‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.70Chapitre 45 sur 50 · OUVRARD · texte numérisé non relu

OUVRARD

(1804), accoucheur en chef de Thistitut des sages-femmes, conseiller médical. Plus tard nous le trouvons à Munich, puis à Wurtzbourg, où il fut nommé docteur en philosophie, et professeur de médecine, directeur de l'InstiLut d'accouchements. En 1850, il se démet de ses fonctions officielles, et devient, deux ans après, correspondant de l'Académie de médecine de Paris. 11 fui choisi pour être un des rédacteurs du Deutsche Zeitsclir. fur Geburtsk. (à partir de 1827), àulSeue ZeiUch. fur Geburtsk. (à partir de 1855), AnJahrb. der Staatsarzueik (à partir de 1859). D'Oulrepont s'est fait avantageusement connaître, non-seulement par un grand nombre d'articles imprimés dans ces trois derniers journaux et dans d'autres recueils périodiques, mais encore par la publication des ouvrages suivants, roulant, presque tous, sur l'obstétrique :

I. Perpétua matériel orgameo-animalis vicissitudo. Thèse de doctorat. Halle, 1798, in-8°. — II. Belehrung des Landvolkes ûber die SchulzblalLern. Salzburg, 1805, in-S». — III. Von der Selbslwendung und die Wenduug auf den liopf. Bamberg, 1817, in-8°. — I\". Ahhandlungen und Beiircige geburtshûlflichen Inhalls. Bamberg, 1822, in-8°. — V. Antritfxrede zu seiner Professer in Wûnburg, 1816, in-8°. — VI. Progr. de morhis placenlœ. "Virceburgi, 1851, 111-4°. — VII. Progr. de principlis niedii œvi in prologanda vila, Virceburgi, 1852, in-4°. — Vin. Progr. de perinaci ruplura intermedia. Virceburgi, 1852, '\n-¥. — IX, Progr. sist. cogitala de casu rariori nuper gxjnaci adnoiala. Virceburgi, 1832, in-4''. — V. Progr. sist. analecla de febri puerperarum. Virceburgi, 1832, in -4°. — XI. Progr. sist. analecta de auscultatione. Virceburgi, 1852, in-4°. — XII. Progr. sist. cogitala quœdam de morbis muJicbr. Virceburgi, 1832,iii-4°. — XIII. Progr.de solulione placentœ reburdato. Virceburgi, 1853, in-i". — XIV. Progr. de dilatatione pelvis in graviditate et partu. Virceburgi, 1853, in-4°. — XV. Progr. de partu humano. Virceburgi, 1853, in-4°. — XVI. Progr. de fœtu humano. Virceburgi, 1854, ia-4°. — XVIl. Progr. de pelviotomia. Virceburgi, 1854, iu-4°. — XVIIl. Progr. de rcsorptione placentœ. Virceburgi, 1854, in-4°. — XIX. Progr. de viorbis jjlacentœ. Virceburgi, 1854, in-4°. — XX, Progr. de prolapsu uteri. Virceburgi, 1834, in-4°. — XXI. Progr. de fissuris ossium fœtus in partu. Virceburgi, 1854, in-l". — XXII. Progr. cent. Nosocomiutn ad sanandos mente captas, quod Halœ ad Oenum floret. Virceburgi, 1854, in-4''. — XXIII. Progr. de puerperio. Virceburgi, 1855, in-4°. — XXIV. Progr. de circumcisione. Virceburgi, 1855, in-4°. — XXV. Progr. de differentia sezuum et de ejusdem effectu in Jiaturom organicam. Virceburgi, 1855 et 1850, in-4°. — XXYI. Progr. de provocatione partus prœmaturi. Virceburgi, 1856, in-4°. — XXVII. Progr. analecta de arte obstetricia. Virceburgi, 1857-1840, iw-A.'. — XXVIII. Progr. de regimine in balneis publiais. Virceburgi, 1837, in-4'>. — XXIX. Progr. de capili infanlimn abrupto. Virceburgi, 1858, in-4°. — XXX. Progr. sist. cogitala nonnulla de perforalione et de hystero gaslrotomia. Virceburgi, 1858, in-4°. — XXXI. Progr. Magnetismi aniiyialis spontanei casus memorabi/ior. Virceburgi, 1858, iu-4°. — XXXII. Progr. de artis obstetf-iciœ statu prœsenli. Virceburgi, 1859, in-4°. — XXXIII. Progr. de metrorrhagia gravidarum. Virceburgi, 1859, in-4°. — XXXIV. Progr. de metrorrhagia gravidarum et partùrientium. Virceburgi, 1859, in-4°. — XXXV. Progr. de metrorrhagia post partum. Virceburgi, 1859, in-4°. — XXXVI. Progr. de ils quœ anno 1839 in Lochodochio regio Herbiboli fada sunl. Virceburgi, 1840, m-î". A. G.

ouvi-LASSA. Nom donné à Madagascar à une plante dont la racine est purgative et donne une gomme-résine qui rappelle la scammonée. Est-ce un Convolvulus?

BiBLioGRAPUiE. — F'lacoort, d'après Mérat et De Lens. Dict. mat. me'dic., V, 127. Pl.

OUYRARD (J.-P.). Chirurgien distingué de l'Anjou, praticien fort habile, né vers l'année 1787, à Beauveau, petit village du département de Maine-et- Loire, élevé par son oncle, J.-J. Ouvrard, maire de Seiches. 11 vint à Paris, y fit ses études médicales, fut nommé interne des hôpitaux, membre émérile de la Société d'instruction médicale, et prit le grade de docteur le 50 mai 1811. Revenu au pays natal, il alla s'établir à Angers, y acquit rapidement la réputation d'un excellent praticien, et obtint bientôt le titre de professeur d'anatomie

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et de clinique chirurgicale à l'École secondaire d'Angers, de me'deciu des maisons d'arrêts et de justice de la même ville, de membre correspondant de l'Académie de médecine. J.-P. Ouvrard, dont nous ignorons l'époque de la mort, a écrit une excellente thèse : Réflexions de médecine pratique sur différents cas de maladies (Paris, 50 mai 18H, in-4°, 45 pp.); mais ce qui le recommande à la postérité, c'est la publication d'un très-bon livre, sans prétention, mais rempli de faits intéressant les praticiens en chirurgie. Il porte ce titre : Méditations sur la chirurgie pratique, ou exposé d'observations cliniques destinées à faire connaître quelques faits nouveaux, et à fixer particulièrement l'attention des hommes de V art sur plusieurs points de pathologie externe, de médecine légale et d'orthopédie {Varis, 1828, in-12 de 488 pp.). Un grand nombre d'observations fort intéressantes y sont rapportées, suivies de réflexions dont tous les hommes de l'art peuvent tirer protit.

OUVRE-BOUCHE. Instruments destinés à ouvrir graduellement la bouche dans les cas de constriction des mâchoires. Il en est traité à l'article Maxillaire (p. 408). A ceux qui ont été indiqués dans cet endroit nous ajouterons seulement celui de H. Larrey, composé de deux plaques d'acier garnies d'ivoire, montées sur deux tiges, dont l'une glisse dans l'autre au moyen d'une vis. Le mouvement d'ascension qui détermine l'écarfemcnt des branches, et i)ar suite celui des mâchoires, est arrêté à volonté par une clavette d'échap[)cment. La tige extérieure est graduée de manière à pouvoir marquer le degré d'écartement. 1).

OCVRIERS. Voy. Corporations, Professions.

OVAHS (Les). Vo7j. Madagascar, p. 636.

OVAIRE. L'ovaire est l'organe dans lequel les ovules, éléments essentiels de la génération sexuelle, accomplissent toutes les phases de leur développement, pos/eV/e«re à leur première apparition, jusqu'au moment où ils sont devenus aptes à être fécondés. On attribue généralement le caractère de glande à l'ovaire comme au testicule, et on considère les ovules et les spermatozoïdes comme un produit de sécrétion. Au point de vue morphologique, la structure de ces organes semble justifier jusqu'à un certain point cette manière de voir, et au point de vue fonctionnel, certains éléments des glandes génitales élaborent des produits analogues aux sécrétions, mais les ovules ne sont nullement un produit de sécrétion, ils sont au premier chef des éléments vivants et indépendants, dont l'origine première est en dehors de l'ovaire proprement dit. C'est ce que démontre l'étude du développement des ovules et de l'ovaire.

§ I. Développement. Historique. Valentin est le premier observateur qui ait fourni des données positives, et confirmées depuis dans tout ce qu'elles ont d'essentiel, sur le développement de l'ovaire. Dès 1858, dans un mémoire pubhé dans les Archives de Miiller, Valentin elablil nettement l'homologie de l'ovaire et du testicule : « L'origine première de l'ovaire et du testicule est « entièrement analogue, et tous deux se développent de la même façon pendant « assez longtemps jusqu'au moment où un caractère différent s'accuse, lorsque 8 la continuation du développement des éléments d'une glande tubulaire

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« s'arrête dans l'ovaire et que les caractères de sa structure première deviennent « de plus en plus difficiles à distinguer. L'ovaire des mammirères se compose « de tubes terminés en caecum à leurs deux extrémités, tant à leur sommet à la (( périphérie qu'à leur base, qui repose sur le noyau central solide de l'ovaire... « On voit très-bien ces tubes sur des embryons de vache et de brebis de 5 à « 5 pouces de long, où les premiers follicules commencent déjà à se former. « Ces tubes sont formés d'une membrane très-mince et très-résistante, tapissés « d'un épithélium. Ces tubes peuvent s'isoler non-seulement dans l'ovaire des « embryons, mais aussi dans celui des nouveaux-nés de vache, brebis, chatte et « lapine... Chez les embryons de vache les follicules se montrent dans les tubes « de l'ovaire peu de temps après leur formation. Quand on parvient à isoler un « tube, on vuit que les follicules sont rangés à la suite les uns des autres et « que, comme dans les tubes ovariques des insectes, leur développement est « d'autant plus avancé qu'ils sont plus éloignés de l'extrémité en cul-de-sac du « tube... »

La découverte de l'éminent physiologiste de Berne resta comme non avenue jusqu'en 1865, où parut le travail de Pflùger qui confirmait et complétait les résultats annoncés par Valentin, résultais qu'il ignorait lui-même lorsqu'il constata les mêmes faits. « Les données de Valentin, écrit Pflùger dans sa pré- « face, ont été mises en doute oti absolument niées, si bien qu'aucun manuel « d'histologie ne prend la peine de mentionner la description de Valentin, « publiée cependant depuis près de trente ans. »

Dans ce long intervalle de temps, Billroth seul mentionne incidemmeut en 18o6, à propos d'une observation de tissu glandulaire fœtal dans une tumeur du corps thyroïde, qu'il a reconnu l'existence de tubes glandulaires dans l'ovaire, et remarqué qu'ils présentent des étranglements en forme de chapelet, qui sont le prélude de la formation des véhicules de de Graaf, ce qui était implicitement indiqué déjà par l'analogie que signalait Valentin entre les tubes ovariques des insectes et ceux des mammifères, et l'ordre de développement des follicules semblables dans les deux cas.

Comme Valentin, Pfliiger a trouvé dans l'ovaire de veaux nouveau-nés de huit jours, de jeunes chattes de trois semaines et de jeunes chiennes nouveaunées, des tubes auxquels il attribue une membrane d'enveloppe revêtue à son intérieur de cellules épithéliales et renfermant au centre de grosses cellules à grands noyaux clairs, qu'il considère avec raison comme des ovules et qu'il désigne sous le nom d'ovules primitifs [Ureier) ou de celbdes mères. « On observe une succession régulière et graduelle des follicules aux ovules dans un même tube. La partie périphérique des tubes renferme les formation» les plus jeunes, la partie centrale les plus avancées. Chez les jeunes chattes nouveaunées l'ovaire se compose de tubes, parallèles les uns aux autres, assez souvent ramifiés et anastomosés et s'étendant depuis la partie centrale de l'organe ^usqu'au contact de l'épithélium, dans l'intérieur même duquel sont loges les extrémités des tubes, de sorte que celles-ci semblent faire partie intégrante de Vépithélium externe de l'ovaire. Il nest pas rare de voir de jeunes celbdes déjà différenciées comme ovules dans l'intérieur de l'épithélium. A l'extrémité périphérique, en cœcum conique, des tubes les plus jeunes qui constitue une chambre germinative [Keimfach), on ne trouve qu'un amas de petits noyaux dans un protoplasma granuleux, sans qu'aucune membrane sépare les petites cellules les unes des autres; dans une phase ultérieure ces petites

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cellules se multiplient et augmentent de volume; bientôt on voit certaines de ces petites cellules l'emporter sur les autres par un accroisiement plus considérable de volume de la cellule et surtout du noyau, qui devient clair comme de l'eau et remplit la presque totalité de la masse cellulaire; un nucléole apparaît dans le noyau. Ces grosses cellules sont de jeunes ovules qui se différencient des jeunes cellules épithéliales du tube ovarique, avec lesquelles elles ont une origine commune. On trouve souvent le cône terminal des tubes ovariques, lorsque sa largeur est augmentée, entièrement rempli de gros noyaux clairs, noyaux d'ovules. Dans la partie moyenne des tubes, les ovules forment une chaîne continue (Eiketten) sans épithélium interposé. L'épitliélium ne se montre qu'cà la périphérie du tube ovarique. Ce n'est qu'à la partie inférieure et interne des tubes que l'épitliélium commence à entourer les ovules d'une couronne qui est lé premier indice de la formation de la vésicule de de Graaf. On constate très-souvent que déjeunes follicules de de Graaf communiipient encore avec un tube ovarique et que l'épitliélium du follicule n'est que la continuation de l'épithélium du tube. Les follicules se séparent des tubes par des étranglements proiluits par la pénétration de la membrane d'enveloppe du tube entre deux ovules contigus; l'épitliélium pénétrant en même temps dans l'intervalle de séparation achève d'entourer l'ovule de toutes parts. Un tube renfermant une chaîne d'ovules se segmente en autant de follicules . primordiaux qu'il contenait d'ovules ».

Pflûger a également vu et figuré les ovules primitifs (Ureier) ou cellules mères [Mutterzellen) se multi[)liant par division dans l'intérieur des tubes.

Quelques mois avant la publication du Mémoire de F'fluger, mais près d'un an après que les résultats les plus importants de son travail avaient paru dans le Centralblatt f. wiss. Medicin, 0. Schrôn a publié dans le Zeitschr. fiir iriss. Zoologie ses Recherches sur Vovaire des Mammifères. De ses observations laites sur les chattes avant et pendant l'époque du rut il conclut à la nonexistence de tubes dans l'ovaire, et signale l'existence d'une couche corticale située immédiatement sous l'albuginée , dans laquelle sont conlinés chez la femelle adulte tous les jeunes follicules de de Graaf; à la périphérie de cette couche on trouve même de jeunes ovules nus sans aucun revêtement épilhélial. L'épithélium folliculaire, qui se développe secondairement autour de ces ovules, provient selon lui d'une transformation des éléments du tissu conjonctif, du stroma ovarien. Klebs avait déjà admis cette origine des cellules de l'épithélium folliculaire, et Foulis a prétendu récemment la démontrer par ses observations et ses dessins {Quarterhj Journ. of Med. Science, 1876).

Sappey, en 1864, décrit dans l'ovaire de fœtus humains à la naissance une couche corticale de jeunes ovisacs analogue à celle décrite par Schrôn, mais en différant parce que rien ne la sépare de l'épithélium. Sappey conclut de là à la non-existence de l'albuginée dans l'ovaiie de la femme adulte.

Les principaux résultats des recherches de Pllûger, contestés par Grohe et Bischoff, sont confirmés par Spiegelberg, Letzterich, Langhans, qui trouvent chez des fœtus humains les tubes de Valentin-Ptluger, constatés également par His chez les poulets {Arch. fiir micr. Anat., 1866) et par KôUiker qui, refusant avec raison d'admettre l'existence d'une membrane d'enveloppe des tubes de Valentin-PAûger, les désigne sous le nom de cordons glandulaires. His décrit et figure les éléments de ces cordons comme uniquement constitués par de jeunes ovules, pressés les uns contre les autres, dans des canaux dont les parois

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sont formées uniquement par les faisceaux à cellules fusiformes du stroma, sans aucun vestige de cellules épitbéliales autour des ovules, ni dans leurs interstices.

Kolliker au contraire admettait (1868 à 1873) que les cordons glandulaires consistent en une couche périphérique de cellules épithéliales, cléments futurs de la membrane granuleuse du follicule, et un amas central d'ovules entassés et pressés les uns contre les autres sans interposition d'éléments étrangers.

Plus récemment, en 1874 [Eiitwick.-Geschiclit) , il décrit, comme His, les cordons de la zone corticale de l'ovaire des chiennes nouveau-nées comme uniquement formés d'ovules pressés les uns contre les autres sans épilliélium, ni enveloppant, ni interposé. C'est seulement à l'union de la zone corticale et de la zone médullaire que se montre l'épilhélium provenant de cordons glandulaires émanés du corps de Wolif, qui occupent le centre médullaire de l'ovaire et rejoignent à la limite des deux zones les cordons ovulaires cordeaux.

Les données de Yalentin, développées et complétées par Pflùger, acceptées par le plus grand nombre, modifiées seulement sur des points secondaires, régnaient presque sans conteste dans la science depuis 1863. E. Van P.eneden (1870) venait de les confirmer dans la partie de son Mémoire sur la composition et la signification de l'œuf, qui concerne les mammifères, sauf qu'il ne reconnaît dans la chambre germinative de Pflûger qu'une masse de protoplasraa à noyaux, sans cellules distinctes. C'est alors que parut, en 1870, le Mémoire de ^Yahlcyer, L'Ovaire et l'OEiif, qui vint profondement modifier les idées ayant cours, et entraîner les esprits dans une direction nouvelle. Waldeyer résume lui-même en ces termes les résultats principaux de ses recherches : « Les œufs, aussi bien que les cellules de l'épilhélium folliculaire, proviennent directement de Vépithélium germinatif, épithélium superficiel de l'ovaire. Le processus de formation (de l'ovaire) consiste dans une double végétation du tissu conjonctif vasculaire sous-jacent à l'épithélium germinatif, d'une part, et de l'épilhélium germinalii lui-même, d'autre part, par suite de laquelle des masses, petites ou grandes, généralement rondes, de cehii-ci, sont déplus en plus englobées dans le stroma conjonctif; les cellules englobées laissent bientôt reconnaître une différence entre elles, une partie par un simple accroissement de dimensions se transforme en œufs, les ovules primordiaux, tandis que les autres conservant leur volume primitif et ensuite se divisant nombre de fois, autant qu'il m'a semblé, produisent de plus petites cellules qui constituent plus lard l'épilhélium folliculaire. Déjà dans l'épitliélium germinatif, même à la surface de l'ovaire, cerlaines cellules se distinguent des autres par leur forme arrondie et se caractérisent comme ovules futurs. Une distinction originelle entre les ovules primordiaux et les cellules folliculaires épithéliales n existe donc pas. Vépithélium germinatif est leur source commune. L'origine première des œufs ne doit pas être cherchée dans l'ovaire, mais remonte bien plus loin, aux premiers temps du développement de l'embryon. Les tuhes de Valentin-PflUger ne jouent cju'unrôle secondaire. Ils ne sont nécessaires ni à la formation des œufs, ni à celle des follicules. La plus grande partie des follicules se sont certainement constitués longtemps avant la formation des tubes, par le seul fait de l'enveloppement toujours croissant de l'épilhélium par le stroma vasculaire ».

Waldeyer assure en elfet que, d'après ses propres observations, les tubes de Valentin-Pfliïger n'existent dans l'ovaire des fœtus humains que vers le neuvième mois cl pendant un certain temps après la naissance. Il les considère comme

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des formations secondaires résultant d'un bourgeonnement avec invagination, dans l'inte'ricur du stroma ovarique, de l'epitholium germinatif superficiel. Ces invaginations persisteraient à l'état adulte chez les chiennes et les lapine?. Waldeyer leur fait jouer un rô!e très-actif dans la production des ovules, lesquels se développeraient par me'tamorphose des cellules de l'épithclium iuvaginé comme ils se développent primitivement de celles de l'épithélium germinatif.

Les résultats annoncés par Waldeyer, il y a bientôt dix ans, contestés absolument par Kappff, confirmés seulement en ce qiii concerne l'origine première de ovules dans l'épithélium germinatif par Foulis, qui fait dériver l'épithélium folliculaire d'une transformation des éléments conjonctifs du stroma, et par Kôlliker, qui fait provenir cet épithélium, non sans raison, comme nous le verrons, des cordons glandulaires émanés du corps de Wolff, sont aujourd'hui généralement acceptés sans réserve.

tes embryologistes les plus distingués, Semper et ses élèves, Bœlfour, Van Beneden,Folk, les confirment par leurs propies recherches tant sur les invertébrés que sur les groupes inférieurs des vertébrés. Le professeur Balbiani, qui, comme il le déclare, avait longtemps douté de l'origine épilhéliale que Waldeyer assigne aux éléments de la membrane granuleuse, croit avoir acquis la preuve de l'exactitude de cette observation sur des ovaires de jeunes chiennes de quatre à cinq mois. On peut dire qu'aujourd'hui l'axiome fondamental, dans lequel Waldeyer résume sa doctrine sur l'origine des ovules et des éléments essentiels de l'ovaire : « Les œufs et V épithélium folliculaire dérivent directement de l'épithélium superficiel de l'ovaire [épithélium germinatif), » cet axiome est bien près d'être considéré comme une des lois les mieux assises dans la science.

C'est à la critique basée sur la double étude du développement phylogénétique, et du développement ontogénique des œufs et de l'ovaire, que nous devons faire appel pour discerner la part de vérités et d'erreurs que renferme la doctrine acceptée aujourd'hui presque sans conteste.

Dé\t:loppemem phylogé.nétique des œdfs. Les germes reproducteurs des protistes se forment par la segmentation du protoplasma d'une monère enkystée, en petites masses globuleuses qui, devenues libres et acquérant des prolongements mobiles f/?flje//Mm,p^Wf/o/;0(^/es), reproduisent le type de l'individu générateur. Chez les Radiolaires, une partie seulement de protoplasma inclus dans une capsule génératrice se segmente en germes reproducteurs.

Chez les Protozoaires {infusoires ciliés), dont Balbiani a découvert la génération sexuelle avec accouplement, le noyau de la cellule unique qui constitue ces êtres simples représente lui-même une cellide germinatrice avec noyau et nucléole, un œuf primitif qui produit, par segmentations successives de la vésicule nucléaire et du protoplasma, des ovules secondaires. Ceux-ci après l'accouplement sont expulsés du corps du parent. Bien que Huxley et VanBeneden. s'en référant aux observations de Engelmann, Bustchli et Hertwig, contestent en partie la signification des faits observés par Balbiani, aussi bien l'assimilation du nucléole ^endoplastule) à un testicule que celle du noyau {endoplaste de Huxley) à un ovaire, ils admettent cependant la conjugaison avec copulation et échange des nucléoles, et d'après Bustchli l'endoplaste se divise après la copulation en quatre fragments [Stylonicliia mijtijlus) qui s'arrondissent et forment les ovules àe Balbiani, lesquels sont expulsés hors du corps.

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A un degré plus élevé, chez les organismes pluri-cellulaires les plus simples que l'on connaisse, les Dlcijémides, pour lesquels Van Beneden, à qui l'on doit lu connaissance exacte de leur organisation et de leur développement, propose la création, acceptée par Huxley, d'un embranchement nouveau, celui des Mésozoaires, cliez les Dicyémides, les cellules constituantes se dilTérencieut en deux ordres correspondant aux deux feuillets primitifs du blastoderme des méla/oaires (invertébrés et vertébrés), Vectoderme et Yendoderme : ce dernier n'est représenté que par une seule grande cellule, occupant l'axe du corps de l'animal vermiforme et enveloppée de toutes parts par les cellules ectodermiques. Dans le réticulum protoplasmatique qui cloisonne les grandes vacuoles dont est creusée la cellule endodermique se développent par formation endogène des cellules germes, des ovules, qui se segmentent et se transforment dans la cellule même en embryons : ceux-ci, leur développement achevé, perforent la paroi du corps du parent et deviennent libres.

Dans d'autres individus de forme spéciale {rhomboïdes) de la même espèce, ce sont deux cellules germigènes développées au voisinage des pôles du noyau de la cellule endodermique qui produisent par formation endogène dans leur protoplasma des noyaux autour desquels se segmente le protoplasma de la cellulemère et qui deviennent autant d'ovules qui se développent en embryons infusoriformes.

Après les Dicyémides, type arrêté avant le stade de formation du second feuillet du hlai^toderme, nous arrivons aux plus simples des métazoaires, les Puhjpes, représentants réels de la Gastnda de Ilaeckel. Chez eux l'organisation atteint, mais ne dépasse pas le stade du blastoderme à deux feuillets.

L'observation d'animaux qui, arrivés à l'état adulte et au complet développement fonctionnel des organes génitaux, conservent la simplicité d'organisation des premières pbases de 1 évolution embryonnaire des vertébrés, présente des avantages incontestables pour la solution du problème de l'origine des éléments générateurs, et permet un contrôle précieux des résultats obtenus par l'étude des animaux supérieurs.

Dans ces conditions, les plus favorables cependant, les difficultés restent encore telles que toutes les opinions possibles ont été émises par les naturalistes qui ont étudié le développement des organes génitaux chez les polypes. Huxley avait conclu de ses observations que les éléments mâles et femelles apparaissent entre V endoderme et Vectoderme et semblent provenir plus probablement de l'ectoderme. AUman, Kolliker, affirment que les cellules ovulaires et spermatiques dérivent toutes deux de Yendoderme; Keferstein, Ehler, Giaus, P. Mùller, M. Schultze et Kleinenberg, les rattachent à Yectoderme.

Après Huxley, mais antérieurement aux autres observateurs que je viens de citer, dans une Étude anatomique et physiologique sur les polypes hydraires{Mém. de la Soc. de biologie, 1852), je comparais les couches dont j'avais constaté l'existence dans la paroi du corps de ces animaux aux feuillets du blastoderme des vertébrés. J'ignorais à cette époque que des idées analogues avaient été déjà émises par Huxley (en 1849). Cet éminent naturaliste établit un parallélisme entre l'ectoderme des zoophytes et le feuillet externe de l'embryon des vertébrés d'un côté, l'endoderme et le feuillet interne de l'autre, et conclut à une analogie évidente entre un hydrozoaire adulte et un embryon de vertébré : conclusion identique, même dans les termes, à celle où j'avais été conduit d'une manière tout à lait indépendante par mes observations sur les hydres d'eau douce.

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L'observation du développement des éléments générateurs mâle et femelle chez l'hydre brune et l'hydre verte m'avait amené à conclure que ces éléments se forment entre la membrane interne et la membrane externe et arrivent au dehors par suite de la rupture de cette dernière. Ces derniers résultats concordent avec ceux auxquels ont été ultérieurement conduits par leurs observations sur les hydrozoaires marins : Huxley (1858), Kôlliker (1866), Alluian (1872) et Klcinenberg (1872), pour ce qui concerne les polypes d'eau douce.

Dans un récent travail sur la Distinction originelle du testicule el de l'ovaire, E. VanBeneden constate que dans les bourgeons génitaux des H y dr actinies , où les sexes sont séparés, et dont les colonies sont, les unes mâles, les autres femelles, les ovules primitifs apparaissent au milieu des cellules épilhélialcs de Xendoderme par transformation de cettaines cellules à noyaux volumineux, mais, dès que les ovules sont nettement caractérisés par leur forme spliériqueet difféieuciés des cellules épilhéliales, ils occupent la couche profonde de l'endoderme des sporosacs, et sont séparés de la cavité interne par la couche de ccllides épilhéliales endodermiques.

Chez les }lédmes, les amas d'œufs qui constituent les ovaires se développent aussi sur les parois des canaux gastro-vasculaires, qui ne sont (jue des diverliculums de la cavité digeslive, el leurs rapports intimes avec l'endoderme résultent de cette situation même. Quand les cavités gastro-vasculaires se séparent graduellement de la cavité intestinale pour constituer la cavité du corps, ()ui même chez des vers inférieurs, les Sipoucles, comnmnique encore avec la cavité intestinale, comme je l'ai constaté, par des orifices puncliformes bordés de cils vibratiles à travers lesquels la partie liquide du chyle passe dans la cavité du corps [cavité lymphalico- sanguine), les ovules se développent sur la paroi de la cavité du corps revêtue par une couche d'épilhélium d'origine endodermique. Chez les Bryozoaires, les Tuniciers, les Annélides, c'est encore dans la cavité du corps revêtue par un épithélium endodermique que proéminent les amas d'ovules qui constituent les ovaires. Si des Ascidies, souche présumée des vertébrés d'après Koevalesky et Hœckel, ou des Annélides, aux(iuels avec plus de raison, selon nous, Semper attribue le même rôle, nous passons aux Vertébrés, pourrons-nous constater encore, au moins dans la période embryonnaire, les rapports intimes entre l'endoderme et les ovules, que nous montrent les formes simples du type animal ?

Quel est chez les vertébrés l'homologue de cette cavité du corps des invertébrés qui, débutant comme diverticulum de la cavité digestive, s'en sépare graduellement et se transforme en cavité lymphatico-sanguine dans laquelle tombent et séjournent, un temps plus ou moins long, les œufs mûrs détachés de la paroi du corps, disposition que nous trouvons encore chez les T uniciers elles Annélides, types qui présentent les affinités les plus étroites avec les vertébrés inférieurs? La présence dans la cavité péritonéale de beaucoup de poissons, surtout au voisinage de l'ovaire, d'un épithélium vibratile analogue à celui qui constitue l'endoderme des zoophytes, et qui tapisse le plus souvent la cavité du corps chez les invertébrés, était déjà une indication trop longtemps méconnue de l'homologie du péritoine avec la cavité du corps. Lorsque Thiry eut constaté également la présence d'un épithélium vibratile dans une grande partie de la surface péritonéale des Batraciens et que l'on eut reconnu (Recklinghausen et Schweiger-Seidel) que la cavité péritonéale communique avec le système lymphatique, tant chez les Batraciens que chez des Mammifères (rongeurs), ces affinités

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devenaient encore plus évidentes, mais c'est à Waldeyer que l'on doit d'avoir mis hors de doute l'homologie de la cavité péritonéale des vertébrés avec la cavité du corps des invertébrés en montrant que même chez les vertébrés supérieurs, Oisecuix et Mammifères, une partie de la cavité péritonéale est revêtue d'un épithélium muqueux dont les rapports avec les éléments générateurs sont les mêmes que ceux de l'endoderme des zoophytes et des acalèphes et de l'épilhélium de la cavité du corps des Tuniciers ou des Vers; rapports beaucoup plus prononcés encore que cliez l'adulte, chez l'embryon où tout le revêtement primordial du péritoine paraît être un épithélium n)uqueux. Waldeyer fut mis sur la voie de cette découverte par la constatation du fait que la presque totalité de la surface libre de l'ovaire, au lieu d'être, comme on le pensait, revêtue d'une couche trèsadliérente, et impossible à isoler d'épithélium séreux [endothélmm péritonéal à grandes cellules plates), en était complètement dépourvue, et recouverte au contraire par un épithélium muqueux à cellules cylindriques, qui se continue manifestement avec l'épilhélium cylindrique à cils vibratiles de la trompe par l'intermédiaire d'une des franges du pavillon qui rattache la trompe à l'ovaire. Cette disposition, qui est constante chez la truie et la lapine, se retrouve même dans quelques cas chez la femme. L'épithélium muqueux de l'ovaire est dépourvu des cils vibratiles qui cessent à la limite de la trompe. J'ai cependant chez déjeunes lapines trouvé des cellules de l'épithélium ovarique munies de cils vibratiles comme celles de la trompe.

Vers la même époque où Waldeyer trouvait ces faits si intéressants, le Hollandais Koster constatait également la présence d'un épithélium muqueux sur l'ovaire. Pflûger, avant Waldeyer et Koster, avait vu et figuré l'épithélium cylindrique du revêtement ovarique chez la chatte, constaté également des rapports si intimes entre les extrémités terminales des cordons glandulaires de l'ovaire et l'épithélium péritonéal, qu'il désigne ce dernier par le nom d'épithélium ovarique externe : il formule en termes précis cette idée à laquelle Waldeyer devait donner plus tard tant de développements et baser toute sa doctrine de l'ovogenèse : qu on ne pouvait pas plus longtemps douter que Je péritoine soit la matrice d'où, partent les glandes génitales. Il avait reconnu la présence déjeunes ovules dans l'épaisseur même de l'épithélium ovario-péritonéal,et noté, ce que Waldeyer a méconnu plus tard, que les extrémités périphériques des tubes glandulaires de l'ovaire sont comme enchâssées dans l'épaisseur de l'épithélium péritonéal, atteignant presque à sa surface, et en sont en réalité une des parties constituantes. Mais l'hypothèse erronée qu'il avait émise, que le péritoine et les séreuses en général possèdent le caractère glandulaire lui fit méconnaître la connexité de l'épithélium ovarique avec l'épithélium tubaire, et par suite la véritable signification du fait qu'il avait observé, c'est-à-dire la persistance dans la région génitale du péritoine des mammifères, de conditions d'organisations homologues à celles de la région génitale soit de la cavité du corps, soit de la cavité endodermique des organismes inférieurs. C'est en effet de l'étude du développement embryonnaire seule que pouvaient jaillir ces clartés nouvelles.

Développement ontogénique de l'élément générateur femelle chez les vertébrés. Développement de la cavité du corps et de son épithélium chez les oiseaux et les mammifères. Vers la trente-sixième heure de l'incubation, chez l'embryon de poulet, et le neuvième jour chez l'embryon de lapin, une fente

OVAIRE {développement). 657

apparaît dans l'épaissevir du mésoderme en dehors de la plaque axiale. Celte fente sépare le mésoderme en deux lames, dont l'une s'accole à l'ectoderme {lame musculo-cutanéé] , et l'autre à l'endoderme {lame fibro-intestinale); cette fente est la première ébauche de la cavité pleuro-péritonéale {cavité du corpscœlome). Les bords de la fente s'écartent bientôt et au voisinage immédiat de la partie centrale du feuillet moyen, qui est restée indivise en dehors de la proto-verlèbre, la cavité qui a succédé à la fente primitive pousse deux prolon- Tements, l'un en haut et en arrière, l'autre en bas et en dedans ; entre ces deux gouttières s'accuse un bourrelet saillant, le riuUment uro-génital de Wuldeyer. De laquaraniicmeàla quarante-cinquième heure chez le poulet, les cellules du mésoderme qui forment la paroi immédiate de la cavité pleuro-péritonéale, régulièrement juxtaposées, constituent un épitliélium dont les éléments ont une forme cubique ou cubo-cylindrique et prennent au niveau du bourrelet génital surtout la forme cylindrique nettement accusée. Cet épilhélium cijlindrùjue muqueux ne recouvre pas seulement à cette époque le bourrelet génital, il se prolonge au delà sur la surface de la cavité péritonéale, et avait été vu avant Wal leyer par Bornhaupt, Kuppfer et Schenk, qui décrit même l'épithélium péritouéal comme étant partout cylindrique, quoiqu'on réalité les cellules dimimieiit de hauteur à mesure qu'on s'éloigne de la surface de la région germiiiative, de la partie moyenne de la plaque médiane du mésoderme. Vers la soixantième heure d'incubation, l'épithélium cylindrique, dont les cellules atteignent le maximum de développement au niveau du bourrelet génital et diminuent considérablement de hauteur au niveau des gouttières qui le limitent latéralement, s'arrête à peu de distance de leur bord extérieur, où commence le revêtement de cellules plates endot/iéliales de la surface péritonéale. Du milieu du troisième jour ù la fin du quatrième, l'épithélium cylindrique du bourrelet génital {épithelium germlnatifde Waldeyer) s'épaissit de plus en plus en dehors et en dedans surtout. A la fin du quatrième jour, entre les cellules du renflement épithélial qui avoisine la racine du mésentère apparaissent de grosses cellules rondes avec de grands noyaux brillants, munis quelquefois d'un nucléole et mesurant de 15 à 18 mill. rfeoim.; ces cellules présentent tous les caractères des ovules : ce sont les ovules primordiaux de Waldeyer.

Sur des embryons de Lézard ocellé et sur des embryons de lapins de 12 millimètres (du dixième au onzième jour), dont le rudiment génital était exactement à la même période de développement que les embryons de poulet à la fin du quatrième jour observés par Waldeyer, j'ai trouvé les ovules primordiaux interposés aux cellules cylindriques de l'épithélium germinatif absolimient comme Waldeyer les figure dans l'embryon de poulet : ils étaient caractérisés par un gros noyau clair et brillant entouré d'une mince couche de protoplasma et muni d'un nucléole globuleux très-foncé. L'évolution ultérieure de ces éléments ne peut laisser aucun doute sur leur véritable nature. Les observations de Semper et de Balfour sur le développement de l'ovaire des Plagiostomes (Squales), celles de Al. Schultze et de Herbert Ludwig sur le même sujet, celles de Kolesuikow sur les premières phases du développement de l'ovaire des Batraciens QiAes Poissons tekeostécns, celles surtout de Max Braun sur le développement des organes génitaux des Reptiles écailleux, qui toutes établissent que les premiers ovules apparaissent dans l'épaisseur de l'épithélium péritonéal dans la région germinative en dedans et en avant du rudiment du corps de Wolff (roy. fig. 1, 2 et 4), mettent donc hors de doute que chez tous les Vertébrés comme

DicT. ENc. r s. XVIII. 42

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chez les Zoophi/tes les premiers ovules se (lévclo|ipcnt dans l'épaisseur d'une couche épilhéliale présentant les caractères de l'épithélium muqueux.

Mais, pour être en droit d'aflirmer que l'homologie est complète et que le premier stade d'évolution des germes ovulaires chez les Métazoaires les plus élevés n'est que la reproduction héréditaire de celte évolution telle qu'elle s'accomplit dans les types les plus simples et les plus anciens de ce grand embranchement, il faudrait pouvoir établir que l'épithélium germinatif dérive de Vendoderme. Or la cavité pleuro-|)éritonéale est une formation mcsoHermiquo, elle résulte de l'écaitemenl des deux lames musciilo-cutanée et intestinale de ce feuillet. La région fîbro-germinative, dont les éléments superficiels constituent la couche à épithélium cylindrique, au sein de laquelle apparaissent les ovules primordiaux, aurait, d'après M'aldeyer, la même origine que le fond commun des glandes uro-génitnles et proviendrait pour la plus grande partie de la lame moyenne et de la portion contiguë de lu lame latérale supérieure (lame musculo -cutanée), c'est-à-dire qu'elle dépendrait du mésoderme. Dans un antre passage, M'aldeyer semble même admettre que le germe des organes génitourinaires est une proveuance du cordon axial de Ilis et se rattache par lui à Vectoderme, opinion qui est à peu de chose près la même que celle que His avait antérieurement émise, et à Tappiii de laquelle il invoquait la présence dans certains kystes de l'ovaire de formations semblables à celles du feuillet corné {ectoderme), cheveux, poils, dents, etc. Bien loin de se rattacher pour leur origine à l'endoderme, l'épithélium germinatif et les ovules primordiaux proviendraient non pas seulement du mésoderme, mais de l'ectoderme. Waldeyer indique, il est vrai, que c'est spécialement le canal de Wolff qu'il reconnaît comme une émanation secondaire de l'ecloderme, et c'est aussi de ce feuillet que Ilis fait dériver directement le canal de M'oiff. Or, comme nous le verrons ultérieurement, un des élèves de Waldeyer, Roniiti, a vu le canal de Wolff se former chez l'embryon de poulet par invagination de l'épithélium péritonéal de la région germinative, procédé que Waldeyer lui même décrit comme déterminant la formation du conduit de .Mûller. Avant la publication du travail de Waldeyer, Gœlte et Rosenberg avaient observé ce mode de développement du canal de Wollf par invagination de l'épithélium péritonéal. Plus récemment (1875), A. Schultz a figuré les différentes phases de la formation du canal de Wolff par une dépression de la lame moyenne (Mittelplatte) dans laquelle s'invagine le péritoine muqueux de la région germinative. La concordance de ces observations laites sur des types différents de vertébrés est une garantie sérieuîe de leur exactitude, et le fait que le conduit de Wolff naîtrait d'un point diamétralement opposé à celui d'où His et Waldeyer le feraient provenir infirme singulièrement les inductions qui, ayant surtout en vue le conduit de Wolff, raltacliaient l'origine des germes sexuels hVectodenyie.

Nous restons maintenant en face des rapports incontestables des formations génitales primitives, de l'épithélium germinatif péritonéal et des ovules primordiaux interposés à ses éléments cylindriques, avec le mésoderme. Mais le mésoderme n'est pas, comme l'ectoderme et l'endoderme, un feuillet primitif, indéiendant, il résulte d'une formation secondaire et provient nécessairement de l'un ou de l'aut^-e des deux feuillets primitifs ou des deux à la fois. Ce dernier mode de formation semble le plus généralement reçu, et a surtout pour fondement que le feuillet moyen fait corps à son origine avec le cordon axial, région où se confondent en une masse indivise les trois fenillcis du blastoderme.

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Les observations de E. Van Beneden sur la formation du blastoderme des Poissons télœosteens, et celles surtout sur le développement de l'œuf du Lapin, semblent établir très-ne tlement que le mésoderme se constitue uniquement aux dépens d'éléments provenant de l'endoderme. L'épitliélium germinatif et les ovules primordiaux dériveraient donc d'éléments appartenant primitivement à l'endoderme. Avant même d'avoir démontré far ses profires observations sur l'œuf des mammifères que le feuillet moyen résulte d'un dédoublement du feuillet interne, E. Van Beneden a pu dire, en terminant son Mémoire sur le développement des organes sexuels des H ydr actinie s : (( 11 résulte de toutes les dernières observations embryogéniques faites chez les vertébrés que le feuillet moyen de Van Baëer et de Remak ne donne naissance qu'à l'épitliélium de la cavité péritonéale primitive. Or, d'après les observations de W;ildeyer, l'épitliélium superficiel de l'ovaire des vertébrés n'est que cette partie de l'épilbé ium péritonéal qui recouvre la plaque moyenne. Les observations de Gotte, de Peremescliko, de Scbenk, d'Œl lâcher, de Rienecke, ont démontré que le feuillet inierne et le feuillet moyen de Remak ne sont que des parties différenciées d'une même lamelle cellulaire (y endoderme) qui dérive tout entière du vitelkis blanc chez les batraciens. L'épitliélium sexuel femelle qui persiste à la surface de l'ovaire des mammifères, aux dépens duquel se lorment les tubes ovariens, les vésicules de de Graaf et les canaux de Muller, dérive donc en dernière analyse de Vendodcrme ». S'il paraît bien établi que les ovules primordiaux ont leur orii;ine dans une couche d'épilbélium constituant l'endoderme ou en provenant, l'opinion émise par W'aldeyer et admise aujourd'hui par les embryogéuistes le plus autorisés, que les ovules primordiaux sont le produit d'une métamor(diose des cellules épitliéliales, au milieu desquelles on les rencontre, est-elle aussi bien fondée? Ni Waldeyer, ni aucun de ceux qui adoptent son opinion, n'ont donné une seule figure qui établisse la réalité de cette transformation d'une cellule de l'épithélium germinatif en ovule. On n'a démontré en aucune façon l'existence de formes de ti ansition entre les cellules épilhéliales toutes semblables entre elles et les ovules juxtaiiosés, si différents d'elles par leur forme, leurs dimensions, leur grand noyau clair; on n'observe pas davantage ces formes de transition dans Us figures que donne AValdeyer de l'épitliélium germinatif renfermant dei ovules primordiaux tant chez l'embryon de poulet que chez l'enfant nouveau-né, ni dans les figures données par Semper, llerbst, Liidwig, A. Schnltz, de l'épitliélium péritonéal des squales avec ovules intercalés, ni dans celles de Max Braim de l'épilhélium germinatif de la bandelolle génitale. Le seul dessin que donne Waldeyer de cellules épitliéliales {Eierstock iind Ei, pi. 11, fig. 11, b), se transformant en jeunes ovules chez un fœtus humain de huit mois, se rapporte à n'en pas douter, pour quiconque a observé des préparations de ce genre, à un groupe de trois cellules épitliéliales réunies en un bouquet dont le pédicule, formé par les extrémités effilées de ces cellules, se soude à un faisceau de cellules fusiformes du strom;t, disposition que Waldeyer ne paraît pas avou- reconnue, et que j'ai constamment observée chez les embryons de tout âge : elle caractérise les cellules de l'épitliélium ovarique, ainsi que leur plateau irès-évasé recouvert d'une cuticule à double contour formant une membrane continue sur toutes les tètes des cellules épitliéliales de l'ovaire. Cette cuticule identique, sauf les canalicules poreux, à ceile qui tapisse la surface de l'épitliélium intestinal, et à celle qui sup])orte les cils vibratiles, complète les caractères d'épilbélium muqueux des éléments du revêtement

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ovarique. Les formes de transition entre l'épithélium dit germinatif et les ovules primordiaux n'ont été représentées par personne, et je ne les ai jamais rencontrées sur [dusieurs centaines de coupes d'ovaires d'embryons de mammifères et de reptiles, de jeunes chattes, de jeunes chiennes nouveau-nées, de fœtus humains de trois, quatre, six, sept et huit mois, et de petites ûlles nouveaunées.

Dès leur première apparition chez des embryons de lapin de dix jours, les ovules primordiaux diffèrent, autant qu'à une époque plus avancée du développement, des cellules épitliéliales qui dès cette époque aussi présentent [outes, sans distinction, les particularités de structure qui les caractérisent, et diffèrent absolument de celles des ovules. Les ovules sont juxtaposés aux cellules épithéliales ou recouverts par elles, mais n'en dérivent pas; ce sont des éléments à évolution propre et distincte, qui faisaient partie de la couche de cellules non encore différenciées qui revêt la fente pleuro-péritonéale à son apparition. Tandis que les celulles épitliéliales se différencient par leur forme cylindrique, l'évasement de leur base, l'eflilement de leur pointe et l'allongement de leur noyau, ce n'est ([ue plus tard que les cellules interposées, restées à l'état embryonnaire primitif, évoluent à leur tour et acquièrent les caractères qui permettent d'y reconnaître de jeunes ovules.

Waldever a admis également que les éléments de portions d'épithélium germinatif invaginées dans l'ovaire se transformaient les uns en ovules, les autres en épithélium folliculaire. Mes propres observations, comme je le montrerai ultérieurement, m'ont convaincu que c'est là une erreur. Les ovules apparaissent comme des éléments spéciaux déiivant les uns des autres, interposés aux éléments épithéliaux, mais différenciés dès les premiers stades de leur évolution; l'hypothèse que les ovules primordiaux ne sont que des cellules epitheliales métamorphosées reste encore à démontrer par des observations précises, établissant toutes les formes de transition entre l'état d'élément épithélial nettement caractérisé et celui d'ovule primordial.

Développement phylogé.nétiqce de l'ovaire. Origine des cordons ovariques. Le premier développement de l'ovaire comme du testicule est depuis longtemps rattaché à celui du corps de Wolff qui les précède, et aux dépens dutjuel ils se forment au moins en partie (His et Kôlliker).

Le développement du corps de Wolff est très-précoce. La première ébauche apparaît chez le Poulet du troisième au quatrième jour, chez le Lapin du neuvième au dixième, et son développement est achevé au deuxième jour (Egli). Chez un fœtus humain de vingt-cinq jours il s'étend dans presque toute la longueur du corps, du diaphragme jusque dans le bassin, en dehors de la racine du mésentère, constituant deux masses glandulaires fusiformes, saillantes à la partie postérieure de la cavité péritonéale.

Les corps de Wolff ou les reins, primitifs, à l'état de complet développement, se composent d'un canal excréteur d'où partent somme les barbes d'une plume des tubes sécréteurs terminés en caecum à leur extrémité libre, qui renferme un peloton vasculaire [corpuscule de Malpighi) semblable à ceux du rein, et se constituent successivement et comme pièce à pièce.

Le premier rudiment du conduit de Wolff, que Heichert avait vu seulement lorsqu'il était situé au fond de la cavité péritonéale dans l'écartement des lames latérales supérieures (lame cutanée) el inîérieure [lame fibro-intestinale), a été

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observé à une phase plus précoce de son développemenl par Remak et Kôlliker (sur un embryon de poulet à la fin du deuxième jour de l'incubation), sous forme d'une masse isolée, dans un intervalle triangulaire correspondant au point de séparation de la protovertèbre et de la lame intermédiaire, et recouverte seulement par la lame cornée {Vcclo derme) de la vingt-quatrième à la trentesixième heure de l'incubation. Kôlliker a depuis représenté le rudiment cellulaire du conduit de Wolff chez un embryon de lapin de neuf jours où il fait corps avec la lame intermédiaire à l'origine de la lame cutanée dumésodernie etproéraine dans l'intervalle qui sépare celle-ci de Veclotletine. Quelque rapprochée que soit de l'ectoderme le premier rudiment du corps de Wollï, Kôlliker déclare cependant qu'il n'a pu à aucune époque constater de continuité avec l'ectoderme: c'est bien du mésoderme que proviennent le corps de ^Volff et ensuite les glandes génitales, tandis que toutes les autres glandes sont des provenances soit de l'ectoderme, soit de {'endoderme.

His dans son excellent travail sur la structure de l'ovaire des mammifères, a figuré et décrit comme premier rudiment du conduit de Wolff un pli de l'ectoderme, saillant en dedans dans la direction du mésodeime, précisément au niveau de la jonction des lames latérales avec la vertèbre [irimitive, c'e^t-à-dire dans le point même où Remak et Kôlliker ont vu le premier vestige du conduit de Wolff séparé de l'ectoderme par un espace vide et continu au contraire avec la lame cutanée du mésoderme. Ces observations ont été faites sur des coupes d'embryon de poulet au deuxième jour de l'incubation, à un moment où la gouttière médullaire est encore largement ouverte, et Ilis suppose que c'est à la même période d'évolution où se ferme cette gouttière que le pli correspondant au conduit de Wolff, ainsi qu'un second pli correspondant au conduit génital femelle (conduit de Mùller et Goste), se détachent de l'ectoderme pour venir se placer entre la vertèbre primitive et l'origine des lames latérales. Cette première migration du conduit de WoHf serait analogue à celle qu'elfectue ce conduit pour pénétrer dans l'épaisseur des lames du mésoderme et venir plus tard se placer sur les bords de la cavité péritonéale, qui se forme par l'élargissement de la fente de séparation entre la couche supérieure du mésoderme (lame latérale cutanée) et la couche inférieure (lame fibro-intestinale) ; pour His le corps de W^olff et les glandes génitales, la glande femelle surtout qui en dérive, sont des provenances de Vectoderme. X rap|)ui de sa théorie His invoque ingénieusement les formations pathologiques de nature épidermique, les kystes renfermant des dents, des poils, des cheveux et leurs glandes, dont la présence dans l'ovaire s'expliquerait naturellement dans une dépendance de l'ectoderme et serait au contraire très-extraordinaire dans une dépendance du mésoderme.

Cette conclusion est aussi celle à laquelle a été conduit Waldeyer dans le travail considérable et postérieur à celui de His, consacré à l'étude du développement de l'ovaire, et de l'œuf où il expose aussi le résultat de recherches trèsétendues sur le premier développement du système génito-urinaire.

Au commencement du deuxième jour de l'incubation, sur des embryons de poulet, Waldeyer reconnaît une proéminence de la lame intermédiaire, provenant, de même que la protovertèbre contiguë, du cordon axial, comme le premier indice de la formation de l'appareil uro-génital. Cette proéminence, qui devient de plus en plus prononcée, n'est pas autre chose que celle déjà vue par Remak et Kôlliker et désignée par eux comme le premier rudiment du con-

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duil de WoUT. Mais, tandis que Remak et KoUiker observent une cavité, la lumière d'un canal, dans cette |)roeniinence qui est libre, Waldeyer la représente comme une masse de cellules, sans cavité, jamais libre, comme l'ont figurée Remak et Kôlliker, mais faisant corps avec une portion de la lame intermédiaire (Mittel, Platle) qui représente tout entière le rudiment uro-génital. Le conduit de Wolff, bien loin de provenir d'une saillie cylindrique qui se creuse d'un canal, se constitue par l'upparition d'un sillon qui se trouve entre celte éniinence et le renflement correspond.mt à l'origine de la lame cutanée. Ce sillon pénètre de plus en plus prol'ondément dans la lame intermédiaire, ses bords se rapprochent et se soudent de manière à former un canal qui, refoulé par le développement des parties avoisinantes, paraît s'enfoncer dans la lame intermédiaire au voisinage immédiat de la fissure qui sépare les deux lames latérales du mésoderme, premier rudiment de la cavité péritonéale.

Cependant les cellules pariétales du sillon transformé en canal restent séparées de la cavité péritonéale et recouvertes par une couche de cellules plus superficielles appartenant aussi à la lame intermédiaire, el provenant comme elle du cordon axial. Cette couche, qui forme le revêtement du bourrelet qui occupe l'angle interne de la cavité péritonéale, le rudiment uro-génital, est constituée par des cellules cyliiulriques spéciales, désignées par AValdeyer sous le nom d'p/>itJiélium yerminatif. C'est aux dépens de cette couche par invagination et transformation d'un sillon en canal que se forme le conduit génital femelle (conduit de Millier et Cosie). Antérieurement aux recherches de \yaldeyer, Goette chez les batraciens, et Rosemberg chez les poissojis, avaient constaté la formation du conduit de Wolff par une invagination de l'épithélium péritouéal de la région génito-urinaire présentant des caractères analogues à ceux de l'épithélium germiuatil : postérieurement à la publication du travail de AValdeyer un de ses élèves, Romiti, a constaté que chez les embryons de poulet le conduit de Wolff se forme au.ssi par la soudure des bords d'une dépression de l'épithélium germinatif s'enfonçant dans la portion de la lame intermédiaire qui forme le rudiment uro-génital. Ce mode de formation du conduit de Wolff, par un pli creux ou sillon qui se transforme en canal, serait, d'après cela, le même que celui indiqué antérieurement par M'aldeyer pour la formation du canal de Mûller. Pour Wab loyer ce sont les cellules de la lame intermédiaire sous-jacente à l'ectoderme qui tapissent le sillon, tandis que pour Romiti ce sont les cellules qui tapissent l'angle interne de la cavité péritonéale, c'est-à-dire Vépithélium. germinatif, qui deviennent l'épithélium du conduit de Wolff. Bien que les situations primitives, attribuées à ce conduit par les deux observateurs, soient séparées par toute l'épaisseur delà lame intermédiaire, dans laquelle le conduit pénètre d'après Waldeyer de dehors en dedans, et d'après Romiti de dedans en dehors, il est difficile d'admettre que le canal de Wolff et le canal de Aliiller qui en dérive, dans l'évolution phylogénétique, aient une origine aussi différente. La concordance des observations de Rosemberg chez les poissons osseux, de Schultz chez les pla,2io>tomes, de Goeite et Fùrbringt^r chez les batraciens, avec celle de Romiti, tend à faire admettre que le canal de Wolff et le canal de MùUer, qui tous deux ont unépithélium qui se continue par le cloaque avec celui de l'intestin, proviennent de Tépilliéliura primitivement 'mu^uêLTt ^ussi (endodermique) do la cavité du corps.

L'origiiJe des canalicules sécréteurs du rein primitif n'est pas moins controversée lue celle de son conduit excréteur (canal de Wolff). Remak les fait

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provenir d'une série de petites niasses rondes de cellules, apparaissant d'une manière indépendante, au bord interne du canal de Wollï, se transformant bientôt en vésicules qui s'allongent en canaliculcs, gagnent le conduit deWolfî, et finissent par s'aboucher avec lui. Avant même que cette communication soit établie apparaît une autre série de petites masses cellulaires, brillantes, accolées à la surface libre des vésicules terminales (des canal icules du rein primitif), qui sont l'origine première du pelolon vasculaire. des glomérttleti de Malpighi du rein primitif, llis et Kolliker admettent aussi que les canalicules du corps de Wolff se développent d'une manière indépendante et ne se soudent que secomlairement au conduit de AYolff, tandis que Waldeyer a décrit et figuré ces caJialicules comme provenant dedigitations eu cul-de-sac qui se développent aux dépens du conduit de "Wolff.

Dans ces derniers temps l'histoire du développement du corps de AVolff et, par suite, celle des organes génitaux, sont entrées dans une phase nouvelle, grâce à la découverte importante, faite à peu près simultanément par Semper, Balfour et A. Schultz, d'un mode de développement du corps de AVoIff chez les Plagiostomes qui établit uu lien de plus et non des moins caractéristiques entre les Invertébrés, les Anne l ides spécïAemonl, et les Vertébrés.

On connaît chez les vers inférieurs iSiponculides, BonelUe) des canaux dont l'extrémité interne garnie de cils vibratiles, le plus souvent évasée en trompe, s'ouvre dans la cavité du corps où le canal lui-même est situé, tandis que l'extrémité externe traverse la paroi du corps et s'ouvre au dehois. Ces canaux ont généralement un rôle multiple, ils mettent à certains moments la cavité du corps en communication avec l'eau dans laquelle vit l'animal, et fonctionnent comme canaux aquifères, servant tantôt à l'entrée, tantôt à la sortie de l'eau; dans certaines parties, leurs parois sont épaissies par des couches de cellules d'apparence glandulaire, qui rendent très-probable leur assimilation aux organes excréteurs et en particulier aux canalicules du rein, et enfin ils servent en outre à l'évacuation des éléments générateurs, œufs et spermatozoïdes; dans quelques genres ils sont modifiés d'une manière spéciale pour cet usage. Ces organes sont désignés sous le nom de canaux en lacet parce qu'ils sont longs et enroulés en circonvolutions, ou canaux segmentaires parce que chez les Annélides à chaque segment ou anneau {métamère du corps) correspond une paire de ces canaux.

Or, il résulte des recherches de Semper, ainsi que de celles de Balfour, que chez les embryons de Plagiostomes, dans la région occupée

par le corps de Wolff, on voit cet organe se constituer par une série de canaux disposés symétriquement par paires au niveau de chaque segment vertébral, cl s'ouvrant dans la cavité péritonéale (cavité du corps) par des orifices évasés en entonnoir, garnis de cils vibratiles (fig. 1).

Fig. 1. — Coupe transversale de la région abdominale d'un embryon de squale.

a, corde dorsale. — b, aorte. — c, veine cardinale. -d, canal segmentaire. — e, canal de Wolt'f. — f, yh génital contenant des ovules primitifs. — g, cavité pleuro-pcriiouéale. — /j, intestin (d'après Balfour).

664 OVAIRE (DiivELorrEMENi).

Les organes segmentaires se développent par invagination de l'e'piihélium péritonéal au fond de la gouttière formée par l'écartement des deux lames intestinales et cutanées du niésodorme. Les canalicules résultant de cette invagination vont s'ouvrir dans les canalicules latéraux du conduit de Wolff, qui se développent aussi au niveau de chaque segment ; l'abouchement se fait dans une ampoule renfermant un glomérule qui n'est autre chose qu'un corpuscule de Malpighi du rein primitif. L'ouverture péritonéale des canalicules segmentaires {néphrostomes) persiste pendant toute la vie chez de nombreuses espèces de squales. Le conduit de ^Yolff lui-même, d'après les observations de Semper, s'ouvre librement à son extrémité supérieure dans la cavité péritonéale. Ce conduit primordial se divise ultérieurement en deux par une cluibon, qui n'atteint pas l'extrémité supérieure, de sorte que l'un des conduits est ouvert et devient canal de Millier, l'autre fermé reste le canal du rein primitif (canal de Leydig).

Chez les Amphibiens, les recherches de Spengel, de Fiirbringer et de Semper, ont démontré un mode de formation du rein primitif par des canaux segmentaires, d'aprfts un type semblable à celui des Plagiostomes on Ëlasmo-branches (Bal four).

Fûibringer fait connaître l'existence d'un rein précurseur existant chez les Cyclodomes, les Teléostéens, Chondrostéens, Amphibiens, et précédant l'apparition du rein primitif du corps de Wolff. Le rein précurseur et son canal apparaissent sous l'aspect d'une invagination réniforrae de l'épithélium péritonéal pariétal, qui se détache peu à peu du péritoine. Le rein primordial se développe secondairement, comme l'a vu Spengel, par des invaginations de l'épithélium péritonéal, formant des cordons pleins qui se creusent ultérieurement de cavités et se mettent en communication avec le canal du rein précurseur.

Chez les reptiles écailleux, Max Braun, élève aussi de Semper, a constaté la formation de canaux segmentaires pairs et sensiblement en harmonie avec la segmentation des protovertèbres. De chaque côté du corps, dans la région ventrale, l'épithélium péritonéal s'invagine au niveau de chaque protovertèbre ; l'invagination progresse d'un segment à l'autre, d'avant en arrière, et forme primitivement non pas un canal, mais un cordon cellulaire plein qui se renfle après un court trajet. Ce renflement globuleux se creuse d'une cavité {vésicule segmentaire); de cette vésicule bourgeonne un prolongement d'abord court et droit, plus lard long et contourné, qui rejoint le canal de Wolif et se met en communication avec lui. Les cordons cellulaires pleins, vestiges de l'origine péritonéale, s'atrophient et disparaissent. Des canaux segmentaires en communication primitivement avec le péritoine ont été également trouvés chez l'embryon de poulet par KoUiker ; il a conslaté aus?i que chez l'embryon de lapin les canalicules du corps de Wolff ont de même pour point de départ des invaginations de l'épithélium péritonéal, forment d'abord des canaux à lumière très-étroite et ont par suite quelquefois l'apparence de cordons pleins. Au niveau de l'origine péritonéale de ces cordons on remarque une ouverture ronde, étroite, diflicile à voir, vestige de l'ouverture primitive réniforme des organes segmentaires.

La concordance de toutes ces observations récentes sur le mode de développement du conduit de Wolff, conduit du rein primordial, du canal de Millier et des canalicules du corps de Wolff [canaux segmentaires), semble mettre hors de doute que toutes ces formations apparaissent au début comme des dépressions, des diverticules de la cavité péritonéale [cavité du corps,

OVAIRE (développement). 6G5

cœlome), et la mettent en communication avec la cavité mteslinale dont l'épithélium muqueux et primitivement vibratile se trouve ainsi en continuité avec l'éiiithélium identique de la région germinative. Le péritoine étant l'homologue du cœlonie, qui lui-même est primitivement un diverticulnm de la cavité intestinale, le développement ontogénique de l'appareil génito-urinaire des vertébrés, reproduit donc le type primitif des Métazoaires (Cœ/en/e'res), chez lesquels les éléments sexuels se développent, soit dans la cavité endoilermique, soit sur les parois de la cavité du corps ou des canaux gastro-vasculaires, qui ne sont que des annexes de la cavité intestinale [cavité endodermiqxœ) .

Développement omogék)qce des ovules et de l'ovaire chez les vertébrés et spÉciALEMEXT CHEZ LES Mamjiifères. Los rapports intimes que présentent à leur oriiïiiie certains éléments constituants des glandes génitales avec les canalicules du corps de NAolff. soupçonnés et entrevus depuis longtemps (Mis, Valdeyer), ont été établis avec plus de précision par Max Braun, dans son travail sur le développement du système uro-génital des lîeptiles. Après avoir décrit, comme nous l'avons indiqué plus haut, la formation du corps de Wolff par les invaginations Je l'épithéliuni péritonéal constituant les vésicules segmentaires (corpuscules

Fig. 2. — Coupe transversale d'un embryon d'orret (.inguis fragilis) long de 8 ù 10 millimètres.

a, moelle épinière. — h, lame musculaire. — c, corde dorsale au-dessous de laquelle se trouve l'aorte. ~d, ecloderme. — e, canal de Wolff, — f, ovule primitif. — çj, point oii Vectoderme fait l'invaginaliou de l'épilhélium périlonéjl. — h, vésicule segmenlaire (d'après Max Braun).

de Malpighi) qui produisent elles-mêmes par bourgeonnements les canalicules contournés du corps de W ollY, il expose de la façon suivante le développement des glandes génitales des Reptiles : « La glande génitale est constituée de la même façon dans les deux sexes; elle apparaît sous la forme d'une saillie allongée en forme de pli [pli génital) à la surface des reins primitifs et est formée par uu stroma conjonciif et un épaississement de l'épithélium péritonéal dont quelques-uns des éléments se sont transformés en ovules primordiaux. De chacun des corpuscules de Malpighi. dont la série confine à la base de la glande génitale, part un prolongement en lorme de cordon solide ou de canal qui, s'allongeant et se ramifiant, pénètre dans la glande génitale [cordon segmenlaire). Ces cordons seormentaires se mettent en connexion directe avec l'épilhélium péritonéal renfermant les ovules primordiaux. » On voit ensuite les ovules primor-

Fig. 3. — Coupe transversale du pli génital d'un embryon d'orvei de moins de i9 raillimoires.

(1, veine cardinale. — b, glon)éiiile deMalpighi. — c, cordon segmentaire placé dans le pli génital el dans lequel les jeunes ovules ont émigré (d'après ilax Braun).

C66 OVAIRE (développemem).

diaux émigrer soit au niveau des points de jonction des canaux scgmentaires avec l'épitliélium, soit à travers le stroma, pénétrer et se loger dans l'intérieur

-vf^v:?-;- ^^^ cordons segmentaires. Quand les

sexes se ditlérencient, chez les raàles, d'après Max Braun, les cordons scgmentaires forment les canalicules séminifères en même temps que les ovules primordiaux disparaissent de leur intérieur ; chez les femelles, les cordons segmentaires s'atrophient, tandis que la couche des ovules primordiaux grossit et forme un renflement fusil'orme et allongé sur l'ovaire. Mes propres observations sur les embryons de mammileres sont sur ce dernier point contraiies à celles de de Max Braun, les cordons segmentaires persistent, de même que chez le màlc, chez la femelle, où ils constituent les tubes de Valenlin-Pfluger {voy. fig. 5). et les ovules primordiaux persistent aussi chez le raàle comme chez la femelle.

Egli n'a vu siu- des embryons de Lapin au quatorzième jour, dans le rudiment de la glande sexuelle, qu'une agglomération de cellules du stroma mélangées à des cellules épilhéliales, sans pouvoir y distinguer aucun arrangement particulier, aucun indice de la sexualité, ni aucun vestige de grosses cellules représentant des ovules primordiaux. Au quinzième jour, il ne dislingue encore, comme première ébauche des futurs éléments de la glande sexuelle, que de petits groupes de cellules épilhéliales, trois, quatre ou plus, séparées par du tissu interstitiel, qui paraissent surtout évidents au voisinage de la surface et bien moins distincts dans la profondeur. Le seizième jour, époque où s'accuse pour la première fois la différence sexuelle par la formation chez le mâle dune couche de cellules fusiformes sous-jacentes à l'épithélium, dont les éléments deviennent plus courts et la couche plus mince, la masse principale de la glande mâle est formée de groupes de cellules épilhéliales, de forme variée, ronds ou allongés, ou en forme de tubes, dirigés transversalement à l'axe de l'organe de bas en haut et de dehors en dedans, et séparés par des trabécules fines de tissu conjonctif munies de vaisseaux. Dans la glande femelle la niasse principale du parenchyme serait aussi, d'après Egli, conslituée par des groupes de cellules épilhéliales sous forme de bandelettes ou de cônes courts qui, dans les couches superficielles, semblent provenir d'un bourgeonnement de l'épithéliura superficiel ; dans la profondeur ils sont arrondis, irréguliers, et rarement en forme de tubes, Xu dix-huitième jour, les groupes de cellules apparaissent dans l'orgjme mâle comme des cordons de cellules pleins; les plus rapi'rochés du corps de VVolff ont leurs extrémités dirigées vers ce corps. Egli ne signale pas même à ce moment dans ces cordons cellulaires la présence d'ovules primordiaux. A la même époque, dans le rudiment d'ovaire, il distingue deux substances, la corticale et la médullaire, la première entourant la seconde sous

OVAIRE (dëfeloppeme.m). 667

l'orme d'une mince couche entièrement formée de cellules épitliéliales cylindriques et régulièrement juxtaposées à la superficie ; plus rondes et pressées les unes contre les autres dans la profondeur oii l'on trouve çà et là une cellule qui se distingue par un gros noyau vésiculaire. La masse principale de la substance médullaire consiste en groupes irréguliers et anastomosés de cellules qui se distinguent à peine des éléments de la couche corticale, mais en sont séparés par arcades de tissu conjonctif et de capillaires. Pour Egli, les cordons cellulaires pleins formés par le bonrgeounement de groupes de cellules de l'épithélium gerniinatif péritonéal, invaginées dans la bandelette génitale, communs aux deux sexes dans la période d'indifférence sexuelle, prennent un développement de plus en plus accentué chez le mâle, tandis que chez la femelle ils restent à l'état rudimenlaire. L'apparition des groupes de cellules d'où proviennent ces cordons est le premier indice caractéristique d'une glande sexuelle. et il en conclut qu'à une certaine période de développement (au quinzième jour chez le Lapin) tous les embryons sont anales, le rudiment des cordons cellulaires, dont le développement complet caractérise le type mâle, existant seul à cette époque. Kollikera constaté également dans la glande sexuelle à'enibrijons de Lapin de quatorze jours l'existeuf^e de cordons de cellules pleins, manil'cstement anastomosés, qu'il caractérise dès lors comme canaliculesséminifères, bien que nos propres observations, confirmant en cela celles d'Egli, établissent ip'au quatorzième et au quinzième jour les glandes sexuelles sont encore absolument semblables chez tous les embryons de lapins mâles ou femelles. Chez un embryon de lapin du seizième au dix-septième jour, au début de la différenciation sexuelle, Kôlliker a vu les cordons cellulaires contournés se prolonger jusqu'au corps de "NVolff, et même se souder à l'épithélium d'un corpuscule de Malpighi. Sur un embryon de radie de 22 millimètres, dont la glande sexuelle n'avait encore aucun caractère sexuel bien déterminé, Kôlliker constate également l'exisience de canaux épilhéliaux à direction transversale qui, à l'une de leurs extrémités, étaient unis à un -corpuscule de Malpighi et par l'autre extrémité plongeaient sous forme de deux bourgeons cellulaires pleins dans l'intérieur de la glande sexuelle.

Si l'on rapproche ces observations d'Egli et de Kôlliker sur le développement de cordons cellulaires pleins, tortueux et anastomosés dans le rudiment des glandes sexuelles, à la période où elles sont identiques pour les deux sexes, de la description que Max Braun donne des cordons segmentaires de la glande génitale des Reptiles à la même période, il est difficile d'y méconnaître une analogie d'autant plus frappante que Kôlliker a constaté la connexion directe de ces cordons avec les corpuscules de Malpighi {vésicules segmentaires), d'où Braun fait dériver ses cordons segmentaires (fig. 2).

Développement ontogémqce du rudiment génital commun chez les mammifères. Mes propres observations me permettent d'affirmer non-seulement l'analogie, mais l'identité complète des cordons cellulaires tortueux et anastomosés, qui constituent la masse principale du rudiment commun et inditïérent des glandes génitales des Mammifères avec les formations de la glande génitale des Reptiles écailleux décrites par Max Braim sous le nom de cordons segmentaires. Dans le courant du printemps de 1878, au moment même où je poursuivais mes recherches sur le développement de l'ovaire des Mammifères, j'eus l'occasion d'étudier des œufs du grand Lézard ocellé, qui renfermaient des embryons

0r;8 OVAIRE {développement).

mesurant 11 millimètres de long de l'extrémité du museau à l'origine delà (jueue. Le rudiment de la glande sexuelle, le pli génital de Max Braun, présentait une structure identique chez tous ces embnons, qui étaient par conséquent encore à la période d'indifférence sexuelle. Les coupes perpendiculaires à l'axe du pli génital montrent la presque totalité de l'épaisseur de ce pli, depuis sa base qui repose sur les glomérules de Malpighi du corps de Wolff jusqu'au bord lil>re revêtu par la couche périlonéjle d"épithélium cylindrique {épithéliiim germinatifàc Waldeyer), constituée pardescordons cellulaires coupés la plupart suivant leur longueur, les autres obliquement ou en travers, et dont la direction générale va des capsules gloniérulaires, d'où ils semblent émaner, vjrs le bord péritonéal, où ils se terminent par des extrémités coniques. Celles-ci

Fig. 4. — Coupe du corps de 'W'olff et du pli génital d'un embryon de lapin au treizième jour.

ao, aorte. — vc, veine cardinale. — str, siruma du corps de AVolff. — cw, canal de Wolff. — de, canslicule du corps de AVolIf. — (//«, ploméruie de Malpighi — es, cordons segmenlaires. — op, onilcs primitil's. — epp, épiiliéliuni péiiionccn. — epg, épitliélium germinatif.

pénètrent dans l'épaisseur de l'rpithélium cylindrique jusqu'au voisinage de la surface péritonéale ; les cellules épithéliales s'écartent pour recevoir le sommet des cônes qu'elles recouvrent en s'incurvant en forme d'arcades ogivales. Ces cordons pressés les uns contre les autres et séparés seulement par de minces Irabécules de cellules fusiformes du stroma et des vaisseaux capillaires, constitués par des amas de cellules rondes ou ovales, sans aucune enveloppe, correspondent parfaitement par leur situation, leurs rapports d'origine et leur terminaison, aux cordons segmentaires décrits par Max Braun dans le rudiment des glandes génitales d'autres Beptiles écailleux {Anguis fragilis,Lacerta fragilis, Coluher nalrix, etc.). Ce qui achevait du reste de les caractériser de l'açon indubitable, c'est qu'ils commençaient à être envahis au niveau de leurs cônes terminaux par des cellules à grand noyau vésiculeux, muni d'un gros

OVAIRE (DtVEïOPPEMt.NT).

'^.J^'L'^l!'':'"f'^ °" - P»--"' -■ pi- m-«"n»î.re

des ovules primordiaux, semblables

a ceux que l'on reucoiilrait encore dissé-

mines dans les interstices des cellulas cylindriques de i'epithélium péntonéal. Au contact immed.a de ceux des ovules p.nnonUaux qui n'avaient pas encore qai te la couche epitliehale {germinative), on trouvait des cônes terminaux de cordons segmentaires ne renfermant pas encore d'ovules miij.ateurs : c'était le plus grand nombre, et sauf au niveau de leur cône terminal, on ne découvre pas encore dans les cordons segmentaires. qui au-dessous de l'épithéluim forment presque à eux seuls la masse centrale du pli génital, d'ovules primordiaux interposes a leurs éléments propres. Je fus d'autant plus frappé de ces observations qui me montraient le début de la

migration des ovules primordiaux dans les cordons segmentaires des embryons de Lacertien, que je venais d'observer sur de jeunes embryons de Lay; m, à la même péiiode du développement des glandes génitales, une disposition tellement identique à celle que je viens de décrire pour les embryons de Lézard ocellé, qu'un observateur non prévenu examinant les coupes d'ovaires des deux espèces d'embryons aurait cru avoir sous les yeux des préparations provenant toutes d'un

rs.

o. — Coupe Iraiisver-ale du pli fjmilal, rudiment d'un einhryon de lapiii au lroizicmt< jour.

même organe.

l'p.l, Epitliélium germiiiatif. — opr, ovules primordiaux. — eps, fuMon des exlrémitos profoudes ei efliléi-s des cellules ci.ithiWialcs avec les élcmenls

fusilormes des cloisons du siroina. cslr, sir

siioma séapiant lovaire du corps de Wo!ff. — es, cordon* begmenlaires. — cpm, glomérule de llalpighi. — cl, peliles cellules des cordons segmentaires.

Chez les Mammifères, en effet, dès que le rudiment commun des glandes génitales s'est caracleiisé par l'allongement des cellules péritonéales qui recouvrent la bandelette génitale et par l'épaississement de celte couche épithéliale (du onzième lu douzième jour chez les embryons de Lapin), on découvre entre les cellules cylindriques de I'epithélium de gros noyaux vésiculeux, à nucléole brillant, intourés d'une mince coud e de protoplasma (les ovules primordiaux), eu apport intime avec l'extrémité conique, enchâssée aussi dans la couche épihéliale, de cordons cellulaires pleins et sans enveloppe. Ceux-ci, constituant la nasse principale du bourrelet génital, convergent vers la paroi capsulaire des ;lomérules du corps de Wolff; ce sont les cordons segmentaires (Max Braun) Gg. 4 et 5).

Les ovules primordiaux, d'abord en contact seulement avec les cellules terlinales des cordons, s'engagent bientôt dans leur épaisseur, au niveau même 3 la couche épithéliale, et se montrent entourés de petites cellules à noyaux 'oïdes, qui constituent ces cordons. Descendant graduellement dans l'intérieur !s cordons, les ovules ont déjà atteint la partie centrale du bourrelet génital 'cz des embryons de Lapin de treize à quatorze jours. Bientôt chaque cordon nferme plusieurs ovules, disposés en série linéaire, mais isolés les uns des très par des amas de petites cellules. Les ovules primordiaux paraissent se iltiplierde très-bonne heure par division, on trouve déjà chez des embryons

670 OVAIRE (dlveloppemem).

de Lapin du quinzième au seizième jour des ovules dont le noyau a déjà considérablement augmenté de volume et présente 2 à 5 nucléoles, indices d "uneprochaine scission (lig. 6, A). J'ai observé aussi ces ovules à 2 et 5 nucléoledans l'ovaire d'un fœtus de trois mois (fig. 6, B).

La différenciation sexuelle s'accuse d'abord par la disparition des ovules de la couche épilhéliale et la rétraction des cordons entraînant ces ovules; en même temps des couches de cellules fusiformes, première ébauche de Valbucjinée, caractéristique de la glande mâle, séparent défmitivement, dans cette

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là) .^

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glande, les ovules et les cordons de l'épithélium péritonéal. Celui-ci devient plus mince, non-seulement par suite du raccourcissement des cellules cylindroconiques, mais aussi par suite du départ des ovuks primordiaux et des cônes terminaux des cordons segmentaires {seizième jour).

Du seizième au vingtième jour, le nombre des ovules augmente rapidement dans les cordons cellulaires des deux gbmdes, autant et plus même dans la glande mâle, où ils n'ont plus de relations avec l'épithélium germinatif, que dans la glande femelle, où elles persistent. La multiplication des

OVAIRE (développememK 671

ovules est bientôt telle dans la partie corticale des cordons cellulaires, que, dans les deux tiers de l'épaisseur pour la glande mâle, un tiers seulement pour la glande femelle, ils sont complètement envahis par les ovules, dont le volume s'est accru en mêm^ temps que le nombre : pressés les uns contre les autres, imbriqués les uns sur les autres, les ovules ne laissent plus voir aucun vestige des éléments propres des cordons. Ceux-ci apparaissent comme uniquement constitués par des ovules nus. Cependant les cellules primitives à noyau ovoïde n'ont pas complètement disparu; dissociées et mas(|aées par la prolifération des ovules, on les retrouve sur les coupes Irès-minces d'oîi les ovules sont en partit; enlevés, isolées les unes des autres et logées dans les vides que laissent entre elles les sphères ovulaires.

Dnns les cordons ovulaires corticaux du testicule comme dans ceux de l'ovaire, les petites cellules des cordons, bien que masquées également par l'énorme développement des ovules, jiersistent en plus grand nombre et se multiplient plus rapidement que chez la femelle ; chez les lapins de quinze jours à

e/istr

Fig. 7. — Coupe tranjvnrsa'e du testicule d'un embryon de Lapin du seizième au dix-se|itième jour, commencement de ia difiérencialion sexueUe.

ep/,eellules de l'épithélium germinaiif devenues plus courtes et plus ap'alies. — n\h, couclie de cellules fubiforraes du flroma séparant la couche épilhéliale des cordons sigmcutairos. — csg.opre ovules primordiaus. — e«/r, cloisons du stroraa.

-(-jy

Fi^'. 8. — Coupe transversale de l'ovaire d'un eniliryou de Lapin du seizième au dix-septième jour.

L'pg, épithélium ovarique. — oj))\ ovules primordiaux. — cs(j, cordons seymenlaires. — ep.str, soudure des sommets des cônes épilhéliau\ avec les fal^ceaux des cellules fusiformes du slroma. — sl7\ fiiisceau dusiruma. — cl, petite; cellule> des cordons sepmenlaires.

un mois, chez les jeunes chats nouveau-nés, elles se montrent, tant à la périphérie qu'au centre des cordons, séparant les ovules les uns des autres. Les ovules de la glande mâle persistent et prolifèrent après la naissance et pendant l'enfance; ce sont eux qui, chez les mâles adultes, constituent les grandes cellules rondes, les sperniatogonies de La Valette Saint-Georges [Archiv fur mikrosk. Anat., 1878), qui signale leur ressemblance avec de jeunes ovules. Il y a plus que ressemblance, il y a identité de constitution et d'origine entre ces ovules et ceux des jeunes femelles, provenant les uns comme les autres de la prolilcration tics ovules primordiaux au sein des cordons cellulaires segmentaires. Si je n'ai pu suivre d'une manière continue toutes les phases de révolution que chez les embryons de Lapin, j'ai pu constater un mode de développement identique chez les embryons maies et femelles de Ruminants, de Porc, de Chien, sur des emhnjom Humains de trois mois, de quatre mois, de cinq mois et demi et de sept mois et demi, des enfants nouveau-nés de trois mois, de dix mois, de deux ans, chez de jeunes lapins, àe jeunes chats, déjeunes chiens, et retrouver partout les chaînons qui relient aux ovules primordiaux de la période

672 OVAIRE (développement).

d'indifférence scxnelle non-seulement les ovules de la glande femelle, mais aussi les ovules de la glande mile des adultes.

Ainsi la pre'sence d'ovules, comme cléments essentiels du testicule, constatée d'abord par Balbiani chez \esPlagiostomes et récemment, par le même observateur, chez des embryons de mouton de 9 centimètres, apparaît comme une condition constante de l'organisation de la glande mâle aussi bien que de la glande femelle chez les Mammifères, chez YHomme et, selon toute probabilité. chez tous les Vertébrés.

La glande mâle, pas plus que la glande femelle, n'est primitivemenl hermaphrodite, les ovules ne sont pas plus caractéristiques delà glande femelle que les cordons de petites cellules (canalicules spermatiques des auteurs, cordons segmentaires de Max Braun) ne sont caractéristiques de la glayide mâle. Ces deux ordres d'éléments ont cliacun leur rôle nécessaire daus la constitution et le fonctionnement de chacune des deux glandes sexuelles : celles-ci différent surtout par le mode d'évolution des éléments qui seul est vraiment caractéristique, et constitue la condition essentielle de la différenciation sexuelle.

Développement 'je l'ovaire des iiAiiMiFfjREs. Chez les Chattes et Chiennes et Lapines nouveau-nées, dont l'ovaire est encore à une période de développement «(juivalenlc à celle de lovaire d'un embryon humain ou de ruminant au troisième on quatrième mois de la vie intra-utérine, on distingue nettement sur la coupe de l'ovaire deux zones concentriques distinctes : la zone corticale et la zone médullaire.

La zone corticale est formée de cordons entièrement constitués en apparence par des ovules, serrés les uns contre les autres et séparés seulement par de minces cloisons du stroma supportant les vaisseaux capillaires qui forment un riche réseau à la surface de l'ovaire. Les arcades anastomoti({ues unissant les cordons en réseau sont immédiatement contiguës à l'épithclium muqueux, et les extrémités libres des cordons constituées par les plus jeunes ovules plongent dans l'épaisseur de la couche épithéliale dont les cellules se recourbent en arcade, recouvrant le sommet des cônes.

Sur l'ovaire frais et entier déjeunes lapines et déjeunes chattes nouveau-nées il est facile de constater à l'aide de fiubles grossissements (de 20 à 50 diamètres) l'existence dans les couches superficielles de l'organe de ce réseau de cordons tortueux anastomosés pressés les uns contre les autres et dans les interstices desquels rampent des vaisseaux d'origine d'un réseau capillaire sanguin qui enlace dans ses mailles les cordons ovulaires ; la richesse du réseau vasculaire est telle que sur des embryons de lapin de dix-huit à vingt jours elle permet de distinguer à l'œil nu l'ovaire du testicule. J'ai pu photographier ces réseaux sur l'ovaire entier et frais, et depuis plus de quinze ans je démontre dans mes cours sur ces préparations d'ovaires de chiennes, de chattes nouveau-nées, d'embryons de porcs et de fœtus humain, que le réseau de cordons ovulaires occupe non-seulement la zone corticale de l'ovaire, mais aussi le noyau médullaire central où ses cordons plus espacés sont séparés par les trabécules épaisses du stroma du bile et par des vaisseaux tortueux et volumineux, surtout chez les petites filles et chiennes nouveau-nées.

Les cordons de la zone corticale de l'ovaire des chiennes, chattes et lapines nouveau-nées, qui peuvent paraître aux yeux même les plus exercés (KoUiker, Entwickeîungsgeschichte, 2'' édit.) uniquement formés d'ovules, tant ils sont près-

OVAIRE (développement). 675

ses les uns contre les autres et imbriqués les uns sur les autres {voy. fîg. 10), ne sont antre chose que les portions corticales des cordons segmentaires : bien loin de disparaître en s'atrophiant chez les femelles, comme Max Braun croit l'avoir vu chez les Reptiles écailleux, ils conservent jusqu'à la naissance les caractères qu'ils présentent déjà au début du dernier tiers de la vie intra-utérine chez les lapines, à trois mois dans l'espèce humaine et à peu près à la même époque chez les ruminanis. En, effet les cellules propres des cordons segmentaires dissociées, masquées presque complètement par les ovules provenant de la prolifération des ovules primordiaux au sein de ces cordons, persistent toujours. Sur les coupes très-minces dont les ovules ont été partiellement enlevés on retrouve ces cellules cachées dans les vides que laissent entre elles les sphères ovulaires. Ces cellules des cordons ont perdu alors leur forme primitive, globuleuse

Fig. 9. — Coupe d'un cordon ovulairc de la zone corticale d'un emliryon de porc de 13 centimètres de long. A la partie supérieure de la figure, les ovules ne forment qu'une seule couche, laissant voir dans leurs interstices les noyaux des cellules propres des cordons segmentaires; à la partie iuféiieure, les ovules ont été enlevés, on ne voit plus que les loges en forme d'alvéoles qu'ils occupaient et qui sont formées par le proloplasma, étalé en coudies minces, des cellules propres des cordons. Les coupes optiques des cloisons qui séparent les alvéoles ont l'apparence d'un réticulum.

ov, ovules. — de, cellules propres des cordons segmentaires. — sir, trabécules du stroma

à cellules fusiforraes contractiles.

OU ovoïde; aplaties et reliées les unes aux autres par des prolongements lamelleux du protoplasma, elles constituent un réticulum dans les mailles duquel sont logés les ovules, disposition qu'il est facile de constater chez les embryons de lapin, de porc, de ruminants, chez les fœtus humains de trois à six mois et chez les chiennes et chattes nouveau-nées (fig. 9).

Les ovules, presque exclusivement concentrés encore dans la région corticale des cordons segmentaires au moment delà naissance, chez ces dernières espèces, descendent peu à peu dans la portion de ces cordons qui occupe le centre médullaire où ils sont écartés les uns des autres par un développement des travées du stroma et des vaisseaux, beaucoup plus prononcé que dans la zone périphérique. Mais, tandis que j'ai trouvé déjà des ovules dans les cordons wcr. EKC. r s. X\I1I. 43

674 CTïrrïvEJ ^nK \ i.],tii'i> KMh> 1 j.

segmenlaires de la région médullaire à la limite de la zone corticale et même déjà ditns le stroma du hile chez les fœtus humains femelles de quatre mois et demi, ces cordons en étaient encore complètement dépourvus et constitués uniquement par leurs cellules propres, chez une jeune chienne de trois mois et demi, à quatre mois après la naissance; toute la masse médullaire occupant les deux tiers de la coupe ovarique était traversée en tous sens par des cordons cellulaires pleins ramifiés et anastomosés ne renfermant pas un seul ovule. Il y avait cependant déjà des vésicules de de Graaf bien développées à l'union de la zone corticale et de la zone médullaire ; il est vrai que des cordons remplis d'ovules pressés les uns contre les autres occupaient encore la zone sous-épithéliale de la région corticale.

La migration des ovules de la partie corticale vers la partie centrale des cordons segmcntaires ne se fait donc qu'après la naissance chez les mammifères dont la gestation est de courte durée, tandis que chez les ruminants et dans l'espèce humaine elle a lieu du troisième au quatrième mois de la vie intra-utérine.

Au début de la migration on voit, sur les confins de la zone corticale entièrement formée de cordons d'ovules agglomérés les uns contre les autres, les plus volumineux de ces ovules, qui sont aus<i les plus rapprochés du noyau médullaire, écartés les uns des autres, et engagés isolément ou par groupes de doux ou trois dans le prolongement médullaire des cordons segmeutaires. Les cellules des cordons entourent les groupes d'ovules ou des ovules isolés les uns des autres par une longueur assez considérable de cordon exclusivement remplie de ces cellules ; quand les ovules migrateurs se suivent de près, ils constituent ces chaînes [Eiketten) décrites et figurées par Pflùger.

Les tubes de Valentin-Plliiger ne sont donc évidemment autre chose que des cordons segmcntaires envahis par des ovules émigrant de la périphérie vers le centre : l'observation de Pflùger que l'épilhélium folliculaire se montre d'abord entourant les ovules les plus rapprochés du centre résulte également de ce que les ovules qui ont les premiers effectué leurs migrations, plus avancés dans la partie centrale des cordons segmeutaires, laissent généralement entre eux et ceux qui les suivent un intervalle où les cellules des cordons [ëpithélium folliculaire) se montrent en plus grand nombre que là où les ovules sont pressés les uns contre les autres. Si les ovules se suivent de près dans leur migration, on voit des chaînes d'ovules ; si au contraire ils se suivent à distance quelquefois assez considérable, on voit sur les coupes ce que Pflùger et Kôlliker ont figuré, un ovule occupant seul l'extrémité centrale renflée d'un cordon cellulaire qui dans sa partie périphérique n'est rempli que par de petites cellules rondes {folliculaires) agglomérées. C'est cette disposition qui a porté Kôlliker à voir un processus de prolifération folliculaire, prélude de la formation de nouveaux ovules après la naissance, chez une petite fille de sept mois, et à repousser l'idée, qui d'après mes observations est la seule vraie, que ces prolongements sont des restes des anciens tubes glandulaires {cordons segmcntaires).

Celte même migration des ovules dans l'intérieur des cordons segmenlaires, de la périphérie vers le centre, a pour conséquence l'évacuation plus ou moins complète de la zone périphérique des cordons segmeutaires par les ovules. C'est ainsi que chez le fœtus humain quelquefois déjà dans le dernier mois de la vie intra-utérine et plus souvent au moment de la naissance et dans les mois suivants on trouve dans la zone corticale sous-épitliéliale de l'ovaire ces réseaux de cordons cellulaires anastomosés qui tantôt sont vides d'ovules comme les

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ont vus Spiegelberg, Langbans et Kolliker, tantôt en contiennent un petit nombre écartés les uns des autres, comme dans les cas observés par Waldeyer et de Sinély. Inutile d'ajouter que l'assertion de Waldeyer que ces tuhes de Pfliiger n'apparaissent cbez le fœtus bumain qu'au neuvième mois et lorsque déjà depuis longtemps non-seulement les ovules primordiaux, mais les générations qui en dérivent sont en pleine voie de développement, est absolument erronée.

Dans l'ovaire à'emhryoyis humains de trois mois, le réseau cortical des cordons segmentaires, existe et est presque complètement envahi par les ovules., qui à une période plus avancée masquent totalement les cellules propres des cordons comme cela se voit chez les embryons de lapins, de porcs, et chez les chattes et chiennes nouveau-nées. Les prétendus amas d'ovules isolés les uns des autres {Eiballen de Waldeyer, Eggclusters de FouJis). qui d'après Balbiani produiraient par bourgeonnement ultérieur le réseau de cordons ovulaires, ne sont autre chose que l'image des coupes transversales ou obliques de cordons segmentaires pleins d'ovules en voie de prolifération et dont les cellules propres se montrent çà et là disséminées entre les ovules, sans prendre jamais aucune part directe à leur formation.

Quant aux invaginations de l'épilhélium muqueux superficiel de l'ovaire auxquelles Waldeyer et ses sectateurs font jouer un rôle si important dans la production des ovules primordiaux chez les Mammifères et l'embryon de Poulet. opinion qui semble corroborée par les observations analogues faites chez les Plagiostomes, les Batraciens et les Poissons osseux, mes propres observations, en ce qui concerne les reptiles écailleux t\.\Q,s mammifères, sont en contradiction absolue avec cette manière de voir.

Chez les jeunes embryons, comme Kappf et Foulis l'ont déjà remarqué, les invaginations épithéliales telles que celles figurées par Waldeyer dans l'ovaire d'un embryon humain de trois mois ne sont autre chose que l'épithélium tapissant le fond d'une de ces dépressions linéaires qu'on voit à la loupe en grand nombre à la surface de l'ovaire des embryons et des nouveau-nés, formant ces sillons anfraclueux, indices d'une tendance à la lobulalion, analogue à celle que montrent les reins de quelques mammifères et surtout des embryons : la fausse apparence de continuité entre cet épithélium et les amas d'ovules [eiballen) contigus résulte de ce que les parties périphériques des cordons segmentaires envahies par les ovules sont encore à cet époque en contact immédiat avec les éléments épithéliaux, au milieu desquels pénètrent même les cônes terminaux de ces cordons. Plus tard il se produit de véritables invaginations épithéliales en forme de doigts de gants présentant une ouverture libre à la surface de l'ovaire et dans la profondeur un cul-de-sac fermé, mais vides et ne renfermant jamais d'ovules. Ces invaginations se voient avec la plus grande netteté chezhs chattes ei chiennes nouveau-nées. L'épithélium superficiei de l'ovaire d'un embryon de vache de trois mois et demi, détaché par macération dans le liquide de Miiller, ressemblait à un gâteau d'abeilles creusé d'alvéoles fermés à leur fond, et complètement vides. On retrouve ces mêmes digitations épithéliales sur les coupes d'ovaires de fœtus humains de huit à neuf mois et d'enfants nouveau-nés, de lapines de quinze jours à un mois et plus, sur ks jeunes chiennes de un à trois mois et même adultes et en gestation ; dans aucun cas ces invaginations épithéliales ne renferment d'ovules en voie de formation, ni à aucune période de leur développement. Ce qui a dû donner lieu à l'erreur de Waldeyer et de ceux qui partagent son opinion, c'est que l'extrémité

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en csecum de ces digitations épilhéliales, qui présentent une grande analogie de forme et de structure avec les follicules de Lieberkuhn, invaginations aussi de l'épilhélium muqueux de l'iulestin, est intimement adhérente et comme soudée au cône terminal des cordons segmentaires.

Mes observations sur les premières phases de formation de l'ovaire des Reptiles et des Mammifères donnent, je crois, la clef de ce rapport intime de l'épithélium et des cônes segmentaires, ainsi que du mode de formation des invaginations é^itliéliales et de leur véritable signification. Nous avons vu en effet qu'avant même que les ovules interposés aux éléments propres de l'épithéliura muqueux superficiel de l'ovaire pénètrent dans l'intérieur des cordons segmentaires, ou bien lorsqu'on les trouve seulement dans leurs cônes terminaux, ces cônes, écartant comme un coin les éléments épithéliaux, sont logés dans l'épaisseur de l'épithéhum, pénètrent quelquefois même jusqu'à la surface de l'épithélium muqueux. Celui-ci adhère fortement au sommet des cônes, et chez les jeunes chiennes de un à trois mois il est facile de constater sur beaucoup de points de la surface de l'ovaire cette soudure des cônes terminaux des cordons ovulaires avec le fond des culs-de-sac épithéliaux invaginés, sans qu'il y ait aucune communication entre la cavité vide des culs-desac et l'intérieur des cordons segmentaires encore rempli d'ovules, ou dissociés déjà vers trois mois et demi en chaînes de follicules primordiaux. Chez les jeunes lapines et les petites filles les connexions entre les cônes terminaux et l'épithélium ne sont pas si générales ni si intimes que chez la chienne, puisqu'à l'état adulte on constate chez les deux espèces l'existence d'une couche continue de stroma sous-épithélial, une véritable albuginée. Mais au moment de la naissance et pendant un temps variable après on rencontre çà et là des cônes terminaux de cordons segmentaires, renfermant des ovules, transformés en chaînes de follicules primordiaux, ou quelquefois vides d'ovules qui sont en continuité apparente avec des prolongements d'épithélium invaginé ; ceux-ci surtout, lorsqu'ils ne présentent pas de cavité et que les ovules manquent ou ne sont pas visibles dans les cordons segmentaires. simulent une formation de tubes de Yalentin-Pfluger par invagination de l'épithélium.

Un tel mode de formation existe, il est vrai, pour le conduit de ^Yolff, le conduit de Millier et les canaux segmentaires (canaux du corps de Wolff) des PlagiostomeSy des Batraciens, des Oiseaux et même des Mammifères, d'après les observations de Kôlliker. Bien que Max Braun assigne pour origine aux cordons segmentaires des reptiles écailleux un bourgeonnement des vésicules segmentaires (corpuscules de Malpighi du corps de Woltfj, les observations de Bornhaupl sur le développement des organes génito-urinaires de l'embryon de poulet, celles d'Egli sur le développement des mêmes organes chez le lapin, tendent à étabhr qu'à la période de l'indiftérence sexuelle les tubes ou cordons cellulaires [cordons segmentaires), qui paraissent être les premières formations caractéristiques des glandes génitales, proviendraient d'une invagination de la séreuse péiitonéale. Mes propres observations ne me permettent pas de trancher la question, car sur les embryons de Lézard ocellé (de 11 millimètres) et sur les embryons de lapin du treizième au quatorzième jour à une époque antérieure à celle qu'Egli assigne à la première apparition des cordons cellulaires de la glande sexuelle [quinzième jour), ]e tvo\x\e les cordons segmentaires s'étendant déjà dans toute la largeur du bourrelet génital, des capsules de Malpighi jusque dans l'épaisseur de l'épithélium péritonéal. Il faut du reste

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remarquer que la seule preuve que donne Egli de l'origine à répitliélium péritonéal des cordons génitaux, c'est que « les groupes de trois à quatre cellules séparés les uns des autres par du tissu conjonctif » qui constitueraient le premier vestige de ces cordons (au quinzième jour) sont moins apparents dans la profondeur de l'organe que plus près de la surface » ; il suppose, sans que cela résulte de ses propres observations, que les cellules des cordons proviennent de l'épithélium germinatif. D'autre part Bornhaupt chez le poulet, comme Semper chez les plagiostomes, se basent surtout pour attribuer aux tubes ou cordons des glandes génitales une origine périlonéale, sur le fait que les ovules primordiaux qui apparaissent d'abord dans cet épithélium se montrent ensuite en groupes allongés ou en cordons qui deviennent dans la glande mâle des canalicules séminileres, dans la glande femelle des tubes de Valentin-Ptlùger. Pour ce qui est des éléments propres des cordons, de leurs petites cellules rondes ou ovales, ils supposent également, mais ne prouvent nullement, qu'elles proviennent des cellules coniques à plateau de l'épithélium muqueux de la glande génitale.

Bhi admettant même, ce qui est loin d'être démontré, que les cordons segmentaires proviennent d'invagination de l'épithélium dit germinatif, ces invaginations auraient lieu avant les premières apparitions des ovules, tout au moins avant leur invagination dans l'intérieur de ces cordons, c'est-à-dire au début du développement de la glande génitale, et ne sauraient être confondues avec celles qui se produisent dans les périodes qui précèdent ou suivent immédiatement la naissance, coïncident avec la formation de l'albuginéc et marquent le terme de l'évolution embryonnaire de l'ovaire.

11 me parait incontestable que les ovules primordiaux apparaissent d'abord interposés aux cellules de répitbélium muqueux de l'ovaire, et absolument différents de celles-ci par tous leurs caractères, et émigrent ensuite dans l'intérieur de la glande en s'engageant dans l'intérieur de cordons cellulaires préformés [cordons segmentaires). Je ne connais d'autre part aucun fait démontrant la formation d'ovules par transformation des éléments cellulaires d'invaginations épithéliales, ni même la présence d'ovules dans les invaginations de la dernière période de l'évolution, chez les fœtus humains, les petites filles, les chattes et chieniies nouveau-nées, ni chez les jeunes lapines, ni chez les chiennes adultes. Si à l'époque où ces invaginations se produisent il se forme encore de nouveaux ovules, c'est uniquement par division ou prolifération des ovules antérieurement formés, qui proviennent eux-mêmes des ovules primordiaux, émigrés des loges qu'ils occupent dans l'épithélium germinatif {chambres germinatives), dans les cordons segmentaires. Les éléments cellulaires de ces cordons agissant probablement comme organes nourriciers des ovules, et peut-être aussi comme agents excitateurs du développement, provoquent leur multiplication, et fournissent les matériaux de l'accroissement et de la constitution définitive des nouvelles générations d'ovules. Les cordons segmentaires descendants, indirects et modifiés par cœnogenèse, des canaux segmentaires (oviductes et spermiductes) des Vers, semblent remplir à l'égard des ovules le même rôle que les oviductes des Vers ou la matrice chez les Vertébrés et les Mammifères en particulier, à l'égard de l'œuf fécondé.

MlGRXTIOîiS DES CYCLES DE LA ZO^'E CORTICALE DANS LA ZONE MÉDULLAIRE. FOR- MATION DES FOLLICULES PRIMORDIAUX. Sur Ics confius de la zone corticale et du

678 OVAIRE (développemem).

noyau central les ovules les plus avancés en développement, ceux qui remplissent et distendent l'extrémité interne des cordons ovulaires corticaux (partie externe des cordons segmentaires envahie par les ovules provenant de la prolifération des ovules primordiaux), se séparent de leurs congénères et s'avancent un à un ou par petits groupes de 2 ou 5 dans l'intérieur de la section des cordons segmentaires qui traversent le noyau médullaire (tig. 10).

Fig. 10. — Coupe de l'ovaire d'ua fœtus bumnin de quatre mois et demi, aux confins des zones

corticale et méJuUaire.

ov, cordons ovulaires de la zone corticale. — es, cordon segmentaire de la région médullaire. ov, ovules. — cls, cellules propres du cordou scgmentaire. — str, trabécules du stroma à cellules fusiforiues contractiles.

Cette migration des ovules de la zone corticale dans le noyau central est encore peu avancée à l'époque de la naissance chez les chattes, chiennes et lapines, elle débute beaucoup plus tôt, comme nous l'avons vu, dans l'espèce humaine, où j'ai rencontré chez des embryons de trois mois des ovnles isolés dans l'intérieur des cordons segmentaires à une petite distance en dedans de

OVAIRE (développement). 679

la limite très-tranchée des cordons ovulaires corticaux, et chez les Ruminants, où j'ai observé le même fait dans l'ovaire d'embryons de vache de 7 à 8 centimètres et d'embryons de mouton de 6 centimètres. Dans l'ovaire d'un embryon humain de quatre mois et demi {voy. fig. 10) déjà quelques ovules les plus avancés dans leur migration le long des cordons segmentaires avaient atteints le centre du noyau médullaire, à côte se trouvaient des cordons segmentaires constitués uniquement par leurs cellules propres. Là où un ovule se montre il occupe seul une seclion du cordon segmenlairc qui se prolonge aux pôles de l'ovule à une distance égale à o ou 4 fois le diamètre de celui-ci : ce prolongement est uniquement constitué par les cellules ovoïdes^ ses éléments propres. Chez un embryon humain de sept mois et demi des ovules migrateurs invaginés dans les cordons segmentaires ont atteint le voisinage du bile.

Cette migration des ovules des cordons corticaux dans le noyau médullaire est le prélude de la formation des premiers follicules primordiauv. C'est dans le noyau central en effet qu'ils apparaissent d'abord. Les tubes de Valentin-Plluger {cordons segmentaires), contrairement à l'opinion de Pllijger conlredite par toutes les observations ultérieures, sont complètement dépourvus d'enveloppe propre et le cordon, de cellules qui les constitue est en contact immédiat avec les faisceaux de cellules fusiformes du stroma, tant dans le noyau central que dans la zone corticale. Au niveau des sections de ces cordons dans lesquelles est inclus un ovule déjà volumineux qui les gonfle et les distend, les Irabécules contiguës du stroma, irritées peut-être par l'accroissement de pression que détermine la présence de l'ovule, s'épaississent et bourgeonnent autour de ce nid de ï ovule; les cellules fusiformes pénètrent dans la continuité du cordon segmentaire et enveloppent de toutes parts l'amas de petites cellules au centre (lesquelles se trouve l'ovule, qui est ainsi séparé du cordon segmentaire dont il faisait partie. Le follicule primordial est constitué et se compose uniquement d'un amas de petites cellules ovales entourant l'ovule et inclus dans une cavité formée par l'écartement des trabécules du stroma. Il arrive assez fréquemment que, lorsque plusieurs ovules sont agglomérés dans une même section du cordon segmentaire, ils sont englobés au nombre de 2, 3 ou 4, le plus souvent entourés chacun isolément, plus rarement entourés ensemble par une zone de petites cellules, dans une cavité commune du stroma : c'est là l'origine des follicules ù plusieurs ovules.

La formation des follicules primordiaux, d'abord limitée aux confins de la zone corticale, s'étend graduellement vers la périphérie, en même temps que les travées du stroma intermédiaires aux cordons corticaux s'épaisisssent et que le nombre des vaisseaux augmente; les ovules entassés dans les cordons corticaux s'écartent les uns des autres et laissent apercevoir entre eux les cellules aplaties des cordons segmentaires, dont le nombre augmente graduellement. Ce changement résulte pour une part de ce que les ovules continuent à descendre vers la partie médullaire des cordons segmentaires où les ovules sont encore rares ou manquent tout à fait; mais l'augmentation du nombre des cellules propres des cordons segmentaires corticaux, par la formation de nouvelles cellules aux dépens des cellules aplaties et ramifiées du réseau i'nterovulaire, mtervient aussi certainement dans ce travail préparatoire de la formation des follicules. Les ovules une fois entourés d'une zone plus ou moins épaisse, simple ou multiple, de cellules nouvelles, l'envahissement des cordons corticaux par les trabé-

680 OVAIRE (développement).

cules cellulaires du stroma progresse du centre vers la périphérie et dissocie les cordons ovulaires corticaux en séries de follicules primordiaux; ceux-ci conservent encore en partie l'apparence des chaînes primitives d'ovules, mais «ont séparés en réalité par des trabécules de cellules fusiformes. Tantôt ces cellules constituent un alvéole propre à chaque follicule primordial, tantôt elles enveloppent un groupe de 5 à 4 ovules encore engaînés dans un tube cellulaire commun ou entourés chacun d'une zone cellulaire propre constituée seulement par des cellules aplaties très-écartées les unes des autres et masquées en tout ou partie par l'ovule lui-même. C'est ce que l'on observe communément chez les petites filles nouveau-nées, dans la zone sous-épithéliale ou au-dessous des rudiments de l'albuginée.

Les follicules primordiaux de la zone corticale sous-albuginée peuvent persister dans cet état pendant une grande partie de la vie et jusqu'à l'état adulte. Chez une chatte de trois mois et demi, chez une chienne de quatre à cinq mois, les ovules de cette zone étaient encore agglomérés, pressés, imbriqués les uns sur les autres, comme dans les cordons corticauv au moment de la naissance; les cellules folliculaires {cellules des cordons segmentaires) étaient invisibles à la périphérie, et commençaient seidement à se montrer à la partie inférieure de ces agglomérations, où les ovules s'écartaient les uns des autres. Chez des chattes, des lapines, des chiennes, des brebis adultes, gravides ou non, avant comme après la parturifion, les ovules les plus rapprochés de la surface de l'ovaire étaient encore tels que lors de la première apparition des follicules primordiaux. Ce sont des faits de ce genre qui ont suggéré à Pflùger, à Kôlliker, à Koster, à Balbiani, l'opinion de formations nouvelles de tubes de PÛûger et d'ovules, à l'ctat adulte. Je n'ai rien rencontré dans mes propres observations qui justifiât cette manière de voir. Dans la figure donnée par Balbiani d'un tube de Pllïiger de l'ovaire d'une femme de vingt-deux ans, je ne puis rien voir autre chose qu'une agglomération d'ovules primordiaux déjà dissociés, et entourés chacun de leur couronne propre de cellules folliculaires, enfermés non dans un tube de Pfluger {cordon segmenta ire) qui est toujours dépourvu d'enveloppe propre, mais dans une alvéole commune du stroma.

L'étude de l'évolution successive des éléments ovariques depuis leur première apparition jusqu'à l'état adulte a mis pour moi hors de doute que tous les faits de prétendue formation ou multiplication des ovules à l'état adulte s'expliquent par la persistance jusqu'à cette é( oque des follicules primordiaux, dans l'état primitif oiî on les observe à la période embryonnaire et au moment de la naissance chez les mammifères à longue gestation {espèce humaine, ruminants) et dans les premiers mois qui suivent la naissance chez les mammifères à courte gestation {rongeurs et carnassiers); j'ai même observé comme Waldeyer chez une chienne adulte des segments de cordons corticaux renfermant encore une chaîne d'ovules non dissociés.

Ces conclusions sont conformes du reste à celles que Waldeyer à déduites il y a dix ans de ses propres observations, conformes aussi aux observations anté- ) ieures de Bischoff' et Grohe.

Évolution des ovules. L'ovule augmente de volume, recevant ses matériaux d'accroissement des cellules du follicule primordial qui l'entourent : constitué primitivement par une masse de protoplasma sans enveloppe, il en acquiert une d'abord mince, la membrane vitelline, qui s'épaissit peu à peu en même temps que des granulations graisseuses {vitellines) apparaissent dans le protoplasma

OVAIRE (développement). 681

autour du noyau {vésicule germinative), le protoplasma périphérique conservant sa transparence et son homogénéité. L'apparition de ces granules vitellins dans l'ovule précède la formation des follicules primordiaux. Chez les jeunes chattes de trois semaines les cellules propres des cordons segmenlaires du noyau médullaire dans lequel se trouvent des ovules sont partiellement infiltrées de granulations grasses que colore l'acide osmique; ces mêmes granulations se montrent en grand nomhre dans l'ovule. Dans l'ovaire des cloportes, j'ai observé également que les granulations vitellines ne se montrent dans le protoplasma ovulaire que lorsque les cellules du pédicule folliculaire sur lequel repose l'ovule sont infiltrés de graisse.

La membrane vitelline est-elle une membrane de cellule, la membrane d'enveloppe de la cellule ovulaire, ou bien est-elle sécrétée par les cellules folliculaires qui entourent l'ovule? Si la zona pellucida de l'œuf mûr doit en partie son épaisseur considérable et ses stries radiées à une sécrétion solidifiée des cellules folliculaires, il ne me semble pas douteux qu'une première enveloppe solide et assez épaisse se forme autour de l'ovule par le même procédé que les autres membranes de cellules, par une excrétion ou un durcissement de la couche extérieure du protoplab.ma. Les ovules contenus dans les follicules primordiaux de la zone corticale des jeunes chattes cljeunes chiennes de trois à quatre mois ont en effet une membrane vitelline assez épaisse et très-résistante, bien que les cellules folliculaires soient encore rares, à l'état de cellules plates ramifiées, très-difficiles à découvrir, et pour la plupart complètement masquées par l'ovule.

Transformation DES FOLLICULES primordiaux en ovisacs [Follicules de de Graaf). Dans le noyau médullaire, où les follicules primordiaux résultent de la scission de fractions de cordons segmentaires à ovules rat es et espacés, ceux-ci sont dès le début au sein d'un amas de cellules rondes des cordons [cellules follicidaires). Dans la zone corticale, où ces cellules sont rares et dissociées par la multiplication des ovules, logés dans le réticulum que forme leur protoplasma étalé en lames, les follicules primordiaux se constituent par la pénétration des Irabéculcs du stroma entre les groupes d'ovules, puis entre les ovules contigus, sans que le nombre et la disposition des cellules du réticulum alvéolaire paraissent notablement modifiés. Cet état des follicules primordiaux peut, comme nous l'avons indiqué plus haut, persister non-seulement jusqu'à la puberté, mais même jusqu'à l'élat adulte, pour les follicules primordiaux des couches externes de la zone corticale. Le premier signe d'une évolution nouvelle de ces follicules primordiaux, c'est la multiplication des cellules qui entourent l'ovule. A l'époque où la prolifération des avides primordiaux, la période germinative, s'arrête pour l'ovaire, les trabéules fusiformes du stroma, prenant dans la zone corticale de l'ovaire et dans ses couches les plus superficielles le développement qu'elles ont acquis d'abord dans le noyau médullaire, tendent à séparer les cordons ovulaires en segments dans lesquels l'ovule est entouré d'une couronne de cellules ovales ou subcylindriques étroitement conliguës et interposées partout entre l'alvéole du stroma, paroi immédiate du follicule, et l'ovule. Les cellules folliculaires se multiplient, apparaissent en couches superposées englobant l'ovule, en même temps que l'alvéole folliculaire du stroma s'agrandit et que ses parois s'épaississent par la condensation en couches concentriques des Irabécules conliguës. A un certain degré d'accroissement de la masse des cellules périovulaires, une fente apparaît qui sépare dans l'hémi-

682 OVAIKE (dkvei.oppement).

sphère du follicule tourné \ers la surface de l'ovaire la masse des cellules en deux couches, l'une pariétale, l'autre centrale. La fente devient une cavité qui d'après Waldeyer résulterait d'une dissolution du protoplasma des cellules centrales; le liquide remplissant la cavité consistant, d'après les observations de Waldeyer et Lusclika, principalement en paralbumine, serait le produit de cette dissolution du protoplasnia. Si cette destruction de cellules a réellement lieu, elle ne ferait ([ne concourir à l'agrandissement de la cavilé du follicule, car celle-ci débute certainement, comme je l'ai constaté, par une fenle analogue à celle par laijuelle se forme la cavilé péritonéale [jeunes chattes et jeunes chiennes). Ses bords s'écartent par l'interposition d'un liquide sécrété par les cellules dont l'écarlement produit la fente, et qui ne présentent aucune trace d'altération. La formation de cette cavilé sépare en deux parties distinctes l'amas primitif de cellules folliculaires : l'une qui reste appliquée à la paroi externe du follicule, et la sépare de la cavité de l'ovisac, l'autre qui constitue un mamelon continu par sa base avec la zone péripliérique, baigné dans la partie libre

Fig. il. — Follicule ovarique d'une petite fille de sept mois.

a, membrane granuleuse [êpithêlhtm folliculaire) écartée de la tunique interne. — b, épaississeraent de cet épilhélium formant le cumulus proliger daas lequel est enchâssé l'ovule.

par le liquide folliculaire, et enfermant l'ovule qu'il entoure de toutes parts : c'est le disque ou cumulus proliger. La cavité du follicule est souvent parcourue par des trabécules protoplasmatiques, derniers vestiges de la masse des cellules dissoutes [retinacula) , surtout chez les lapines. Chez elles aussi les cellules cylindro-coniques du cumulus, qui entourent immédiatement l'ovule, sont posées régulièrement sous forme de rayons (corona radiata de Bischoff). Comme F. A. Pouchet, Schrôn, Ilenle, KoUiker, j'ai toujours vu au début de la formation de la cavité du follicule, et avant même qu'elle apparaisse, l'ovule situé au fond du follicule, dans l'hémisphère le plus éloigné de la surface de l'ovaire {jeunes chiennes et chattes, lapines et petites filles). Si on le rencontre dans les follicules très-avancés en développement et prêt à se rompre, au sommet de l'hémisphère opposé, ainsi que l'ont vu Coste, Balbianiet Waldeyer, c'est, comme l'a constaté ce dernier, par suite d'un déplacement de l'ovule et du cumulus.

OVAIRE (dkveloppemext). 685-

Pouchet l'avait le premier établi, mais ce déplacement s'effectue par un mécanisme différent de celui qu'il supposait : nous le ferons ultérieurement connaître. L'existence d'une cavité du follicule et d'un cumulus proligère (Bacr) sont des particularités propres aux follicules ovariques des mammifères et ne s'observent pas chez les animaux des autres classes.

On a trouvé dans la membrane cellulaire {granuleuse) du follicule {femelles de rongeurs, vache, femme) de petits corps reconnus d'abord par Bernliardt, vus également par Biscboff et Wagner, dont la structure a été étudiée par Cari etExner et plus récemment par Balbiani chez la lapine : ils sont constitués par une zone de cellules cylindriques radiées, entourant une vésicule centrale close que Balbiani considère comme le vestige d'une cellule-mère qui a produit par bourgeonnement toute cette zone de cellules filles. Leydig, quia observé et figuré une disposition semblable dans les cellules du disque proligère de la taupe, n'y voit non plus qu'un mode de multiplication des cellules folliculaires : il n'y a donc là rien qui se rattache à une formation nouvelle d'ovules ou de follicules, comme Biscboff le supposait.

A mesure que l'ovule, les cellules et le liquide folliculaire, s'accroissent et se développent, les éléments du stroma périfolliculaire suivent une marche parallèle; les faisceaux de fibres-cellules fusiformes du stroma s'épaississent, se condensent autour du follicule, l'entourent d'arcades concentriques, qui se différencient, non par leur nature, mais parleur arrangement, du stroma avoisinant avec lequel ils restent en continuité par quelques points. En même temps, les vaisseaux bourgeonnent ; des arcades, puis des réseaux capillaires de nouvelle formation, entourent le follicule, s'interposant entre la couche épithéliale et le stroma : avec le développement des vaisseaux nouveaux coïncide, là comme partout, une diapédèse abondante de leucocytes qui se ramifient et constituent en dehors de l'épilhélium une couche de tissu conjonctif réticulé, renfermant dans ses mailles des cellules lymphoïdes, comme le tissu adénoïde sous-muqueux (His). En même temps du reste le développement d'un riche réseau de capillaires lymphatiques accompagne celui du réseau capillaire sanguin. Waldeyer a démontré expérimentalement l'exactitude des vues de Ilis qui attribue à la diapédèse l'crigine des éléments de la couche sous-muqueuse des enveloppes folliculaires. Après avoir injecté du cinabre en poudre dans la veine jugulaire d'une lapine, il retrouva au milieu des cellules de la tunique sousmuqueuse (fi^^jiVa propria) des leucocytes renfermant des granules de cinabre.

La tunique [tunica fibrosa) formée par la condensation autour du follicule, des trabéeules à fibres-cellules fusiformes est peu à peu écartée de la masse du stroma commun par le développement d'un réseau externe de gros capillaires sanguins et de sinus lymphatiques caverneux (His), entourés d'un tissu conjonctif Lâche assez semblable à celui delà tiinica propria, et ayant probablement la même origine. C'est la présence de cette couche périphérique de tissu conjonctif lùche et peu résistant qui permet d'énuclécr assez facilement de la masse du stroma les follicules qui approchent de la maturité, en rompant ou coupant les vaisseaux et les faisceaux très-espaces de fibres cellules, qui relient les enveloppes du follicule aux éléments du stroma, aux dépens desquels elles se

sont développées.

Dans les follicules mûrs des mammifères on trouve, comme chez les oiseaux au pôle du follicule le plus rapproché de la surface libre de l'organe, et par lequel aura lieu la rupture, une zone plus pâle et plus transparente d'où les vaisseaux

684 OVAIRE (anatomie).

se retirent peu à peu et où toutes les tuniques, même la couche épithéliale [membrane graimleuse) , sont {rès-noi&h\ement amincies par suite delà pression qu'elles subissent de la part du contenu du follicule, et de la moindre résistance des couches extérieures voisines de la surface libre, hidépendamment de la tunique fibreuse et de la tunique propre, il existerait d'après Slavausky entre celle-ci et l'épithélium folliculaire une couche de cellules endothéliales, mise en évidence par l'imprégnation à l'azotate d'argent, analogue à l'endothélium sous-épithélial que Debûve a trouvé dans l'intestin, et correspondant également à la basement viembrane sous-muqueuse de Bowman.

' g II. Anatomie. StROMA ET ÉLÉMENTS MUSCULAIRES PROPRES DE l'oVAIHE.

On admet encore généralement aujourd'hui que le tissu qui forme la charpente de l'ovaire et son enveloppe, qui sépare et soutient les cordons ovulaires et les follicules, est essentiellement constitué par le tissu conjonctif, dont les éléments ont une forme spéciale, celle des corps fusiformes [fîbro-plastiques) qui caractérisent l'état embryonnaire de ce tissu. La présence de faisceaux contractiles, de libres lisses de la vie organique, dans l'ovaire des Mammifères, autour des follicules de de Graaf, que j'ai fait connaître en 1856 et dans mon Mémoire sur les organes érectiles [Journal de la physiologie de Brown-Séquard. 1858), admise et confirmée par His, .Eby et Klebs, est mise en doute, niée ou passée sous silence par la plupart de ceux qui ont écrit sur ce sujet depuis celte époque et dans les publications les plus récentes.

On sait cependant que parmi les invertébrés des Vers très-inférieurs, les Hololuries, qui naguère étaient encore rangées parmi les Radiaires, ont une couche musculaire qui enveloppe l'ovaire. Chez les insectes dont les tubes ovariques présentent, comme Valentin et Pfliiger l'ont fait remarquer, une si grande analogie avec les cordons ovulaires [tubes de Valentin-Pfliiger) des Mammifères, ces tubes sont enveloppés par un réseju de cellules ramifiées contractiles, qui chez de nombreuses espèces (Diptères, Lépidoptères, Orthoptères) sont striées ; chez les Acridiens, où ce réseau a été considéré comme une tunique péritonéale de cellules conjonctives, j'ai constaté qu'au sein du protoplasma de ces cellules ramifiées de la prétendue tunique péritonéale existent des fibrilles finement striées, constituant un réseau contractile trèsanalogue à celui du cœur des embryons de vertébrés. Ce réseau musculaire qui enveloppe les tubes ovariques a son insertion supérieure au thorax où il se fixe avec les filaments d'origine des tubes ovariques, et il se continue en bas avec la tunique musculaire des oviductes formée de fibres striées, ramifiées et anastomosées. Chez les mâles des Acridiens, les tubes séminifères ont même une enveloppe musculaire de fibres lisses fusiformes. Le rôle que jouent ces appareils contractiles dans la progression des éléments générateurs mâle et femelle n'est pas douteux. Les Vertèbres et les Mammifères en particulier sont-ils complètement dépourvus d'un appareil qui atteint un si haut degré de développement chez les invertébrés?

Stannius est le premier observateur qui ait signalé l'existence d'une couche musculaire dans l'enveloppe de l'ovaire des poissons osseux (1846); après lui Leydig (1855) confirme l'existence de l'enveloppe musculeuse de l'ovaire formée Je fibres lisses, chez le brochet, la perche, un saumon [Salmo salvellinus), et ajoute seulement que chez ce dernier il lui a semblé que le stroma de l'ovaire renfermait aussi des fibres musculaires lisses. Dans sou Manuel d'histologie

OVAIRE (anatomie). 685

(1857) il n'attribue encore à l'ovaire des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles, qu'un stroma de tissu conjonctif. Tel était l'état des connaissances sur ce sujet lorsque l'auteur de cet article publia (1858) ses recherches sur l'appareil musculaire ovario-tubaire {Recherches sur les organes érectiles de la femme et l'appareil musculaire ovario-tubaire [Journal de la physiologie, etc., de Brown- Séquard, t. I, 1858]) et établit l'existence de faisceaijx musculaires lisses comme éléments constituants essentiels de l'ovaire de tous les Vertébrés, Poissons, Reptiles, Oiseaux et Mammifères.

11 existe des faisceaux musculaires lisses non-seulement dans l'enveloppe et les cloisons intérieuies de l'ovaire de poissons os.-eux, mais aussi chez les Cydostomes et les Plagiostomes. Ciiez ces derniers un mésométrium musculaire à fibres lisses, en faisceaux épais, enveloppe l'ovaire et pénètre dans son épaisseur par des prolongements ûisciculcs qui s'entre-croisent et forment une espèce d'épongé dont les aréoles enferment les ovules. Chez les ReplUes écailleux [Omithoides de Bluinville) un mésoarium dont les faisceaux s'entrecroisent en réseaux et se condensent au niveau du hile de l'ovaire forme la plus grande partie du stroma de Tovaire; enveloppant les vésicules ovariennes, assez rapprochés au niveau du pédoncule, ils forment un réseau à mailles assez larges à la surface de la vésicule lorsqu'elle a acquis tout son développement. Chez les Oiseaux la disposition est absolument la même que chez les reptiles écailleux, auxquels les rattache un lien généalogique rendu de plus en plus évident par les observations récentes sur V Archéoptéryx. La similitude de l'appareil musculaire des ovaires est complète, sauf le développement plus prononce de ses faisceaux. Dans le mésoarium de la poule, ils pénètrent dans la grappe ovarique en accompagnant les vaisseaux, et enveloppent les capsules ovulaires d'un riche réseau de faisceaux ramifiés et anastomosés. On y peut reconnaître non-seulement la forme en fuseau des éléments, mais, ce qui est plus caractéristique et plus important, les noyaux allongés en bâtonnets et les fibrilles onduleuses, élément fondamental des cellules fusiformes contractiles. C'est par erreur ou par oubli que l'on a ettribué à Mis, dont le travail a paru en 1868, ces indications de la présence de faisceaux musculaires dans l'enveloppe des capsules ovariques de la poule, publiées dix ans avant dans le travail cité plus haut. Cliez ]q% Mammifères, des faisceaux musculaires lisses descendant de la région lombaire accompagnent l'artère et les veines ovariques, se portent dans l'aileron de l'ovaire et contribuent avec d'autres faisceaux, provenant de l'utérus et massés surtout au niveau du ligament utéro-ovarien, à constituer un mésoarium musculaire (aileron de l'ovaire du ligament large), dont les faisceaux pénètrent avec les vaisseaux dans le hile de la glande pour constituer le bidbe érectile de l'ovaire. De là ils s'irradient en se divisant et s'entre-croisant vers la périphérie de l'organe où ils se recourbent en arcade, enferment dans les mailles de leurs réseaux les cordons d'ovules et les vésicules de deGraaf qui résultent de la dissociation de ces cordons : dissociation à laquelle la prolifération des fibres-cellules contractiles prend la part la plus active. C'est surtout cliez les embryons et les Mammifères nouveau-nés, dans l'ovaire des jeunes lapines et surtout des chattes, que celte continuité des faisceaux musculaires du mésoarium avec les faisceaux contractiles du stroma de l'ovaire peut être le plus nettement constatée ; à un âge plus avancé chez les grandes espèces, le tissu conjonctif fibreux prend un développement considérable, prédomine et masque, surtout dans le noyau médullaire, les faisceaux contractiles, et même se

substitue à eux, au moius en partie. C'est aussi chez les chattes et les lapines, les premières surtout, que les caractères histologiques des faisceaux contractiles, et la part importante qu'ils prennent à la constitution de la tunique dite fibreuse des follicules ovariques, peuvent être constatés avec le plus de netteté'. On peut suivre chez le plus grand nombre des jeunes femelles et chez les chattes surtout les faisceaux musculaires qui pénètrent avec les vaisseaux par le hile de l'ovaire jusqu'au centime du noyau médullaire, et voir les plus externes se ■continuer avec les faisceaux propres de la tunique externe des follicules les plus rapprochés du hile; les autres, ceux qui longent l'axe du noyau central, s'épanouissent en arcades ramifiées et anastomosées qui enferment dans les mailles de leur réseau les follicules de la région supérieure de la glande, y compris les follicules primordiaux agglomérés dans la zone corticale, et constituent par leurs arcades terminales la couche profonde de l'albuginée, celle qui est en contact immédiat avec les séries les plus superficielles des follicules primordiaux, llenle (1866), Kôlliker (1869) et Waldeyer (1870), ont confirmé l'existence des faisceaux de fibres lisses accompagnant les vaisseaux dans le noyau médullaire, fait que l'auteur de cet article a le premier fait connaître en même temps qu'il établissait que ces faisceaux sont la contiimation de ceux de la portion mésovarienne du muscle ovario-tubaire {Comptes rendus Acad. des se, 1856, €t Journal de la physiologie, 1858).

Pour ce qui concerne la présence de ces mêmes faisceaux dans la région corticale et autour des follicules de de Graaf, dont ils constituent en grande partie la membrane externe ou fibreuse, elle est confirmée également par les recherches de iEby (1859), de Grolie (1865), de His (1866). Ce dernier observateur, à propos de l'évolution morphologique de l'ovaire qu'il considère comme formé de deux plaques repliées l'une sur l'autre, la supérieure épithcliale et glandulaire, qui enferme en se repliant la lame inférieure vasculaire, assimile ces deux lames, l'une au feuillet épithélial, l'autre à la membrane nerveuse et vasculaire et à la tunique musculaire propre de la muqneuse qui ne man:jue pas non plus. Les faisceaux musculaires lisses qui pénètrent jusqu'à la zone parenchymateuse [zo7ie corticale) sont évidemment les homologues de la couche de fibres lisses qu'on rencontre dans l'épaisseur de beaucoup de muqueuses. D'après KoUiker et Waldeyer, on ne pourrait suivre les faisceaux musculaires au delà de la zone médullaire, et quant aux cellules vues et isolées par ^by, par His et par Klebs, elles n'auraient de commun avec les élément» musculaires que la forme en fuseau, ne se comportent pas comme eux avec les réactifs colorants {carmin, chlorure de palladium) et ne doivent être considérées que comme des cellules fusiformes du tissu conjonctif. 11 est vrai que les faisceaux musculaires lisses, en passant de la zone médullaire dans la zone corticale, perdent certains de leurs caractères les plus apparents, que la dissociation en fibres cellules, quoique possible, même par des moyens mécaniques, est plus difficile, mais c'est une différence qui se retrouve dans d'autres muscles lisses, ceux de l'utérus à l'état de vacuité, des dartos, de la tunique vaginale, de l'appareil musculaire des ligaments larges de la jeune fille, et de la femme non gravide. En effet, d'après les observations d'.Eby à l'époque de la menstruation, et d'après celle de Grohe, de Klebs et de His, pendant la gestation, les caractères spécifiques des fibres lisses s'accentuent plus nettement dans les éléments contractiles de lovaire et leurs noyaux sont absolument semblables à ceux des fibres musculaires de la tunique moyenne des artères. D'après mes propres

UVAlHEi ^ANATOMIE). 687

observations la coloration par le carmin ou le picro-carmin est très-faible, mais suffisante cependant pour différencier immédiatement les faisceaux musculaires des faisceaux de tissus conjonctifs, qui restent absolument incolores et liomooènes, surtout dans les préparations traitées préalablement par un acide dilué. L'acide nitrique à 1 pour 100 d'eau transforme en gélatine homogène incolore et transparente la substance fibrillaire des faisceaux conjonctifs, tandis que les faisceaux musculaires restent colorés ou, en l'absence de réactifs colorants, grisâtres et réfringents, et d'apparence granuleuse. Les noyaux de ces faisceaux sont les noyaux ovoïdes, allongés en bâtonnets, des fibres-cellules contractiles, ils sont infiniment plus nombreux et plus rapprochés que dans aucune forme connue de tissu conjonctif à faisceaux de fibrilles parallèles et régulièrement juxtaposées; les noyaux allongés en bâtonnet ne se rencontrent dans aucune forme de tissu conjonctif; les corpuscules colorés par le carmin et qui dans le tissu conjonctif fibreux, des tendons, des capsuks fibreuses, etc., et du stroma ovarique, présentent une certaine analogie de forme avec les noyaux en bâtonnet des fibres musculaires lisses, sont des cellules de tissu conjonctif constituées par un noyau arrondi, muni à ses deux extrémités d'un prolongement de protoplasma coloré, tandis que les noyaux en bâtonnets des faisceaux périfolliculaires sont seuls fortement colorés et dépourvus de prolongement protoplasmiques. Le protoplasma amorphe est beaucoup plus abondant dans les faisceaux lisses du mésoarium et de la zone médullaire que dans ceux de la zone corticale, et c'est la principale cause de la faible coloration des derniers comparés à celle des premiers. Indépendamment de leur forme en fuseau, de Ieurnoy;iu en bâtonnet, les faisceaux musculaires de la zone corticale possèdent un caractère bien plus important encore dans tout élément contractile arrivé à son entier développement et nettement spécialisé, les fj.brilles, qui doivent à des ondulations leur apparence variqueuse et moniliformc, que j'ai signalées et figurées le premier dans mon Mémoire sur les tissus contractiles. Ces fibrilles, je les ai observées et photographiées dans les cellules fusiformes à noyau en bâtonnet, des faisceaux périfolliculaires de la zone corticale à follicules primordiaux dans l'ovaire d'une chatte en rut : elles étaient aussi nettement caractérisées que celles que j'ai observées dans le mésoarium et l'ovaire de la tortue moresque, où les ondulations sont si régulières que lesfibreseeUules paraissent transversalement striées. Les fibrilles paraissent exister également, quoique moins nettes, dans les cellules fusiformes qui constituent à peu près seules la totalité du stroma de l'ovaire des embryons et des chattes et chiennes nouveau-nées. De même quellis,je considère ces cellules fusiformes de l'ovaire des embryons comme des éléments contractiles et non comme des éléments fusiformes du tissu conjonctif embryonnaire parce qu'ils sont étroitement juxtaposés et forment à eux seuls les faisceaux oii on les rencontre, tandis que dans toutes les formes du tissu conjonctif ces éléments fusiformes [fibroplastiques) sont accompagnés et écartés les uns des autres par une substance intercellulaire muqueuse [colloïde, homoçjène) ou vaguement fibrillaire qui manque complètement dans les faisceaux à cellules fusiformes de l'ovaire. Au point de vue histologique la nature musculaire des faisceaux à noyaux en bâtonnet du stroma ovarique me paraît hors de doute. Au point de vue phylogénique, l'existence incontestable et incontestée du reste, même par KôUiker, de faisceaux de fibres lisses des plus nettement caractérisées et en continuité avec celles du mésométrium et du bile de l'ovaire dans l'enveloppe des follicules

ovariques des invertébrés, des poissons, àQs, reptiles écailleux, des c/ie7oniens et àes oiseaux, doit constituer tout au moins une probabilité très-grande en faveur d'une disposition identique chez les Mammifères. Lors même que l'on refuserait de reconnaître la nature musculaire des faisceaux périfoUiculaires et sous-albuginés de la couche corticale, la continuité de ces faisceaux avec les faisceaux nettement musculaires et reconnus comme tels de la zone médullaire forcerait à admettre qu'ils peuvent au moins agir sur les follicules et leur contenu comme agents de transmission des mouvements produits par les faisceaux lisses contractiles, comme le font les tendons ou les aponévroses qui transmettent à distance l'action musculaire.

La démonstration expérimentale delaconlraclilité delà zone corticale de l'ovaire mettrait sans doute fin à toute controverse. Cette démonstration, sans être, je le reconnais, très-probante jusqu'à présent, ne fait pas complètement défaut. Pflùger a observé des contractions péristaltiques de l'ovaire chez les grenouilles où yEby a trouvé plus tard des faisceaux musculaires lisses qui accompagnent les vaisseaux.

llis a fait une observation qui tend à démontrer la contractilité du stroma de l'ovaire des mammifères même dans la zone corticale. Une section pratiquée sur l'ovaire d'une vache immédiatement après que l'animal vient d'être abattu est suivie d'un écartement notable des bords de la plaie, de la saillie, à la surface de section, des artères et des corps jaunes sectionnés qui débordent le niveau de la solution de continuité de l'albuginée et de la couche corticale qui la double ; les bords du tissu ovarien sectionné se recourbent en dehors, et tout le tissu de la glande devient plus dur et fortement tendu. Ces phénomènes ne peuvent être attribués à l'élasticité des tissus, car ils ne se produisent plus une heure après la mort. On ne peut méconnaître l'analogie qui existe entre ces faits et ceux par lesquels J. Hunter a donné la première démonstration de la contractilité des artères. J'ai obtenu des résultats identiques à ceux de llis, sur des sections d'ovaire de brebis gravides, encore chauds et plongés dans l'eau à la température de -f- 56° à -f- 40°, condition dans laquelle se montrent encore des contractions très-énergiques des fibres lisses de l'intestin, de l'utérus, une heure même après la mort de l'animal. La difficulté que l'on éprouve à mettre en évidence la contractilité de l'ovaire chez les mammifères peut tenir, comme His le remarque avec raison, à ce que dans l'ovaire comme dans l'utérus le tissu musculaire n'acquiert tout son développement organique et fonctionnel qu'au moment de la période d'activité de l'organe, celle de la gestation pour l'utérus, de la menstruation et du rut pour l'ovaire, tandis qu'en dehors de ces périodes les éléments contractiles subissent une régression organique entraînant la suspension de la fonction. De plus, dans l'ovaire les follicules mûrs ou près de l'être à l'époque du rut sont probablement les seuls où se manifeste, avec un accroissement de nutrition et de développement, le réveil de l'activité fonctionnelle des éléments contractiles. De nouvelles expériences sur l;i contractilité de l'ovaire, instituées en tenant compte de ces données, permettront peut-être de mettre hors de contestation la contractilité des enveloppes des follicules ovariques des mammifères, comme l'est celle des mêmes parties chez les vertébrés inférieurs. Nous verrons du reste que la migration des ovules dans l'ovaire, les phénomènes qui déterminent et ceux qui suivent la déhiscence des follicules ovariques, ne peuvent s'expliquer, comme la migration de l'œuf de l'ovaire dans les trompes, que par l'intervention de contractions musculaires.

OVAIRE (anatomie). 689

L'Albuginée. L'évolution comparée des glandes génitales mâle et femelle établit que le premier caractère dillérentiel qui permet de les distinguer nettement l'une de l'autre est l'apparition d'une couche de stroma pauvre en vaisseaux qui sépare rc'pilhélium muqueux superficiel [germinalif) des cordons glandulaires (cordons secjmentaires^ catialicides séminifères) dans l'intérieur desquels les ovules ont immigré. Cette couche de stroma fst la continuation des faisceaux qui constituent la charpente intérieure du testicule, les cloisons interlobulaires, et ce n'est qu'en détruisant les connexions naturelles que l'on peut isoler l'albuginée. L'ovaire possède-t-il une envelo[)pe épaisse et résistante dépourvue d'éléments glandulaires, analogue à l'albuginée du testicule ? il suffît d'examiner une coupe de l'ovaire d'une femme ou d'une femelle adulte (la cliienne est une exception plus apparente que réelle) pour coustater que la sui'fiice de l'ovaire, immédiatement au-dessous de l'épithélium, est occupée partout, sauf au niveau du hile, par une couche plus dense et plus résistante que la masse intérieure de la glande. Formée des mêmes élénents que ceux du stroma, privée de vaisseaux et d'éléments glandulaires, elle sépare l'épithélium de la couche la plus externe des follicules primordiaux {enveloppe externe, zone sans follicules dellis ; alhiHjinée de l'ovaire des anciens anatomistes) commeralbu"inée du testicule lors de sa première apparition sépare de l'épithélium les cordons segmentaires avec les ovules primordiaux inclus dans leur intérieur, qui prennent dès lors le nom de canalicules séminifères. L'albuginée de l'ovaire ne diffère de celle du testicule que par son apparition tardive, conséquence de l'évolution plus knte de la glande femelle, mais dans les deux sexes son développement cdincide avec la période oii les cordons ovulaires (tubes de Valentin-Pfliigt'r) se rétractent dans V intérieur de la glande et abandonnent leurs connexions primitives avec l épithélium péritonéaL La continuité de l'albuginée de l'ovaire avec le stroma intérieur s'établit par des faisceaux plus nombreux, plus épais et plus résistants que ceux du testicule : de là résulte la difficulté plus grande ou l'impossibilité de séparer comme membrane distincte la couche superficielle du stroma ovarique. Mais pour êfre plus facile dans le testicule la séparation n'en comporte pas moins la rupture des mêmes connexions naturelles; une différence aussi peu importante et d'ordre tellement secondaire ne peut sérieusement être invoquée contre l'homologie de structure des deux glandes génitales qui dérive de leur commune origine.

L'albuginée se compose ordinairement de trois couches de faisceaux superposées, unies par des faisceaux communs croisés à angles plus ou moins aigus d'une couche à l'autre, de tellefaçon que dans unecoupe oii les faisceaux de la couche moyenne paraissent coupés en travers ceux de la couche interne et de la couche externe le sont suivant leur longueur. Comme le stroma intérieur qui la constitue en formant des arcades de faisceaux concentriques qui s'étalent et s'entre-croisent à la surface de l'ovaire, l'albuginée des jeunes femelles, des petites espèces surtout {chattes et lapines), est d'abord exclusivement formée de ces courtes cellules fusiformes à noyaux ovoïdes, alignées en séries linéaires et étroitement juxtaposées, dans lesquelles je trouve tous les caractères des fibres-cellules contractiles des muscles lisses et spécialement les fibrilles à torsion caractéristique dont j'ai constaté l'existence dans les éléments fusiformes du stroma ovarique et dans ceux de l'albuginée des chattes et des lapines en gestation. Chez les grandes espèces et par les progrès de l'âge l'albuginée s'épaissit, et aux faisceaux des cellules fusiformes s'inter- DICT. ENC. 2" S. XVllL 44

690 OVAIRE (anatomie).

posent des couches de substance conjonctive fibreuse, une surtout très-épaisse qui constitue la couclie la plus externe ou la totalité même de l'albuginée. Les faisceaux à cellules fusilormes refoulés à l'intérieur ne se retrouvent plus qu'à la limite extérieure de la couche la plus externe des jeunes follicules [zone corticale, zone des follicules primitifs de His) qu'ils enferment dans les mailles

Fig. 12. — Albuginée de l'ovaire d'uuc lapine adulte.

a, épilhélium périlonéai. — b,b',l>", allniginée formée de trois couches, dont les fibres sont dirigées aliernatiyeniont en long et on travers. — c, stroma de la subilance corlicale dans lequel sont. enchâssés des follicules primordiaux d et signes follicules ef.

de leur réseau, tandis qu'ils se condensent et s'épaississent autour des follicules plus avancés en développement, pour constituer leur tunique externe.

Cellules granuleuses du stroma. Le stroma de l'ovaire de beaucoup de femelles renferme des amas de cellules infiltrées de graisse qui ont été généralement confondues avec les formations analogues des corps jaunes, etdesembryologistes des plus autorisés n'en font aucune mention spéciale.

Schrôn a figuré dans l'ovaire des chattes des amas de ctllules qu'il désigne dans une de ses planches comme un reste de corps jaune, dans un autre où cet amas cellulaire entoure un jeune follicule il le désigne comme un lit accommodé au développement ultérieur de l'ovule. Pfliiger remarqua plus tard que l'ovaire de certaines espèces de Mummifères {chattes, chiennes, lapines) présente une coloration jaunâtre qui est due à des granulations graisseuses déposées dans des cellules conjonctives du stroma, il note que ces amas de cellules infiltrées de graisse apparaissent d'abord dans le centre de l'organe et ne gagnent la périphérie que lorsque des follicules de de Graaf s'y développent. Il considère cette infiltration graisseuse des cellules comme un phénomène de métamorphose régressive, bientôt suivie de la dissolution des éléments, pour faire place au follicule qui se développe. 11 admet cependant qu'une autre interprétation de ce fait est possible et que l'on pourrait rattacher cette infiltration graisseuse des éléments du parenchyme ovarique au développement des granulations grasses du jaune de l'œuf c[ui n'existe pas seulement dans l'œuf d'oiseau, mais aussi, quoiqueà un moindre degré de développement, dans l'œuf des mammifères, des chats surtout.

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où l'ovule renferme de gros globules graisseux. « Si la graisse nécessaire au développement des germes ovulaires ne provient pas des albuminoïdes, elle pourrait passer dans l'obuf par transsuJation de dehors eu dedans, du parenchyme ovarique où elle s'est d'abord accumulée, dans l'intérieur de TceM/"». Hisa recoimu que cette infiltration des granulations grasses caractérisait des cellules spéciales du parenchyme ovarique qu'il désigne sous le nom de cellules granuleuses [Kornzellen), et non, comme le croyait Pflïiger, des cellules fusiformes du slroma. Ces cellules granuleuses sont rondes ou ovales, le noyau est souvent masqué par les grosses granulations opaques qui ne sont pas seulement con5.tiluées par de la graisse, car elles ne se dissolvent pas complètement dans l'éther et le chloroforme. Ces cellules forment des cliaînes ou séries plus ou moins nombreuses. De ce que les cellules granuleuses apparaissent au sein du stroma, llis conclut qu'elles proviennent nécessairement des cellules fusiformes du stroma; il croit aussi avoir constaté que leur apparition coïncide avec celle des vaisseaux de nouvelle formation; en même temps que les amas de ces cellules s'accroissent les vaisseaux deviennent au?si plus nombreux. C'est surtout dans la membraue interne du follicule que l'association du développement des vaisseaux nouveaux etdes cellules granuleuses se montre au plus haut degré. Chez les chattes après la période du rut, déjà autour des follicules primitifs de la zone corticale de la deuxième et troisième rangée on voit de petits cordons de grosses cellules ovales allongées, à contour opaque et granuleux; dans la zone subcorticale ces cordons de cellules granuleuses soLt plus développés et sont anastomosés en réseau irrégulier ; dans la région centrale médullaire, ils occupent presque tout l'intervalle que laissent entre eux les gros follicules de de Graaf.

Cette description que donne llis des cordons de cellules granuleuses et de leurs rapports avec les follicules est très-exacte, et ce qu'il a observé chez les chattes, je l'ai observé chez les lapines avant d'avoir pris connaissance de son travail, et comme lui j'ai été frappé dès mes premières observations de l'analogie que ces cordons cellulaires présentent avec les cordons glandulaires de l'ovaire (tubes de Valentin-Pilùger). Il est fâcheux que His n'ait pas tenu compte de cette première impression qui l'eût peut-être mis sur la voie de la véritable nature et de l'origine de ces cordons de cellules granuleuses. Leur constitution, leur forme, leurs anastomoses en réseau, leurs rapports intimes avec les follicules primordiaux, ne sont que la répétition des dispositions que présentent chez les embryons et les chattes, chiennes et lapines nouveau-nés, les tubes de Valentin- Pfliiger (cordons segmentaires), et mes observations sur l'évolution ultérieure de ces cordons glandulaires après la naissance chez les jeunes chattes, chiennes et lapines de un à quatre mois, portent à croire que ce sont en effet des cordons segmentaires ou des portions de cordons de la zone médullaires, vides d'ovules, n'ayant pas pris part à la formation des follicules, ou n'ayant été que partiellement envahis par cette formation. Ces cordons glandulaires sans emploi prennent un accroissement considérable, bourgeonnent et envahissent successivement du centre à la périphérie tous les interstices que laissent entre eux les follicules. Chez les lapines pubères de cinq à six mois la totalité du stroma médullaire, sauf la région centrale occupée par le tissu spongieux du bulbe ovarique, est particulièrement formée de cordons cellulaires pressés les uns contre les autres rayonnant du centre vers la périphérie ; ils entourent de toute part les gros follicules de la zone sub-corticale et médullaire, et semblent s'arrêter seulemeût à la limite de la couche corticale des jeunes follicules; mais es n'est là qu'une

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simple apparence, résultant de ce qu'ils plongent à ce niveau dans une couche épaisse de stroma à cellules fusiformes, à travers laquelle ils pénètrent jusqu'au contact des follicules primitifs. Les cellules de ces cordons, chez les jeunes lapines de deux à trois mois, sont encore claires, dépourvues de granulations grasses et opaques et tout à lait semblables; leurs dimensions sont à peine supérieures, dans la région médullaire, à celles des cordons segmentaires, et aux cellules des follicules primitifs qui dérivent du fractionnement des cordons ovulaires corticaux. Dans l'ovaire des lapines de six mois qui n'ont pas encore " été fécondées, au centre de la région médullaire, les cellules des cordons dépourvus d'ovules ont acquis ainsi que leurs noyaux un diamètre dont le rapport avec le diamètre primitif est de 5 à 1. Elles sont de plus tellement infiltrées de globules graisseux, que les cordons pressés les uns sur les autres forment au centre de l'ovaire une masse opaque; mais en remontant de ce, point vers la zone corticale des jeunes follicules, on voit graduellement diminuer l'infiitialion graisseuse et le volume des cellules. A l'extrémité périphérique des cordons, contiguë à la couche des follicules, les cellules des cordons et celles des follicules sont identiques, et on constate souvent qu'elles sont en communication directe à l'extrémité interne du follicule. Chez des jeuneu chattes, trois semaines après la naissance et quelquefois plus tôt, on voit des globules jle graisse apparaître dans les cordons segmentaires de la zone centrale, et ils se montrent d'abord autour des premiers follicules qui, ainsi que nous l'avons dit, se forment en premier lieu dans cette région; mais toutes les cellules de ces amas folliculaires ne sont pas envahies par les granulations graisseuses, à trois mois et demi la coloration noire par l'acide osmique ne décèle encore la présence de la graisse que dans un certain nombre d'entre elles ; chez les chattes âgées elles sont souvent tellement envahies par la graisse qu'elles ont toute l'apparence de cellules adipeuses. Ce mode de transformation se montre aussi très-communément dans les cellules granuleuses des canalicules du corps de Wolff qui forment l'organe de Rosenmiiller. Chez une petite fille morte ciuq jours après la naissance et dont l'ovaire renfermait plusieurs follicules à cumulus proligère et cavité folliculaire, j'ai constaté également la présence des cordons cellulaires infiltrés de globules de graisse autour des enveloppes propres du follicule. Il me paraît probable que ces cordons glandulaires sécrètent les matières grasses nécessaires au développement de ro\ule, en même temps peut-être que des substances des groupes des glycogènes et des albuminoïdes, car His a constaté que les granulations opaques ne se dissolvent pas en totalité dans les dissolvants des graisses [éther et chloroforme).

J'ai observé également dans l'ovaire des Cloportes {Onisciis armentarius) que le protoplasma des ovules est complètement transparent, homogène et hyalin, dépourvu de toutes traces de globules vitellins jusqu'au moment où un amas de cellules qui forme un volumineux mamelon conique sur lequel repose le follicule paraît coloré par des globules de graisse jaune infiltrant graduellement ces cellules, jusqu'à ce qu'elles prennent l'aspect des cellules adipeuses ou des cellules des foies gras {cellules hépatiques de beaucoup de crustace's et de poissons).

Pendant les dernières périodes du développement de l'ovule, les éléments cellulaires des cordons segmentaires qui n'ont pas été inclus dans les capsules folliculaires contribuent donc encore à fournir à l'ovule une partie au moins des matériaux dont il se nourrit ; ils conservent pendant toute la vie le rôle d'éléments nourriciers de l'ovule, qu'ils remplissent déjà dans les premières phases de

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l'évolution, dès le moment où les ovules primordiaux émigreut des interstices de l'épithélium muqueux dans l'intérieur des cordons segmentaires pour s'y accroître et s'y multiplier.

Vaisseaux de l'ovaire. Artères. L'arcade anastomotique des artères utérines et ovariennes fournit le long du bord inférieur de l'ovaire une série de dix à douze branches qui naissent à la suite les unes des autres du bord supérieur du tronc artériel et presque aussitôt après leur origine, massées à l'entrée duhile, se divisent, se pelotonnent, s'enroulent en tire-bouchon {artères hélicines) comme les pelotons artériels de la racine des corps caverneux, et pénètrent enfin dans le noyau médullaire de l'ovaire, oii elles sont encore enroulées en spirale, au milieu d'un riche plexus veineux {bulbe érectile de l'ovaire). De ces branches partent des divisions multiples qui s'anastomosent en arcades à la limite de séparation des zones médullaire et corticale, et fournissent les réseaux (|ui entourent les follicules dedeGraaf, s'insinuent entre les follicules primordiaux de la zone corticale, et chez l'embryon entourent les cordons corticaux d'un réseau très-riche, dont les vaisseaux superiiciels sont sous-épithéliaux. Après le développement de l'albuginée les vaisseaux accompagnant les cordons ovulaires dans leur retrait manquent complètement dans l'albuginée propiemeiit dite et sont très-rares dans la zone corticale du stroma ovarique.

Veines. Des réseaux capillaires où aboutissent les dernières ramifications des artères utéro-ovariennes naissent des veinules qui convergent vers le noyau médullaire, et y constituent par leurs enroulements et leurs anastomoses multiples un véritable réseau admirable veineux, dont les canaux ne mesurent au plus que de O'^^jS à 1 millimètre. La réunion de ce réseau admirable veineux, des artères hélicines qui sont logées dans sa masse et des faisceaux de fibres lisses qui enlacent ces vaisseaux dans leurs mailles, présente tous les caractères des formations érectiles des organes génitaux externes. Ce corps spongieux ou hdhe de l'ovaire occupe une grande partie du noyau médullaire {stroma du hile de liis) et fait saillie entre les bords du bile. Lorsqu'il est distendu par une injection il est à peu près aussi volumineux que le bulbe du vestibule; allongé et aplati, sa longueur égale celle du hile et il déborde même quelquefois par sj portion extérieure au stroma du hile. Cette formation érectile existe déjà avec tous ses éléments caractéristiques au moment de la naissance, mais elle n'est alors représentée que par des faisceaux musculaires lisses, et des vaisseaux trèsnombreuv, fréquemment ramifiés et anastomosés, mais très-fins et très-peu flexueux; la multiplication des vaisseaux, leurs enroulements et leurs dilatations, ne se produisent que graduellement et n'atteignent tout leur développement qu'à l'âge adulte. Le bulbe de l'ovaire a pour veines de décharge un plexus veineux sous-ovarique qui n'est que le commencement du plexus pampiniforme de l'ovaire.

C'est à cette première partie sous-ovarique du plexus pampiniforme, formée uniquement de gros troncs veineux tortueux et communiquant par de courtes et nombreuses anastomoses, que Jarjavay avait attribué (comme on pouvait le constater il y a vingt-cinq ans, sur une pièce déposée par lui au Musée anatomique de la Faculté de médecine de Paris) le nom de bulbi de l'ovaire : appellation très-impropre, puisqu'elle tend à confondre un plexus vemeux avec des formations érectiles comme le bulbe de l'urèthre et les bulbes du vagin, dans la constitution desquels entrent non-seulement des plexus veineux à veines plus petites,

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plus tortueuses et pelotonnées, mais aussi des artères hélicines et des muscles, structure qui est en rapport avec une fonction spéciale dans laquelle les plexus de décharge n'ont qu'une part accessoire et secondaire.

Lymplintiqueit de l'ovaire. On ne connaissait jusqu'en ces derniers temps que les rares lymphatiques qui sortent de l'ovaire par le hile; c'est His qui, le premier, a observé et représenté les origines et la distribution des lymphatiques dans Yo\&ïre[Ueber den Bau der Sàugethieren-Eiersiock [Archiv. f. mikrosc. Anat., 1866]) ;il remarque que là, comme partout du reste, le développement des lymphatiques est parallèle à celui des vaisseaux sanguins. C'est dans les parties les plus vasciilarisces, que l'on trouve les plus riches réseaux lymphatiques : à la surface de l'ovaire on n'en trouve que là oii un follicule très-avancé en développement, avec un réseau sanguin très-riche, fait saillie à la surface, ou

Fig. 14. — Bulbe de l'ovaire.

1, corps spongieux de l'vilérus. — 2, bulbe de l'ovaire. — 3, plexus parapiniforme. — i, artères et veines ovariques. — 5, artère utérine. — 6, veines utérines. — 7, vaisseaux du ligament rond.

au niveau des mamelons des coi^ps jaunes. Ces lymphatiques entourent tout le follicule, sauf au niveau de la macida pellucida du sommet, lieu futur de la rupture du follicule où les vaisseaux sanguins sont très-rares ou font défaut comme dans le stigma des oiseaux. C'est au contraire à la hase du follicule que se trouve le point d';iffluence et la partie la plus riche du réseau. On sait que c'est aussi la hase du fulliculc qu'occupent l'ovule et le cumulus proligère. Ces larges sinus lymphatiques à parois formées uniquement par l'endotliéhum se trouvent surtout dans l'interstice de la tunique interne [tunica propria) et des couches internes de la tunique externe (fibro-musculaire) . C'est la présence de ces lacunes lymphatiques et de capillaires sanguins volumineux qui permet de séparer les deux tuniques, d'énucléer même le follicule avec sa tunique interne, en rompant les minces travées de stioma conjonctif qui occupent les interstices vasculaires. Les petits follicules encore cachés dans l'intérieur du stroma sont aussi doublés d'un réseau lymphatique aussitôt que leur membrane interne s'est développée à l'intérieur de la loge de stroma contractile, qui constitue avec l'épithélium folliculaire l'enveloppe primitive des lollicules primordiaux. Le corps particulier auquel donne naissance, après la rupture cataraéniale des follicules, l'hypertrophie de cette membrane interne, le corps jaune, devient très-riche en lymphatiques, en même temps que le système vasculaire sanguin y acquiert un développement considérable. Le noyau médullaire renferme aussi de nombreux canaux lymphatiques eflérents qui viennent s'aboucher dans les

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troncs principaux qui sortent par le hile de la glande et émergent aussi directement, en deliors du faisceau des veines et artères, de la partie de la glande qui borde le hile, et où le parenchyme glandulaire est très-vasculaire.

Les nerfs de l'ovaire appartiennent au système du grand sympathique; le plexus ovarique est une dépendance du plexm rénal, et accompagne l'artère ovarique ; au niveau du hile ses branches pénètrent avec les vaisseaux dans l'intérieur de la glande, et atteignent en se ramifiant la zone corticale où jusqu'à ces derniers temps leur mode de terminaison n'était pas connu. Luschka, en 1864, avait vu seulement des fibres nerveuses isolées atteindre la paroi des follicules et y pénétrer; en 1876, J. Elischer a publié le résultat de ses recherches sur le mode de terminaison des nerfs dans l'ovaire, chez la lapine, la brebis et la vache. D'après lui les lins rameaux des nerfs à moelle qui pénètrent dans le hile avec les vaisseaux se divisent en deux groupes, l'un forme un réseau à grandes mailles qui entoure les vaisseaux, l'autre pénètre en multipliant ses ramifications dichotomiques jusqu'à la couche des follicules périphériques; là les fibres nerveuses se divisent en fibres de plus en plus fines dépourvues de couche médullaire {fibres pâles) qui enveloppent les follicules de filaments tantôt droits, tantôt en arcades, qui forment un réseau en contact avec la couche externe de la membrane granuleuse ; des fibrilles qui se détachent de ce premier réseau en forment un second plus serré et à ramifications plus fines qui portent des nodosités et des varicosités caractéristiques des fibrilles nerveuses terminales, comme l'ont montré les observations de Hoyer sm'les nerfs de la cornée, et celles de l'auteur de cet article sur le développement des nerfs de la membrane natatoire des larves de Batraciens. Elischer dit avoir vu dans quelques cas ces fibrilles se terminer dans des cellules allongées de la membrane granuleuse, et paraître se confondre avec le noyau de ces cellules.

Dans cette description, il n'est évidemment question que de la terminaison ou plutôt de l'origine des nerfs centripètes {sensitifs ou efférents du follicule). Quant aux nerfs excito-moteurs, n'ayant pas reconnu l'existence d'une couche contractile dans la tunique externe du follicule, il ne les a pas même cherchés. C'est là une lacune qui reste à combler dans la physiologie de l'ovaire.

Migrations des ovoles dans l'iniériecr de l'ovaire. Commi nous l'avons montré, les ovules primordiaux apparaissent dans l'interstice des cellules cylindriques de l'épithélium muqueux qui revêt le rudiment commun des glandes génitales ; ils occupent des espèces de loges [chambres germinatives) dont la paroi est formée par les cellules cylindriques, qui s'incurvent en manière de toit au-dessus de l'hémisphère de l'ovule tourné vers l'extérieur; l'hémisphère intérieur est en contact immédiat avec le sommet conique des cordons segmentaires. Bientôt les ovules primordiaux passent de la chambre germinative dans l'intérieur des cordons; on les trouve d'abord au milieu des cellules du cône terminal de ces cordons; ils cheminent ensuite de l'extérieur vers l'intérieur et se rapprochent de plus en plus du centre médullaire (t'O?/. fîg. 5, 6). Quels sont les agents de ce déplacement de l'ovule? Les ovules primordiaux sont constitués comme tous les éléments cellulaires jeunes par une petite masse globuleuse de protoplasma nu, sans enveloppe, entourant un noyau; le protoplasma des cellules qui présentent ces caractères est généralement doué de mouvements amiboïdes, à l'aide desquels elles voyagent dans l'intimité des tissus. De nom-

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breux observateurs ont constaté le mouvement du protoplasma de l'œuf mûr fécondé ou non avant la segmentation: Rusconi, Aubert, Reichert, Œllacher, Ransom, Van Bamberk, chez les poissons, H. Mùller chez YHelixpomatia, Leydig chez le Daphnia hnghpinna, Pflûger chez un mammifère, la chatte, ont reconnu Texistence de ces mouvements dans l'œuf encore contenu dans l'ovaire. 11 est donc fort possible que les ovules primordiaux des vertébrés et des mammifères en particulier soient capables de se déplacer, à l'aide de leurs mouvements propres ; la progression par une espèce de vin à tergo consistant dans la poussée des ovules les premiers formés par ceux de nouvelle formation ne saurait être admise, car les ovules primordiaux de la première période, celle de rindifféicnce sexuelle, ne forment pas de chames continues, mais sont disséminés, écartés les uns des autres dans l'intérieur des cordons segment aires.

D'ailleurs, lors même qu'ils forment une chaîne continue, comme dans les lui es ovariques des insectes, ce mode de déplacement purement passif n'est pas démontré, et n'est pas en tout cas le seul en jeu, car les tubes ovariques des insectes possèdent une tunique musculaire nettement caractérisée , et qui, comme dans tous les conduits vecteurs, est l'agent principal de la progression du contenu vers l'orifice de sortie. Cet appareil musculaire est disposé de façon à comj>iimer non-seulement les tubes ovariques, mais la chambre germinative elle-même. Tiouve-t-on une disposition analogue dans l'ovaire des embryons de vertébrés, dont Its tubes de Valenlin-l'flûger présentent une analogie incontestable, et signalée tout d'abord par Valentin lui-même avec les tubes ovariques des insectes? Les cordons segmentaires, cordons cellulaires dépourvus de toute enveloppe propre, sont sép irés les uns des autres et enlacés de toutes parts par une couche d'abord très-mince et à peine visible de cellules fusiformes soudées en filaments et en faisceaux, et déjà caractérisées comme cellules contractiles de la vie organique ; à la surface de l'ovaire ces faisceaux sont intimement unis aux prolongements internes effilés des cellules cylindro-coniques qui forment les parois latérales et la voûte des chambres germinatives. Lors de la contraction des faisceaux à cellules fusiformes, les piliers et la voûte tirés en dedans doivent presser sur les ovules primordiaux et les faire pénétrer dans le sommet des cônes invaginés dans l'orifice baszlaire des chambres germinatives, et déterminer, ou, tout au moins, aider ensuite la progression des ovules dans les cordons, delà périphérie vers l'intérieur {voy. fig. 5, 6, 8).

Cette union intime des faisceaux contractiles du stroma avec les prolongements internes des cellules pariétales des chambres germinatives interviendrait d'abord efficacement pour déterminer le passage du contenu de ces chambres dans les tubes de Valentin-Pfluger [cordons segmentaires); plus tard, quand la migration des ovules des cavités intra-épithéliales dans les cordons est terminée, la traction active que les enveloppes contractiles des cordons continuent à exercer sur les piliers épithéliaux est, selon toute probabilité, la cause de ces invaginations épithéliales, qui ne sont autre chose que les chambres 'germinatives retournées comme un doigt de gant, présentant leur ouverture libre à la surlace de l'ovaire, et leur fond en csecum tourné vers l'intérieur de la glande. Cette inversion ne peut guère s'expliquer que par la contraction lente et continue des faisceaux de cellules fusiformes du stroma. Lorsque ces faisceaux s'hypertrophient autour de chaque segment de cordon renfermant un ou plusieurs ovules, la contraction des éléments fusiformes déterminerait aussi par des étranglements

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actifs et non passifs, comme on l'a supposé jusqu'ici, la segmentation des cordons en follicules primordiaux isolés et indépendants.

Ovulation. Déhisce>-ce des follicules ovariques. Les faisceaux de cellules contractiles forment incontestablement les éléments les plus importants, tant par leur nombre que par leur rôle, de la membrane dite fibreuse ou externe des follicules ovariques. Si, en dépit de mes observations anciennes, conlirmées parcelles de Grohe, de Klebs, de His, de Ehy, et des faits nouveaux que j'ai fait connaître plus haut, l'existence et le rôle de ces faisceaux contractiles sont encore contestés, en ce qui concerne les Mammifères, il ne saurait exister le moindre doute pour les Reptiles ornitlio'ides, Sauriens, Cheloniens, Ophidiens, et les Oiseaux, où les caractères histologiques et les propriétés physiologiques de ces faisceaux sont aussi nettement caractérisés que dans la tunique musculaire des oviductes, ou celle du tube digestif. Or chez ces animaux ces deux ordres de caractères sont d'autant plus prononcés que le follicule ovarique est plus avancé dans son développement. C'est certainement la contraction de ces faisceaux provoquée par voie réflexe, et reconnaissant pour cause la distension croissante des parois de la cavité, exactement comme cela a lieu pour la vessie ou l'utérus, qui comprime de toutes parts le contenu , détermine la rupture des parois au niveau de la zone amincie, dépourvue de vaisseaux et de faisceaux contractiles qu'on désigne sous le nom de Stigma ; il ne paraît pas douteux que chez les mammifères la rupture des vésicules de de Graaf et la sortie de l'ovule accompagné du cumulus proligère soit produite par le même mécanisme.

Coste a constaté en eil'et qu'aussitôt après que le contenu du follicule a été chassé de son intérieur les parois reviennent sur elles-mêmes, mais les deux tuniques du follicule ne se comportent pas de même: l'une, l'externe, est active; l'autre, l'interne, est passive. Les faisceaux de la première, se raccourcissant et comprimant la membrane interne, la forcent à se plisser en circonvelulions pressées les unes contre les autres, et formant un bourrelet saillant au dehors. Coste, qui ne connaissait pas la véritable constitution de la membiane externe, attribuait cet effet à la rétraction élastique du tissu fibreux, tandis qu'on ne doit y voir aujourd'hui que le résultat de la contraction tonique des faisceaux de cellules fusiformes contractiles de la membrane externe. Après avoir déterminé la rupture du follicule et l'expulsion de son contenu, cette contraction convulsive et réflexe persiste encore, et, pressant sur la membrane interne, membrane vasculaire par excellence, produit une espèce d'étranglement, dont il y a lieu de tenir compte comme d'un des facteurs de l'hyperplasie, résultat selon toute probabilité de la très-active diapédèsc des globules blancs accompagnant toute congestion vasculaire intense et persistante, qui fournit les éléments formateurs des corps jaunes.

Le travail qui s'accomplit dans un follicule de de Graaf arrivé à la période de maturité, très-analogue à celui qui se produit dans un follicule dentaire au moment de la poussée des dents, impressionne les nerfs sensitifs du follicule, et cette impression transformée dans le centre génito-spinal en excito-motricité ne met pas seulement en jeu l'activité de la tunique contractile du follicule, pour amener sa rupture et l'expulsion de son contenu, mais réagit sur tout l'ensemble de l'appareil musculaire, dont l'auteur de cet article a fait connaître l'existence et les fonctions dans ses Recherches sur les organes érectiles de la femme et V appareil musculaire ovario-tuhaire (1858) et dans un

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travail ultérieur Sur les mouvements érectiles [Archives de physiologie, 1868). Dès le début de l'ovulation, en même temps que par une action réflexe d'arrêt portant sur les nerfs vaso-moteurs du follicule la contraction tonique de ses vaisseaux est supprimée, et que par suite la pression du sang produit leur dilatation passive, les faisceaux musculaires du mésométrum, qui au niveau du liiie pénètrent dans le stroma, enlacent de toutes parts les vaisseaux du Lulbe ovarique et constituent la masse principale du stroma du hile, entrent en conUat tien en même temps que les autres parties de cet appareil musculaire qui déterminent l'adaptation du pavillon de la trompe à l'ovaire, phénomène qui coïncide avec le début du rut chez les animaux, de h menstruation chez la femme. Les veines émergentes du bulbe de l'ovaire, plus volumineuses et à parois plus minces que les artères qu'elles recouvrent et entourent, éprouvent, comme effet de la contraction du réseau musculaire dont elles traversent les mailles, un certain degré de compression. De cette compression, qui n'efface pas, mais diminue seulement le calibre des veines sans interrompre la circulation, résulte un accroissement de tension du sang dans tout le système vasculaire de l'organe, dans le bulbe ovarique qui se gonfle, entre en érection, et dans les vaisseaux dilatés du follicule en travail. De là résultent une exsudation de plus en plus considérable de liquide dans la cavité du follicule, et une distension croi>sanle des parois; celles-ci finissent par se rompre, lorsque la contraction de la tunique musculaire du follicule vient encore accroître la pression intérieure qu'elles supportent. Aussitôt le follicule rompu, le liquide folliculaire et l'ovule avec le cumulus proliger expulsés de son intérieur, la stimulation exercée sur les divisions terminales des nerfs folliculaires par la pression intérieure cesse, et par suite la contraction réflexe de l'appareil musculaire ovario-tnbaire s'éteint peu à peu. Mais, tant que la vésicule n'est pas rompue, le stimulus, dont elle est le point de départ, se propage graduellement à tout l'appareil génital qui est sous la dépendance du centre réflexe génilo-spinal ; les vaisseaux et le corps éreclile de l'utérus sont influencés de la même façon que' ceux de l'ovaire. La paralysie vaso-motrice et la contracture des muscles de la racine des ligaments larges, et des couches superficielles du muscle utérin, parties centrale et commune de double appareil musculaire ovario-tubaire des mammifères, ont pour conséquence l'accroissement de tension du sang dans les petits vaisseaux- en état de dilatation paralytique, et la distension des masses érectiles du corps de l'utérus par la compression partielle des veines émergentes (fig. 15). Les mêmes cau.-es qui accroissent l'exsudation du liquide dans la vésicule de de Graaf déterminent à la surface de la muqueuse de l'utérus une exsudation séro-rauqueuse d'abord, accompagnée de desquamation épithéliale, de diapedèse de globules blancs et de quelques globules rouges, mucosités sanguinolentes du rut, chez la plupart des femelles de mammifères, et de la première période de la menstruation chez les primates. Les masses érectiles développées dans l'utérus des Primates comme conséquence de la concentration des cornes utérines, dans les angles du corps utérin, et de la greffe normale des placentas dans cette même région, soumises, tant que dure le spasme réflexe des muscles ovariolubaires, à un accroissement de tension proportionnelle, à la masse des faisceaux musculaires et à celle des vaisseaux comprimés par leur contraction, déterminent bientôt une ruplui'e des capillaires de la muqueuse. L'hémorrhagie en nappe caractéristique de la menstruation s'établit et persiste tant que le travail qui s'accom-

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plit dans la vésicule de de Graaf n'a pas pris fin. Au moment de la rupture de cette vésicule, bientôt suivie de la détente du spasme qui maintenait contracté tout l'appiireil musculaire ovario-tnbaire, il ne se produit que peu ou point d'Iiémorrhagie véritable au niveau de la solution de continuité. Coste a seulement trouvé un peu de sang dans l'exsudat plastique qui s'accumule dans la cavité du follicule rompu. Un écoulement de sang assez abondant pour remplir

Fig. 15. — Formation^ vasculaires el appareil musculaire (ovaire-lubaire et utéro-vagiual) des organes génitaux interne,- de la femme.

BDS, Bulbes du vestibule. — U, utérus. — T, trompe. — V, vagin. — P, insertion pubienne du muscle vaginal. — 0, ovaire. — L, ligament rond. — FO, frange ovarienne formée de laisccaux mu>eulaires émanés du bile de l'ovaire et du ligament lombaire. — 4, ligaments reclo-utériiis. 2, insertions sacro-iliaques des faisceaux musculaires utérins et vaginaux. - 3, ligament utero -ovarien. — 4, laisceaux mu-culaire^ du précédent s'étalant dans l'aileron de la tiompe et s'altacbaiit au pavillon. — 5, ligament lombaire dont les faisceaux mu^^culaires pénètrent en partie dans le bile de l'ovaire et en partie s étalent dans l'aileron de la trompe, s'attachent à celle-ci ainsi qu'au pavillon. — 6, artère ovaiie: ne fjurnissant les artères liélicines du bile. — 7, veines utéro-ovarienne». — 8, artère utérine. 9, veines émergentes du plexus cervico-ulérin. — 10, plexus cervico utérin. — U, corps spongieux du corps de l'utérus. — 1"2, renflement annulaire du plexus vaginal.

la cavité du follicule n'a été observé normalement jusqu'à présent que chez la truie par F. A. Poucbet.

il se produit pourtant chez la femme dans certains cas un écoulement de sang assez abondant, non-seulement pour remplir la cavité du follicule rompu, mais même pour donner lieu à la formation de ces collections sanguines désignées sous le nom d'hématocèles rétro-utérines. Quand le sang s'est épanché dans la cavité du péritoine, il est probable que dans la plupart des cas, sinon dans tous, il provient de l'ovaire que j'ai trouvé, ainsi que d'autres observateurs, englobé dans la paroi du kyste et eu communication directe avec sa cavité par l'orifice de rupture d'un follicule de de Graaf. Dans un cas rapporté par Prost (Thèse de Paris, 1854), l'origine, l'époque et la cause même de l'hémorrhagie ressortent

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avec la dernière évidence de l'état des parties; la tumeur était formée partie par l'ovaire et partie par la trompe extrêmement dilatée et adhérente à Fovaire; un travail plilegmasique consécutif à l'hémorrhagie avait fixé d'une manière permanente le pavillon de la trompe dans la situation d'adaptation à l'ovaire où il se trouve à l'époque du rut et de la menstruation, et au moment de la déhiscence des follicules ovariques.

L'abondance de ces hémorrhagies chez la femme s'explique par la coïncidence de l'érection du bulbe ovaricjue avec l'érection du corps érectile de l'utérus. Dans les cas exceptionnels et anormaux d'iiémorrhagie ovarienne, comme dans l'hémorrhagie menstruelle, accident devenu normal chez la femme, et élevé chez elle au rang d'une des fonctions physiologiques les plus importantes, nous trouvons comme condition anatomique essentielle la présence d'une formation érectile. Quant à la condition physiologique première du phénomène, elle n'est autre que l'irritation produite par la maturation d'un nu plusieurs follicules ovariques.

Il est assez singulier (ju'un auteur français ait attribué tout récemment à Pfliiger l'explication par une action réflexe résultant de la distension d'un follicule de de Graaf mûr des relations constatées, mais restées longtemps sans explication, entre l'ovulation et la menstru.ition. C'est en 1865 que Pflûger mit en avant cette idée, c'est-à-dire sept ans après la publication des Recherches sur les organes érectUes de la femme et sur l'appareil musculaire tubo-ovarien tlans leurs rapports avec Vovulation et la menstruation, dont l'auteur exposait dans les termes suivants le mécanisme des relations entre l'ovulation et la menstruation :

(( La théorie de l'acte de l'ovulation est exactement la même que celle de l'acte de la parturition, du vomissement, de la miction, etc., et s'applique en général au jeu normal de tous les appareils de la vie organique. Dans le cas de la parturition, lorsque l'oeuf a atteint le dernier terme de son développement, il agit sur les parois de l'utérus comme un véritable corps étranger, et l'excitation de la muqueuse et de l'enveloppe musculaire elle-même transmise aux centres ganglionnaires du grand sympathique et de la moelle est réfléchie vers l'appareil musculaire de l'utérus et les muscles des parois de l'abdomen qui concourent à l'expulsion du part. Deniême, quand la vésicule de de Graaf est arrivée à un certain degré de développement, la distension du stroma est le point de départ d'une EXCITATION réflexe qui se propage à tout V appareil musculaire des organes génitaux internes, au mésoarium et au mésométrium. Les faisceaux ovariotubaires se contractent, attirent et appliquent fortement le pavillon sur la vésicule qui proémine ; les veines comprimées dans les mailles du réseau musculaire forcent le sang à refluer et à distendre le corps spongieux. Les vaisseaux de la muqueuse utérine cèdent, l'écoulement menstruel s'établit et tous les phénomènes persistent tant que le stimulus continue à agi)', tant que la paroi de la vésicule résiste au double effort de son contenu qui s'accroît, et des faisceaux enveloppants qui réagissent contre la distension. Lorsqu'enûn l'expulsion de l'ovule amène la détente de tout l'appareil musculaire, le cours du sang redevient libre dans les sinus, la distension des corps érectiles diminue peu à peu et l'hémorrhagie de la muqueuse utérine s'arrête.

« L'érection du bulbe de l'ovaire, Vaccumulation du sang et l'accroissement de tension dans ce corps spongieux et dans tous les vaisseaux de la glande, ne sont sans doute pas sans influence sur l'évolution de la vésicule et hâtent

OVAIiiE (anatomie). 701

sa maturation », opinion, qui paraît avoir été adoptée également par Pflûger.

Migration de l œcf de l'ovaire dans l'oviducte. C'est seulement après le début de la différenciation sexuelle des glandes génitales, du dU-neuvième au vingtième jour (après la fécondation) chez l'embryon de lapin, que le conduit de Millier, dont le rudiment apparaît au quatorzième jour, intimement accolé an conduit de Wolff, atteint son complet développement ; au vingt et unième jour (Kôiliker) même chez l'embryon mâle les conduits de MûUer sont soudés à leur extrémité inférieure en un canal unique, tandis que l'extrémité supérieure se termine par un entonnoir ouvert, tourné vers l'extrémité supérieure de la glande génitale, à laquelle il est relié par le prolongement du ligament diaphragmatique du corps de Wolff qui s'écarte pour embrasser les deux bords de l'entonnoir. C'est par ce ligament seul qu'existe une connexion directe entre le canal de Mùller et la glande génitale. Le canal de Wollf est au contraire en connexion directe avec les cordons segmentaires renfermant des ovules [canaliciiles. séminifères dans la glande mâle, tuhes de Valentin-Pfliïger dans la glande femelle) par lintermédiaire des corpuscules de Malpighi. Dans la période du développement qui s'étend du treizième au vingtième jour chez l'embryon de lapin, rien ne distingue le conduit de Wolff de la femelle de celui du mâle, non plus que les canaux de Mûller de l'une et de l'autre : ils sont identiques dans les deux sexes, comme le sont jusqu'au seizième jour les glandes génitales elles-mêmes. Cette même identité des canaux a été observée également chez les embryons de poulet des deux sexes du sixième au onzième jour.

Au vingt-troisième jour Kdlliker ne trouve plus aucune trace du canal de Mùller chez l'embryon mâle du lapin. Mais il est loin de disparaître aussi complètement chez tous les mâles de vertébrés. Chez certains Plagiostomes, les Chimères, ils persistent dans toute leur longueur à l'état adulte, tandis que chez les Squales on ne retrouve que les extrémités supérieures et inférieures. Chez les tritons et les crapauds mâles le canal de Mûller persiste également entier à côté du canal de Wolff. Chez les mâles de mammifères, et Vhomme même, on retrouve à l'état adulte des vestiges plus ou moins étendus du canal de Mùller. Chez les Carnivores, les Ruminants les Solipèdes, on trouve en arrière du bas fond de la vessie deux canaux plus ou moins longs, soudés sur la ligne médiane en une cavité commune (corps et cornes de Viiterus mascidinus) qui ne sont autre chose que la partie inférieure des conduits de Mûller. Chez l'homme l'utricule prostatique n'est pas autre chose non plus qu'un utérus masculinus, résultant de la fusion des deux canaux de Mûller à leur extrémité terminale telle qu'on l'observe chez l'embryon de lapin du vingtième au vingt et unième jour. VHydatide de Morgagni, ce petit kyste pédicule qu'on observe au voisinage de la tète de l'épididyme, est également le vestige de l'extrémité supérieure évasée en entonnoir du conduit de Mùller; Fleisch et \A'aldeyer y ont constaté l'existence de l'épithélium vibratile, et ce dernier observateur a également retrouvé en petit dans VHydatide de Morgagni les caractères morphologiques du pavillon de la trompe.

Mais, si le canal de Mûller persiste sans usage ou s'atrophie et disparaît plus ou moins complètement chez le mâle, tandis que le conduit et une partie des canalicules des corps de Wolff, ceux de la partie sexuelle de ce corps, deviennent les voies par lesquelles les éléments développés dans la glande génitale mâle parviennent au dehors, un phénomène inverse d'arrêt de développement se pro-

702 OVAIRE (anatomie).

(luit chez la lemelle. Les canalicules du corps de Wolff s'atrophient aussi bien dans la partie sexuelle que dans la partie urinaire et se retrouvent avec la partie correspondante du conduit de Wolff chez la petite fille et même chez la femme aduUe en dehors et au voisinage du hile de 1 ovaire, dans une duplicature du péritoine, entre la trompe [canal de Miil 1er) et l'ovaire. C'est ce que l'on désigne sous le nom de corps de RosenmuUer, de parovarium (Kobelt et His) dans lequel Waldeyer distingue la portion urinaire, à laquelle il donne le nom de paroophoron, de la portion sexuelle homologue de l'épididyme du mâle qu'il appelle Epoophoron. Chez les femelles de Ruminants, chez la Truie, on trouve accole' aux bords de l'utérus et s'ouvrant au fond du vagin un canal désigné sous le nom de canal de Gaertner qui n'est autre chose que la partie inférieure du conduit de Wolff. Beigel a récemment trouvé les vestiges de ce même conduit sous forme d'un petit tube épithélial dans l'épaisseur de la couche musculaire superficielle de l'utérus, chez un embryon humain de 7 mois. KOlliker avait aussi antérieurement chez des embryons humains trouvé des portions de ce même conduit dans le ligament large au voisinage de lutérus.

Le can:il de Millier au contraire non-seulement persiste en entier, mais prend un développement considérable dans certaines de ses parties. Les bords de l'enlonnoir évasé ({ui forme son extrémité supérieure s'accroissent consiiîérablenient, se plissent, se découpent en franges allongées, et constituent ce que Ion appelle le pavillon de la trompe. La partie du canal qui fait suite au pavillon, jusqu'au point où le canal de MùUer est croisé par le ligament pubien de l'ovaire, décomposé plus tard en deux parties, le ligament utéro-ovariea et le ligament rond pubitm, devient Voviducte ou la trompe de Fallope, taudis que la partie inféricuro du canal au-dessous de ce point se dilate sous forme de cornes utérines, et que la partie commune résultant de la fusion précoce des deux conduits chez l'embryon de\ient le corps de l'utérus.

Le pavillon de la trompe libreniLUt ouvert dans la cavité du péritoine chez la plupart des vertébrés et des mammifères n'est en connexion avec l'ovaire que par une frange du pavillon, rattaché à la glande sexuelle par un faisceau du ligament diaphragmatique de lovaire (ligament rond lombaire). Comment le pavillon de la trompe peut-il être ramené vers l'ovaire de manière à couvrir sa surface, à s'y adapter esaclement comme l'ont observé de Graaf, de Baër, Wagner, etc., de façon que l'ovule elle cumulus proliyer chassés de la vésicule de de Graaf s'engagent forcément dans l'ouverture de l'oviducte qui occupe le centre du pavillon? A l'époque oi^i l'auteur de cet article enti'eprit des recherches qui avaient pour but la solution de ce problème, l'état de la science était encore ce qu'il était à l'époque où J. Mùller déclarait qu' « on ne connaissait en aucune façon les forces qui concourent à faire admettre les œufs fécondés ou non dans les trompes de Fallope. » La turgescence, l'érectiou de la trompe qu'on invoquait pour expliquer ce phénomène, n'étaient qu'une hypothèse que rien ne justifiait alors et n'a justitiée depuis.

Chez les vertébrés inférieurs, Acraniens et Cycloitomes, Amphioxus, Lamproies, Myxindides, les œufs, après la rupture des follicules ovariques, tombent dans la cavité péritonéale comme ils tombent dans la cavité du corps chez les Cœlentérés, et sont évacués au dehors par un orifice qui comme chez l'Amphioxus sert encore à la sortie de l'eau de la respiration branchiale, disposition analogue à celje qui se rencontre chez des vers inférieurs, en particulier chez les Ascidies. Chez les Lamproies, les Myxindides et certains poissons osseux

OVAIRE (anatomie). 705

(plusieurs Anguilles et tous les Salmonidés) chez lesquels l'appareil branchial n'a plus de communications avec la cavité du corps, la cavité péritonéale communique au dehors par une ouverture située en arrière de l'anus, précédée ou non de conduits très-courts, rudiments de canaux segmentaires; cet orifice prend le nom de porc génital, et sert à la sortie des œufs échappés de l'ovaire.

Dans tous ces cas, les parois de la cavité du corps ou cavité périlonéale sont revêtues tantôt en totalité, tantôt seulement en partie, chez les femelles, d'un épithélium cylindrique, muni de cils vibratiles comme les cellules entodermiques des Cœlentérés, et qui chez les embryons de poissons et de batraciens tapisse primitivement toute la cavité péritonéale. Les mouvements de ces cils dirigent les œufs vers les orifices de sortie (Stannius, Vogt, Leydig). Les contractions des muscles des parois abdominales concourent aussi à ce résultat.

Chez les vertébrés plus élevés en organisation, 5^Ma/e5, Ganoules, Dipnoïques et Amphibienii, où des canaux spéciaux se sont développés pour recevoir les œuls et les conduire au dehors, la cavité péritonéale présente encore un revêtement d'épitliélium vibratilc dont les mouvements concourent à diriger les œufs vers l'orifice péritonéal des oviductes.

L'épithélium à cils vibratiles chez les Replilei^, les Oiseaux et les Mammifères, ne se retrouve plus, au moins à l'étal adulte, dans la cavité du péritoine, et commence seulement sur les bords du pavillon de l'oviducte et tapisse toute sa cavité; l'épithélium péritonéal de l'ovaire conserve la forme cylindriijue, mais est dépourvu de cils vibratiles : cependant chez de très-jeunes embryons de lapin le plateau de ces cellules cylindriques présente des prolongements fililbrmes qui pourraient bien être des cils vibratiles, et chez i.\e jeunes lapines de 3 mois j'ai observé de véritables cellules à cils vibratiles dans la région de l'épithélium ovarique qui confine à l'insertion de la trompe. Le rôle des mouvements des cils vibratiles dans la migration desœuis de l'ovaire jusqu'à l'orifice de l'oviducte s'efface de plus en plus pour faire place à un mécanisme plus complexe et plus perfectionné, et n'intervient plus que pour concourir avec les contractions de la tunique musculaire de la trompe à la progression de l'œuf dans l'intérieur de l'oviducte.

Appareil MDSccLAiRE ovario-tubaire. Migration.de l'œuf de l'ovaire dans l'oviuccte {trompe de Fallope).

Plagiosiomes [Squalus acanthias) . Les ovaires placés à la partie supérieure et latérale de l'abdomen, et en partie recouverts par le foie, sont fixés à la paroi musculaire à l'aide d'un mésoarium constitué en grande partie par une double couche de faisceaux musculaires lisses, épais et résistants, qui enveloppent l'organe et envoient dans son épaisseur des prolongements qui s'entrecroisent et forment une espèce d'épouge dans les aréoles de laquelle sont disséminés les follicules ovariques. Les oviductes et l'utérus sont également attachés à la paroi du tronc par un mésométriura composé surtout de libres tendineuses paiallèles qui font suite aux faisceaux musculaires. L'extrémité terminale des deux oviductes soudés en un seul pavillon infundibuliforme est fixée à la partie supérieure de la cavité abdominale, immédiatement au-dessous de la cloison diaphiagmatique, entre la face convexe du foie et la paroi abdominale antérieure. L'orifice commun du double entonnoir tubaire regarde en arrière; une languette musculaire s'attache à la paroi abdominale; une autre à la face convexe du foie; toutes deux en se contractant dilatent l'orifice, mais celui-ci, fixé dans

704 OVAIRE (anatomie).

sa position, reste toujours séparé des ovaires par toule l'épaisseur du foie même dans leur plus grand élat de développement.

Les œufs expulsés de l'ovaire par la contraction des faisceaux musculaires du mésoarium et du stroma ne sont pas reçus immédiatement par l'oviducte : ils tombent d'abord dans la cavité péritonéale et, comme ces œuts sont volumineux et souvent aussi gros qu'un œuf de poule, les contractions des parois de l'abdomen les poussent, comme elles feraient un intestin hernie, vers le seul orifice libre que présente la cavité, vers rorillce commun des oviductes béant et dilaté.

Le mécanisme de la migration des œufs est, comme on le voit, très-imparfait, aussi n'est-il pas rare que ceux-ci n'airivent pas à leur destination normale. Chez une femelle de Sqiialus acanthias qui portait quatre petits à terme dans l'un des utérus et trois dans l'autre, j'ai trouvé dans la cavité du péritoine trois œufs très-volumineux, mais non développés, et autour desquels des péritonites locales avaient déterminé une vascularisation et des adhérences anormales ; l'un de ces œufs était fixé à la partie inférieure de l'abdomen, les deux autres avaient contracté des adhérences à la surface de l'ovaire gaucl e.

Ampliibiens. Pfluger a observé des mouvements de contraction du sac ovarique chez les grenouilles, et J]by a trouvé dans le mésoarium des Batraciens des faisceaux musculaires qui accompagnent les vaisseaux jusqu'au bile de l'ovaire ; on trouve également chez de très-jeunes grenouilles, quelques jours après la métamorphose, lorsque l'ovaire est encore^ une masse compacte réniforme, le mésoarium entièrement constitué par une lame musculaire à fibres lisses; mais le parenchyme ovarique chez la grenouille adulte ne paraît pas posséder d'éléments contractiles. Le mécanisme de la sortie des œufs tel que l'ont observé Ealbiani et Brandt, par lequel l'œuf enfermé dans un follicule saillant à la surlace interne de la poche ovarique passe à travers le pédoncule de la capsule pour venir faire saillie à la surface péritonéale, entraînant avec lui les parois de la capsule qui se retourne comme un doigt de gant, et rentre ensuite dans l'intérieur de l'ovaire après la chute de l'œuf, ce mécanisme ne paraît pouvoir s'expliquer que par la tension active que les fibres contractiles du mésoarium exercent sur l'enveloppe conjonctive des capsules ovai'iques.

Les œufs tombent dans la cavité péritonéale où sous l'action combinée des cils vibratiles et de la pression des muscles de l'abdomen ils se dir.gentvers Je seul orifice de sortie que présente cette cavité, l'ouverture des trompes située à la partie supérieure de l'abdomen et au-dessus du foie.

Reptiles. Les choses sont beaucoup plus favorablement disposées chez les reptiles. Chez les Lézards, l'ovaire, quand les ovules sont peu ou ne sont pas développés, est, à la vérité, Irès-éloigné de l'orifice de l'oviducte, mais au moment de la ponte les deux ovaires, qui ont considérablement augmenté de volume, remplissent en grande partie la cavité abdominale et leur partie supérieure au moins est à la hauteur du pavillon de l'oviducte et en contact immédiat avec lui au-dessous de la glande hépatique. Le tube digestif presque droit sépare la cavité abdominale en deux loges, dont chacune est occupée par un ovaire et un oviducte. L'ovaire est fixé par un mésoarium qui s'attache aux parties latérales du rachis. Ce mésoarium est une membrane musculaire, dont les faisceaux entrelacés en réseaux, à la partie moyenne de la membrane, sont plus nombreux et plus condensés vers les bords; Au niveau même du corps de l'ovaire ces faisceaux enveloppent les vésicules ovariennes ; assez rapprochés

OVAIRE (anato.mie). 705

au niveau des pédoncules, ils sont très-écartés les uns des autres à la surface de la vésicule lorsqu'elle a acquis tout son développement.

L'oviducte est enl'ermé dans une membrane muscuhire {mésométrhim^ qu'une lame conjonctive péritonéale rattache à la partie moyenne du mésoarium. Celte membrane musculaire a trois fois à peu près la largeur de l'oviducte qui en occupe la partie moyenne seulement; le tube muqueux forme des plis nombreux, serrés et ineffaçables, dus à une disposition des faisceaux musculaires analogue à celle qui détermine les bosselures du gros intestin des mammifères. En haut, la membrane musculaire se fixe à la région latérale des côtes et de la paroi abdominale, à la hauteur de l'extrémité inférieure du poumon. En bas, elle se perd sur les parois du cloaque et sur les bords de l'orifice pelvien de la cavité abdominale. Au niveau de l'orifice du pavillon qui se présente sous la forme d'une fente verticale et correspondant au bord libre de la membrane, les faisceaux supérieurs et postérieurs qui s'attachent aux côtes peuvent tirer vers le haut les bords de l'orifice. Les faisceaux supérieurs et antérieurs attirent au contraire le pavillon vers le bas, et les deux ensemble peuvent dilater l'orifice

Fil

:. 14. — Appareil musculaire de la poate chez la poule.

fo,niésoariummu5Culairedonl les faisceaux terraioaui entourent les vésicules Je de Graaf Je l'ovaire et;. — li, partie inférieure du bord du tnéxomètrium oiusculaire enveloppant l'uiérus ut et formant uu cordon analogue au lig'ameiit rond pubien qui s'étale sur le cloaque d et s'attache à la paroi ahJominale voisine. — h, bord supérieur du raésométriura épai-si en forme de ligament (ligament rond supérieur) et s'insérani à l'avaut-derniérc côte. — or, orilice de l'oviducte emlnassé par les faisceaux de a et h qui le dilatent et l'attirent vers l'ovaire dDUt l'œuf au moment de la ponte énormément augmenté de volume repose et presse sur l'orilice de l'oviducte.

au moment où la contraction des parois abdominales, pressant sur la masse volumineuse des ovaires, lorce les œufs à s'engager dans la voie qui leur est ouverte.

Oiseaux. Dans la classe des oiseaux, dont l'organisation présente tant d'analogie avec celle des reptiles {ornithoïdes, Blainville), les choses sont disposées d'après le même type

Chez la Poule commune, l'ovaire est suspendu à l'extrémité supérieure de la cavité abdominale au côté gauche du rachis, par un épais mésoarium musculaire dont les faisceaux peuvent déjà se distinguer à l'œil nu; au niveau de la grappe ovarique, ces faisceaux musculaires se dissocient et enveloppent les capsules. Bieu que plus développés que chez les reptiles écailleux, ils présentent la même disposition générale.

DICT. ESC. -2' s. XVIII. 45

706 OVAIRE (anatomie).

La membrane musculaire {mésométrium) qui emprisonne les circonvolutions de roviduclc s'alladie en arrière à la concaviié du sacrum et à la paroi abdominale [loslôrieure, au devant du rein. Le bord (tpposé est libre, et présente un peu au-dessus de la partie moyenne l'oritiee du pavillon. Les l'aisceaux musculaii'L'S, condensés vers le bord libre de la membrane, s'étalent en éventails dans son épaisseur et paraissant constituer deux systèmes qui s'entie-croisent au-dessus de l'oriflce de l'oviducle. Des fiiisceaux supérieurs, les uns s'insèrent en formant une espèce de cordon arrondi à l'avant-dtrnière côte, les autres s'étalent m membrane et s'altachen' au devant du rein et à la partie supérieure du saiTum; de là ils descendent v^-rs la |»arlie supérieure de l'oviducte et du pavillon qu'ils end)rassent comme dans une boutonnière; puis ils se continuent en partie et s'enlre-croisent avec les fai.-ceaux inférieurs et antérieurs qui se délaclient des parois du cloaque, du coccyx et de la partie inférieure du sacrum. II est facile de comprendre, à la simple inspe'tion de la figure qui représente cette disposition, comment les faisceaux supéi ieurs qui sont les plus développés attirent en s-e conlract.mt l'orilice de l'oviducte au contact de l'ovaire, et comment les deux ordres de faisceaux tendant, lorsqu'ils entrent en contraction, à se rapproober de leurs points iixes, entrainont avec eux les bords correspondants du pavillon, et par suite dilatent cet orifice.

Cliez le Pigeon, la disposition des parties est absolument la même, seulement les membranes nmsculaires extiênieinent minces et transparentes seuiLlent, à l'œil nu, de minces toiles péiiluné;iles. 11 en est de même à plus forle raison cbez les oiseaux de très-petite taille; mais l'examen niicioscopique permet de constater partout des faisceaux musculaires disposés d'après le même plan.

Il est très-important de bien saisir l'ensemble de la disposition des app.ireils musculaires de l'ovaire et de l'oviducte riiez les oiseaux et clu z les reptiles écailleux. C'est là que l'ovaire indépendant de l'oviducte et l'oviducte développé d'un seul côté, ou isolé de son congénère jusqu'à sa terminaison, nous montrent sous la forme la plus simple et la plus élénicnt.iire le type de l'appareil ovariotubaire propre aux vertébrés. Chez les mammifères, ce type se complique par les connexions directes de l'ovaire avec l'oviducte, et par la fusion des deux oviductes au moins à rextérieur, dans une partie plus ou moins considérable de leur étendue.

Nous trouvons là une nouvelle confirmation de cette grande loi que, dans toutes les espèces ajipartenant à une même série naturelle, que l'on envisage lenscmble de l'organisme ou les différents appareils qui le constituent, on trouve constamment le même type, modifié seulement par le développement en plus ou en moins, par la disparition ou la fusion de certaines parties. Aussi, à travers tant de variétés de forme, tant de complications eu apparence inextricables, de l'appareil musculaire tubo-ovarien, nous retrouvons toujours, comme élément Ibndamcntal, les deux systèmes de faisceaux tendus de la paroi postérieure à la paroi antérieure du tronc et de baut en bas qui constituent la menibrane musculaire si simple de l'oviducte des oiseaux. Pour se diriger à travers le dédale de complications plus apparentes que réelles, il suffit de remarquer : 1° que l'appareil musculaire de l'ovaire primitivement isolé se confond avec l'oviducle; 2" que les oviductes eux-mêmes, d'aiord séfiarés l'un de l'autre jiar le tube digestil et le réservoir iirinaire, se rapprochent graduellement de la lifrne médiane, s'y accolent, et finissent par se confondre l'un avec l'autre à leur partie iulérieure, et que la trompe qui, par suite d'un accroissement

OVAIRE (asatomie). 707

de longueur constant, dépasse le niveau de l'ovaire, décrit une circonvolution terminale qui ramène le pavillon au voisinage de la glande. Ces cliangemenls modifient l,i position des dilïérentes p.irties de l'apfjareil musculaire qui n'en conservent pns moins leurs connexions et leurs actions primitives.

Mammifères. Je prendrai pour exemple de la disposition de l'appareil musculaire des organes génitiux internes d'un mammifère, celui de la lapine (fig. 15). Les cornes de l'utérus sont logées dans la partie moyenne, les trompes et les ovaires, dans les parties latérales d'une large membrane qui (abstraction faite des plis de sa surface), tendue comme une cloison transversale dans la cavité pelvienne, est fixée, par ses deux

hol-

In

Fig. 13 — Appareil musculaire des orgaues géaitaux internes (ovario-tubaire) de la Iipiae.

eu, corne — cl, cols utérins. — v, va^in. — tr. trompe, — OV, ovaire. — P', pnvil on de trompe.

— Lof, lig-imi-nl de l'ovujre. — h, ligament rond supérieur loinl)nire. — Ip, ligament rond puliien.

— cr, laisceaux >lriés formant des anses invaginée.» au centre du Taisceau de libres lis^e». — aZs, ligaments utéio-sacrés.

e.\tréraités antérieures, à la paroi supérieure dorsale de l'abdomen, par ses deux extrémités intérieures et postérieures, à !a paroi ventrale. Bien que très-mince et complètement transparente dans la plus gr.inde partie de son e'iendue, celte membrane, décrite pa; tous les anatomisles comme une simple toile conjonctive péritonéale, présente en plusieurs points, indépendamment des ligaments ronds, lombaires et pibieus, dont la nature musculaire est connue, des plis et des épaississements (jui déjà à l'oe 1 nu olfrent un aspect très anilogue à celui de ces ligaments; mais dans les parties les plus Iransp.irentes aussi bien qu'au niv.au de ces plis, l'examen microscopique montre partout des lai-ceaux musculaires lisses, ici écartés les uns des autres et formant par leurs anastomoses des réseaux à mailles plus ou moins lâches, là pressés et condensés en cordes ou rubans muscul.iires.

La partie moyenne de la membrane n'est autre chose que la couche ex'erne de l'enveloppe musculaire de l'utérus; sur la ligne médiane on observe, dans

708 OVAIRE (xnalomie).

toute sa hauteur, une décussation des faisceaux musculaires d'un côté à l'autre. Cette décussation indique la rencontre de deux systèmes musculaires qui doivent être étudiés d'abord isolément et abstraction faite de leur pénétration réciproque. Appliquant à cette élude la donnée générale fournie par l'observation de tons les plans musculaires entre-croisés (muscles de l abdomen, du pharynx, du cœur, etc.), que tous ces faisceaux traversent plus ou moins obliquement la ligne médiane en continuant leur direction, les faisceaux ascendants d'un côté en continuité avec les faisceaux descendants du côté opposé, on constate que les deux ordres de faisceaux que nous avons observés dans le mésoniétrium des oiseaux sont représentés, le supérieur par le ligament lombaire d'un côté, l'inférieur par le ligament pubien du côté opposé, et que toute la portion de la membrane musculaire intermédiaire à ces deux faisceaux, fixée aux parties latérales du sacrum, est devenue l'insertion musculaire du ligament large et des ligaments utéro-sacrés au sacrum, à la symphyse sacro-iliaque.

Fig. 16, A. — Schéma d'un appareil musculaire Fig. 16, B. — Schéma d'un appareil musculaire ovariô-luhaire unilatéral (reiJtiies écailleux ou ovario-tubaire bilaléral (mammifères),

oiseaux).

h, ligament supérieur lombaire. — li, ligament rond inférieur pubien. — lt,U', insérions pelviennes de^ lio.imentî ronds supérieur et inférieur, la ligne ponctuée /s II' indique la transpositiou des insertions inlérieures du faisceau h W par suite de l'eutre-croisement.

Toutes les complications apparentes résultent du changement de position et des inflexions de la portion de l'oviducte qui forme la trompe, et surtout du rapprochement, de la fusion des deux oviductes à leur partie inférieure pour former le corps de l'utérus, simple au moins extérieurement. Celte fusion des deux conduits muqueux entrauie celte conséquence, que l'appareil musculaire propre à chacun d'eux s'entre-croise avec son congénère et transporte ainsi du côté opposé ses insertions inférieures. Une figure schématique, représentant deux membranes musculaires identiques à celle des figures 14 et 16 A entre-croisées à leur partie moyenne et ayant écbangé l'une de leurs insertions piimilives, donne une esquisse fidèle à laquelle on peut superposer en quelque sorte toutes les parties de l'appareil ovario-tubaire d'un mammifère quelconque

(fig. 16, B). , ,

Les faisceaux qui s'insèrent à la région lombaire et dont les plus élevés, condensés vers le bord libre de la membrane, constituent celte espèce de corde à laquelle on donne plus particulièrement le nom de ligament rond supérieur, ces faisceaux descendent, eu enveloppant la trompe et l'ovaire, sur les cornes «t le corps de l'utérus. Arrivés à la ligne médiane, ils s'entre-croisent avec ceux

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du côté opposé et, continuant leur trajet, ils se divisent en trois ordres ; les inférieurs se portent en arrière vers le rectum et la face antérieure du rectum [ligaments recto-utérins, plis semi-lunaires de Dovglas, ligaments utéro-sacrés) . Les moyens semblent se continuer avec une partie des faisceaux du ligament rond pubien. Les supérieurs se portent vers les parties latérales du bassin et de la sympiiyse sacro-iliaque. C'est à ce dernier ordre que paraît appartenir un faisceau musculaire ({uï forme le bord Hipérieurdu ligament triangulaire de l'ovaire et, se portant en travers et au delà de cette glande, concourt cà la formation de la corde musculaire qui y rattache h frange ovarique du pavillon.

Le ligament rond pubien joue à l'égard de la partie inférieure et antérieure de la membrane musculaire le même rôle que le ligament rond lombaire, à l'égai'd de la partie supérieure et postérieure, c'est-à-dire qu'il est en quelque sorte le centre d'irradiation d'un système de faisceaux musculairfS ascendants qui vont s'entre-croiser sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé; le ligament rond pubien, que l'on décrit eu général comme une corde musculaire qui, de l'épine du pubis et de la grande lèvre, se porte vers la corne utérine ou l'angle supérieur de l'utérus chez la femme, n'est rien moins que cela. C'est tout à fait artificiellement qu'on le sépare de la portion voisine du ligament large avec laquelle il fait corps et se continue en réalité. A partir du point où il atteint la paroi abdominale antéiieure ce ligament émet constamment par son bord interne (les faisceaux musculaires qui s'étalent en évi ntail sur toute la surface antérieure de l'utérus, depuis le niveau de l'union du col avec le vagin jusqu'à la partie supérieure des cornes. Après avoir traversé la li:^ne médiane, les faisceaux qui ont une direction ascendante se portent dans le ligament large du côté opposé ; un certain nombre d'entre eux forment le bord iuféiieur du ligament triangulaire de l'ovaire et atteignent au delà de cette glande l'aileron de la trompe.

Les faisceaux les plus élevés du ligament rond forment par leur entrecroisement la membrane musculaire à bord semi-lunaire qui réunit les cornes utérines, puis ils se disséminent dans l'aileron de la trompe, principilement dans son feuillet postérieur et externe, et se continuent en partie avec le ligament rond lombaire.

A ce système semble se rattacher la plus grande partie des faisceaux musculaires qui partent en arrière des bords latéraux du rectum {plis semi lunaires de Douglas) et de la face antérieure du sacrum {ligaments utéro-sacrés) embrassent la partie cervicale de l'utérus et, après s'être entre-croisés sur la ligne médiane, montent dans le ligament large, du côté opposé, pour se fixer avec lui aux parois latérales du bassin.

Afin de ne pas entraver la description de l'ensemble, j'ai laissé de côté quelques détails sur lesquels je vais maintenant revenir. Ainsi je n'ai parlé que de l'eiitre-croisement médian et d'un côté à l'autre; cet entre-croisement est assurément le plus important et c'est lui qui donne la clef de la fusion des deu.^ membranes musculaires; mais il existe en outre sur plusieurs points, et notauiment au niveau des bords latéraux du corps et des cornes de l'utérus, un entrecroisement antéro-postérieur; une partie des taisceaux des deux systèmes passent les uns en avant, les autres en arrière de l'utérus, pour gagner la ligne médiane, et constituent ainsi à cet organe une gaîne contractile plus exacte et complète; c'est une disposition entièrement analogue à celle d'où résulte la formation de la gaîne fibreuse des muscles droits de l'abdomen, par l'entre-croisèment des faisceaux fibreux du tendon des deux grands muscles trigastriques

710 OVAIRE (anatomie).

(grand oblique d'un côté, petit oblique et transverse du côté opposé). Enfin, indépoiidamiiient des faisceaux apparlenniit aux deux systèmes entie-cioisés sur la li^nc uiédiaue, il parait en exister au>si un certain nombre qui éclia|)pentà cet eulre-cToisement et restent pendant tout leur trajet du même côté : tels sont les faisceaux qui se détachent du bord externe du lig.iment rond pubien et s'étalent eu évanlail dans la partie supérieure du mésométrium [aileron de la trompe), pour de là sans doute remouter à lu régiou lombaire. Ces faisceaux chez la Lapine au moment de la gc>tati()n scmbleul au moius aussi nombreux que ceux qui se détachent du bord interne et s'enlre-croiseiU : daus ce cas, répauouisscmeut du ligament rond forme au centie du œc'joraétiium un éventail complet et parfaitement régulier.

Il n'est pas une seule des espèces des Mammifères que j'ai pu observer [ritminantii, rongeurs, carnassiers, insectivores), chez laquelle on ne retrouve exaclemcnt tous les traits essentiels et caractérisliijues du tableau que je viens d'esquisser. Les modifications ne portent que sur les détails tout à fait secondaires et résultent du développement prédominant de telle ou telle partie, des cliangements de direclion, des différentes sections des oviductes et de leur fusion plus ou moins complète.

Ou choisit habituellement pour l'étude de l'appareil musculaire des organes génitaux de la femme l'époque delà ge^lation. Il semble que le développement considérable qu'il subit alors doive rendre l'observation plus certaine. Mais, s'il est vrai que partout alors, dans les ligaments larges comme dans l'utérus lui-même, les caractères essentiels du tissu ijinscul.iire soient plus faciles à constater, il n'en est pas à beaucoup près de même de la disposition géucrulc de l'ensemble. L'accroissement énorme du corps de l'utérus, l'effacement progressif des ligaments larges qu'il envahit en grande partie, les dé ormations, les déplacements qui se produisent simultanément, enlraineut cette conséquence, que l'appareil génital de la femme s'écarte à l'époque de la grossesse, plus que jamais, du type normal, du type commun à tous les n ammifères.

Au moment de la naissance, au contraire, et même jusqu'à la puberté, les organes conservent l'empreinte des formes prirnitives ; on distingue encore les cornes utérines sous la mince couche de tis>u musculaire qui les co\ivrc et tend à les conl'oiidre; le tissu propre du corps de l'utérus est peu développé, les connexions des couches su[)eificielles avec les membranes voisines sont plus marquées, enfin, ces membranes elles-mêmes, minces, transparentes, exemptes de ces traînées de tissu adipeux qui plus tard les envahit, se présentent à l'observateur dans les conditions les plus favorables.

Le tissu musculaire existe déjà à la naissance, partout où il semble apparaître à ré[)oque de la gestation, et lors |u'on est familiaiisé avec les caractères de ses éléments constituants, l'observation de la disposition générale ne présente que peu de difficultés.

Il est facile de constater alors que, de même que chez les autres mammifères, l'utérus et ses annexes sont compris daus l'épaisseur d'une large membrane musculaire, dont les prétendus ligaments périlonéa ix ne sont que des dépendances. Tans l'arrangement des faisceaux de cette membrane, on reconnaît, à peine modifié par de légères dilTércnces dans la forme de l'utérus et dans la direction de la trompe, l'ordre que j'ai exposé en prenant pour type l'appareil génital de la Lapine.

Les faisceaux dépendant du système du ligament rond pubien s'étalent en

OVAIRE (anatomie). 711

éventail dans toute la hauteur de l'utérus et s'entre-croisent avec ceux du côté opposé; quel(|ues tractions exercées sur l 'extrémité pubienne mettent en évidence leur direction. Dans les lij^anients utéro-sacrés et le (enillet postérieur du ligament large on retrouve h s in-ertiuns au sacrum et la région sacro-iliaijne.

Les faisceaux dépendant du ligament de l'ovaire (mé^oarium) provieiment surtout de la face postérieure de l'utérus. On peut l'acilement les suivre à partir de la décussation de la ligne médiane. Descendants à la partie supérieure, ascendants à la partie inférieure, ils convergent vers le cordon arrondi que l'on désigne sous le nom de ligaunnt de l'ovaiie ; miis seuleme-nt, plus nombreux sur ce point, ils occupent toute l'étemlue de \ à membrane musculaire (séreuse des ailleurs) à laciuelle l'ovaire est appeudu; ils ne se terminent pas brusquement à l'extiéinité interne de l'ovaire, les f,ii>ceaux à noyaux nombreux et allongés, qui s'entrelacent dans le stromadela glande, et eiifenncnt les î;e'stcM/es de de Graaf dans les m;iiiles de leur réseau, ne sont probablement pas autre cliosi; que la continuation de ceux des ligaments de l'ovaire (/«e;oa/7'?/»i), ainsi ipiecela est hors de doute pour l'ovaire des reptiles éca'dleux et des oiseaux. On peut d'ailleurs constater directement (ju'une grande p irlie des faisceaux du prétenilu ligament longent, au niveau du corps spongieux, le bord iniérieiir de la glande, et, arrivés à l'exiréinité externe, concourent à la foi-malion de la corde musculaire (//</amewf séreux des auteurs) i\m rattaclie le pavillon à l'ovaire. En outre, ilii bord supérieur du ligament uléro-ovarien se délacbent des faisceaux qui s'eutrelacenL dans le canevas musculaire de l'aileron de la troiupe et vont se terminer sur ce conduit et dans le pavillon.

La recherche des faisoeaux qui constituent le système d'insertions de la mendirane musculaire à la région lombaire et (|ui sont représentés chez les manimilères par le ligament rond antérieur et supérieur présente beaucoup plus de diiticullés. Ou cliercberait vaineui nt ici un cordon musculaire semblable à celui que l'on aperçoit si aisément cbez les animaux, soulevant le péritoine mince et transparent, el marcl;ant parallèlement aux vaisseaux ovariques. Aussi n'a-t-on junais décrit, ni peut-être même jamais clierclié, rien d'analogue chez la femme. La seule dillérence qu'il y ait pourtant en réalité, c'est qu'ici les laisceaux musculaires, au lieu d't tn; condensés en ruban, sont étalés en menibrine, et (|u'au lieu de mac :er isolément à distance du cordon vasculaiie ils le traversent, l'enveloppent, montent avec lui vers la r'gion louib.iire, se perdant giaduellement dans le [ascia propria, par l'intermédiaire duquel ils se fixent à la paroi postérieure ilu tronc.

L'e\islence de ces laisceaux étant constatée, si l'on cherche maintenant à suivre leur trajet, leurs connexions, on voit (|u"uu certain nombre d'entre eux s'iiradift dans le feuillet postérieur du ligament lirge et se poile en dedans vers l'utérus; que d'autres, soulevant le péritoine en forme de |ili, 5'infl>':chissent en dehors à la hauteur de l'ovaire et s'attachent au pavillon, tandis que le plus grand nombre, accompagnant les vaisseaux jusqu'au hile de l'ovaire en [lartie, semblent pénc'trer dans le pu-enchyme de la gl m le, en partie traversentlebulbe éreclile et, continuant leur trajet dans l'aileron de la trompe, vont se p'^rdre dans l'envelopp-i contractile de ce conduit. Dans la dernière partie de leur trajet, ces fiisceaux (fig. 13) s'entre-croisent a\ec ceux qui émanent du ligament de l'ovaire.

Mécanisme de l'adaptation du pavillon à V ovaire. Le fait général, que l'ovaire, la trompe et l'utérus, sont enveloppés dans une membrane musculaire com-

712 OVAIRE (anatomie).

mune, est important surtout au point de vue des connexions que les faisceaux contractiles établissent entre la glande ovarique et son conduit excréteur. Nous venons de voir que ces connexions résultent essentiellement de la double irradiation du ligament utéro-ovarienei au ligament ovario-lomhaire dans la membrane qui relie la trompe à l'ovaire. Il est facile de comprendre d'une manière générale comment, par la contraction des faisceaux musculaires, la trompe et le pavillon surtout vers lequel ils convergent sont attire's au contact de l'ovaire. C'est là le mécanisme réel, le seul possible de cet acte physiologique si important, que, s'il est troublé ou empêché, la grande fonction de reproduction de l 'espèce est frappée d'impuissance.

Les explications purement hypothétiques à l'aide desquelles on a cru jusqu'ici se rendre compte de ce phénomène sont absolument dénuées de fondement. Mûller les jugeait ainsi, lorsqu'il déclarait qu'i/ s'en faut de beaucoup que l'on connaisse les forces qui concourent à faire admettre les œufs, fécondés ou non, dans les trompes de Fallope. En effet, il est certain que la turgescence vascuaire ne produit dans la trompe aucun mouvement propre et que, d'ailleurs, ainsi que je l'ai montré, on ne trouve pas dans cet organe les conditions anatomiques essentielles à la production du phénomène spécial de l'érection.

Quant à l'action de la tunique musculaire de la trompe, à laquelle on a trop com plaisamment attribué un mouvement de reptation ou même de projection du pavillon vers l'ovaire, elle sérail impuissante à produire un tel résultat.

[iCs fibres longitudinales sont évidemment les seules qui pourraient modifier la situation du pavillon; il est presque oiseux de faire remarquer que leur contraction ne peut avoir d'autre effet que de diminuer la longueur du conduit, de rapprocher l'extrémité libre, le pavillon, de l'extrémité fixe de l'orifice utérin et par conséquent de l'éloigner de l'ovaire. Pour que cela n'ait pas lieu, il faut que le pavillon soit déjà, lorsque les fibres longitudinales se contractent, attiré, fixé à la surface de l'ovaire. Or l'examen comparatif des dispositions secondaires, particulières à diverses espèces, montre que, dans toutes les conditions, l'appareil musculaire que j'ai fait connaître dirige et gouverne seul l'adaptation du pavillon à la surface de l'ovaire et le passage de l'ovule dans l'orifice tubaire.

Dans la plupart des espèces de Maminifères [ruminants, carnassiers, insectivores), la dernière portion de la trompe décrit une grande circonvolution qui ramène le pavillon vers l'extrémité externe de l'ovaire, la membrane musculaire ovario-lubaire (mésométrium, aileron de la trompe) s'accommode à cette inflexion du conduit, se replie sur elle-même et retombe comme un rideau, dont le bord parallèle à la surface de l'ovaire embrasse une des extrémités du pavillon, tixé plus ou moins immédiatement à l'ovaire par son autre extrémité. La membrane ou ligament de l'ovaire (me'soarn/m), confondu par l'un de ses bords avec l'aileron de la trompe (mésométrium), semble se replier en sens inverse; les bords libres de deux membranes enfermant l'un l'ovaire, l'autre le pavillon, regardent l'un vers l'autre, et circonscrivent l'orifice d'une large cavité ou poche péritonéale de l'ovaire. Il suffît de voir cette disposition pour comprendre comment les faisceaux musculaires des deux membranes, condensés surtout au niveau du bord libre, ferment en se contractant cet orifice à la manière d'une boutonnière, comment de l'affrontement des bords de cette boutonnière résulte nécessairement l'application du pavillon à la surface de l'ovaire ; comment enfin le pavillon est, non-seulement amené au contact de l'extrémité de l'ovaire qui

OVAIRE (anatomie). 715

l'avoisine, mais peut, au besoin, être tiré, promené sur toute la surface de la glande par la contraction des faisceaux du mésométrium, véritable gubernaculum tubœ, auquel vient en aide la contraction simultanée des faisceaux émanés du ligament de l'ovaire {guhernaculum testis muhehris).

Tandis que cbez les Ruminants le pavillon est encore à distance de l'ovaire et la poche péritonéale largement ouverte, cUez la lapine les choses sont disposées de telle fiiçonque les deux plis membraneux delà trompe et de l'ovaire, en contact parleurs bords même à l'état de repos, cachent l'orifice de la poche ovarique qu'on n'aperçoit qu'en les écartant Naturellement aussi le pavillon flotte au contact de l'ovaire sans qu'aucune force active intervienne ; mais cette adaptation, purement passive, incomplète et insuffisante pour l'accomplissement de la fonction, est transformée en une occlusion forcée de la poche péritonéale et une application exacte du pavillon à la surface de l'ovaire, par la contraction des cordes musculaires parallèles qui bordent les deux membranes.

Fig. 17. — Appareil musculaire ovario-tnbaire delà lapine.

S, ligament rond supérieur dont les faisceaux musculaires descendent vers l'ovaire et le pavillon au.iquelj ils s'attachent. — U, utérus. — 0, ovaire. — Les membianes musculaires de l'ovaire L et de l'aileron de la trompe T forment un double repli dont les bords rapprochés par la contiaclion musculaire ferment la poche ovarique et appliquent le pavillon sur l'ovaire.

La disposition est à peu près la même chez un insectivore, le Hérisson. Dans une autre espèce de rongeurs, le Cochon d'Inde, chez un grand nombre de carnassiers et en particulier chez la chienne, les bords des deux membranes ne sont pas seulement rapprochés, mais soudés dans toute leur étendue, sauf au niveau de l'ovaire et du pavillon oii il ne reste qu'une étroite boutonnière ou même une simple fente : encore ce dernier vestige de la disposition primitive peut-il lui-même disparaître, et l'ovaire être enfermé avec le pavillon dans une capsule vaginale close de toutes parts [ours, loutre, phoque, e\c.). L'action de l'appareil musculaire que j'ai décrit est-elle pour cela devenue inutile, ses faisceaux se sont-ils alropliiés? Nullement; leur développement très-marqué prouve que, si le premier acte de leur fonction, le rapprochement du pavillon et de l'ovaire, est pour ainsi dire économisé, il est encore un autre rôle à remplir ; les forts rubans qui embrassent le pavillon et l'ovaire les maintiennent solidement appliqués l'un à l'autre, tandis que les faisceaux disséminés dans les parois de la poche resserrent en tous sens et peut être au besoin forcent à pénétrer dans le pavillon les ovules accidentellement tombés dans la cavité vaginale.

L'inclusion de l'ovaire dans une capsule péritonéale plus ou moins complètement close n'est, du reste, rien autre chose que le résultat d'un acciilent d'évolution devenu en quelque sorte normal chez certaines espèces. Ainsi chez la

7U OVAIRE (anatomie).

chi nne, dans les premiers temps qui suivent lu naissance, on ne trouve pas de capsule pcrilouéale de l'ovaire. A la vérité l'ailerou de la trompe retombe en manière de vode au-dessus de la glande, comuie chez la lipine, mais en soulevant et renversant celle membrane et le pavillon qu'elle supporte on découvre complètement l'ovaire pailaitement libre et que rien n'isole de la grande cavité du péritoine. Ce n'csl que plus lard que des adhérences s'établissent enlre le bord de la membrane tubaire, le bord coiitigu du mésoarium et la surface même de la glande; celle-ci se Irouve séquestrée, enveloppée dans les replis des membranes musculaires, et la [locbe vaginale est constituée sans que rien ail été changé ni dans la texture ni dans les connexions des parties, et sans que par conséquent il se produise aucune modification essentielle dans le mécanisme de leur fonctionnement.

La disposition de la trompe, du pavillon et de l'ovaire, semb'e ê!re, dans l'espèce humaine, aussi peu l'avorible que possible à l'accomplisseinent de la l'onclion de Vonulalion. Il n'y a peut-être pas parmi les mauimilères d'animal chez qui l'orifice de la trouipe soit plus indépendant, où l'ovaire soit moins abrité p;ir les membranes voi?ines et communique plus librement avi c la cavité générale du péritoine. Que les partisans de la cause finale admirent avec quel art, l'ovaire cl l'drifioe de l'oviducle élant enfermés dans une même enveloppe, la mi;;ralion de l'ovule se trouve prcdégée contre les i liances de trouble chez la chienne on chez Vours; mais ils n'auront ri( n à admirer ici, si ce n'e^t peut-être les chances plus nombreuses de stérilité qu'un esprit de prévoyance, fort apprécié de cci'lains économisles, aurait réservées à l'espèce humaine. Combien il est fréquent, d'ailleurs, de trouver à la suilcde ces péritonites locales presque toujours méconmies pendant la vie le pavillon ou lovane lui-même retenus par des adiit'rences morbides à distance l'un de l'autre, ou dans des rapports tels que l'orihce de l'oviducle ne peut plus se présenter à la ren'ontrede l'ovule.

bans l'état normal, chez la femme, la trompe, dont la circonvolution terminale, destinée à ramener le pavillon vers l'ovaire, est à peine indiquée, étale lil'rement ses iranges à une dislance de 1 1/2 à 2 cenlimèlres en moyenne de l'cxlrémilé à- l'ovaire la plus rapprochée La longueur du repli péiilonéal (bord libie du mémmétrium), <|ui s'étend de l'un à l'autre, permet au pavillon d'atteindre les légions de l'ovaire les plus éloignées. Celte disposition compense le peu d'ampleur du pavillon <|ui, relativement moins considérable que chez IfS animaux, égale à peine le li. is de la surface de la glande.

Mais aucun artifice préalable ne pré[>are en quelque sorte la coaplalion des parties. Tout est subordoimé à l'action de l'appar.il musculaire, c'est lui qui dirige le pavillon vers l'ovaire, l'attire au coulaclit, suivant le point où proéniine une vésicule prèle à se rompre, force, s'il le faut, la trompe à s'infléchir, a se replier sur elle même, et promène son orifice jusqu'à l'extrémité utérine de l'ovaire.

Quelle que soit du reste l'apparente complication de ces diflérents actes qui nécessitent évidemmeut l'inti rvention d'un agent spécial, la disposilion de l'appareil musculaire tlont j'ai donné la description permet d'en comprendie le mécanisme. La ilireclion des deu^ ordres de faisceaux musculaires qui, prenant leurs points fiscs à la région lombaire et à l'ulé/us, embrassent toute la longueur de la trompe et le pavillon, explique parfaitement les mouvements exécutés par ces organes pour se porter en arrière et en dedans, la possibi ilé de l'inllexion de la trompe sur elle-même et l'application du pavillon

OVAIRE (anatomie). 715

à la surface de l'ovaire. Tout se réJuit en somme au mécanisme par lequel se ferme l'ouverture <l'iine bourse dont les bords se lioncent, se rapproL-bent, lorsqu'on exerce des tractions sur des liens dont le> allaclies s'éttndeni dans toute la longueur de ces bords.

C'est ainsi qur l'acte fondamental de l'évolution, la migration de l'œuf de l'ovaiie dans ro<>iduclc, s'accomplit partout où les deux organes ne sont pas en continuité permanente, par le jeu de l'appareil musculaire ovario-tubuire

, ,.i,rT'i

Fig. 18. — Pavillon de la Irompn applique sur l'ovnire clioz mie femir.e niorle pendant la menslruation. i, pavillon di! la tiomite. — f, iroiiijjc'. — /, ovaiie.

Mais ce rôle si important et si gênerai n'est pas le seul que cet appareil remplisse dins l'espèce bumaine. Un accident dor^anisatiou devenu normal, le développement éreciile de certaines focmations vasculau'es enfermées dans la membrane nuisculaire métro-ovarienne, entraîne des conséquences telles, qu'un épipliéiioiuène de l'ovulation s'élève presque au rang de l'onction nouvelle. (J'est h menstruation.

Formation des corps jaunes. Après qu'un follicule de de Graaf s'est rompu, et que l'ovule s'est écbappé de son intérieur, une masse globuleuse, à laquelle M.ilpiglii a donné le nom de corps jaune, nom dû à la couleurjaune-rosé qui la caractérise, se développe à la place du follicule dant le rôle [iliysiologique est terminé. A l'époque où l'évolution périodique des ovules était encore ignorée, on croyait leur existence essentiellement liée à la fécondation; ce qui s'explique par le dévelojt|iement considérable qui caractérise en eifut les corps jaunes que l'on observe cliez les iemel es gravides On sait aujourd'liui que toute rupture d'un follicule dedeGraat inùr est suivie de la formation d'un corjis jaune, (pi'il y ait eu ou non fécondation. On continue cependant à distinguer les corps jaunes de la grossesse des corps jaunes de la menstruation, bien que cette di>tinction ne repose que sur des différences d'ordre tout à fait secondaire et portant surtout sur le volume et la durée, mais nullement sur le motle d'évolution qui est le môme dans les deux cas.

La formation des corps jaunes a été successivement atlribnée : 1" à une transfoi malien d'un caillot sanguin provenanl du sang épauclié dans l'intérieur du follicule an moment de sa rupture i^i\egrier,Wliarton-Joiies, llenle, Paterson) ;

716 OVAIKE {AN.VTOMIE).

2" à une prolifération de la membrane granuleuse [épithélium folliculaire) (Fnncke, Meckel, R. Wagner, Bischoff, Pllùger); 5° à un épaississement de la membrane interne {theca propria) du iollicule (Haller, Baër, Goste, Valentin, Zwicky, His, Waldeyer) ; 4" le corps jaune proviendrait à la fois d'une prolifération de répithélium folliculaire et d un bourgeonnement de la membrane interne (Luscbka, Sclnôn et Waldeyer); Waldeyer s'est récemment rallié à l'opinion qui ne voit dans le corps jaune qu'une hypertrophie des éléments de la membrane interne. Deux éléments essentiels constituent en elfet le corps jaune : des cellules volumineuses indépendantes, infiltrées de granulations dont la couleur et la constitution chimique rappellent celles du jaune de l'œuf d'oiseau, et d'autre part un stroma conjonctif très-vasculaire; pour ce dernier il ne paraît pas douteux qu'il ait pour origine le bourgeonnement de la couche vasculaire de la membrane interne et que le tissu conjonctif embryonnaire qui accompagne les vaisseaux ait là comme partout pour origine les leucocytes migrateurs, qui sortent en abondance par diapédèse des vaisseaux en voie de formation physiologique ou pathologique. Il ne peut y avoir de doute que pour l'origine des cellules libres.

La coupe d'un corps jaune qui a atteint son développement complet le montre sous la forme d'une masse ovoïde dont le sommet mamelonné, rougeàtre et présentant quehiuefois à son centre une dépression ombiliquée, fait saillie à la surface de l'ovaire, tandis que la plus grande partie de la masse est enfouie dans le stroma de l'ovaire. La couche de slroma qui limite intérieurement ce corps n'est pas distincte du reste. Un riche réseau de sinus lymphatiques et de vaisseaux sanguins l'entoure. Quant à la masse elle-même du corps jaune, elle se décompose en segments ayant la forme de pyramides à sommets arronilis qui tous convergent vers un noyau central dense et fibreux. De ce noyau partent des cloisons qui séparent les pyramides les unes des autres et envoient dans leur intérieur des prolongements tellement nombreux, que les grosses cellules libres qui forment l'élément principal des pyramides occupent chacune un alvéole formé par ces prolongements de plus en plus ténus qui rattachent le noyau central à la couche périphérique du stroma. Partout les vaisseaux sanguins provenant du réseau intermédiaire aux tuniques externe et interne du follicule accompagnent les divisions du réticulum de cellules conjonctives fusiformes, dans lesquelles les grosses cellules du corps jaune sont enchâssées. Des sinus lymphatiques cheminent avec les vaisseaux sanguins dans les cloisons fibreuses du corps jaune et vont aussi se jeter dans le réseau externe du follicule.

Quelles transformations subissent les différentes couches du follicule rompu pour constituer les dillérentes parties du corps jaune? D'après les observations de Coste, la cavité du follicule immédiatement après sa rupture renferme rarement du sang, sauf chez la truie où se produit une petite hémorrhagie qui remplit le follicule. Habituellement on ne trouve qu'un exsudât de lymphe plastique renfermant une petite quantité de sang. Aussitôt après la sortie de l'ovule, accompagné du cumulus et du liquide folliculaire, les parois du follicule se rétractent, la tunique externe [fihro-musculairé) surtout, tandis que l'interne molle et passive, serrée de toutes parts pour le retrait actif de la tumque externe, se plisse, se fronce en replis nombreux, qui forment comme des circonvolutions. Celles-ci s'hypertrophient bientôt, omme F. A. Pouchetl'a le premier indiqué, par une multiplication des éléments de la membrane interne. La couche épithéliale semble avoir complètement disparu et ne prendre aucune

OVÂIHE (anviomie). 717

part à ce travail de nouvelle formation. Tous les élémenls de la tunique interne, constituée comme nous l'avons vu par un tissu conjonctif réticulé très-vascujaire et renfermant dans ses mailles de nombreuses cellules libres [leucocytes), prennent part à l'hypertrophie. Les grosses cellules à granulations graisseuses fortement colorées en jaune et présentant des prolongements obtus et courts de protoplasma qui rappellent par leur forme ceux de certaines amibes proviennent probablement non-seulement d'une prolifération des cellules libres, mais aussi de l'émigration de nombreux leucocytes qui accompagnent constamment le bourgeonnement des vaisseaux et dont les uns se transforment en cellules fusiformes du réticulum et des cloisons, les autres eu cellules jaunes. De sorte que le procédé de formation du corps jaune ne serait que l'exagération du mode de développement primitif et normal de la tunique interne du follicule. Cet excès de formai ion trouverait son explication pour les corps jaunes de la grossesse dans l'impul-ion d'activité formatrice qu'imprime à tout l'appareil génital le développement de l'œuf iécondé dans la matrice, et pour les corps jaunes de la menstruation dans rimpulsion analogue, mais de degré moindre, que provoquent les dernières phases de développement de l'ovule et qui se traduit par l'accroissement de volume et la déhiscence du follicule; loin de s'éteindre après la rupture, il s'accroît pai' l'irritation trauniatique que celle-ci détermine.

Le noyau central fibreux du corps jaune, vers lequel convergent les cloisons floxueuses qui séparent les lobes du corps jaune, ne peut être considéré, ainsi qu'on l'a fait autrefois (Coste, Hobin et Pouchet), comme de la lymphe plastique, un produit de sécrétion, un ancien caillot, épaissis et organisés, ou comme le dernier vestige de la membrane granuleuse refoulé au centre par les végétations de la membrane interne.

His a le premier constaté le véritable mode de formation de ce noyau fibreux, identique du reste à celui du tissu conjonctif de l'embryon, ou des plaies en voie de cicatrisation. Dans \\\\ follicule qui vient de se rompre, la coupe des plis de la membrane interne montre une riche végétation cellulaire dans les couches extérieures de ces plis ; on trouve de courtes cellules fusiformes, de petites cellules à prolongements coniques, d'autres ovoïdes, mais vers la surface interne les cellules de forme arrondie sont les plus nombreuses et sont incluses dans les mailles d'un réseau de cellules fusiformes ou étoilées, anastomosées, présentant le caractère d'un tissu adénoïde. Plus tard la cavité centrale du iollicule est complètement comblée par la végétation de ce tissu adénoïde, les parois des aréoles s'épaississent, les cellules libres disparai^sent et le tissu adénoïde prend de plus en plus les caractères d'un noyau fibreux inodulaire. Waldeyer, qui primitivement avait attribué à la membrane granuleuse {épithélium folliculaire) une large part dans la végétation cellulaire d'où proviennent les grosses cellules à graisse pigmentaire du corps jaune, a plus récemment abandonné cette manière de voir {Arch. f. mikroscop. Anat., 1874), et se rapproche beaucoup de celle de His.

Atrophie des corps jaunes. Les corps jaunes de la gmssesse, qui d'après Coste s'accroissent jusqu'au quarantième jour, diminuent à partir de la fin du troisième mois; l'épaississement du collet formé par la membrane externe comprime et atrophie les vaisseaux : d'où l'iurét de nutrition et l'atrophie des éléments constituant la masse du corps jaune, et diminution graduelle du volume

718 OVAUIE (anatomie).

de celui-ci. Chez la fomme après racconchement ce n'est plus qu'un pelil tubercule de 7 à 8 niillimètres, tandis qu'à son plus haut de^ré de développement il égale la moitié <lu volume de l'ovaire ou même plus. Les corps juuties de la mensUualion. (|ui ne diftèrtnl q\ie pour le volume et la durée de ceux de la gi05sesse, sont d.''jà en pleine atrophi-, à l époque du début de la menstruaiiou qui suit celle à laquelle ils doivent leur origine : ils accomplissent donc loute leur évolution dans l'intervalle qui sépare deux menstruations.

Ces vieux corps jaunes atrophiés sont réduits à de petits noyaux fortement pigmentaires, leur co!or;\tion siège surtout dans les cloisons fibreuses qui supportaient les vaisseaux nourriciers des îobes du corps jaune. His explique la lormution de ce pigment par la sla>e du sang d.ms le réseau capillaire et dans les veines, à la suite de l'ischémie artérielle; celle-ci résulte pour Iiii non dune compression, comme l'admettait Coste, mais du retrait des artères du corps jaune par suite de la diminution de l'afflux du sang dans les organes génitaux internes a[irès la [larlurition ; phénomène analogue à celui du reliait du canal arléiiel et des artères ouibilicales. Le sang stagnant dans les veines et les capillaires s'altère, se décompose, la matière colorante transsuderait à travers les parois des vrint s et se déposerait sous forme de pigment dans de petites cellules allongées qui forment autour de la veine une gaine complète. Mes ob^ervalions sur le développement des cellules de la gaîne pigmenlau'e des vaisseaux sanguins chez les larves de Balraciens permetleut d'interpréter tout aulieiiient les observations de His, et d'attribuer la form;ilion de ces gaines pigmentaires à des leucocyles éini^^rés par diipédèse, et devenus pignienlaires api es s'être nourris des globules rougi's morts dans la cavité des vaisseaux ou extravasés à la suite des troubles mécani jues de la circulation veineuse, résuit ml de la cnnt raclure des artères et des capillaires. A une [lériode plus avancée le pigment disparaît des cellules de l'adventice, et les vestiges du corps jaune ne sont plus représentés ({ue par un petit noyau blancliàtie ou jaune pâle, le corpus albidum lormé d'un tissu fibreux dense et privé de vaisseaux.

Follicules atrophiés sans rupture. Un certain nombre de follicules s'atrophient et disparaissent sans que leur conteim s'échappe au dehors. Cette atrophie peut atleinJie des tbllicules piimordiaux très-jeunes, comme Pfliiger l'a observé chez de jeunes chattes : d.ms les premiers mois qui suivent la naissanc'\ les follicules sont atteints de dégénérescence graisseuse, leur coutenu se dissout et est ensuite résorbé.

Lesovu es peuvent avorter dans les cordons corticaux avant qu'ils se segmentent en follicules. Dans l'ovaire d'une petite fille de quatre à cinq mois, morte d'alliriq)sic, la zone corticale ne renfermait que des cordons sognientaires anastom ses, presque partout entièiement dépourvus d'ovules, ou n'en présentant que de très-rares et ti ès-éloignés les uns des autres. Les follicules primordiaux, si nombreux et si serrés chez la petite fille au moment de la naissance au voisinage du noyau médullaire, étaient aussi très-rares.

Dans l'ovaire de jeunes chiennes nouveau-nées j'ai observé plusieurs fois que, dans la moitié de li surface de l'ovaire, l'épilhélium muqueux m.in|uait ou était formé de cellules petites et aplaties, et au-dessous, au lieu de- cordons d'ovules pressés les uns contre l.'S aulres, qui dans l'antre moitié éta eut en rapport intime avec l'épilhélium muqueux, on trouvait une couche corticale

OVAIRE (anatomie) 71W

fibreuse, une véritable albuginée, semblable à celle du testicule des jeunes chiens nouveau-nés, et enlièivment privée d'ovules.

Chez de jeunes lapines et de jeunes châties j'ai également rencontré des portions Irès-étendues de la zone co ticale située immédiatement s ms l'aibuginée, et que His désigne très-jusieraent sous le nom de zone des fullicules primordiaux, qui, au lieu de Ibllicules primordiaux en groupe s serrés, imbrii|ués les uns sur les autres, comme ils se montraient dans les parties voisines, ne laissaient voir que des masses réfringente> aplaties, ovoïdes ou fusilormes, où il n'était plus possible de distinguer ni ovules, ni vésicules germiu;itives, ni épithélium foUiculaiie, et qui étaient sans aucun doute des lulliculos primordiaux en voie de régression, car dans ceita'ues parties de cette zone on ne trouvait plus qu'une couche de stroma sans i'ollicules, comme l'est normalement la zone sous-épithéliale (FoKlkeHose Zone de Mis). Henle a observé d;ms l'ovaire d'enfants nouveau-nés des corps plissés qu'il considère comme des follicules \idrset affaissés. Dans l'ovaire d'une petite fille de cinq ans morte phlhsujue j'ai trouvé des corps formés d'une membrane plissée très-briilante lenfermant en outre une masse ûbreuse homogène tiès-transparente à boids sinueux; ces corps, qui présentent à peu près les dimensions de ceux qu'où rencoulresi Iréquenmient chez les enfants nouveau-nés, se rapprochent aussi par tous leurs caractères de ceux que Henle a observés chez la fenune et qu'il (onsidère comme des follicules atrojihiés avant d'avoir acquis leur miluiilé. C'est île celte façon eu eif- 1 que doit se terminer l'évolution des gros follicules si (iévelo(/pés au moment de la naissance chez beaucoup de petiies filles, et dont le contenu disp.uait sans s'échapper au dehors. Les observations de M. Haussmann, surtout celles de M. deSinéty, tendent à faire considérer le dévelopjiemeut de ces gros fullicules des nouveau-nés comme le résultat d'une poussée de l'aclivilé génitale qui se traduit au moment de la naissance et peu après, non-seulement par la maturation des lollicules ovariques, mais aussi par l'excitation de la sécrétion liictée qui se rencontre chez le mâle comme chez la femelle.

D'après les observations de Slavjansky (Archives de physiologie), chez la femme adulte, en dehors mèm ; de la période menst nielle, tant dans les conditions piiysiologiques que sous l'inlluence de certains états morbides {evipoisonnements , choléra, fièvres graves), l'évolution d'un certain nombre de follicules serait activée, ils acquerraient un développement analogue à celui des follicules qui se rompent à l'époque menstruelle: mais la déhiscence de ces lollicules n'aurait pas lieu, ils disparai>seut par atrésie. Les cellules épiihéliales sont les premières envahies par la dégénérescence granuleuse. Celle-ci gagne les parois du follicule, les vaisseaux ^'atrophient tt, dans le sein de la masse granuleuse qui a pris la j.l ice du follicule, apparaissent des cellules qui se ramifient au sein d'une substance iiilercellulaire gélatmiforme, et coiislit'ient un tissu muqueux embryonnaire : celui-ci au nive;iu de l'ancienne paroi folliculaire devient de plus eu plus dense, sclérosé, tandis qu'il leste homogène et plus transparent au centre. C'est un aspect identique à celui que j'ai observé dans les follicules atrésiés d'une petite fille de cin(| ans.

Le nombre énorme des follicules primordiaux que l'on observe chez les jeunes chiennes et les jeunes chattes nouveau-nées, et chez la petite fille au moment de la naissmce, et qui dépasse dans une si grande pioportion (elui des follicules qui s'ouvrent pendant toute la durée de la vie, aux époques du rut et de la menstruation, chez les Mammières, est un vestige de l'état pnmi-

720 OVAIRE (vN.VTOJiiii).

tif de la prolifération ovulaire chez les invertébrés et les vertébrés inférieurs dont les produits sont exposés à de nombreuses causes de destruction. A mesure que les conditions de la vie deviennent meilleures et que les produits de la génération, mieux protégés, assurent la conservation et la propaoation de l'espèce avec un nombre de germes bien plus restreint, les ovules surnuméraires et inutiles s'atrophient et disparaissent.

Migration des ovaikes. Dons les premiers temps de leur apparition, chez l'embryon, les ovaires sont situés dans la cavité abdominale, à lu partie antérieure et interne du rein primitif, des deux côtés des vertèbres lombaires, leur grand axe parallèle à celui du corps. Ils reçoivent directement leurs artèies de l'aoïte et leiu's veines vont se jeter dans la veine cave, après un court trajet transversal ; ces vaisseaux se comportent à cette époque comme l'artère et la veine rénale chez l'adulte.

A mesure que le corps de Wolff s'atrophie, les ovaires changent de situation et de diiection; ils tendent à s'approcher de l'excavation pelvienne en même temps que leur grand axe, de vertical qu'il était, tend à devenir horizontal; de la région lombaire ils occupent successivement les régions lombo-iliaque, iliaque et pelvienne, par un mouvement de descente, qui s'effectue avec une extrême lenteur.

Vers la seizième semaine, l'ovaire, oblique de haut en bas et de dehors en dedans, est logé en partie, par son extiéniité inféiieure, dans la fosse iliaque correspondante, tandis que l'extréuiilé supérieure occupe encore la région lombaire.

Vers la vingtième semaine, l'ovaire à grand axe à peu près horizontal est presque tout entier dans la fosse iliaque. A huit ou neuf mois, la direction est tout à fiut horizontale, et la moitié externe seule est contenue dans la fosse iliaque, le reste est à l'entrée du petit bassin. Ce n'est que vers la dixième année, rarement à la naissance, que l'ovaire abandonne délînitivement la fosse iliaque pour se placer dans le petit bassin (Puech). L'ovaire gauche avance plus rapidement dans sa migration que l'ovaire droit (Puech). Cette migration peut pécher par défaut ou par excès, l'ovaire peut rester définitivement fixé dans la région lombaire [ectopie lombaire de Puech) ou être entraîné vers la région inguinale, s'engager dans le canal de A'uck et venir faire hernie dans la grande lèvre. Quels sont les agents qui déterminent ou qui favorisent la descente de l'ovaire? La migration de l'ovaire, sa descente de la région lombaire dans la cavité pelvienne, s'effectuent par le même mécanisme que celles du testicule.

L'identité originelle des glandes génitales des deux sexes, qui existe nonseulement pour la structure intime, mais pour les connexions étroites avec le corps de Wolff, son conduit et le canal de Miiller, se retrouve dans Je mode de déplacement qu'ils subissent sous l'influence des mêmes agents.

Le ligament inguinal du corps de Wolff, qui devient le ligament inguinal de la glande génitale , et porte chez le mâle le nom de gubernacuîum testis, présente chez la femelle où il semble décomposé en deux parties, l'une le ligament rond, l'autre le ligament utéro-ovarien, la même constitution que chez le mâle. En plaçant l'ovaire dans la position verticale, son grand axe parallèle à celui du rachis et l'extrémité qui donne attache au ligament utéro-ovarien en bas, position primitive de l'ovaire jusqu'à la seizième semaine, et qui, d'après les observations de His sur les cadavres congelés, persisterait encore chez la

OVAIRE (anatoîiie). 7'21

femme adulte, le ligament rond, croisant la trompe au niveau de sa terminaison à l'angle du corps utérin, se continue jusqu'à l'extrémité inférieure de l'ovaire par l'mtermédiaire du ligament ovarien. De même le guhernaculum testis s'étend de la région inguinale à l'extrémité inférieure du teslicule en croisant sur sa route les deux conduits de Woiff et de Mûller intimement accolés l'un à l'autre, auxquels il adlière intimement au point de croisement. Le ligament rond et le ligament ovarien, en continuité l'un avec l'autre par une grande partie de leurs fibres, comme cela est très-évident chez les femelles de mammifères à utérus bicorne, ne sont que les deux parties, en apparence seulement distinctes du ligament inguinal de la glande génitale, et homologues au guhernaculum testis {voy. fig. 15).

L'origine et la structure véritable du ligament rond pubien sont fort mal connues pour n'avoir été étudiées avec quelque détail que chez la femme, où précisément cet organe est très-complexe. 11 est très-évident cliez le plus grand nombre des Mammifères, insectivores, carnassiers, ruminants, rongeurs, que les faisceaux musculaires lisses du ligament rond ne traversent pas la paroi abdominale antérieure, qu'ils s'étalent au contraire à la face postérieure de cette paroi, à la région inguinale, en se fixant sur l'enveloppe celluleuse du muscle transverse, lien est de même pour le ligament rond lombaire (primitivement ligament diaphragmatique du corps de Wolff), qui tantôt s'attache an fascia transversa/t5 lombaire, tantôt au diaphragme, tantôt à une côte. Dans tous ces cas, on ne trouve pas, dans le ligament inguino-génital, autre chose que des libres lisses. Mais chez certaines espèces de Rongeurs et d'Insectivores {lapine, taupe) les faisceaux du muscle transverse sont comme attirés vers la cavité abdominale au niveau du point oîi ils fournissent insertion au ligament rond. Ils décrivent des anses convexes du côté de l'abdomen et forment un cône généralement court sur lequel s'étalent et se fixent les faisceaux de fibres lisses, éléments propres du ligament génital {voy. fig. 15, cr).

Chez la Femme, l'invagination des faisceaux striés des muscles abdominaux, au centre du ligament rond, atteint son plus haut degré de développement. Le muscles transverse et petit oblique conservent pendant toute la vie la disposition qu'ils présentent chez les fœtus humains et les mâles de rongeurs et d'insectivores, les faisceaux striés de ces muscles, qui chez les animaux où le testicule descend dans le scrotum constituent les anses du crémaster, projettent dans le centre du ligament rond des anses très-allongées qui dépassent la partie moyenne de ce ligament. Mais aucun de ces faisceaux striés n'est en continuité avec les faisceaux de fibres lisses qui appartiennent au muscle propre de l'appareil génital. Ceux-ci s'appliquent et se fixent par l'intermédiaire du tissu conjonctif interfasciculaire à cette espèce de corde que les muscles de l'abdomen envoient à leur rencontre. Les faisceaux musculaires lisses du ligament inguino-génital, lorsqu'il va croiser le canal de Muller {trompe ou corne utérine), s'irradient en plusieurs directions; les plus internes gagnent la ligne médiane, s'entre-croisent avec ceux du côté opposé en s'étalant sur la face antérieure de l'utérus, et un grand nombre d'entre eux va contribuer à former le ligament utéro-ovarien du côté opposé ; les faisceaux externes contribuent à la formation du ligament utéro-ovarien du côté auquel ils appartiennent. Par suite de la coalescence des deux conduits à leur partie inférieure, les appareils musculaires des deux côtés, au moins à leur état complet de développement, sont partiellement fusionnés, et chaque ligament inguino-génital s'attache à son estré- DICT. EXC. 2" s. XVIII. 40

722 OVAIRE (anatomie).

mité supérieure à la partie inférieure de chaque ovaire. La contraction tonique lente et soutenue du ligament musculaire inguino-génital suffit pour rendre compte de la migration de l'ovaire de la région lombaire rers la cavité pelvienne {voy. fig. 15).

Anatomie de l'ovaire de la femme. 1. Volume et poids. Les dini ensions des ovaires sont extrêmement variables. A part les différences individuelles, les modifications qu'entraînent certaines maladies, les ovaires subissent des variations de volume et de poids, physiologiques, étroitement liées à l'évolution de ces organes. Leur plus grand développement correspond au maximum d'activité fonctionnelle ; avant comme après la période sexuelle les dimensions s'abaissent au point d'arriver à des proportions semblables, de sorte qu'on pourrait construire une courbe également applicable à la fonction et à l'organe.

Les recherches de Puech ont complété, au moyen de chiffres consciencieusement pris sur un grand nombre de sujets, les quelques données qu'on possédait sur la question. Ainsi, d'après cet auteur, l'ovaire pèse à la naissance de 40 à 80 centigrammes, pendant l'enfance 2-5 grammes, à la puberté 4ef,o0 à 5»^25, et en moyenne l^',b pendant la période de fécondité ; dans l'extrême vieillesse il peut retomber à 75 centigrammes ou même à 50.

Quant aux trois diamètres de l'ovaire, après avoir subi une progression croissante, bien qu'inégale pour chacun d'eux, ils diminuent de même, après une période d'état plus ou moins longue. L'ovaire gauche reste toujours, comme dimensions, au-dessous de l'ovaire droit.

MOYENNES (d'après PUECh)

OVAIRE DROIT. OViIRE GAUCHE.

I Longueur 19,8 18,2

A la naissance. . . | Hauteur. . . . • . 6 »

( Épaisseur ... 2 à 3 »

I Longueur 26,7 îi

Enfance < Hauteur 9 8,4

{ Épaisseur 4,i 4,4

( LoDs:ueur 29,6 25

Puberté ] Hauteur 16 M

f Épaisseur 10 9,3

[ Longueur 36,5 55

État ' Hauteur 18 16,7

( Épaisseur 13,7 11,3

On voit par ce tableau que pendant l'enfance et la puberté les ovaires gagnent surtout en hauteur et en épaisseur. Après la ménopause l'ovaire diminue suivant ces deux dernières dimensions ; ce n'est que chez les femmes avancées en âge que la longueur est atteinte à son tour, de manière à descendre à 25 ou même à 10 millimètres.

Mais à part ces transformations lentes, qui demandent des années pour s'effectuer, l'ovaire est le théâtre de phénomènes particuliers tels que ceux qui accompagnent l'érection, la ponte et la grossesse, et qui se traduisent par une augmentation de volume plus ou moins transitoire. Ainsi il est établi que pendant les trois premiers mois de la grossesse l'ovaire qui contient le corps jaune est plus gros que celui du côté opposé et que cette différence peut atteindre -4 milhmètres pour l'épaisseur, 7 à 18 millimètres enhauteur, 1 à 1/2 centimètre pour le diamètre longitudinal ; il peut y avoir, eu poids, une différence de 5 grammes. Mais cette hypertrophie ne paraît être que de courte durée : malgré l'assertion

OVAIRE (anatomie). 725

de Cruveilhier, Puech croit qu'après l'accouchement les ovaires sont plutôt atrophiés. Pendant la menstruation le volume de l'ovaire qui a donné l'ovule est doublé, triplé, l'augmentation portant surtout sur l'épaisseur et la hauteur; après la menstruation, comme après la grossesse, l'ovaire revient aux dimensions qui caractérisent la période d'état.

On trouve chez certaines femmes, en dehors de la ponte et de la gravidité, des ovaires dont les dimensions considérables portent à admettre un état d'hypertrophie physiologique, lequel peut coïncider avec des anomalies de l'utérus ; d'autres fois l'ovaire est petit, atrophié [petitesse physiologique) Août en restant apte à remplir ses fonctions (Puech). Dans d'autres cas on a affaire à un ovaire embryonnaire dont la structure n'est qu'ébauchée. Enfin les ovaires peuvent manquer.

Bien qu'on ait cru absents des ovaires simplement ectopiés ou] arrêtés dans leur développement, il n'en reste pas moins avéré qu'il existe dans la science \ingt cas (Puech) d'absence unilatérale et quelques observations dans lesquelles les ovaires manquaient entièrement. Les complications les plus fréquentes de l'absence d'un seul ovaire sont l'absence de la trompe ou de la corne utérine correspondantes, du ligament large, du ligament rond ou même du rein du même côté. Lorsque les deux ovaires manquent, l'utérus, les trompes, les ligaments larges, le vagin, ia sphère moyenne ou conductrice, en un mot, peut manquer aussi, partiellement ou en totalité. Il est digne de remarque que les organes génitaux externes restent d'ordinaire normalement conformés.

Il n'existe pas de cas bien authentiques d'absence des deux ovaires à l'exclusion de toute autre anomalie ; elle coïncide par contre fréquemment avec diverses monstruosités {acéphalie, anencéphalie, ectromélie, symélie, etc.).

Forme. Aspect intérieur. Chez l'embryon (du troisième au cinquième mois) l'ovaire se présente sous forme de deux lames rectangulaires à angles arrondis superposés, l'une qui doit former la couche corticale recouvrant l'autre. Par suite del'accroissement simultané, mais inégal, des deux lames, l'ovaire s'élève bientôt €t s'isole des parties environnantes comme si la couche corticale s'était laissé soulever progressivement par la couche médullaire qui en avançant ainsi se trouve coiffée, entourée de tous côtés par la première, excepté au niveau de la ligne de pénétration de la racine du hile de l'organe. On pourrait retrouver ces lames chez l'adulte ; si l'on voulait considérer l'ovaire comme constitué par deux lames repliées dont les extrémités se rejoindraient au niveau du bord adhérent en formant les deux lèvres du hile, la lame interne représenterait la substance médullaire bien différente de la lame corticale non-seulement par sa structure, mais aussi par sa consistance moindre et sa coloration plus vive. Vers le sixième mois (Ki^ause), l'ovaire a l'aspect d'un corps prismatique et triangulaire, plus tard les arêtes s'effacent et l'ovaire arrondi se présente sous forme d'amande ou de fuseau, d'ovoïde ou d'ellipsoïde aplatis. Parfois la forme prismatique persiste chez l'adulte.

D'un blanc rosé chez l'enfant, l'ovaire devient rouge chez la femme nubile et pendant la période sexuelle, grisâtre ou jauucàtre après la ménopause, différences de coloration en rapport avec la richesse vasculaire de l'organe aux différents âges. L'aspect lisse et poli de l'ovaire chez la petite fille fait place après la puberté à une surface inégale et fendillée, bosselée, parcourue de sillons rappelant jusqu'à un certain point les circonvolutions cérébrales. Cet aspect tourmenté de la surface de l'organe reconnaît pour cause la proéminence d'un certain nombre de folli-

721 OVAIRE (anatomie).

cules de de Graaf et l'existence des cicatrices qui résultent de leur rupture. Oo trouve parfois à la surface de l'ovaire un orifice irrégulier, déchiré, entouré d'un plexus vasculaire fortement injecté, orifice conduisant dans la cavité d'un follicule de de Gi'aaf rempli d'un liquide rougeàtre, à parois plissées et épaissies, ou bien des taches blanches, bleues ou jaunes.

Ces bosselures et ces cicatrices généralement étoilées deviennent plus nombreuses avec l'âge. Après la ménopause elles sont tellement multipliées que l'ovaire prend un aspect particulier que Raciborski comparait à celai d'un noyau de pêche.

Cependant la surface de l'ovaire ne porte pas autant de cicatrices qu'il y a de déhiscences vésiculaires ; dans les deux premières années qui suivent l'établissement des règles, les cicatrices peuvent s'effacer, ce qui tiendrait, d'après Puech, à ce que plusieurs cicatrices se confondent ou bien à ce que les plus anciennes disparaissent avec le temps. D'autres fois les ovaires portent des dépressions et des encochures qu'il faudrait faire remonter à la vie fœtale (Puech), superficielles quand elles sont multiples, plus profondes quand elles sont peu nombreuses; quand l'entaille est unique, elle peut déterminer une scission, une véritable segmentation de l'organe ; on a alors trois ovaires. Puech croit que cette divisico de l'ovaire, plus fréquente à droite, est due à une distension anormale du gros intestin qui, pendant la vie embryonnaire, siège dans la fosse iliaque droite.

La consistance de l'ovaire est assez résistante ; on peut sentir de la fluctualion vraie quand on tombe sur un follicule distendu. Le poids spécifique de l'ovaire est en moyenne de 1 0515, celui de la substance propre de 1,0444 à 1,0448, en moyenne 1,0446 (W. Krause). Après la ménopause la consistance devient plus considérable; l'ovaire devient d'une dureté squirrheuse (Dugast), comme pierreuse. Ordonez a vu plusieurs fois chez les vieilles femmes de la Salpêtrière des follicules de de Graaf infiltrés de concrétions calcaires.

Situation. Rapports. L'ovaire, situé dans le petit bassin, est compris dans l'aileron postérieur [mésoarium). qui n'est qu'un repli de la lame postérieure du ligament large ; d'après Waldeyer, l'ovaire est libre dans la cavité péritonéale; sa surface n'est point recouverte par le péritoine, qui s'arrête brusquement au niveau du bile par une ligne un peu ondulée ou dentelée, mais toujours trèsnette. En deçà de cette ligne limite se trouve l'ovaire avec son aspect et sa structure de membrane muqueuse ; au delà le péritoine lisse et luisant. La séreuse ne s'arrête cependant pas au niveau du point précis où commence l'ovaire, elle recouvre une petite portion du bile ; cette portion sous-péritonéale du hile se trouve tantôt dépassée par le niveau du reste de l'ovaire, tantôt plus proéminente, de façon que la ligne de démarcation est rendue encore plus sensible par ces différences de niveau. On arrive à isoler très-facilement, au moyen de la dissection, le péritoine environnant, mais on est toujours arrêté au niveau de cette ligne marginale, non par une adhérence plus intime de la séreuse à l'albuginée, comme le croient les auteurs, mais bien par l'absence, par la fin du péritoine. Les résultats que donnent le grattage, la macération et d'autres manipulations variées, font voir que les deux surfaces se comportent d'une manière tout à fait différente, l'une à la manière des muqueuses et l'autre des séreuses. La lame péritonéale postérieure des ligaments larges présenterait donc une solution de continuité, une perforation, non-seulement au niveau du pavillon de la trompe {morsiis diaholi), mais aussi au niveau de l'ovaire. Quoi qu'il en soit l'aileron, postérieur, légèrement incliné en arrière, fait avec

OVAIRE (anatomie). 725

l'aileron moyen un angle aigu, ouvert en haut ; tous deux limitent une excavation qui porte le nom de poche péritonéale de l'ovaire.

L'ovaire est maintenu dans la situation qu'il occupe par des faisceaux musculaires, connus sous le nom de ligaments. Il est rattaché en dedans à l'utérus par le ligament ovarien, contenu dans le tiers interne de l'aileron postérieur [tensor ou adductor tuhce de Grohe), en dehors à la trompe par le ligament tubo-ovarien (G. Richard), ligament infundibulo-ovarien de Henle, qui se porte de l'extrémité externe de l'ovaire à l'orifice abdominal de la trompe. Luschka et Ebstein ont décrit à ce niveau un faisceau musculaire auquel ils ont AonnéXe nom à.' attrahens tubœ. Tous ces ligaments sont constitués par des dépendances du muscle ovarioiuhaire; leur fonction et leur nature musculaires avaient été indiquées par l'auteur de cet article en 1838, avant Grohe, Luschka et Ebstein (1865 et 1864). En arrière, le hile de l'ovaire reçoit des fibres du ligament rond postérieur ; celui-ci naît supérieurement du fascia sous-péritonéal, descend le long des vaisseaux ovariens; à son entrée dans les ligaments larges, ses fibres s'épanouissent pour se porter en dedans à la face postérieure de l'utérus, en dehors au pavillon de la trompe; les fibres moyennes se portent au hile, dans l'aileron postérieur et sur la trompe.

Sur le ligament tubo-ovarien est fixée par sa face péritonéale la frange ovarique creusée d'un sillon (Deville), qui va s'attacher à l'ovaire. Dans certains cas, l'extrémité de cette frange n'atteint pas l'ovaire ; la portion libre du ligament tubo-ovarien prend alors un aspect muqueux, se creuse d'un sillon et s'entoure de franges tubo-ovariennes (G. Richard). 11 est tout à fait exceptionnel qu'un pont de péritoine sépare l'ovaire de sa frange. Cette languette péritonéale n'excède pas en largeur 0,5 à 1 millimètre (Waldeyer).

L'ovaire est donc étroitement uni à la trompe d'une part (fibres du ligament rond postérieur, fibres du ligament ovarien), h la matrice {ligament ovarien); il est enchâssé dans ce réseau des fibres musculaires lisses qui, partant de l'utérus, vont se rendre sur les côtés aux parois iliaques, s'insèrent en arrière au sacrum et à la région lombaire par l'intermédiaire des ligaments utéro-sacrés et du ligamend rond supérieur, en avant au pubis par le ligament rond antérieur, Y appareil musculaire ovario-tuhaire.

Mais ces points d'insertion fixe sont éloignés, et les ligaments larges subissent, quand ils ne sont pas tendus par la contraction, des changements de situation dus presque tous à des déplacements physiologiques de l'utérus. C'est ainsi que les ovaires se trouvent falatement entraînés, lorsque l'utérus, notamment en antéversion, se redresse pendant l'érection, ou que, refoulé par une vessie trop pleine, il vient s'appliquer contre le rectum ; ils remontent du petit bassin à l'hypogastre, à l'ombilic, aux lombes, avec l'utérus gravide, pour descendre ensuite après l'accouchement dans les fosses iliaques, puis de nouveau dans l'excavation pelvienne. Il est probable que dans l'eftort, surtout lorsque les ligaments présentent un certain degré de laxité, les ovaires pressés par la masse intestinale subissent un changement de situation qui tend à les rapprocher de la paroi inférieure du petit bassin.

Quant aux rapports immédiats, on peut dire que la portion libre de l'ovaire est entourée par l'intestin grêle de tous côtés ; la face antéro-supérieure est en rapport avec l'aileron moyen, la trompe et des circonvolutions intestinales. Les rapports de l'ovaire et de la trompe varient selon l'état de repos ou d'activité fonctionnelle de l'ovaire, de contraction ou de relâchement des fibres du mésoarium et du

726 OVAIRE (pathoiogie).

mésométrium. Le bord convexe, libre, la face postéro-inférieure, répondent également à des circonvolutions. Le bord rectiligne adhérent est en rapport avec les vaisseaux et les fibres musculaires qu'il reçoit. Médiatement, l'ovaire répond en avant à la paroi antérieure de l'excavation pelvienne et, par suite de l'orientation asymétrique (Krause) de l'utérus, l'ovaire droit se trouve sur un plan un peu postérieur à celui du côté gauche, en avant et en haut, à la paroi abdominale, à travers laquelle on peut le comprimer, sur le milieu d'une ligne qui s'étendrait de l'épine iliaque antérieure et supérieure à la symphyse pubienne. En arrière l'ovaire est séparé de l'articulation sacro-iliaque par un espace d'environ 2 centimètres. Krause décrit à ce niveau une fossette ovarique située à 1 centimètre audessous du détroit supérieur, et limitée en bas par le bord supérieur du muscle pyramidal, en haut par les branches postérieures des vaisseaux hypogastriques ou des vaisseaux fessiers, qui la séparent du bord interne du psoas. Claudius, qui décrit la même fossette avec moins de précision, a l'air de croire que l'ovaire y est constamment logé; la face antérieure de l'ovaire est, dit-il, complètement recouverte par l'aileron moyen, de manière que les intestins ne touchent l'ovaire de nulle part.

Il nous reste une dernière question à examiner, celle de la direction. Les travaux récents entrepris sur ce sujet en Allemagne tendent à modifier les idées reçues, sans leur substituer toutefois aucune donnée positive. Pour liasse, la direction générale de l'ovaire serait oblique d'arrière en avant et de dedans en dehors» formant avec l'axe transversal de l'utérus un angle ouvert en avant ; les ovaires sont situés sur un plan incliné formé par les ligaments larges et dirigé obliquement de la paroi latérale du bassin en arrière et en bas. B. Schuitze reproche à Hasse de ne s'être servi dans ses recherches que de cadavres, et soutient que chez le vivant l'ovaire est dirigé d'avant en arrière le long de la paroi latérale du bassin, l'extrémité utérine en'avant; il peut arriver tout au plus que les extrémités utérines convergent. Les grands axes prolongés des ovaires se rencontreraient donc en avant de l'utérus pour Schuitze, en arrière pour Hasse. His enfin, reprenant ses recherches sm* des sujets congelés, assigne à l'ovaire une direction antéro-postérieure, pour les faces et le petit diamètre (du bile au bord convexe) seuls, le diamètre longitudinal serait vertical. L'ovaire a donc pour cet auteur une extrémité supérieure embrassée par la trompe et une extrémité inférieure à laquelle s'attache le ligament ovarien, situation qui ne serait autre chose que la persistance de celle que présente l'ovaire, dès les premières phases de son développement cbsz l'embryon. Gh. Rocget.

g III. Pathologie). Gé.néralités. Les maladies de l'ovaire n'ont pas été jusqu'ici, chez nous du moins, l'objet d'une monographie d'ensemble. Et cependant, sans aller jusqu'à dire de l'ovaire ce qu'on a dit, avec non moins d'exagération, de l'utérus — c'est-à-dire que la femme n'est femme qu'à cause de la présence de cet organe — il faut convenir qu'il joue dans l'existence normale et pathologique de la femme un rôle prépondérant. — Ce n'est que dans les traités généraux de pathologie ou dans les traités spéciaux de gynécologie qu'ont été réunies nos connaissances sur ce point. Quelques-unes de ces maladies ont fait le sujet de travaux monographiques sérieux , mais ce n'est guère que dans ces derniers temps que ces travaux ont vu le jour.

Depuis Âslruc, qui semble avoir été le premier (1776) à s'occuper de ce sujet, l'ovaire n'avait pas été sans appeler l'attention des cliniciens; mais c'est

OVAIRE (pathologie). 727

seulement depuis que l'embryoge'nie et la physiologie ont analysé minutieusement cet organe que l'on sait qu'il peut être malade et comment il le devient. Les travaux de Négrier, de Pouchet, de Gendrin, de Coste, de Bischoff, ont peu à peu éclairé cette histoire, et établi l'importance pathologique en même temps que limportance physiologique de l'ovaire.

11 est dans cette étude un point qui importe plus spécialement à la pathologie : c'est celui qui concerne les rapports de la menstruation avec la ponte ovarienne. Tranchée jadis au profit de l'utérus, la question le fut ensuite au profit de l'ovaire, c'est-à-dire que, après avoir attribué à la menstruation le rôle principal, on crut pouvoir l'attribuer à l'ovulation, alors que les travaux de Négrier, de Pouchet, de Coste, etc., eurent établi l'importance primordiale de cet acte physiologique. Toutefois des faits récents observés par MM. Terrier et Malassez, Terrier et Pozzi, par Goodmann et par Storer, ont suffisammont établi que^ l'ovaire enlevé, les règles peuvent persister. Beigel regarde même la menstruation comme une impulsion sexuelle périodique, et comme un signe de la turgescence génitale qui doit favoriser le développement de l'ovule. Bailly, Duncan, ont constaté la persistance des règles après castration double. Goodell a relevé 152 cas d'ovariotomie double, et sur 15 de ces cas la persistance des règles. Sur 27 cas d'ovariotomie, Goodmann a vu 10 fois les règles se reproduire. A côté de ces cas, de Sinéty en cite d'autres, d'où il résulterait que l'ovulation peut se produire sans être nécessairement accompagnée de menstruation. Il cite à l'appui une malade du service de M. Siredey, chez laquelle le fait put être bien constaté. Allant plus loin encore eu ce sens, Jackson admet que l'ovulation a lieu à tout âge. Scanzoni et Meyerhoier pensent que la grossesse ne l'iiiterrompt pas.

De ces diverses observations on peut conclure avec Beigel, Barbier, de Sinéty, etc., à l'indépendance des deux fonctions, indépendance déjà présumée par Aran.

Quoi qu'il en soit de ces interprétations, elles rendent un compte assez exact des fluctuations qu'à subies l'histoire des fonctions ovariennes et par suite celle des maladies de l'ovaire.

Il est une opération qui n'a pas peu contribué à éclairer encore la pathologie de cet organe, puisqu'on l'a comparée justement à une sorte de vivisection : c'est l'ovariotomie. Je n'y insiste pas, n'ayant pas à traiter cette question. Mais on comprend facilement quels matériaux solides elle a dû apporter à la pathologie de l'ovaire, surtout pour ce qui regarde les tumeurs de cet organe et en particulier les kystes qui s'y rencontrent si fréquemment.

Ce qui par contre a nui beaucoup à cette étude, c'est la difticulté d'établir la séméiologie des maladies de l'ovaire : elles ont peu de symptômes, dit Martin Selon, Le fait est qu'elles ont été souvent confondues avec les autres affections du pelvis et même avec des affections plus générales, telles que l'hystérie et les grandes né\Toses. Et l'on peut dire encore aujourd'hui qu'il est toujours délicat de déterminer la part qui leur revient dans ces divers états morbides. M. Chéreau observe avec raison que les troubles fonctionnels et les produits spéciaux des maladies de l'ovaire échappent à l'observateur presque aussi facilement les uns que les autres.

Situé profondément dans le bassin, l'ovaire, dans ses conditions ordinaires, échappe presque complètement à la palpatiou abdominale et il n'est guère mieux atteint par le toucher vaginal. Un mode d'exploration récemment décou-

728 OVAIRE (pathologie).

vert permet de recueillir des signes bien autrement précis : c'est le toucher rectal. Proposé par Lœwenhardt, vulgarisé par Lisfranc et Aran, ce mode d'exploration permet en effet Je plus souvent d'explorer l'ovaire, son volume, sa forme, sa consistance, sa mobilité, sa sensibilité, enfin ses rapports avec les organes du voisinage. Simon a même été jusqu'à conseiller d'explorer l'ovaire, non plus avec le doigt seulement, mais avec la main tout entière introduite dans le rectum. C'est un procédé qui n'est guère pratiqué chez nous que dans les cas exceptionnels où l'incertitude persiste après qu'on a recueilli tous les autres signes, et où il importe cependant d'être fixé pour déterminer une indication. Cette exploration, qui n'est jamais sans inconvénients, n'est pas non plus toujours sans dangers.

Enfin ces divers modes d'exploration peuvent être employés isolément ou ensemble et donner ainsi des renseignements multiples. Soit qu'on pratique à la fois les deux touchers, ce qui est peu aisé, mais souvent utile, soit que l'on combine le palper et le toucher vaginal, ce qui est peu efficace, soit que l'on combine le palper et le toucher rectal, ce qui peut souvent servir, l'exploration est dite alors bimanuelle.

La percussion peut aussi donner des renseignements utiles sur le siège et le volume de l'ovaire malade, bien qu'elle soit à peu près sans utilité pour explorer l'ovaire sain. C'est à la région iliaque, vers le bas-ventre, qu'il faut le chercher.

Un homme dont le nom fait autorité en séméiologie, Baccelli, a conseillé tout récemment d'apprécier le volume de l'ovaire en percutant la fosse iliaque externe, au-dessus et en arrière de la cavité cotyloïde, la malade étant préalablement mise dans l'altitude fléchie et inclinée eu avant. J'avoue n'avoir retiré de ce mode d'exploration que des résultats à peu près négatifs.

Enfin, si la pathologie de l'ovaire a gagné en précision par la connaissance plus exacte que nous avons du siège de cette glande, et des éléments anatomiques qui la composent, elle s'est enrichie encore de données nouvelles quant aux rapports qui existent entre les troubles ovariques et ceux de la nutrition générale, et plus particulièrement encore quant aux rapports qui existent entre les troubles ovariques et les perturbations plus ou moins étendues et plus ou moins profondes du système nerveux.

Il est nombre de femmes pour lesquelles le travail d'ovulation le plus simple est toujours, pour le système nerveux, l'occasion d'un état d'imminence morbide, sinon d'une maladie proprement dite. Or, dans toutes les altérations de l'ovaire où cet organe est excité dans sa nutrition, le retentissement sympathique sur le système nerveux est bien plus considérable encore et les névroses diverses peuvent se grouper autour de cette symptomatologie. C'est là une observation qui n'a pas échappé à l'ancienne médecine, et dont on sait mieux aujourd'hui la portée, sans toutefois en saisir beaucoup plus nettement le mécanisme.

On a dit encore que les inflammations pelvieimes étaient le plus souvent la cause des altérations de l'ovaire, lesquelles ne seraient, selon cette manière de voir, que des lésions secondaires n'ayant qu'une importance plus ou moins restreinte. L'opinion inverse a fait aussi son chemin, et Tilt a pu récemment soutenir devant la Société obstétricale de Londres, comme une règle générale de la gynécologie, que toute maladie pelvienne se rattache plus ou moins à un trouble de l'ovulation, et que l'ovarite est la cause principale de la pelvi-péritonite. C'était déjà du reste l'opinion de Martin Solon. On en peut dire autant des rapports de l'ovarite et de la métrite, qui ont été jugés en sens divers,

mais qu'il serait au moins imprudent de formuler dans le sens exclusif d'une action de l'utérus sur l'ovaire.

En un mot, la pathologie de l'ovaire mieux éclairée par la physiologie, mieux connue quant à sa séméiotique et à ses lésions, a pris, depuis trente ans, une importance qu'on ne peut méconnaître et à laquelle les travaux anglais ont contribué plus peut-être que ceux de toute autre nation. C'est ce dont nos tableaux bibliographiques permettent de se rendre compte.

Nous passerons successivement en revue dans cette étude :

i° Les anomalies (absence d'ovaires et ovaires surnuméraires), l'atrophie et les adhérences de l'ovaire;

2° Les déplacements et les hernies de l'ovaire;

3" L'apoplexie de l'ovaire;

4° La névralgie de l'ovaire;

5" les ovarites avec les abcès de l'ovaire;

6" Les tumeurs, et d'abord les tumeurs solides, simples ou malignes, et les tubercules ;

7° EnOn les kystes.

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I. Anomalies (abse.nce d'ovaire et ovaire sdrn'cméraire), atrophies et ADHÉRENCES DE l'ovaire. Les faits dans lesquels les deux ovaires manquent à la fois sont rares, et ont pu même être mis en doute. Ce doute n'est plus possible évidemment, quand l'appareil sexuel fait défaut dans son entier (Barnes). L'absence d'un seul ovaire est au contraire un fait qui n'est pas bien rare. Sans rappeler les faits rapportés par Hunter, Frank (de Frankenau),par Morgagni.par Murât, par Pears et par Jadelot d'après Gardien, nous aurions à citer aujourd'hui, outre nos principaux gynécologistes, l'étude de M. Puech sur les anomalies de l'ovaire.

Renauldin a présenté à l'Académie de médecine les parties génitales d'une femme qui manquait d'utérus et chez laquelle on trouvait à peine quelques traces des ovaires (Thaere). Vidal de Cassis a présenté en 1830 à la Société anatomique un cas dans lequel l'ovaire et la trompe du côté gauche faisaient défaut ; le rein correspondant était seulement déplacé. Chaussier rapporte un autre cas dans lequel l'absence d'un ovaire fut aussi constatée, en même temps que l'abaissement du rein. Enfin Tlmdichum, dans un mémoire sur les maladies de l'ovaire, a résumé 21 de ces cas divers. A en croire l'observation de Squarcy, le fait serait indéniable, car il a consigné dans une note 5 cas d'absence d'utérus et d'ovaires chez trois sœurs, ce qui impliquerait qu'une sorte d'influence héréditaire a pu agir pour déterminer une semblable anomalie.

L'absence d'un ovaire et de la trompe qui y correspond, ainsi que la disposition atrophique de la matrice du même côté, rappellent, selon M. Chéreau, l'organisation de certaines tribus animales, celle des oiseaux et des mollusques.

Les anomalies de l'ovaire sont le plus souvent simples. Cependant Morgagni, Murât, Pears, Cripps, ont rapporté des exemples d'anomalie double, ou d'absence des deux ovaires. W'est fait remarquer combien ces faits sont rares et M. de Sinéty n'hésite pas à les révoquer en doute.

Ces anomalies peuvent être rattachées en général à un défaut de développement. Il est rare en effet qu'elles se produisent seules; quand un ovaire manque, la trompe correspondante manque aussi, ou n'est représentée que par un cordon plein. Les anomalies de l'ovaire accompagnent généralement les anomalies de l'utérus ; que ces dernières soient primitives ou secondaires, le fait est que quand l'utérus est rudimentaire on trouve les ovaires fort peu développés ; et même, dans les cas oii l'une des cornes seulement de la matrice est imparfaitement développée ou fait défaut, l'ovaire correspondant est plus ou moins atrophié, ou tout au moins imparfaitement développé (Hirtz), ce que Puech désigne sous le nom d'état rudimentaire de l'ovaire.

752 OVAIRE (pathologie).

Ce qui arrive plus souvent encore, c'est que l'ovaire, qui prend naissance sur les parties latérales de la re'gion lombaire, aux dépens du corps de Wolf, peut subir des arrêts dans la migration par laquelle il doit se rendre à la place qui lui est propre, dans le pelvis, à son entier développement. De là différents cas d'ectopie de l'otaire nettement indiqués par Puech, selon que cet organe reste à sa situation première, à la région lombaire, ou bien s'arrête avant d'atteindre le bassin, ou encore dévie de la route normale et vient se placer à l'aine (ectopie inguinale), ainsi que Pott en a observe un cas qu'il rapporte {voy. IIermes de l'ovaire).

Ces déplacements ne portent pas seulement sur l'ovaire, et l'on a vu parfois le rein du même côté accompagner l'ovaire dans ces migrations. On a vu le rein du côté correspondant être déplacé, ou même manquer, en même temps que la trompe et l'ovaire du côté gauche ; une telle anomalie a été communiquée à la Société anatomiqueparExchaquet. D'autres ont été rapportées parChaussier, etc., mais on a toujours observé que les capsules surrénales restent indépendantes de ces anomalies.

Dans le cas de Cbaussier la matrice ne présentait que l'une de ses moitiés et il n'y avait qu'un ovaire et qu'une trompe du côté correspondant; néanmoins la femme qui présentait cette anomalie avait eu plusieurs grossesses qu'elle avait amenées à terme.

Dans un cas observé par Poupart chez une enfant de sept ans, tous les viscères existaient normalement à droite, mais à gauche on trouvait, en même temps qu'un ovaire petit et probablemejit infécond, absence de rein et d'uretère, absence d'artère et de veine rénales, absence d'artère et de veine spermatiques.

Entin les ovaires peuvent exister dans des cas où l'utérus fait totalement défaut, ainsi qu'en témoigne entre autres une observation deRyland. Et même, dans un cas de Boyd. les ovaires existaient chez une femme qui n'avait ni le vagin, ni l'utérus, ni les trompes, et chez laquelle le rein droit était descendu dans la fosse iliaque et le rein gauche dans le bassin.

Dans un cas récemment présenté à la Société anatomique par Gaucher, avec un vagin peu développé l'imperforation de l'utérus et l'absence de toute cavité de l'utérus et des oviductes, les ovaires étaient normaux et couverts de cicatrices menstruelles. La femme à laquelle ces pièces appartenaient, morte à quarante-quatre ans, n'avait jamais été réglée, mais avait accusé avec des troubles hystériques forts nets une lascivité d'autant plus pénible qu'elle était contrariée par une véritable dyspareunie, le rapprochement lui ayant toujours été pénible et même douloureux.

Eppinger affirme aussi l'indépendance qu'il y a entre le développement de l'utérus et celui de l'ovaire, c'est-cà-dire qu'avec des ovaires rudimentaires on peut observer un utérus rudimentaire ou normal, ou l'absence complète d'utérus. Et selon le même auteur il faut encore savoir que le développement des ovules n'est nullement en rapport avec le volume de l'ovaire et que l'atrophie peut atteindre ces éléments essentiels de la glande, sans que la glande elle-même semble être altérée dans sa configuration. Dans un cas qu'il a exploré chez une fille de vingt-deux ans, soumise au chloroforme, Rheinstaedter a cru pouvoir constater l'absence des ovaires et la rapporter à l'arrêt de développement des cordons de Mûller. Lauth a vu des rudiments d'ovaire chez une femme qui n'avait de l'utérus que le col auquel se rendaient les deux trompes.

OVAIRE (pathologie). 733

Enfin l'ovaire peut manquer à la suite de l'ablalion qu'on en fait cliirurgicaleinent. Pott crut devoir la pratiquer dans un cas de hernie que je rapporte. On a même pensé pouvoir faire cette opération pour de simples douleurs névralgiques de l'ovaire. Aujourd'hui que l'ovariotomie est presque devenue banale, on ne saurait cependant approuver une telle façon d'agir, et tous les auteurs modernes sont d'accord pour la blâmer au nom de la déontologie médicale, tant qu'on n'a pas bien éprouvé que le traitement médical demeure inutile et que, sans cette opération, il y a danger de mort pour la malade.

Il faut encore ranger au nombre de ces anomahes, les cas d'ovaires surmcmévaires, ce sont ceux dans lesquels on rencontre, dans le voisinage de l'ovaire, adhérents encore à cet organe par un pédicule plus ou moins délié, de petits corps ayant identiquement la constitution des éléments essentiels ou folliculaires de l'ovaire. Beigel les considère comme fréquents et les aurait observés 25 fois sur 500 autopsies (?), notamment sur le bord péritonéal de l'ovaire. Kœberléles signale à son tour. Puech et Thudichum en ont relevé des exemples. ^Vinckler rapporte même l'histoire d'une opération d'ovariotomie triple, laquelle a été nécessitée par un ovaire surnuméraire.

Hirtz rapporte, pour l'avoir observé, un cas oii il existait à l'extrémité interne de l'ovaire droit un petit organe annexe dont la structure constatée micrographiquement révélait nettement qu'il appartenait à l'ovaire. On y retrouvait en effet et les ovules et les follicules de de Graaf. Ce n'est là, le plus souvent, qu'une curiosité anatomique, qui n'aurait d'importance que si l'on pouvait établir que cette conformation joue quelque rôle dans l'éliologie des kystes ou des grossesses extra-utérines.

Winckler a rapporté récemment un cas d'ovaire surnuméraire qui n'est guère coutestable. 11 s'agit d'une femme de trenle-neut ans, chez laquelle l'ovariotomie fit reconnaître un ovaire droit hypertrophié et kystique, un ovaire gauche hj-pertrophié et accolé à la tumeur, et au-dessous d'elle un troisième ovaire, en tout analogue à l'ovaire gauche, et dans lequel l'examen microscopique fait par Birch-Hirschfeld fit reconnaître tous les éléments de l'ovaire.

Enfin M. de Sinéty, qui a fait une étude particulière de ces faits, en a présenté uu exemple à la Société de biologie, dans lequel existait, annexée à l'ovaire droit d'une hystérique, entre l'ovaire et la trompe, une tumeur ayant la constitution anatomique d'un ovaire de fœtus. Le même auteur fait remarquer que, s'il y a des cas où ces tumeurs sont bien des ovaires réels constitués par des ovisacs et renfermant des ovules, il en est aussi dans lesquels les petites tumeurs annexes ne sont autre chose que de petits fibromes de l'ovaire.

Les signes qui peuvent faire supposer l'absence de l'ovaire sont aussi ceux qui appartiennent aux graves défauts de développement de cet organe ; ce sont les mêmes qui accompagnent l'atrophie de l'ovaire, et qui succèdent à son extirpation. C'est en première ligne l'absence des règles. Le fluxus ovarique étant le point de départ du travail menstruel, celui-ci doit faire défaut quand l'ovaire vient à manquer; et c'est ce qui arrive en effet. Cependant il ne serait pas sans exemple que le contraire eut été observé. Storer cite à l'appui de cette exception des cas où, après l'extirpation des ovaires, la menstruation continua quelque temps d'avoir lieu. Ceci, il est vrai, peut s'expliquer par l'habitude qu avait prise l'utérus de se congestionner mensuellement, la congestion périodique pouvant à la rigueur se reproduire par une sorte d'habitude fonctionnelle, alors même que l'ovaire n'est plus là pour la provoquer.

734 OVAIRE (pathologie).

Chez une femme opérée d'une double ovariotomie, M. Terrier constatait encore quatre ans après l'opération la persistance des règles normales. Et cependant les pièces anatomiquGS avaient été examinées par MM. Malassez et de Sinétv, ce qui ne peut laisser de doute sur la réalité de l'extraction de l'ovaire. Sur 27 observations d'ovariotomie double rapportées par Goodmann, on en compte 10 dans lesquelles la menstruation persista après l'opération.

Aran avait toujours persisté à croire à l'indépendance des deux fonctions de menstruation et d'ovulation et Beigel en Allemagne est revenu récemment 'à cette interprétation des faits. Comme confirmation plus significative encore de cette indépendance, on doit noter que Barker a constaté des grossesses trois ou quatre ans après la cessation des règles, ainsi que cola est rapporté dans la thèse récente de M. Barié.

Que l'ovulation continue, même pendant la grossesse, comme le veulent Scanzoni et Mayerhofer, qu'elle ait lieu à n'importe quel âge de la femme, aussi bien avant la puberté qu'après la ménopause, comme le veut Reeves Jackson, ceci devient douteux; mais ce qui est certain, ce que l'on peut dire avec M. de Sinéty, c'est que l'ovulation et le flux menstruel sont deux phénomènes ordinairement connexes, bien que non liés nécessairement l'un à l'autre.

Dans un récent Congrès de l'Association britannique (1875) Mathews Duncan, traitant de la pathologie de l'ovaire, constate que cet organe a été dépossédé de l'importance qu'on lui attribuait autrefois, comme centre des fonctions sexuelles. On reconnaît encore que son rôle est plus restreint qu'on ne l'avait cru d'abord, à ce que cet organe n'est pas nécessaire à l'accomplissement de la menstruation, ni même à la persistance de l'appétit sexuel. Le fait est surtout établi depuis que Goltz et Frensberg ont pu préciser que le centre des fonctions sexuelles se trouvait à l'épine lombaire dans le renflement de la moelle.

Une femme privée de ses ovaires perd-elle plus ou moins les attributs de son sexe? — Oui, selon Scanzoni et selon la plupart des auteurs. La femme ainsi mutilée verrait ses seins s'affaisser et s'atrophier, ses désirs vénériens s'évanouir, en même temps que sa voix deviendrait plus grave et plus dure. Churchill insiste sur ces caractères qui n'ont peut-être pas toute la valeur qu'il leur attribue. D'autre part la conservation des apparences féminines et des désirs sexuels n'a peut-être pas non plus une valeur absolue, l'habitude acquise pouvant ici faire plus encore que pour l'évolution menstruelle, laquelle, nous venons de le voir, peut persister en l'absence de l'ovulation.

Cramer rapporte le fait d'une femme de trente ans chez laquelle, malgré l'absence de l'utérus, les organes externes étaient normaux et les désirs vénériens bien notés. Dupuytren avait rapporté un cas analogue. 11 est remarquable encore que chez cette femme l'effort menstruel se manifestait sous forme d'épistaxis, d'hémoptysies, et de plusieurs autres congestions localisées. Dans le cas de Cripps, chez une jeune femme de dix-huit ans qui portait un utérus petit et pas d'ovaire, il n'y eut ni règles ni apparition d'aucun des signes de la puberté. Dans le cas de Lauth, oii l'utérus était réduit au col avec des ovaires rudimentaires, la femme semblait privée des principaux attributs morphologiques de son sexe.

Roubaux regardait comme nulle l'action des ovaires sur les appétits sexuels; M. de Sinétv, qui le cite, semble partager son avis, et conclut' qu'il n'y a que peu ou pas de signes objectifs ou fonctionnels de l'absence des ovaires. La stérilité est sans doute fatale quand les deux ovaires manquent à la fois,

OVAIRE (pathologie). 735

mais elle n'a qu'une valeur bien minime pour faire supposer une semblable infirmité.

Atrophie de Vovaire. Le volume normal de l'ovaire étant celui d'un œuf de pigeon, son poids chez la femme de vingt à trente-cinq ans peut varier de 6 à 8 grammes, d'après les observations de Cliéreau, qui ont porté sur 22 ovaires. Au-dessous de ces limites, on dit qu'il y a atrophie de Vovaire. Or, l'atrophie porte avant tout sur l'élément spécial de la glande, c'est-à-dire sur ses follicules, qui diminuent de volume et de nombre, s'anémient et disparaissent peu à peu, tandis que Félément fibreux du stroma envahit leur place. Telle est l'atrophie cellulo-fibreuse d'Andral. Puis bientôt ce tissu se rétracte à son tour, se condense et trace à la surface de l'organe des sillons plus ou moins profonds. Parfois l'atrophie, plus celluleuse que fibreuse, transforme l'ovaire en une petite masse, qui disparaît graduellement en se confondant avec le tissu cellulaire des hgaments larges. L'élément vasculaire, si important dans la constitution de l'ovaire normal, disparaît de même que les ovisacs et les follicules. Ainsi que le dit Hirtz, l'ovaire atrophié se réduit de plus en plus à l'élément fibreux, lequel se condense ensuite à son tour jusqu'à mériter le nom de dégénérescence sclcreuse, ou, comme on l'a dit encore, de cirrhose de l'ovaire.

Cruvedhier fait observer que l'atrophie de l'ovaire peut affecter des formes diverses, selon que l'organe est réduit dans toutes ses dimensions, de façon cà ne plus représenter qu'une petite masse sphéroidale, ou bien encore selon qu'il s'aplatit et s'allonge en une sorte de cordon plus ou moins épais, ou enfin selon qu'il se transforme en une série de petits kystes amoncelés.

L'atrophie de l'ovaire peut résulter d'un arrêt de développement (West), mais ce cas, le plus rare d'ailleurs, est contestable. Par contre, un certain degré d'atrophie de l'ovaire est le résultat naturel de l'évolution de l'âge. Après la ménopause et pendant la vieillesse, la trace des follicules disparaît de plus en plus dans la constitution de l'ovaire, qui s'aplatit, se rapetisse et se réduit peu à peu à son stroma ou même à son écorce.

Un épuisement maladif, quelle qu'en soit la cause, peut produire le même effet (Barnes).

L'ovariteest peut-être la cause la plus fréquente de l'atrophie ovarique. Celleci peut résulter de l'ovarile aiguë ; elle est d'ailleurs une conséquence naturelle de l'ovarite chronique {voy. ce mot). Les abcès de l'ovaire à titre de tumeur et de tumeur inflammatoire agissent par compression et par irritation pour amener l'atrophie. Toutes les autres maladies de l'ovaire peuvent agir ainsi; les tumeurs kystiques surtout (Cruveilhier) ; toutefois les tumeurs agissent surtout jiar la compression mécanique qu'elles exercent sur les éléments spéciaux de la glande et sur leurs vaisseaux. L'ovarite qui succède à des dysménorrhées répétées serait, selon Barnes, des plus aptes à se terminer par l'atrophie de l'ovaire. Les adhérences de l'ovaire peuvent amener le même résultat.

Les maladies de voisinage telles que les pelvi-péritonites et les hématocèles produisent aussi l'atrophie de l'ovaire, soit par irritation de voisinage, persistante ou répétée, soit par compression. La grossesse ovarienne produirait aussi l'atrophie de l'ovaire, ainsi qu'en témoigne le cas de Dyce d'Aberdeen, cité

par Barnes.

Cleland a rapporté récemment le cas d'une femme chez laquelle l'atrophie des ovaires, liée probablement à la dilatation des veines ovariques, devait être attribuée, selon lui, à l'usage de vêtements trop serrés.

736 OVAIRE (pathologie).

Rokitansky a montre que l'atrophie de l'ovaire est une des conséquences qui peuvent résulter de la séparation de l'ovaire et des liens qui en l'unissant à l'utérus lui amènent les vaisseaux nourriciers. Cette séparation, qui a pu se produire par compression, par tiraillement ou par torsion du pédicule de l'ovaire, peut entraîner l'adhérence de l'ovaire, sa dégénérescence et plus souvent encore son atrophie. Une obstruction siégeant sur un point quelconque de l'appareil utérin peut amener, au dire de Barnes, l'atrophie des ovaires et la cessation des phénomènes menstruels (p. 191).

Les auteurs du Compendium insistent sur les rapports qui unissent entre elles certaines lésions utérines et l'atrophie de l'ovaire. Elle pourrait résulter, entre autres choses, du rétrécissement du col utérin, soit directement, soit indirectement, par l'intermédiaire de la dysménorrhée et de l'ovarite.

Rokitansky insiste sur un autre mécanisme d'atrophie qui serait due au tiraillement du ligament ovarien chez l'enfant ou chez le fœtus, par le fait d'adliérences accidentelles. Parfois même, -selon lui, une partie de la trompe entraînée avec l'ovaire par ce tiraillement s'atrophierait avec lui. La torsion des ligaments larges peut encore amener l'atrophie de l'ovaire correspondant.

Enfin Bi>:choff signale une sorte d'ovulation incomplète, dans laquelle la coque ovarienne trop résistante empê.he la rupture de l'ovisac et garde l'ovule enfermé dans une vésicule qui, ne s'étant pas rompue, reste volumineuse et comprime celles qui l'avoisinent. D'où une nouvelle cause d'atrophie.

Notons encore certains cas d'atrophie cités par Barnes, cas que l'on observe en dehors des causes précédemment indiquées, en pleine période génitale, et qu'on ne peut attribuer qu'à une sorte d'épuisement maladif de l'ovaire.

Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'état des ovaires pendant la grossesse; tandis que Churchill leur attribue un certain degré de congestion, Gallard les représente comme anémiés et atrophiés.

Peut-être n'y a-t-il là qu'une distinction à établir entre le début et la fin de la grossesse, la congestion appartenant au commencement et l'atrophie à la période ultime de cet état ?

On ne peut guère reconnaître à quelque signe l'atrophie de l'ovaire ; tout au plus peut-on la soupçonner, encore faut-il pour cela qu'elle soit double. On pourra présumer cependant qu'elle existe, quand, à la suite d'une de ces conditions que nous venons de passer en revue, on observera les signes que j'ai dit appartenir à l'absence de l'ovaire, c'est-à-dire, la stérilité, l'affaissement des seins, l'aménorrhée et la disparition des appétences vénériennes.

J'ai déjà dit comment, dans de récents travaux, les appétits vénériens et le molimen menstruel ont été rattachés à l'utérus et non à l'ovaire, et comment le tvpe féminin se l'etrouverait compatible avec l'atrophie congénitale des deux glandes. De Sinéty rapporte l'observation d'une malade qui avait des ovaires normaux et un utérus infantile et chez laquelle les appétits sexuels étaient nuls. Pioubaux, d'autre part, aurait constaté que des femmes très-passionnées ne portaient que des ovaires rudimentaires..

La stérilité est la conséquence fatale et forcée de l'arrêt de développement des ovaires ou de leur ablation. La présence d'un seul ovaire sulfît toutefois à conserver à la femme ses aptitudes génératrices. Rehling rapporte l'observation d'une femme qui mourut à quarante-sept ans d'une rupture de l'utérus, ayant eu neuf fils, et chez laquelle l'ovaire gauclie était absolument atrophié, maigre, flétri et sans vestige d'ceuf.

OVAIRE (pathologie). 757

Adhérences de l'ovaire. Au lieu de flotter librement aux côte's de l'utérus, l'ovaire peut prendre adhérence et se fixer, soit aux parois de la cavité pelvienne, soit aux viscères qui l'entourent. On en trouve un bel exemple dans la Lettre 57 de Morgagni. Velpeau, qui donne de cette lésion une étude assez approfondie [Did. en 50 vol.), cite à ce sujet les travaux de Walter, de Vogel, les reclierches de madame Boivin; à ces noms j'ajouterai parmi les auteurs récents R. Bariics, qui insiste aussi sur les adhérences de l'ovaire.

Ce sont le plus souvent des lésions secondaires et qui suivent les autres afiections de l'ovaire. C'est avec la trompe que l'ovaire contracte le plus souvent des adhérences (Vogel), soit avec son pavillon, soit avec la continuité de ce canal. Ou bien encore, tout en adhérant à la trompe, l'ovaire peut venir avec elle, se coller à quelque autre viscère, ou à quelque point de la paroi pelvienne. Après la trompe, c'est à l'utérus que l'ovaire adhère le plus souvent, et à la paroi postérieure de l'utérus, avec laquelle il peut se confondre en casd'intlammation, au point de rendre difficile la dissection de ces organes (Barnes). 11 arrive encore que l'ovaire abaissé dans les culs-de-sac du bassin vient adhérer aux ligaments larges et même au fond du cul-dc-sac utéro-reclal.

L'ovaire peut contracter des adhérences exceptionnellement avec la vessie, et, plus facilement, avec différents segments de l'intestin. Ceux-ci sont, par ordre de fréquence, en premier lieu le rectum, puis VS iliaque ou le côlon, et enfin le cœcum. Stoll un des premiers nota un fait où les ovaires petits et flétris d'ailleurs avaient contracté avec le rectum des adhérences [Ratio med., 1777).

Les adhérences de l'ovaire reconnaissent deux ordres de causes différentes et qui souvent se compliquent, c'est-à-dire, les déplacements do cet organe et ses inflammations [voy. ces mots). Les déplacements peuvent amener l'ovaire à contracter des adhérences avec les organes les plus divers et jusque dans le sac des hernies où on le rencontre; quant à l'ovarite, nous verrons qu'elle détermine un déplacement à peu près constant de l'ovaire en arrière de l'utérus, et, par suite, l'adhérence entre ces deux organes. Du reste, quand le déplacement existe déjà depuis quelque temps, il est rare qu'il n'entraîne pas comme complication un état d'inflammation chronique, ou des accidents d'inflammation aiguë à répétition, d'où résultent encore des adhérences de l'ovaire.

Lespelvi-péritonites, et en particulier les inflammations puerpérales du bassin, entraînent la formation d'exsudats plastiques qui peuvent englober l'ovaire, l'appliquer sur quelqu'une des parois de la cavité qui le renferme ou des organes voisins; c'est dans ces cas surtout que l'on remarque l'adhérence de l'ovaire aux ligaments larges ou aux culs-de-sac. Les fausses membranes qui résultent de ce travail péritonitique peuvent fixer l'ovaire dans une de ces situations, en maintenir et en exagérer le déplacement, enfin aboutir à l'atrophie plus ou moins complète de cette glande. L'hémalocèle pelvienne peut jouer le même rôle et atteindre les mêmes effets, avec cette condition en plus que la fibrine issue des caillots sanguins s'adjoint celle qui provient de l'exsudat irritatif, pour exagérer encore le déplacement de l'ovaire et sa fixation dans le lieu qu'il adopte.

Selon Walter, les adhérences de l'ovaire seraient plus fréquentes chez les filles publiques. Il est évident qu'on les trouvera surtout chez les femmes qui sont exposées à l'ovarite et aux déplacements, quelle que soit d'ailleurs la cause de ces derniers accidents.

Enfin, toute dégénérescence et toute tumeur de l'ovaire étant à la fois une cause de déplacement et d'inflammation, il est évident que ces diverses lésions D!CT. Eî«c. 2' s. XVin. 47

'738 OVAlllE (pathologie).

se compliqueront fréquemment d'adhérences. Et le fait est bien constaté et soigneusement recherché, aujourd'hui qu'il a une si grande importance dans la discussion des indications et des conlre indications de l'ovariotomic.

Les conséquences immédiates qui résultent des adhérences de l'ovaire ont la ^lus grande importance relativement aux fonctions de cet organe. Lorsque les adhérences portent sur les points où doit se faire la maturation de l'ovule, ou bien elle atrophie ce dernier avant qu'il évolue, ou bien elle l'enferme et le retient captif, de telle sorte qu'il devient facilement le point^ de départ de kystes divers. Quand les adhérences immobilisent l'ovaire et la trompe et empêchent ces deux organes de se rencontrer au moment de la ponte spontanée, l'ovule tombe dans le péritoine et peut y déterminer sur-le-champ des accidents suraigus et plus tard, encasdefécondalion, une grossesse abdominale. Sans provoquer la chute de l'ovule dans le péritoine, les adhérences peuvent encore en déterminer l'emprisonnement et la rétention. Ce fait se produit quand l'ovule en ■maturité se trouve en rapport avec la paroi de l'ovaire sur laquelle les adhérences sont implantées.

L'ovaire peut être déplacé par le fait de ses adhérences quand celles-ci l'unissent à un organe susceptible lui-mènic de changer ses rapports, comme il arrive de l'utérus pendant la grossesse, de la vessie, de VS iliaque et du rectum, quand ces réservoirs se distendent, par la rétention des matières qu'ils renferment.

Enfin llokitansky insiste sur un autre effet des adhérences de l'ovaire, lesquelles pourraient pendant l'enfance ou pendant la vie fœtale tirailler et même déchirer le ligament de l'ovaire, et séparer l'ovaire de l'utérus, seul, ou avec un fragment de la trompe qui l'accompagnerait alors.

N'cst-il pas permis de croire qu'on s'est mépris dans ces cas sur la véritable palhogénie de ces accidents? Le fait est que la séparation de l'ovaire par rupture de son pédicule a lieu plus souvent encore par la torsion de ce pédicule, et que les adhérences, qui sont le plus souvent antérieures à cette rupture, peuvent permettre en ce cas à l'ovaire de continuer à se nourrir et prévenir par là les plus graves accidents immédiats.

En tout cas, l'ovaire qui a perdu sa mobilité et reste fixé en un point du pelvis par des adhérences ne tarde pas à s'altérer et à passer par toutes les phases de l'atrophie (Cruveilhier). Quand les adhérences sont précoces, elles auraient même le pouvoir d'entraîner quelquefois, mais rarement, la disparition totale de la glande ovarique (llokitansky). Plus tardives, les adhérences rencontrent .un ovaire qui peut bien s'atrophier quant à ses éléments propres, mais dont le stroma et les ovisacs sont mieux encore disposés à la dégénérescence ; et c'est ainsi que diverses tumeurs ont éfé regardées comme résultant de ces adhérences.

Quelque soit le mécanisme par lequel les adhérences se produisent et les conséquences qu'elles entraînent, les unes et les autres ont le plus souvent pour résultat immédiat la stérilité, ainsi que l'ont pensé Vogel et Cruveilhier. Je ne parle pas des accidents de dysménorrhée et surtout de dysootocie (Barnes) qui •peuvent résulter encore de cet état et qui sont liés plus encore à l'ovarite et au •déplacement de l'ovaire qu'aux adhérences elles-mêmes.

Il est impossible d'atlribuer des signes bien déterminés aux adhérences de l'ovaire. Ceux-ci appartiennent pour la plupart aux déplacements et aux complications congestives et inflammatoires, toutes altérations qui accompagnent si souvent les adhérences de l'ovaire. Quand l'ovaire adhère, par exemple, à la face postérieure de l'utérus, c'est surtout par le toucher rectal qu'on se rendra

OVAIRE (pathologie). 759

compte de son déplacement, et les adhérences qui le retiennent dans cette place seront appréciées au moyen du double toucher vaginal et rectal; et cela en proportion de l'immobilité avec laquelle il demeure iixé dans sa nouvelle position. Les adhérences pelviennes seront trahies par la déviation que l'ovaire déplacé imprime à l'utérus par l'intermédiaire de son ligament (Chambon de Monteaux).

J'ai indiqué au chapitre des déplacements et des hernies les signes qui répondent à de telles modifications dans les rapports de l'ovaire.

Madame Coivin donne comme signe des adhérences de l'ovaire une sensation particulière, sorte de crépitus que perçoit la main alors qu'elle comprime l'abdomen au niveau des adhérences. Le même auteur recommande encore de considérer comme de fortes présomptions d'adhérences le volume de la tumeur et son ancienneté. Une ou plusieurs paracentèses ou même de simples ponctions exploratrices assureraient davantage ce diagnostic.

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II. Déplacements et hermes de l'ovaire. Déplacements. L'ovaire peut se déplacer, sans sortir pour cela de la cavité pelvienne. Les rapports qu'il affecte normalement, dans sa continuité et dans sa contiguïté, avec les organes du pelvis, expliquent déjà la fréquence de ses déplacements. Les ligaments qui le suspendent, ligament rond et ligament large, sont faits, comme le remarque M. Gallard, pour lui permettre une certaine mobilité, mais aussi pour l'exposer à de faciles déplacements. Beaucoup de ces ectopies se lient à des défauts de développement, ce qui explique qu'on les rencontre souvent dès la naissance, ou qu'on les remarque dès les premiers mois de la vie.

Enveloppé dans un des ailerons du ligament large, l'ovaire participe aux

740 OVAIRE (paaiiologie).

altérations et aux déviations de ce ligament; de plus, lâchement uni à la corne de l'utérus par le ligament dit suspenseur de l'ovaire, cet organe doit sui^Te les déviations utérines. De là divers genres de déplacement qui peuvent se rapporter, les uns aux maladies de l'ovaire et en particulier à celles qui en accroissent plus ou moins le volume, les autres à une pression exercée sur l'ovaire par les organes qui l'avoisinent et les lésions dont ces organes peuvent être le siège, d'autres enfin aux divers déplacements, de l'utérus lui-même entraînant avec lui l'ovaire. Peut-être faut-il ajouter encore à ces causes celles qui consistent en un relâchement des organes destinés à soutenir l'ovaire, soit de ses ligaments propres, soit du vagin qui le soutient ou qui l'entraîne, selon qu'il reste en place ou se relâche en prolapsus (Barnes), Billard a rencontré une hernie inguinale de l'ovaire chez une enfant de dix-sept jours : le ligament rond de ce côté était plus court que celui du côté opposé.

L'ovarite et le gonflement dont est affecté l'ovaire enflammé déterminent souvent un déplacement de l'ovaire. Dans l'ovarite chronique où cette complication se voit de préférence, l'ovaire se porte en bas et en arrière et vient se placer entre l'utérus et le rectum où il s'étrangle, pour ainsi dire, et se gonfle, de sorte qu'il est facile au toucher rectal de s'assurer de sa présence. Rigby a décrit cette particularité sous le nom de prolapsus ovarien. Il lui attribue une douleur vivo, ou du moins à paroxysmes fort aigus, capable de s'étendre à l'aine et à la région sacrée et de provoquer des nausées. Les malades se plaignent encore d'une sensation d'obstruction dont elles rapportent le siège au rectum, et la défécation en est rendue difficile en même temps qu'elle provoque des paroxysmes parfois très-intenses.

Rigby assimile cette douleur, peut-être un peu théoriquement, à celle de l'orchite. On retrouve d'ailleurs en elle tous les caractères qui appartiennent à la douleur de l'ovarite et aux troubles fonctionnels dont elle s'accompagne.

Du reste, ces accidents d'ovarite sont fiéquents dans tous les cas de déplacement de l'ovaiz'e parce que, dans les cas où l'inflammation n'a pas été la cause du déplacement, elle ne larde pas à se produire comme conséquence de ce déplacement même.

Outre l'inflammation, toutes les tumeurs de l'ovaire peuvent en amener le déplacement; mais ce déplacement varie selon le volume et les caractères de la tumeur. Au début, quand l'ovaire est à peine accru de volume, mais qu'un néoplasme vient en augmenter le poids, l'ovaire tend à s'abaisser et à s'étrangler dans les détroits du petit bassin : d'où les accidents inflammatoires, et en tous cas douloureux, de cette période. Plus tard, quand la tumeur a pris quelque volume, l'ovaire s'élève et, pénétrant dans le grand bassin, y trouve plus de liberté: d'où une diminution des accidents et une amélioration relative des troubles fonctionnels (Churchill). Cette succession dans la marche des symptômes appartient à toutes les tumeurs de l'ovaire et surtout à ses kystes.

Les affections des ligaments larges peuvent aussi imposer à l'ovaire des déplacements plus ou moins compliqués d'ovarite; mais celui qui est le plus important parmi eux est sans contredit celui qui consiste en la torsion du pédicule de l'ovaire.

Cette lésion singulière a été signalée par Rokitansky, rappelée par Hirtz et étudiée plus récemment par Kœberlé, à la Société de médecine de Strasbourg. Ce dernier auteur compare la torsion de l'ovaire à la torsion de l'utérus et admet deux formes dans l'évolution de cette lésion : une forme brusque dans

OVATRE (pathologie). 741

laquelle se produisent rapidement des phe'nomènes de congestion ovarienne, de péritonite et d'étranglement interne; la tension peut arrivera un point tel que le pédicule de l'ovaire se rompe et que cet organ>3 ne vive plus que par les adhérences qu'il a pu contracter. Dans un cas dû à Schrœder une ovariotomie fit rencontrer une tumeur de l'ovaire dont le pédicule tordu sur luimême ne contenait que des vaisseaux totalement oblitérés par des brides conjonctives. Une circulation supplémentaire s'était établie au moyen des adhérences que la tumeur avait contractées par sa périphérie avec le péritoine, et c'est par l'intermédiaire de ces adhérences que se nourrissait l'ovaire malade.

Dans une seconde forme plus lente et plus insidieuse, sous l'influence de l'obhtération des vaisseaux contenus dans le pédicule, on voit se produire une congestion permanente de l'ovaire, une tendance aux hémorrhagies et aux kystes hémorrhagiques. On a vu ainsi le pédicule de l'ovaire présenter une torsion telle qu'elle comprenait plus que deux circonférences (Kœberlé). Dannien cite le cas d'un ovaire gauche porteur d'un fibrome caverneux et sur lequel la torsion de son pédicule amena des hémorrhagies de la tumeur, la .thrombose de ses vaisseaux, et même la gangrène, le tout constaté par l'ovariotomie.

Tous les phénomènes qui appartiennent aux congestions de l'ovaire reviennent de droit à la symptomatologie de cet accident ; il semblerait même que la douleur qui l'accompagne s'aggrave dans les mouvements qui peuvent accroître la torsion de l'ovaiie sur son pédicule. Celle-ci d'ailleurs pourrait se produire de préférence dans tous les cas où l'extrémité tubaire de l'ovaire serait déjà le siège d'un développement exagéré (llirtz).

Toutes les tumeurs de l'utérus peuvent, au début de leur développement, comprimer l'ovaire et l'irriter en le déplaçant; mais, quand ces tumeurs ont pris un certain volume, comme celles de l'ovaire elles tendent à remonter; elles élèvent vers le grand bassin l'organe qui les porte, et la matrice entraîne l'ovaire avec elle. Cet organe alors s'accole aux parois de l'utérus hypertrophié ou déformé; il en suit les migrations; il peut se laisser envahir par la lésion qui l'occupe, ou s'enflammer chroniquement à son contact, ou, ce qui est plus fréquent, s'anémier, comme il arrive dans la grossesse avancée, et même s'atrophier plus ou moins.

Dans les déviations utérines, l'ovaire suit encore la corne de l'utérus correspondante, laquelle tiraille à sa suite la trompe et le ligament ovarien de son côté. Que l'utérus s'abaisse ou s'élève, l'ovaire, tout en se portant vers la face postérieure, suit son déplacement. Plus rarenient il tend à se porter en avant, si ce n'est dans le cas de rétroversion utérine, où l'ovaire trouve plus facilement sa place en avant de l'utérus (Rigby).

Sous le nom de prolapsus de Vovaire, Rigby, un des premiers, puis Paul Mundé et d'autres ensuite, ont décrit un abaissement de l'ovaire qui se produit sans déplacement des organes du voisinage et en apparence, par le simple relâchement des moyens de suspension que possède l'ovaire.

Enfin, dans le cas d'inversion utérine, que l'utérus renversé soit encore renfermé dans le vagin ou qu'il vienne faire au dehors une saillie plus ou moins considérable, ce qui est le cas le plus habituel, l'entonnoir alors formé par l'utérus contient souvent les ovaires avec un plus ou moins grand nombre des autres organes pelviens. Sauden, cité par Morgagni, rapporte un cas où l'on trouva dans l'utérus hernie les ligaments, les trompes et les ovaires.

742 OVAIRE (pathologie).

Churchill cite un cas analogue et Yander Wiel en rapporte un autre d'après Blasius. Notons encore le fait de \N'risberg : il s'agit d'une accouchée à laquelle, à la suite d'une inversion utérine, une sage-femme avait retranché la matrice avec les deux trompes et l'ovaii^e droit qui y adhéraient.

Les symptômes auxquels donnent lieu ces déplacements relèvent des caractères physiques qui résultent de la formation de la hernie et du vide que lesorganes hernies laissent à la place qu'ils doivent normalement occuper; ils relèvent encore de l'irritation que subit le plus souvent l'ovaire, des tiraillements ou des compressions qui s'exercent sur lui, par les organes avec lesquels il est en connexion naturelle, tels que l'utérus, ou par ceux au voisinage desquels il .se trouve amené, notamment au niveau des anneaux avec lesquels il se trouve accidentellement en rapport, par le fait du déplacement.

Une autre complication de ce genre d'accident résulte des adhérences qufr l'ovaire peut contracter, soit avec l'utérus, ce qui est le plus ordinaire et le moins fâcheux, soit avec les parois pelviennes, ce qui entraîne plus de troubles et peut entraver gravement la réduction du déplacement.

Enfin, en cas d'hématocèle rétro-utérine, l'ovaire peut encore varier dans sa position, mais le plus souvent il est porté en avant, derrière la symphyse, où il est difficile de constater sa présence cliniquemcnt.

Hernie de l'ovaire. Toutes les fois que l'ovaire est poussé hors de la cavité abdominale, ce déplacement prend le nom de hernie de l'ovaire.

Celte infirmité, qui n'est pas très-rare, fut signalée par Soranus d'Éphèse, par Hiolan et Ilaller. Elle a été, pour la première fois, sérieusement étudiée en 1815 par Deneux et plus récemment par M. Puech. Deneux croyait qu'elle était toujours congénitale; le fait est qu'il en est souvent ainsi, mais on ne saurait poser de règle absolue à cet égard, puisque Cruveilhier, par contre, pensait qu'elle est plus fréquente chez les vieilles femmes. Bien que Bessière eût recueilli dès le dix-septième siècle une observation détaillée de hernie de l'ovaire, ce n'est que depuis le siècle actuel que l'on reconnut ce dont il s'agis sait, c'est-à-dire, un déplacement de l'ovaire peuvant offrir toutes les particularités que l'on rencontre dans les hernies en général (Velpeau). Citons encore ici la thèse de Loumaigue, le mémoire de Frank Hamilton et Terry et celui de M. Puech, le plus complet de tous.

Quel que soit le siège qu'elle occupe, la hernie de l'ovaire est rarement simple; quelquefois mêlée d'entérocèle ou d'entéro-épiplocèle (Deneux) ou d'épiplocèle simple (Pott), elle se rencontre plus fréquemment avec la trompe qui lui correspond, surtout dans la hernie congénitale; plus fréquemment encore l'utérus se trouve dans la hernie avec l'ovaire. M. Murât rapporte quon a trouvé dans une hernie crurale les ovaires, les trompes, l'utérus et une partie du vagin.

Les deux ovaires peuvent encore faire hernie par le même orifice, ou mieux encore on les voit se hernier symétriquement à droite et à gauche comme dans le cas de Pott.

Chambers présentait récemment à la Société obstétricale de Londres deux o*aires provenant d'une hernie ovarique congénitale double.

Dans les faits rassemblés par Deneux, la hernie ovarienne s'était effectuée par l'anneau inguinal 9 fois, par l'échancrure sciatique 2 fois, par l'arcade crurale 1 fois. On trouverait souvent l'ovaire dans le canal de Nuck chez les jeunes filles, dans des cas où la hernie paraît être liée à un arrêt de dévelop-

OVAIRE (pathologie). 745-

pement, plus encore peut-être qu'à un déplacement de l'ovaire. Le trou ovale, l'ombihc et le vagin peuvent être encore le siège de ces hernies. Selon M. de Sinéty l'ordre de fréquence de ces hernies serait le suivant : hernie inguinale, abdominale, ischiatique, ovalaire et vaginale.

On voit encore les ovaires s'engager, l'un dans une voie, l'autre dans une autre voie. Dans le cas de Camper l'ovaire droit était sorti par l'échancrure scialique et l'ovaire gauche par l'anneau ombilical. Dans une des observationsde Lallement, il existait à droite une entérocèle inguinale et à gauche une hernie de l'ovaire renfermant en plus un sac hvdatiqne.

L'ovaire hernie est rarement sain, si ce n'est dans les hernies congénitalesproprement dites, on bien quand la hernie se produit à une époque avancée de la vie. Dans les autres cas, on le trouve souvent affecté d'ovarite (28 fois, Puech), ou bien de lésions secondaires diverses, parmi lesquelles les kystes se rencontrent le plus souvent. C'étaient des kystes hydatiques dans le cas de Lallement. Balling a vu un ovaire hernie qui présentait les vestiges d'un germe fécondé, ou du moins il a pris pour tel un kyste dermoïde. Tartra, Yerdier, Deneux, ont cite' des faits semblables. On a encore trouvé dans une herniel'ovaire atteint de cancer (Papen), de tubercules (Puech), ou même d'adénome kystique (Sonnenburg) ; mais ce sont là des altérations qui paraissent avoir précédé la hernie de l'ovaire et même avoir contribué puissamment au déplacement de cet organe. La grossesse pourrait jouer le même rôle selon Balim 11 n'en est pas de même de l'état congestif, du gonflement et même de l'inllammation chronique, que l'on constate souvent ?ur l'ovaire hernie et qui ne paraissent être autre chose que les conséquences de son déplacement. Sucro, Stocks et Wrisberg, en ont rapporté des exemples. Les adhérences et les inconvénients qu'elles entraînent, y compris l'irréductibilité de la hernie, sont peut-être encore plus fréquents; il en est de même des kystes. Enfin cette ovarite secondaire peut suppurer, comme il arriva, par exemple, dans un cas rapporté par Lassus, où l'ovaire hernie par l'anneau inguinal droit s'étrangla et se convertit en un abcès, qui fut ouvert, après quoi la hernie se réduisit lentement. Souvent une erreur de diagnostic a été dans ces cas la cause d'incision ou d'excision qui, toujours regrettables, l'ont été parfois au point d'entraîner des accidents graves, et la mort des sujets, par péritonite. Parmi les lésions secon^ daires, il faut noter encore les autres hernies qui peuvent accompagner celles-^ de l'ovaire. Tel est, par exemple, le cas de Stocks, dans lequel un prolapsus anal ; coexistait avec la hernie d'une tumeur kystique de l'ovaire. Notons encore les vices de développement déjà indiqués et qui se rencontrent surtout dans- la ■. hernie congénitale et inguinale de l'ovaire. Ingleby a trouvé une hernie dé l'ovaire chez une jeune femme qui après son accouchement présentait un abàis»— sèment de la cloison recto-vaginale.

Ces lésions secondaires semblent d'ailleurs être capables de contribuera l'étranglement, phénomène assez fréquent dans ces sortes de hernies. Balleray> entre autres a publié une observation fort complète de hernie de l'ovaire inguinale oblique gauche, laquelle s'étrangla, fut opérée et guérit.

Les violences extérieures peuvent encore avoir le même etfet et, dans un cas cité par Deneux, ce fut la grossesse qui parut être l'occasion de l'étranglement. Puech a de son côté rassemblé plusieurs cas de grossesse dans l'ovaire hernie.

C'est à l'époque de la puberté que se révèlent souvent les hernies de l'ovairey alors qu'elles ont passé inaperçues jusque-là. Le' gonflement dont ces organes

744 OVAIRE (pathologie).

sont alors le siège détermine des accidents, dont l'étranglement peut être la conséquence. En tous cas, le gonflement de l'ovaire hernie contribue, avec les adhérences, à rendre irréductibles ces hernies.

Il n'y a guère qu'après la pubei té que la hernie de l'ovaire donne lieu à des troubles fonctionnels appréciables. Ceux-ci se montrent au moment des règles et se traduisent par le gonflement et la douleur dont la hernie devient alors le siège. Celte exaccrbation cataméniale n'est cependant pas constante et ne se serait montrée que i 3 fois sur 58 d'après le docteur English. La douleur que provoque la pression serait plus significative; elle est de tous points identique à celle que donne l'ovarile à son début, sous le palper. On l'a rapprochée encore de la douleur spéciale que donne la pression du testicule (Coste, Debout). Le gonflement, qui dur^ plus ou moins longtemps, cesse en général avec les règles ; il peut se reproduire accidentellement, sous l'influence d'une excitation sexuelle par exemple.

Le docteur Loumaignc indique encore un signe propre à l'ovaire hernie, c'està-dire une sorte d'érection ou d erélhisme génital, qui se produirait sous les doigts qui le palpent.

La douleur que réveille la pression est nulle en dehors d'elle et en l'absence des complications. Lorsque celles-ci se produisent, la douleur peut prendre une intensité extrême et les troubles fonctionnels dont elle s'accompagne peuvent simuler ceux d'une péritonite ou d'un étranglement.

Le coït peut rappeler cette douleur (Beigel) ; certaines attitudes et surtout le décubitus sur le côté opposé. à la hernie peuvent faire de même (Seller, Beigel). On comprend que celte douleur est due alors au tiraillement exercé par l'utérus sur l'ovaire engagé dans le sac herniaire. La marche peut aussi provoquer la douleur ovarienne, qui détermine parfois une sorte de claudication (Gucrsant). Tout travail peut agir de même (Polt, Zubert, Meadows). Enfin, lorsqu'il s'étrangle, l'ovaire devient le siège et le point de départ des accidents de l'ovarite et la douleur qui en résulte est en rapport ave»; cette inflammation, dont nous venons d'ailleurs d'indiquer les conséquences. On a encore signalé comme signe appartenant à ce déplacement la sensation de tiraillement que les malades rapportent à la région lombaire, à l'hypogastre ou aux fosses iliaques. Ajoutons que celte douleur lorsqu'elle existe est réveillée ou aggravée quand la malade se couche sur le côté opposé à la tumeur (Deneux).

Cette hernie est le plus souvent irréductible. La hernie inguinale congénitale est encore plus rarement réductible que les autres hernies de l'ovaire; et lorsqu'on peut la réduire, ce n'est en général qu'avec beaucoup de difficulté qu'on y arrive et il n'est pas plus aisé de la maintenir réduite.

Le diagnostic de la hernie de l'ovaire est souvent difficile, M. Puech remarque que, sur HO cas, il n'en est guère que 22 qui aient pu être reconnus. Le diagnostic, toujouz's délicat, devient surtout difficile quand la hernie est irréductible, ce qui arrive souvent, quand l'ovaire est altéré, qu'il a pris un volume et une forme morbides, quand il a contracté des adhérences, quand encore, au lieu d'être seul hernie, il est accompagné par d'autres viscères, par l'épiploon, par l'intestin, etc. Le toucher, selon les procédés indiqués, peut seul alors lever la difficulté ; il est rare que l'exploration faite par ce moyen et la détermination précise de la \ osition de l'utérus ne permettent pas de poser le diagnostic. Lassus conseille d'éloigner, par le toucher vaginal, le fond de l'utérus des anneaux par lesquels a pu se faire la hernie, car cette hernie ne

OVAIRE (pathologie). 745

peut exister sans que le fond de l'utérus soit altiré vers les anneaux et y demeure plus ou moins fixé. Pour cela il faut, si l'utérus est dévié, ramener le col au centre du vagin et, s'il est à sa place, diriger le col vers l'anneau par où la herme a pu se faire; le mouvement de bascule que subit alors le corps de l'utérus provoque le tiraillement de l'ovaire hernie, tend à le réduire, et tout au moms détermine dans la hernie la douleur spéciale qui répond à ce tiraillement. Le catliétérisme de l'utérus pourra être emplové de même et donnera des résultats encore plus précis (Hirtz). Enfui le toucher rectal permettra de reconnaître si l'ovaire est à sa place, ou s'il y fait défaut; on devra même parfois, pour cela, introduire dans le rectum la main tout entière, selon le procédé de Simon. Le docteur Louraaigne a montré, d'après Dolbeau, comment on peut reconnaître la hernie de l'ovaire, au moyen du toucher vaginal et du calhétérisme de l'utérus combinés.

Ces caractères permettront de distmguer la hernie de l'ovaire d'une hernie crurale ou inguinale commune.

Velpeau a noté la difficulté qu'offrirait au diagnostic la distinction entre une hernie de l'ovaire renfermant des hydatides et une entéro-épipiocèle : l'absence de coliques, le volume à peu près constant de la tumeur ovarienne, la localisation des douleurs vers le bas-ventre, l'absence ou la rareté des vomissements, lui paraissent être des indices suffisants pour conclure à une hernie de l'ovaire altéré. La hernie de l'ovaire est plus douloureuse, plus cu'conscrite, plus rénitente que l'épiplocèle ; et cependant la hernie épiploïque peut donner lieu à des nausées, à des coliques, à des vomissements et à des tiraillements que la malade éprouve eu redressant son torse ; et ces phénomènes ne se retrouvent guère moins dans la hernie de l'ovaire.

L'ovaire hernie à l'aine a pu être pris pour une tumeur lymphatique et opéré comme tel (Lassus). On trouve dans la Thèse de M. Maisonneuve plusieurs cas d'erreurs analogues, sans compter celles de Lassus, de Polt, de Lenoir. On l'a pris encore pour un kyste de la grande lèvre (Guersant), pour un lipome (Lûcke). M. Puech rapporte le cas curieux où chez un hermaphrodite l'ovaire hernie a pu être pris pour un testicule (Rizzoli). Ce sont de ces singularités qu'il faut connaître, mais sur lesquelles on ne saurait insister.

Les diverses hernies de l'ovaire qui ont été observées ont été minutieusement décrites, pour la plupart, par Yelpeau, sous le nom à'ovarioncies. Ce sont les suivantes :

i" Ovarioncie inguinale. Le plus souvent congénitale, elle serait due, dans ce cas, à la persistance du canal de Nuck. C'est encore à la persistance de ce canal que Cruveilhier a cru devoir rapporter les cas assez nombi'eux de hernie inguinale de l'ovaire qu'il a constatés chez de vieilles femmes. Les bulletins de la Société anatomique (1871, etc.) en renferment des exemples. Des faits semblables ont été soumis autrefois à de fréquentes discussions. Velpeau, se fondant sur des cas qu'il cite et dont le plus significatif est emprunté à Deneux, pense que celte hernie peut se produire accidentellement en dehors de toute malformation et de tout arrêt de développement. Sur 70 cas de hernie inguinale de l'ovaire, on en compte 5 i congénitales contre 16 accidentelles. La hernie accidentelle se reconnaîtrait d'ailleurs, outre ses couditions étiologiques, à ce qu'on y trouve rarement la trompe en même temps que l'ovaire, tandis que l'ovaire et la trompe se trouvent toujours ensemble dans la hernie congénitale (Puech). Enfin, et toujours selon M. Puech. on compte un nombre

Ha OVAIRE (paihologie).

égal de hernies unilatérales et de bilatérales ; et la hernie unilatérale occupe le plus souvent le côté gauche.

Bien souvent aussi, avec cette hernie, se rencontrent diverses anomalies des organes internes. Puech, qui a étudié ces faits, relève qu'on a rencontré 4 fois la hernie inguinale de l'ovaire coïncidant avec un utérus unicorne ou bicorne, 45 fois avec l'apparence hermaphrodite, 46 fois avec un utérus embryonnaire ou même sans utérus (Jaquet, Lamm et Werth, cités par le docteur Puech).

Dans un cas communiqué par Cazeaux à la Société biologique, il s'agissait d'une fille de vingt et un ans chez laquelle, les deux ovaires occupant les deux canaux inguinaux, l'examen fait par la vessie et par le rectum révéla l'absence de l'utérus. J'ai déjà noté la fréquence relative des cas où l'hermaphrodisme se complique d'une hernie de l'ovaire. Underhill cité par M. Puech relève aussi cette particularité.

Notons encore le fait de Guersant, qui fut observé chez une eni'ant de trois ans, et présenté à la Société de chirurgie (1858). Cette enfant présentait deux tumeurs inguinales manifestement herniaires, solides, la gauche réductible, la droite plus volumineuse et douloureuse, impossible à réduire au moins dans son entier. Les deux ovaires furent trouvés à l'autopsie dans le canal inguinal, tous deux hypertrophiés et dégénérés, d'aspect encéphaloïde. Le vagin se terminait en un cul-de-sac fermé et l'utérus faisait défaut. Frank Hamilton et Tcrry, qui rapportent 42 observations de hernie inguinale de l'ovaire, citent des cas analogues; Meadows et Holmes Coote aussi.

Parmi les auteurs qui ont plus spécialement insisté sur la persistance du canal de Nuck et sur la voie qu'il offre aux hernies de l'ovaire, nous avons à citer Morgagni et l'auteur de l'article Ovaire du Dict. abrégé des se. méd. D'autres observations de hernie inguinale de l'ovaire ont été rapportées par Pott, Chopart, Lassus , Guersant , Cazeaux, Neboux , Deneux , Lallement , E. Bourdon, Cruveilhier, Courty, Bylicke, Scholler, Puech, etc. C'est sans contredit et de beaucoup la plus fréquente des hernies de l'ovaire.

2° Ovarioncie crurale. Beaucoup moins fréquente que la précédente, la hernie crurale de l'ovaire se rencontrerait encore assez fréquemment, au dire de Lassus. Elle serait toujours accidentelle, selon M. Puech. C'est dans une hernie crurale observée à la Salpêtrière que Murât rapporte avoir vu tout ensemble les ovaires, les trompes, l'utérus, une partie du vagin et une certaine portion de l'épiploon. Citons encore à l'appui de ces faits ceux qui ont été rapportés par Tartra et Verdier, par M. Cloquet, par M. Courty et par M. Puech. Dans le cas de Cloquet, avec l'utérus, les trompes et les ovaires et une partie du vagin, la hernie comprenait encore une portion du jéjunum.

Edmond Owen a rapporté récemment un cas de hernie étranglée de l'ovaire dans la région fémorale, laquelle fut opérée et guérie.

5<* Ovarioncie ischiatique. Une observation due à Papen (de Gottingue), une autre de Camper, prouvent assez que l'ovaire peut se rencontrer dans une hernie ischiatique. Dans le fait de Papen, il s'agit d'une femme de cinquante ans, que l'on avait crue être atteinte d'un prolapsus anal et qui portait en réalité une hernie ischiatique volumineuse, dans laquelle se trouvaient une grande partie des intestins, ainsi que la matrice, l'ovaire et la trompe, qui s'étaient étranglés au voisinage de l'anneau.

A° Ovarioncie ombilicale. Camper a vu sur le cadavre d'une femme l'ovaire droit sorti par l'échancrure ischiatique, en même temps que l'ovaire-

OVAIRE (pathologie). 747

gauche faisait hernie par l'anneau ombilical. Ce cas est rapporté par Portai. 11 est évident d'ailleurs que cette hernie ne peut avoir lieu que quand l'ovaire déplacé s'élève dans le bassin ; par exemple, dans les cas de tumeur de l'ovaire ou de l'utérus, en cas de grossesse, ou encore en cas d'ascite.

5° Ovarioncie vaginale. La hernie vaginale de l'ovaire peut résulter d'une eîagératiou de ce déplacement que nous avons vu appartenir à Tovarite et à la plupart des tumeurs de l'ovaire à leur début , en raison duquel l'ovaire descend d'abord dans le cul-de-sac utéro-rectal et peut arriver par l'allongement graduel de ses moyens de suspension à se placer entre le vagin et le rectum. Tel est le fait rapporté par Duncan; celui de Braun cité par M. Puech; tel est surtout celui qu'a observé M. Boivin et dans lequell'ovaire était descendu dans l'excavation pelvienne, poussant devant lui la paroi postérieure du vagin, au point que le calibre de ce conduit avait presque entièrement disparu, l'orifice utéro-vaginal se trouvant presque inaccessible, appliqué derrière le pubis. Pour permettre un semblable déplacement de l'ovaire l'utérus avait dû lui-même subir une notable rétroversion. De là la compression du rectum et du col de la vessie tout à la fois, et tous les troubles qui en résultent.

Dans un cas où l'ovaire dégénéré occupait une semblable position, Roux fit une incision à la paroi postérieure du vagin et réussit à extraire la tumeur par cette voie. Dans un cas observé par Guersant, chez une fille de onze ans, l'ovaire était descendu jusque dans la grande lèvre gauche, où il en fit l'excision. L'opération fut malheureuse à tous égards, car la malade mourut trois jours après de péritonite.

J'ai encore à rappeler la heimie ovaJaire de l'ovaire, dont KÎAvisch et Kœberlé ont rapporté des exemples, mais qui n'offre pas de caractères spéciaux [voy. art. Hernies).

Je ne saurais décrire comme une hernie de l'ovaire les faits que Velpeau en rapproche cependant, sous le nom d'ovarioncie ventrale, et dans lesquels l'ovaire vint faire saillie à l'ouverture d'une plaie accidentelle ou chirurgicale faite à l'abdomen. Murât en cite plusieurs cas. Ils n'ont plus le même intérêt aujourd'hui que l'on pratique sérieusement l'ovariotomie. Ainsi Ruysch a vu l'ovaire venir se hernier par une incision faite à l'hypogastre. pour ouvrir un abcès iliaque. Stein et Lauverjat ont vu de leur côté l'ovaire faire saillie à travers l'incision pratiquée pour exécuter une opération césarienne.

Le pronostic de la hernie de l'ovaire est toujours sérieux. Au point de vue de la fécondité de la femme d'abord, il est certain que cette infirmité gène la conception et la rend plus difficile ; la grossesse est plus laborieuse, l'avortement plus facile, et il est probable que les présentations vicieuse sont plus de chances de se produire (Puech). Toutefois la stérilité est loin d'être fatale, ainsi que le prouvent les observations de Handy, de Beigel et de Jones Makeig ; et tout peut encore s'accomplir sans difficulté (Widerstein, Olshausen, Rizzoli, etc.).

La hernie de l'ovaire expose-t-elle les sujets à contracter une grossesse extrautérine? M. Puech, qui discute sérieusement cette question, ne se prononce pas positivement h son sujet, et oppose à l'affirmation de Balling et de Widerstein l'opposition d'Olshausen.

Une autre question est celle de savoir si l'ovaire déplacé est plus exposé aux inflammations et aux dégénérescences. On doit y répondre par l'affirmative, sans pouvoir préciser dans quelle mesure agit cette prédisposition.

748 OVAIRE (pathologie).

Faut-il traiter la hernie de l'ovaire? — Oui certainement; et cela à cause des symptômes douloureux dont elle s'accompagne souvent, à cause des complications dangereuses auxquelles elle expose les sujets, enfin à cause des conséquences qu'elle peut avoir sur l'ovaire lui-même et de celles que je viens de dire, au sujet du pronostic.

La hernie est-elle réductible? — Il faut s'empresser de la réduire en effet et de la maintenir réduite au moyen d'un bandage, comme toute autre hernie. Neboux, MuUer, Krieger, conseillent fortement d'opérer la réduction de la hernie. Les bandages ne devront pas être conseillés sans nécessité, s'ils sont insuffisants à maintenir réduite la hernie, parce que la compression qu'ils exercent alors sur l'ovaire peut en provoquer l'atrophie.

Quand la hernie est irréductible, il faut se borner à prévenir et à combattre les accidents congcstifs dont l'ovaire est le siège aux périodes d'activité menstruelle. Les moyens à mettre en œuvre dans ce but seront passés en revue à propos du traitement de l'ovarite et de la congestion de l'ovaire. C'est dans ces cas que Deneux conseille l'extirpation.

S'il survient des phénomènes d'étranglement, le traitement antipblogistique devra être plus énergique encore. Le décubitus dorsal, les émissions sanguines locales, les applications calmantes et résolutives, en formeront les principaux agents.

L'opération, quand elle sera jugée indispensable, sera pratiquée comme il est dit à propos de l'étranglement dans les hernies. Une particularité se présente toutefois, relative à l'état d'intégrité ou de maladie de l'ovaire, à la possibilité ou à l'impossibilité oii on se trouve de le réduire. L'ovaire est-il sain et réductible , il faut le réduire. Est-il malade, atteint de dégénérescence et surtout de kystes, ce qui se présente fréquemment, l'extirpation est: autorisée et préférable à la réduction, quand même celle-ci serait des plus faciles, l'ablation de l'ovaire hernie étant de beaucoup moins dangereuse pour la malade que l'ovariotomie,. Enfin dans le cas où l'ovaire mis à nu par l'opération est sain, mais irréductible, Lassus conseille de débrider l'anneau et de panser à plat et, une fois la cicatrisation obtenue, de maintenir les choses en l'état, au moyen d'une douce compression, laquelle aurait pour but, sinon la réduction entière de l'ovaire, au moins son immobilisation , et aussi la préservation d'une hernie plus grave et plus étendue. M. Maisonncuve n'hésite pas non plus à conseiller le débridement dans ce cas, tandis que Morel croit à l'efficacité de la compression soutenue pour obtenir une réduction consécutive. La hardiesse justifiée des opérateurs d'aujourd'hui doit faire modifier cette réserve [voij. OvAnioroMiE). Toutefois les chiffres recueillis jusqu'ici sont faits pour la motiver encore, car sur 17 cas d'extirpation qu il a relevés Puech compte 6 cas de mort. Inutile d'ajouter que les indications de l'extirpation deviennent plus nettes , sinon plus urgentes, quand l'ovaire hernie est en plus dégénéré. Tel fut le cas de Rheinstadter, dans lequel l'extirpation fut motivée par la présence dans l'ovaire d'un angiosarcome.

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III. Apoplexie de l'ovaire. L'élément vasculaiie entre dans la constitution de l'ovaire pour une part fort importante : d'un autre côté, les vaisseaux de cet organe sont le siège de fluxions physiologiques considérables, sans compter celles qui résultent des conditions pathologiques : il n'en faut pas davantage pour comprendre que l'ovaire soit fréquemment le siège d'hémorrhagies. Et cependant cet état pathologique a été peu étudié ; bien que Morgagni en ait signalé quelques exemples, et à part la monographie de Puech, l'hémorrhagie de l'ovaire ne se trouve guère consignée dans les auteurs de gynécologie qu'à titre d'accident secondaire, souvent confondue avec l'hématocèle pelvienne, avec

750 OVAIRE (pathologie).

le cancer hématode, avec les kystes sanguins, ou même avec la fausse mélanose (Andral, Compend. de méd.).

On a pensé jadis que l'iiématome de l'ovaire se produisait physiologiquement à chaque époque cataméniale et résultait de la petite hémorrhagie qui accompao^ne la rupture de Tovisac à chaque ponte ovarienne. Le corps jaune était alors considéré par les anatomistes comme le résidu de ces petits foyers hémorrhagiques. Des recherches de M. Ch. Robin et de celles toutes récentes de M. de Sinéty il résulte que telle n'est pas la composition du corps jaune. Celui-ci doit son nom aux granulations plus ou moins colorées qui se trouvent dans ses cellules; et ces cellules ne seraient autres que des cellules lymphatiques plus ou moins augmentées de volume (voy. Physiologie de l'ovaire).

M. Puecli admet cependant qu'il y a une hémorrhagie vésiculaire phvsiologique qui constitue pour ainsi dire le premier et le plus simple degré de la lésion qui nous occupe ici; il cite à l'appui trois observations, ainsi qu'un cas de Duplay dans lequel les deux ovaires furent trouvés porteurs de foyers apoplectiques de différents âges et de différents degrés, marquant pour ainsi dire la transition de l'hémorrhagie physiologique à l'apoplexie véritable. Ce cas appartenait d'ailleurs à une femme morte phthisique à quarante-trois ans et chez laquelle l'utérus et les trompes étaient oblitérés.

Le travail d'atrophie normale et progressive qui se produit à la surface de l'ovisac au moment de l'ovulation ne donne que rarement lieu à l'hémorrhao^ie. Celle-ci peut-être fort réduite et même elle peut manquer totalement. De là, la rareté relative des foyers sanguins dans les vésicules superficielles de l'ovaire et la part relativement rare que prend à la formation de l'hématocèle pelvienne l'hémorrhagie de l'ovaire.

Ces foyers superficiels peuvent encore se produire dans les néo-membranes qui résultent de la périovarite primitive ou secondaire.

Dans une autopsie faite à la suite d'un décès par empoisonnement, Edward Stanlen a pu voir l'ovaire avec ses follicules développés et près de se rompre; et autour d'un œuf, développé lui-même comme un noyau de cerise, le sang épanché dans une certaine zone et l'ovaii e tout entier dans un état de congestion caractérisée.

Pour ne pas s'exposer à confondre l'hémorrhagie vésiculaire morbide avec l'hémorrhagie vésiculaire physiologique, il faut se rappeler que la première affecte en général 5, 6 et même 10 vésicules, tandis que la seconde n'en intéresse que 1 ou 2 ; de plus, l'hémorrhagie morbide ne serait pas précédée de déchirures ni suivie de corps jaunes (Puech). Il ne faudrait pas confondre non plus cette lésion avec des varices du plexus utéro-ovarien {voy. Richet, Anat. méd.chirurg.)., ainsi que paraît l'avoir fait xMme Lachapelle dans le fait cité par elle. La seconde forme ou le second degré de l'hémorrhagie ovarienne serait constitué, selon M. Puech, par l'hémorrhagie vésiculaire qui se fait en dehors des époques menstruelles et chez la femme dans la force de Yàige.. On en trouve des exemples dans le livre de 3Ime Boivin et Dugès, et dans les études de M. Robin. Puech cite le cas d'une fille publique de vingt-deux ans, morte de pneumonie double, chez laquelle il constata cette lésion. Ces hémorrhagies purement intra-vésiculaires ne sont pas précédées de déchirures, et elles ne sont pas suivies de corps jaunes ; elles se résorbent rapidement et le sang épanché disparaît après avoir subi la coagulation et les transformations successives qu'entraîne la résorption du caillot sanguin.

OVAIRE (pathologie). 751

Ces hémorrhagies occupent aussi bien les vésicules profondes que les vésicules superficielles de l'ovaire; elles peuvent occuper jusqu'à 5 et même jusqu'à 10 de ces vésicules, mais elles n'entraînent pas leur rupture.

Le mécanisme de ces apoplexies ovariennes a été singulièrement élucidé par celte théorie de Bischolf, reprise et développée par M. Gallard : cet auteur suppose que l'ovule, situé parfois trop profondément dans le tissu de l'ovaire, n'est pas amené à la surface par le travail de congestion et de sécrétion qui se passe dans l'ovisac au moment de la menstruation ; l'ovule mûrissant néanmoins ne tarde pas à se transformer en un véritable kyste sanguin. Ces kystes sanguins et leur point de départ ont encore été bien étudiés par M. Ch. Robin devant la Société de biologie. Il nous faut ajouter à ces faits et comme marquant la transition de la deuxième à la troisième forme celui que M. Besnier a présenté à la Société anatomique, et dans lequel une hématocèle s'était formée dans le tissu même de l'ovaire, sous la dépendance de l'évolution d'une vésicule de de Graaf, par le fait d'une ponte spontanée irrégulière, et d'une façon identique à la formation des grossesses ovariennes sans que d'ailleurs il y ait eu conception. La trompe elle-même a pu être le siège d'un foyer apoplectique, ainsi que cela a été prouvé par le fait que M. Fauvel a observé et qu'il a communiqué à la Société médicale d'observation ; et dans le cas de M. Laboulbène les deux trompes étaient distendues par un caillot sanguin en même temps qu'il existait dans l'ovaire droit un caillot du volume d'une noix.

Enfin à côté de ces hémorrhagies folliculaires il y a les hémorrhagies parenchymateuses (de Sinéty); c'est la troisième forme des hémorrhagies ovariennes (Puech). On trouve dans ce cas des foyers sanguins plus ou moins étendus, ayant détruit et les vésicules et le stroma lui-même; ou bien le sang s'est infiltré à travers les éléments de ce stroma. C'est Jà vraiment la maladie qu'on doit appeler du nom d'apoplexie de l'ovaire. M. Puech, qui a si bien étudié l'apoplexie ovarienne, fait observer que dans la moitié des observations d'hématocèle pelvienne on constate en même temps une lésion de l'ovaire; M. Mathews Duncan n'a pas méconnu non plus le rôle de l'ovaire dans la production de l'hématocèle, non plus que Snow Beck, dans son étude des causes de l'hématocèle.

Gallard fait observer que jamais dans l'hématocèle périutérine les ovaires ne sont véritablement sains. Indépendamment des lésions péritonitiques que l'on constate autour d'eux, on trouve toujours que l'un d'eux au moins, sinon tous deux, est fortement congestionné et affecte des rapports intimes avec la collection sanguine. Parfois l'ovaire est pour ainsi dire détruit et ne se peut retrouver au milieu de la masse des caillots et des produits plastiques. Dans le cas de M. Laugier les ovaires étaient creusés de cavités pleines de caillots et en communication directe avec le foyer de l'hématocèle. On a trouvé encore dans le foyer sanguin des fœtus des œufs entiers avec leurs membranes, ou des embryons plus ou moins altérés (Gallard), ce qui ne permet pas de doute sur l'origine ovarique d'un semblable foyer.

Un cas présenté par M. Reverdin à la Société anatomique (1868) offrait, en même temps que des phlébolithes, une hypertrophie des veines de l'ovaire et de l'utérus, bien susceptible de prédisposer à l'hémorrhagie, sinon de la déterminer. C'est celte lésion qui d'ailleurs avait été étudiée dans sa thèse par le docteur Devalz (1858) sous le nom de varicocèle ovarien. Tels sont encore les faits de varices de l'ovaire rapportés par Mme Lachapelle.

752 OVAIRE (pathologie).

Enfin l'hémorrhagie interstitiel le peut encore résulter d'oblitérations veineuses, qu'on a pu observer, même chez le nouveau-né (de Sinéty).

La torsion du jjédicule de l'ovaire sain ou altéré est souvent une cause d'hémorrhagie qui se produit dans l'ovaire ou dans ses tumeurs (Dannien).

C'est surtout dans le cours des maladies générales graves que l'on rencontre l'hémorrhagie interstitielle de l'ovaire (de Sinéty). Tels sont le purpura, le scorbut, le typhus, la variole, la scarlatine et la rougeole elle-même, Sloll rapporte un cas dans lequel les ovaires furent trouvés remplis d'im sang noir, apoplectiques, en un mot, chez une fille de vingt ans, qui venait de mourir d'une fièvre pétéchiale.

Il nous faut encore noter ici les hémorrhagies qui se produisent à la surflice de l'ovaire, dans les néo-membranes qui résultent d'une ovarite péritonéale antérieure. C'est encore un mécanisme pathogénique qui explique l'une des relations qui se voient entre l'ovarite et l'apoplexie de l'ovaire. Enfin, à côté des kystes qui résultent de l'apoplexie, il faut relever encore les hémorrhagies intra-kystiques et secondaires aux kystes, telles, par exemple, que le cas rapporté dans la thèse du docteur Thaere, dans lequel on trouva, dans l'ovaire droit, un caillot sanguin nageant dans la sérosité d'une poche kystique.

L'ovarite à son tour n'est pas seulement la conséquence de l'apoplexie de l'ovaire, il semble aussi qu'elle ait dans quelques cas contribué à préparer celte maladie. Tels sont les cas que l'on a appelés du nom d'ovarite hémorrhagique (.M. Chéreau, llirlz). Barnet, s'appuyant en ceci de l'observation de Scanzoni, pense que la friabilité de tissu qui résulte de l'oophorite chronique est une des causes les plus importantes de ces hémorrhagies.

Le volume que peut atteindre l'ovaire apoplectique varie depuis une légère augmentation du volume normal jusqu'à celui d'un œuf et même jusqu'à celui d'une tète de fœtus, ainsi qu'il fut établi dans un cas rapporté par Léopold; mais il est ordinaire de le voir varier entre le volume d'une noix et celui d'un œuf (de Sinéty). Saunders cite le cas d'une hématocèle ovarienne qui, par son volume, ayant comprimé l'intestin, entraîna la mort par obstruction. Ce volume peut encore être accru par un certain degré d'inflammation qui se déclare presque toujours dans les points avoisinants de cet organe. Le sang lui-même se transforme peu à peu et sa présence peut donner lieu à une production kystique simple ou multiloculaire; dans les cavités de ces kystes on trouve ou bien du sang pur, ou bien de la sérosité teintée d'hématine, ou enfin de la sérosité pure, selon l'âge du produit. En cas de foyer, on trouve de même les stratifications fibrineuses, les cristaux d'hématoïdine, les débris pigmentaires (de Sinéty), et la sérosité qui résulte de tous les épanchements de sang en cavité close accidentelle. Andral a décrit ces diverses transformations du sang épanché dans l'ovaire; il est des cas oij le foyer s'enflamme, s'abcède même, et avec de l'ovarite on rencontre au voisinage de l'hémorrhagie, ou dans son foyer même, un ou deux abcès hématiques.

Parfois enfin l'ovaire est totalement transformé en un foyer sanguin que limite seule la coque fibreuse qui enveloppe cet organe. Le fait a été constate par Léger, dans un cas qu'il a présenté à la Société anatomique (1876). Un cancer hématode a pu être regardé comme l'origine d'une semblable altération, dans un cas rapporté par M. Gallard; Hooper semble avoir confondu ces faits dans une seule description.

OVAIRE (pathologie). 755

Dans les c;is où le foyer sanguin nétait pas assez profond, comme dans ceux où il s'est développé outre mesure, on trouve quelquefois que le fover s'est ouvert dans le péritoine; il en résulte alors une hématocèle pelvienne. Plus souvent encore on constate, en pareil cas, une péritonite suraiguë, simple ou compliquée, dont les lésions varient suivant la proportion de l'hémorrhagie qui la provoque et selon la période à laquelle la mort est arrivée.

Tel fut le cas présenté par M. le docteur Caresme à la Société anatomique (1864) et dans lequel paraissaient s'être produits successivement : i° une apoplexie de l'ovaire droit ; 2'' une hématocèle enkystée rétro-utérine et ô°, par suite de la rupture de cette poche, un épanchement sanguin du péritoine. Citons enfin l'observation si nette de M. Puech, dans laquelle une femme de vingt-huit ans, prise de péritonite trois jours après la cessation de ses règles, meurt au bout de trois jours et permet de constater sur son ovaire droit, du volume d'une petite pomme, les traces d'une déchirure, et dans le péritoine la présence d'un épanchement sanguin occasionné par cette apoplexie. Drccy, cité par le même auteur, rapporte un fait tout analogue.

Lorsque le kyste se rompt du côté du péritoine, l'hémorrhagie peut être mortelle par elle-même ou susciter une péritonite, comme dans le fait de Scanzoni. Cette péritonite, mortelle dans la plupart des cas, pourra dans d'autres cas servir à l'enkystement du sang extravasé. Le kyste peut encore se rompre dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, et le sang former une tumeur sanguine en dehors de la cavité séreuse.

L'hémorrhagie de l'ovaire est souvent une affection secondaire; sur 14 cas rapportés par Puech, dans 7 cas on signale une lésion de l'ovaire; parfois même on ne peut retrouver cet organe qui semble avoir été détruit (Denouvillers, Fleuriot, Prost, Yoillemier, Heurtans, in th. de Voisin). Dans le cas de Caresme l'apoplexie coïncidait avec deux abcès de l'ovaire gauche et un troisième qui s'était développé au voisinage de l'orifice utérin de la trompe droite. Il semble bien que le processus congestif qui avait abouti d'un côté à l'inflammation et à la suppuration était le même qui du côté opposé avait abouti à l'hémorrhagie. Dans un autre cas, communiqué par M. Paquet (1864), on trouvait, en même temps qu'un kyste hématique des deux ovaires, des tubercules dans l'ovaire droit et dans les poumons. Dans le cas rapporté par M. Luton, l'hémorrhagie de l'ovaire bientôt compliquée d'une rupture et d'une péritonite mortelle avait succédé à une ulcération du col utérin.

Quant à l'inlluence de la grossesse, elle est admise comme positive par plusieurs auteurs compétents (Dance, Mme Lachapelle, M. Richet). Peut-être, au début de la grossesse, les femmes sont-elles plus exposées à l'apoplexie de l'ovaire, comme elles le sont d'ailleurs par le fait de toute suppression menstruelle, quelle qu'en soit la cause: refroidissement brusque, excitation génésique, torsion de l'ovaire. Plus tard, la modification que subit l'ovaire au contact de l'utérus gravide, l'état d'anémie dans lequel il se trouve, ne peuvent que mettre cet organe à l'abri des congestions et des hémorrhagies. Ainsi est-ce dans l'état de vacuité de l'utérus, et dans l'âge adulte, que l'on a surtout occasion de rencontrer l'hémorrhagie de l'ovaire. L'hémophilie doit encore être notée parmi les conditions étiologiques de cet accident.

L'observation de Paquet où les deux ovaires étaient transformés en kystes hématiques chez une enfant de quatorze ans semble permettre d'établir que cette lésion peut se rapporter parfois à des excès prématurés.

DICT. ESC. 2' s. XVIII. -48

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La rareté des faits recueillis jusqu'ici, la rareté surtout des faits simples et authentiques, justifie encore beaucoup de réserve, au sujet de la pathogénie et des caractères de l'apoplexie de l'ovaire. Cette réserve est surtout commandée par les faits que rapportent Bonnet, Yésale et Lieutaud, et, sans remonter si haut, on peut se convaincre de ces difficultés en lisant le mémoire si remarquable de Léopold sur ce sujet; ceux qu'il emprunte surtout à Scanzoni et à Horing ont été contestés; et Horder, Moldenhauer et Langerhans, les regardent volontiers comme attribuables à l'ovarite plutôt qu'à l'apoplexie de l'ovaire.

Les caractères que j'ai attribués aux maladies de l'ovaire en général et à l'ovarite doivent se retrouver dans la symptomatologie de l'apoplexie de l'ovaire. Il me serait impossible de rien ajouter de précis à ce que je A'ais dire des signes du premier degré de l'ovarite ou de la congestion de l'ovaire {voy. ci-dessous). Ajoutons cependant que, dans un cas, M. Puech a cru percevoir au toucher la crépitation dite boule de neige, qui résulterait de la présence des caillots plus ou moins fibrineux dans le foyer apoplectique.

Ile sont d'ailleurs les conditions au milieu desquelles l'accident s'est produit. plus que les circonstances inhérentes à l'accident en lui-même, qui permettront de faire le diagnostic de l'apoplexie de l'ovaire. Ce diagnostic sans doute est souvent impossible. On sera cependant disposé à reconnaître une apoplexie de l'ovaire, en présence d'une tumeur ovoïde, petite, arrondie, mobile, paraissant pendant les règles et disparaissant ensuite sous l'influence du repos (de Sinétv). Quand on aura pu établir que la tumeur occupe réellement l'ovaire, qu'elle s'est formée brusquement, au moment des règles le plus souvent, qu'elle est nettement limitée, arrondie, et qu'elle a conservé toute sa mobilité, on aura tous les éléments du diagnostic. Lliématocèle pelvienne s'en distinguera par son volume, sa fixité, sa douleur plus vive et son siège souvent plus élevé. Quant à l'hémorrhagie de la trompe, c'est encore aux signes physiques qu'il faut en demander la distinction et surtout au toucher rectal.

Le traitement de l'apoplexie de l'ovaire, d'ailleurs peu efficace (Puech), se ressent de ces incertitudes. Ce sera celui de toutes les hémorrhagies pelviennes dans lesquelles deux indications dominantes se présentent : 1° limiter la perte sanguine autant qu'il est possible; 2" prévenir ou combattre les complications péritonitiques. C'est en définitive, à peu de chose près, le traitement de la congestion de l'ovaire.

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OVAIRE (pathologie). 755

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IV. Névralgie be l'ovaire. C'est, au dire de Ilirtz, le professeur Stoitz, qui a donné le nom à'oophoralgie à la névralgie de l'ovaire. C'est aussi le nom sous lequel R. Barnes décrit cette maladie, tandis que F. Churchill, la rapprochant de celle que l'on attribue au testicule, sous le nom de testicule irritable, a étudié la névralgie de lovaire sous le nom d'irritation ovarienne. Le mot à'ovarie lui a été appliqué, notamment par le professeur Charcol, dans ses recherches sur l'hystérie. Enfin on l'a appelée encore du nom di'ovaralgie.

Un organe aussi important que l'ovaire devait nécessairement avoir sa névralgie, et c'est ce que Piorry avait entrevu. Ce n'est que chez les auteurs les plus modernes que cette maladie est réellement décrite. Barnes se garde bien de l'omettre, et Cliurchill s'applique à la séparer de l'ovarite subaiguë, sous le titre de laquelle Tilt, paraît l'avoir confondue.

Symptômes. Cette maladie se montre eu général chez les femmes d'un tempérament nerveux et qui ont eu déjcà des accidents appartenant au nervosisme. Elle se traduit aussitôt par une douleur locale, qui rappelle beaucoup, pour le siège et pour les autres caractères, la douleur du début de l'ovarite. C'est surtout à gauche qu'on l'observe, ce que Simpson attribue au voisinage du rectum, et ce qui est le caractère de beaucoup de douleurs névralgiques extérieures et viscérales; cette douleur, très-aiguë en général, se prolonge dans le sens du psoas ou s'irradie vers les plexus rénaux ou hépatiques (Hirtz). Parfois elle s'accompagne de troubles dans l'émission des urines, laquelle peut devenir difficile et douloureuse.

Cette douleur est tout d'abord très-brusque dans son apparition, sujette à disparaître tout d'un coup pour revenir de même, paroxystique à tout le moins. Si la femme est prise de cette douleur pendant la marche, elle est forcée de s'arrêter et même de se courber fortement en avant. Le fait est que les mouvements exaspèrent cette douleur, tandis qu'une compression franche et suffisante la soulage; il en est de même des applications chaudes que l'on fait sur la région douloureuse. Les accès de la douleur peuvent se manifester spontanément ou être rappelés par des conditions accidentelles ; parfois enfin ils alternent avec d'autres manifestations névrosiques, ou même avec de véritables attaques d'hystérie.

Dans quelques cas, ce n'est pas une douleur aiguë que ressent la malade, mais une tension pénible ou un poids plus que gênant. Le plus souvent ces sensations anormales sont celles que les malades conservent plus ou moins, d'une façon presque continue, dans l'intervalle des crises de douleur aiguë.

Les caractères physiques de l'ovaire sont bien à relever en ce cas, à cause de leur valeur négative. On ne trouve en effet ni la chaleur, ni le gonflement de voisinage, ni le développement de l'ovaire lui-même, qui caractérisent l'ovarite.

L'ovaire toutefois est douloureux au palper abdominal et aussi au toucher vaginal et au toucher rectal. L'exploration de cet organe, pour peu qu'on ne le ménage pas suffisamment, provoque, avec une vive douleur, de la nausée, des vomissements ou même des accidents d'hystérie couvulsive. La douleur est souvent réveillée, rien que par le contact du doigt avec le col utérin; ce qui peut

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s'expliquer parfois par une transmission de mouvement de la matrice à l'ovaire et même encore par une modification sympathique de la sensibilité de ces

organes.

Une sensation de plénitude, rapportée à la fosse iliaque correspondante, accompagne généralement la névralgie de l'ovaire. Cet organe, en effet, est fréquemment augmenté de volume, ainsi que le toucher le fait connaître; Barnes dit qu'il peut doubler de volume, par le fait de la congestion et du fluxus qui accompagne la névralgie. Et, dans ces cas, il devient presque impossible de séparer la névralgie de l'ovaire de la congestion de cet organe ; tout au moins cette congestion ne marque-t-elle aucune tendance à se transformer en inflammation proprement dite.

11 est fréquent de voir la névralgie de l'ovaire coïncider avec d'anciennes lésions utérines, engorgements, déplacements, ulcérations du col, etc., et c'est alors, le plus souvent, la névralgie ovarique qui vient compliquer la lésion utérine ancienne.

Les troubles fonctionnels de l'utérus sont encore plus fréquents. La ménorrhagie est un symptôme de l'oophoralgie. Chaque évolution menstruelle, en même temps qu'elle est une occasion de recrudescence pour les phénomènes nerveux , appelle à la fois et la congestion pelvienne et un flux sanguin exagéré. La suppression des règles peut occasionner la névralgie de l'ovaire, l'aménorrhée l'accompagne souvent, plus souvent encore la dysménorrhée; que les perturbations menstruelles soient le plus souvent la cause de la névralgie de l'ovaire, cela n'empêche pas qu'elles en soient aussi le symptôme, puisqu'elles coïncident avec elles dans les deux cas; quoi qu'il en soit, on observe alors la dysménorrhée utérine et la dysménorrhée ovarienne : l'irritation ovarienne est l'expression de la difficulté de l'ovulation (Barnes) {voy. Ovarite).

Enfin il n'est pas rare d'observer» comme symptôme de voisinage de la dysurie; parfois même c'e'st une véritable cystite qui se produit. En tout cas la constipation est habituelle chez les malades, et tout effort de défécation parfois impossible, à cause de la douleur qui l'accompagne.

Le docteur Chaignot décrit, d'après M. le docteur Budin, une douleur ovarique chez la femme enceinte, laquelle serait réveillée par les manœuvres externes, alors que la pression vient à s'exercer sur le point que l'ovaire occupe à ce moment le long de la paroi utérine, et serait due à une. sensibilité anormale de l'ovaire dans ces conditions. C'est un fait que j'ai pu observer plusieurs fois sans avoir nettement constaté que l'ovaire en lût la cause.

La névralgie de l'ovaire coïncide souvent avec des névralgies des autres viscères de l'abdomen, dyspepsie, gastralgie, et même cardialgie, ainsi qu'il sera dit à propos de l'ovarite chronique. Comme cette dernière affection, elle peut se compliquer de douleurs névralgiques extérieures et en particulier de névralgies lumbo-abdominales et iléo-lombaires ; on aurait encore observé, et plus spécialement, la névralgie vulvaire. Enfin elle peut aussi s'accompagner des troubles réflexes les plus singuliers : il en est qui portent sur les organes des sens et ressemblent à des paralysies réflexes ; il en est qui portent sur le mouvement périphérique et provoquent des attitudes vicieuses, ou même des spasmes réflexes. Un phénomène à rapprocher de ceux-ci, c'est la douleur du col de l'utérus, laquelle est rarement spontanée, mais souvent provoquée par le moindre contact : d'oîi les cas de dyspareunie signalés par Barnes. J'en dirai autant de l'état de nervosisme que manifestent plus ou moins tous

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les sujets atteints de névralgie de l'ovaire. Cette impressionnabilité excessive, qui transforme les habitudes et le caractère des malades, est la suite sans doute des souffrances qu'elles éprouvent; souvent aussi elle résulte de l'immobilité à laquelle elles croient devoir se condamner et que la douleur leur impose quelquefois ; enfin l'état d'anémie et même d'épuisement, auquel les malades arrivent facilement, ne peut que donner un nouvel essor à ces troubles nerveux. Aussi n'est-ce pas seulement de l'hystéricisme que l'on constate alors, mais, avec les bouffées de chaleur, les palpitations et les suffocations hystériques, avec les douleurs iiévralgiques de la tète et de partout, on voit se déclarer de véritables crises d'hystérie convulsive. Astruc avait déjà observé et noté cette relation.

D'après certains auteurs, l'ovarie hystérique ne serait qu'une névralgie de l'ovaire. Charcot, Schutzenberger, Romberg, Piorry, Négrier, l'ont considérée comme telle. Il est vrai que Briquet a attribué cette même douleur à une névralgie des muscles de l'abdomen. Le fait est que le siège de la douleur est une des zones hystérogènes les plus constantes (Charcot).

Dans une thèse récente, inspirée par l'école de la Salpètrière, Mlle E. Bowel, sous ce titre : De quelques accidents de Vépilepsie et de Ihijstévo-épilepsie, a rapporté des observations dans lesquelles ces accidents convulsifs paraissent bien avoir été en relation avec une perturbation de la sensibilité ovarienne et notamment avec l'ovaralgie. Enfin Boisseau a cru pouvoir attribuer la nymphomanie à une névralgie de l'ovaire.

La marche de ces accidents, essentiellement paroxystique au début, tend à la permanence, en même temps que la névralgie de l'ovaire se complique de lésions secondaires ])lus graves et plus tenaces. Au début en effet on ne constate comme éléments de cette maladie que la sensibilité locale, s'accompagnant d'une congestion variable et mobile, chez des sujets doués d'ailleurs d'un certain degré d'irritabilité nerveuse générale (Barnes). C'est ce qui distingue la congestion secondaire, qui appartient à la névralgie, des congestions hémorrhagipares ou phlegmasipares que l'on rencontre dans le même organe. Disons avec Churchill que ce mode morbide , qui n'est pas une inflammation, ni une apoplexie, ni même essentiellement une congestion, peut devenir tout cela, sous l'action répétée ou persistante des causes qui l'ont produit, mais peut aussi en rester nettement distinct.

Le plus souvent en effet la maladie se termine par la guérison ; et, sauf la tendance aux récidives, que l'état général des malades explique au moins autant que l'état local, elle ne laisse pas de trace appréciable. Il est bon de savoir cependant qu'elle peut durer des années (Barnes).

Le diagnostic du siège de la maladie est suffisamment indiqué par la douleur, et facilement contrôlé par l'examen physique au palper, et surtout au toucher vaginal et rectal. Il est facile de s'assurer par ce moyen que c'est bien l'ovaire qui est le siège de la douleur. Mais ce que l'on constate en même temps, c'est que les organes pelviens ont gardé leur mobilité et leur souplesse; c'est qu'il n'y a pas cette chaleur et cet empâtement diffus, qui existent dans les cas d'inflammation de ces organes.

Dans le phlegmon pelvien, par exemple, la tuméfaction est sentie au niveau du détroit supérieur ou dans la cavité pelvienne, ce qui la distingue suffisamment.

L'ovafite est l'affection que l'on peut le plus facilement confondre et que l'on

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confond souvent en effet avec la névralgie de l'ovaire. Or l'ovarite aiguë donne lieu en général à des douleurs moins brusques et moins vives; la sensibilité au contact n'est pas la même dans les deux cas et la réaction générale pins franchement fébrile.

Dans l'ovarite chronique, la pression de l'ovaire avive la douleur sans provoquer d'accidents nerveux aussi facilement que dans la névralgie. Cette même pression, outre qu'elle réveille la douleur locale, provoque souvent un véritable accès d'hystérie. Enfin, si l'ovaire peut être légèrement gonflé dans le cas de névralgie, il l'est bien plus, jusqu'au triple et au quadruple de son volume normal, en cas d'ovarite.

La marche de l'affection, si essentiellement paroxystique, à la façon des névralgies, ne sera pas inutile à invoquer, dans ces cas douteux qui se rapprochent de l'ovarite subaiguc de Tilt. Celle-ci sans doute peut offrir des paroxysmes, mais ce sont des paroxysmes pour ainsi dire physiologiques, ou provoqués par les causes irritatives et liyperémianles ; la névralgie au contraire offre des paroxysmes bien plus irréguliers et plus fréquents. Enfin l'état général des sujets peut aider à parfaire le diagnostic : l'acuité de la douleur peut sans doute élever le pouls et agiter les sujets, mais elle ne saurait donner comme l'ovarite une véritable fièvre inflammatoire. On peut, en un mot, dire du gonllement de l'ovaire et de la fièvre inflammatoire qu'ils sont, après les signes négatifs, les bases essentielles du diagnostic, selon qu'ils sont en proportion directe ou inverse avec les phénomènes douloureux. Beaucoup de douleur avec peu de gonflement et de chaleur fébrile signifient qu'il existe une névralgie de l'ovaire ; dans l'ovarite, au contraire, ces divers symptômes marchent à peu près parallèlement.

Le pronostic de l'oophoralgie est sérieux en raison de l'intensité des douleurs auxquelles expose cette maladie et en raison de sa durée. 11 l'est encore et surtout à cause de l'anémie et de l'épuisement nerveux qu'elle entraîne souvent et à cause de l'hystéricisme dans lequel glissent, pour ainsi dire, les malades qui en sont atteintes. Enfin, ainsi que l'observe Hirtz, la névralgie de l'ovaire peut se transformer en ovarite véritable et y conduit souvent, la congestion secondaire dont elle s'accompagne pouvant facilement, sous l'influence d'une cause accidentelle, se transformer en congestion phlegmasipare.

Les cause?, de la névralgie de l'ovaire se rapprochent beaucoup de celles de l'ovarite ; il est probable que beaucoup sont communes à l'une et à l'autre de ces maladies, et que la différence qui les sépare tient moins aux conditions occasionnelles qu'à l'état des sujets qui en subissent l'influence. On peut sans doute l'observer chez les filles, mais elle est peut-être plus fréquente encore chez les femmes mariées (Barnes). Ce sont surtout celles dont la constitution a été plus ou moins ébranlée et qui restent dans un état d'affaiblissement relatif et d'anémie, qui sont exposées à la névralgie de l'ovaire; ce sont encore celles qui sont douées d'un tempérament nerveux exagéré et qui ont éprouvé déjà des accidents nerveux ou de véritables attaques d'hystérie.

Ceci posé, je n'ai que peu de chose à ajouter à ce qui sera développé plus loin à propos des causes de l'ovarite. L'influence du froid, surtout lorsqu'il détermine une suppression menstruelle, est incontestable (Churchill). L'abus des rapprochements sexuels peut, comme la continence absolue, donner lieu à l'oophoralgie, aussi bien qu'elle peut donner lieu à l'ovarite. Ce n'est pas tant l'intensité de l'action morbifique qui est à considérer que le tempérament des

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malades. La même cause qui déterminera l'ovarite ou oophorite chez une femme de santé et de constitution moyennes provoquera ime oophoralgie chez une femme nerveuse et délicate.

• Une question se pose encore à ce sujet, c'est celle des rapports qui unissent ensemble les troubles menstruels et la névralgie de l'ovaire. Nul [doute qu'il y ait des cas où la névralgie succède à la perturbation des règles ; mais avec Churchill il faut admettre aussi qu'il en est d'autres où l'irritation ovarienne s'est montrée, sans qu'il fût survenu aucune perturbation menstruelle préalable et dans lesquels cette perturbation est seulement consécutive. Avec le même auteur, nous pensons qu'il faut considérer la plupart des cas de névralgie ovarienne comme des faits d'irritation réflexe, dont le point de départ est dans les voies génitales, et surtout dans les lésions du col utérin ; comme lui encore, nous jugeons possible une pathogénie dans laquelle c'est la névralgie de l'ovaire qui est la première en cause.

Traitement. Les indications que présente l'ovaralgie relèvent des trois conditions suivantes : Il faut calmer d'abord l'hyperesthésie pelvienne et les accidents congestifs qui l'accompagnent; il faut encore modérer l'excitabilité nerveute primitive ou secondaire que présentent les sujets ; il faut enfin soutenir les forces, prévenir ou combattre la dépression générale de l'économie, cet état d'épuisement que l'on observe si souvent chez les femmes atteintes avec persistance de la névralgie de l'ovaire.

Tous les calmants, narcotiques et anesthésiques, peuvent être employés pour satisfaire à la première indication. On peut les donner à l'intérieur, on peut surtout les employer comme topiques extérieurs. Ils seront encore plus efficaces, sous la forme de lavements ou de pessaires médicamenteux. L'opium, l'aconit, la jusquiame, la belladone, peuvent être donnés sous toutes ces formes; le chloroforme est souvent utile en embrocations sur le bas-ventre (Barnes). Les cataplasmes, les lavements, les pessaires, opiacés ou belladones, seront les moyens les plus efficaces. Pour peu que les phénomènes congestifs s'accusent, on y pourvoira au moyen des révulsifs; le vésicatoii'e, simple ou morphine, en sera l'agent par excellence, qu'on se serve pour l'appliquer des cantharides, de la teinture d'iode, de l'ammoniaque, ou mieux encore du chloroforme. Il y aura lieu de préférer parmi ces agents celui qui est le moins excitant, en raison de l'irritabilité excessive de la plupart de ces malades. Tous les révulsifs cutanés peuvent d'ailleurs être essayés.

Enfin, au cas où la congestion serait intense, on a conseillé les émissions sanguines locales, que Churchill emploie volontiers, et que Barnes redoute d'employer, en raison de la faiblesse des sujets et de l'épuisement qui les menace.

L'irritabilité nerveuse générale sera combattue au moyen des antispasmodiques, des pilules de Méglin, par exemple, ou du bromure de potassium, dont il ne faut pas user trop longtemps. C'est ici un de ces cas où le bromure de camphre peut avoir toute utilité. On a donné aussi des bains, non des bains simples, mais des bains salés ou alcalins, et aussi des bains ferrugineux (Hirtz). Les eaux de Xéris, de Plombières, de Luxeuil, de Pioyat ou de La Malou, pourraient encore satisfaire à cette indication.

Mais c'est surtout dans les causes de cette maladie qu'il faut chercher les principales indications thérapeutiques ; ce que j'ai dit plus haut, à ce sujet, me dispense d'y revenir. Toutefois il me faut insister sur les précautions hygié-

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niques qu'il est si important de prendre en pareil cas. El d'abord, l'abstinence des relations sexuelles (Barnes) ; la mesure dans laquelle elle doit être observée sera étudiée à propos de l'ovarite. Ce qu'il importe de modérer aussi, c'est la tendance qu'ont les malades à se condamner à un décubitus absolu et prolongé qui sans doute les soulage et prévient les crises douloureuses, mais qui ne peut qu'influer d'une façon fâcheuse sur la santé générale et éterniser les accidents. C'est encore une question de mesure qu'il appartient à chacun de préciser^ selon l'état physique et moral des malades.

Enfin, s'il est quelque lésion utérine, comme elle peutcauser et entretenir le mal, il faut la combattre par les moyens appropriés ; dans ce but, on a recommandé l'application d'un cautère sur le col utérin (Barnes), mais c'est là un moyen infidèle et dangereux, qu'on ne doit employer qu'à défaut des autres.

Enfin il y aura grand avantage et nécessité à tenir le ventre libre, pour arrêter les compressions, que l'accumulation des matières fécales dans le rectum peut imposer à l'ovaire. Churchill insiste sur le bon effet que l'on retire de l'usage à l'intérieur des amers et de l'ammoniaque, comme excitants toniques des fonctions digestives et comme agents indirects de la réparation nutritive.

Je ne saurais terminer ce paragraphe sans rappeler qu'on n'a pas craint récemment de pratiquer l'opération de Balhy, c'est-à-dire la castration de la femme, poui' des affections épileptiformes, qui semblaient se lier à une perturbation i'onclionnelle des ovaires. C'est, par exemple, dans des cas où les attaques, s'accompagnant de dysménorrhée, se reproduisaient à chaque époque menstruelle, ou encore quand on a pu reconnaître une sensation à'aura partant des ovaires ou irradiant vers eux. Marion Sims présentait récemment à l'Association médicale américaine le résumé de H opérations semblables faites par lui dans ces conditions ; et Pallen (de New-York) pouvait y joindre 3 faits lui appartenant. C'est dans des cas d'accès épileptiformes, d'hystéro-épilepsie surtout, et même de catalepsie, que ces opérations ont été faites. Le plus souvent, on a trouvé les ovaires volumineux, congestionnés, sans lésion inflammatoire précise, et parfois avec un début de maladie kystique; lésions évidemment sans rapport direct avec les accidents nerveux.

Or, si l'on considère que l'opération n'a pas toujours guéri les malades de leurs accidents nerveux, que bon nombre d'entre elles sont mortes des suites de cette opération, on jugera quelles réserves il convient de garder à ce sujet. Enfin, au point de vue moral, de semblables tentatives, lorsqu'elles ne sont pas absolument justifiées par le succès, semblent être de tout point condamnables.

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V. OvARiTES. Les nombreuses sympathies que l'ovaire affecte avec le plus grand nombre des viscères prêtent à de fréquentes perturbations dans la nutrition de cet organe; elles l'exposent plus ou moins directement à des fluctua: tions vasculaires et nerveuses, dont l'inflammation peut être souvent le terme.

En raison du riche lacis vasculaire qui entoure et pénètre l'ovaire, en raison surtout de cette sorte d'appareil érectile qui en occupe le hile et auquel on a

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donné le nom de bulbe de l'ovaire, cet organe se trouve dans des conditions telles, que les perturbations vasculaires s'y font sentir fortement et entraînent là des conséquences qu'elles ne sauraient déterminer ailleurs. A l'époque de h puberté, c'est au développement de l'élément vasculaire que l'ovaire doit de prendre sa forme et son volume défmitils. Et le mouvement qui se produit alors se reproduit à chaque ovulation.

Ces congestions physiologiques alternatives sont comme une imminence morbide, dans laquelle l'ovaire est exposé à la congestion pathologique et à toutes ses conséquences.

Il est un autre mode de congestion physiologique que l'ovaire subit encore et qui constitue pour lui une occasion de maladie : c'est celle qui résulte de l'orgasme génital. Mais ici le système vasculaire paraît être moins exclusivement en cause ; en tous cas, le système nerveux prend un rôle important dans la patbogénie de ces congestions. Et si l'on songii à l'exquise sensibilité des organes qui entrent en jeu dans ces fonctions, on comprendra avec quelle facilité leur passage à létat actif peut produire un afflux sanguin excessif vers l'ovaire, comme vers l'ensemble des organes pelviens.

Il est donc difficile de tracer les limites dans lesquelles doivent se maintenir ces perturbations, pour que la congestion physiologique devienne morbide, et pour que cette congestion morbide atteigne à l'inflammation. Aussi n'ai-jc pas l'intention de décrire à part la congestion de l'ovaire. Nul doute que celle-ci ne soit pas toujours inflammatoire alors même qu'elle est morbide; la texture de l'appareil vasculaire de l'ovaire suffirait à elle seule à nous faire présumer qu'on doit rencontrer dans l'ovaire des congestions passives ou, si l'on veut, des hypostases sanguines qui n'ont rien d'inflammatoire. Mais, en présence de l'obscurité des signes qui permettent de conclure aux maladies aiguës de l'ovaire , en présence des doutes que ces processus plus ou moins mobiles doivent presque fatalement laisser dans l'esprit du clinicien, je n'insisterai pas sur ce qui regarde la congestion simple. Les caractères que cet état morbide peut affecter seront d'ailleurs exposés tout au long dans la description de la première période de l'ovarite.

Historique. Les lectures que l'on peut faire, au sujet de l'ovarite, ne laissent guère dans l'esprit qu'incertitude et confusion, au dire de M. Gallard. Le fait est que cette affection, rarement simple et plus souvent secondaire, a généralement été confondue avec celles qui l'accompagnent, soit comme cause, soit comme effet. Rappelons cependant, avec M. Cliéreau, que Kruger est le premier qui ait tenté de séparer l'ovarite des autres affections inflammatoires du bassin chez la femme. Detharding et W. Hunter le suivirent dans cette voie.

Puis vinrent les travaux des auteurs suivants ; Clarus (1812), Piiicher (1815), P. Frank (1818), Murât (1819), que suivirent bientôt d'autres travaux, plus connus ajuste titre, et signés de Baudelocque (1850), de Seymour, qui fit un des premiers une description sérieuse de la maladie, de Schôniein, deRomberg, de R. Lee, de Montault, le travail original de Lôwenhardt (1853), celui de Neumann et l'étude remplie de faits de Sobernheim. L'école française fît beaucoup pour l'étude anatomo-pathologique de l'ovarite; c'est ici que se placent les noms de madame BoiA'in et de Dugès, ceux de Yelpeau, d'Andral, de Cruveilhier, de Négrier, etc. A cette période a succédé celle des études cliniques, dans lesquelles se sont signalés beaucoup de gynécologistes d'outre-Manche : Barnes, Churchill, AYest; puis, parmi les Français, nous avons à noter le remarquable

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Mémoire de M. Chéreau, les Leçons de M. Gallard, celles de M. A. Guérin, celles de M. de Siiiéty; enfin l'article de Kœberlé, dans le Dictionnaire de Jaccoud, et les Thèses remarquables de Hirtz, de Scaglia et de Merluu. Citons encore, avec le Traité de M. Boinet, nombre d'articles publiés çà et là dans les Annales de gynécologie et dus à la plume de Bouveret, de Darolles. etc.

Dans ces différents travaux, on peut voir que l'existence de l'ovarite, qui a souvent été admise théoriquement, a souvent été niée pour ce motif. Souvent confondue avec les lésions du voisinage, elle a été regardée successivement comme une métrite, une inflammation des ligaments larges, une inflammation des trompes, une pelvi-péritonite locale et, plus récemment encore, comme un adéno-plilegmon. Malgré ces hésitations, l'ovarite doit reprendre sa place dans le cadre pathologique; elle existe en effet, de par les données bien constatées de l'anatomie morbide, mais encore de par la séméiotique, qui est devenue à son sujet plus complète et tout à fait significative.

Étiologie. Pathogénie. On a longtemps discuté sur la fréquence de l'ovarite, en raison de l'incertitude qui planait sur son diagnostic. Et c'est là encore aujourd'hui une question d'une solution délicate. Si l'on range sous ce chef tous les cas où une douleur se manifeste dans la fosse iliaque avec quelque réaction, on risque de confondre l'ovarite avec l'inflammation de quelqu'un des organes voisins, ou même avec une simple congestion ou une pure névralgie de cet organe (irritation ovarienne de R. Barnes). Si l'on s'en tient aux résultats nécroscopiques, qui ne peuvent tromper quant aux chiffres absolus, une autre cause d'erreur se présente : c'est que les autopsies n'ont guère lieu que dans les cas d'ovarite secondaire, le plus souvent dans les cas d'ovarife puerpe'rale, ou tout au moins après complications graves : aussi les chiffres recueillis dans ces statistiques n'ont-ils qu'une valeur relative. C'est ainsi que Boivin et Dugès disent avoir constaté l'ovarite, à l'autopsie, 35 fois sur 186 cas de métropéritonite. R. Lee l'a observée constamment sur 56 femmes, mortes de fièvre puerpérale: sur 45 autres cadavres, il aurait constaté l'ovarite 32 fois. Tonnelé donne le chiffre de 58 sur 222 cas de fièvre puerpérale.

Chéreau résume ces causes sous les quatre chefs suivants : accouchement, état puerpéral, une maladie utérine, enfin l'état menstruel ou le travail éliminatoire exigé par cette sorte de ponte qui s'opère tous les mois. Ce sont aussi les quatre conditions qu'invoque M. Tanchou, dans son travail, lequel est basé sur 10 cas d'ovarite, observés par lui à son dispensaire de Sainte-Geneviève.

Une autre question s'est souvent posée auxgj'nécologistes, c'est celle desavoir si l'ovarite est jamais simple et primitive et si elle n'est pas toujours symplomatique ou deutéropathique. Avec un grand nombre d'entre eux, nous répondrons, comme le fait John Burns, par exemple, que, si l'ovarite est rarement simple, il est bien avéré toutefois qu'il y a des cas où elle est primitive et qu a ce titre elle doit avoir sa place dans les cadres de la pathologie fémmine et son étiologie à elle.

Tous les auteurs admettent que l'ovarite peut être traumatique, bien que la profondeur du siège occupé par l'ovaire semble le mettre à l'abri. Ce sont les coups ou les pressions violentes exercées vers la fosse iliaque qui sont susceptibles de provoquer l'inflammation de l'ovaire. Velpeau surtout a insisté sur cette étiologie ; une chute sur le siège ou sur les membres inférieurs peut encore y donner lieu, ainsi que le remarque H. Bennett.

Le même auteur invoque, comme cause d'inflammation de l'ovaire, les dépla-

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céments de cet organe et ses hernies, voire même l'étranglement herniaire de l'ovaire. Elle pourrait encore résulter, selon Kœberlé, d'une torsion de son pédicule sur lui-même. Les déplacements utérins ne paraissent que rarement capables d'offenser l'ovaire. Ajoutons encore que, d'après Leroy d'ÉtioUes, les injections intra-utérines et aussi les manœuvTes imprudentes exercées pendant l'accouchement peuvent déterminer l'ovarite. L'opération de l'ovariotomie peut-elle occasionner l'inflammation de l'ovaire laissé dans l'abdomen? C'est ce que tend à prouver l'observation de Rosenberger, dans laquelle un kyste de l'ovaire gauche, douze fois ponctionné, fut enlevé avec les procédés listériens; l'absence d'adhérences, la réunion par première intention, l'apyrexie jusqu'au quatrième jour, faisaient augurer favorablement du résultat, quand la femme mourut le cinquième, avec un abcès de l'ovaire droit. Churchill aurait observé un cas dans lequel l'ovarite put être attribuée à la pression exercée par la tète du foetus sur l'ovaire. M. Comby vient de communiquer à la Société anatomique (1880) un cas de péritonite aiguë généralisée, survenue à la suite de la compression de l'ovaire gauche, chez une hystérique. Cette fille réglée à seize ans, n'ayant d'autre accident de santé que des troubles hystériques, subit dans une de ses attaques la compression de l'ovaire gauche, fut prise le lendemain d'une péritonite aiguë dont elle mourut deux jours après. On trouva les deux ovaires fortement congestionnés et ramollis, et, au milieu d'une péritonite générali>ée, des fausses membranes plus accusées encore sur l'ovaire gauche.

Les relations de l'inflammation de l'ovaire avec la vie physiologique de cet organe sont bien prouvées, notamment par l'âge des malades qui sont atteintes d'ovarite. C'est depuis la puberté jusqu'à la ménopause qu'on l'observe, et beaucoup plus souvent dans les premières périodes de ce stade de la vie de la femme. Tilt est allé jusqu'à regarder comme imputable, à l'ovarite le travail physiologique qui accompagne la ponte ovarienne, pour peu qu'il s'exagère. D'après Hirtz, l'ovarite peut éclater avant, pendant et après les règles. On observerait surtout de dix-huit à trente ans l'ovarite aiguë, et plus tard l'ovarite chronique. La puberté est encore une époque critique, qui a sur les ovaires une grande influence et doit être considérée comme un état d'imminence morbide pour l'ovarite.

On a donné comme causes de Tovarite toutes les excitations erotiques, lectures, conversations, spectacles et manœuvres quelconques (J. Copland), toutes les émotions morales et surtout les émotions immorales. Celte étiologie toute rationnelle, admise par Velpeau, qui n'hésite pas à y ajouter l'hystérie, n'est cependant pas irrécusablement établie, car les faits sur lesquels elle repose ne constituent pour la plupart que des cas douteux d'ovarite [Compend. de méd.). On comprend bien que toute excitation génitale, étant capable d'appeler vers l'ovaire une congestion active, peut laisser après elle une congestion permanente et même devenir une inflammation véritable, pour peu qu'elle dépasse une certaine mesure ou qu'elle se répète trop fréquemment. Astruc avait admis déjà que toute excitation capable de retentir sur les organes sexuels peut provoquer l'ovarite.

Nauche insiste sur ce que ce sont surtout les femmes jeunes, sanguines, douées de passions vives, qui sont atteintes des accidents de l'ovarite. Nul doute que ce que l'on a appelé du nom de tempérament génital ou ovarien (Négrier) dispose à l'ovarite, comme aux congestions aiguës et inflammatoires des autres organes du bassin. Les excitations provoquées par l'onanisme sont des plus

704 OVAIRE (pathologie).

propres à provoquer et à entretenir l'ovarite, ainsi que toutes les excitations anormales qui s'y rapportent (A. Gue'rin).

Pi. Barnes croit que les premières approches sont souvent une cause d'ovarite, et Bateman en rapporte un cas qui fut observé peu après le mariage.

Toutes les excitations sexuelles semblent devoir être susceptibles de provoquer l'ovarite et le sont en effet, ainsi que l'assure Marlin-Solon ; mais ce sont les abus que l'on peut, eu égard à l'âge des sujets, regarder comme prématurés, qui doivent surtout causer cette maladie. La suppression brusque d'une excitation habituelle aurait le même effet, selon le même auteur. Rinninger rapporte un cas d'ovarite recueilli chez une courtisane, que les circonstances privèrent tout à coup de relations sexuelles. Tilt n'a pas craint d'incriminer aussi la continence absolue.

C'est, dit Aran, la maladie des femmes qui n'ont pas eu de rapports sexuels. C'est un fait général qu'un organe dont la vie nutritive devient active doit développer corrélativement sa vie fonctionnelle, pour se maintenir en équilibre de santé ; toute excitation qui s'arrête à la sphère nutritive et ne se traduit pas en actes effectifs est ainsi une cause de perturbation morbide. Or il est certain que physiologiquement l'ovaire prend à la puberté une activité nutritive nouvelle, qui répond ù l'exercice d'une nouvelle fonction. Et quand cette activité n'est plus seulement sjiontanée, mais provoquée par des excitations artificielles, il est facile de comprendre qu'elle va causer des accidents.

Souvent encore l'ovarite résulterait d'une anomalie anatomique ou physiologique dans le travail de l'ovulation. Outre l'excès de congestion auquel Simpson attribue la dysménorrhée ovarienne, Scanzoni admet que, lorsque des ovules sont situés trop profondément, la difticulté qu'ils éprouvent à éclore peut déterminer une ovarite, par l'exagération de la congestion ovarienne qu'elle y provoque et la prolongation qu'elle lui impose. M. Chéreau pense aussi que l'ovarite peut résulter de l'adhérence anormale du follicule à la capsule de de Graaf, ce qui rend très-difficile l'élimination de ce follicule. La forme d'ovarite qui résulterait de ces diverses conditions serait la forme subaiguë, dite encore d irritation ovarienne par Tilt et par Churchill.

Une cause sur laquelle les hygiénistes ont appelé récemment l'attention, cest l'usage de la machine à coudre, étudiée d'abord par M. Guibout,qui lui a attribué la rachialgie, la chlorose et même la nymphomanie. Gallard, qui considère cet usage comme une cause déterminante manifeste d'ovarite, accuse surtout la machine à deux pédales, dont l'effet, à l'en croire, serait analogue à celui que produit sur l'ovaire la masturbation. Toutes les causes déprimantes seraient selon lui capables d'agir comme prédisposition, et la machine à coudre pourrait agir comme cause prédisposante et comme cause déterminante. Ajoutons ici que l'usage des chaufferettes avait été considéré par Kruger comme aussi pernicieux.

C'est au même titre qu'il faut ranger parmi les causes de l'ovarite les conditions que Barnes réunit sous le nom de dyspareunie , c'est-à-dire tout ce qui peut s'opposer au rapprochement sexuel, et en particulier toutes celles qui l'empêchent, en raison de la douleur qu'elles provoquent à l'occasion de cet acte. Il semble que l'excitation portée en ce cas sur les organes génitaux externes suffit à déterminer l'afflux ovarique, et comme celte excitation n est pas suivie alors de la résolution qui succède à un rapprochement effectif, la congestion persiste ou s'aggrave.

Ainsi qu'on l'a souvent observé, l'état du tissu propre de l'ovaire est subor-

OVAIRE (pathologie). 765

donné à celui des vésicules de de Graaf. Aussi, à chaque ponte ovarienne, il se produit une sorte de turgescence de l'ovisac dont la vésicule va se rompre et une congestion de tout l'organe. Ceci constitue pour l'ovarite une imminence morbide, bien constatée par tous les auteurs. Tous les auteurs mentionnent aussi le rapport qui unit l'ovarite aux perturbations menstruelles et en particulier aux suppressions des règles, et plus spécialement peut-être aux suppressions déterminées par le froid. Churchill, R. Barnes, Kœberlé, Bennett, West, sont explicites à ce sujet.

En présence de l'ovarite, Gallard conseille de rechercher la perturbation menstruelle qui l'a causée, comme en face de la métrite on incrimine les anomalies d'un accouchement antérieur. Toute suspension menstruelle, et surtout toute dysménorrhée peut être l'occasion de l'ovarite. L'avortement peut en être roccasion, ainsi que la grossesse et l'accouchement. Cruveilhier {Anat. descript.) signale l'état d'inertie et d'atrophie relative dans lequel se trouvent les ovaires au début de la grossesse et le volume double ou triple qu'ils acquièrent à la fin. Ils peuvent alors rester dans un état d'engorgement en tout comparable à l'engorgement utérin (A. Guérin) qui résulte du défaut de l'involution utérine après l'accouchement. Les migrations et les changements de volume que l'ovaire subit dans ces transformations expliquent alors la fréquence de l'ovarite. Que dans ces conditions, dit encore A. Guérin, les lochies viennent à se suspendre par un refroidissement, par une émotion ou par toute autre cause, l'ovarite pourra se produire aussi bien que la métrite.

L'avortement, plus encore que l'accouchement à terme, est donné par tous les auteurs comme une cause d'ovarite; comme l'utérus, dans ce cas encore, l'ovaire est des plus aptes à s'enflammer, à la suite de l'avortement, et cela, pour les mêmes raisons. L'usage des abortifs, sans qu'il soit suivi d'effet, pourrait avoir le même résultat, selon Martin-Solon, de même que l'abiïs des emméuagogues; mais ce n'est que sous toutes réserves que je rapporte cette assertion.

Un cas rapporté par Bautzmann tendrait à faire croire que l'ovarite peut se produire plus facilement à la suite de couches provenant d'une grossesse tardive. Il s'agit, en effet, d'un cas d'ovarite post-puerpérale, qui s'est même compliqué de péritonite, appartenant à une femme qui était devenue grosse après vingtdeux ans de mariage.

Or toutes ces causes de l'ovarite sont aussi des causes de la métrite ; et l'on peut penser qu'elles n'ont agi sur l'ovaire qu'indirectement et par l'intermédiaire de lu métrite (Martineau). Ce sont d'ailleurs, à fort peu près, les causes que M. Bernutz attribue aux pelvi-péritonites menstruelles.

L'ovarite doit souvent résulter d'une irritation transmise par les organes du voisinage, et surtout par ceux avec lesquels l'ovaire est en étroite connexion physiologique, l'utérus, par exemple. Les maladies de l'utérus, des trompes et des ligaments larges, se compliquent souvent d'ovarite; l'occlusion de l'utérus, les opérations qui portent sur le col, l'incision du col, par exemple, ont pu, selon R. Barnes, déterminer l'ovarite. "West insiste sur ces ovarites par propagation, et ajoute qu'elles peuvent succéder aux inflammations du péritoine, aux maladies du rectum, à la dysenterie, par exemple, et même aux phlegmons pelviens. De simples injections intra-utérines auraient eu le même effet, selon ce qu'en rapporte Leroy d'Etiolles.

Boinet cite nombre de faits dans lesquels la congestion de l'ovaire a paru résulter soit directement d'une perturbation utérine, soit indirectement d'une

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perturbation utérine provoquée par de vives impressions morales. Il cite à ce sujet les noms de Yésale, de Riolan, de Monget, de Diemerbroek, de Pàvière, de Lieutaud, etc., sans compter ceux de Bonnet, de Blaacard et de de Blangy que je rappelle plus loin.

C'est dans les accidents de la puerpéralité que l'ovarite se rencontre le plus souvent. L'ovarite est fort rare en deliors de l'état puerpéral, dit West; Velpeau avait du moins indiqué cette fréquence relative. Tous les auteurs sont ici d'accord et Clmrcliill insiste sur ce que l'ovarite est surtout l'apanage des couches difficiles, et résulte souvent des manœuvres dans lesquelles l'ovaire a pu subir quelque traumatisme; le plus souvent' elle disparaît au milieu des accidents de la puerpéralité.

La complexité des lésions anatomo-pathologiques dans les accidents puerpéraux montre l'ovarite liée à une lésion récemment décrite et que M. J. Lucas- Champonnière a constatée dans ce cas : c'est l'adéno-lymphite puerpérale. Entre ces trois termes métrite, adéno-lymphite et OA'arite, y a-t-il autre chose qu'une relation de coïncidence, ou bien une succession de causalité? (Martineau). En dehors môme de la puerpéralité cette relation s'observe et a été constatée nettement par M. A. Guérin,

Hunter avait donné comme probable l'existence de l'ovarite blennorrhagique. Bicord et Vidal de Cassis l'ont observée cependant. Après eux, Boureau et Bernutz se sont ap[)liqués à la démontrer. Sa fréquence même est considérée comme un fait acquis, mais non sans conteste, puisqu'un observateur aussi compétent que A. Guérin se refuse à y souscrire. Fergusson et Simpson pensent en avoir observé un cas (note du Mémoire de M. Chéreau).

Plusieurs faits que j'ai pu observer me font penser que l'ovaire est en connexion sympathique intime avec le col de l'utérus, lî est des femmes chez lesquelles l'irritation du col provoque aussitôt une réaction congestive, douloureuse et parfois même inflammatoire, sur l'ovaire. Dès l'année 1832, Mélier signalait le fait à l'Académie royale de médecine. Chez une malade que je soigne pour une métrite chronique, j'ai eu souvent l'occasion d'observer de véritables explosions d'ovarite, lorsque la cautérisation pratiquée soit à l'aide du nitrate d'argent, soit à l'aide de la teinture d'iode, était portée à l'entrée du col utérin.

Ceci toutefois serait en désaccord avec l'opinion d'Astruc, qui pensait que l'ovarite est plus souvent en rapport avec la métrite du corps qu'avec l'inflammation du col de l'utérus. H. Bennett signale aussi la métrite du col comme une des causes de l'ovarite. Quant au mécanisme suivant lequel l'inflammation se propagerait du col de l'utérus à l'ovaire, on peut s'en rendra compte d'abord en invoquant la propagation directe par la cavité de l'ulérus et des trompes, propagation contre laquelle s'élèvent bien des faits où la métrite catarrhale du corps aussi bien que la salpingite n'ont pu être constatées. M. Lucas-Championnière a adopté une autre interprétation : pour lui, ce sont les lymphatiques qui, enflammés consécutivement, transportent et étendent jusqu'à l'ovaire l'mflammation du col de l'utérus. A quoi l'on peut objecter encore que l'adénolymphite est loin d'être toujours constatée soit anatomiquement, soit clmiquement daos la plupart des cas où la transmission de l'inflammation a paru se faire de l'intestin à l'ovaire.

Pour ma part, il me semble que la sympathie nerveuse qui existe d'ailleurs entre l'orifice des canaux excréteurs des glandes et ces glandes elles-mêmes suffit à rendre compte de ces faits; et je ferais volontiers de ces ovarites des m-

flammations sympalliiques. J'invoquerai encore à l'appui de ceite opinion celle qu'a développée M. Mauriac dans son étude sur les névralgies réflexes symptomatiques de l'orchi-épididymite {Gaz. méd., 1869-1870).

R. Barnes cite des cas d'oopharite (ovarite) sympathique, dans lesquels l'inflammation s'est transmise de l'ovaire gauche à l'ovaire droit, comme cela arrive pour les yeux dans l'ophthalmie sympathique. Dans d'autres cas l'ovarite est double d'emblée, ce que Barnes explique encore en invoquant l'intervention des nerfs de ces organes. Les cas d'ovarite double ne s'expliquent pas tous de cette façon. On comprend que l'inflammation pelvienne envahisse facilement et directement les deux ovaires {voy. les faits rapportés par- Bouveret et par Remy à la Société anatomique [1875]).

C'est encore par ce mécanisme qu'on peut comprendre que certains cancers du col, peu avancés et peu étendus, se compliquent d'ovarite. Mais le plus souvent, quand l'ovarite complique le cancer utérin, on trouve quelque conflguration des organes qui explique la maladie par tiraillement, par compression ou encore par transmission lymphatique et par envahissement. Churchill insiste sur les relations que peut présenter l'ovarite avec le cancer. Un déplacement utérin et en particulier la rétroversion (Barnes) peuvent produire le même effet. Enfin les tubercules peuvent jouer le même rôle que le cancer (Gallard). Les analogies que l'on peut remarquer déjà entre les conditions éfiologiques de l'ovarite et celles de l'orchite ont été poussées plus loin; à l'exemple de l'orchite des oreillons, on a décrit l'ovarite ourleuse. Celle-ci est encore fort contestée; ses caractères du moins sont peu connus; et c'est surtout en les rapprochant de ceux de l'orchite qu'on en a essayé la description (^Yest, Mauriac, Gallard); Kœberlé, Churchill, R. Barnes, A. Guérin, Martineau, de Sinéty, l'ont passée sous silence.

On doit mettre plus de réserve encore à admettre une corrélation entre l'angine et l'ovarite, corrélation admise par le professeur James (de Londres).

La même analogie se poursuit dans la variole. Béraud et Gosselin ont décrit l'ovarite varioleuse que citent aussi Churchill et Mauriac. Gallard est assez disposé à l'admettre, mais non sans réserves.

Slavjansky, cité par Kœberlé, admet que les grandes pyrexies, le typhus entre autres, se compliquent volontiers d'ovarite, et même, ajoute-t-il, d'ovarite folHculeuse. Parmi les maladies générales, il faut encore noter le rhumatisme (Courty). Beaucoup d'auteurs le citent sans y insister; Gallard remarque avec raison que le caractère rhumatismal ne peut être attribué à l'ovai'ite que lorsqu'elle se développe chez un rhumatisant et concurremment avec d'autres manifestations rhumatismales; il cite les observations de Copland, dont l'analyse se trouve dans le Mémoire de M. Chéreau, celle que rapporte Chéreau lui-même, et il y ajoute pour sa part encore une observation fort significative. Churchill acceple non-seulement l'ovarite rhumatismale, mais encore l'ovarite goutteuse. Y a-t-il une ovarite svphilitique? De puissantes analogies porteraient à l'admettre, encore que les faits ne soient pas suffisamment établis. Nélaton a admis et décrit l'ovarite syphilitique ; Gallard croit l'avoir observée, mais pas assez longtemps pour en être certain. Richet dit aussi l'avoir reconnue et Lancereaux la décrit brièvement.

Toutes ces causes ne sont pas toujours capables de provoquer une inflammation confirmée ; il arrive souvent qu'elles troublent la circulation et la nutrition de l'ovaire et 'v déterminent une simple irritation, laquelle peut conduire à

768 OVAIRE (pathologie).

l'inflammation véritable et ne saurait cependant être confondue avec elle. Churchill a décrit cet état, après Tilt. D'après ces descriptions, on peut conclure que dans les maladies inflammatoires de l'appareil génital de la femme, plus que dans celles de tout autre appareil, l'irritation, alors même qu'elle se traduit par des accidents inflammatoires, peut encore s'accompagner de manifestations névralgiques ; de sorte qu'il est souvent diftlcile de dire où commence et où finit l'ovarite. C'est un fait que je me suis déjà appliqué à étudier et à prouver [Union méd., 1876) que dans les affections pelviennes de la femme les plus inflammatoires , même dans les phlegmons suppures , l'élément névralgique joue un rôle et ne perd pas ses droits. Barnes, de son côté, insiste à ce sujet sur les rapports qui unissent la congestion ovarienne et les pliénomènes hystériques. Sous le nom de dysménorrhée ovarienne ou dysootocie, il décrit l'ovulation difficile, qu'il voudrait séparer des difficultés de sécrétion et d'excrétion qui appartiennent à l'utérus. Dans cette manière de voir, la dysootocie peut résulter de la dysménorrhée et de l'aménorrhée utérines. C'est à un (lût de dysootocie ovarienne que Barnes rapporte les douleurs qui se montrent chez un certain nombre de femmes, au milieu de l'intervalle intermenstruel. Cette dysménorrhée ovarienne paraît appartenir au premier degré de ces congestions; elle peut, en effet, conduire souvent à l'inflammation, bien qu'elle débute en général comme une simple perturbation vasculaire ou nerveuse.

En résumé, dit Barnes, un obstacle à l'excrétion, une suppression brusque de l'excrétion, une excitation inopportune de l'utérus et des ovaires pendant leur travail physiologique, peuvent aisément déterminer l'oophonte.

Les diverses conditions étiologiques que nous venons de passer en revue ont souvent servi aux auteurs à séparer les ovarites en autant de variétés distinctes. On a proposé encore d'autres divisions basées sur le siège et sur le degré qu'affecte la maladie; l'anatomie pathologique de l'ovarite va nous les indiquer. Chéreau les classe, dans son Mémoire, en essentielles ou idiopatliiques, en puerpérales et en symptomatiques. D'autres classifications enfin reposent sur les complications de l'ovarite ou sur les maladies en coïncidence avec celle-ci.

Anatomie pathologique. C'est surtout à propos des lésions de l'ovarite que les auteurs déplorent l'incertitude et le vague des données sur lesquelles repose la connaissance de cette maladie; c'est qu'en effet, l'ovarite simple entraînant bien rarement la mort, on n'a guère l'occasion de constater de visu ces lésions, à l'état de simplicité. Mais les faits nombreux dans lesquels les malades ont succombé, soit aux complications de l'ovarite, soit surtout aux maladies dont l'ovarite n'était que le symptôme, ont suffi à établir les données qui suivent, et dont application peut être faite, dans une certaine mesure, aux cas d'ovarite simple. Du reste, ainsi que le remarque Gallard, ce qui nous manque, c'est moins la constatation des lésions que le rapport à établir entre le symptôme et la lésion.

Une coïncidence a permis h Scanzoni d'observer anatomiquement l'ovarite aiguë sur une femme morte incidemment de pneumonie. Cette observation très-significative, jointe à quelques faits du Jfémoire de Chéreau, nous a permis d'affirmer et de décrire les lésions de l'ovarite simple. Voici, en résumé, le fait de Scanzoni : Dans le bassin, à droite de l'utérus, on trouve une masse de fibrine coagulée, épanchée dans le péritoine. Derrièie elle ou trouve l'ovaire très-grossi, non déformé; sa surface est violette et variqueuse; à l'angle externe,

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une tache ecchymotique révèle la place d'une vésicule récemment détachée de l'organe. La consistance est pâteuse, presque fluctuante. A la coupe, il s'écoule beaucoup de sang, et la surface de section, est comme la surface extérieure, rouge et variqueuse. La vésicule, récemment rompue, contenait du sang noir, et avait ses parois tapissées de fibrine. Deux autres vésicules, voisines de celle-ci, saillantes comme elle, contenaient un liquide séro-sanguinolent. Dans l'autre extrémité de l'ovaire, moins variqueuse et moins congestionnée, on trouva un petit foyer de la dimension d'une fève contenant du pus sanguinolent. D'autres petits abcès de la grosseur d'un pois environ sont groupés à l'entour. Tout le tissu est infiltré de sérosité, et les vésicules sont turgescentes et augmentées de volume.

Cette description nous montre déjà la façon dont se modifient les éléments anatomiques de l'ovaire sous l'influence de l'inflammation. L'analyse que la lésion semble faire parfois entre ces éléments a servi aux auteurs à diviser Tovarile en variétés multiples selon le siège qu'elle semble plus spécialement affecter. Matthew Baillie avait déjà séparé l'ovarite péritonéale de l'ovarite pareuchymateu;e. L'ovarite est dite péritonéale quand c'est l'enveloppe séreuse qu'occupe surtout ou primitivement l'inflammation , elle est dite parenchymateuse ou interstitielle quand c'est le stroma de l'ovaire qui est le siège principal de la lésion. L'ovarite est folliculeuse , vésiculite de iXégrier, quand c'est dans les ovisacs que siège tout d'abord l'inflammation. Si ce dernier cas n'est pas le plus fréquent, il a du moins été souvent constaté, ainsi qu'il résulte des faits observés par Négrier, par Ashwell, par Siredey, par Edwards Stauben, etc., et des travaux de Rokitansky et Slavjansky, rappelés récemment par Mathews Duncan. Celte division a été acceptée, entre autres auteurs, par Niemeyer.

Or il y a un certain rapport à établir entre le siège anatomique de la lésion et la forme qu'affecte celle-ci ; tandis qu'elle est le plus souvent exsudative et plastique dans l'enveloppe péritonéale, elle est surtout exsudative et séreuse et secondairement purulente dans les follicules; enfin, c'est par la congestion veineuse d'abord, puis par la prolifération et la sclérose, qu'elle se caractérise surtout dans le stroma. C'est aussi par la vésiculite que l'inflammation avait débuté dans le cas rapporté par M. Darolles. Quoi qu'il eu soit de ces distinctions, hâtons-nous d'ajouter qu'elles n'ont rien d'absolu. Disons avec Bouveret que, si l'ovarite débute le plus souvent par les follicules et peut s'y limiter, elle peut aussi s'attaquer au stroma tout d'abord; enfin, et surtout, elle peut passer de l'un à l'autre de ces deux éléments, et toutes les variétés peuvent se rencontrer à ce sujet. Les observations elles-mêmes du Mémoire de Bouveret en font loi. Et le plus souvent, ainsi que le montre le docteur Thierry dans sa thèse, il est impossible de dire par quel élément anatomique a deliuté l'inflammation.

En un mot, quel qu'ait été le début, il y a toujours, au bout de peu de temps, ovarite capsulo-parenchymatcuse (Hirtz).

D'autre part, M""= Boivin et Dugès, et, après eui, Chéreau, ont admis quatre divisions dans le degré d'inflammation dont l'ovaire peut être le siège. Le premier degré, caractérisé par la congestion; le deuxième, par un mélange de congestion et d'exsudation séreuse, qu'on a nommé le ramollissement rouge ; le troisième, caractérisé par la suppuration collectée ou diffuse ; le quatrième, enfin, par la fonte purulente ou ramollissement gris (Chéreau). Gallard, discutant la valeur de cette division, montre tacilement que, de ces quatre degrés, le DICT. ENC. 2' s, XVtU. 40

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premier se confond avec l'état physiologique, dont il n'est guère possible de le' séparer ; le quatrième appartient à la puerpéralité plus qu'à l'ovarite elle-même, de sorte qu'il ne resterait en réalité que ces deux formes anatomiques : le ramollissement rouge, tel qu'Andral l'avait déjà décrit, et la purulence, que Cruveillner avait suftisamment indiquée sous ses deux formes, en fovers ou diffuse. D'ailleurs, xme ovarite suppurée d'un côté peut coïncider avec une ovarite indurée de l'autre côté, ainsi que Bouveret l'a noté dans l'observalioa qu'il a si complètement rapportée. Concluons donc, avec M. Scaglia, que les observations réunies jusqu'ici ne permettent guère, d'établir des formes histologiques de l'ovarile et qu'il vaut mieux les classer selon le degré plus ou moins avancé des lésions macroscopiques.

Deux faits particuliers rcssortent des descriptions anatomo-pathologiques de l'ovarite; c'est, d'une part, la vénosité de la congestion inflammatoire à Ja surface et à l'intérieur de l'ovaire : la sérosité qui infiltre le tissu de l'organe est mêlée de sang, il y a du sang dans les ovisacs, et quand les abcès se forment, le pus lui-même est sanguinolent; c'est, d'autre part, la multiplicité des abcès et leur isolement les uns des autres, alors même qu'ils sont confluents; cet isolement est tel que l'on cite des cas dans lesquels ces abcès ont pris le volume cl les caractères de véritables kystes purulents (Churchill). Toutefois, la suppuration, quand elle sort de l'ovisac, ne tarde pas à envaliir l'ovaire tout entier et à inliltrer tout son parenchyme (Gallard).

L'ovaire enllammé est augmenté de volume; ses dimensions peuvent être doublées et au del;i. Dans le cas de Scanzoni, l'ovaire avait atteint les dimensions suivantes : 5 centimètres 1/2 de long; 4 centimètres de haut; 5 centimètres i/2 d'épaisseur. La consistance de l'organe varie avec le degré et la période de rinflammation ; ferme et élastique tout d'abord, il devient mou et pâteux quand la suppuration l'euvahit. Sa surface est lisse et polie; ses vésicules, plus développées, sont plus distinctes. Sa couleur rouge d'abord, puis jaunâtre ou violacée, peut être parsemée de taches ecchymotiques; c'est alors ce qu'on a appelé le ramollissement rouge de l'ovaire.

En «général, l'ovaire ainsi altéré change de situation; il s'abaisse, se portant parfois en avant, le plus souvent en bas et en ariière, dans le cul-de-sac utérorectal ; ce qui le rend plus facile à explorer que lorsqu'il est sain. Ce déplacement a été indiqué par MM"'^^ Boivin et Lachapelle, et bien décrit par Je docteur Rigby. Gallard en donne ainsi le mécanisme : L'ovaire, se développant sous l'inlluence de l'inflammation, ne peut s'étendre du côté de son extrémité externe qui est fixe, c'est pourquoi son extrémité interne se rapproche de la corne utérine, en s'insinuant dans l'épaisseur du ligament ovarien. Aran a expliqué d'ailleurs comment l'ovaire ne descend pas alors jusqu'au fond du cul-de-sac postérieur, et cela parce qu'il reste attaché à l'utérus par son ligament suspenseur, de sorte que l'ovaire descend d'autant plus bas que l'utérus est lui-même plus renversé en arrière. Schultze dit au contraire que l'ovaire enflammé a pu quelquefois se porter en avant de l'utérus.

Tous les auteurs signalent aussi la prédilection de l'inflammation pour l'ovaire gauche. Sur un relevé de 40 cas, Chéreau note que les deux ovaires ont été 4 fois trouvés pris ensemble; le droit seul l'a été il fois et le gauche 25 fois. Béhier est presque seul à croire le contraire. On n'a pu donner aucune raison valable de cette prédominance. Sur les 4 cas rapportés par Gallard, 3 fois l'ovaire gauche était seul atteint, et 1 fois les 2 ovaires l'étaient ensemble.

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Marlineau rapproche de ce fait la fréquence plus grande aussi à gauche del'adéno-plilogmon du ligament large. Est-ce au voisinage du rectum qu'il faut attribuer cette prédominance? .M. Tanchou, qui sur 10 cas d'ovarite n'en a vu que 2 du côté droit, l'a pensé ainsi : Pour ma part, insistant sur la fréquence avec laquelle les névralgies et les troubles qui s'y rattachent se montrent du côté gauche, convaincu que les troubles nerveux jouent un grand rôle dans la production d'un grand nombre d'ovarites, je suis tenté d'expliquer par ce rapprochement la préférence qu'affecte l'ovarite pour l'ovaire gauche.

A la coupe, l'ovaire enflammé se montre sous l'aspect d'une masse spongieuse imbibée de sang et de sérosité, avec des veines fortement développées. Sous l'enveloppe péritonéale, qui est le plus souvent épaissie et parfois enveloppée de couches pseudo-membraneuses, se voient les follicules anormalement développés. West attribue au travail inflammatoire la perte de transparence de leur paroi et parfois leur transformation en corpuscules blanchâtres ou d'un blanc jaunâtre, friables et homogènes, atteignant environ le volume d'un pois. Négrier a décrit à part cette lésion sous le nom de vésicidite, et Kiwisch, avec lui,. remarque que dans ce cas Tinflammation reste fort limitée. A peine si une légère aréole intlammatoire entoure le follicule enflammé, et déborde parfois un peu du côté du péritoine. Aran donne les caractères au moyen desquels on peut reconnaître le follicule qui vient de subir l'hyperémie normale et celui qui est pathologiquement enflammé. Ce dernier est plus ou moins compris dans le tissu de l'ovaire, et ne se présente pas par une partie de sa circonférence à la surface de l'organe; ses parois sont uniformes, sans amincissement, ni rupture; on n'y trouve, ni corps jaune, ni aucune des corrugations appartenant à l'ovaire normal; son contenu, de couleur noire, est formé de disques sanguine et de fragments membraneux mêlés à un liiiuide épais.

L'ovaire est souvent affecté secondairement, mais on ne peut pas douter qu'il existe des cas d'oophorite primitive, dit R. Barnes. Les conditions étiologiques que nous venons d'indiquer nous font assez connaître quelles sont les affections avec lesquelles se montre le plus souvent l'ovarite, et quelles lésions coïncident le plus souvent avec les siennes. En dehors de celles qui appartiennent à la puerpéralité, et dont je n'ai pas à m'occuper ici, il faut noter, dans l'ovaire lui-même, les diverses affections organiques dont il peut être le siège et en particulier l'hématocèle, puis les kystes, le tubercule, etc. Parmi les affectionsde voisinage, que l'on rencontre avec l'ovarite, citons la tubite ou, autrement dit, la salpingite ou inflammation de la trompe, la métrite catarrhale ou parenchymateuse, et surtout la pelvi-péritonite en ses divers degrés, depuis les simples adhérences, si fréquentes, qu'on les rencontre même chez les femmes qui n'ont pas eu d'enfants (Barnes), jusqu'aux lésions inflammatoires les plus étendues et les plus a\ancées.

Parmi ces lésions secondaires, Yelpeau avait signalé la phlébite comme des plus fréquentes; les thromboses veineuses ont été plus récemment signalées. Cruveilhier avait insisté sur les lymphangites, qui sont en effet évidentes dans beaucoup de cas d'ovarite puerpérale. Enfin, la péritonite se traduit par des adhérences ou par un épanchcment plus ou moins étendu, plus ou moins

purulent .

Les abcès de l'ovaire {voy. ci-dessous) qui, d'ailleurs, sont le plus souvent enkystés, ne sont pas la seule forme de suppuration de cet organe, il y a encore l'infiltration séreuse et séro-purulente, décrite par Cruveilhier, et qui, ainsi que^

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