ORPIMENT
l'Assistance publique à Pai is et les commissions hospitalières dans les départements du droit de tutelle des enfants. Brochin.
ORFniE. Le genre Orphie {Belone Cuv.) se place dans le voisinage des Esocide's ou Brochets {vcy. ce dernier mot), mais dans une autre famille de Poissons, celle des Exocétide's, où il constitue le type d'un petit groupe, appelé Beloniens [Beloninœ) par le docteur Moreau.
Chez les Beloniens adultes le corps est svelte, revêtu d'écaillés plus ou moins caduques ; la tête se prolonge, en un rostre grêle, constitué en dessus, sur une faible étendue, par le maxillaire supérieur et en majeure partie par les os intermaxillaires intimement soudés, en dessous par les branches coalescentes de la mandibule inférieure, terminées par un petit appendice élastique; chez les jeunes sortant de l'œuf, au contraire, les mâchoires ne présentent rien d'anormal et il n'y a point de rostre.
Les Orphies proprcmentdiles ont la tête fortement déprimé en dessus, étroite en dessous, les mâchoires garnies de nombreuses dents coniques, les nageoires dorsale et anale très-rapprochoes. Trois espèces de ce genre vivent sur nos côtes : ce sont l'Orphie vnlgaiie {Belone vnigoris Sel. Long.), que les pêcheurs connaissent sous les noms d'Aiguille de mer, d'Aiguillette, de Bécasse et de Bécassine, et qui est assez commune dans l'Océan et la Méditerranée, l'Orphie aiguille [B. aciis Risso), que l'on pêche de temps en temps dans les parages de Nice et dans le golfe de Gascogne, et l'Orphie impériale ou Orphie de Cantraine {B. impei ialis Bp. ; B. Cantroinii Cuv. et Val.), gui est encore plus rare que la précédente. Ces trois espèces diffèrent les unes des autres par les proportions des diverses parties du corps, l'existence ou l'absence de carène sur le tronçon de la queue, la présence ou le défaut de dents sur le vomer, etc.
L'Orphie vulgaire mesure de 0'",50 à 0'",80 ou même 0™,90 de long; elle a le dos un peu déprimé, le ventre aplati, les lianes marqués d'une carène très-saillante, les écailles minces, lisses et caduques. Sa couleur dominante est d'un bleu pâle ou verdâhe, passant au rose sur les joues et la mâchoire inférieure, au grisâtre sur les nageoires dorsale et caudale et au blanc sale sur les autres nageoires. Sur nos côtes occidentales on fait une assez grande consommation de ce poisson, et M. le docteur Moreau n'a jamais entendu dire qu'il en résultât le moindre inconvénient; cependant Littré et Robin, dans le Dictionnaire de médecine, attribuent à la chair de l'Orphie des propriétés vénéneuses au moins à certaines saisons. Ce qui discrédite surtout ce poisson sur le marché, c'est la teinte verdàtre de ses os, qui donne à l'animal un aspect légèrement répugnant. P- Ocstalet.
BiBLioGPAPHiE. — CiviER et Yalexciennf.s. Histoire naturelle des poissons, 1828-1849, t. XYIII, p. 59 et pi. — E. Moreau. Histoire naturelle des jjoissons de France, 1881, t. III, p. 470. E. 0.
ORPIMEXT, As^S^ L'orpiment ou sulfure jaune d'arsenic se trouve dans la nature, associé au réalgar et à l'arsenic, dans certaines argiles de Hongrie, dans le gypse à Hall (Tyrol), dans la dolomie au Saint-Gothard, dans le lignite en Chine et au Japon, etc. 11 est inodore, friable, volatil, se décompose partiellement quand on le fait bouillir dans l'eau, brûle sur le charbon avec une flamme bleue, en émettant des fumées blanches et une odeur à la fois sulfureuse et alliacée. Sa densité est égale à 5,48.
ORPIN. d99
On trouve dans le commerce deux variétés d'orpiment : l'une cristallisée en belles lames d'un jaune d'or, qui est le sulfure natif purifié; l'autre en masses jaunes opaques, renfermant une très-forte proportion d'acide arsénieux, parfois plus de 90 pour 100 : c'est le sulfure artificiel, dont l'usage doit être proscrit en médecine {voy. Arsenic, p. 177).
L'orpiment était connu des anciens. Dioscoride, le premier auteur qui ait mentionné les préparations arsenicales {U^pi riig 'icarpim;, lib. V, cap. cxxi, cxxii), désigne sous le nom d'àpo-ïvizdv l'orpiment mêlé à une certaine quantité d'acide arsénieux, tandis qu'il nomme o-avôapâ;^-n le sulfure rouge natif ou réalgar : Arseniciim vim habet septicam, dit-il, stypticam et escharoticam cum morsione violenta; simiil constringit et capillos démit. Sandaracha easdem habet vires ac prius, etc.
Le réalgar était plus usité en médecine, sans doute parce que ses propriétés vénéneuses sont un peu moins actives. La plupart des auteurs qui vinrent après Dioscoride ont préféré le réalgar à l'orpiment. Cselius Aurelianus [llorb. chron., lib. IV, cap. m), entre autres qualités, reconnaît à l'orpiment la propriété de tuer les vers intestinaux et de guérir la maladie cœliaque quand on le donne en lavements. Les Galénistes, les Arabes et les Arabistes ont vanté l'emploi de l'orpiment et des avitres préparations arsenicales à l'extérieur et même à l'intérieur en fumigations ou eu potions contre Tastlime, les affections pulmonaires, etc. {voy. Arsemc, p. 186).
L'orpiment se comporte dans l'économie a peu près comme l'acide arsénieux, mais il n'y a aucun avantage à l'employer. Notons cependant qu'il était usité au commencement du siècle comme fébrifuge. Voici la composition de h poudre fébrifuge deHecker dans laquelle il entrait :
Sulfure d'arsenic jaune 23 milligrammes.
Sucre blauc 60 centisrammes.
Huile d'anis 1/4 gutt.
ilèlez.
Actuellement l'orpiment ne sert plus que comme épilatoire et en collyre, et à ce titre entre dans le collyre ou mixture de Lanfranc {voy. Arsenic, p. 185), dont l'efficacité dans le traitement de l'ophthalmie purulente (Courty) et des ulcères vénériens (Vailhi) est incontestable, dans la pâte dépilatoire des Turcs ou rusma {voy. Arsenic, p. 184), dans le dépilatoire ou poudre subtile de Delcroix (orpiment 4, cbaux vive 50, gomme pulvérisée 60j, le dépilatoire de Gélis (orpiment 1, sulfure de sodium 4, eau q. s.), le dépilatoire de Plenck (orpiment 1, amidon 10, chaux vive 16), etc.
Enfin, on l'a parfois substitué, paraît-il, au sulfure de zinc dans le baume vert de Metz.
Les produits connus dans le commerce sous les noms d'orpiment et de réalgar artificiels, d'orpin de Saxe, de rubis d'arsenic, paraissent être des mélanges, en diverses proportions, des bi-, tri- et pentasulfure d'arsenic.