OURAGAN
vement de progression, traverse des points de la surface du globe doues de vitesses de rotation très-diffërentes, ce qui modifie considérablement le phénomène et lui apporte une grande complication.
Tous les points de la terre, à l'équateur, ont une vitesse de l'ouest à l'est de 465 mètres par seconde. Ceux situés sur un même méridien, de l'équateur au pôle, ont des vitesses qui diminuent, très-peu d'abord et beaucoup plus ensuite, jusqu'à devenir nulles au pôle môme. A la latitude de Cherbourg, cette vitesse se réduit à 500 mètres par seconde et à 60 degrés de latitude à 232 mètres, c'està-dire à la moitié de la vitesse à l'équateur.
11 résulte de là que le vent qui tend à se transporter de l'équateur au pùlc nord, a une direction relative du sud-ouest en arrivant dans nos contrées. De même, le vent qui tend à aller du pôle nord à l'équateur, prend chez nous la direction du nord-est. Une autre conséquence de ces faits, c'est que le vent qui tend à se précipiter vers le lieu oii la pression atmosphérique est la plus basse, se dirige forcément vers un point situé à droite de ce lieu. Telle est la cause du mouvement giratoire dô toutes les tempêtes et même de tous les vents un peu intenses; c'est ce qu'on appelle des cyclones. La rotation de la terre est bien la cause du mouvement tournant des cyclones, car ce mouvement a lieu invariablement de droite à gauche dans l'hémisphère nord et aussi constamment de gauche à droite dans l'hémisphère sud. De plus, les cyclones ne se produisent jamais à l'équateur, au voisinage duquel les différences des vitesses de rotation des divers parallèles sont insensibles.
Le mouvement de l'air, dans les cyclones, n'a pas lieu tout à fait suivant un cercle décrit autour du centre de dépression barométrique; sa direction incline notablement vers le centre du cercle et d'une manière d'autant plus prononcée que le phénomène est plus violent; il est très-accentué dans les ouragans de la mer du Sud, autour des îles Maurice et de la Réunion.
Tous les ouragans ou tempêtes sont précédés invariablement d'une grande baisse barométrique. La généralité de ce fait est d'autant plus remarquable, qu'il s'étend également à des contrées où la pression atmosphérique, trèsconstante, se réduit presque à la double oscillation diurne, et où l'on voit le baromètre pendant vingt ans et davantage se tenir invariablement entre 756 et 764 millimètres. Dans les grands ouragans des Antilles, le baromètre descend à 725 millimètres comme en France et même plus bas. On ne connaît pas la limite de ces abaissements, mais on connaît des hauteurs barométriques de 692 en Islande et de 698 entre les Bermudes et la côte des États-Unis,
On a très-peu de données sur la vitesse du vent dans les ouragans: on suppose, d'après des données plus théoriques que pratiques, que cette vitesse atteint 45 mètres par seconde.
Les îirands ouragans des Antilles commencent dans l'Océan avec une direction E. S.E, qui tourne au S. puis au S.O, dans une région où ce vent ne souffle jamais, puis se propagent le long de la côte des États-Unis et atteignent les côtes d'Europe avec une direction de l'O.S.O. C'est là la direction très-dominante des tempêtes principales.
Tandis que les tempêtes, même violentes, régnent souvent plusieurs jours sur nos côtes, les ouragans ne durent que très-peu de temps, une heure au plus. Ils sont accompagnés presque toujours, surtout dans les contrées tropicales, de pluies diluviennes qui^causent souvent plus de dégâts que le vent.
Les ouragans vrais sont très-rares dans l'intérieur de la France et même de
toute l'Europe ; les coups de vent atteignant celte proportion accompagnent des orages et durent fort peu de temps. Tels sont l'ouragan qui a sévi le 8 septembre 1828 entre Chartres et Tours, surtout aux environs de Vendôme, et celui de Montville et Malaunay près de Rouen.
Au bord de la Méditerranée, les vents les plus violents ont une direction différente de celle qu'ils affectent dans la plus grande partie de l'Europe, entre 45 et 60 degrés de latitude. Dans cette région, le vent de N.O. appelé mistral en Provence atteint seul la grandeur de.l'ouragan. Aux environs de Narbonne, là où aucun obstacle ne s'oppose à sa marche, on a vu plusieurs fois des wagons (le chemins de fer renversés. Sur les caps qui avoisinent la frontière d'Espagne, le vent acquiert quelquefois une force capable d'enlever des hommes et de les précipiter du haut en bas des montagnes.
Les ouragans, et en général les tempêtes, étant en rapport avec des différences de température, ils sont le plus fréquents dans les pays où se présentent les plus grandes différences de température soit accidentelles, soit entre les saisons extrêmes. D'après cela, les plus grands coups de vent de riiémisplière nord doivent se produire, et se produisent en effet, sur les côtes de Chine, sur celles des États-Unis et en Europe, entre le 45^ et le 60" degré de latitude.
La violence du vent ne dépend pas directement de l'abaissement absolu du baromètre, mais des différences qu'offre la pression atmosphérique dans un espace restreint. Cette variation de la pression, suivant les distances, est ce qu'on appelle le gradient des cyclones. Nos tempêtes violentes ont lieu le plus ordinairement avec une variation de la pression du S. au N. de 5 centièmes de millimètre de mercure par kilomètre. Par un petit nombre de faits on est amené à penser que les ouragans vrais sont en rapport avec une variation de la pression beaucoup plus considérable dans un espace restreint, par exemple de plusieurs millimètres par kilomètre. E. Rejnou.
OL'RALO-ALTAÏQUES (Peuples). Ensemble des peuples qui habitent la contrée située entre les monts Ourals et l'Altaï : les premiers qui séparent l'Europe d'avec l'Asie (la Russie d'Europe d'avec la Sibérie), et s'étendent de la Nouvelle-Zemble (Océan glacial arctique) à la mer Caspienne; les seconds qui s'élèvent entre la Sibérie et l'extrémité septentrionale du grand plateau central de l'Asie {voy. Sibérie).
OURAIN'OPLASTIE. VoiJ. UraNOPLASTIE.
OURAQUE. Voy. Allantoïde.
OVRARI. Un des noms du Curare {voy. Curare).
OURATEA. Voy. OCHNA, OCHNACÉES.
OURS. Les Ours sont, comme chacun sait, des Mammifères appartenant à l'ordre des Carnivores [voy. ce mot) ; mais s'ils possèdent les caractères essentiels de ce groupe, ils se distinguent des Carnivores typiques tels que les Chats elles Tigres {voy. ces mots), parleurs formes extérieures, par leurs allures, par leur régime et par leur système dentaire. Loin d'être souples et gracieux dans leurs mouvements comme les animaux de la race féline qui sont digiti-
ijrades, qui courent légèrement et silencieusement, en s'appuyant sur l'extrémité de leurs doigts, les Ours ont une démarche lourde et disgracieuse et posent en marchant toute la surface inférieure du pied sur le sol; ils sont plaritigrades. Leur corps massif est recouvert d'une fourrure, tantôt mince, tantôt trèsépaisse, qui n'offre jamais ces teintes claires, ces raies, ces taciies et ces bandes si fréquentes chez les Félins. Leur queue est extrêmement réduite, parfois à peine visible, et leurs pattes se terminent chacune par cinq doigts distincts dont les ongles ne sont jamais rétractiles. Leur intestin est dépourvu de caecum et leurs mâchoires, outre les incisives et les canines, qui sont ici en même nombre que chez les autres Carnivores, présentent normalement l'une, la mâchoire supérieure, six paires, et l'autre, la mâchoire inféiieure, sept paires de molaires. Cependant parmi ces dents il y en a qui sont caduques dans certaines espèces," de telle sorte que parfois on ne trouve plus que cinq paires de molaires en haut comme en bas; mais dans le nombre figurent toujours une paire de dents carnassières et deux grandes dents tuberculeuses, à couronne quadrangulaire, ovale ou arrondie. L'aspect de ces dents, aussi bien que la conformation du tube digestif, dénote immédiatement un régime moins carnassier que celui des Chats et même que celui des Chiens. En effet, les Ours sont, pour la plupart, des Mammifères omnivores, quoique certains d'entre eux préfèrent la viande, d'autres des végétaux, d'autres encore du miel ou des insectes. Ces derniers ont le plus souvent les lèvres très-protractiles et la langue beaucoup moins rugueuse que celle des Carnivores typiques.
Les Ours ont le museau pointu, les yeux relativement petits et les oreilles velues. Leurs mamelles sont au nombre de six, quatre ventrales et deux pectorales, quoique, à chaque portée, la femelle n'ait en général que deux ou trois petits. Ceux-ci naissent débiles et informes et restent aveugles pendant une semaine au moins. Ils sont d'abord presque nus, et de couleur claire, mais prennent au bout de peu de temps des teintes plus accentuées, à mesure que de longs poils poussent à la surface de leur corps. Les anciens prétendaient que la femelle de l'Ours léchait continuellement ses petits pour les façonner et leur donner leur forme définitive, et le fait est que cette mère excellente entoure sa progéniture de soins incessants, la soumet pour ainsi dire à une sorte d'incubation et ne l'abandonne que dans le cas de nécessité absolue. On dit même qu'en liberté la femelle ne met point bas toutes les années et conserve auprès d'elle, jusqu'à la portée suivante, les jeunes de la portée précédente.
Les Ours proprement dits se trouvent actuellement en Europe, dans les deux Amériques, en Asie et dans les îles avoisinantes ; mais, dans ces diverses contrées, recherchent surtout les contrées froides ou les lieux élevés : ainsi, dans l'Amérique du Nord, les Ours habitent principalement les Montagnes Rocheuses; dans l'Inde, la chaîne de l'Himalaya; en Europe, le Caucase, les Alpes et les Pyrénées. Jadis ces grands carnassiers étaient beaucoup plus vépandus et peuplaient les cavernes du midi, du centre et de l'est de la France, où leurs ossements se sont accumulés avec ceux de beaucoup d'autres espèces aujourd'hui étrangères à noire faune.
Les changements qui se sont produits dans le climat de notre pays pendant la période quaternaire et au commencement de la période actuelle, et la guerre de plus en plus active que l'homme a faite à tous les Carnivores, sont les principales causes de cette extinction presque totale des représentants du genre Ours dans l'Europe occidentale ; et en même temps que ces animaux diminuaient
en nombre, ils perdaient de leurs qualités primitives; leur type de'générait. Les Ours actuels des Alpes ou des Pyrénées n'atteignent point la taille qu'avait VUrsus s])e/feus des temps quaternaires et si VHyœnarclos sivalensis des temps tertiaires ne présentait pas des dimensions exceptionnelles, il offrait du moins dans sa mâchoire les caractères d'un animal plus franchement carnassier et partout plus féroce que les Ours ordinaires. Mais, comme l'a fait observer M. A. Gaudry, YHyœnarctos des monts Scwalik et celui dont on a retrouvé les restes dans le terrain pliocène de Montpellier, se rapprochent par leur dentition de VAiluropus melanoleucus, qui vit encore dans les montagnes du Tibet et qui a lui-même des analogies nombreuses avec les Aihirus ou Pandas de l'Inde septentrionale. Ceci vient à l'appui de l'opinion des zoologistes qui réunissent dans une même famille, sous le nom A'Ursidés {Vrsidae), non-seulement les Carnivores qui constituaient l'ancien genre Ursus, mais encore les Pandas, les Ratons et d'autres animaux dont nous parlerons tout à l'heure.
M. J.-E. Gray, qui a publié il y a une vingtaine d'années une révision des Ursidés, a partagé cette famille en deux sections : les Brachypoda ou Ursidi's à pattes courtes, dont les doigts sont étendus à l'état de repos ou pendant la marche et sont armés de griffes non rétractiles, et les Dendropoda ou Ursidés arboricoles, aux doigts courts et arqués, aux griffes rétractiles. Puis il a subdivisé la première section en trois groupes : 1° les Ursina, qui ont la queue trèsrcduite, le corps massif, bas sur pattes, le nez court et les mâchoires parfois garnies de quarante-deux dents au moins dans le jeune âge; 2'' les Nasuina, qui ont au contraire la queue longue, le corps assez svelte, les pattes de hauteur médiocre, le nez prolongé en une sorte de trompe et dont les mâchoires ne portent jamais plus de quarante dents; 3° les Procyonina, qui se rapprochent des précédents par plusieurs caractères, mais qui ont la tête bien plus courle. De même il a distingué, parmi les "Dendropocia, les CercoZepfina à queue préhensile, à plante des pieds complètement dénudée, des Ailurina à queue touffue, à plante des pieds velue. Enfin, parmi les Ursinés, il a établi plusieurs catégories : les Ours marins, les Ours terrestres et les Ours méliphages.
Les Ours marins ne comprennent aujourd'hui qu'une seule espèce, l'Ours blanc {Ursus marihmus Desin.), qui est devenu le type du petit genre Thalassaretos. Cet animal se reconnaît non-seulement à sa fourrure douce et bien fournie, d'un blanc pur ou légèrement jaunâtre, mais à sa tête allongée, surmontée d'oreilles velues et arrondies, et moins enfoncée dans les épaules que celle des Ours terrestres, à son front bas, peu saillant au-dessus de la ligne du nez, à ses lèvres légèrement protractiles, à ses pieds larges, garnis de poils serrés sur la majeure partie de leur face inférieure et armés de griffes recourbées. Il mesure parfois plus de 2 mètres de long et pèse jusqu'à 16 quintaux. On le trouve maintenant encore dans les régions glacées qui entourent le cercle polaire arctique, du 55'= au SS** degré de latitude nord, c'est-à-dire dans les parages du Spitzberg, de la Nouvelle-Zemble, du Groenland, de la baie d'IIudson et du Labrador. Il se nourrit de poissons et de mammifères marins et guette le moment où les phoques viennent respirer à la surface de l'eau ou se reposer sur les icebergs pour s'en emparer.
L'Ours brun [Vrsm arctos L.) est le type des Ours terrestres, et plus particulièrement du genre Ursus des zoologistes modernes. Ce genre est caractérise par une tête allongée, un museau comprimé, aux lèvres légèrement protractiles, un front bombé, des narines ovales et des pieds nus et calleux sur leur face
inférieure. Quant au pelage, il est généralement rude chez les Ours d'Europe, mais il varie beaucoup de couleur, non-seulement d'une espèce à l'autre, mais dans une même espèce, et ces variations de couleur sont parfois accompagnées de modifications dans la convexité' du sommet du crâne, la longueur relative des canines, la courbure du bord inférieur de la mâchoire inférieure, ce qui a fait admettre par M. Gray l'existence de plusieurs races, même parmi les Ours bruns. D'après ce naturaliste, les Ours bruns différeraient constamment des Ours bruns de Pologne, et ceux-ci ne seraient pas identiques à ceux de la Norvège.
L'Ours brun parvenu à tout son développement ne mesure en moyenne que 1"',80 de longueur et n'atteint jamais un poids aussi considérable que l'Ours blanc. 11 habite principalement à l'heure actuelle les Pyrénées, les Alpes, les Karpathes, le Caucase, l'Oural et les montagnes de la Scandinavie. L'Ours isabelle {Ursus isabellimis Ilorsf.], qui vit dans le Népaul, l'Ours de Syrie IJJ. syriacus Hempr. et Ehr.), l'Ours à collier ou Ours noir de l'Inde ([/. torquatus Schinz), l'Ours du Japon {U. japonicus Sclat.) et l'Ours de l'Ile Fonnose(l/. formosmuis Swinh.) sont des formes très-voisines de VU. arctos et peut-être même de simples races de cette espèce.
Au contraire l'Ours gris {V. cinereus) on Griîs/// des Montagnes Rocheuses, au pelage rude, aux oreilles courtes, à la voûte palatine étroite et contractée en arrière, aux ongles des pattes de devant bien plus développées que ceux des pattes de derrière, constitue pour la plupart des naturalistes une espèce bien distincte et a élé même pris par M. Gray comme type d'un genre particulier [danis) dans lequel rentre aussi VU. horriaceus (Baird) du Nouveau-Mexique. Dans le nord du continent américain se trouvent encore à côté de ces deux espèces ou de ces deux races d'autres Ours qui portent une fourrure courte, uniformément noire, brune ou jaunâtre, et dont les ongles antérieurs sont 'beaucoup moins développés. Ce sont les Eiiarclos de M. Gray [E. americami& Pall. et E. cinnamomeus Baind).
Sous le nom générique de Myrmarctos, qui signifie Ours formicivore, M. Gray a encore séparé des Ours ordinaires une espèce norvégienne {Ursus ou Myrmarclos Eversmanni) au front plat, au pelage d'un brun jaunâtre et aux pieds noirs, qui est beaucoup moins carnivorc que l'Ours brun et se nourrit principalement de fourmis. Mais cette forme est certainement beaucoup moins bien caractérisée que celles qui rentrent dans le genre Helarcios et dont la plus connue est l'Ours malais ou Ours des cocotiers {Ursus ou Helarctos malayanus Raffl.).
Les Helarcios ont la tête beaucoup moins allongée et plus arrondie que les Ours ordinaires, le nez court, prolongeant dans son arête supérieure la ligne du front et du vertex et dessinant sur le profil une courbe régulière, les lèvres très-mobiles, les incisives externes beaucoup plus développées que les médianes, les molaires en série continue, la dernière étant très-large et dépassant un peu la dent carnassière, le corps revêtu de poils courts et rigides, les pattes de devant armées de griffes très-longues et fortement recourbées.
L'Ours malais, que l'on voit souvent dans les ménageries des jardins zoologiques, se trouve à l'état sauvage dans les îles de Java, de Sumatra, de Bornéo, et dans la presqu'île de Malacca. 11 vit principalement de miel et grimpe sur les arbres avec beaucoup d'adresse. C'est un animal de petite taille, aux formée replètes, au pelage d'un noir luisant, relevé sur le haut de la poitrine par un DICT. ENC. 2» s. XVIII. 41
croissant d'un blanc pur ou légèrement jaunâtre. M. Gray rapporte au même genre l'Ours orné (Ursus ornatus F. Guv.) des Cordillères de l'Amérique du Sud et, avec quelque doute, l'Ours de CroAvther {Ursus Crowtheri Scliinz) de la chaîne de l'Atlas.
Le genre Melursus diffère du précédent par plusieurs caractères. Ici en effet la tète est allongée, le nez proéminent et tronqué à l'extrémité; les lèvres sont encore plus extensibles que chez l'Ours malais, les oreilles dressées sont couvertes de poils formant touffe à l'extrémité, le front est busqué, le corps est revêtu d'une sorte de toison qui, sous la nuque, s'allonge au point de former une véritable crinière. Le type de ce petit groupe est l'Ours jongleur ou Ours aux gi"andes lèvres [Ursus labiatus Desm.), qui vit dans l'Inde et porte une livrée d'un noir brillant.
Les Nasuinés [Nasuina) sont réduits à un seul genre, le genre Coati ou Nasiia, qui est propre aux régions tiopicales du Nouveau-Monde et dont les principaux caractèies résident dans une tète effilée, un nez prolongé en forme de trompe , des mâchoires armées chacune de 6 paires de molaires, un corps allongé porté" sur des paltcs de hauteur médiocre et terminé par une longue queue, généralement ornée d'anneaux de couleur foncée. L'espèce la plus connue du genre Nasua est le Coati roux (iV. rufa Desm.), au corps brunâtre et noirâtre, à la tète nu.uirée de gris, à la queue fauve annelée de noir. C'est un animal grimpeur qui atteint à peu près la taille d'un Chat.
Les Ratons (Procyon) forment à eux seuls la tribu des Procyoninés [Procyonina), assez voisine de celle des Nasuinés, mais en différant par certaines particularités extérieures et anatomiques. Fn effet, si le corps présente à peu près 1,\ même forme, si la queue est également longue et marquée d'anneaux régubers, le museau est beaucoup plus court, plus large et garni de poils sur sa face inférieure, et les dents molaires ont une structure notablement différente. Le Raton laveur (Procyon lotor h.) doit son nom à l'habitude qu'il a de plonger dans l'eau les objets qui servent â sa nourriture; il se tient dans le voisinage des fleuves et des torrents, et au moindre danger se jette à l'eau et se sauve en nageant avec une extrême agilité. Le pelage de cette espèce, qui appartient à la faune de l'Amérique du Nord, est varié de fauve, de gris cendré, de noir et de blanc. Un autre Raton, le Raton crabier {Procyon cancrivo rus Cn\.), habite le Rrésil, le Paiaguay et la Guyane.
Chez les Kinkajous [Cercoleptes), qui constituent, pour M. Gray, la tribu des Gercoleptinés {Cercoleptina), et qui ouvrent la section des Dendropoda ouUrsidés g.rimpcurs à pattes de Félins, la tête est arrondie, le corps allongé, couvert d'une fourrure laineuse, la queue velue, cylindrique ou légèrement atténuée à l'extrémité et préhensile comme celle de certains Singes, et les doigts sont armés de griffes crochues et un peu rétractiles. Le Kinkajou Potto {Cercoleptes condivolvulus Pall.), la seule espèce de son genre, a pour patrie les régions chaudes de l'Amérique du Sud; c'est un animal de formes assez gracieuses, au pelage roussàtre, qui grimpe sur les arbres avec la plus grande facilité et passe la plus grande partie du jour à dormir.
Les Pandas {Ailurus), pour lesquels a été créée la tribu des Ailurinés {Aihrina), sont également des Frsidés arboricoles, dont les doigts se terminent par dès^ ongles rétractiles. Ils rappellent, plus encore que les Kinkajous, certains Cbats par leur tête arrondie, leur museau court, leurs pattes robustes, leur eorps revêtu d'une épaisse fourrure, leur queue longue, touffue et non préhensile,
OURS (SAINT-) (Eau minérale de). 645
niais iîs se rapprochent des Ours par la structure de leur mâchoire inférieure et la disposition de leurs dents molaires. Us ont d'ailleurs la pupille ronde, la langue douce, la plante des pieds velue. Le Panda éclatant {Ailurus fulgens F. Cuv.), type du genre Ailurus, se trouve particulièrement dans le Népaul; il rappelle un peu les Martes dans ses allures, mais se nourrit aussi volontiers de fruits et de racines que d'oeufs, déjeunes oiseaux ou de petits mammifères.
A la suite du genre Ailurus se place naturellement un mammifère que M. l'abbé A. David a découvert il y a une quinzaine d'années sur les hautes montagnes du Tibet oriental et qu'il a signalé d'abord sous le nom d'Ursus melanoleucus. Ce mammifère en effet ressemble à un Oui-s par ses formes trapues, par sa tète courte, un peu rétrécie en avant et très-large en arrière, et surtout par son pelage long et bien fourni, régulièrement taclié de noir sur fond blanc jaunâtre; mais il est moins plantigrade que les Ursidés typiques et a le dessous des pieds velus comme le Panda éclatant. Il mérite donc, comme l'a reconnu M. A. Mdne- Edwards, de devenir le type d'un genre particulier {Ailuropiis) et il clôt naturellement la série des Ursidés aberrants que de fjlainville appelait les Subursins {Subursi) et que M. P. Gervaisa réunis aux Viverridés, VAiUiropus melanoleucus peut, dit-on, atteindre une forte taille; il vit principalement de bambous, de racines et d'autres substances végétales.
E. OUSTALET.
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OURS (SAI1\IT-) (Eau minérale de). Athermale, bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique moyenne. Dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement et à 20 kilomètres de Riom, au bord d'un ruisseau qui se jette dans la Sioule au-dessous du village dePeschadoire, à la partie inférieure d'un bois qui porte le nom de la comtnunede Saint-Ours, émerge d'une excavation creusée clans le roc et entourée de gazon une source nommée source de la Fronde, dont l'eau ckiire et limpide, après qu'elle a laissé déposer sur son trajet des carbonates calcaires et ferrugineux, coule sur un masïif de travertin. Elle est incolore et inodore, sa saveur est aigrelette un peu saline, mais très-manifestement ferrugineuse, des bulles gazeuses la traversent en assez grand nombre, s'épanouissent avec bruit à sa surface et viennent promptement se déposer sur les parois des vases avec lesquelles elle est en contact. On remarque aussi de nombreux dégagements de gaz acide carbonique dans plusieurs points du lit du ruisseau, qui