ORNITHOGALE
ORIHIER. Nom employé par les anciens auteurs, et notamment par Âdanson, pour désigner les Mollusques-Gastéropodes appartenant au genre Haliolis L. {voy. Haliotide). Ed. Lefèvre.
ORNE ou OR]\ier. Nom donné à une espèce de Frêne, le Frêne à la manne, Fraxinus Ornus {voy. Frêne).
ORIKE (Joseph). Médecin américain, né à Salem en 1749, fit ses premières études au Harvard Collège, puis se livra à la médecine sous la direction d'E.-A. Holyoke, de Salem. En 1770, il se fixa àBeverley et jouit bientôt d'une grande réputation comme praticien. En 1777, il revint à Salem et y exerça l'art de guérir jusqu'à sa mort, arrivée prématurément le 28 janvier 1786. 11 était membre de l'Académie des arts et des sciences de l'Etat de Massacbuselts, de la Société médicale de Massachusetts et du Philosophical Lihrary Companion de Salem. 11 a fait une série de communications intéressantes à la Société médicale de Massachusetts. Ajoutons qu'Orne était en outre poète et homme de lettres. L. 11m.
ORIVIÊRE. Synonyme de Ulmaire, nom du Spirœa Ulmaria L.
OR^'lTHODELiPBES. Ce nom a été parfois appliqué à des Mammifères dégradés tels que l'Echidné et l'Ornithorhynque, qui offrent dans la disposition de leur appareil génito-urinaire certaines analogies avec les Oiseaux, et que l'on appelle plus communément Monotrèmes [voy. ce mot et les mots Écuidné et Ounithorhynque) . E. Ocstalet.
ORiMiTnoGALE. Omithogalwu L. Genre de plantes Monocotylédones, appartenant à la famille des Liliacées, caractérisé par ses fleurs à périgone marcescent, formé de 6 divisions libres et étalées; ses étamines hypogynes ou insérées à la base des divisions du périgone, à filets subulés, aplatis et dilatés à la base, à anthères fixées au filet par le dos; son ovaire triloculaire surmonté d'un style simple; sa capsule ovoïde trigone, à 3 loges contenant plusieurs graines subglobuleuses ou anguleuses.
Les Ornithogales sont des plantes herbacées dont les fleurs en grappe spiciforme ou en corymbe font un effet agréable à l'œil.
On distinoue surtout comme plante intéressante VOrnithogalum umbellatum L., qui vient dans les champs, les vignes, les prés et les gazons des bois dans une grande partie de l'Europe. Les fleurs en corymbe, portées sur des pédoncules étalés-dressés, ont 3 centimètres de diamètre, sont blanches, marquées d'une ligne verte sur le dos de chaque division.
Ces fleurs s'ouvrent dans le milieu de la journée, lorsqu'il y a du soleil, et se referment de bonne heure, d'où le nom vulgaire de Dame d'onze heures qu'on donne à cet ornilhogale.
La plante a, dans sa portion souterraine, un bulbe ovoïde, prolifère, muni de caïeux ellipsoïdes. Ce bulbe est doux et comestible quand on l'a fait cuire ou à l'eau ou sous la cendre.
VOrnithogalum pyrenaicum L., à tige haute de 1 mètre, à fleurs nombreuses^
550 ORNITHOMYIE.
jaunes-verdâtres, en Jongue grappe, donne de jeunes pousses qu'on nomme Aspergettes et qu'on mange aux environs de Genève. Pl.
Biblioghaj'hie. — Linné. Gênera, 418 ; Species, 440 et 441. — De Candolle. Floi'c française, m, 216 et 217. — PoiRET. Encyclopédie, Dictionnaire, VI, C16. — Grejsier et Godrox. Flore de France, m, \89. Pl.
ORl^'lTlIOGluOSSA. Ce nom, qui signifie langue d'oiseau, a été appliqué au fruit du Frêyie (Fraxinus excelsior L.). Pi..
ORTVITnOMi'lE. (de opvtç, opviQoç, oiseau, et avïa, mouche; mouche d'oiseau). Genre d'insectes diptères, faisant partie de la division des pupipares de Latreille, ou nymphipares {voy. PuriPAFEs), et vivant en parasites sur diverses espèces d'oiseaux, ce qui leur a fait donner le nom qu'ils portent en zoologie. Ils sont réellement épizoïques.
Le genre Ornithomyia,éVMi par Latreille, a pour caractères principaux d'avoir la tète insérée dans une échancrure du thorax ; point d'ocelles ; le suçoir allongé, dépassant les palpes, qui sont coniques et velues. Les antennes sont valviformes et recouvertes de longues soies. Les ailes obtuses présentent une nervure mcdiastine double, les cellules basilaiies sont à peu près d'égale longueur, une cellule anale distincte. Pattes avec les ongles des tarses tridentés.
Les synonymies du genre Omithomyia sont nombreuses, et on a établi plusieurs autres genres aux dépens de la coupe générique primitive. Les Anapera Meigen, Cralerina Olfers, Slenopteryx et Ocypterum Leach, Ornithobia Meigen, Olfersia Wiedemann, se rapprochent des Ornithomyies.
Les espèces d'insectes diptères de ces divers genres sont au nombre d'une vingtaine et toutes vivent sur les oiseaux dans les deux mondes. En Europe, on les trouve sur les grands rapaces, éperviers et autours, sur les pie-grièches, ainsi que sur beaucoup d'autres oiseaux : merles, étourneaux, pies, alouettes, mésanges, rouges-gorges, hirondelles, martinets, etc.
L'Oknithomyie avicdlaire {Omithomyia avicularia Meigen), longue de 5 à 7 millimètres, est d'un jaune verdâtre avec la trompe et les antennes d'un roux ferrugineux. Yeux noirâtres. Le thorax est noirâtre en dessus, avec une ligne dorsale jaunâtre; les ailes sont obscures et comme enfumées. L'OaisiTHOMyiP, VERTE {Omithomyia viridis Latreille), longue de 5 millimètres, est d'un jaune verdâtre avec les ailes hyalines. Ces deux espèces ne sont pas rares sur divers oiseaux.
L'Ornithomyie pale {Anapera palHâa Meigen), longue de 7 millimètres, est d'un roux ou brun ferrugineux avec l'abdomeu brun et le bord des ailes ferrugineux. Elle vit sur les hirondelles comme l'espèce suivante :
L'Ornithomyie de l'hirondelle {Stenopteryx hirundinis Leach), de 4 à 5 millimètres de longueur, est d'un brun ferrugineux; la femelle a le corps terminé par une touffe de soies. Les ailes étroites, impropres au vol, sont jaunâtres avec le bord extérieur ferruo;ineux. Ces insectes sont abondants dans les nids des hirondelles et sur le corps de ces oiseaux.
Il arrive parfois que les Ornithomyies, comme les Ilippobosques {voy. Hiprobosque), se trouvent sur l'homme. Elles sont alors tombées, ou venues à l'état parfait, du corps de quelques oiseaux, principalement des nids d'hirondelle. Gervais et van Beneden citent l'exemple d'un malade ayant eu, à l'hôpital de Louvain, un grand nombre d'Ornithomyies pâles attachées à sa peau au moyen
ORNITHORIIYNQUE. 5S1
de leurs fortes griffes à ongles tridentés. Les draps de son lit avaient été tachés de sang.
J'ai entendu dire par des gardes forestiers qu'ils avaient eu à souffrir des piqûres, d'ailleurs peu dangereuses, des Ornithomyies qu'ils avaient récoltées par mégarde dans les bois ou en rapportant des oiseaux morts [voij. Diptères).
A. Laboulbène.
ORNITHOPL'S. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Légumineuses et à la division des Papilioiiacées. La seule espèce de ce groupe qui mérite une mention, VOrnithopus scorpioides, est maintenant placée dans les Coronilles [voy. ce mot). Pl.
ORniETMORnYiVQiJE. Le mammifère singulier qui figure maintenant dans tous les grands musées sous le nom d'Ornithorhynque paradoxal {Ornilhorhynchiis parndoxus) a été décrit pour la première fois en 1796 par J.-F. Blumenbach, d'après un spécimen envoyé d'Australie par sir Joseph Banks. Presque en même temps il a été signalé sous un autre nom {Plafypus anatlnm) par Shaw, qui n'avait pas eu connaissance de la description et de la planche publiée par Blumenbach, et depuis lors il a été maintes fois représenté dans les ouvrages d'histoire naturelle. Toutefois ses véritables affinités zoologiques ne furent pas parfaitement établies dès l'origine, et il fut primitivement classé parmi les Edentés. Au commencement de ce siècle Everard Home le rapprocha avec beaucoup de raison de l'Échidné {voy. ce mot), mais il alla un peu trop loin dans cette voie en le considérant comme le congénère de ce dernier animal, qu'il appelait Ornithorhynchus hystrix. Plus tard, F. Cuvier, tout en reconnaissant des liens de parenté entre l'Échidné et l'Ornithorhynque, mit ces deux animaux dans deux genres distincts {Echidna et Ornithorhynchus), et cette opinion iul universellement adoptée. Pour E. Geoffroy Saint-Hilaire les genres Ornithorhynchus ei Echidna constituèrent le groupe des Monotrèmes (ivâ, classé d'abord par Desmarest entre les Rongeurs et les Édentés, fut enfin relégué par M. de Blainville à la fin des Mammifères, place qu'il occupe dans la plupart des classifications modernes. M. de Blainville démontra en effet que les Monotrèmes ou Ornithodelphes {voy. ces mots) établissent en quelque sorte la transil:ion entre les Mammifères et les Oiseaux, que ce sont des Mammifères dégradés, qui ont cependant certaines affinités avec les Didelphes [voy. ce mot) et qui méritent peut-être de constituer non-seulement un ordre, mais une sous-classe. Aussi est-on quelque peu étonné de voir M. Gray, ne tenant aucun compte de cette démonstration, réintégrer de nouveau en 1865 les Monotrèmes, à titre desimpie famille, sous le nom d'Ornithorhijnchidae, parmi les Édentés, dans le voisinage des Tatous, des Pangolins, des Fourmiliers, etc.
Dans son aspect extérieur l'Ornithorhynque paradoxal diffère beaucoup des deux Échidnés actuellement connus, de V Echidna hystrix de l'Australie et de VAcanthoglossiis Bruijnii (P.Gerv.) récemment découvert à la Nouvelle-Guinée. Chez l'Ornithorhynque en effet le corps est plus déprimé que chez l'Échidné ; il est couvert de véritables poils et non pas de piquants acérés, et se termine en arrière par une queue aplatie en dessous et velue en dessus; la tête se prolonge antérieurement en un jjec aplati, rappelant beaucoup celui des Cygnes et des Canards, et ne s'effile point comme chez l'Échidné en un rostre cylindrique; les pieds enfin sont conformés pour la natation, les doigts étant reliés par des mem-
DicT. EKC. 2" s. XVn, 36
562 ORNITHORIIYNQUE.
branes qui, aux pattes antérieures, s'étendent jusqu'à l'extrémité des ongles. Les yeux sont très-petits, mais très-binllants, d'un brun clair, les narines s'ouvrent sur le dessus du bec et les oreilles sont dépourvues de pavillon. L'orifice du canal auditif est même si ténu qu'on ne peut guère le distinguer sur les animaux préparés pour les collections. Les revêtements cornés des mâchoires s'élargissent un peu vers l'extrémité et se relèvent du côté du front ; ils offrent une couleur plus ou moins foncée suivant l'âge de l'animal, et celui de la mâchoire supérieure, qui est d'un ton noirâtre chez l'adulte, présente une foule de petites ponctuations analogues à celles que l'on observe chez certains Echassiers de rivage. Les pattes sont courtes, rejetées en dehors, et terminées chacune par cinq doigts armés d'ongles robustes ; en outre celles de la paire postérieure portent une sorte d'ergot qui, suivant quelques auteurs, est un simple organe de copulation, suivant d'autres, au contraire, constitue une arme défensive. On prétend en effet qu'au sommet de cet ergot s'ouvre une poche qui est ellemême en communication avec le canal excréteur d'une glande volumineuse située sous le peaucier, à la face externe du fémur, et que celte dernière glande distille une substance douée des mêmes propriétés que le venin des serpents. Sir Jameson cite, à l'appui de cette opinion, l'exemple d'un de ses hommes qui, en voulant s'emparer d'un Ornithorhynque légèrement blessé, fut frappé au bras d'un coup d'éperon et resta impotent pendant plus d'un mois, en éprouvant de cuisantes douleurs. Il est vrai que d'autre part M. G. Bennett, qui a eu maintes fois l'occasion d'observer des Ornithorhynques en liberté, soutient que les blessures faites par ces animaux ne sont nullement dangereuses.
La charpente osseuse de l'Ornithorhynque offre plusieurs dispositions intéressantes qui ont été mises en lumière par Everard Home, Meckel, Tiedeman. E. Geoffroy Saint-Hilaire, G. Cuvier, de Blainville, Rudolphi, Yan der Hœven, Knorr, Owen,etc. Ainsi le bassin est muni en avant de deux baguettes osseuses, de deux os marsupiaux tout à fait comparables à ceux des Didelphes, quoiqu'il n'y ait pas de poche incubatrice comme chez ces derniers animaux [voy. les mots Didelphes et Marsupiaux). D'autre part, la ceinture scapulaire est constituée à peu près comme chez l'Echidné et diffère complètement de celle des Mammifères normaux. En effet le sternum se prolonge antérieurement eu forme de T et supporte un os unique constitué, comme chez la plupart des Oiseaux, par la soudure des deux clavicules ; les omoplates sont très-allongées et se réunissent chacune à un os qui représente le coracoïdien des Vertébrés ovipares et qui est articulé lui-même à une petite plaque quadrangulaire nommée épicoracoide. Cette plaque est en connexion, par sa partie médiane, avec la tige de l'apophyse sternale, tandis que le coracoïdien, par son union avec l'omoplate, constitue la cavité glénoïde qui reçoit la tête de l'humérus. Dans sa forme générale ce dernier os rappelle beaucoup l'os correspondant de la Taupe : il est court, robuste, dilaté aux deux extrémités et tordu sur lui-même. Le radius et le cubitus sont en contact sur la plus grande partie de leur longueur, l'espace interosseux étant réduit à une fissure étroite, et le cubitus est muni d'une apophyse olécrane très-dé veloppée, qui s'étale transversalement sur l'extrémité de l'humérus. De même au membre inférieur le péroné, s'étendant au delà du tibia, émet vers le haut un prolongement qui atteint la moitié et la longueur du fémur. Celte disposition rappelle un peu, suivant Cuvier, ce qu'on observe chez certains Marsupiaux, tandis que l'astragale de l'Ornithorliynque ressemble, par sa double trochlée et la dépression qui existe du côté interne, à l'astragale des Paresseux.
OfiNITHORHYNQCE. 5^
Les vertèbres proprement dites sont au nombre de vingt-six : sept d'entre elles peuvent être considérées comme cervicales, et dix-sept portent des côtes, de sorte que les vertèbres lombaires sont réduites à deux. Sous ce rapport l'Ornithorhynque, dit M. Owen, semble avoir retenu quelque chose de la nature des Sauriens, chez lesquels la plus grande partie du tronc est également protégée par des côtes. D'autre part le crâne présente aussi certaines analogies avec celui des Vertébrés ovipares, comme l'on fait justement remarquer Meckel et Richard Owen, et il diffère de celui de l'Échidné par l'existence de grandes lacunes sur la face inféiûeure, par les dimensions considérables du trou rond, par la force des arcades zygomatiques, par la petitesse de la cavité crânienne, et par la moditication singulière qu'ont subie les os qui supportent le bec. En effet, le crâne, qui est un peu plus rétréci que chez l'Échidné au niveau des orbites, commence à se dilater en avant de celles-ci, s'aplatit horizontalement et se partage en deux branches divergentes qui se terminent chacune par une pointe légèrement infléchie en dedans, de manière à constituer une sorte de pince. Entre les deux extrémite's de cette pince qui sont formées par les os intermaxillaires s'avance une petite pointe qui représente probablement la cloison incomplète qui sépare les narines antérieures chez les Oiseaux et chez les Reptiles. C'est sur cette charpente osseuse que s'étend le large bouclier corné du bec supérieur, bouclier qui sur ses bords se ramollit, se tuméfie de manière à constituer des sortes de lèvres.
La mâchoire inféineure est beaucoup plus développée chez l'Ornithorhynque que chez l'Échidné, et affecte une forme assez bizarre, ses branches se rapprochant vers le milieu de leur longueur au point de devenir coalescente? et se séparant de nouveau pour diverger fortement à leurs extrémités, qui sont dilatées et correspondent aux pointes recourbées de la mâchoire supérieure. Celle-ci est armée de quatre dents qui sont symétriquement disposées, mais qui affectent deux types bien différents : en effet celles de la paii"e antérieure méritent à peine le nom de dents, étant constituées chacune par une bande étroite de substance cornée, tandis que celles de la paire postérieure sont de vraies molaires, à surface irrégulière. De même à la mâchoire inférieure, qui est garnie d'un étui corné moins étendu que celui de son antagoniste, il y a quatre dents correspondant à celles de la mâchoire supérieure et se présentant les unes sous l'aspect de lames cornées, les autres sous celui de vraies molaires.
Le cerveau de l'Ornithorliynque, d'après Owen et Meckel, est enveloppé d'une dure-mère extrêmement résistante; il est entièrement lisse, dépourvu de circonvolutions, et affecte une forme triangulaire. Son poids est à celui du corps de l'animal dans le rapport de 1 à 130, et ses hémisphères ne recouvrent point le cervelet et ne sont réunis l'un à l'autre que par un l'udiment de coj'ps calleux.
La langue se compose de deux portions distinctes, d'un lobe postérieur arrondi et d'un lobe antérieur tiiangulaire et hérissé de papilles cornées. Le pharynx est étroit et comprimé par deux processus du cartilage thyroïde, l'œsophage et l'estomac ne présentent rien de bien remarquable; mais l'intestin grêle offre un grand nombre de replis transversaux ou plus ou moins obliques de la membrane muqueuse, et le gros intestin débouche à la partie dorsale et supérieure du cloaque entre deux éminences glandulaires que Meckel a considérées comme les analogues des glandes anales des autres Mammifères. Les glandes salivaires sont médiocrement développées, les parotides étant réduites, et les sous-maxillaires n'atteignent pas à beaucoup près les mêmes dimensions