‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.68Chapitre 21 sur 38 · ORIBASE · texte numérisé non relu

ORIBASE

à l'empire. Suidas rapporte que Julien fit Oribase questeur à Constantinople. On dit aussi que Julien fut accompagné par Oribase dans son expédition contre les Perses, où il trouva la mort en 365. Oribase fut naturellement atteint par la réaction chrétienne, Eunapeditpar la jalousie. Les empereurs, ajoute Eunape, le bannirent chez les barbares (probablement vers le Danube), et ses biens furent confisqués. Dans son exil, Oribase se concilia la vénération des indigènes et ses succès comme médecin le firent considérer comme un dieu. Les empereurs, dit Eunape, lui permirent de rentrer dans sa patrie, et le Trésor public lui restitua sa fortune. Oribase épousa une femme distinguée, dont il eut deux enfants. C'est à l'un d'eux, Euslathius, qu'il adressa un nouvel ouvrage, abrégé de la grande collection sous le titre de Synopsu. Quand son père lui dédia cet écrit, Eustalhius devait être adulte. On peut donc conclure qu'Oribase prolongea son existence jusqu'à la fin du quatrième siècle de notre ère.

La grande collection nous est parvenue, mais mutilée. De ses soixante-dix livres nous ne possédons pas la moitié. Sous la pression de Julien, Oribase resta donc un compilateur, mais un compilateur de talent. La grande collection, qui est son œuvre capitale, et dont les autres écrits ne sont que des réductions, a un double mérite. D'abord elle nous a conservé une foule de fragments d'auteurs anciens que l'on ne trouve plus que là. De plus Oribase y a mis son cachet. Les historiens de la médecine, tels que Haller et Sprengel, s'accordent à dire qu'il a rendu ses emprunts plus clairs que les originaux, notamment en matière d'anatomie. 11 est original, dit Sprengel, en fait d'hygiène et de gymnastique.

Outre le Synopsis nous avons un autre ouvrage d'Oribase, les Euporistes, ou médicaments faciles à se procurer, dédiés à son ami Eunape, sorte de manuel de médecine populaire. Ces deux écrits sont des abrégés de la grande collection, où les matériaux sont fondus ensemble et adaptés à leur destination.

On considère comme apocryphes des Commentaires sur les aphorismes (THippocrate, qui lui ont été attribués.

Les Arabes traduisirent Oribase. Nous avons le recensement de ces traductions dans le Fihrist, qui mentionne cinq ouvrages au lieu de trois, dédoublant le livre à Eunape, et considérant comme un Traité particulier fanatomie des viscères, qui fait le sujet du XXIV'' livre de la collection. Il semblerait que les Arabes ne possédèrent pas la collection au complet : Ali Abbas reproche à Oribase de n'avoir parlé dans son ouvrage en 70 livres, en fait d'anatomie, que de celle des viscères.

Nous passerons en revue les principales éditions d'Oribase.

Les livres XXIV et XXV de la collection, consacrés à l'anatomie, parurent en grec à Paris en 1556, puis en grec et en latin à Leyde en 1725, et à Moscou en 1808.

Rasario de Navare, qui vivait de 1517 à 1578, traduisit Oribase en latin.

Le Synopsis parut d'abord à Pai-is en 1554, in-16, de la traduction de Rasario, puis la Collection en 1555 à Venise et à Paris^

Les Euporistes avaient déjà paru en latin à Râle en 1529, en grec et en latin à Rome en 1543.

La traduction complète de Basario parut en trois volumes à Râle en 1577.

On imprima aussi des parties détachées.

Nous signalerons une traduction française anonyme des liens et appareils

^ La collection contenait les 15 premiers livres et les livres XXIY et XXY.

o44 ORIGAN (lot.vniql:e).

généralement négligée par les bibliographes. Elle fut imprimée en lo55 à Lyou par Roville, avec la chirurgie d'Hippocrate et de Galien, ious ce litre : Oribase, des lacqs, des machines et des engins, avec figures, occupant les pages 1030 à H48 du Recueil.

Une édition complète d'Oribase a été récemment publiée par MM. Bussmuker et Daremberg, texte grec et traduction française, en 6 volumes in-8".

Nous croyons devoir donner le contenu de chacun des volumes de cette importante publication, afin de faire connaître les acquisitions faites depuis les premières éditions. Tome I : Les 5 premiers livres, Aliments, Boisso)is, Exercices; Imprimerie nationale, 1851. — Tome II : Livres 7 à 10, Évacuants, Médicaments externes, Bains^ ; 14 et 15, Médicaments simples ; 16, Fragment inédit. Médicaments composés. — Tome III : 21 et 22, Physiologie, pathologie et génération, inédits. Fragments inédits de livres incertains. Hygiène, pathologie, physiologie, 24 et 25; 44, Tumeurs contre nature. — Tome IV : Extraits de livres perdus; 45, Tumeurs; 46 à 51, Chirurgie, Bandages et appareils. — Tome Y : Synopsis, en partie traduit en français. Euporisles. Anciennes traductions du Synopsis. — Tome VI : Suite du Synopsis et Euporistes. Ce dernier volume, paru en 1876, est dû à M. Mohnier, qui s'est chargé de compléter la publication interrompue par la mort des deux auteurs. Il est précédé d'une notice sur Oribase et suivi d'un index. Le nombre des auteurs mis à contribution p'ir Oribase est de trente et un. L. Leclerc.

oaiBATE. Genre d'Arachnides de la division des Acariens et formant le type d'une petite famille, celle des Oribatidés,

Ces Acariens sont remarquables par la dureté de leur enveloppe extérieure, comparée à une cuirasse. Hermann leur avait donné le nom de Notaspis (vwxoç, dos, ào-71-i?, bouclier).

Ces articulés vivent à terre, sous les herbes, dans les mousses et parfois dans l'eau. Leur parasitisme sur l'homme ne paraît pas à redouter [voy. Arachnides et Acariens). A. Laboulbène.

ORICIA. Nom d'un arbre qui croissait aupi'ès d'Oricée et fournissait de la térébenthine chez les anciens. C'est probablement le Pistacia Terebinthus L. [voy. Pistachier). Pl.

ORSElVT (Écoles mémcai^es d'). Voy. Écoles.

ORIGAIV. Origanum L. '^ l. Botanique. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Labiées. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, dont les fleurs sont environnées de bractées imbriquées, formant des épis tétragones, plus ou moins allongés. Le calice est ové, campanule, à 5 dents presque égales, ou bilabié; la corolle est iubuleuse à deux lèvres, dont la supérieure écbancrée ou bifide, l'inférieure plus longue et trifide. Les 4 étamines didynames sont ascendantes et écartées; l'ovaire quadrilobé porte un style divisé au sommet en deux lobes stigmatique-, dont le postérieur plus court que l'autre.

Les espèces intéressantes pour la médecine sont :

1 On a laissé de côté les livres XI, XII, XIIF, contenant Dioscoride, que l'on se proposait de rééditer à part.

ORIGAN (botanique). 545

1° VOrlgan vulgaire. Origan rouge [Origanum vulgare L.). C'est une plante très-vépandue en Europe et dans toute la région méditerranéenne, dans les bois montueux, secs, le long des haies et des fossés. Elle est en fleurs à la fin de l'été et en automne. Elle est naturalisée aux États-Unis.

Ses tiges pubescentes, souvent rougeâtres, hautes de 25 à 40 centimères, sont rameuses dans le haut et garnies de feuilles ovales pétiolées, un peu velues en dessous. Les fleurs en épis courts tétragones, sont placées à l'aisselle de bractées ovales, d'un rouge violacé, plus longues que les calices, un peu hérissés, à 5 dents égales, à gorge fermée par des poils après la floraison. La corolle est purpurine, plus rarement blanchâtre. Toute la plante a une odeur aromatique agréable.

On doit indiquer également deux variétés intéressantes de cette espèce, qui viennent mêlées au Dictamne de Crète; V Origanum vulgare p prismaticum Gaud. [Origanum creticiim L.) dont les épis prismatiques sont allongés; et y Origanum vulgare z Smyrnœum Benth, à fleurs petites. La première de ces variétés est l'ô/oîyavov d'Hippocrate; l'ôpiyavov ),suzoy de Théophraste.

2° Le Dictamne de Crète, Origanum Dictamnus L. sous-arbrisseau, à tiges diffuses, rougeâtres, couvertes d'un duvet blanchâtre cotonneux. Les feuilles sont ovales ou orbiculaii-es, laineuses sur les deux faces; les bractées longues de 7 à 10 millimètres, rougeâtres, disposées en épis lâches et penches.

Cette espèce croît dans l'île de Crète; elle est astringente, acre, piquante et aromatique. On lui attribue le Dictamne de Crète. C'est le AtxT«pjo; de Dioscoride, le Ai-/.Tapo; v.pnriY.âi d'Hippocrate et de Théophraste, enfin le Dictamnus dont Virgile a dit dans l'Enéide :

Dictamnum genitrix Cretœa carpit ab Ida, Piiberibus caulem foliis et flore comantem Purpureo

3° V Origan de Tournefort {Origanum Tournefortii Ait.), diffère de l'espèce précédente par ses feuilles subcordiformes plus petites, glabres, ciliées, par ses épis plus denses, par la gibbosité du tube de la corolle. Elle a été donnée par Guibourt comme ayant au moins autant d'activité que le Dictamne. La plante existe dans l'archipel Grec, dans l'île d'Âmorgos et en Orient.

4" L' Origanum Onites L. [Major ana Onites Benth.), delà Grèce australe et de la Crète, a été donné dans ces derniers temps par Vogl comme la principale origine du Dictamne de Crète, arrivant actuellement dans le commerce. C'est l'dvtTto- de Dioscoride. La plante qui appartient à la section des Majorana a des tiges simples, dressées, velues, à feuilles sessiles, ovales, dentées en scie, tomenteuses, à nombreux épis tout petits, ovoïdes disposés en corymbe serré; le calice bilabié a la lèvre antérieure denticulée et fendue.

5° La Marjolaine [Origanum Majorana L.) appartient à la même section des Marjorana, caractérisée par les épis globuleux ou oblongs , par le calice bilabié, et les feuilles florales herbacées, non colorées. C'est une plante de l'Asie moyenne, de l'Arabie et de l'Afrique septentrionale, qui est fréquemment cultivée dans nos jardins. Les tiges annuelles chez nous, vivaces dans les pays d'origine, sont grêles, ligneuses, dures, rougeâtres et velues; les feuilles oblongues-ovales, obtuses, entières sur les bords, sont blanchâtres, d'une odeur pénétrante, d'une saveur un peu acre et aromatique. Les épis sont courts, arrondis, réunis trois à trois, et portent des bractées serrées, blanchâtres, disposées sur quatre rangs. DICT. ENC. 2« s. XVIL 55

546 ORIGAN (emploi médic.vl).

On a quelquefois distingué de l'espèce précédente l'Origanum marjorandides Willd, qui n'en est qu'une forme à tige plus ligneuse, à feuilles plus petites, plus cotonneuses et plus aromatiques.

La Marjolaine est T'Aptâpa/oç de Théophraste, le 2âpi|/uxoT' de Dioscoride.

6° L'Origanum Orega Vog. [Origanum Heracleoticum Koch.) , qui est r'Opîyavov -hpovXzwuxïi de Dioscoride, l'ôptyavov pié>av de Théophraste, a les feuilles pétiolées, dentées en scie, pubérulentes, à épis allongés, linéaires, disposés en panicules corymbi formes.

7° Enfin la Marjolaine à coquilles, Origanum œgyptiacum L., plante douteuse, dont la synonymie n'a pas été bien établie. Pl.

Bibliographie. — Hippocrate. Morb. mul. , I, 609. — Théophraste. Hîstor. Plant., I, 15, VI, 2. — Virgile. Enéide, I, 412. — Doscoride. Mat. Med., III, 52, 33, 37, 39. — Toursefort. Inslitutiones Rei herbariœ, tab. IVC. — Linné. Gênera, 471 ; Species, 823, 824. — Bentham. Labiatœ, 533, et in De Candolle, Prorf?-omMs, XII, 191. — De Candolle. Flore française. — Grenier et Godron. Flore de France, II. — Gouibourt. Drogues simples. II, 467. — Schneider et VoGEL. Commentar zur ôsterreichischen Pharmacopœe, 84-85. Pl.

§ II. Emploi médical. Le genre Origanum, de la famille des Labiées, doit son nom à l'habitat alpestre de la plupart de ses espèces et comprend trois plantes médicinales, la marjolaine, l'origan vulgaire et l'origan dictamne ou dictamne de Crète. Nous avons étudié l'une d'elles, la marjolaine, dans une autre partie de ce Dictionnaire [voy. 2" série, t. V, 1872, p. 120) : il ne nous reste par conséquent à relater dans cet article que le s propriétés thérapeutiques de l'origan vulgaire et du dictamne de Crète.

l. Origan vulgaire. Cette Labiée, appelée aussi origan commun, marjolaine sauvage ou bâtarde, marjolaine d'Angleterre, croît dans les endroits secs et montagneux; elle donne à la matière médicale ses feuilles et ses sommités tleuries, qui ont une saveur acre et amère et exhalent une odeur fragrante. Elles doivent leurs qualités à une essence particulière dont l'odeur se rapproche de celle du thym et du serpolet. On trouve de plus dans l'origan vulgaire du camphre et une gomme résine qui colore l'eau en rouge.

L'origan a des propriétés stimulantes générales comme toutes les Labiées. Murray dit que la bière fermentée sur des feuilles d'origan prend des propriétés enivrantes, ce qui n'a pas lieu de surprendre, la plupart des essences exerçant primitivement une stimulation cérébrale plus ou moins marquée. Les anciens considéraient cette plante comme stomachique, expression que l'on peut ramener à un sens plus précis en l'appliquant aux médicaments qui stimulent l'estomac et exaltent ses facultés digestives quand elles sont languissantes, au même titre que toutes les infusions aromatiques dont le thé est le type. Suivant Murray, ou peut l'employer utilement comme moyen pouvant remplacer le thé, dont l'origan constitue un succédané indigène qui n'est pas sans valeur. Il faut remarquer toutefois que l'origan est plus échauffant que le thé, Folia siccata et aqua perfusa succedaneum Theœ Si7iensis haud ignobile prœbent ; sed, me judice, isto calidius (Murray, Apparat, medicaminum. Gœttingse, 1794, vol. secund., p. 175). Il n'y a pas lieu de s'étonner non plus de la réputation dont a joui jadis l'origan comme moyen emménagogue ; il la partage avec toutes les plantes stimulantes, et l'on conçoit son utilité dans l'aménorrhée atonique de la chlorose. Dans certains pays on l'utilise, à ce titre, sous forme de pédiluves, mais la congestion des pieds joue sans doute ici le rôle principal. Il serait rationnel de l'employer en bains de siège ou sous forme de fumigations dirigées vers la

ORIGNY (Eaux minékales d'). 547

vulve. Mais l'indication la plus sérieuse de l'origan est relative à son emploi en infusion dans les catarrhes sécrétants qui accompagnent si souvent l'asthme et l'emphysème pulmonaire. A ce point de vue l'origan se rapproche de l'hysope. On comprend en effet que ce médicament puisse utilement réveiller la contraclilité des bronches dans le catarrhe froid et phlegmorrhagique des gens épuisés ou débilités par l'âge. On a recours également à l'origan comme topique stimulant dans le lumbago et le torticolis et on lui attribue la propriété de faciliter la résolution des tumeurs récentes. L'essence d'origan est employée utilement, comme les autres essences, dans la carie dentaire, dont elle peut arx-êter la marche et dont elle atténue les douleurs.

L'infusion est la forme sous laquelle l'origan s'administre le plus souvent ; on prépare avec 4 à 15 grammes de feuilles pour 1000 d'eau une boisson théiforme. On l'a quelquefois donné en poudre (2 à 4 grammes). Pour l'usage externe on se sert de cataplasmes préparés avec des feuilles fraîches ramollies au feu. Les formulaires indiquent pour fomentations aromatiques un vin d'origan préparé par macération avec 15 ou 50 grammes de cette plante pour 1 litre.

II. Origan dictanine. L'origan dictame (ou dictamne) ou origan de Crète est peut-être (à quoi tient la célébrité !) le médicament le plus fameux qu'aient connu les temps héroïques, et son nom, pris dans un sens générique, est devenu synonyme de baume, de panacée. Il revient à chaque instant sous la plume des poètes comme le remède souverain des blessures de flèches et de javelots, enseigné suivant les uns aux héros grecs par l'instinct des chèvres sauvages qui, blessées, allaient brouter cette précieuse labiée, suscité suivant d'autres par les dieux eux-mêmes. Virgile n'a pas dédaigné de s'occuper de cette plante, de la décrire, et le XII" livre de VÉnéide nous montre Vénus allant la cueillir sur les montagnes de la Crète pour panser les blessures d'Énée : Dictamnum genitrix Cretœa carpitah Ida. On ne saurait douter par la description qu'il en donne qu'il s'agisse réellement de l'origan dictamne : les feuilles velues {puberihis caulem foliis) et les fleurs pourpres en épis {flore comantem purpureo) en rendent le signalement non équivoque. L'Allemand Geyer a consacré une érudite dissertation à déterminer la nature botanique du dictamne de VÉnéide et il a conclu à son identité avec l'origan de Crète. Les plantes ont leurs deslins comme les livres, et des fastueuses propriétés attribuées au dictamne il ne reste plus grand' chose aujourd'hui. C'est un vulnéraire qui a l'insignifiante valeur de tous les autres médicaments enrôlés sous cette étiquette confuse. Ses propriétés stimulantes sont celles de toutes les autres Labiées aromatiques. On l'emploie vulgairement en Crète, à titre de sudorifîque. Il y a Ji faire ici la part de l'eau, de la chaleur et de la plante elle-même. Sa réputation d'emménagogue date d'IIippocrate et n'est peut-être pas sans quelque fondement. Est-il nécessaire de rappeler que le dictamne de Crète entre dans la thériaque, le diascordium, le mithridate, etc. Sa légende poétique l'y appelait naturellement.

Le dictamne s'emploie en infusion (4 à 15 pour 1000), en poudre (2 à 8 grammes), en teinture au quart (4 à 8 grammes). Fo.\ssagrives.

ORIGÉROIM. Nom donné parfois à la Pulsatille [Anémone Pulsatilla L.). ORiei\Y (Eaux minérales d'). Athermales, bicarbonatées ferrugineuses

548 ORIOL (Eaux minérales d').

faibles, carboniques moyennes. Dans le département de la Joire, dans l'anondissemenl et à 4 kilomètres de Roanne, émergent deux sources dont l'eau est contenue dans deux puits très-rapprochés l'un de l'autre ; leurs margelles sont toujours ouvertes. L'eau de chacune de ces sources serait claire, si des flocons j aunes-rougeâtres n'en altéraient la limpidité; elle n'a pas d'odeur et sa saveur est manifestement ferrugineuse, des bulles gazeuses assez grosses et venant de temps en temps s'épanouir à la surface de l'eau des puits la traversent à époques assez rapprochées. On ne connaît ni la température exacte, ni la densité, ni la composition chimique de l'eau des sources d'Origny.

Des canaux de terre cuite aboutissent au fond de chacun des puits et conduisent leur eau à un réservoir où elle est chauffée par le charbon sans qu'on ait pris la précaution de l'isoler de l'air ambiant. L'établissement assez inconfortable d'Origny se compose d'une buvette et de neuf cabinets munis chacun d'une baignoire. Il est fréquenté par quelques malades de Roanne et des environs qui viennent boire, à la dose de quatre à huit verres par jour ingérés le matin à jeun de quart d'heure en quart d'heure, l'eau ferrugineuse d'Origny, et s'y baigner, quoiqu'elle ne contienne plus ou contienne bien peu des principes qu'elle avait conservés avant son élévation de température. Les anémiques, les chlorotiques et les dyspeptiques composent à peu près exclusivement la clientèle habituelle de la petite station d'Origny, dont les eaux ne sont pas exportées. A. R.

ORBB.i.KTTE. Nom donné à h Mâche ou Doucette (Valerianella Olitoria L).

ORIOL (Eaux minérales d'). Proto-thermales, bicarbonatées calciqnes faibles, carboniques faibles, dans le département de l'Isère, dans l'arrondissement de Grenoble, sur le territoire de la commune d'Oriol, émergent deux sources qui ont, à quelques légères différences, les mêmes propriétés physiques et chimiques et à peu près la même composition élémentaire, les mêmes principes fixes et gazeux. Leur eau est claire, limpide et transparente, après avoir laissé déposer une certaine quantité de flocons rouilles qui tombent dans sa couche inférieure et tapissent les parois de son réservoir. Elle est incolore et elle n'a aucune odeur marquée; des bulbes gazeuses assez grosses et assez rares la traversent et viennent se déposer en perles brillantes sur les vases qui les contiennent. La température est de 18° centigrade, et l'analyse chimique de la source principale d'Oriol a été faite en 1859 par Henry (Ossian), qui a trouvé dans lOÛO grammes de son eau les principes suivants :

Bicarbonate de chaux et de magnésie 1,150

— soude 0,100

— protoxyde de fer 0,040

— manganèse traces sensibles.

Principe arsenical non douteux.

Sulfates de chaux, de soude et de magnésie .... 0,110

Chlorures de sodium et de magnésium 0,014

Silice, alumine,imatière organique 0,020

lodure traces.

Total des matièbes fixes 1,'JOO

Gaz atide carbonique libre 0"',08.i

Leroy et Gueymard s'étaient livrés antérieurement au dosage des principes

ORLOVIUS. 549

contenus dans cette eau minérale et ils avaient constaté qu'elle contenait aux diverses époques de l'année une quantité plus ou moins considérable de matières solubles suivant que le temps était plus ou moins sec, que les pluies s'étaient prolongées ou que les neiges étaient fondues en plus ou moins grande quantité et dans une période plus ou moins longue. Lorsque l'analyse que nous avons rapportée a été faite, le captage avait été perfectionné et l'eau d'Oriol arrivait pure à ses griffons, puisque l'autorisation d'exploiter lui a été accordée par l'Académie de médecine dans sa séance du 12 août 1859 (voy. Bulletin de l'Académie de médecine, t. XXIV, p. 858).

Un établissement minéral a été bâti depuis longtemps sur les sources d'Oriol et un certain nombre de malades du département et des environs le fréquentent chaque année. Us viennent demander à ses eaux prises en boisson, en bains el en douches, de les guérir des accidents qu'ils éprouvent et qui reconnaissent pour cause un état de chlorose ou d'anémie bien confirmé.

L'eau de l'une des deux sources d'Oriol se prend en boisson à la dose de trois à huit verres, tous les matins à jeun et souvent aux repas, coupée d'une certaine quantité de vin. La durée des bains dont l'eau est arfillciellement chauffée est d'une heure en général, celle des douches est de dix à quinze minutes.

La durée de la cure est de vingt-cinq à trente jours.

On exporte sur une assez vaste échelle l'eau des sources d'Oriol ; mais celte eau n'est connue que dans les villes voisines de cette petite station de l'Isère. Sa fixité lui permet de supporter aisément le transport, aussi ne peut-elle manquer d'attirer un jour l'attention et de lui assigner le rang qu'elle mérite dans le cadre hydrologique. A. Rotureau.

ORIVAS ¥ DE ?i«>\RE.4.L (Juak-Bautista). Médecin espagnol du dix-septième siècle, né à Valence, fit ses études dans cette ville, se fit recevoir docteur en philosophie et en médecine et devint par la suite professeur en ces deux facultés à l'Université de Valence. 11 exerça la médecine pendant plusieurs années, mais renonça à la pratique lorsqu'il fut nommé député général de la province.

On a de lui :

I. Propugnaculum Hippocraticae el Galenicae doctrinae de febrium putridarum in principiis perpurgallonem et sanguinismissionem curatione . Lug-duni, 1679, m-i". — II. Joannix Baptistae Orivai sive Orivarri et de Monreal Comeniariwn in sententiain XXIX lib. Il aphorismorum llippocratis de sanguinis misione in febrium putridai-um curatione exercenda. Lugduni, 1078. — III. /. B. Orivai... Antipodophlebotomia in Gasparem Caldera de lleredia Hispalensem, in qua secla mitendi sanguinis ex talo omnino depetitur. Lugduni, 1078. L. Hn.

ORLOVirs (Ajvpreas-Johaîsk). Né à Vilna le 31 décembre 1735, étudia la médecine à Konigsberg et obtint le diplôme de docteur en 1761 ; il fut nommé professeur ordinaire de médecine à la même Université en 1766 et mourut le 28 février 1788, laissant:

I. Diss. inaug. de quaestione pathologica : Suntne haemorrhoides niorbus? Regiom., 17G1, in-4°. — II. Disn. de plicapolonica. Regiom., 1766, in-4°. — III. Progr. de uliltlate sectionum anatomicariim. Regiom., 1781, in-4°. — IV. Biss. de haemorrhagia o?-/*. Regiom., 1781, in-4°. — V. Diss. de balneis frigidis ad mercurii efficaciam adjuvandamin curanda lue venerea adhibendis. Regiom., 1782, 111-4°. — VI. Biss. de plethora. Regiom., 1783, in.4». vu. Progr. de cortice peruviano rubro. Regiom., 1783, in-4°. — VIII. Progr. du riibeolarum et morbillorum discrimine . Regiom., 1785, in-4°. — IX. Progr.de haemorrhagia

330 ORME (botanique).

spontanea ex apice pollicis manus sinistrae. Regiom,, 1786, in-4°. — X. Progr. observalio de insigni calcula felleo per alvum excreto. Regiom., 1787, in-4°. L. Hn.

ORME [Ulmus T.). §1. Botanique. Genre d'arbres dicotylédones-apétales, qui a donné son nom à la famille des Ulmacées, et dont les fleurs sont hermaphrodites ou polygames. Sur leur réceptacle déprimé ou légèrement concave on observe un calice gamosépale, souvent subcampanulé, et à cinq divisions plus ou moins profondes, imbriquées dans le bouton, marcescentes. L'androcée se compose d'un pareil nombre d'étamines superposées. Elles s'insèrent plus ou moins haut sur les bords de la cupule réceptaculaire et sont formées chacune d'un filet, dressé dans le bouton, et d'une anthère biloculaire, exserte, extrorse, dorsifixe et déhiscente par deux fentes longitudinales. Le gynécée, inséré au centre du réceptacle, se compose d'un ovaire sessile ou stipité, stérile dans les fleurs mâles et formé de deux carpelles, de façon qu'il peut çà et là posséder deux loges uniovulées ; il est surmonté d'un style qui se partage supérieurement en deux branches égales, chargées en dedans de papilles stigmatiques. Mais le plus souvent une seule de ses loges est fertile, et l'ovule qu'elle renferme, inséré vers le haut de son angle interne, est descendant, anatrope, avec le raicropyle dirigé en haut et en dehors. Le fruit est une samare aplalie, dont les bords sont partout prolongés en une aile périphérique, membraneuse, ciliée ou non sur ses bords, et dont la cavité, un peu insymétrique, à paroi réticulée, renferme une graine descendante, dont l'embryon charnu est dépourvu d'albumen. Ses cotylédons aplatis répondent aux faces du fruit, et sa radicule supère est rectiligne. 11 y a des fleurs d'Ormes à six, sept ou huit divisions. Ce sont des arbres ou des arbustes, dont on connaît une quinzaine d'espèces, habitant, dans les deux mondes, les régions tempérées de l'hémisphère boréal. Leurs branches sont souvent subéreuses et quelquefois ailées. Leurs feuilles sont alternes, distiques, simples, souvent dentées en scie, penninerves, insymétriques à la base, accompagnées de stipules latérales. Presque toujours ces feuilles tombent en hiver, et c'est avant leur développement que se montrent au printemps les fleurs, nombreuses, peu éclatantes, sortant de bourgeons axillaires écailleux, et disposées en cymes ou en glomérules plus ou moins composés.

Les espèces du genre Orme qui intéressent la pratique sont les suivantes :

1. Orme champêtre [Ulmus campestris L., part. — Sm., Engl. FL, II, 20. — Pl., in DC. Proct., XVII, 156. — H. Bn., Hist. des pL, VI, 137, fig. 89-94), ou Ormeau, Oj^mille, Umeau, Orme blanc. Orme des champs, Ârhre à pauvre homme. Cette espèce très-variable, et dont la culture a acquis un grand nombre de formes, est un arbre ou un arbuste, à feuilles ovales, ovales-lancéolées ou lancéolées-oblongues, insymétriques à la base, brièvement acuminées au sommet, avec les bords simplement ou doublement dentés en scie ; des fleurs petites, à courts pédicelles, 4 ou 5 mères, avec les sépales ciliés sur les bords ; des fruits cunéiformes-oblongs ou obovales, courtement bifides au sommet, marginés. C'est une plante qui se rencontre dans l'Europe presque entière, sauf dans la zone glaciale et sous-glaciale, soit dans les bois, soit au bord des champs ; dans l'Asie Mineure, en Sibérie jusqu'à la région du fleuve Amour, et dans le nord de l'Afrique. Elle est très-polymorphe. Ses feuilles sont très-grandes, ou moyennes, ou petites. 11 y en a une forme pyramidale ou fastigiée; c'est l'Orme pyramidal ou V Ulmus suberosa pyramidalis Desf., et 1' U. suberosa fastigiata

OKME (botanique). 551

AuDiB., préféré assez souvent au type pour l'usage médical. L'fJ. pendilla W. {Enum. Hort. berol., Suppl. 14) en est une forme pleureuse, souvent cultivée dans les parcs et jardins d'agrément. Il y a aussi une forme réfracta, dont les branches sont réfractées ou recurvées-défléchies, également cultivée. VU. horizontale est une autre forme à rameaux étalés horizontalement ou à peu près. Nous ne parlons pas des formes dont l'incisure des feuilles varie plus ou moins et quelquefois à un degré extrême, si bien qu'elles deviennent profondément laciniées, ni de celles dont le feuillage devient panaché, bronzé, jaune, pourpré ou taché de blanc, ni de celles dont le duvet est plus ou moins abondant, plus ou moins court, rude et âpre, ou bien où il disparaît en partie ou même eu totalité. Ces diverses variations n'influent probablement pas sur les propriétés médicinales des feuilles ou de l'écorce.

2. Orme fauve d'Amérique ou Hippery Elni de États-Unis {Ulmus fulva MicHx., FI. bor.-amer., 1, 122). Cette espèce a de belles et grandes feuilles distiques, oblongues, aiguës-acuminées, souvent très-insymétriques à la base, auriculées d'un côté, subcordées, avec de grosses doubles serratures sur les bords, couvertes en dessus de poils rudes, en dessous d'un duvet pubescent. Les écailles internes des bourgeons sont, ainsi que les bractées, couvertes d'un épais duvet rouge. Les inflorescences sont globuleuses et serrées, et les fruits oblongs sont entourés d'une aile glabre, avec le disque légèrement pubescent. C'est un bel arbre de 15 à 20 mètres de haut, qu'on cultive souvent dans nos jardins et parcs. Son port est souvent très-élégant. Linné l'appelait Ulmus americana (partiellement), et Michaux, dans son ouvrage sur les forêts l'Amérique du Nord (III, 128), Ulmus rubra. Il croît spontanément au Canada, dans plusieurs localités des Etats-Unis, dans les montagnes Alleghanies, à Saint-Louis du Missouri, dans le Tennessee, le Kentucky et à la Louisiane. Emerson l'indique dans son rapport sur les arbres de Massachusetts (p. 297-299). Dans leWiscousin, il ne paraît pas dépasser 10 à 15 mètres de hauteur. Ce sont les Indiens de l'Amérique du Nord qui ont enseigné aux Européens les vertus de cet arbre qu'ils employaient au traitement de leurs blessures, en même temps qu'avec la décoction de son écorce ils soignaient diverses affections chroniques de la peau dont ils étaient souvent tourmentés. On a aussi insisté dès le commencement du siècle sur la propriété qu'a son écorce interne de développer du mucilage au contact de l'eau. Cette écorce se présente dans le'commerce de la droguerie sous forme de grands morceaux de deux à trois pieds de long, sur six pouces environ de large. Sa texture est^/ibreuse ; sa couleur est d'un brun rougeâtre clair et son odeur est, comme celles des feuilles, assez analogue à celle du Fenu-grec ; sa saveur est mucilagineuse. Il paraît qu'on' tue les arbres en enlevant leur écorce et que les indigènes ne tentent rien pour remédier à cette destruction, considérant le bois comme sans valeur. Aussi la rareté de ce médicament comnience-t-elle à se faire sentir, ei l'on a de la peme depuis dix ans à suffire aux commandes faites par la droguerie. On réduitcette écorce en poudre, aux États- Unis, pour en confectionner des cataplasmes; cette poudre se mélange au lard pour l'empêcher de rancir. On doit à MM. Flûckiger et Hanbury {Pharmacogr., 501), quelques recherches sur la structure microscopique et la composition chimique de cette écorce. D'après eux, sa section transversale montre une série de couches ondulées de larges faisceaux jaunâtres de fibres libériennes lisses, alternant avec de petites bandes brunes parenchymateuses. Le tissu tout entier est traversé par de nombreux rayons médullaires et interrompu par de larges

552 ORME (botanique).

canaux mucilagineux intercellulaires. Le contact de l'eau altère ces canaux, et l'on conseille de les traiter par le benzol pour les étudier sur les coupes longitudinales. Leur contenu est mucilagineux et incolore. Le parenchyme interposé aux canaux mucilagineux est rempli de fécule et de cristaux d'oxalate de chaux. Le mucilage se délaie sans se dissoudre dans l'eau, soit à froid, soit à chaud. La macération de l'écorce dans ce liquide développe autour d'elle une épaisse couche de mucilage neutre, sans action sur l'iodure et le perchlorure de fer. Étendu de trois fois son volume d'eau, il ne traverse que très-peu les filtres de papier, et le liquide qui passe précipite par l'acétate de plomb. L'alcool absolu ne trouble pas le mucilage et le transforme en un dépôt fluide, incolore et transparent. L'action de cette écorce doit être en somme analogue à celle de la graine de lin ou de la racine de guimauve. Coxe rapporte même qu'elle est comestible [Amer. Dispens., 6H), et qu'en 1794 plusieurs soldats de l'armée du général Wasner vécurent plusieurs jours en ne prenant qu'elle pour aliment.

3. Orme à petites feuilles [Ulmus parvifolia Jacq., Eort. schœnbr., III, t. 261), encore appelé Orme de Chine et Thé de Tabbé Gallois. C'est une espèce frutescente ou un petit arbre, à feuilles petites, étroitement lancéolées, insymétriques à la base et un peu aiguës ou à peine acuminées au sommet, à serratures triples sur les bords. Adultes, elles deviennent coriaces et elles sont glabres, sauf leur nervure médiane qui porte en dessous un duvet lâche. Les fleurs se montrent soit à la base des rameaux dej'année, soit dans l'aisselle des feuilles adultes de l'année précédente. Elles sont au nombre de quatre ou six dans chaque groupe, et leur périanthe est à quatre ou cinq parties. Le fruit est une petite samare ovale-elliptique ou obovale et émarginée au sommet. Cette espèce, dont les feuilles rappellent assez celles du Thea Bohea, est originaire de Chine et du Japon, elle est cultivée dans l'Inde et elle redoute les hivers rigoureux de l'Europe. C'est l't/VmMs chinensis Pers., et le Microptelea parvifolia Spach. On la cultive aussi dans quelques jardins sous le nom d'f/. piimila, mais il ne faut pas la confondre avec l'espèce à laquelle Linné a donné ce nom et qui appartient à la Sibérie transbaïle.

Les Ulmus corylifolia Host., effiisa W. {ciliata Ehrh.), glabra Sm., major. Sm., tiliœfolia Host., ne diffèrent pas par leurs propriétés de VU. [campestris.

VU. Keia-Ki Sieb., qui passe au Japon pour avoir les propriétés de nos Ormes, est le Planera japonica Miq.

Plusieurs Ormes ci-dessus énumérés, notamment VU. campestris, peuvent àexeniv subéreux, c'est-à-dire que leur couche subéreuse s'hypertrophie au point qu'elle peut fournir un liège grossier.

Les galles d'Orme ont été employées en médecine, notamment celles que produit sur VU. campestris la piqûre du Tenthredo Ulmi. Leur cavité renferme un liquide transparent, ou Eau d'Orme, jadis vanté contre les ophthalmies, les plaies, les contusions. Le Baume d'Orme ou à'Ormeau est le résidu jaune ou noirâtre que laisse ce liquide dans les galles à l'arrière-saison. On l'a conseillé contre les affections de la poitrine, au dire de Gmelin {Découv. Russ., [l, 557). VU. Keia-Ki porte aussi sur son fruit de grosses galles astringentes.

11 y a, selon Âlibert {Mat. méd.. Il, 968), un « Orme de l'Amérique méridionale (7) », dont l'écorce porte aux États-Unis le nom de Cortex unguentarius et qui sert au traitement des ulcères rebelles. Serait-ce V Ulmus fulva?

ORME (pharmacologie). 555

L'Orme de Samarie ou 0. à trois feuilles est le Ptelea trifoliata L,

h'Ortne de Virginie est ÏOstrija virginiana W.

UOrme de Sibérie est le Planera crenala Desf.

h' Orme d' Amérique est le Guazuma nlm,ifoliaï)G., du groupe des Malvacées- Buettnériées ; on l'a nommé aussi 0. pyramidal. Son écorce servait aux Antilles à clarifier le sucre. H. Bn.

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§ H. Pharmacoiog^ic. On emploie surtout en médecine l'orme champêtre de nos pays et l'orme rouge d'Amérique. V écorce d'orme champêtre ne se rencontre pas aujourd'hui en abondance dans le commerce. Lorsqu'on destine cette écorce à l'usage médicinal, il faut avoir soin de la détacher de l'arbre au commencement du printemps ; on la monde ensuite de sa couche subéreuse et on la .îoumet à la dessiccation.

Préparée de cette façon, elle se présente sous la forme de larges lanières ou fragments aplatis, d'une coloration rouilléeou ocre rouge, et striés à la surface, surtout à la partie interne ; sa consistance est souple et fibreuse ; son odeur est nulle ; sa saveur est légèrement astringente et amère mélangée d'un goût pâteux et mucilagineux.

L'analyse en a été faite par Vauquelin, qui y a trouvé du carbonate de chaux, de l'acétate de potasse, etc.; mais les principes les plus importants que la saveur avait déjà permis de soupçonner sont une quantité assez considérable de mucilage et une faible dose d'acide tannique ; ce tannin est de la catégorie de ceux qui précipitent en vert noirâtre les sels de fer au maximum ; en effet, la décoction de cette écorce fournit un dépôt brun sous l'influence du perchlorure de fer; la décoction ainsi traitée et étendue d'eau prend une coloration verte.

Quelques auteurs disent que la substance renferme une certaine quantité d'amidon; ce qui explique qu'elle a pu servir d'aliment dans quelques circonstances; mais le principe amylacé n'existe que daps l'écorce moyenne, qui est habituellement jejetée quand on veut se servir de l'orme dans un but pharmaceutique. C'est cette drogue qui est connue dans le commerce sous le nom à'écorce d'orme pyramidal.

L'arbre laisse exsuder pendant l'été une gomme qui au contact de l'air se convertit en une masse insoluble, brime, nommée idmine. Mais depuis cette matière a été trouvée dans d'autres corps tels que la tourbe, la terre d'ombre, le fil écru, etc., et sa dénomination a été étendue à divers produits de décomposition de corps organiques dont la nature et les affinités ne sont que médiocrement connues.

On voit naître dans quelques cas sur les feuilles de l'orme champêtre, surtout en Provence, en Italie et en Perse, des excroissances ou galles qui peuvent acquérir la grosseur du poing et qui contiennent une eau claire appelée eau d'orme dans certains ouvrages anciens. Celte eau, qui est douce et légèrement visqueuse, a été utilisée, ainsi que nous le disons plus bas, dans l'hygiène de la toilette et dans la thérapeutique ; ces vésicules sont déterminées par un puceron,

554 ORME (thérapeutique).

le Tenthredo Ulmi; au moyen de lafiltration du liquide, il est facile d'en séparer ces parasites. Yers l'automne ces productions se dessèchent, les insectes meurent, et on trouve dans les cavités .une sorte de résidu jaune ou noirâtre appelé baume d'ormeau et qui a eu aussi des applications médicales.

L'écorce d'orme rouge ou d'orme fauve, employée en médecine, est uniquement constituée par le liber. Pour la recueillir, les Américains ont la fâcheuse coutume de couper l'arbre à la base et de ne prendre aucun soin pour sa reproduction, parce que son bois est à peu près sans valeur. Aussi la drogue diminue-t-elle d'année en année, et d'après Fliickiger et Hanbury, les collecteurs qui autrefois en retiraient de grandes quantités de New-York et des États de l'Est, sont aujourd'hui obligés d'aller la chercher dans les États de l'Ouest.

Elle se présente en'grands morceaux aplatis, souvent longs de 0'",60 à O^.OO, et larges de plusieurs pouces, ordinairement épais de 1 à 2 millimètres. Leur consistance est souple et fibreuse ; leur coloration est d'un brun rougeâtre clair; leur odeur, identique du reste avec celle des feuilles de l'arbre, ressemble à celle du fénu-grec ; la saveur est simplement mucilagineuse.

Les Américains réduisent cette substance en poudre aussi fine que la farine et en font sous cette forme un commerce assez considérable. Cette poudre est d'un jaune rosé très-pâle et forme dans la bouche un mucilage analogue à celui de la gomme adragante.

Le mucilage existe, en effet, en très-grande abondance dans cette écorce et en constitue le principe le plus important. L'eau chaude ou même l'eau froide s'empare de cette matière, mais sans former avec elle une véritable solution. L'écorce humectée avec vingt parties d'eau augmente considérablement de volume et s'enveloppe bientôt d'une couche épaisse de mucilage neutre qui n'est altéré ni par l'iode, ni parle perchlorure de fer; cette espèce de gelée est encore capable d'absorber une quantité considérable de liquide, car, diluée même avec trois fois son volume d'eau, elle ne laisse filtrer que quelques gouttes; la liqueur qui s'est ainsi écoulée donne un précipité par l'acétate neutre de plomb. Quand on ajoute de l'alcool absolu, le mucilage ne se trouble pas, mais forme un dépôt fluide, transparent et incolore,

L'écorce d'orme rouge n'a pas donné lieu à de nombreuses préparations pharmaceutiques ; il n'en est pas de même de l'orme champêtre, et voici les principales formes sous lesquelles on l'a employé en médecine :

TISANE d'orme.

2p Écorce iVorme 125 grammes.

Eau 1250 —

Réduisez par ébuUitiou à 1000 grammes, passez et sucrez.

L'extrait alcoolique du Codex se prépare de la même façon que l'extrait alcoolique de digitale.

Le Codex donne aussi la formule d'un sirop d'écorce d'orme contenant 0^'AO d'extrait alcoolique pour 20 grammes de sirop.

On a aussi employé ce médicament en poudre, en teinture et sous toutes les formes pendant le court moment de faveur dont il a joui.

§ IIL Tfaérapcutiqne. On prescrivait autrefois l'écorce intérieure de l'orme

ORME (thérapeutique). Î)55

comme un astringent mucilagineux léger. Les auteurs nnciens connaissaient Lien les proprie'tés du nreléa, nom sous lequel ils de'signaient VUImus compestris. Diopcoride le recommandait contre les exanthèmes et les croûtes lépreuses; Pline accordait des vertus imaginaires à l'écorce et aux feuilles de l'ulmus. L'emploi de cette écorce est indiqué en Angleterre dans les livres médicaux du onzième siècle. A cette époque un grand nombre de plantes du midi de l'Europe avaient été introduites dans la grande Bretagne. Parkinson dans son Theater of Plants fait remarquer que « toutes les parties de l'orme sont d'un grand usage en médecine ». Sauvages l'avait indiqué dans sa nosographie publiée en 1763 ; mais il l'avait ensuite laissé de côlé, le regardant comme trop affaiblissant à cause des quantités considérables qu'il fallait en prescrire.

On commençait à oublier ce médicament lorsqu'un charlatan, nommé Banau, sut lui donner une vogue considérable. C'est lui qui le décora du nom d'écorce d'orme pyramidal, sans dire quel était cet orme; c'était tout simplement l'espèce commune à laquelle il avait donné une dénomination particulière pour en rehausser les vertus aux yeux du vulgaire et surtout pour en tirer le plus grand parti pécuniaire. 11 le considérait comme un véritable spécifique contre les affections invétérées de la peau. C'était le premier des cosmétiques. Il en faisait aussi une véritable panacée contre les affections les plus variées, telles que les vieux ulcères, la gangrène, les douleurs vagues ou fixes, la leucorrhée, le cancer, la scrofule, la syphilis, le scorbut, le rhumatisme, la fièvre intermittente, les maladies nerveuses, etc., c'était un remède universel. Il en donnait deux onces en décoction.

L'écorce d'orme fut alors vraiment à la mode. Tous les malades voulaient être soumis à son usage. De bonne foi, un certain nombre de médecins crurent lui reconnaître des effets remarquables contre quelques classes de maladies. Struve et d'autres auteurs lui attribuèrent des effets admirables dans l'ascite; mais l'expérience est loin d'avoir confirmé ces assertions. Lyson prétend lui avoir vu guérir l'icblhyose; il en prescrivait une décoction de quatre onces dans une livre d'eau réduite à moitié.

Mais l'engouement ne dura pas, car on s'aperçut bientôt que l'orme pyramidal est à peu près inerte. Desbois de Rochefort dit spirituellement qu'il a réussi, mais à ceux qui l'ont vendu.

Aujourd'hui son usage est bien peu étendu. Ferrein, dans sa Matière médicale^ puis Trousseau et Pidoux, le citent parmi les bois sudorifîques ; l'écorce est quelquefois employée comme diapborétique et diurétique. A notre avis, le liber d'orme ne doit être considéré que comme un astringent peu énergique et qui ne diffère point des autres médicaments analogues.

La liqueur renfermée dans les galles des feuilles est un des moyens que les

femmes ont quelquelois employé pour entretenir et augmenter l'éclat de leur

teint. Elle a été conseillée contre les maux d'yeux et pour laver les plaies et les

contusions. On a préconisé aussi le baume d'ormeau contre les maladies de

poitrine.

Les jeunes feuilles d'orme, ainsi que les bourgeons, se mangeaient du temps de Dioscoride; elles ont aussi passé jadis pour vulnéraires et détersives. Pallas les dit purgatives ; elles le sont sans doute lorsqu'elles ont leur complet développement ; elles agiraient alors mécaniquement.

L'orme présente aussi d'autres usages commerciaux : ainsi son bois, qui est assez dur, rougeâtre, est usité surtout pour le charronnage. La variété qui

556 ORME (tiiiôuapkutique).

porte le nom de loi-lillard à cause de ses courbures nombreuses est employée pour fabriquer des moyeus de roues, dos vis de pressoir, des pieds de mortier, etc.

Ou voit souvent se développer sur le tronc de cet arbre des excroissances ligneuses d'un volume considérable ; elles sont utilisées par les ébénistes, qui en font des meubles d'une grande beauté; leur section met à jour des dessins bizarres et variés à couches concentriques et susceptibles du plus beau poli.

L'orme champêtre est un excellent bois de chauffage lorsqu'il a deux ans de coupe.

Les anciens le donnaient pour soutien à la vigne ; l'épithète de marita donnée souvent par les Latins à l'orme champêtre rappelle l'usage encore subsistant sur quelques points de lltalie de marier la vigne à cet arbre.

L'oi'me rouge ne présente pas des usages aussi variés que son fi ère d'Europe ; néanmoins ses propriétés méritent d'êlre mieux étudiées.

Les Indiens de l'Amérique du Nozxl lui attribuent depuis longtemps des vertus médicinales. En Europe cette écorce était connue sous le nom de Cortex iinguentarius. Alibert en parle dans sa Matière médicale. Bigelow, en 1824, fait remarquer que les propriétés mucilagineuses de la portion interne de l'écorce sont bien connues.

Nous avons déjà dit en effet que cette partie de VUlmus fulva et de VUlmus americana qui croissent en Amérique est très-riche en mucilage. Excellent réservoir d'humidité, elle est cmoUiente comme la guimauve et le lin et se rapproche, quant à sn capacité d'absorption aqueuse, du mucilage de coing et de la gomme adragante.

Les Américains la réduisent en une sorte de farine et en font des cataplasmes qu'ils emploient dans un grand nombre de maladies inflammatoires. Cette écorce devient rare : aussi la poudre que l'on vend dans le Nouveau-Continent est souvent mélangée de matières féculentes.

La substance pilée et bouillie dans l'eau forme des cataplasmes émollients préférables, d'après Coxe, à ceux de la mie de pain et de la farine de graines de lin. En 1794, l'armée du général Wagner opérant contre les Indiens en retira les meilleurs résultats, au dire de son chirurgien en clief, J. Strong de Philadelphie.

On prescrit aussi sa décoction ; elle sert à l'extérieur pour lotionner les engelures, les gerçures, les briilures récentes, les éruptions cutanées, les plaies par armes à feu, etc.

A l'intérieur, cette même décoction est employée par les naturels contre les bronchites, la pleurésie, les maladies des reins et des voies urinaires, la diarrhée et surtout la dysenterie. Ses propriétés émollientes comparables à celles des substances gommeuses en rendent l'indication parfintement rationnelle dans ces diverses affections.

Cette écorce de l'orme rouge peut aussi être utilisée dans la bromatologie : on en fait, par exemple, des gelées nourrissantes. On raconte que quelques soldats de l'armée de Wagner ont vécu plusieurs jours en se nourrissant exclusivement de cet aliment.

Elle passe encore pour jouir de la propriété de corriger la rancidité du lard ; il suffit pour cela de mélanger la poudre avec la viande salée et de la laisser quelque temps en contact. Je pense qu'il faut voir là une action absorbante.

ORMEROD (Les deu;-). 557

hiquelle fait disparaître les acides gras volatils qui donnent au lard vieilli sa mauvaise odeur.

On connaît un certain nombre de végétaux qui portent le nom d'orme, mais qui n'ont aucun rapport botanique avec les arbres dont nous venons de parler. Nous nous contenterons de les citer.

Les feuilles de l'orme à trois feuilles [Ptelea Irifolia L.), de la famille des Zanthoxylées, sont regardées comme détcrsiveset vermifuges; en Amérique, ses capsules amères aromatiques sont fréquemment substituées au houblon dans la fabrication de la bière ; cette substitution n'est pas inoffensive.

Aux Antilles, à la Guadeloupe surtout, on donne vulgairement le nom d'orme à une plante qui n'appartient pas au genre Ulmus, mais n'est autre que le Theobroma Guazuma L., Guazuma ulmifolia DC, qui appartient au groupe des Malvacées-Buettnériées. L'écorce de cet arbre servait à la clarification du sucre ; depuis ce moyen a été abandonné, ayant paru peu avantageux.

Féris.

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ORitiEROD (Les deux).

Oi-inerod (WiLLiAM-PiERs). Fils de George Ormerod, célèbre antiquaire, auteur d'une History of Cheshire, naquit à Londres en 1818. Il fit ses premières études à Laleham et à Rugby, puis commença, en 1835, ses études médicales à l'hôpital Saint-Barthélémy, sous la direction de son oncle maternel Peter Mère Latham, excellent clinicien. Élève particulier de Stanley, il s'appliqua surtout à la chirurgie et prit avec succès ses degrés au Collège des chirurgiens de Londres. En 1840 et 1841, il fut house-surgeon de Lawrence, dont il écrivit l'éloge plus tard. En 1842, il obtint le prix Jackson, en 1843, il fut nommé démonstrateur d'anatomie, mais dès l'année suivante résigna ces fonctions pour raison de santé et se retira à la campagne. Il consacra les deux années qui suivirent à classer les observations qu'il avait eu occasion de recueillir à Thôpilal Saint-Barthélémy de 1855 à 1844, puis en 1846 relusa le poste d'assistanfsurgeon au même hôpital pour aller se fixer à Oxford, oîi il ne tarda pas à être nommé chirurgien du Radcliffe Infirmary.

Malheureusemenl, en décembre 1848, Ormerod fut atteint d'épilepsie et dut quitter ses occupations à Oxford. Il résida alors en divers endroits, entre autres

558 ORMEROD (Les deux).

à Brighton, puis en 1850 se fixa définitivement à Cantorbéry et y passa les dernières années de sa vie. Il n'avait pas abandonné l'étude dans cet intervalle de temps ; il s'était même appliqué à la pharmacie et aux accouchements, et, chose plus extraordinaire, à l'étude de la langue maori, du jardinage el du métier de charpentier, tout cela dans l'espoir de se rendre en Nouvelle-Zélande en qualité de missionnaire-médecin. Il était du reste plus ou moins tombé dans le mysticisme. Ormerod ne put donner suite à ses projets, car il mourut le 10 juin 1860 d'une fracture de la base du crâne, qu'il se fit pendant un violent accès d'épilepsie.

Nous connaissons de lui :

I. The Comparative Value of the Préparations of Mercury and lodine in the Treatment of Siiphilis (Jacksonian Prize Essay). MS. conservé à la bibliothèque du Collège roy. des chirurgiens de Londres, 1842, in-4°. — II. CUnical CoUeclioas and Observations in Surgerij made duringan Altendance on t/ie Surgical Practice of St. Bartholomew's Ilospital. Loudon.

1846, in-S". — III. The Sanilary Condition of Oxford, pubUé par le Ashmolean Society,

1847, L. Hn.

Ormerod (Edward-Latha.m). Frère du précédent, né à Londres en 1819, fit comme luises premières études à Laleham et à Rugby, mais avec beaucoup plus de succès que lui. En 1838, il entra à l'hôpital Saint-Barthélémy et s'appliqua surtout à la médecine. En 1841, il entra au Caius Collège de Cambridge et y resta jusqu'en 1845, où il obtint le degré de licencié en médecine. Il n'en IVéqncnta pas moins, pendant les congés, l'hôpital Saint-Bartbélemy, et en 1844 y fut même nommé démonstrateur d'anatoraie pathologique. En 18 i7, il fut atteint de suppuration aiguë de la prostate et de l'un des testicules et se relira à Brighton, oii il travailla pendant sa convalescence à ses observations cliniques sur la fièvre continue.

En 1850, Ormerod se fit recevoir felloiv du Collège des médecins de Londres, et en 1851 prit le degré de docteur à Cambridge, puis en 1853 fut élu médecin du Siissex Country Hospital, et immédiatement après entreprit la réorganisation du Muséum de cet hôpital, classant, décrivant les pièces, et continua ce travail jusqu'à sa mort. En 1867 et 1868, il remplit les fonctions d'examinateur pour le degré de bachelier en médecine, et en 1872 devint fellow de la Royal Society. Il était en outre fellow de la Royal Medico-Chirurgical Society. Ormerod mourut en mars 1873 des suites de la lithiase prostatique et vésicale dont il souffrait depuis un grand nombre d'années. Il a laissé la réputation d'un médecin habile, d'un auteur savant et érudit, clair et élégant par le style, et même d'un naturaliste distingué.

On peut citer de lui ;

l. Clinical Observations on the Pathology and Treatment of Continued Fever. LoaJoii,

1848, in-8°. — II. On the Pathology and Treatment of Valvular Disease of the Ileart and its Secondary Affections (Gulstonian Lectures, 1851). London, 1851, in-8° (Exlr. de Lond. Med. Gazette). — III. A Review of the Présent State of Cardiac Pathology. London, 1864 , in-12 (extr. de Brit. Med. Journ.). — IV. On the Natural History of Britisk Social Wasps. London, 1868. — V. Fatty Degeneration of the Heart. In Med. Gaz., 1849. —VI. Munnur in the Pulmonary Artery. In Edinb. Med. andSurg. Journ., 1845. — VII. Certain Forins of Disease of the Lungs. In Brilish Med. Journ., 1858. — VIII. Congénital Absence of the Utérus and its Appendages. In Trans. of the Path. Soc., t. VII, p. 271, 1855-1856. — IX. On the Pathology of Fatty Degeneration. In St. Bartholomew's Hosp. Reports, t. IV, p. 30, 1868. — X. Observations on a Peculiar Condition of the Bones oftwo Insane Patients tvho had fractured Ribs. Ibid., t. VI, p. 65, 1870- — XI. On Degeneration of Bone, ibid., t. VII, p. 52, 1871. — XII. Contributions to the Natural History of the British Vespidae. InNewman's Zoologist, t. XVII, p. 6641, 1859. ' L. Ih.

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