‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.68Chapitre 35 sur 38 · ORTIZ · texte numérisé non relu

ORTIZ

perdue. La flagellation avec des tiges et des feuilles d'orlie fait naître sur la peau de vives rougeurs accompagnées d'élevures analogues à celles de l'exanthème appelé pour cette raison urticaire. Cette irritation locale donne lieu à de vives démangeaisons. On l'a mise à prolît tantôt pour faciliter ou rappeler le développement d'éruptions cutanées, tantôt pour produire une révulsion, principalement dans les maladies de la tête. Trousseau, qui se plaisait aux pratii]ues anciennes, avait essayé de réhabiliter celle-ci, qui, en effet, n'est pas sans mérite, mais qui n'est applicable que dans les campagnes où les orties ne pullulent que trop, et où, d'ailleurs, elle n'a jamais été oubliée. Le célèbre médecin de l'Hôtel-Dieu recommandait l'urtication spécialement dans les cas où la rougeole, annoncée par le catarrhe, tardait trop à paraître.

Reste Vortie dioïque ou grande ortie. Tout ce qui vient d'être dit de l'ortie grièche lui est applicable, si ce n'est que ses propriétés sont moins actives; du moins produit-elle une rubéfaction plus faible sur la peau, bien qu'on s'en serve de préférence pour l'urtication en raison de sa plus grande taille. On a vu tout à l'heure la petite ortie vantée contre la polyurie. Les semences de la grande l'ont été, par Bulliard, comme diurétiques. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas à cette dernière plante évidemment que devra s'adresser un praticien désireux de provoquer l'augmentation de la sécrétion urinaire.

D'autres espèces, les orties pilulifère, membraneuse, féroce, ont reçu ou reçoivent quelquefois des applications qu'il a suffi de mentionner plus haut en parlant de leurs caractères botaniques.

Modes d'administration et doses. La petite et la grande ortie s'administrent de la manière suivante. — A l'intérieur, en infusion ou décoction de feuilles (30 à 50 grammes par kilogramme d'eau) ; ou de semences (15 à 20 grammes pour la même quantité d'eau) ; sous forme de suc exprimé avec addition d'un peu d'eau (60 à 120 grammes); en poudre des semences ou des fleurs (4 à 8 grammes) ; en extrait (2 à 10 grammes) ; en sirop (50 à 60 grammes). — A l'extérieur, fomentation avec la décoction des feuilles et des ûeuTS ; cataplasmes de feuilles ; alcoolature, étendue de deux tiers d'eau [voij. Lamier) . A. Dechambre.

ORTIE DE .^lER. Nom sous lequel on désigne certains animaux marins de l'embranchement des Coelentérés {Siphonophores, Discophores, Actinies, etc.) qui, lorsqu'on les touche, déterminent sur la peau une sensation de brûlure analogue à celle que produisent les orties, et qui est due à l'action d'organes particuliers appelés Nématocystes [voy. dans ce Dictionnaire, P'^sér., t. XXV, p. 340). Ed- Lefèvre.

ORTIZ (Félix-Pacheco). Médecin titulaire de la ville de Trujillo, membre de l'Académie royale de médecine de Séville, florissait dans la première moitié du dix-huitième siècle. On a de lui :

Raijos de hiz prâclica con que D. Félix Pacheco Ortiz, etc., desvanece las sombras con que el Dr. D. Francisco Sanz, me'dico del real monaslerio de Guadalupe intenté oscurecer la hipôiesis de fiebres del Dr. D. Martin Martinez, etc., y hace resplandecer la particular hipôtesis y debida curacion de las fiebres intermilentes del Dr. D. Luis Enriquez, etc. Madrid, 1751, in-4°. L. Hs.

Ortiz ('Do>-Mandel-Joaqui>). Médecin espagnol, de la fin du dix-huitième siècle, titulaire de la ville d'Olite, en Navarre, est l'auteur de l'ouvrage suivant :

Discurso sobre la epidemia de Pamplona. Pamplona, 1789. L. II>.

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ORTLOB (JoHA^•^•-FRIEDRICH). Médecin allemand, né à Oels, dans la Silésie, le 2 août 1661, fit ses humanités à Breslau, puis alla faire ses études médicale? à Franctoitsur-rOder et à Leipzig. Il prit le bonnet de docteur à cette dernière Université en 1684, puis voyagea en Hollande, en Angleterre et en France, et à sou retour obtint successivement la chaire extraordinaire d'anatomie et la chaire ordinaire de physiologie à l'Université de Leipzig. C'est dans cette ville qu'il mourut le 12 décembre 17uO. Il était membre de l'Académie des Curieux de la nature sous le pseuilonyme de Démocède.

On a de lui :

I. Analogia nulrilionis plantarum et animalium. Lipsiae, 1G85. in-4''. — II. Histon'a parlium corporis humani. Lipsiae, 1091. in-4* (dans cet opuscule, Ortiob soutient que les mouvements du diaphra^mie sont f assifs et n'ont lieu qu'en con?équence de ceux du cœur en raison des attaches du péricarde). — III. I)iss. de lesicatoriis. Lipsiae, 1696, in-4°. — IV. Historia parlium et oeconomiae hominis secundum naturam, seu disserlationes anaiomico-physiologicae in Academia Lipsiensi publiée ventilât ae et in usii philiatroriim collectae. Lipsiae, 1696, in-4° (Recueil de 57 dissertations). L. Hx.

ORTOLAX. L'Ortolan [Emberiza hortulana L.) est un Passereau de la famille des Bruants ou Embevizidœ, qui appartient elle-même à la section des Conirostres de G. Cuvier. C'est un oiseau à peu près de la taille de notre Moineau domestique, ayant, quand il est adulte, et pendant l'été, la tête, le cou et la partie supérieure de la poitrine d'un gris plus ou moins nuancé d'olivâtre, avec des taches jaunes sur les paupières, sur les côtés du bec et la gorge, le dos moucheté de noir sur fond roux, le croupion d'un gris roussàtre, les ailes variées de noir, de cendré, de roux et de blanc, la queue brune, avec les deu\ pennes latérales marquées sur les barbes catunes d'une longue tache blanche, le bec et les pattes rougeâtres et les yeux bruns. Chez la femelle les teintes du plumage sont moins brillantes, quelques points bruns se montrent sur le haut de la poitrine dont la partie inférieure passe au roux clair et les flancs sont rayés de brun sur fond roux; enfin en automne les deux sexes poiient une livrée assez modeste, avec des taches et des stries trèsapparentes sur la poitrine et les côtés de l'abdomen. Le plumage de cette espèce peut du reste, à côté de ces phases normales, présenter des variations accidentelles et tourner en partie au blanc, au noir ou au jaune.

L'Ortolan habite |jrincipalement les contrées méridionales de l'Europe, rf est très-commun pentiant la belle saison en Italie, en Sicile, en Espagne, en Provence et dans le centre de la France; il s'avance aussi, à la même époque, jusqu'en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Norvège, en Russie et dans l'Asie centrale. D'autre part, on dit qu'il se trouve, quoique rarement, dans le nord de l'Atrique, en Egypte et en Abyssinie. Mais il quitte nos contrées d'assez bonne heure, dès la fin d'août ou le commencement de septembre, pour n'y revenir qu'au mois d'avril, tandis qu'au contraire, si l'on en croit M. Brehm, il séjourne toute lannée dans le Brandebourg de la Silésie. 11 fait son nid dans les haies, dans les buissons et dans les champs de colza. Ce nid est formé d'herbes 'sèches et de petites racines, avec quelques crins à l'intérieur, et reçoit, vers le mois de mai, quatre ou cinq œufs, de forme assez arrondie et marqués de quel |ues tiaits et points noirâtres sur fond bleuâtre, rougeâtre ou violacé. Pendant toute la durée de l'incubation le mâle fait entendre un chant très-agréable.

En captivité l'Ortolan s'élève sans difficulté et fait bon ménage avec d autres

DICT. ENC. V s. XVtl. *^

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passereaux ; mais c'est bien moins comme oiseau de volière que comme gibier qu'il est recherché, depuis l'antiquité. Déjà les Romains gardaient des Ortolans dans des cages qu'ils éclairaient la nuit avec des lampes pour que ces oiseaux, trompés par la lumière, continuassent à manger sans relâche, au point de devenir des petites boules de graisse. Cette méthode est, paraît-il, encore employée dans certaines contrées du midi de l'Europe où l'on prend de grandes quantités d'Ortolans, au moment de leurs passages. Quand ces oiseaux sont suffisamment engraissés, on les étrangle, on les plume, en les échaudant, et on les met dans des petits barils avec du vinaigre et des épices. Ailleurs on élève au contraire les Ortolans dans des cages placées dans une demi-obscurité, ailleurs enfin on se contente de prendre les Bruants tels qu'ils sont, à leur passage d'automne ou de printemps, pour les livrer immédiatement à la consommation. En Belgique et dans le midi de la France la chasse de ces oiseaux se fait avec des filets à double ou à simple nappe.

La chair de l'Ortolan est très-délicate et d'un goût excellent. Certains gourmets préfèrent ce gibier à la Bécasse. E. Odstalet.

Bibliographie. — Linné. Systema Nalurœ, 1766, t. I, p. 309. — Bcffon et Dacbenton. Planches Enlumin(<es, 1770, n° 247. — Godld. Blrds of Europa, 1857, pi. 176. — Degland €t Geube. Chnithologie européenne, 2« édit., 1867, t. I, p. 316. — Brehu. Yie des Animaux, trad. de Z. Gerbe, Oiseaux, t. I. E. 0.

ORTOLFF (voN Bayrlandt), alias Megtenberger, et non Ortlof, comme son nom est écrit dans la biographie publiée par Hœfer (Didot). II florissait dans la seconde moitié du quinzième siècle et exerçait la médecine à Wurtzbourg. On a de lui un ouvrage intitulé Artzneybuch, dont la première édition in-f'ol., publiée à Augsbourg, ne porte mention ni du lieu ni de la date de sa publication. La deuxième édition a paru à Nuremberg en 1477 sous le titre : Von den Kreuttern in einer gemeine; édit. 5, Augsbourg, 1479, in-fol.; édit. 4, ibid., 1482, in-fol.; édit. 5, deLubeck, 1484, in-4", sous le titre Van den Kruderen in dat ghemene; édit. 6, Augsbourg, 1488, in-4°; édit. 7, ibid., 1490, in-i".

ORTOX (Les deux).

Ortou (Thomas). Médecin anglais, né à Polesworth-liall, près de Tamworth, <lans le Warwickshire, le 12 octobre 1801, fit ses études à Londres, où il suivit surtout le Charing-Cross-Hospital. Après avoir exercé son art pendant quelque temps, à Berkeley, dans le Gloucestershire, il vint à Londres en 1851 et se fixa à Stepney, oià il resta jusqu'à sa mort. Il succomba à une fièvre typhoïde le 30 janvier 1869.

Orton était médical officer du district de Limehouse et en cette qualité a rédigé des Reports remarquables par une simplicité et une élégance de style qui en rendent la lecture attrayante, malgré l'aridité du sujet. 11 s'occupa beaucoup de l'hygiène des habitations et des améliorations à apporter dans l'hygiène des classes pauvres. Orton a joui un moment d'une grande célébrité pour avoir combattu à outrance la théorie attribuant l'explosion de l'épidémie cholérique de 1866 à lu distribution des eaux dans les quartiers Est de Londres. En 1862, il publia dans leLondon Med. Review une série d'articles sur l'intoxication par les tentures des appartements.

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