ORGEAT
lourd et iiidiyeste, quoique à un degré moindre que le pain de seigle. Dans les pays pauvres, on consomme du pain d'orge contenant un tiers à un quart de froment. En Algérie et en Espagne l'orge sert à la nourriture des chevaux, et remplace ainsi l'avoine spécialement réservée pour cet usage en France, surtout dans le Nord.
L'orge perlé et l'orge mondé sont de l'orge décortiquée. Us s'emploient eu Allemagne et en Alsace pour préparer des potages avec du bouillon, ou du lait, de l'eau et du beurre. P- G,
^ III. Emploi tiiérapeutîqiie. Pour l'usage thérapeutique, on emploie l'orge mondé, c'est-à-dire dépouillé de la partie superficielle de son enveloppe au moyen de meules horizontales entre lesquelles on fait passer le grain : c'est ce qu'on appelle en Angleterre l'orge à Vécossaise. L'orge perlé, qui a une lorme arrondie, est celui qui a été privé de ses deux enveloppes extérieures; il a perdu conséquemment le principe acre que contient le péricarpe, et ne renferme plus que l'albumen et l'embryon.
Les grains d'orge contiennent de 13 à 15 pour 100 d'eau, 5 pour 100 d'huile volatile, 65 d'amidon, 7 de cellulose, 6 de dextrine, 2,5 d'azote, une trèsminime proportion d'acide lactique et 2,4 de cendres (Lemer). Les analyses de Poggiale ont donné à peu près les mêmes résultats. D'après Mège Mouriés, les cellules de l'albumen renferment de la céréaline.
En médecine, l'orge ne s'emploie guère que sous forme de tisane, en décoction (20 grammes pour un peu plus d'un litre d'eau, qu'on fait réduire à un litre par l'ébullition). Pour que les substances actives soient dissoutes, il importe que l'ébullition soit continuée jusqu'à rupture des grains. La tisane commune des hôpitaux militaires a été pendant longtemps la décoction d'orge édulcorée avec un peu de réglisse : on y a substitué depuis quelque temps la tisane à la réglisse seule, qui est plus du goût des malades. La tisane d'orge est adoucissante et a l'avantage d'être un peu nutritive.
On prépare aussi avec l'orge germée (Malt) une tisane renfermant plus de principes alibiles que la précédente : de la glycose, de la dextrine, de l'amidon et des principes albuminoïdes. On met environ 50 grammes d'orge germée dans un litre d'eau tiède; on fait chauffer jusqu'à ébullition, et celle-ci est entretenue pendant un quart d'heure.
Les usages externes de l'orge se réduisent à l'emploi de la farine en cataplasme, ordinairement mêlée à la farine de graine de lin. D.
ORCiEAT (Sirop d'). Sirop d'amandes. Sa préparation est indiquée d'après le Codex au mot Amandier.
Elle a subi de la part de quelques pharmaciens certaines modifications, dont la principale consiste dans l'addition de gomme adragante, avec ou sans diminution de la quantité d'amandes douces, avec ou sans suppression de l'eau de fleurs d'oranger. L'introduction de la gomme a pour but de rendre le sirop
plus stable.
Simonin a fait connaître un sirop amygdalin qui se prépare en Lorraine, et dont voici la formule, «l'après Dorvault : Amandes amères,1000; eau, 8000; sucre, 1200. On dépouille les amandes; on les réduit en pâte fine, dont on exprime l'huile; on pulvérise le tourteau et on en forme une pâte liquide avec q.s d'eau, puis on laisse reposer quinze à vingt heures. Après ce temps, on
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ajoute le reste de l'eau et, clans l'émulsion qui en re'sulte, on fait fondre 15,0 d'acide tarlrique, qui précipite la caséine, et l'on filtre. Dans le liquide obtenu (environ 7 litres) on fait fondre le sucre à une douce chaleur, ou à froid. On ajoute du papier en pâte et l'on passe promptement.
On prépare quelquefois un sirop d'orgeat nitré contenant 10,0 de nitre sur 1000, 0; un sirop d'orgeat au lait, en remplaçant l'eau par le lait; un sirop de pistaches, en substituant la pistache à l'amande, etc. D.
ORGELET. Voy. Paupières.
ORfiCFKlL (Monomanie de l'). Mégalomanie, manie des grandeurs. Voy. MoNOMANiE et Paralysie générale.
OKiACJiLOr:. Ancien synonyme à'Eryngium. Pl.
Bibliographie. — Mérat et de Lens. Dict. mat. méd., t. V, p. 98. Pl.
ORIBAISE. On ne sait pas positivement quand naquit et quand mourut Oribase. D'après les faits connus, on peut affirmer cependant que son existence répond aux trois derniers quarts du quatrième siècle de notre ère. Eunape, son ami, lui a consacré de son vivant une élogieuse notice dans ses Vies de philosophes, mais Eunape recherche l'emphase el les déclamations et néglige les dates. 11 le fait naître à Pergame et il dut être mieux renseigné que Suidas qui lui donne Sardes pour patrie.
La réputation d'Oribase parvint jusqu'à Julien qui s'en empara, dit Eunape, pour en faire son médecin. Julien naquit en 331, et il nous semble qu'Oribase devait être du même âge. En effet, dès avant son avènement à l'empire, qui eut lieu en 560, Julien avait chargé Oribase de lui composer un corps de médecine contenant ce que les anciens médecins avaient écrit : une pareille entreprise ne pouvait être celle d'un jeune homme.
Une partie de l'ouvrage commandé par Julien se fit en Gaule, peut-être à Paris, ainsi qu'on le voit au début de la Grande collection : « Empereur Julien\ j'ai achevé suivant votre désir pendant notre séjour dans les Gaules occidentales l'abrégé que votre Divinité m'avait commandé, tiré uniquement des écrits de Galion. Vous me recommandâtes un second travail, celui de rassembler ce qu'il y a de plus important dans les meilleurs médecins, et je me décidai volontiers à le faire. Jugeant qu'il est superflu de répéter la même chose, je prendrai uniquement dans les meilleurs écrivains, n'omettant rien des matériaux qui m'étaient fournis autrefois par Galien seul. » On peut conclure de là que le travail fait sur Galien s'est fondu dans le second travail, qui nous est parvenu sous le nom de collections, sunagôgai.
Oribase quitta les Gaules, sans doute pour recueillir des matériaux pour sa nouvelle composition. Pendant son absence, Julien lui écrivit une lettre qui nous a été conservée. II se plaint des embarras suscités par Constance et ses agents, et avoue qu'il se résignerait à subir im remplaçant. Oribase revint-il encore et contribua-t-il à faire accepter l'empire par Julien, qui a souvent témoigné de sa répugnance, et qui ne céda que devant l'émeute. Nous ne saurions le dire, mais Eunape dit qu'Oribase contribua beaucoup à son élévation
* La qualification d'empereur équivaut à une date.