hippocrate les éléments d'un diagnostic différentiel : parotis epidemica benigna, laxa, alha, magna, fusa citra inflammalionem, dit le père de la médecine à propos des oreillons ; plus loin il caractérise ainsi les parotidiles consécutives aux fièvres graves : parotides rubiœ et niniium dolorosœ, sive participes, sive expertes inflammationis,periculosœ.

Confondre les oreillons avec les parotiditcs qui surviennent dans le cours ou au déclin des fièvres graves est, dit Trousseau, une grossière erreur.

« Entre les oreillons, maladie primitive, et la parotidite, maladie secondaire, il n'y a, dit M. Bouchut, qu'une grossière analogie de situation, et il y a une différence complète de nature qui sépare foncièrement ces deux maladies. Vouloir les confondre, ce serait faire ce qu'on a tenté dans, un autre genre lorsque quelques pathologistes ont voulu confondre la grippe avec la bronchite aiguë, le chancre avec l'inflammation ulcéreuse simple des tissus, etc — » (Bouchut, op. cit.fTp. 845).

Les parotidites dyscrasiques se terminent le plus souvent par suppuration ou par gangrène et elles présentent une grande gravité, ce qui suffirait à les distinguer des oreillon?.

352 OKEILLONS.

Les formes abortives des oreillons sont parfois d'un diagnostic assez délicat ; elles ont été plus d'une fois confondues avec d'autres affections.

Les formes abortives des oreillons peuvent passer inaperçues, et cependant il importe de prendre quelques précautions hygiéniques pour éloigner les complications; il importe, d'autre part, dans certains cas, de conseiller des mesures prophylactiques : l'attention sera donc éveillée par le moindre gonflement des parotides, par des douleurs dans les mouvements des mâchoires, surtout au moment de la mastication; par la sensibilité à la pression des régions parotidiennes, surtout si ces symptômes se présentent chez des enfants ou des adolescents.

L'orchite ourlienne survenant à la suite de parotides très-légères qui n'avaient pas attiré l'attention des malades, ou se produisant sans aucun gonflement des parotides, a été souvent confondue avec l'orchite vénérienne ; lors de l'épidémie du château de Brest en 1779 plusieurs militaires atteints d'orchites ourliennes furent envoyés à l'hôpital pour affections vénériennes; le même fait s'est reproduit dans plusieurs autres épidémies, alors qu'on ne connaissait pas la fréquence de l'orchite ourlienne chez l'adulte et qu'on hésitait à croire que les oreillons pussent se manifester uniquement par une orchite sans tuméfaction des régions parotidiennes.

L'orchite ourlienne a, du reste, en elle-même des caractères qui permettent de la distinguer de l'orchite blennorrhagique ; elle envahit surtout le testicule, tandis qu'à la suite de la blennorrhagie, c'est l'épididyme qui s'enflamme. Son évolution est très-rapide, elle se termine souvent par l'atrophie de la glande, tandis que l'épididymile blennorrhagique laisse plutôt à sa suite des indura tiens qui persistent parfois fort longtemps; enfin chez les malades atteints d'orchite ourlienne il n'y a pas d'écoulement uréthral.

L'orchite comme la parotidite peut survenir à la suite des fièvres graves, nous l'avons rencontrée quatre fois pour notre part à la suite de la fièvre typhoïde ; dans l'un de ces cas l'orchite supnuraet le testicule fut éliminé en grande partie p;(r l'ouverture de l'abcès, Velpeau avait déjà signalé ces orchites secondaires des fièvres (art. Orchite, Diction, en 30 vol.), qui sont aussi distinctes de l'orchite ourlienne que la parotidite dyscrasique l'est de la tuméfaction des régions parotidiennes qui caractérise les oreillons. Dans les cas d'orchites consécutives à la fièvre typhoïde que nous avons observés (celui qui s'est terminé par suppuration excepté), c'est l'épididyme qui était principalement enflammé, contrairement à ce qui arrive dans l'orchite ourlienne; chez les trois malades l'épididymile se produisit à la fin de la fièvre typhoïde, il n'existait pas trace de blennorrhagie.

Lorsque les oreillons se localisent dans les glandes sous-maxillaires et sublinguales, on peut croire à une adénite sous-maxillaire ou à une inflammation phlegmoneuse du plancher de la bouche. Dans l'adénite sous-maxillaire les ganglions lymphatiques forment des tumeurs multiples, non symétriques d'ordinaire, faciles à distinguer des glandes sous-maxillaires indurées. Le phlegmon du plancher de la bouche ou phlegmon sus-hyoïdien se termine le plus souvent par suppuration ; sous le nom d'angine de Ludwig, quelques auteurs allemands nous paraissent avoir confondu, d'une part, le phlegmon sus-hyoïdien, d'autre part, les oreillons sous-maxillaires.

Les accidents cérébraux qui accompagnent chez quelques malades l'apparition de l'orchite en ont imposé plus d'une fois à d'excellents observateurs qui

ont cru à l'existence d'une fièvre typhoïde, d'une scarlatine maligne ou d'une méningite. La tuméfaction d'un ou des deux testicules coïncidant avec l'amélioration de l'état général vient d'ordinaii"e éclairer le diagnostic. On comprend combien il importe dans ces cas de reconnaître de bonne heure qu'il s'agit des oreillons et non d'une fièvre typhoïde ou d'une méningite, une erreur de diagnostic pouvant entraùier les surprises les plus fâcheuses pour la réputation du médecin, en même temps qu'elle conduirait à instituer les médications les plus désastreuses pour le malade. C'est déjà beaucoup d'être sur ses gardes, de connaître la possibilité de ces troubles nerveux graves, avec élévation considérable de la température dans le cours des oreillons ; l'âge du sujet, l'épidémicité des oreillons, l'existence antérieure d'une tuméfaction même légère des régions parotidiennes et bientôt les douleurs et le gonflement d'un testicule, lèveront tous les doutes.

Pronostic. Les oreillons se terminent très-rarement par la mort; comme preuve à l'appui de cette assertion, il nous suffira de citer la statistique de l'armée française : Pour les années 18G2, 1865, 1864, 1865, la statistique indique 496 cas d'oieillons et pas un seul décès; pour les années i866, 1867, 1868, 1872, 1875, 1874, il n'y a non plus aucun décès par oreillons; la statistique de 1869 indique seule un décès par oreillons survenu en Algérie: ainsi, malgré la fréquence des petites épidémies d'oreillons dans nos garnisons, dans l'espace de 11 années il n'y a eu qu'un décès par cette cause !l est vrai de dire que la mort arrive toujours à la suite de complications qui absorbent complètement l'attention du médecin et que plusieurs décès dus en réalité aux oreillons figurent très-certainement dans les statistiques à la colonne des complications qui ont entraîné la mort et non à celle des oreillons; mais il est si rare de voir les oreillons se terminer par la mort, que l'on publie en général les faits de ce genre : or la liste des cas de mort à la suite d'oreillons qui ont été consignés dans la science n'est pas longue. Hamilton, dans la relation de l'épidémie d'Edimbourg (1761), mentionne des cas de mort par complications cérébrales. Trenel dit avoir vu mourir deux enfants atteints d'oreillons; Gullen parle vaguement de la possibilité d'une terminaison mortelle. Nous avons eu déjà l'occasion de parler des trois cas de mort rapportés par A. Cooper et par MM. L. Colin et Jacob. Dans le cas d'A. Cooper des accidents cérébraux entraînèrent la mort; dans les faits de MM. L. Colin et Jacob les malades succombèrent l'un à une néphrite interstitielle aiguë suivie d'urémie, l'autre à un œdème de la glotte.

La mortalité des oreillons est donc extrêmement faible, mais le pronostic d'une maladie ne se confond pas entièrement avec sa mortalité : les oreillons fourniraient au besoin une excellente preuve à l'appui de cette proposition, car une maladie qui peut avoir pour conséquence l'atrophie des testicules et l'impuissance ne saurait être regardée comme une affection légère, si faible d'ailleurs que soit sa mortalité. Nous avons vu que l'orchite ourlienne et l'atrophie testiculaire consécutive étaient aussi comnmnes chez l'adulte que rares chez l'enfant, aussi peut-on dire que le pronostic des oreillons est beaucoup moins grave chez l'enfant que chez l'homme adulte. Chez la femme le pronostic des oreillons est moins grave que chez l'homme adulte, l'ovarite est une complication assez rare, et il n'est pas démontré qu'elle puisse se] terminer par l'atrophie de J'ovaire, non plus que la mastite par atrophie de la glande mammaire.

DICT. ENC. V s. XVII. 25

Les oreillons laissent souvent à leur suite un état de faiblesse et d'anémie qui se dissipe lentement et qui peut prédisposer à d'autres atfections; dans les hôpitaux d'enfants, la rougeole, les oreillons et la diphtliérite se succèdent souvent chez les mêmes sujets en s'aggravant réciproquement.

En 1848, les oreillons régnaient dans la garnison de Paris en môme temps que le scorbut et la diphihérite, et dans plusieurs cas ils contribuèrent à amener la mort.

Anatomte pathologique. La faible mortalité des oreillons permet de comprendre pourquoi leur anatomie pathologique n'est pas encore bien connue.

D'après Yirchow, dans la parotidite idiopalhique (oreillons), comme dans la parotidite symptomatique, les canalicules glandulaires de la parotide seraient le siège de la maladie; la parotidite idiopalhique déiùverait d'un calarrhe simple des canalicules n'ayant aucune tendance à la suppuration, et la parotidite symptomatique d'une affection catarrhale de ces mêmes canalicules avec tendance marquée à la suppuration. Les recherches de Yirchow n'ont porté que sur des cas de parotidites symptomatiques, ce qui leur enlève beaucoup de leur intérêt. Les anatomo-pathologistes savent depuis longtemps (Comptes rendus de la Soc. anat., par Bérard. Revue médicale, 1830, t. II, p. 395) que dans les parotidites des fièvres graves on trouve du pus infiltré entre les acini de la glande qui se dessinent en rouge ou en rose sur un fond jaunâtre et que du pus se rencontre aussi dans les conduits glandulaires; il n'y a aucune conclusion à tirer delà pour Tanatomie pathologique des oreillons.

D'après Niemeyer, le gonllement est dû, sinon uniquement, du moins pour la plus grande part, à une exsudation séreuse [Traité de pathoL, t. H, p. 525); cette assertion n'est appuyée du reste d'aucun fait analomique précis.

Bamberger a constaté l'existence d'exsudats fibrineux, inflammatoires, dans le tissu conjonctif qui entoure les parotides et qui sépare les acini les uns des autres (Vogel, Traité des maladies de Venfance, 1872, p. 113).

M. le docteur Jacob a eu l'occasion de f;iire l'autopsie d'un malade qui avait succombé à un œdème de la glotte compliquant les oreillons; les parotides et les sous-maxillaires n'étaient pas notablement augmentées de volume ; leur tissu était resté blanc-rosé, mais ces glandes étaient plongées dans une atmosphère celluleuse, remplie d'une sérosité verdâtre, transparente, comme gélatineuse, qui ne s'écoulait pas sur la coupe; cette infiltration séreuse donnait aux tissus une consistance particulière, presque lardacée. L'examen histologique des glandes parotides et sous-maxillgires fait par Ranvier fournit, dans ce cas, les résultats suivants : les glandes salivaires ne présentaient pas trace d'inflammation, non plus que les petits ganglions lymphatiques situés au voisinage de la parotide ; nulle part il n'y avait de prolifération celluleuse et l'épithélium des conduits salivaires avait conservé son aspect normal. Il n'y avait même pas d'œdème dans le tissu conjonctif interacineux ; toute la lésion était bornée à l'œdème périparotidien, puis è l'œdème de la glotte qui manifestement avait entraîné la mort (Jacob, op. cit., ïnRec. mém. méd. mil., 1875, p. 563). Nous ne reproduisons pas les détails de cette autopsie relatifs à l'œdème de la glotte et aux altérations consécutives : congestion pulmonaire, etc.

Bien que dans ce cas le tissu glandulaire n'ait pas paru altéré, nous n'en persistons pas moins à croire que les oreillons siègent dans les glandes parotides elles-mêmes : la localisation exacte de la tuméfaction aux régions occupées par

ces glandes et par les glandes sous-niaxillaires, la tendance des oreillons à envahir d'autres tissus glandulaires : testicules, mamelles, ovaires, sont des preuves irrécusables du rôle important joué par les glandes elles-mêmes; il est du reste impossible d'isoler les altérations du tissu périglandulaire de celles des glandes proprement dites. Le tissu conjonctif qui entoure les organes et qui leur sert de charpente vit de la vie de ces organes, et de ce qu'une altération siège plus particulièrement dans le tissu conjonctif, il n'est pas possible de conclure que la glande elle-même n'a rien à voir avec le processus pathologique ; il est démontré au contraire que dans tous les organes glandulaires l'inflammation atteint plus spécialement et souvent d'une manière exclusive la gangue de tissu conjonctif. On n'a jamais songé à refuser le nom de néphrite ou d'hépatite à l'inflammation du tissu conjonctif du rein ou du foie.

Nous croyons inutile de discuter longuement l'opinion qui place dans les ganglions lymphatiques du cou le siège anatomique des oreillons, et qui prétend faire de cette maladie si nettement contagieuse et spécifique une simple adénite cervicale. La tuméfaction des régions parotidionnes qui caractérise les oreillons, et sur les cai'actères de laquelle nous ne reviendrons pas, ne ressemble guère aux tumeurs formées par les ganglions lymphatiques cervicaux enflammés, tumeurs qui sont d'ordinaire asymétriques, non limitées aux régions parotidiennes, qui laissent percevoir au toucher une série de petites tumeurs agglomérées et qui se terminent par suppuration ou par le passage à l'état chronique. Est-il besoin de faire remarquer que l'adénite cervicale n'évolue jamais avec la régularité des oreillons et qu'elle ne se complique jamais d'orchile, ni de maslite. Dans l'autopsie faite par M. le docteur Jacob les ganglions lymphatiques des régions parotidiennes n'étaient pas malades.

En résumé, l'aualomie pathologique des oreillons est encore à faire, mais on peut dire, dès aujourd'hui, en s'appuyant sur la symptomatologie des oreillons, sur la tendance de la maladie à envahir d'autres tissus glandulaires, que les tuméfactions parotidiennes et sous-maxillaires des oreillons se développent aux dépens des glandes salivaires et du tissu cellulaire ambiant et que ces tuméfactions sont constituées bien plutôt par une infiltration oedémateuse des tissus que par une inflammation véritable.

M. Reclus, qui a eu l'occasion d'examiner un testicule atrophié à la suite d'une orchite ourlienne, décrit ainsi qu'il suit les altérations de la glande : le testicule est mou, flasque; l'albuginée, trop large pour son contenu, se plisse à la surface; la substance glandulaire est anémiée, opaline, d'un blanc laiteux; la surface de section est lisse, les tubes séminitères ne s'y dessinent que vaguement, on peut encore les dérouler, mais ils sont si grêles qu'ils ne tardent pas à se rompre. L'examen histologique fait par M. Malassez a donné dans ce cas les résultats suivants : le tissu conjonctif intercanaliculaire n'est pas épaissi, les vaisseaux ne sont pas altérés ; les tubes séminifères sont diminués de volume, leur diamètre total (paroi et cavité) mesure 60 à 120 p au lieu de 150 à 200 a, la paroi externe des tubes est intacte, mais la tunique interne est notablement épaissie; l'épithélium a disparu et les tubes séminifères sont transformés en cordons pleins, sur bon nombre de points on distingue au centre de ces tubes des débris épithéliaux. D'après M. Reclus il s'agirait d'une sclérose parenchymaterne du testicule.

M. Rigal, dans ses recherches expérimentales sur l'atrophie du testicule consécutive aux contusions de cet organe [Arch. de physioL, 1879, p. 155), a vu

au contraire que chez les animaux en expérience il se produisait d'abord une sclérose interstitielle du testicule et consécutivement une atrophie de l'épithélium des tubes urinifères ; ces tubes s'oblitèrent complètement au bout d'un certain temps, et ils tendent à disparaître. 11 y aurait donc une grande différence entre l'atrophie ourlienne et l'atrophie traumatique du testicule, mais il serait prématuré de conclure; de nouvelles recherches sont nécessaires.

Traitement. Prophylaxie. Dans la plupart des cas d'oreillons on peut se dispenser de toute médication active; il suffit de prescrire le repos, et la diète, s'il y a un mouvement fébrile ; les malades ne doivent pas s'exposer à des refroidissements qui pourraient provoquer l'œdème de la glotte, comme chez le malade de M. Jacob, la néphrite ou telle autre complication inflammatoire. Si les régions parotidienncs sont tendues, douloureuses, on prescrira des onctions locales avec les huiles d'olive, de camomille, opiacées, ou avec le baume tranquille (Rilliet). Des émissions sanguines locales ne sont indiquées que dans les cas où des accidents de suffocation se produisent.

Lorsqu'il existe une forte congestion de la lace et de la céphalalgie, les pédiluves sinapisés sont utiles; ils soulagent les malades en modérant la fluxion vers les parties supérieures.

L'acuité des douleurs force quelquefois à recourir aux calmants à l'intérieur (Rilliet), on pourra prescrire aux adultes une potion opiacée ou du sirop de morphine. Dans le traitement des oreillons des enfants on s'abstiendra des opiacés, qui sont mal supportés, comme on sait, à cet âge, et qui sont d'un emploi délicat, sinon dangereux; les oreillons sont du reste moins douloureux chez l'enfant que chez l'adulte.

Hufeland et Ileyfelder ont beaucoup vanté l'emploi des vomitifs dans le traitement des oreillons. Le traitement dit de Neumann consistait en l'administration d'un émétique et l'application sur la tumeur d'un emplâtre composé de huit parties d'onguent mercuriel et d'une partie d'hydriodate de potasse. On n'infligera l'ennui d'un vomitif aux malades que lorsqu'ils présenteront des signes bien nets d'embarras gastrique.

Hamilton, dans le but de prévenir les métastases, appliquait un vésicatoire volant sur chaque oreillon; il déclare n'avoir jamais vu le déplacement du mal dans le cas où il avait eu recours à celte pratique. Si l'orchite était produite réellement par une métastase, on pourrait espérer de détourner le mal à l'aide des révulsifs comme le conseille Hamilton, mais nous avons montré déjà que l'orchite était un symptôme des oreillons au même titre que la tuméfaction des régions parotidienncs et nous croyons que l'application de vésicatoires sur les parotides n'empêcherait nullement la production des orchites; il serait important de savoir quel était l'âge des malades d'Hamilton; s'il s'agissait d'enfants ou de jeunes gens, il n'est pas étonnant qu'on ait réussi à prévenir une complication qui ne s'observe guère que chez l'adulte.

Chez l'enfant, qui est très-peu sujet aux orchites, il n'y a aucune précaution à prendre pour prévenir cette complication ; il n'en est pas de même chez l'adulte, auquel il faudra conseiller le repos dès le début des oreillons; les individus qui sont astreints à des occupations fatigantes et qui continuent à s'y livrer après l'apparition des oreillons sont plus sujets que les autres aux orchites, et les tuméfactions des testicules acquièrent souvent chez eux un volume très-considérable. Dès que le testicule devient douloureux il faut prescrire le repos uu lit, la diète et un purgatif, un ou deux verres d'eau de sediitz, par exemple.

MM. Czernicky {Gaz. hebdom., 1875, p. 214) et Émery-Desbrousses (même Recueil, 1875, p. 280) ont préconisé l'emploi du jaborandi dans le traitement de l'orchite ourlienne; M. Émery-Desbrousses a administré à un malade quatre jours après le début de l'orchite une infusion de 2 grammes de feuilles fraîches de jaborandi dans 500 grammes d'eau; dès le lendemain, c'est-à-dire le cinquième jour après le début, l'orchite était en voie de résolution; l'observation de M. Czernicky est analogue à la précédente. Lorsqu'on a étudié avec soin la marche normale de l'orchite ourlienne on n'est pas convaincu de l'efficacité du jaborandi par la lecture de ces observations; la résolution se produit d'ordinaire spontanément du quatrième au cinquième jour, alors môme que l'orchite s'est présentée avec un appareil symptomatique très-grave en apparence et très-alarmant, ainsi que nous en avons cité plus haut des exemples. 11 n'y a aucun motif de préférer le jaborandi aux autres moyens déplétifs, tels que les purgatifs, qui sont d'un emploi plus commode. On a allégué qu'il importait de rappeler la fluxion sur les glandes parotides afin d'entraver la métastase sur les testicules ; encore une fois ce sont là des hypothèses surannées, des mots creux et vides.

Lorsque l'orchite est très-douloureuse il faut relever les bourses sur la paroi antérieure de l'abdomen et appliquer des cataplasmes laudanisés avec une couche de pommade mercurielle ; quand la douleur est modérée, une couche d'ouate et un suspensoir bien appliqué suffisent.

Les accidents généraux qui accompagnent ou précèdent chez quelques malades l'apparition de l'orchite, et qui consistent en une fièvre vive avec état typhoïde ou méningitique, ne nécessitent pas en général une intervention thérapeutique active; ils disparaissent spontanément au bout de quelques jours, lorsque la tuméfaction du testicule est arrivée à son summum ou bien lorsque l'orchite est déjà en voie de résolution; si ces accidents prenaient une gravité exceptionnelle, il faudrait instituer une médication capable de combattre les symptômes prédominants; contre l'adynamie, la prostration, l'algidité, on prescrirait les révulsifs, les excitants diffusibles, etc.

Dans les cas très-rares, où l'oreillon se termine par suppuration, il faut ouvrir l'abcès, mais on ne saurait être trop réservé dans l'emploi du bistouri, on se rappellera que des oreillons très-volumineux peuvent donner la sensation d'une fausse fluctuation.

Les engorgements mammaires qui surviennent chez la femme à la suite des oreillons se terminent le plus souvent par résolution ; de même pour les ovarites ; lorsque la menstruation est troublée à la suite des oreillons il faut chercher à la régulariser.

Nous n'avons pas à nous occuper ici du traitement des accidents rares tels que : œdème de la glotte, albuminurie, etc. Ce traitement ne présente rien de spécial aux oreillons.

Dans les cas d'atrophie du testicule. Grisolle conseille la stimulation de la partie malade, les frictions avec le baume de Fioraventi ou le Uniment térébenthine; les vésicatoires volants sur le cordon, les cautérisations ponctuées; enfin, l'électricité; il faut employer, dit-il, des courants modérés, rares, intermittaits, sans quoi on s'exposerait à provoquer des névralgies internes et très-rebelles (Grisolle, loc. cit.). L'hydrothérapie sous forme de douches périnéales et les courants continus pourraient peut-être donner de bons résultats.

Dans les cas oii, à la suite des oreillons, il reste de la fatigue, de l'anémie, il faut prescrire les toniques et les ferrugineux.

Nous avons vu que les oreillons étaient essentiellement contagieux, nous devons donc nous demander s'il y a des mesures à prendre pour prévenir l'extension des épidémies d'oreillons ; lorsque les oreillons régnent dans un collège ou une pension, faut-il isoler les malades, les séquestrer comme s'il s'agissait de la variole ou de la rougeole? Nous ne le pensons pas; nous croyons au contraire qu'il est avantageux que les enfants, surtout les garçons, aient les oreillons de bonne heure; la maladie ne ()résente chez eux aucune gravité, elle ne les expose pas aux localisations sur les organes génitaux et elle les met à l'abri d'une nouvelle atteinte. La séquestration des malades présenterait du reste de grands inconvénients, car, pour une maladie très-légère et qui le plus souvent ne nécessite pas l'alitement, il faudrait isoler les enfants pendant plusieurs semaines.

Les mesures prophylactiques ne sont indiquées chez les enfants que dans ■des cas particuliers : lorsque l'état général est mauvais, lorsqu'il existe d'autres maladies, il n'est pas indifférent de voir les oreillons venir accroître les souffrances, la fièvre, l'anémie et la faiblesse générale. C'est ainsi que dans les hôpitaux d'enfants il sera sage d'isoler les malades atteints d'oreillons. Avec l'organisation actuelle de nos hôpitaux d'enfants, il n'est pas rare de voir les pauvies petits malades entrés à l'hôpital pour une affection légère prendre successivement toutes les maladies contagieuses dont les germes sont en permanence dans ce milieu.

Si chez des enfants bien constitués, bien portants, il n'y a pas d'inconvénient à laisser se développer les oreillons, il n'en est plus de même chez les adultes. La maladie est chez eux plus grave, plus douloureuse, et surtout elle peut se terminer chez l'homme par l'atrophie d'un ou des deux testicules : nous croyons donc qu'il y a lieu de prendre des mesures pour empêcher l'extension des épidémies d'oreillons lorsqu'elles éclatent dans une agglomération d'hommes, dans un régiment, par exemple. Les militaires atteints d'oreillons devraient être envoyés immédiatement à l'hôpital et placés dans des salles spéciales ; on éviterait ainsi de voir les oreillons donner lieu à 100 cas et plus dans un même régiment. Nous espérons qu'on finira par isoler convenablement dans les hôpitaux tous les malades atteints de maladies contagieuses. Si des mesures n'ont pas encore été prises à ce sujet, il faut bien avouer que les médecins en sont quelque peu responsables ; les administrations hospitalières placées entre des médecins contagionistes et des médecins anticontagionistes se rangeront toujoui's à l'avis le plus facile à suivre, qui est de ne rien faire. Une fois que les médecins seront d'accord, le far niente administratif n'aura plus d'excuse et on en aura vite raison.

Natdre de la maladie. Nous avons vu que les oreillons étaient contagieux, qu'ils constituaient une maladie générale, spécifique, caractérisée par des localisations sur le système glandulaire, et non une maladie locale à frigore ; la question de wafMre des oreillons se trouve donc presque résolue après l'étude que nous avons faite de leur étiologie, de leur marche et de leurs symptômes, et il nous est facile de rechercher maintenant de quel groupe morbide on peut les rapprocher.

Nous croyons inutile de revenir sur l'opinion des auteurs qui ne veulent voir dans les oreillons qu'une maladie locale à frigore, opinion défendue encore par Béhier ; le fait seul de la contagion suffit à établir la spécificité des oreillons ;

l'existence d'une période d'incubation, la non-récidive, répidémicité, les localisations sur des parties, comme les testicules et les ovaires, qui ne sont nullement exposées aux refroidissements, démontrent surabondamment l'inanité de cette opinion.

Quelques auteurs parmi lesquels nous citerons : Groffier, Ressiguier et Boyer, ont considéré les oreillons comme une des formes de l'affection catarrhale. J. Frank définit les oreillons : « Une fièvre rhumatismale attaquant tour à tour toutes les parties du système des glandes conglomérées » {op. cit., p. 56). Nous n'avons jamais compris pour notre part ce que l'École de Montpellier entendait par l'affection catarrhale, nous connaissons bien le catarrhe qui est la forme banale de l'inflammation des muqueuses, mais nous n'avons jamais observé ni la fièvre catarrhale ni la diathèse catarrhale, et nous pensons que placer une maladie parmi les formes de Y affection catarrhale, c'est se payer de mots; nous aimons mieux ceux qui disent sans ambages que les oreillons sont une maladie locale à frigore, on peut au moins discuter leur opinion en connaissance de cause, tandis que l'affection catarrhale est un fantôme insaisissable.

La définition de Frank serait bonne, si on en retranchait l'épithètc rhumatismale qui n'a rien à voir avec les oreillons : qu'est-ce que le rhumatisme, cette maladie diathésique qui se localise sur les séreuses, qui récidive fréquemment, qui est héréditaire et non contagieuse, a de commun avec les oreillons, maladie aiguë, contagieuse, ne récidivant presque jamais et se localisant sur les tissus glandulaires?

Depuis longtemps les observateurs ont été frappés des analogies qui existent entre les oreillons et les fièvres éruptives. En 1782 J. Pratolongo, qui observait une épidémie d'oreillons à Gènes, écrivait à Borsieri, alors professeur à Pavie : « La seule maladie que l'on puisse regarder comme épidémique à Gênes en ce moment est celle que nous appelons les oreillons; outre la tuméfaction des parotides on a vu chez quelques malades les testicules se tuméfier aussi avec une fièvre véhémente ; chez d'autres, ce gonflement des parotides était suivi d'une anasarqiie qui survient parfois après la scarlatine, avec une grande difficulté de respirer et une fièvre aiguë. Croyez-vous qu'on puisse mettre cette maladie au rang des éruptives ? » (Ozanara, op. cit.)

« Une maladie qui est tantôt sporadique, tantôt épidémique, qui est contagieuse, dont on est préservé une fois qu'on en a été atteint, qui est sujette à des métastases, qui se développe de préférence à l'âge où les maladies éruptives sont fréquentes, une telle maladie, disons-nous, ne saurait être considérée comme étant simplement locale: c'est une affection qui a sa spécificité et qui doit être rangée parmi les maladies générales » (Rilliet et Barthez, Traité des malad. des enfants, t. Il, p. 614). Rilliet, n'ayant pas trouvé d'éruption à la face interne des joues chez les malades atteints d'oreillons, rapprochait les oreillons du groupe des fièvres éruptives sans les y faire rentrer positivement.

« Les oreillons, dit Trousseau, sont une maladie spécifique que l'on peut à beaucoup d'égards ranger dans les fièvres éruptives où, à l'exemple de beaucoup d'auteurs, je la place en effet. Spécifique comme elles, comme elles activement contagieuse, elle frappe ordinairement la jeunesse » (Trousseau, Clinique, 5'édit., t.I, p. 194).

M. Guéneau de Mussy rapproche encore davantage les oreillons des fièvres éruptives : « Si mes observations personnelles ne m'ont pas fait illusion, dit-il

o60 OREILLONS.

[Gaz. hebdom., 1868, p. 651), ce rapprochement de\'iendrait plus étroit encore par l'existence d'un état congestif avec tuméfaction de la muqueuse buccale plus accusée vers les dernières molaires, vers la face interne des joues autour de l'orifice du canal de Stenon, dans la partie antérieure de la voûte palatine, et qui m'a paru constituer un véritable exanthème et être sur le système tégumentuire la manifestation de cette maladie. »

M. L. Colin, après avoir fait ressortir les analogies des oreillons et des fièvres cruptives {Union médicale, 1876), écrit : « Cependant il ne nous paraîtrait pas rationnel de tirer de semblables analogies une conséquence exagérée en transformant les similitudes en identités et en considérant les oreillons comme le résultat de l'influence patliogénique qui produit soit la rougeole, soit toute auti^e fièvre éruplive. » Et plus haut : « C'est beaucoup plus par leurs conditions épidémiologiqiies que par leurs allures et leurs incidents cliniques que les oreillons se rapprochent des fièvres éruptives. »

Les oreillons présentent sans contredit de nombreuses analogies avec les fièvres éruptives, et c'est évidemment de ce groupe nosologique qu'ils se rapprochent le plus, mais ils ne sont la manifestation larvée d'aucune des fièvres éruptives; ils ne se rattachent ni à la rougeole comme la bronchite capillaire cpidémique, ni à la scarlatine comme la méningite cérébro-spinale, encore moins à la variole; lein- histoire suffirait à le démontrer: les fièvres éruptives n'ont pris de l'extension en Europe qu'au sixième siècle de notre ère, tandis que les oreillons régnaient déjà en Grèce au temps d'Hippocrate; comme d'autre part les oreillons ne s'accompagnent ni d'exanthème, ni d'énanthème, au moins dans la majorité des cas, on n'est pas autoiisé, ce nous semble, à les mettre au rang des fièvres éruptives ; ce qui est exact, c'est qu'il s'agit d'une maladie générale spécifique, contagieuse, et non d'une maladie locale de cause banale comme l'ont soutenu quelques observateurs.

M. le docteur Sallaud ayant observé des épidémies simultanées d'oreillons et de fièvre typhoïde a tenté entre ces deux maladies un rapprochement que rien ne justifie en dehors de cette coïncidence fortuite. 11 va sans dire que l'état typhoïde qu'on rencontre parfois dans le cours des oreillons n'a rien de commun avec la fièvre typhoïde ; l'état typhoïde est, comme on sait, un syndrome clinique sans signification au point de vue de la nature des maladies dans le cours desquelles il se montre. Les oreillons ne donnent pas l'immunité pour la fièvre typhoïde, non plus que la fièvre typhoïde pour les oreillons, les faits cités par M. Sallaud lui-même le démontrent.

En résumé, on peut définir les oreillons : une maladie aiguë, ge'ne'rale, contagieuse et spécifique, analogue aux fièvres éruptives: caractérisée par des localisations sur le système glandidaire et en particulier sur les glandes salivaires, les testicules et les mamelles. La nature des oreillons n'est pas plus mystérieuse que celle des fièvres éruptives, de la fièvre typhoïde ou de la coqueluche; il n'est pas plus difficile de comprendre les localisations sur le système glandulaire que celles qui se font sur la peau et sur les muqueuses. La nature du coiitage qui produit les oreillons, du miasme ourlien, est à la vérité encore inconnue, mais nous ignorons de même la nature des agents qui propagent la variole, la rougeole, la scarlatine, la coqueluche, etc.

MM. Capitan et Charrin disent avoir trouvé dans le sang et dans la salive de plusieurs malades atteints d'oreillons des microbes sphériques ou allongés en bâtonnets mobiles (Société de biologie, séance du 28 mai 1881). Ces microbes

OREILLONS (niBLiOGRAPiiiE). 561

ne paraissent pas différer sensiblement de ceux qui existent à l'état normal dans la salive et qui se développent très-rapidement dans le sang extrait des vaisseaux. Les microbes décrits par MM. Capitan et Charrin n'ayant pas de caractères morphologiques nettement spécifiques, on ne pourra leur octroyer le nom de microbes des oreillons que quand on sera parvenu à reproduire les oreillons en inoculant ces microbes.

Dans l'état actuel de la science, nous devons forcément nous contenter de définitions incomplètes pour la plupart des maladies ; c'est déjà quelque chose que d'avoir assigné à une maladie une place déterminée dans le cadre nosologique en se basant sur ses caractères étiologiques et symptomatiques et sar les différences ou les analogies qu'elle présente avec les autres espèces morbides, ainsi que nous espéi'ons l'avoir fait pour les oreillons. A. Laveran.

Bibliographie. — Hippocrate. Epid., lib. I, trad. de Dai'emberg, 1844, p. 239. — Galiex. De compos. med. secund. loc, lib. III, cap. ii. — Celsus. De re medica, lib. YI, cap. xvi. — Aetius. Telrabibl., II. Serm. II, cap. lxxxix. — Paolus. De re medica, lib. III. cap. xxiii. — Oribase. De loc. affect. cur., lib. IV, cap. xliv. — Tkai.les. De artc medica, bb. 111, cap. vu — AcTUARius. Melhod. med., lib. YI, cap. tu. — Gaspari. Épid.de 1714 en Italie, cité par Ozaiiam. — BiNET. Observât, sur une malad. cpid. des glandes du cou observée en 1741 à Carcre, petite ville sur la Garonne. In Hist. et Méin. de l'Acad. royale de Toulouse, t. 1, p. 86. — TargioniTozïetti. Prima raccoUa d'osservazioni mediche, p. 170- — Laghi (Th.). De bon. Scient, et art. Inst. atque Acad., t. V, p. 1, inter opuscula, p. 117. — Russel. JEconomia naturce in morbis acutis et chronicis glandularum. Lond., 1755, p. 114. — Ruchard. Maladie particulière des glandes endémique à BeJle-lsle-en-mer. In Juiirn. d: méd., 1757, t. Yll, p. 379. — GoocH (B.). Cases and Praclical Remarks on Surgery. Lond., 1758. — LiEUTAUD.iS(/'io/?s. univ. prax. med., t. II, Sect. 2, p. 300, Éd. Batav., 1777. — Du mêjie. Précis de 7ned. prat.. 2" éd., Paris, 1701, p. 470. — Hamilton. Transact. of the R. Society of Edinburgh, § 2, et Lond. Med- Journ., t. IX, p. 190. — Sauvages. Nosologie, t. I, p. 668. — Russel. Acon. nat., p. 114. — Mangor. Hist. cynanches parotidœ Viburgi épid. Ml'l. In Acta reg. Soc. med. Ilauniensis, t. XI, p. 165, Hauniœ, 1791. — Dionis. Cours d'opérations dechirurgie. Paris, 1773, p. 658. — Lepecq de la Clôture. Observ. sur les malad. epid. Paris, 1776. — Borsieri. Inst. med. pract. Lipsiœ, 1787, t. III, p. 328. — J. Pratolongo cité par Boesieri. — Vogel. Prœlect. de cognosc. et curandis prœeip. corporis humani affect. Lausanne, 1789, pars prima, p. 145. — Warnekros. In Hufeland's Journ. der prakt. Heilk., t. L, p. 104. — Wiepemann. In Rtist's Magaz. f. der gesammle Heilk., t. XVII, p. 137. — Wich.maxk. Biblioth. german., t. II, p. 29. — Yogel (Sam. Th.). Manuale praxeos med., 1790, t. IV. — Pexada (J.). Saggio d'osservazion,e\.c... Padova, 1793. — IIévin. Cours de patli. et de tkérap. dur., 0" édit. l'aris, 1795, t. 1, p. 78. — Jacobi. Dissert, de ang. parolidea. Gôt'ing., 1795. — Schaeffer. In Hufeland's Journ. der prakt. Heilk., t. YIII, p. 61. — IIopff. Dissert, de ang. paroi. Gotiing., 1799. — PAt<zA^•I. Beschr. der Krank. welcke im Jahre 1786 in Istrien geherr.<icht haben. Lûbben, 1801. — Brenxëcke. Dissert. ang. parât. Ilelmst., 1801. — Pickel. Dissert, de ang.parot. Wurtz., 1801. — Murât. La glande parotide considérée sous ses rapports anal , physiol. et palh. Paris, 1803. — Groffier. Remarques sur les ajfeclions catarrhales connues sous le nom de parotides simples et vulgairement appele'es Ourles. In Ann. de la Soc. de méd. prat. de Montpellier rédigées par Baumes, t. VIII, 1806. — Sauce- ROTTE. Mélanges de chirurgie, t. II, p. 307. — Bourge-s. Observât, sur une affection des testicules suite des fièvres catarrhales. In Journ. de Séd'dlot, 1808, t. XXXI, p. 54. — Charry. Tbèse Montpellier, 1810. — Desgenettes. Journ. de méd. continué, 1810, p. 446. — HiLDENBBAND. lusl. pract. mcd., t. III, p. 128. — Chotard. Journ. de Sédïllot, 1812, t. XLlll, p. 108. — TiiEisEi.. Thèse de Strasbourg, 1812. — Pinel. JSosogr., t. II, p. 376, 3= édit., 1818 — C('LLE.\. Éléments de méd. prat., trad. de De Lens, 1819, t. I, p. 570. — Murât. Art. Ur,£iLL0>s du Diction, des se. méd. en 60 vol., 1819. — Hamersleï. In New York Med. Repository, July 1822, p. 413. — Huppertz. De parotide. Berolini, 1823. — Yalentin. Journ. gén. de méd., janv., 1822. — Neumann. Hydriodate de potasse dans le traitement des oreillons. In Rust's Magaz., 1826, et Arch. gén. de méd., 1'^ série, t. XVII, p. 607. —Noble. Eistonj of an Epidemy of Cynanche parolidea . In Med. and Surg. Journ., t. IV. — Drûffel. In Honi's Arch. f. med. Erfahr.. 1827, p. 1023. — Tourtelles. Des oreillons. Tbèse de Paris, 1828. — Cruveilhier. Revue médicale, 1830. — Observations d'oreillons avec orchite métast. Service de Chomel, Lancette française, 1831. — Dogny. Épidémie d'oreillons observée à Mont-Louis {Transact. med. Journ. de méd. prat., 1831, t. III, p. 26, et Rec.

362 OREILLONS (bibliographie).

mém. mcd. mllit., 1831). — Ozanam. Histoire des maladies cpid., 1835, t. II, p. 313. — Épide'mie de Châteauroux {Observ. de l'indj-e et Gazelle des hôpit., 19 janv. 1835). — Roche. Art. Oreillons du Dict. de méd. et de chir. 2^rali(jites, 1834. — LouyER-YiLLEiuiAY. Journ. des Connaiss. méd. pratiques, 1855. — Velpeau. Art. Orchite du Diclion. en 50 vol., t. XXIX, p. 408. — CiioMEL. Oreillons avec état typhoïde {Gaz. des hôp., 15 dcc. 1836). — GiNTRAC. Communie, à la Soc. méd. de Bordeaux, journ. de mc'd.prat. de Bordeaux et Gaz. des hôp., 1859, p. 85. — A. Cooper. OBwvres chirurg. complètes, traduites par Chassaignac et Richelot. Bruxelles, 1855, p. 554. ■ — Bertrakd (J. M.). De l'oreillon, cas rare de mort subite. Thèse de Paris, 1859. — Rochoux. Art. Oreu-lons du Dictionn. de méd. Paris, 1840, t. XXII. — J. Frank. Palhol. méd., t. V, p. 32. Paris, 1840. — J. P. Frank. Epitome de curand. hom. tncrbis, t. II, p. 108. — AYarix. De Voreillon. Thèse do Paris, 1841. — Eisen- MANN. Die Familie Jiheuma. Erlanger), 1841. — Ti.ousseau. De la nature contagieuse des oreillons {Gaz. des hôp., 1845, p. 405). — Rossignoly. Journ. de méd., t. LXIII, p. 188. — Glo5. Des parotides. Thèse de Paris, 1845. — Gravis et Stié-venart. Journ. de chir., juin 1845, et Bullet. de lhérap.,t. XXIX, p. 145. — ]\ovbxvv. Orchite parenchymafcuse mdtaslatigue des oreillons {i'?tion méd.,iSil]. — Crevoisier d'Hukbache. Desoreillons idiopathiques. Thèse de Stra shourg-, 1847. — L. Laveran. Considérations sur le scorbut. Trav. de la Soc. des se. méd. de la Moselle. Melz, 1848. — Lariiey (H.). Union méd.. 24 sept. 1850. — Loms. Art. ORErLLONS. In Encyclop ou Diction, raisonne des se. — Ressiguier. Histoire d'une épid. d'oreillons quia régné à Montpellier en 1848. Montpellier, 1850. — Rilliet. Mémoire sur l'épidémie de Genève [Gaz. méd., 1850). — Thierry de Maugras. Thèse de Montpellier, 1851. — Spire. Orc/tt7e mclaslatiqiic des oreillons. Thèse de Paris, 1851. — Jobert (de Lamballe). OrciUon suivi d'orchite [Gaz. des hôp., 1855, p. 50). — Bouchut. Des oreillons [Gaz. des hôp., 1855, p. 200). — Carlieb. Obsei'v. de métastases des oreillons sur les testicules (Gaz. des hôp., 1854, p. 115). — Cornac. Épidétnie d'oreillons (Gaz. des hôp., 1854, p. 96). — Benoit. Observ. de métastase des oreillons sur le testic. [Gaz. des hôp., 1854, p. 74). — TnoMSON. Épid. de la ISouv. Zélande. In Brit. and For Med.-Chir. Bew., avril 1855. — Trousseau. Arch. gén. de méd., 1854, et Clin. mcd. de l'Hôtel-Dieu, t. I, p. 194. — Li'dwig. Advers. med.pract., t. III, p. 545. —Lynch. Dublin Quarterl. Journ., 185G. — Clrung. Malad. du testicule, trad. de Gosselin, 1857, p. 74 et 289. — Tholozan. Des métastases. Thèse d*agrcg-ation, 1857. — Vekneuil. Vaginalite mélastatique [Arch. gén. de méd., 1857, t. X, 5° séine). — Monneret. Pathol. gén., 1857, t. II, p. 229. — Virchuw. Annales de la Charité, 1858. — Dechaiuere. Ëjndémie d'oreillons {Gaz. hebdom., 1859, p. 227). — Du même. Epid. d'orchites (même, rec., 1F59, p. 610). — Billoir. De l'oreillon survenant dans l'orchile blennorrhagique [Gaz. hebdom., 1859, p. 017). — Bruns. Handb. der prakt. Chir.jlnbingue, 1859. — Morehead. Clinic Besearch.,eic., 1860, p. 199. — Desbarreaux-Bernard. Epid. d'orchite catarrhale observée pendant le mois de février 1859 à l'hôtel-Dieu de Toidouse [Journal de médecine de Toulouse, août 1860). — Rilliet et Barthez. Traité des maladies des enfants, 1861, t. II, p. 609. — Dangaix. Relation médicale de deux voyages d'émigration de Vhide aux Antilles françaises en 1858, 1859 et 1860. Thèse de Paris, 1860. — YiDAL (de Cassis). Pathologie externe, 1801, t. III, p. 6G3. — F. Barrier. Maladies de l'enfance, 1861, t. II, p. 174. — WoiLLEZ. Dictionnaire de diagnostic médic. Paris, 1862, art. Oreillons, p. 620. — Hirscu. Handb. der historisch-geograph. Palhol., t. Il, p. 182. — H. Roger. Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 1863. — Malfilatre. De la parotidite aiguë. Thèse de Paris, 1864, n°37. — L. Colin. Études cliniques de méd. milit., Paris, 1864. — RizET. Note sur une éjndémie d'oreillons quia régné à Arras en 1864 [Bullet. méd. du nord de la France, décembre 1865, Gaz. des hôp., 1866, p. 78, et Arch. gén. de méd., 1866). — Bergeron. Bapjwrt gén. sur les épid. qui ont régné en France en 1865. — BoYER. Leçons sur V orchite. In Montpellier méd., 18C6, t. XVI, p. 126. — Grisolle. De l'atrophie des testicides consécidive aux oreillons [Gaz. des hôp., 1866, p. 56). — Du même. Traité de Pathologie interne, art. Oreillo.ns. — Bodgard. De l'oreillon. In Journ. de méd. de Bruxelles, 1866. — Bouteillier. Des oreillons et de leurs métastases chez la femme. Thèse de Paris, 1866. — Meynet. Observ. d'oreillons suivis de tnétastase sur les ovaires (Gaz. méd. de Lyon, 1860). — ^YIDAL. Études sur diverses petites épid., etc. In Bec. mém. mcd. milit., 1866. — Jarjavay. Orchite épidémique [Journ. de méd. et de chir. prat., 1866). — PiRioux. Éind. dans le golfe du Mexique, 1866-1867. Bapport de fin de campagne, 1867. — Barnier. Béforme médicale, 1867, p. 78. — Dupbé. Leç. de clin, mcd., janv. 1867. — BoDCHUT. Traité des malad. des enfants, h' édit., 1867, p. 840. — Malabouche. Etude sur la maladie désignée généralement sous le nom d'oreillons. Thèse de Montpellier, 1867. — Emond. Gaz. des hôp., 26 sept. 1867. — Combeau. Des oreillons considérés comme maladie générale et de l'atrophie consécutive à l'orchite épidémique. Thèse de Paris, 1867, n" 187. — Fournier. Oreillon avec manifestation vulvaire. InCourrier méd., 1867, p. 223. — Guéneau de Mussy. Du phlegmon parotidien [Gaz. hebdom., 1868, et Clinique médicale, t. II, p. 2). — Peter. Parotides, thrombus et métastase [Gaz. des hôp., 1868, p. 146). — Sallaud.

OREILLONS (bibliographie). 565

Des oreillom, de leur nature, de leur soi-disant métastase. Thèse de Montpellier. 1808. — Michel. Des oreillons, leur terminaison par mctaslasc. Thèse de Paris, 18G8, n" 228. — HuiLLiET. In Arcli. de nir'd. navale, 1868. — Renard. Lettre publiée dans l'Union mêd., 20mai ISGO, t. VII, p. 431. — Séta. Des oreillons. Thèse de Paris, 1869, n» 283. — RoPAS. Essai sur les oreillons. Thèse de Paris, 1869, n" 264. — Debize. De l'état typhoïde dans les oreillons. Thèse de Paris, 1809, n° 82. — Catipentier. De l'oreillon considéré comme maladie générale et éruptive. Tlièse de Paris, 1809, n° 51. — Niemeyer. Traité de pathol. interne, édit. française, 1869, t. I, p. 523. — Gills. De la métastase. Thèse de Strasbourg, 1869. — Cousin. Union méd., 4 mai 1869. — Duroziez. Gaz. des hôp.,

1870, p. 371. — Bach. Essai sur Vorchile parotidicnne et rhumatismale. Thèse de Paris,

1871. — Vidal. Thèse de Paris, 1871. — kvnm. Science and Praci. of Med., t. I, p. 746, Londres, 1872. — Vogel. Traite des maladies de l'enfance, 1872. — G. Duffey. T/te Dublin Journ. of Med. Se, février 1872. — Gosselin. Clin. chir. de la Charité, 1873, p. 385. — BonciiuT. Mcm. de l'Acad. des se, 2 juin 1873. — Gillilt. Moi't subite dans l'oreillon {Gaz. des h6p.,Q déc. 1875). — Radcuff. Parotilis, etc. In Philadeljdne Med. Times, 1874. — Béhier. Leçon sur les oreillons publiée dans l'École de médecine, 1874. — A. Laveras. Traité des maladies et épidémies des armées, 1875, p. 549. — Jacob. Recueil mém. méd. milit., 1875, p. 529. — Châtain. Même rec, 1875, p. 627. — Jobard. Relation de deux épidémies d'oreillons observées sur des éniigrants indiens. Thèse de Paris, 1875. — Czernickv. Le jaborandi comme sialagogue dans un cas de métastase des oreillons (Gaz. hebdoni., 1875, p. 214). — ÉwERY-DESBRonssEs. Même sujet, même rec., 1875, p. 280. — Haillot. De l'oreillon et de ses complications. Thèse de Paris, 1870. — Iszenard. Étude sur les parotidites. Thèse de Paris, 1876. — Lamotte. Thèse de Monipellier, 1870. — P. Reclus. Du tubercule du testicule et de Vorchitc tuberculeuse. Thèse de Paris, 1876. — Laurens. Note sur une épid. d'oreillons observée sur le 85" de ligne à Albi [Rec. mém. méd. milit., 1876, p. 603). — Hatiiï. Considérations sur les troubles visuels observés chez les malades atteints d'oreillons [vihne rec., 1876, p. 305). — Lemarchand. Des oreillons chez le soldat. Thèse de Paris, 1876. — Chauvin. Relation d'une épidémie d'oreillons survenue au 111"^ de ligne (Rec. mém. méd. milit., 1876, p. 473). — A. Juloux. Contribution à l'élude des oreillons et de Vorchitc métastat'ique [même rec, 1876, p. 478). — L. Colin. Rapports des oreillons avec les fièvres éruptives {Soc. méd. des hôp., Union médicale, 1876, t. I, p. 437). — Dmiarest. Métastase ovarienne et oreillons supplém. des règles {Lyon méd., XX, 109). — Gosselin. Clinique chirurgie, de la Charité, 1876, t. II, p. 384. — J. Gailmard. Etude sur la maladie appelée Oreillons. Thèse de Montpellier, 1877. — Sorel. De l'orchite dite métastatique dans les oreillons {Rec. mcm. méd. milit., 1877, p. 225, et Revue mensuelle de med. et de chir., 1877). — Lereboullet. Soc. méd. des hôp., 1877, et Gaz. hebdoni., 1877, p. 555 et 5i9. — P. Fabre. De l'engorgement isolé ou primitif des grandes sous-maxillaires dans une épidémie d'oreillons {Soc. des se. méd. de Gnnnat, 1875-1876, analyse in Rcv. des se. méd., 1877). — Fehr. De la nature des oreillons. In Arch. f. klin. Chirurg., 1877. — Monin. Essai critique sur la pathogénie et l'étiologie des oreillons. Thèse de Paris, 1877. — Sorel. Note sur les oreillons (Rev. mens, de méd. rt de chir., 1878). — k. Laveran. Du pronostic et de la prophylaxie des oreillons chez l'adulte et en particulier de Vorchile ourlienne. Communie, à la Soc. méd. des hôp., 1878. — D'Heilly. Art. Oreillons. In Nouv. Diction, deméd. et de chir. pratiques. — Picot et d'Espine. Manuel pratique des maladies de Venfance. — Darré. Essai sur la pathogénie des parotidites. Thèse de Paris, 1878. — Lambert. De quelques conséquences de Vatvophie testiculaire chez les adultes. Thèse de Paris, 1878. — Pinet. De Vétat actuel de nos connaissances sur Vaffection ourlienne ou oreillons. Thèse de Paris, 1878. — Servier. De V épidémie d'oreillons qui a régné dans la garnison de Rayotine pendant les 7nois de février et mars 1878 {Rec. mém. méd. m'dil., 1878, p. 529). — Jourdan. Relation d'une épidémie d'oreillons au 28'= bataillon de chasseurs à Dax {tnême recueil, 1878, p. 537). — Madamet. Épidémie d'oreillons observée au i^' hussards en 1877 {même recueil, 1878, p. 552). — Gérard. Deux épidémies d'oreillons au 10° dragons {même recueil, 1878, p. 561). — Du même. Observation de féminisme coïncidant avec une atrophie complète des deux testicules {même recueil, 1878, p. 630). — Isham. American. Journ., 1878, et Revue des se. méd., 1879. — Penzoldt. Sur une variété de parotidite épidémique. In Corresp.-Blatt des allgem. ârztl. Vereins von Thiiringen, 1878. — Luhe. Épidémie observée dans la maison de cadets de Pion [Holstein). In Berlin. Klin. Wochenschr., 1879, n° 40. — A. Laveran et J. Teissier. Nouveaux cléments de pathologie et de clinique médicales, 1879, p. 148. — J. MouRsoc. Considérations sur lesmaladies les plus.communes à bord du vaisseauécole des canonniers {Arch. de méd. nav., 1879, p. 258). — Granier. Des oreillons, des orchites métastatiques et des atrophies testicidaires consécutives [Lyon médical, 1879). — Machado. Essai sur les oreillons sous-maxillaires. Thèse de Paris, 1880. — IIeller. De Vorchitc épidémique {Berl. Klin. Wochens., 1880, n'" 38). — Capitan et Charrin. Les microbes des oreillons. Communie, à la Soc. debioL, 28 mai 1881. A. L.

364 ORENSE (Eaux minérales d').

o'reillt (Charles). Médecin irlandais distingué, né vers la fin du dixhuitième siècle, commença ses études à Dublin, qui était probablement sa ville natale. Il y obtint le diplôme de maître es arts et en 1821 celui de licencié décerné par le Lylng-in Hospital de Dublin. Il se rendit peu après à Edimbourg où il prit le degré de docteur en 1827. A son retour dans sa patrie, en 1828, il se fit recevoir licencié du King and Queens Collège of Physicians d'Irlande et pratiqua la médecine avec le plus grand succès à Dublin même. Il ne tarda pas à obtenir le poste de professeur de médecine légale à l'Ecole de médecine de Peter-street, et peu d'années après il occupa la même cliaire avec l'éputation à la Carmichael School of Medicine.

O'ReilIy fut en outre médecin {senior phjsician) de l'Hôpital généi-al de Dublin et de l'bospice de la paroisse Sainte-Marie. Il appartint à plusieurs sociétés savantes, à la Société médico-chirurgicale de Dublin, à la Société royale de la même ville, à Vlrish Collège, dont il fut le vice-président.

Son grand âge le fit renoncer à toutes ces fonctions, et pour se reposer il se rendit j;iuprès de sa fille à Glenelg, dans le sud de l'Australie. C'est là qu'il mourut en janvier 1879.

O'Reilly a publié un assez grand nombre de mémoires dans les journaux médicaux ; nous nous bornerons à citer de lui :

I. Diss. inaug. de dijsenteria. Edinburgi, 1827. — II. An Essmj on Poisoning by Arseniureltcd flydrogen. Iii Dublin Quartcrly Journal of Médical and Chemical Sciences, t. XX, p. 422, t8i2. — III. A Description of the Mode in whicli the Médical Examinalions were conduclcd in Ireland al the Coroner's Court, wilh lllustralive Cases. In t'ie Lancet. — IV. Devergie's Statistical Account of the Varions Forms of Death, translaled from the « Hygiène publique ». Ibid., 1858. L. Un.

OitELLi]\E. Substance jaune extraite du rocou par Chevrcul. Soluble dans l'eau et l'alcool, peu soluble dans l'éther {vog. Rocou). D.

ORELL,L!i$ (JEAiN-PiERRE). Médecin de la fin du dix-septième siècle, né à Locarno dans la Suisse italienne, fut très-distingué dans la pratique de son art. Selon Eloy, il a publié un ouvrage écrit en italien, dans lequel il traite des maladies les plus d.mgereuses, de leurs causes, signes, pronostic, et de leur traitement. Il y a joint un recueil de remèdes chimieiues et autres qui passaient pour des arcanes miraculeux. Cet ouvrage a vu le jour à Milan en 171 1, in-S.

OREIVISE (Eaux iinÉRALES d'), hyperihermales, amétallites, azotées fortes, carboniques faibles. Aqiiœ calidœ Ci/moram des Romains, Warmsee {\ac chanà) des Souabes; Orense vient peut-être de celte dernière appellation. En Espagne, Orense est une ville de l'ancien royaume de Galice, elle est maintenant la capitale de la province et du district judiciaire qui lui a donné son nom. La vilb actuelle est peuplée de 5000 habitants, elle est bâtie en amphithéâtre sur la rive gauche et presque à la source du Mino, au point de jonction de deux plans inclinés de l'ouest au nord-ouest. C'est à une de ses extrémités qu'émergent les trois sources principales d'Orense que l'on a désignées par les noms de la Burga de Arriba (la sour^ie thermale d'en haut), la Burga de Abajo (la source thermale d'eu bas) et la Burga del Surtidero (la source thermale du préposé à la Poterne). Plusieurs autres griffons ayant une chaleur plus ou moins élevée naissent aux environs de la ville et sont connus sous les dénominations de

ORENSE (Eaux minérales d'). 565

Sources des bains de la prison neuve, de Sources de l'hôpital, de Source des bains de Mende, dont le point d'émergence est à 500 mètres au nord d'Orense, et de las Burgas del Obispo (sources thermales de l'Évêque), dont la fontaine est sur la rive droite du Mifio. Toutes ces sources sortent du granit, leur eau a à peu près les mêmes propriétés physiques et chimiques et leur température seule les distingue. L'eau d'Orense est claire, transparente, limpide, incolore, inodore et d'une saveur à peine différente de l'eau ordinaire chauffée au même degré qu'elle. La Burga de Arriha a 66°5 centigrade, la Bui^ga de Ahajo 67" centigrade et la fuenle del Surlidero QS°5 centigrade. L'eau de toutes les sources d'Orense a la même composition chimique, suivant le docteur Casares qui j'a examinée et qui a trouvé qu'elle contient par 1000 grammes les principaux sels qui suivent :

Bicarbonate de chaux 0,220

Cliloiure de sodiurr 0,165

Acide silicitjuc 0,157

Total des matières fixes 0,542

I^e gaz de la fuente de la Balsa (fontaine de la Boue) ou fuente del Surtidero est plus ahondant que dans les autres; il renferme 86 parties d'azote et 16 parties d'acide carbonique par litre d'eau.

Il n'existe point d'établissement, à proprement parler, à Orense, et les baigneurs sont obligés de se contenter d'une installation assez primitive qu'ils trouvent chez quelques particuliers. L'eau des diverses sources thermales d'Orense sert aux habitants de la ville pour tous les usages domestiques, et des statisticiens ont calculé la quantité de combustibles qu'ils épargnent ainsi chaque année.

Emploi thkrapeutique. On s'est demandé si des eaux que tout le monde peut boire et boit impunément ont réellement des propriétés thérapeutiques. L'exemple de plusieurs stations thermales qui, comme Néris, dont la population tout entière consomme seulement les eaux minérales dont l'activité curative n'est mise en doute par personne, a victorieusement répondu à la question que nous venons de poser. Si les eaux d'Orense n'ont pas plus d'effets physiologiques que celles de Néris, de Plombières, deWildbad, du Wurtemberg, de Gastein et de beaucoup d'autres, elles n'en produisent pas moins une action salutaire dans les états pathologiques qu'il nous reste à indiquer. Remarquons d'abord qu'il existe rarement ailleurs qu'à Orense une différence aussi tranchée entre les résultats que donnent ces eaux employées eu boisson et en bains. 11 est inutile souvent, en effet, d'associer à Orense le traitement interne au traitement externe dans un certain nombre de maladies. Quelles sont les affections qui doivent être traitées par les eaux en boisson seulement? Quelles sont celles qui réclament l'emploi des bains et des douches avec les eaux d'Orense? L'eau des trois sources principales de cette station thermale n'a aucune odeur particulière, ainsi que nous l'avons vu ; un petit nombre des sources auxiliaires que nous avons nommées laissent dégager un principe sulfureux volatil pendant certains jours. Ce ne peut être ce principe qui explique pourquoi les eaux de toutes les sources d'Orense noircissent les dents de ceux qui les boivent et pourquoi surtout elles favorisent la production de caries humides plus fréquentes chez les habitants d'Orense que chez ceux des districts voisins. Est-ce la présence considérable de l'azote que ces eaux contiennent qui leur a donné leur réputation dans la phthisie pulmonaire

366 OREZZA. (Eaux minérales d').

et laryngée? Les résultats heureux que l'on a obtenus depuis à Panticosa par l'eau en boisson et par le séjour dans les salles d'inhalation alimentées par le gaz azote se dégageant d'une des sources de cette station semblent l'indiquer. L'eau des Burgas d'Orense en boisson est utilement prescrite dans les troubles stomacaux, intestinaux et des voies urinaires, caractérisés par une grande susceptibilité nerveuse comme dans la gastralgie, l'entéralgie, etc., et dans les catarrhes même aigus, mais surtout chroniques, de l'estomac, de l'intestin, des reins ou de la vessie. Il n'est pas nécessaire alors de conseiller une grande quantité de l'eau d'Orense, qui doit être prise plutôt à dose fractionnée.

C'est par les douches, mais principalement par les bains, qu'il faut traiter les affections rhumatismales, qui cèdent le plus souvent pendant ou après une cure par ces eaux de la Galice, quelles que soient leurs manifestations profondes ou superlicielles, cutanées, musculaires ou articulaires. Il en est de même des névralgies qui sont l'expression d'un vice rhumatismal et, de toutes, c'est la sciatiqne qui est le plus proraptement et le plus heureusement modifiée, et souvent guérie par une cure externe à Orense.

Ces eaux en boisson, mais surtout en bains, sont très-renommées encore comme pierre de touche des maladies sypbilitiques si communes en Espagne, dont elles appellent les manifestations ordinairement vers la peau et éclairent un diagnostic souvent difficile et quelquefois impossible à porter.

La durée delà cure estpresque toujours de neuf jours, comme c'est l'habitude en Espagne. On abandonnera assurément dans ce pays, comme on a abandonné partout ailleurs, une cure trop courte et, par conséquent, insuffisante.

On n exporte l'eau d'aucune des sources d'Orense. A. Roture.vu.

OREODOXA. Kunth. Genre de plantes Monocotylédones, appartenant à la famille des Palmiers. La seule espèce de ce genre qui ait quelque intérêt est un palmier de Cuba, nommé par Kunth Oreodoxa regia. Il n'est pas utilisé en médecine. Ses fruits acres sont employés à la nourriture des porcs. Pl.

Bibliographie. — Kokth, in Humboldt et Bonpland. Nova Gênera et Species, t. I, p. 305.

Pl.

OREO:viELIil. Sous le nom de Mfl)ia, Théophraste indique deux formes du Frêne à la manne, dont l'une est dite Opioa-nkia. Pl.

BiDLioGBAniiE. — TiiÉoi'iiR.vsTE. Hisforitt Plant., t. III, p. tl. Pl.

OREOSELUVL'M. On a donné ce nom à une espèce de la famille des Ombellifères, qui a été placée dans divers genres, les Selinum, Athamanta, etc., et qui rentre actuellement dans les Peucedanum {voy. ce mot). Cette espèce a été considérée par quelques auteurs comme le type d'un genre distinct Oreoselinum, qui n'a pas été adopté par la majorité des botanistes. C'est l'o^oeoc-i^ivov de Dioscoride.

BiLLiOGRAPUiE. Dioscoride. Maleria medica, t. III, p. 76. Pl.

ORÉOSÉLOl^JE. Voy. Orosélone.

ORE8TIOIV. D'après Mérat et De Lens {Dict. do-s mat. médicales, v. 96), ce nom est donné par Dioscoride à l'Aunée {Inula Helenium L.). Pl.

OREZZA (Eaux minérales D'),'ather maies, bicarbonatées calciques et ferrugineuses faibles, carboniques fortes, dans le département de la Corse, dans

OREZZA (Eaux minérales d'). 367

l'arrondissement de Corte, dans le canton de Piedicroce, dans la commune de Rapaggio, sur la rive droite duFiumalto,à 30 kilomètres de Bastia età 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, quoique les sources soient peu éloignées de la Méditerranée. La route qui a son embranchement à Folelli relie Orezza au chemin de ceinture qui conduit à Bastia.

La situation d'Orezza est très-appréciée des malades qui s'y rendent cliaque année. Les hautes montagnes au pied desquelles émergent les sources, les magnifiques et \astes forêts qui en sont voisines, permettent aux hôtes d'Orezza de charmantes promenades abritées par le feuillage des châtaigniers qui sont les arbres les plus communs dans toute l'île et surtout dans cette partie de la Corse. La station d'Orezza a une ceinture complète de mamelons et de pics. Ces derniers sont toujours couverts de neige jusqu'à la fin du mois de mai, aussi la saison ne commence-t-elle que vers le milieu du mois de juin et même les premiers jours du mois de juillet. Elle se termine ordinairement vers le 15 seplembre. Il est imprudent de prolonger la cure, malgré les beaux jours qu'il y a encore à cette époque de l'année, à cause des fièvres intermittentes fréquemment observées dans tout le département, et principalement aux alentours d'Orezza.

La géologie, la minéralogie et la botanique permettent à Orezza une étude qui intéresse vivement les buveurs qui aiment ces sciences et qui trouvent dans le pays une occasion favorable de contrôler ou d'étendre les connaissances qu'ils ont acquises dans d'autres lieux, lis doivent surtout visiter le lit et les bords du Fiumaltooù ils rencontrent à des distances quelquefois rapprochées et souvent à fleur d'eau d'énormes blocs d'une variété de jaspe connue sous le nom de vert de Corse, dont nous avons pu voir de beaux échantillons à Paris et qui sont exploités depuis la plus haute antiquité, puisqu'on les rencontre souvent en Italie, à Florence et à Rome, à la chapelle Sixtine et à la villa Médicis, par exemple.

La douceur et l'égalité du climat d'Orezza sont remarquables pendant la durée de la saison minérale. La colonne thermométrique y varie à peine, en effet, de quelques degrés. La position topographique de ce poste minéral et les chaleurs modérées qu'il y fait sont une des causes de sa prospérité, et les habitants du littoral, où la température est si élevée et si difficile à supporter, y accourent en grand nombre. Peu de personnes en dehors de l'île se rendent à Orezza, et pourtant la facilité des communications avec la France, l'Italie, l'Algérie et la Corse, devraient attirer un assez grand nombre de malades. Les hôtes accidentels d'Orezza sont pourtant, jusqu'aujourd'hui, presque exclusivement fournis par les villes d'Ajaccio, de Corte, de Calvi et de Bastia. Trois sources émergent du granit et d'un terrain calcaire et marneux, à un mètre en contre-bas du sol ; elles se nomment: la Sorgente soprana (source d'en haut), la Sorgente sottana (source d'en bas) et la Sorgente caracuteUa, qui se trouve au sommet d'un mamelon voisin, et dont la saveur fraîche et agréable plaît aux promeneurs altérés. Son eau n'a jamais été analysée, pas plus que celle de la Sorgente soprana dont l'aménagement laisse beaucoup à désirer et dont l'eau a une odeur sulfhydrique manifeste qui la fait préférer de certains malades dont nous dirons un mot en parlant de l'emploi thérapeutique des eaux d'Orezza.

C'est la Sorgente sottana, distante de 150 mètres à peine de la Sorgente soprana, qu'il est important de connaître, car ses eaux sont presque exclusivement employées, et c'est elle seule qui a fait la fortune de la station d'Orezza ;

368 OREZZA (Eaux minérales d').

c'est elle aussi qui fournit les eaux exporte'es de ce poste minéral. La Sorgente sottana a été captée à sa sortie de la roche granitique ; son eau est limpide, incolore, inodore, aigrelette, piquante et agréable; elle a pourtant un arrièregoût styptique. Recueillie dans un verre, elle semble d'abord trouble tant que les bulles de gaz qu'elle contient ne se sont pas fixées sur les parois ou ne se sont pas complètement dégagées. L'eau de la Sorgente sottana sort de la roche avec impétuosité et en produisant un bruit que font les grosses et nombreuses bulles du gaz qui la traverse. Elle devient laiteuse, elle se couvre d'une pellicule irisée et elle dépose un sédiment blanc rougeâtre formé de carbonate de peroxyde de fer, de chaux et de manganèse, lorsqu'elle a été pendant un certain temps en contact avec l'air ou qu'elle a parcouru pendant une période plus ou moins longue les canaux de plomb qui la renferment. La Sorgente soprana diffère de la Sorgente sottana, ainsi que nous l'avons dit, par son odeur sulfureuse et sa saveur légèrement sucrée. La température des deux sources est de 15" centigrade, l'air extérieur étant à 22" centigrade, leur densité est de 0,99830 à 1,001; le débit de la Sorgente sottana est de 140 mètres cubes environ en vingt-quatre heures; il est, par conséquent, assez considérable à lui seul pour alimenter les moyens balnéothérapiques que cette station doit avoir un jour. Cette eau, versée dans la teinture de tournesol, lui fait prendre une coloration lie de vin, et le papier de tournesol, préalablement rougi par un acide, ne reprend pas sa couleur première. Poggiale a fait, en 1853, l'analyse chimique de l'eau delà source d'en bas, il a trouvé que 1000 grammes renferment les principes suivants :

Carbonate de chaux .... 0,602

— magnésie 0,07i

— proloxyde de fer 0,128

— — lithine 1

— - manganèse ( ^"^"^^ tres-sensibles.

— — cobalt traces.

Sulfale de chaus 0,021

Chlorures de sodium et de potassium 0,014

Alumine 0,006

Acide siliciquc. ... 0,004

— arsénique i

Fluorures de calcium et matières organiques. . j ^''^'^6^-

Total des matières fixes 0,849

! Acide carbonique libre et provenant des bicai*bonales 1,248 Air atmosphérique 0,011

Total hes gaz 1,2S9

Poggiale a fait ses expériences à Paris, au laboratoire du Val-de-Grâce; Leprévolte et Naudin ont analysé sur place les gaz contenus dans l'eau d'Orezza et ont obtenu 1,870 centimètre cube d'acide carbonique. Naudin ajoute qu'en tenant compte de la perte inévitable qui se produit en recueillant l'eau même avec les plus grandes précautions, il peut raisonnablement être admis que chaque litre d'eau renferme plus d'un litre de gaz.

Mode d'administration et doses. Malgré le rendement relativement considérable des deux sources d'Orezza, leur eau n'a jamais été administrée autrement ({u'en boisson et la Sorgente sottana est presque exclusivement fréquentée. La dose varie entre trois et dix verres pris le matin à jeun et à quinze ou vingt minutes d'intervalle. Beaucoup de personnes en emportent pour la boire pure ou coupée de vin à leurs repas. Les médecins qui ont observé à Orezza, et en

OREZZA (E.vux MiNKRVLKs d'). 5G9

particulier MM. les inspecteurs Santini, GrimakU, Gianetti et Perelli, ont constaté que ces eaux réussissent la plupart du temps moins bien lorsqu'elles sont ingérées en grande quantité que lorsqu'elles sont bues à doses moins massives et, par conséquent, mieux assimilées. Cette observation est applicable d'ailleurs à toutes les préparations ferrugineuses. S'il n'y a pas encore d'établissement minéral à Orezza, il est probable qu'il s'en élèvera un dans un temps peu éloigné. Les bains et lesdoucbes sont, en effet, un complément utile de la cure interne, quoique les eaux ferrugineuses et carboni(|ues de la nature de celles d'Orczza supportent mal une élévation de température; mais une habitation convenable est nécessaire pour loger les buveurs qui viennent passer quelque temps à cette station où ils sont obligés de se contenter de maisons plus ou moins éloignées et où ne se rencontre pas une installation suffisante.

Emploi thérapeutique. L'eau de la source Sottana en boisson est agréable, facilement assimilée, elle fait retrouver l'appétit diminué ou perdu quelquefois depuis longtemps, elle favorise les digestions, elle procure un sentiment de bien-être et elle augmente sensiblement les forces. Elle est manifestement diurétique et elle ne détermine pas une constipation aussi constante que beaucoup d'eaux minérales dont un principe ferrugineux constitue la caractéristique. Cette eau convient encore lorsque l'on veut agir sur le foie et la rate préalablement engorgés par des accès de fièvres intermittentes si communs dans toute la Corse et surtout dans les plaines marécageuses. L'effet physiologique le plus marqué de l'eau de la Sorgente sottana est la tonicité, l'action reconstituante, analeptique, qu'elle ne tarde pas à produire sur les buveurs affaiblis par une maladie longue, les pertes de sang naturelles ou accidentelles, le séjour habituel et prolongé dans un air trop peu oxygéné et privé de lumière solaire, sur les anémiques et les chlorotiques, quelle que soit la cause de leur anémie ou de leur chlorose, sur les personnes qui ont été atteintes de fièvres intermittentes, ou même de cachexies paludéennes accompagnées d'hypertrophie considérable des glandes splénique ou hépatique, d'œdème des membres inférieurs et quelquefois d'ascite. Il n'est pas besoin de dire que dans ce dernier cas le traitement doit être surveillé avec attention et continué assez longtemps pour qu'il puisse donner les résultats heureux que l'on est en droit d'en attendre. Enfin, l'eau de la source d'en bas réussit très-bien dans la dyspepsie flatulenle, dans la gastralgie et dans certaines gravelles avec atonie générale.

La Sorgente soprana n'est fréquentée que par les buveurs qui, mettant à profit la petite quantité de son gaz acide sulfhydrique, viennent la boire pour se guérir d'accidents syphilitiques secondaires ou tertiaires.

Les eaux d'Orezza sont formellement contre-indiquées dans la phthisie pulmonaire à tous ses degrés, dans les maladies du cœur ou des gros vaisseaux où il importe de ne pas augmenter les globules rouges du sang, dans la pléthore et dans les affections dont la période aiguë n'est pas assez éloignée pour qu'il soit prudent de conseiller des eaux martiales fortement carboniques.

La durée de la cure varie de dix à quarante-cinq jours.

On exporte sur une grande échelle Teau de la Sorgente sottana que l'on expédie dans des bouteilles soigneusement bouchées sous pression et capsulées en France, en Italie, en Turquie, en Algérie et dans les pays orientaux; on en consomme même dans les deux Amériques. Plus de 500000 bouteilles soi-tent de Corse chaque année. L'eau d'Orezza était même employée dans nos hôpitaux militaires, et le ministère de la guerre avait fait un traité avec la Compagnie

DICT. ENC. 2= s. XVII, 24

qui s'était engagée de lui fournir, à un prix convenu, ces eaux transporte'es. Cette fourniture n'a pas continué, parce qu'un pharmacien militaire a prétendu que l'eau d'Orezza ne conserve plus à distance aucune trace de fer. Nous ne pouvons accepter l'opinion d'une autorité scientifique assurément respectable, et nous affirmons dans l'intérêt de la vérité que cette conclusion est trop absolue. Ainsi nous nous sommes convaincu à plusieurs reprises que l'eau d'Orezza transportée depuis plusieurs années et ayant fait de longues traversées conserve une saveur martiale indubitable, plus probante assurément que le résultat des chimistes les plus distingués. L'eau d'Orezza conserve-t-elle à distance toute la proportion du sel de fer qu'elle contient à la source? Loin de nous cette pensée, et la coloration brun jaunâtre de l'intérieur des bouteilles prouve qu'elle s'est altérée dans le transport malgré les assertions des auteurs qui ont prétendu que son gaz acide carbonique en excès lui permet de conserver inlact son bicarbonate ferrugineux. L'eau d'Orezza se comporte d'ailleurs comme presque toutes les eaux martiales naturelles fortement carboniques, c'est-à-dire que le gaz acide carbonique concourt puissamment à leur conservation, mais qu'il ne peut les mettre à l'abri de toute décomposition ultérieure. Nous pensons donc que nos confrères peuvent conserver à l'eau d'Orezza la confiance que leur a méritée une expérience déjà longue, et qu'à une époque, qui ne peut être éloignée, l'administration militaire reviendra sur sa décision et abandonnera l'usage dans les hôpitaux de l'eau ferrugineuse factice qu'elle a substituée à l'eau naturelle d'Orezza. A. Rotureau.

Bibliographie, — Yacuer et Castagn'oux. Analyse chimiquedes eaux d'Oressa. Basti;), 1776 . — Des 5IÈMES. Rapporta l'Ecole de médecine de Paris sur les eaux minérales d'Orezza, séance du 5 floréal an XIII, 1805. — Leprévotte. Analyse chimique de l'eau d'Orezza (Corse). Bastia, 1853. — Poggiale. Mémoire sur l'eau acidulé ferrugineuse d'Orezza (Corse). In Bull, de l'Acad. de médecine, séance du 20 septembre 1853. — Henry (Ossian). Rapport sur le mémoire précédent, le 25 janvier 1854. — Pâtissier et Boutrox-Gharlard. Manuel des eaux minérales d'Orezza, Paris, 1847. — Naudin. Eaux d'Orezza. Thèse pour le doctorat en médecine. Paris, 1852. — Donné (A.). Eaux minérales de la Corse [Ovezza], 1852. — Marchal (de Calvi). Eau d'Orezza. Paris, 1855. — Jajies (Constantin). Guide pratique des eaux minérales d'Orezza (Corse). Paris, 1857. — DePietra-Santa (Pro5per).0*ei3a, canton de Piedicroce. Paris, 1862. — De Parville (Henri). Les eaux minérales d'Orezza. Paris, 1865. — Gianetti. Résumé succinct de quelques observations aux eaux d'Orezza. Ajaccio, 1859-1866. — Mattei. Notice historique et médicale sur les eaux gazeuses, acidulés, ferrugineuses d'Orezza (Corse). Paris, 1867. — Pétrequin. Étude médicale sur l'eau ferrugineuse d'Orezza. Lyon,

1874. — De Renzi. Sur les eaux ferrugineuses d'Orezza. Gênes, 1875. — Bertherand (A.). Eaux martiales gazeuses naturelles d'Orezza. In Gazette médicale de l'Algérie, 25 nov,

ORFILA (Mathéo-José-Bonaventure). Dans le mois de juillet de l'année 1807, un jeune homme aux traits réguliers, à la physionomie intelligente et fine, quittait son pays natal pour venir à Paris entendre les leçons de quelquesuns des professeurs qui y brillaient à cette époque, et dont la réputation était devenue européenne. 11 était dans l'avenir de cet étranger de créer une science nouvelle, de jeter un éclat sans égal dans l'une des chaires de l'Ecole de médecine de Paris, d'être placé à la tête de l'administration de cette école, d'enrichir ses collections anatomiques et de la doter de cliniques nouvelles, d'organiser une partie de l'enseignement médical en France , de prendre part aux graves délibérations de l'administration des hôpitaux de Paris, de siéger dans le Conseil supérieur de l'instruction publique, de fonder une Société secourable pour les médecins tombés dans la détresse ou pour les familles de ces médecins, de

servir encore la science et l'humanité en instituant, de son vivant, un legs d'une singulière munificence. Il lui était réservé de connaître tout ce que les honneurs dignement conquis, les louanges méritées, ont de plus enivrant ; mais il lui était aussi réservé de boire à cette coupe a mère que l'adversité tient en réserve à côté des heureux du jour. Ce jeune homme, c'était Orfila. Il naquit le 24 avril 1787 à Mahon, sur ces rochers des îles Baléares, contemplant de l'œil, dès son enfance, les deux empires, comme pour choisir un jour entre les deux patries. Il était, par conséquent, de nationalité espagnole. Pourquoi quitter, tout jeune homme, son pays, et se lancer dans les voies incertaines de l'existence à l'étranger? Ses biographes en donnent un motif des plus remarquables. Ils assurent que le jeune Orfila n'abandonna, pour toujours, la ville de Mahon et la ville de Valence, où il fit sus premières études, que parce qu'il y trouva l'instruction encore ensevelie dans les nuages des Disputes, des Dissertations, absolument théoriques, et que les « quatre éléments » continuaient à régner en souverains. Il avait vu les noms des Lavoisier, des BerthoUet, des Fourcroy, franchir les limites de la France ; il sentit que la véritable science était là, et il rompit brusquement avec la terre qui l'avait vu naître. Ce qu'il y a de saisissant dans ce fait, c'est que l'Université de Valence, accusée d'insuffisance, et menacée de suppression, ayant provoqué (1805) une espèce de tournoi scientifique entre ses élèves et ceux des universités voisines, Orfila, qui fut appelé parmi les combattants, démontra la sénilité des doctrines professées alors à Valence, et que la junte du commerce de Barcelone envoya le jeune athlète en France, à titre de pensionnaire, pour y étudier la chimie appliquée à l'industrie et aux arts. Mais la junte, ruinée et disloquée par une guerre allumée entre l'Espagne et la France, ne fut bientôt qu'à l'état de souvenir, et Orfila dut rester parmi nous. L'exil ne fut pas bien terrible : l'Espagnol se consola bientôt dans le laboratoire de Vau- (juelin et dans le rôle de préparateur des cours de Fourcroy. Bientôt il ouvrit un aniphithéâ(i"e particulier, d'abord rue du Bac, puis chez un pharmacien de la rue du Foin-St-Jacques, et y donna des leçons de chimie, de médecine légale, et même d'anatomie, recevant de chaque élève — ils étaient quarante — une somme de quarante francs. C'est dans ce modeste laboratoire qu'il jeta les fondements d'une science nouvelle, la Toxicologie. Le 27 décembre 1811, Orfila soutint sa thèse pour obtenir le grade de docteur en médecine ; cette thèse touchait nécessairement au genre privilégié d'études du récipiendaire, et avait trait à l'urine des ictériques.

De l'année 1812 à l'année 1819, le savant poursuit sans relâche ses patientes recherches sur les poisons. C'est de cette époque que datent ses principaux travaux sur la morphine, l'hydro chlorate de baryte, l'acide arsénieux, le datura stramonium, etc., considérés principalement au point de vue de leur action vénéneuse sur l'économie. Son Traité des poisons ou Toxicologie générale, publié pour la première fois en 1814, et qui a eu de nombreuses éditions, marque l'origine d'une science qui, depuis, a fait tant de progrès.

Ce fut le !"■ mars 1819 qu'Orfila fut appelé à occuper une chaire de médecine légale à la Faculté de médecine de Paris. Quelle nomination fut jamais mieux justifiée? Quel succès égala jamais ce succès inou'i dans les fastes de l'enseignement? Et pendant les vingt-trois ans qu'il consacra à l'enseignement de la chimie médicale, quelle afiluence d'auditeurs, avec quelle passion on se rendait aux leçons du maître! On se demande le secret d'une telle fortune profession-

nelle; il ne l'aut pas ici le cherclier dans une élégance prélenlieuse ni dans lu pompe du discours, qualités qui peuvent provoquer un instant l'enthousiasme Orfila savait instruire; il visait à la clarté du langage et non à arrondir une phrase; il savait à propos sacrifier les superfluités, les choses accessoires, poui développer les parties fondamentales d'une question; il était méthodique, mais il ne tombait pas dans l'excès des divisions et subdivisions scolasliques ; pour chaque proposition il donnait la démonstration expérimentale lorsque celle-ci était possible. Son élocution était facile; sa voix, bien timbrée, marquée d'un léger accent étranger, pénétrait dans toutes les parties de l'amphithéâtre. Ceux qui, comme nous, ont assisté aux leçons de ce professeur hors ligne, se rappellent les luttes qu'il fallait soutenir pour pénétrer dans l'amphithéâtre, assié::é par une foule avide d'entendre Orfila, certains qu'ils y tiouveraient l'homme le mieux doué pour infuser la science à la jeunesse studieuse, il n'avait alors qu'un émule en ce genre : c'était Richard, professeur de bot;inique, que les auditeurs ne peuvent se rappeler qu'avec un profond sentiment de respect.

L'année 1854 vit s'ouvrir pour Orhla une nouvelle carrière à son activité el à ses talents. Le 1" mai il était nommé doyen de la Faculté en remplacement d'Antoine Dubois. L'établissement d'une clinique d'accouchement, la fondation du musée Dupuytren, la création du Musée anatomiquc qui porte son nom et qui fut ouvert le 1*' mars 1845, les pavillons de dissection reconstruits, l'établissement d'un nouveau jardin botanique dans la pépinière du Luxembourg, les grandes améliorations apportées aux cabinets de matière médicale, de physique et de chimie, sont des monuments qui attestent sa capacité comme administrateur et comme doyen de l'École. En sa qualité de membre du Conseil général des hospices, du Conseil de l'instiuction publique, du Conseil numicipal et du Conseil général du département de la Seine, il sut aussi faire servir au profil de l'intérêt public ses hautes capacités et les dons que la nature lui avait prodigués. Il est presque inutile de rappeler les grandes causes criminelles dans lesquelles, — un peu comme le destin, — il apporta les fécondes lumières de la toxicologie, cherchant et trouvant les poisons dans des dcbiis de cadavres, mélangés à des liquides de toutes sortes. Castaing, la veuve Boursier, Mercier, Madame Lafarge, ont été broyés par la science investigatrice et impitoyable de l'illustre chimiste. Mais arriva la révolution de 1848. Orfila ne put trouver glace devant deô bruits sourdement et depuis longtemps propagés, et un membre du gouvernement provisoire eut la triste mission d'aller lui-même demande/ au grand professeur sa démission comme doyen de la Faculté de médecine de Paris. On alla même jusqu'à nommer une commission chargée d'examiner sa gestion; l'honneur fut sauf, mais la disgrâce, la déiàveur, surnagèrent... Li's hommes caressés par la fortune, habitués au commandement, et devant lesquels tout semble plier, ont de la peine à rester au deuxième rang. Orhla ne sut jani;iis se consoler de sa chute; sa chaire de professeur de chimie qu'il conserva, et de laquelle il continua à répandre les trésors de ses connaissances, ne parvint pas à calmer l'endolorissement de son âme. Il végéta, pour ainsi dire, lut atteint d'une sombre mélancolie et s'éteignit le 12 mars 1855. Il avait atteint sa soixante-sixième année. Il avait épousé, en juillet 1815, demoiselle Anne Gabrielle Lesueur, fille d'un artiste distingué, membre de l'Institut, laquelle lui survécut, étant morte le 5 juillet 1864. Leur fils, Pierre-Henri, avait succombé le 1« avril 1865. Les restes de celte famille partagent le même tombeau au

cimetière Moniparnasso. Mais avant de mourir, l'cx doyen de la Faculté de médecine de Paris accomplit une véritable action d'éclat : il eut la <^énérosilé d^^ distraire de sa fortune une somme de 120000 francs qu'il consacrait à la fondation d'encouragements, de prix et de fondations pour l'École qu'il avait illustrée, pour l'Académie de médecine qui le comptait depuis longtemps parmi ses membies, pour l'Ecole de pharmacie, pour l'Association de prévoyance des médecins du département de la Seine, dont il avait été le glorieux fondateur (\oy. Bulletins de l'Académie de médecine, t. XVIIT, p. 504).

Ajoutons qu'Orlila, qui avait été, croyons-nous, chantre d'église dans son p;iys, conserva toujours un goût très-prononcé pour la musique, on pourrait même dire une passion. 11 y avait même acquis un talent du premier ordre, à ce point que les offres lui avaient été faites pour entier au Théàtre-llalien à raison de 25 000 francs par an. Dans ses salons, dans ses réceptions hantées par la fine fleur du monde artistique et par l'aristocratie scientilique, il ne dédaignait pas de « faire sa partie » et de faire entendre une voix des plus remarquables. Aidé de sérieuses connaissances médicales, Orfila a beaucoup écrit.

Nous donnons la liste chronologique de ses travaux imprimés. Nous reconnaissons volontiers qu'elle est incomplète :

l. Noucelles recherches sur les urines des ictériques.lUéic && Pari*, 27 déc. 1811, in-4°, '27 pp. — n. Analijse d'une nouvelle espèce de calcul biliaire de l'hoiiuiic. In Annal, de chimie, t. XXXIV, 1812, p. .^4- 10. — III. Traité des poisons, ou Toxicologie générale. Paris, 1814-1815, 2 vol. in-f>°; ibid , 1818, 2 vol. in-8°; iùid., 1826, 2 vol. iii-S"; ibid., 18i3, 2 vol. in-8°; ibid., 1852, 2 vol. in-8. — IV. Éléments de chimie médicale. Paris, 1817, in-8" ; ibid., 1819, 111-8°; ibid., 1828, in-8°; ibid.. 1831, in-8°, ibid., 1835, 6" édif., 5 vol. iu-8^ ibid., 1843, 7'édit.,3 vol. in-S"; i6i</., 1851, S'^ édit.,2vol. in-8°; lrad.enjlleinand,1819, iu-8°. — V. Action de la morphine sur l'économie animale. In Annal, de chimie, t. V, 1817, p. '288-. 290. — VI. Mémoire sur la morphine ou sur le principe actif de l'opium. In Xojiy. Journ. (le mc'd., t. I, 1818, p. 3-22. — VII. Noie sur l'empoisonnement par l'hydrochlorale de hanjte. In Nouv. Journ. de )néd., t. I, 1818, p. 115-114. — YIII. Mémoire sur un nouveau procédé pour découvrir l'acide arsénienx mêlé avec des matières animales. In Nouv. Journ. de met/., t. 1, 1818, p. 192-V07. — IX, Effets remarquables d'une petite dose d'extrait de datura stramonium dans une céphalalgie intense. In h'ouv. Journ. de méd., t. VI, 1819, [). 374-579. — X. Notice sur la fièvre jaune. In l^ouv. Journ. tte méd., t. XI, 1819, p. 585- 588. — XI. Mémoire sur un nouveau procédé propre à faire découvrir la plupart des poisons mêlés avec des liquides colorés. In Nouv. Journ. de méd., t. VIII, 1820, p. 214- 'i29. — XII. Leçons faisant partie du cours de médecine légale. Paris, 1821, 2 vol. in-8''; ibid., 1828-1852, 3 vol. in-8», 2' édit. ; ibid., 1836, 3 vol. in-8°, 3= édit. sous le titre Traité de médecine légale, avec atlas; ibid., 1848, 4 vol. in-8°, avec pi., trad. en allemand, 1822, in-S". — XIII. Secours à donner aux persomies empoisonnées et asphgxiées. Paris, 1818, in-S"; ibid., 1821, in-12 ; ibid., 1825, in-12; ibid., 1830, in-12; trad. en espagnol, Paris, 1824, m-12; trad. en portugais, Paris, 1825, in-12; en allemand, 1818, in-8° ; en italien, 1819, in-8°. — XIV. Nouvelles expériences sur le sublimé corrosif, l'eau de javelle, la delphine, l'opium, la noix vomique, elc. In Nouv. Journ. de méd., t. X, 1821, p. 145- 162. — XV. Leçons de médecine légale. Paris, 1825-25, in-S"; ibid., 1828, in-S"; trad. en allemand, rn-8°. — XVI. Coup d'œil des principales découvertes en chimie et en pharmacie. In Archiv. de méd., t. I, 1825, p. 115-r!3. — XVII. Note sur l'empoisonnement par l'oxyde blanc d'arsenic. In Archiv. de méd., 1. 1, 1823, p. 148-152. — XVIII. Consultation sur une question médico-légale relative à la vie d'un nouveau-né. \n Arch. de méd-, t. VI, 182i, p. 515-521. — XIX. Affaire d'empoisonnement avec l'arsenic) portée devant la cour d'assises du département de l'Aube. In Arch. de méd., t. VII, 1825, p. 5-16. — XX. Rapport fait à la réquisition de M. le procureur du roi sur le cadavre d'un individu inhumé depuis quarante-trois jours. In Arch. de méd., t. VII, 1825, p. 281-286. — XXI. Affaire d'empoisonnement avec la noix vomique. In Arch. de méd., t. VIII, 1823, p. 17-25. — XXII, Note sur les effets du suc de mancenillier. In Journ. de chimie méd , 1825, et Archiv. de méd., t, X, 1826, p. 358-564. — XXIlI. Faits propres à éclairer l'histoire de l'asphyxie par submersion. In Arch. de méd., t. XIV, 1827, p. 542-559. — XXIY. Moyens de connaître ^ur

Page 1