‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.70Chapitre 44 sur 50 · OUTARDE. G · texte numérisé non relu

OUTARDE. G

en effet, en dépit de leurs formes massives, elles ont un vol sinon rapide, au moins très-soutenu, et peuvent même au besoin traverser un bras de mer. Sur le sol elles marchent à pas comptés, mais avec beaucoup de légèreté.

D'un naturel défiant et farouche, elles ne se plaisent ni dans les pays de montagnes, ni dans les terrains accidentés et parsemés de petits bouquets de bois. Ce qu'elles aiment, ce sont les steppes incultes et les grandes plaines où elles embrassent un vaste horizon. Elles y vivent d'ordinaire en troupes nombreuses qui, dans les pays du Sud, ne changent pas de canton, mais qui, dans les régions froides ou tempérées, émigrent régulièrement chaque année. Au printemps ces troupes se dissocient et des couples se forment, mais auparavant les mâles se livrent de terribles combats pour la possession des femelles. Dans ces circonstances, lorsqu'ils sont dominés par la colère, ces oiseaux font preuve d'une audace extraordinaire. Par leurs allures ils rappellent alors beaucoup ces petits Échassiers que l'on nomme des Combattants, car ils redressent les touffes de plumes qui ornent leurs flancs et étalent largement leur collerette. Souvent aussi ils gonflent démesurément leur cou en faisant pénétrer une grande quantité d'air dans une poche membraneuse qui existe entre lu peau et la trachée. Cette poche n'existe que chez le mâle et, en dehors de la saison des amours, a ses parois complètement affaissées.

Les Outardes sont monogames, mais l'union des deux époux ne semble pas fort intime, et la femelle seule est chargée de l'incubation et de la première éducation des petits ; toutefois le mâle rejoint un peu ])lus tard sa famille et veille sur elle avec sollicitude. Les œufs, généralement de couleur verdàtre ou olivùtre, avec des taches brunes plus ou moins distinctes, sont déposés tout simplement dans une excavation du sol, au milieu des hautes herbes ou des tiges de céréales, et de ce nid rudimentaire sortent des petits fort débiles, aux allures embarrassées, qui, pendant longtemps, réclament les soins de leurs parents. Ils croissent en effet avec une lenteur extrême et dans les premiers mois se nourrissent exclusivement d'insectes, tandis que les adultes ont un régime essentiellement végétal et mangent des graines, des fruits, des bourgeons et des feuilles.

La famille des Olididés compte actuellement des représentants en Europe, en Asie, en Afrique et en Australie, mais fait complètement défaut en Amérique et dans la plupart des îles de l'Océanie. Elle a été partagée par M. Gray et par d'autres ornithologistes en deux genres principaux, Otis et Eupodotis, et ce dernier genre a été lui-même subdivisé en neuf sous-genres; mais ces derniers groupes sont trop mal caractérisés pour que nous jugions nécessaire de les indiquer ici.

L'Outarde barbue, ou Grande Outarde {Otis tarda L.), qu'on a quelquefois surnommée ['Autruche d'Europe, esl un magnifique oiseau qui peut atteindre jusqu'à 1"\08 de long et 2^,60 d'envergure et qui pèse parfois plus de 50 livres. Ces chiffres toutefois, hàtons-nous de le dire, ne s'appliquent qu'au mâle adulte, car la femelle reste toujours de taille plus faible. Le mâle en plumage de noces a le dessus du corps d'un jaune roux rayé transversalement de noir, la tête, la partie supérieure de la poitrine et une portion des ailes d'un gris cendré trèsdélicat, la gorge blanche avec des touffes de plumes de même couleur partant de chaque côté du menton, la nuque d'un ton ferrugineux, le ventre blanc, les grandes peimes des ailes et de la queue variées de brun, de blanc, de noir et de roux, le bec d'un gris plombé, les pattes d'un brun grisâtre et les yeux bruns.

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La femelle offre des teintes moins vives et le jeune porte une livre'e grise et jaune, tacliete'e de noir.

La grande Outarde habite l'Europe centrale et méridionale et s'avance en Asie jusqu'à la Daourie. Elle a complètement disparu de i'Écosse, de l'Irlande et de la Suède, et ne se montre plus qu'accidentellement en Angleterre, en Finlande, en Danemark, tandis qu'elle est encore très-répandue en Espagne, en Hongrie et dans les steppes de la Russie méridionale. Deux ou trois couples existent encore, dit-on, en Champagne, où l'espèce était jadis fort commune, et chaque hiver quelques individus visitent la Belgique et la Hollande. Mais d'année en année ces superbes oiseaux deviennent plus rares, par suite de la chasse qui leur est faite et des progrès continuels de l'agriculture.

La Canepetière ou Petite Outarde [Otistctrao L. ou Tetrao campestris Leach) se dislingue de la Grande Outarde par sa taille de moitié plus faible et par les teintes de son plumage, le mâle ayant le cou noir avec un collier blanc descendant des oreilles sur la gorge et un demi-collier de même couleur suivi d'une bande noire sur la poitrine, le menton jaune rougâtre avec des taches et des raies ondulées noires, le bout des ailes d'un brun foncé, la queue ornée d'une double bande noirâtre, le ventre blanc, les yeux et les pattes jaunes, le bec brunâtre avec la pointe jaune. Cette livrée est celle du mâle adulte, et la femelle porte comme d'habitude un costume plus modeste.

La Canepetière est beaucoup plus commune en France que la Grande Outarde et se trouve aussi en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Russie, en Italie, en Espagne, etc. Partout elle est l'objet d'une chasse trèsactive à cause des qualités de sa chair.

La Iloubara ondulée [Oiis ou Iloubara undulata Jacq.) et la Houhara de Macqueen {Olis ou Houbara il/aaywfeiîiGr.) sont deux autres espèces d'Outardes qui ont pour patrie l'unelePunjab et leScindh (Inde), l'autre le nord de l'Afrique, mais que l'on tue parfois en Europe. Au contraire, l'Outarde de Denham {Otis Denhamî Childr.), l'Outarde cafre {Otis cafva Licht.), l'Outarde à crête ou Kori [Olis crislata Scop.), l'Outarde arabe [Otis arahs L.), l'Outarde du Sénégal {Otis senegalensis V.), l'Outarde nègre {Otis afraGm.), et plusieurs autres que nous ne pouvons citer ici, sont absolument propres au continent africain, tandis que l'Outarde australe {Otis australis Gould) habite les plaines de la Nouvelle- Hollande. E. OUSTAI.ET.

Bibliographie. — G. Cdvieh. Règne animal, 1817, t. I, p. 464. — J. Gould. Binh of Europe, t. V, pis. 267 et 269, G\.Birds of Australia, 1860-1856, t. VI. — Reiciiënbach. Avium Sijsteim naturale, 1850, pi. 31. — Degland et Gerbe. Ornithologie européenne, lfc67, 2" édit., t. Il, p. 95. — H. G. Dresser. A Ilislory of Ihe Birds of Europe, 1871-1881, t. VII, et pis. — G.-R. Gray, Ilandlist of Birds, 1869-1871, t. III, p. 7. E. 0.

©UTAUAIS (Les). Peuples du Haut-Canada [voy. Canada).

OUTRAIVCOURT (Eau MINÉRALE d') . AthermaU, sulfatée calcique moijemer bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique faible. Dans le département des Vosges, dans l'arrondissement de Neufchâteau, à 2 kilomètres seulement de Contrexéville {voy. ce mot), émerge une source dont l'eau claire, transparente, limpide, incolore et inodore, a une légère saveur ferrugineuse; des bulles gazeuses d'un assez gros volume viennent, à des intervalles éloignés, s'épanouir à sa surface et s'attacher aux parois intérieures de son bassin de captage. Sa

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température est de Ho,8 centigrade, sa densité n'est pas connue, et Henr (Ossian) en a fait l'analyse chimique en 1855; il a trouvé, dans 1000 gramme de l'eau de la source d'Outrancourt, les principes suivants :

Sulfate de chaux 0 910

— manganèse 0,506

— soude 0,410

— strontiane traces.

Bicarbonate de chaux , 0,3'73

— magnésie 0,103

Chlorure de magnésium j

— sodium '...'...'.'..] ^'^"^^

Silice, alumine, phosphate de chaux, sels de potasse et d'ammoniaque, iodure, principe arsenical, matière organique de l'humus 0,040

Total des matières fixes 2,;i32

Gaz acide carbonique libre 1/12° du volume.

Cette eau minérale est employée en boisson seulement par les habitants du voisinage contre les accidents qu'ils éprouvent du côté des voies digestives ot particulièrement lorsqu'ils ont de la constipation que combat l'eau d'Outrancourt, qui est laxative le plus souvent. A. R.

OUTRE (Eau mim';rale d'). Athermale bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique forte. Dans le département du Cantal, dans l'arrondissement de Saint-Flour, dans la commune de Ghaliers, dans un petit vallon situé sur la rive gauche de la Truyère et entre ce cours d'eau et la route de Saint-Alban à Saint-Flour, émergent les trois griffons delà source de Clavière d'Outre. Son eau sort par les fissures d'une roche cristallisée, son débit est de 17 280 litres en vingt-quatre heures; elleest incolore, claire, lim[)ide et transparente, après qu'elle a laissé déposer sur les parois intérieures de sa fontaine une couclierouillée assez épaisse. Elle est très-gazeuse et elle pique fortement le nez au moment où on la boit ; elle rend agréables et pétillants le vin ou les sirops avec lesquels on la mélange De grosses bulles gazeuses la traversent sans cesse et viennent, par intervalles assez rapprochés, s'épanouir avec un certain bruit à sa surface. On ne connaît pas au juste sa température, sa densité ni son analyse chimique exactes. Les habitants du voisinage, et surtout ceux du canton de Iluinesdans lequel elle est située, en font un fréquent usage à la source et à leurs repas lorsqu'ils sont atleints de débilité stomacale, de dyspepsie, d'anémie et de chlorose. A. \\.

OIITREPO^T (Joseph-Servatus d'). Ce médecin est probablement l'un des trois fils de Charles-Lambert d'Outrepont, jurisconsulte distingué de la Belgique, qui mourut à Paris le 4 mars 1809 : il serait, par conséquent, le frère de Cliarles- Thomas-François d'Outrepont, que la littérature française compte parmi ses représentants, et qui mourut le 4 avril 1 840, et de Théodore-Gustave d'Outrepont, capitaine de cavalerie, qui termina sa carrière à Paris, le 2 avril 1832, laissant un fils, Guslave-Charles-Léonard d'Outrepont, qui mourut lieutenant-colonel à Bougie, le 18 septembre 1842.

Joseph-Servatus d'Outrepont naquit, lui, à Malmédy, le 27 février 1778, et mourut en Allemagne vers l'année 1845. Il avait étudié la médecine à Mayence, à Wurtzbour"-, à Vienne, à Halle, et avait été reçu docteur dans cette dernière ville, en 1798. Après s'être fixé la même année à Salzbourg, il y avait introduit la vaccine en 1801, et y était devenu professeur d'hygiène et d'accouchement

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