CHEVREUL
Crâne de morue. Os de brochet.
Substances organiques 43,94 57,56
Phosphate de chaux 47,96 55,20
Carbonate de chaux 5,50 6,16
Phosphate de magnésie 2,00 »
Soude tt chlorure de sodium 0,60 1,22
os (axatomie kt physiologie). 111
C'est l'analyse anatomii]iie qui, dans l'élude des éléments anatomiques, doit guider l'analyse cliimique. C'est ce qui a rarement été fait ; c'est ce qui rend inutile la reproduction ici des chifi'res donnés par un grand nombre des analyses publiées dans les recueils et les Traités de cbimie d'une part et de l'autre des chilfres touchant les analyses du squelette des poissons cartilagineux. Jamais €n effet ici les chimistes n'ont séparé de la misse cartilagineuse prédominant dans chaque pièce squcleltique la couche mince dont elle est recouverte, formée pourtaat d'os proprement dit, à ostéoplastes très-nets.
Les analyses doivent être faites de telle soi te : 1" qu'elles portent le plus exactement possible sur la substance osseuse séparée des éléments de la moelle d'une part et des vaisseaux de l'autre; 2° qu'elles tiennent compte des particularités de texture de l'os, compacte d'une part, spongieux de l'autre, qui font que cette séparation des éléments étrangers à l'os même est moins incomplète dans le premier cas que dans le second. Comme le fait remarquer M. Sappey {Anat. descriptive, 2'- édit., 1803, etc., o^ édit., 4876, t. 1, p. 89), si la substance organique semble diminuer de quantité pendant l'accroissement des os, c'est parce que la proportion des vaisseaux se réduit de plus en plus, tandis qu'inversement dans la vieillesse elle redevient abondante proportionnellen:ent à la raréfaction des os qui se remplissent de moelle adipeuse. Or, lorsque la graisse de celle-ci a été enlevée par l'éther, il reste encore les vaisseaux que recevait cette moelle, et les parois des vésicules qui contenaient la graisse. Sur l'adulte il en est de même lorsqu'il s'agit des analyses du tissu spongieux comparativement au tissu compacte.
De leurs recherches guidées par ces données, MM. Nélaton et Sappey concluent à l'identité de composition de la substance des os; ils pensent que les variations q'i'on observe dans les proportions des principes organiques et inorganiques de la substance osseuse sont inhérentes non à ces composés, mais aux parties molles restées mêlées à cette substance (Nclaton, Pathologie chirurgicale, 1'^ édit., 1845, t. I). Schlossberger {Chemie der Gewebe, 4856, in-8, t. I) attribue à la même cause les variations du résultat des analyses d'un os à l'autre, et toutes les analyses récentes viennent à l'appui de l'existence d'un rapport à peu près constant entre les deux ordres de principes, partout oiî existe la structure propre de l'os (p. 100), toutes réserves faites sur les particularités possibles, inverses à celles du bois de cerf, sur lequel la production du tissu préosseux (p. 18) devance celle des composés phosphaliqucs.
Il n'est guère douteux que c'est pour n'avoir pas tenu compte des particularités de structure de l'os pris en masse, signalées plus haut, que quelques chimistes disent encore que, d'après leurs analyses, il existerait plus de matière organique dans le tissu spongieux que dans le tissu compacte (Bibra, Frerichs et F rem^, Chimie, 1865, t. VI, p. 697).
Les remarques précédentes s'appliquent aussi aux recherches cliniques qui ont fait dire à quelques-uns que la quantité de matière organique diminue, tandis que celle des matières minérales augmente à mesure que les os approchent du terme de leur complet développement. Dans les os du fœtus et de la première enfance, il est difficile d'enlever de l'os tout le cartilage ou toutes les couches d'ostéoblastes (lig. i et 2) ou de substance préosseuse; mais, plus que sur l'adulte et sur le vieillard, il retient des vaisseaux, du tis^u cellulaire et des éléments de la moelle que l'éther, etc , ne peuvent enlever, les vésicules adipeuses étant alors ici bien moins abondantes qu'elles ne seront plus tard.
Ii2 OS (a NATO MIE ET PHYSIOLOGIE).
C'est en tenant compte de ces causes d'erreurs dans les analyses que Nélatoii était arrivé à conclure des siennes qu^ dans la substance osseuse, les proportions des parties terreuses et des parties organiques sont les mêmes à tous les âges de la vie; qu'il y a combinaison de ces deux ordres de principes, dans les mêmes proportions constamment. 11 exagérait même, chimiquement parlant, en disant que le tissu osseiix est un composé défini.
Les recherches de M. Sappey l'ont conduit à confirmer ces données, tout en évitant d'autre part la cause d'erreur qui résulte de ce que, dans les os ramenés à l'état de cendre, une partie de l'acide carbonique du carbonate de cliaiix se dégage, ce qui est une perle pour le poids des sels dont il faut avoir soin de tenir compte.
Les cliil'fres suivants sont extraits du tableau contenant le résultat des analyses publiées par MM. ^îélalon et Sappey; il suffit ici de noter ceux qui se rapportent à un os court comparativement à uu os long.
ENKANÏ