L. Hn
OROSÉLi\f:. Voy. Orosélone,
OROiSÉLO\E. L'un des produits du dédoublement de l'athamantine et de la peucédaniue. Cette dernière sera traitée à son rang dans ce Dictionnaire. Quant à l'athamantine, dont il n'a pas encore été question, nous devons lui consacrer une courte notice.
Athamantine. G-''H"'''0^. De'couverte parWinckler {Repert. Pharm,, Bd. LXXVIl , p. 169) dans la racine et les semences mûres de ïAtliamanta oreoselinum L. ou Peucedanum oreoselinum Moncli., elle ne se trouve ni dans les feuilles de cette plante, ni dans les autres espèces des genres Athamanta et Peucedanum.
On l'extrait des racines ou des graines séchées et pulvérisées au moyen de l'alcool et l'on abandonne la solution, pas trop concentrée, à l'évaporation spontanée; on reprend le résidu par huit parties d'éther, on traite par le noir animal et on laisse cristalliser. Le dépôt est redissout dans un mélange de 4 parties d'alcool et de 00 parties d'eau ; la solution, abandonnée à elle-même pendant plusieurs jours ou même plusieurs semaines, laisse déposer des cristaux qu'on exprime entre du papier Joseph ; on les soumet ensuite à des cristallisations répétées dans l'alcool, jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement blancs.
I/athaniantine pure se présente en cristaux fibreux, amiantacés, doués d'un éclat soyeux; on l'obtient quelquefois en cristaux plus volumineux. Elle est douée d'une odeur rancide et comme savonneuse, qui se développe surtout par l'élévation de température ; sa saveur est légèrement amère et acre. Elle est insoluble dans l'eau et y fond, à la température de l'ébullition, en gouttelettes jaunâtres plus pesantes que l'eau.
L'athamantine est aisément soluble dans l'alcool et l'éther et sa solution n'est pas précipitée par les sels métalliques. Elle est très-soluble dans les huiles essentielles et grasses. Pure, elle fond vers 79 degrés; quand elle est impure, elle entre en fusion à 59-GÛ degrés et forme un liquide analogue à l'essence de térébenthine, qui, par le refroidissement, se prend en une masse de cristaux groupés concentriquement. Elle supporte une température assez élevée sans se décomposer, mais ne se volatilise pas sans altération. Soumise à la distillation sèche, elle donne de l'acide valérianique en abondance.
À la température ordinaire, l'athamantine absorbe l'acide sulfureux et l'acide chlorhydrique gazeux, en donnant naissance à des combinaisons qui persistent plus ou moins longtemps sous l'inlluence d'une basse température et se décom- |)0sent ensuite avec dédoublement de l'athamantine en acide valérianique et en orosélone. Quand on la chauffe en présence de l'acide sulfureux ou de l'acide chloî^hydrique gazeux, ou qu'on la soumet à l'ébullition avec une solution aqueuse (le ce gaz, elle se dédouble également en acide valérianique et en orosélone.
C^'^fP^^O^ = 2C'1P°02 j cnnioQô
Alljamantine. Acide Orosélone.
valérianique.
570 OROSÉLONE.
L'athamantine dissoute dans l'acide nitrique fumant et traitée par l'eau donne un précipité jaune pulvérulent de trinitroathamantine, C^'H-'' (AzO-)''0''. Par l'action du chlore sur la solution alcoolique il se forme un produit chloré d'aspect résineux, la chïorathamantine, C^^H^'CIO' ; d'après Geyger, il se formerait de la trichloralhamantine, C^fl^'^Cl^O''.
A chaud la potasse caustique dissout rathamantine avec une couleur brune, en donnant naissance à du valérianate et à de l'orosélone. Quand l'action de la potasse est prolongée, l'orosélone s'hydrate et se transforme en oroséline, QuijiaQi Q^ mieux C^H^O^ L'eau de chaux et l'eau de baryte exercent sur l'athamantine une action analogue, mais avec plus de lenteur.
Orosélone G*''I1'"0\ Se prépare en faisant passer un courant de gaz chlorhydrique sur de l'athamantine sèche jusqu'à ce qu'elle soit totalement liquétiée, puis on chauffe la masse pour expulser l'acide valériaiiique. Le produit, entièrement débarrassé d'acide valérianique, se prend de nouveau en une niasse amorphe et poreuse, qu'on purifie par cristallisation dans l'alcool bouillant.
L'orosélone se dépose en mamelons ou en choux-fleurs qui, vus à la loupe, constiluent des aiguilles fines à disposition rayonnante. Inodore et insipide, elle est insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool, l'éther et la benzine; elle se dissout à chaud dans le sulfure de carbone, l'ammoniaque et les alcalis étendus, en développant une coloration jaune; les acides la précipitent de nouveau; la solution alcaline réduit les solutions cupriques. L'orosélone n'est pas attaquée par l'acide sulfurique. La potasse en fusion la transforme en acide acétique et en résorcine.
L'orosélone fond à 177 degrés selon les uns, à 190 degrés selon les autres, en un liquide limpide qui se charbonne à une température élevée. Chauffée avec précaution, elle peut se sublimer.
Oroséliine G'4I'^0'\ S'obtient en faisant bouillir dans l'eau l'athamantine saturée de gaz chlorhydrique ; elle se dissout, de l'acide valérianique se dégage, et par le refroidissement du liquide on obtient de fines aiguilles soyeuses d'oroséline.
Ce corps est très-peu soluble dans l'eau froide, se dissout bien dans l'eau bouillante et très-aisément dans l'alcool et l'éther, ainsi que dans la potasse diluée à laquelle il communique une teinte jaune ; il se dissout moins facilement dans l'ammoniaque, avec la même teinte ; enfin l'acétate de plomb le précipite en jaune.
L'oroséline fond quand on élève sa température, mais elle ne peut être volatilisée sans altération.
Gomme le montre la composition de ces corps, l'oroséline est isomérique avec l'acide benzoïque hydraté, tandis que l'orosélone est un isomère de l'acide benzoïque anhydre. En réalité l'orosélone est un éther qui peut se formuler :
^0^ et l'oroséline l'alcool correspondant
^j,0=C'HS0.0H
L'athamantine elle-même ne serait qu'un éther valérianique complexe.