ANIMAL BIEN PORTANT. ANIMAL MALADE
Matière Mjtière Matière Miitière
terreuse. animale. terreuse. animale.
Fémur 60,02 59,98 3-2,50 67,56
Cotes 42,51 42,51 50 70
Coccyx et vtriéJjres . . 57,44 '42,56 26,15 75,87
ANALYSE DE GORUP-EESANEZ
M;itière animale 61,62
Carlionate de chaux 6,lo
riiospliate de maj;né?ie (),Vi
Phosphate de chaux 52,10
Fluorure de calcium tiàces.
OSTÉOMALACIE. 557
L'augmentation proportionnelle de la graisse signalée par Fachs, Kreiischer, Roloff, Zundeli, Kopp, Lucius et Hoffmann, a été étudiée, mais a donné des résultats contradictoires.
Nessler indique qu'elle se produit principalement dans les os spongieux et donne le tableau comparatif suivant :
ANALYSE DE l'ÉMI\E>"CE ARTICDLAIRE DU TIBIA
Os sain. Os malade.
Cen'Ires S.H,,S2 21, -il
Acide phoeplioriquc 14, OS 9,56
Carbon.ite decliaux 1,0'^ 4,28
Graisse 2»), 70 58,00
11 est fort intéressant de rapprocher ces tableaux de ceux que nous avons reproduils dans un chapitre précédent, pour remarquer leur concordance. En somme, les animaux de l'espèce bovine placés dans certaines conditions hygiéniques présentent im ramollissement des os comparable à celui de l'ostéoraalacie, et ce fait est important à connaître pour bien comprendre la valeur des recherches expérimentales pratiquées dans le but d'éclairer la nature de celte affection.
Dès longtemps on a cherché à produire expérimentalement soit le ramollissement des os, soit le rachitisme ; on pourra lire à l'article R.\ch[tisme de M. Tripier, dans ce Dictionnaire, l'exposé de ces études expérimentales, nous n'avons ici qu'à les considérer au point de vue de l'ostéomalacie : or jusqu'à présent on n'a reproduit chez les animaux que des troubles fioi)liiques dus à l'inanition, à une sorte d'athrepsie, mais tous ces faits de Chossat, de Guérin, de Trousseau, de Collin, de Tripier, très-intéressants au point de vue biologique de la nutrition des os, n'ont pas abouti à produire un ensemble pathologique absolument comparable à l'ostéomalacie. Ces expérimentations font connaître les troubles trophiques des os, elles démontrent l'influence de la dénutrition, elles nous font connaître l'oitéoporose, la fragilité des os qui en est la conséquence, mais elles sont plus probantes pour le rachitisme que pour l'ostéomalacie.
C'est pourquoi certains expérimentateurs ont cherché dans une voie un peu différente : s'inspirant des recherches anatoniopathologiques de Yirchow et des analyses qui ont démontré la présence de l'acide lactique dans les os, puis dans les urines chez les ostéomalaciques, ils ont pensé que le dissolvant du phosphate de chaux des os devait être l'acide lactique, et il faut bien avouer que la théorie chimique des altérations de l'ostéomalacie exige en quelque sorte la présence d'un acide dans le sang ou les tissus pouj- expliquer la résorption des phosphates du tissu osseux.
Heitzmann a fait sur ce sujet des expériences qui ont vivement intéressé les palhologisles : en effet, il a cru démontrer que l'acide lactique ingéré en excès détermine chez les animaux le ramollissement des os.
Dans un discours prononcé à la Société des médecins de Vienne, Heitzmann a exposé le résumé de ses expériences.
Guidé par celte idée théorique que l'acide laclique est l'agent du ramollissement des os et qu'il se retrouve dans les os et les mines des ostéomalaciques, il a nourri différents animaux, 5 chiens, 7 chats, 2 lapins, 1 écureuil, pendant plusieurs mois avec du lait, du pain, des pommes de terre et de la graisse, en y ajoutant de l'acide lactique. Au bout de cinq à six semaines, il survint du
538 OSTEOMALÂCIE.
gonflement des épiphyses cliez les chiens et les chats avec des déformations, au bout de deux mois la flexibilité des os prédominait et l'on trouva les lésions de l'ostéomalacie. Chez les rongeurs on constata les symptômes de l'inanition.
Pour nous résumer dans cette étude de faits, de symptômes et de causes, nous pouvons conclure que l'ostéomalacie doit être distinguée du rachitisme et de l'ostéoporose, malgré les analogies des lésions anatomiques, lorsqu'on ne considère que certaines périodes de ces affections diverses ; mais dans les causes, la marche et dans les lésions de l'ostéomalacie, nous croyons avoir démontré les caractères nécessaires pour établir une entité pathologique.
Il serait certainement à désirer que nous puissions connaître la cause immédiate de ce ramollissement des os, de cette décalcification de la substance compacte, il faudrait pour pénétrer plus avant dans la pathogénie de l'ostéomalacie connaître comj^létement celle du rachitisme et de l'ostéoporose. Nous n'avons sur les pliénomèues des échanges qui se produisent dans l'intimité des tissus entre les éléments et les humeurs qui les composent ou sont en rapport constant avec ces tissus que des notions si incomplètes, qu'il n'est pas étonnant que nous soyons réduits à une hypothèse chimique, celle de la formation d'acide lactique dans le tissu médullaire, sous le périoste, dans les lacunes et les canaux de Ilavers, pour expliquer le ramollissement des os. Il y aune influence qui nous échappe et qui précisément détermine cette généralisation au système osseux des lésions de l'ostéomalacie. Le système nerveux agit sans doute, mais nous ne saurions préciser cette influence trophique, car nous connaissons fort incomplètement le mode d'action du système nerveux sur la nutrition des os et encore moins les troubles de cette fonction; en définitive, on ne saurait citer même dans l'ostéomalacie observée chez des aliénés, ou dans l'ostéomalacie sénile ou l'ostéomalacie partielle, un fait démontrant le processus physiologique de l'influence du système nerveux sur le ramollissement des os. Cependant on doit reconnaître, et notre opinion est très-précise à cet égird, que le système osseux, c'est-à-dire le tissu osseux, le tissu médullaire, le périoste, les vaisseaux et nerfs qui constituent les organes primaires de ce système, ont une activité de nutrition bien autrement considérable qu'on ne le supposait avant les études d'histologie contemporaine, et il y a tout lieu d'espérer qu'on pourra démontrer la part du système nerveux ou des nerfs vaso-moteurs dans la nutrition des os, par conséquent dans l'ostéomalacie ; il est certain que dans cette partie du tissu médullaire et du périoste qui avoisine le tissu compacte, et plus spécialement dans ce tissu ostéoïdc, les échanges chimiques aboutissent au ramollissement de l'os au lieu d'entretenir sa consistance, que les phosphates disparaissent, et que le tissu conjonctif ou la substance compacte subissent une sorte de régression, qui est bien plutôt une atrophie qu'un défaut de développement; il est certain que les conditions de ces troubles ne sont pas seulement la misère, l'humidité, encore moins l'hérédité : il faut donc rechercher une autre explication, et notre ignorance sur la cause essentielle ou au moins le processus chimico-physique de ces opérations est un argument de quehjue valeur, pour prouver la nécessité de séparer l'étude de l'ostéomalacie de celle du rachitisme et des diverses espèces d'ostéoporose.
Traitement de l'ostéomalacie. Il est jusqu'à présent resté empirique; les indications toniques et reconstituantes, et même antiphlogistiques, les médicaments qui ont été considérés comme favorables à la nutrition des os, la corne de cerf, les phosphates, l'acide phosphorique et même la garance, puis les
OSTÉOMALACIE (bibliographie). 530
ablutions froides, ont été préconisés et essayés le plus souvent sans succès; cependant, dans les cas de guérison cités par Lusitanus, Fernel, Renard, les bains alumineux, la sabine, la térébenthine, ont été employés, mais on doit reconnaître qu'aucun médicament ne peut être considéré comme spécifique de l'ostéomalacie. Les indications thérapeutiques rationnelles sont au début la médication tonique; il faut, comme l'ont dit la plupart des auteurs, favoriser et rétaWir la nutrition du système osseux; cette conclusion est fort naturelle, mais il est assez difficile de la remplir ; il faut remarquer que les phosphates, les toniques, peuvent échouer, et que nous sqmmes très-ignorants sur l'action même de l'hygiène au début de la maladie; il est facile de conseiller l'habitation dans un climat sain et chaud, d'engager les ostéomalaciques à ne pas se marier, parce que les grossesses prédisposent à cette affection, pour un peu on conseillerait l'exercice, les frictions, l'hydrothérapie, si les malades n'étaient pas encore arrivés à ce moment où il faut surtout s'occuper de les mettre au repos, et d'obtenir pour eux des attitudes, des moyens de soutien qui allègent leurs douleurs, et peuvent diminuer les causes de déformation brusque, mais en définitive ces moyens sont de simples palliatifs, l'immobilité elle-même est une cause de dénutrition qui affaiblit singulièrement l'action des médications, et en somme, en dehors des phosphates, du quinquina, du fer, et de quelques excitants du tube digestif, la sabine, les amers, la strychnine, ou des médicaments d'épargne, l'huile de foie de morue, et peut-être le fer et l'arsenic, il n'y a pas d'indications spéciales en dehors des moyens hygiéniques. C'est ainsi que l'on obtient une amélioration, lorsque l'état de l'affection permet l'usage des frictions, des bains fortifiants, que les malades peuvent être transportés en plein air, qu'ils sont bien nourris après avoir vécu dans des conditions misérables, lorsqu'une grossesse s'est terminée heureusement, et cependant les cas de guérison sont exceptionnels. Peut-être est-il permis d'espérer qu'un traitement appliqué dès le début et basé sur les indications générales, des toniques généraux et des médicaments plus particulièrement considérés comme reconstituants des os, les excitants de la nutrition, en somme, les phosphates, le fer, l'huile de foie de morue, la strychnine, l'arsenic même, les bains salins, les frictions excitantes à la peau, tous ces moyens doivent être essayés, mais aucun d'eux n'assure une guérison. Albert Hé.nocqce.
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OSTÉOMYÉLITE. Voy. Os.
OSTÉOPÉRIOSTITE. VûlJ. Os.
OSTÉOPHYTES. Lobstein a donné ce nom à des productions osseuses qui naissent d'un os et plus particulièrement du périoste. Les os ne présentent pas ordinairement une struclure homogène, ils varient de forme et de mode d'implantation d'où leur distinction en ostéochondrophytes, osléophytes régulières, amorphes, stalactiformes, dont Ciuveilhier a donné la description.
Il n'y a pas d intérêt pour l'élude clinique à séparer l'histoire des ostéophytes de celle des enchondromes, des exostoses et de l'ostéopériostite, mais il est
542 OSTÉOSiRCOME.
logique de décrire les ostéophytes comme des ostéomes ou comme des productions périoste'es d'origine inflammatoire ou néoplasique (l'Oi/. Ostéome, Périoste).