OS (\KATOMIE ET PHYSIOLOGIE
celle qu'on voit vers la jonction du tissu spongieux des os longs avec le canal médullaire proprement dit. Ici en effet ce ne sont plus des lamelles osseuses qui limitent les alvéoles avec ou sans quelques trabécules ou colonnettes, ce sont des filaments osseux descendant à un diamètre de moins d'un dixième de millimètre, légèrement renflés d'espace en espace sur les points où quelque autre trabécule s'unit à eux, de manière à former dans la moelle un réseau comparable à un délicat filet ou dentelle, dont les fils sont dirigés en tous sens. Cette disposition existe souvent sur les os longs fracturés dans le voisinaf^e du cal après la résorption de l'os qui a d'abord rempli le canal médullaire (p. 79 à 80) et aussi dans l'épaisseur de certaines tumeurs des os ou sur certains os spongieux en voie de carie.
Ce sont là les caractères du tissu véticidaire, donné déjà par Biciiat comme n'étant qu'une variété du celluleux ou spongieux.
Dans les dispositions précédentes du tissu spongieux les lamelles et les trabécules ont une épaisseur moyenne de 0'"'",5, pouvant s'élever jusqu'à un millimètre, aux points d'union de deux ou trois d'entre elles particulièrement. A l'exception de celles que traversent directement de part en part des conduits vasculaires, la plupart des trabécules restent dépourvues de ceux-ci et de leurs couches concenlriiiues propres tant qu'elles n'ont pas plus de 0'"™,4 à 0""",5. Partout elles sont constituées de la manière d^^jà indiquée (p. j 26-127). Aussi, autour des alvéoles médullaires larges seulement de 0'"™,1 et au-dessous, les couches de substance osseuse sont-elles disposées concenlriquement par rapport à la cavité qu'on a sous les yeux, comme si elle représentait un large, mais court canal de Ilavers contenant des vaisseaux et de plus des cellules de la moelle. Mais cette disposition est manifestement moins nette, moins sensible dans les alvéoles longs de 2 à 4 millimètres qu'ici.
Dans toutes les régions qui viennent d'être indiquées, le tissu spongieux mk à nu est mou, dépressible, friable même, proportionnellement à la minceur des lamelles comme flexueuses et contournées dans leur trajet ou des trabécules qui se continuent l'une avec l'autre sous des angles divers. Ce peu de résistance à l'écrasement qui tient aux particularités de structure précédentes est même un des caractères propres du tissu spongieux.
La textnre du tissu spongieux présente des particularités qui demandent à être signalées dans deux ordres encore de régions particulièrement. C'est en urcniier lieu dans les tètes articulaires condyliennes, chez les ruminants et les tolipèdes spécialement.
Là il est plus serré qu'ailleurs, c'est-à-dire à alvéoles petits et arrondis, à cloisons ou trabécules plus épaisses relativement à la largeur des cavités médullaires. Ces dispositions donnent à ces portions des os longs une résistance à l'écrasement et une difficulté à se laisser couper qu'on ne trouve pas dans l'extrémiié opposée de l'os, ni surtout dans les os plats ou courts des mêmes animaux. Cette épaisseur des cloisons qui donne à l'os un état aréolaire avec une dureté qui fait qu'il éclate, plutôt qu'il ne se coupe comme le tissu spongieux proprement dit, existe déjà avant que l'extrémité épiphysaire soit ici soudée à la diaphysaire.
La disposition des lames et trabécules limitant les alvéoles du tissu spongieux n'est ni absolument irrégulière ni arbitraire.
On sait que déjà Ç,Qrà^ [Physiologie médicale. Paris, 1855, in-8, p. 405). et Bourgery [Anatomie, t. I et IV) peu après, avaient noté que le tissu spongieux
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des os n'est pas, comme on le croit, formé d'aréoles disposées sans ordre ; Bourfferv avait spécifié que ces aréoles sont disposées par séries longitudinales et parallèles, représentant comme des faisceaux de petites colonnes creuses dont la cavité est interrompue par des cloisons transversales ; qu'aux extrémités des os longs les aréoles reportent le poids des surfaces articulaires sur la substance compacte de la diaphyse et sont des organes de la sustentation en même temps que des réservoirs pour les vaisseaux.
En 1867 {Archiv filr Anat. und Physiol. Berlin, in-8), H. von Meyer montra que les colonnes et les lamelles du tissu spongieux sont disposées suivant des lois telles qu'elles représentent des trajectoires, faisant qu'elles résistent tant à la traction qu'à la pression.
Récemment {Beitrâge zur Biologie. Zurich, 1882) il a montré que, dans les cas oîi deux surfaces articulaires de forme à peu près plane du même os sont disposées paraUètement, les colonneltes et les lamelles de la substance spongieuse passent directement d'une face articulaire à l'autre ; elles sont disposées comme les fds d'un grillage par rapport à deux plaques, quoique réunies par des colonneltes transverses, de manière à représenter un tissu spongieux.
Les coupes passant par les deux surfaces articulaires de l'os naviculaire, de l'os crochu, en sont des exemples. Ces coupes montrent, en outre, qu'au milieu, «n Ire les deux surfaces articulaires, il y a un terrain neutre où les mailles Unes et nombreuses des deuxsurfaces sont remplacées par des lamelles et des colonnettes à mailles plus larges et à masse plus forte, bien que la direction des lamelles soit la même. Les corps vertébriux en offrent de très-beaux exemples. Les trajectoires des corps vertébraux sont dans une certaine mesure la continuation des fibres des disques intervertébraux : ce sont donc des trajectoires de pression et de traction, tandis qu'aux os de la main ce ne sont que des trajectoires de traction. Il appelle la substance spongieuse à mailles fines des surfaces articulaires les trajectoires des surfaces articidaires, et celle à mailles plus fortes, intermédiaire à la première, la substance spongieuse intermédiaire.
Dans les deuxième et troisième cunéiformes du pied, la substance spongieuse intermédiaire prend la forme de masses solides, parallèles à la surface dorsale. Ces lames sont réunies par de fines colonnettes. Il est incontestable que ces lames servent à recevoir efficacement les pressions tant des surfaces articulaires antérieures et postérieures que des deux surfaces latérales.
La substance spongieuse intermédiaire sert de point d'appui aux trajectoires des surfaces articulaires, surtout dans les cas où les deux surfaces articulaires correspondantes ne sont pas parallèles. Exemple : le corps vertébral lombaire le plus inférieur, Vos naviculaire, le semi-lunaire, le trapèze, le cuboïde du tarse.
La substance spongieuse intermédiaire apparaît donc comme une portion spéciale de r architecture des os, et sa présence caractérise la structure interne des os ronds. Il assimile son rôle à celui de la couche compacte des os longs.
Épiphjsesde forme plate ou peu concave des os longs; extrémité inférieure du tibia, les deux extrémités du radius, têle du cubitus, base de l'os métacarpien du pouce, base des phalanges de la main et des doigts du pied, etc. Ces épiphyses reçoivent des pressions de deux surfaces articulaires parallèles. Elles se trouvent dans les conditions du corps des vertèbres. De là, même structure : près de la surface articulaire se trouve une bordure ou liséré de trajectoires placées verticalement ; une bordure pareille se trouve près de la couche syn-
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chondrale de conjugaison (p. 50), et entre les deux il y a une substance spongieuse à mailles larges.
Du coté de la diaphyse se trouvent des lamelles qui partent de la couche compacte pour se terminer sur la surface de la plaque synchondrale. Ces dernières lamelles forment à la face inférieure de celle-ci des trajectoires analogues à celles de sa face opposée. Au fur et à mesure qu'a lieu la fusion de la diapliyse et de l'épiphyse, les lamelles formant les bordures supérieure et inférieure de la couche synchondrale diminuent de nombre, de manière qu'elles finissent par constituer de la substance spongieuse intermédiaire.
Épiphyses à tête articulaire ou condyle ; condyles des os métacarpiens et métatarsiens; têtes du fémur, de l'humérus.
Elles reçoivent des pressions de tous côtés. Elles sont bordées, sur la surface articulaire comme sur la face synchondrale, par un liséré de trajectoires perpendiculaires à ces faces, et leur centre est rempli par de la substance spongieuse intermédiaire à larges mailles.
Du côté de la diaphyse, les trajectoires partent de la couche compacte et rayonnent vers la plaque synchondrale, qu'elles rencontrent en ligne droite. Plus tard, après la disparition de la plaque synchondrale, les trajectoires inférieures se continuent directement avec celles de l'épiphyse.
Cas oii l'épiphyse donne insertion à un tendon; par exemple, la tète du péroné oii l'épiphyse contient deux sortes de substance spongieuse : 1° celle qui se continue avec les trajectoires de la surface articulaire ; 2° celle qui n'est que la continuation, dans son apophyse d'insertion, du tendon du biceps fémoral et du ligament latéral externe du genou. Cette dernière substance spongieuse descend en direction longitudinale pour se continuer, sur l'os complètement ossifié, avec les trajectoires de la couche compacte.
Mcme chose pour la tète de l'humérus, pour le grand trochanter.
La substance spongieuse des épiphyses et des diaphyses, sans compter l'action du périoste, s'accroît par le développement progressif de la substance spongieuse envahissant peu à peu les deux faces de Li plaque synchondrale.
Dans les os courts et dans les épiphyses, la substance cartilagineuse, en disparaissant sous l'intluence de l'ossitication, est remplacée par de la substance spongieuse à mailles arrondies.
Dans les diaphyses, la substance spongieuse prend les caractères de mailles allongées.
Il y a donc deux types fondamentaux de substance spongieuse :
1° Le type à mailles arrondies (os ronds) propres à opposer de la résistance aux pressions venant de tous les côtés;
2° Le type à mailles allongées ou à lamelles longitudinales — diaphyses des os longs — pour résister aux pressions suivant l'axe de l'os.
11 y a en outre des types intermédiaires :
3" Une forme moyenne dans les os arrondis, quand les pressions s'exercent sur deux surfaces articulaires parallèles. Ici les lamelles vont longitudiualeraent d'une surface articulaire à l'autre. Au centre se trouve de la substance spongieuse intermédiaire ;
4° Dans les os arrondis, recevant des pressions de divers côtés, il y a superficiellement les trajectoires de la surface articulaire et au milieu de la substance spongieuse intermédiaire ;
5° Les éléments du type à lamelles longitudinales partent de la surface de la
os (anatomie et physiologie). 155
couche compacte tournée vers la moelle osseuse et se terminent toutes à un plan situé dans l'axe et à l'extrémité de la diaphyse ;
è" Le type pur à Limelles longitudinales se trouve dans la base des métacarpiens et des métatarsiens ;
7" Le type pur à mailles arrondies se trouve dans la tête des métacarpiens;
8" Le type mélangé se trouve dans l'extrémité articulaire des os longs et résulte de ce que la diaphyse possède le type à lamelles longitudinales et que l'épiphyse a le type des os sphériques. Les deux types se rencontrent dans la plaque synchondrale (H. von Meyer).
Ajoutons que dans la rotule, du côté de sa face antérieure sur une épaisseur de 4 à 5 millimètres, on compte de sept à dix lames minces disposées parallèlement à cette face, avec des cloisons de même épaisseur, perpendiculaires à cette direction, limitant de longs et étroits alvéoles médullaires, dont le plus grand diamètre est dirigé dans le sens de la longueur du membre.
D'autres lames partent des plus profondes des premières et se dirigent à peu près parallèlement vers la face profonde de l'os, en limitant des alvéoles un peu plus courts et plus larges que les précédents. Ils sont presque prismatiques à six faces, mélangés d'autres arrondis qui deviennent dominants vers le centre de l'organe.
Dans les os sésamoïdes proprement dits ce sont ces alvéoles globuleux qui existent presque exclusivement dans toute l'épaisseur de l'os au-dessous de la mince couche compacte.
Le tissu spongieux ou diploïque s'écarte un peu aussi du type ordinaire dans les portions déjà indiquées où il est sous-périostîque, c'est-cà-dire dans le bois des cervidés et sur son homologue, l'axe osseux dos cornes épidermiques ou persistantes des bœufs, moutons, etc. Sur les uns et les autres de ces animaux, le tissu de ces organes conserve les caractères communs suivants :
1" L'absence sur l'axe osseux des cornes épidermiques, comme sur les bois caducs, qui sont seulement diploïques ou spongieux, de part et d'autre, de la table de tissu compacte existant sur l'apophyse frontale, etc., d'où le contact direct de ce tissu spongieux avec un périoste plus mou et plus épais que le péricrâne ;
2° La ressemblance de cet os avec celui du squelette fœtal jusqu'à l'époque de la naissance, portant sur l'absence de canaux vasculaires à couches concentriques, même dans celles des cloisons interalvéolaires qui sont assez épaisses pour être traversées par ces canaux ;
5° L'épaisseur et les autres dispositions plus ou moins tortueuses et bosselées des cloisons limitant les alvéoles médullaires, ainsi que les dimensions et conformations de ces alvéoles, dtmnant sur les uns et les autres de ces ruminants au tissu de ces épiphyses leur aspect spécial ;
4° L'existence de la couche hyaline, mais de moitié plus mince environ sur le bœuf, etc., que sur les cervidés, manquant même par places, à la surface des lamelles limitant les alvéoles et séparant la moelle du tissu osseux (p. 108 à 109), sans qu'il y ait quoi que ce soit qui ait les caractères du tissu élastique.
Seulement, quand l'axe osseux des cornes persistantes est envahi par un prolongement des sinus frontaux, une couche de tissu compacte, plus ou moins perforé, pourvu de couches ou lamelles concentriques de Havers, comme dans le frontal, limite le sinus. L'axe osseux creux offre du tissu compacte permanent et
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complètement développé à sa partie interne sur une faible épaisseur, et sa partie extérieure reste formée comme il vient d'être dit. Avec l'âge même, la cavité du sinus s'étend vers le sommet de l'axe plus loin que cette couche compacte qui la tapissait en totalité d'abord, et alors n'est au delà limitée que par le tissu alvéolaire sans conduits de Havers.
Ce prolongement de l'os squelettique ou permanent des sinus dans le tissu spongieux ou diploïque, qui, dépassant l'apophyse frontale, conserve l'état d'os^ fœtal, sans couches concentriques, et coexistant avec la caducité, est précisément ce qui rend ici permanent l'axe osseux, pendant que son homologue des cervidés, qui reste plein, reste en même temps caduc (excepté sur le Renne et dans les cas d'hyperostoses accidentelles, où le bois des cerfs, etc., devient à couches concentriques comme l'os du squelette après la naissance).
L'os de cet axe des cornes épidermiques tranche sur la surface lisse de l'apophyse frontale par son état comme finement râpeux ou spongieux, dû aux myriades de fins d'orifices vasculaires qui s'ouvrent obliquement à sa surface. Ils sont larges de 1 à 2 dixièmes de millimètre, distants l'un de l'autre dans ces mêmes limites, et donnent à cette surface un aspect finement poreux ou comme grossièrement velouté, à déchirure filamenteuse.
Cet état poreux, finement criblé, rend ce tissu relativement mou, dépressible dans une épaisseur de q'uelques dixièmes à 1 ou 2 millimètres à la surface de l'axe osseux, selon le volume de celui-ci. Puis, d'une manière nette, à compter de cette épaisseur, ces fins alvéoles ou conduits de la surface de l'axe se montrent plus larges, de dimensions plus inégales, séparés par des cloisons un peu plus épaisses et plus résistantes à mesure que de cette surface on gagne dans l'épaisseur de l'organe. Ces fins alvéoles ou conduits superficiels disparaissent près de la jonction de l'axe osseux à l'apophyse frontale, sur laquelle ils manquent.
Cet état, sur les grands bœufs, donne à cette surface un aspect comme grossièrement velouté et à déchirure filamenteuse vers le sommet de l'axe sec. Quand il existe sur une faible épaisseur (mouton, etc.), la surface de ce dernier, relativement lisse, est seulement sillonnée de canaux et d'orifices vasculaires, ouverts du côté du sommet de l'organe, où ils sont nombreux,
La disposition des alvéoles médullo vasculaires intérieurs de l'axe, coupés soit en long, soit en travers, ne diffère pas de type et souvent même de grandeur de ce qu'on observe à la partie centrale des bois de cerf, de daim, de chevreuil, etc.
Il en est ainsi à la surface seulement de l'axe, dans l'épaisseur sus-indiquée, au niveau du prolongement des sinus, mais dans toute son épaisseur pour la portion pleine qui dépasse les sinus et forme le sommet de l'axe.
Dans celui-ci, toutefois, en général, les alvéoles sont un peu plus grands, limités par des cloisons sensiblement plus épaisses et plus rectilignes que dans les bois; en outre, ces alvéoles contiennent des vésicules adipeuses qui manquent dans la moelle fibro-vasculaire des cervidés,
La dureté périphérique des bois résulte de ce que la substance osseuse a pris la place occupée ailleurs, et avant, par la moelle et constitue un cylindre osseux, épais, rempli exclusivement par chaque capillaire sans moelle proprement dite autour. Sur les coupes transversales, ces cylindres se montrent contigus d'une manière immédiate par leurs faces externes et réciproquement comprimés. Une étroite bande claire ou une ligne un peu plus foncée mdique les plans de con-
os (anatomie et physiologie). ^35
tact réciproque des cylindres, et ils s'écartent, se séparent ici l'un de l'autre sur les coupes trop minces. Parfois des canalicules radiés d'un ostéoblaste traversent ce plan de contact pour s'anastomoser avec ceux d'un autre cylindre; le plus souvent les canalicules des ostéoplastes voisins de ce plan se recourbent du côté de leur point de départ.
Quant aux ostéoplastes mêmes de ces cylindres, ils sont disposés en cercles autour de l'axe creux que remplit le capillaire, mais sans couches de Havers proprement dites, comme la comparaison à des os qui en ont le montre
aisément.
Toutefois il faut reconnaître que, si n'était chez le Cerf, le Renne, etc., moins de netteté dans les plans de séparation et de contact à la fois des cylindres, dont les capillaires occupent le centre, un peu plus de finesse de ceux-ci, un nombre plus grand d'anastomoses entre eux, transversales et flexueuses, en n'examinant que la portion dure de leur bois, on pourrait la prendre pour de l'os ayant acquis avec l'âge les caractères du tissu compacte d'un os long, comme il est dit plus
loin.
La substance osseuse forme ainsi un cylindre autour de chaque capillaire,
quelles que soient sa direction et celle de ces subdivisions. Plus encore que dans
les os longs du squelette on constate que les limites de ces cylindres, ou plans
de contact avec leurs semblables, sont bien moins distinctes dans le sens de leur
longueur que sur les coupes transversales. La disposition des ostéoplastes en
séries, les uns à la suite des autres, dans le sens de leur plus grand diamètre,
rappelle seule l'aspect de couches concentriques, donné à la substance osseuse sur
les coupes en travers par les ostéoplastes concentiiqiiement placés sur un même
cercle, à rayon d'autant plus court qu'il est plus voisin du capillaire formant
axe (Robin et Herrmann, Journal de l' anatomie et de la physiologie, p. 249, 1882) .
Rien ne rapproche ces os des ossifications ou pièces osseuses des squelettes
dermiques contrairement à ce qui a été avancé.
Ici doit être noté l'état du tissu osseux dans Mujpertrophie avec raréfaction des os de Cruveilhier {Anatomie pathologique, t. III, p. 36. Paris, 1856); elle a été observée à la base et à la voûte du crâne chez l'iiorame et en même temps sur les os de la face chez le singe. Ici les os atteignent dans toute leur étendue une épaisseur qui peut dépasser 1 et même 2 centimètres. A la pression et à la section ils offrent une résistance qui n'est guère comparable qu'à celle du carton, et une coloration qui se rapproche plus ou moins de celle du tissu cellulaire de vascularité moyenne et différant ou non d'un point à l'autre. Les tables externe et iuterne de î'ôs sont réduites à une épaisseur de 1 à 2 dixièmes de millimètre, ou ont entièrement disparu (comme dans le cas décrit par Cruveilhier) et 1 dixième sur les os de singe que j'ai sous les yeux. C'est ici du tissu spongieux qui est pathologiquement au contact du périoste, comme il l'est normalement dans les hois de cervidés.
L'os malade est logé ou noyé dans le tissu cellulaire qui sans interruption se continue dans les alvéoles médullaires ou diploïques, les fibres élastiques exceptées toutefois, mais avec présence çà et là de vésicules adi[ieuses en nombre variable et manquant ailleurs. Ce tissu cellulaire, remplaçant la moelle ordinaire, concourt à donner le peu de consistance à l'ensemble de l'organe, en ce qu'il n'ajoute rien à cet égard aux effets de l'amincissement des lamelles osseuses individuellement, quelle que soit l'augmentation du nombre de celles-ci qui cause l'épaississement.
Quant à l'os même, il est uniformément poreux, ou mieux finement spongieux ou spongoide dans toute son épaisseur, à la manière de l'os rachitique dit éponge fine (Ruiz). Les cavités arrondies plus ou moins régulièrement ou an peu plus longues que larges ont des dimensions qui varient autour de 1 dcmiinillimètre ou environ. Les lamelles limitant ces cavités sont uniformément de même épaisseur, variant de 0'"™,04 à 0'^'",06. De là le peu de résistance du tissu. Il en est, mais peu, qui restent assez épaisses pour présenter, vers leur continuité avec d'autres, quelque fin canal à couches concentriques de Havers, qui sont très-nettes, du reste.
La substance fondamentale de l'os réfracte un peu moins la lumière qu'à l'état normal, en quelques cas du moins, mais offre un état très-finement grenu, bien marqué à peu près partout. Les ostéoplastes ne présentent au iond rien de très-anormal, hors plus d'irrégularité de beaucoup, avec un peu plus de largeur des canalicules radiés.
La décalcificotion sur une certaine épaisseur des lames et trabécules, si nette dans les cas d'ostéomalacie (p. 90), manque du reste ici, bien que sur plusieurs lames le bord se montre par gradations un peu plus transparent que le reste de l'épaisseur de celles-ci.
Du cortical osseux ou troisième variété du tissu osseux. A la suite de la description des variétés compacte et spongieuse du tissu des os doit venir celle d'une troisième variété, dans laquelle la substance osseuse dure, et les ostéoplastes ou cellules radiées sont différentes de ce qui est dans les précédentes.
Cette variété est représentée par le cortical osseux (Tenon, Sur une substance propre aux dents de certains herbivores, lu en 1805 à l'Académie des sciences). Cet important mémoire n'a pas été publié. On n'en connaît que l'analyse en quelques lignes du Magazin encyclopédique (Paris, 1805, in-8% t. lY, ji. 17-4), disant que Tenon (( appelle cortical osseux la substance propre aux dents de certains herbivores, comme les éléphants et les chevaux, laquelle enveloppe l'émail. 11 la croit formée par l'ossification de la capsule membraneuse qui renferme la dent, après que cette capsule a déposé l'émail. »
C'est le cément de Cuvier, la crusta petrosa de Blake.
L'étude de celte. variété d'os importe particulièrement aux chirurgiens pour la détermination de la nature des tumeurs de la mâchoire {voij. Maxillaires, p. 447451).
Le cortical osseux et les organes osseux homologues dans la peau sont partout uniquement compactes, sans association de tissu spongieux au compacte comme dans les os longs, plats et courts, squeleltiques, profonds; sans non plus être purement spongieux comme les bois des cervidés et l'axe osseux des cornes épidermiques.
La provenance des dents en tant qu'organes d'origine ectoderraique, mais indirecte ou ec-cellulaire {voy. Géisératiox, p. 417), faisant partie du squelette externe épidermique, à ce dernier titre spécialement doit être rappelée ici. Elle a lieu de telle sorte {voy. Dent) que la membrane fibro-derraique de l'embryon, par sa portion gingivale papillaire, en recouvre d'abord lu face externe, la face opposée à la face bulbaire ou de production, jusqu'à inclusion complète, même dans le follicule ou prolongement en follicule, petit sac ou périoste olvéolo-dcntaire. Après cette inclusion naissent autant de pièces osseuses, mais du squelette dermique (dermo-squelette), qu'il s'est produit de dents. Elles
os (anatomie et physiologie). 137
naissent, soit autour de toute la dent avec l'intermédiaire d'un cartilage préexistant de même forme, conmie pour la plupart des os du squelette [organe du cément), ou autour de la racine seulement, sans cartilage préexistant [voy. p. 58), par le mode d'ostéogenèse qui se rattache à la précession de la naissance de la substance préosseuse. Mais en raison de la production originelle de l'involution épithéliale qui a déterminé la formation d'un follicule ou sac dentaire par le derme, l'os dermique qui naît directement à son aide et à ses dépens ou par l'intermédiaire d'un organe du cément se trouve appliqué contre l'ivoire radiculaire seul, dans le premier cas contre celui-ci et contre l'émail aussi dans le cas de la présence d'un organe du cément.
C'est de la sorte que l'os du squelette dermique ou mésodermique externe se trouve appliqué et adhérent sous forme de cortical osseux, contre l'ivoire et l'émail du squelette externe ou cutané ectodermique et ici non cellulaire (voy. Cil. Robin, Leçons sur les systèmes organiques [Journal VÉcole de médecine, p. 77, 1876]).
Chaque pièce du cortical osseux est donc une pièce osseuse dermique, mais sans que jamais l'un puisse remplacer l'autre, c'est-à-dire sans que l'os, élément d'origine endodermique, remplace nulle part l'ivoire, élément non cellulaire d'origine ectodermique (voy. Génération, p. 417), contrairement à ce que disent quelques auteurs (Gegenbaur, Anatomie comparée, trad. fr. , 1874, p. 558) ; et cela bien que le cortical osseux des mammifères reste l'homologue de la couche osseuse qui compose les plaques dermiques des Sturioniens et des Crocodiliens (Caïman, etc.).
De même que les plaques osseuses dermiques manquent dans nombre de vertébrés, celles du cortical osseux n'existent guère que sur les dents des mammifères.
D'autre part, on sait que l'organe de l'émail, comme Fémail même, manque aux défenses de l'éléphant, du mastodonte, aux dents des cachalots, des dugongs, etc., bien qu'il existe sur celles des delphinides.
Inutile de dire que cette variété des os manque de moelle, que son existence et son mode de génération sont contraires aux hypothèses qui font de la substance osseuse un dérivé de la moelle, des ostéoplastes une transformation des méduUocelles, et qui disent l'os baigné dans la moelle (p. 4 et 8). Les vaisseaux et leurs conduits avec couches concentriques existent sur les plaques osseuses cutanées des crocodiliens et des esturgeons, mais nous verrons qu'ils manquent soit toujours, soit pendant la plus grande partie de la vie, sur le cortical de chaque dent des mammifères.
Dans cette variété, la substance osseuse est disposée en une ou plusieurs couches concentriques plus ou moins épaisses, non autour de conduits de Havers, qui lui manquent sur la plupart des animaux, mais autour de la racine ou de la couronne dentaire; elle est pourvue d'ostéoplastes qui dans un très-grand nombre de cas se distinguent notablement de ceux des autres os; elle se produit tant à l'aide et aux dépens d'ostéoblastes et de substance préosseuse en certains points, que du cartilage préexistant ailleurs [voy. Dent). N'étant jamais pourvu d'alvéoles ni de moelle, le cortical osseux se distingue nettement du tissu spongieux, diploïque ou alvéolé. 11 se distingue de l'os compacte en ce qu'alors même qu'on y trouve des canaux de Havers dans quelques espèces de mammifères il n'est pas constitué par juxtaposition de ces tubes vasculifères à couches osseuses concentriques.
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L'os compacte ni l'os spongieux squeleltiques ne présentent, comme la variété corticale, des dispositions aussi nettement distinctes, sur les coupes minces, comme à l'œil nu, sous lonnes de couches concentriques générales superposées, ayant une épaisseur qui peut varier de 1 centième à un dixième de millimètre ou environ; couches dont les diftérences soit de ton à l'œil nu, soit de transparence sous la lumière transmise, tiennent tant aux différences de nombre des ostéoplaslesdont elles sont creusées qu'à des particularités de striation, etc., dont il sera question.
Le plan de contact indique lui-même par sa direclion que tantôt la couche a régulièrement la courbe de la surface de la dent ou qu'elle offre en outre des ondulations ou flexuosite's.
Bien que le cortical soit disposé en couches sur plusieurs points autour de la couronne de chaque dent composée, on y trouve, plus que sur les racines (les cétacés exceptés), des portions de cet os qui sont restées homogènes sur une épaisseur relativement considérable. Ce dernier fait s'observe moins dans le cortical radiculaire ; ici les nombreuses couches bien distinctes et les striations de la substance fondamentale rappellent les dispositions dues à l'état fibrillaire du périoste auquel les osléohlades et la substance ostéino-calcaire se sont graduellement substituées et de plus en plus avec l'âge.
Sur riionnne et autres animaux, dès que cette variété de tissu osseux forme plusieurs couches concentriques, la substance dure de chacune peut être, en effet, soit homogène, soit plus ou moins striée, généralement dans le sens de la longueur de la dent.
11 y a presque toujours une différence à noter entre la couche interne et la couche externe, différence qui porte non-seulement sur l'épaisseur, mais sur le nombre et les autres dispositions des ostéoplastes.
Une mince couche (0'"'",01 à 0'"'",03) homogène non grenue, absolument sans ostéoplastes ou n'en montrant que de loin en loin, peut exister à la surtace périostique de tout le cément, soit radiculaire (homme, mouton, etc.), soil radiculaire ou coronaire à la fois (cheval, Cétacés, divers Ruminants, etc.). Une couche sans ostéoblasles, ou n'en contenant que fort peu sur d'autres sujets, homogène ou grenue, peut être interposée au reste du cortical d'une part, et de l'autre soit à l'ivoire radiculaire seul, soit à lui, puis à l'émail (Ruminants, Solipèdes). Il peut en être ainsi sur une certaine étendue, après quoi cette couche abandonne l'ivoire ou l'émail pour se glisser et s'interposer dans l'épaisseur du cortical, entre deux couches de constitution ordinaire.
Sur quelques individus c'est une couche aussi riche en ostéoplastes que les autres qui louche soit l'ivoire radiculaire, puis l'émail aussi (Ruminants).
Cette couche la plus profonde ou première couche peut être lisse ou plus ou moins chargée de bosselures demi-globuleuses ou rognons, simples ou multiples et superposés, s'enfonçant dans des dépressions correspondantes qu'elles remplissent tant dans l'émail (Ruminants, Sohpèdes) que contre l'ivoire radiculaire; bosselures pourvues ou non d'osléoplastes. Sur quelques individus la couche superficielle ou externe du cortical présente des bosselures semblables, simples ou composées, généralement sans ostéoplastes, qui s'enfoncent dans l'os sous-jacent (homme, etc.). Sur l'homme au moins, on voit parfois aussi une couche dans l'épaisseur du cortical présenter des bosselures mamelonnées semblables, qui s'enfoncent dans une des autres couches contiguës ou la repoussent.
Une ou plusieurs minces couches sans ostéoplastes, ou n'en renfermant que de loin en loin, peuvent se trouver dans l'épaisseur du cortical, interposées à d'autres de constitution ordinaire. Cette absence ou cette rareté des ostéoblastes se rencontre particulièrement, comme on le sait, dans une étendue plus ou moins grande partout eu le cortical s'amincit pour bientôt cesser d'exister au collet de la dent, vers l'orifice radiculaire de la pulpe, ou sur l'émail de la couronne (Solipèdes, Ruminants, etc.).
Notons que dans l'examen du cortical osseux, de ses ostéoplastes surtout, il faut tenir compte des différences d'aspect que présentent ces éléments et leurs canalicules, selon que la préparation est faite de manière à les laisser pleins d'air ou au contraire à les remplir d'un liquide.
Quelles que soient les espèces et l'âge des animaux dont on observe le cortical osseux, on peut dire que ce n'est guère que dans la moitié des pièces ou des portions d'une même préparation que les ostéoplastes sont semblables à ceux des os qu'on leur compare. On ne les voit presque tous réguliers que dans un petit nombre de coupes, sur l'homme, par exemple, et moins souvent peut-être qu'on ne les trouve presque tous irréguliers.
Nous avons déjà dit que sur une même dent des couches concentriques où ils sont peu nombreux, absents même par places, alternent avec des couches dans lesquels ils sont si rapprochés et avec chacun un chevelu de canalicules radies anastomotiques si abondant, que la pièce est noire et opaque sous le microscope, si ces ostéoplastes sont pleins d'air (homme, cachalot, etc.). Rien de plus curieux et de plus varié dans les ostéoplastes du cortical qui ont la grandeur ordinaire de ceux des os squelettiques, que leur propre forme soit ovalaii'e droite ou inlléchie en portion de cercle, qu'elle soit globuleuse ou ovoïde, irrégulière ou non, pouvant être larges de 0™"',02 à 0'"'",08, près ou loin de l'ivoire et de l'émail (Pachydermes, Ruminants, etc.); qu'elle soit enfin prismatique irrégulière, à trois ou quatre angles prolongés (Rongeurs). D'autres variétés d'aspect sont duesaux dispositions perpendiculaires, parallèles ou obliques, par rapport à la surface du cément, des ostéoplastes ovalaires ou lenticulaires plus ou moins longs et aplatis. Notons encore parmi ces derniers ceux qui, semblables aux autres pour le nombre, le diamètre et la longueur des canalicules radiés, ont une cavité, centre d'irradiation, qui dépasse à peine le volume d'un des plus gros canalicules radiés et ressemble à une fissure ou à un bâtonnet plus ou moins court, droit ou recourbé, auguleusement ou non, dont part le chevelu de canalicules.
Quant à ce chevelu de canalicules (fig. 15), il est encore plus varié et plus curieux dans ses dispositions, par le nombre et la largeur des conduits, leurs bords réguliers ou bosselés, avec ou sans flexuosités, le nombre de leurs subdivisions Uexueuses, arborescentes elles-mêmes, en feuille de fougère, ou en barbe de plume en un long pinceau sur un canalicule principal pouvant atteindre une longueur d'un dixième de millimètre et plus (chats). Sur beaucoup d' ostéoplastes l'ensemble des canalicules part comme d'un centre sous forme de chevelu frisé, se recourbant et comme retombant d'un même côté, opposé à celui vers lequel ils se dirigeaient d'abord (homme, etc.).
Parmi ces canalicules radiés périphériques signalons ceux de certains ostéoplastes qui très-longs passent sucessivement au travers de plusieurs couches concentriques, se dirigeant perpendiculairement ou obliquement vers la surface externe ou libre du cortical ; légèrement onduleux ou non avec ou sans grandes
140 OS (anatomie et ph vsioi.ogie).
courbures, ils s'anastomosent ; quelques-uns rejoignent ceux d'autres osléoplastes ou la cavité même de ceux-ci (cachalot, etc.) ; leur direction fait que les lames minces les montrent souvent dirigés parallèlement, plus ou ruoias écartés, après avoir coupé leurs communications originelles et terminales, ce qui les a fait considérer comme canalicules indépendants {voy. p. 122 et 128) plus ou moins fins, ou les a fait comparer à des canalicules de l'ivoire (liomme, etc.), gagnant dans le cortical osseux, et les a fait enfin figurer comme tels, inexactement. Us sont parfois tellement rapprochés qu'ils forment des nappes ou écheveaux noirs, plus ou moins larges, plus ou moins longs en tel ou tel point de l'épaisseur du cortical, près ou loin de ses faces (homme, etc.). Les coupes en montrent, comme nous l'avons dit, davantage dont la communication avec les ostéoplasles est enlevée qu'il n'en reste dont l'origine soit
conservée, sur l'homme en particulier; mais il en est pour lesquels cette continuité est incontestable.
Certains ostéoplastes ont des canalicules longs également comme les précédents, mais ayant une direction quelconque, des flexuosités anguleuses plus ou moins pronoiicées, avec ou sans varicosités, une plus grande largeur que ceux qui les avoisinent ; tellement pour certains qu'ils semblent être un prolongement direct de toute la cavité de l'ostéoplaste (homme, Solipèdes, Ruminants, insectivores, etc.) dont ils partent pour en rejoindre quelque autre. Toujours, du reste, comme dans le squelette, le contour de la cavité est rendu plus ou moins irrégulier et anguleux selon la largeur du canalicule à son point de départ, de même que les subdivisions d'un même canalicule s'anastomosent entre elles aussi bien qu'avec celles de tout autre.
Certains de ces canalilules, larges ou minces, et les ostéoplastes même étroits et allongés qui sont superficiels, s'ouvrent directement à la surface sous-périostique du cortical, lorsque manque encore la couche hyaline superficielle susindiquée (p. 138) sur les jeunes sujets (homme, taupe, etc.).
Il est incontestable aussi, d'autre part, que quelques ostéoplastes, directement ou par des canalicules de la couche radiculaire profonde, communiquent avec une ou plusieurs terminaisons, soit des fins conduits de lïvoire, soit des irrégulières dilatations terminales de ceux-ci et des cavités anguleuses limitées par les globules de la dentine {voy. De>t et Maxillaires, p. 447), non partout, mais en divers endroits.
On sait du reste qu'au point de vue des formes, du nombre, des dimensions, de la régularité des groupements, paralléliques ou autres, des ostéoplastes dans les couches du cortical, au point de vue des dispositions, des longueurs, largeurs, directions, ramifications et anastomoses de leurs canalicules grands et petits (sans sortu' des constitutions normales), il y a d'un animal à l'autre des différences qui sont une cause constante de surprises et qui échappent vraiment à toute description. Telles sont, par exemple, celles qu'on observe sur les
Fig. 15. — Ostéoplasles géants et autres réguliers ou non de l'homme, grossis 300 l'ois (Pouihot et Tourneux, d'après une préparalion de M. Vallois).
os (anatomie et physiologie). 141
Cétacés (cachalot, morse, Dauphin, etc.), comparativement aux autres grands Mammifères.
Ici ne doit pas encore s'arrêter cette comparaison de l'os du cément à celui des tissus compacte et spongieux du squelette.
On sait que A. Retzius [Ueber den innern Ban (1er Zahne, etc. [Archiv fiir Anat. und PhysioL], Berlin, 1857, p. 546) a noté que les cellules osseuses du cortical sont d'inégale grosseur, les unes étant de cinq à six fois plus grosses que les autres, longues de plus d'un dixième de millimètre, soit à peu près d'égal diamètre en tout sens comme dans les os, soit au contraire très-allongées^ presque en forme de tube. R. Owen a confirmé ces faits sur nombre de mammifères (1840-1845); ainsi que Czermak, Hannover et autres, Kolliker signale et figure celles de ces cavités qui sont dépourvues de canalicules (Mikroskopiscite Anatomie. Leipzig, 1852, t. Il, p. 82, fig. 202) et les considère comme des lacunes ou espaces anfractueux qui suivant lui sont bien certainement d'origine pathologique {Histologie. Trad. franc, p. 487). Pouchet et Tourneux désignent sous le nom d'ostéoplastes géants les cavités plus grandes que les autres {Histologie. Paris, 1878, p. 516, fig. 140 B).
Nous devons actuellement décrire des ostéoplastes qui, constamment, mais en nombre variable d'un individu et d'une espèce à l'autre, sont mêlés aux précédents ; qui enfin offrent encore un plus grand nombre de variétés et ne se rencontrent que dans le cortical osseux. On les trouve sur les dents d'animaux, l'homme y compris, qui ne sont pas encore adultes, mais en moindre proportion que sur les adultes et les vieillards. Ce fait suffit néanmoins pour montrer qu'ils ne sont pas des productions pathologiques, bien que le maximum de leur quantité et de leur développement individuel s'observe dans les exostoses céraentaires de l'homme et du cheval dont nous aurons à parler.
Tout porte à croire que beaucoup de ces grands ostéoplastes résultent de ce que plusieurs ostéoblastes , au lieu d'un seul, ont été englobés par la substance fondamentale (p. 5 et suiv.), d'où l'anomalie du développement de la cavité qui les contient. Mais le fait ne sera certain qu'autant que l'on aura traité des dents et des odoutomes frais comme ou le fait pour étudier l'osteogénèse.
(Juoi qu'il en soit, notons d'abord ici les dispositions d'ostéoplastes différents le moins des précédents, qui se rencontrent sur le cortical osseux soit radiculaire seulement (homme, etc.), soit aussi coronaire (Ruminants, Pachydermes, Cachalots, Rongeurs, etc.). Parallèles aux surfaces soit de l'émail, soit de l'ivoire, ils ont un ou plusieurs canalicules perpendiculaires à la direction de l'ostéoplaste; ils restent reconnaissablesdans des cas où ce canalicule, dès son origine ou plus loin, se montre plus large que la cavité radiée dont il part, avec des canalicules latéraux et une longueur pouvant dépasser 0"'",8, sur une largeur de 0'"'",006 à 0'^'^,020. Parfois ils restent de la largeur de l'ostéoplaste encore reconnaissable qui paraît en être le point de départ et dont ils ne semblent être qu'un large prolongement.
Les autres des ostéoplastes dont il est question ici se distinguent en ce que. soit en conservant la largeur ordinaire, soit en devenant de six à sept fois plus larges, ils acquièrent une longueur de 0"'°',08 à 0'"'",10. Quelques-uns même acquièrent ces dimensions dans tous les sens, formant une cavité globuleuse ou prismatique irrégulière, avec ou sans prolongements latéraux plus petits. Les uns et les autres ne seraient pas rcconnaissables pour ce qu'ils sont, n'était leurs canalicules radiés s'anastomosant avec des ostéoplastes ordinaires.
142 OS (anatomie et puYsiOLOCit:)-
D'autre part le chevelu que ces canalicules forment est, sur beaucoup d'animaux, chez l'homme, les éléphants et les chats surtout, tellement abondant, qu'il masque la cavité ou ses contours, tant que l'air qui rend opaques les canalicules n'a pas été remplacé par un liquide.
Ceux qui restent étroits ont les aspects les plus divers selon qu'ils sont droits ou infléchis jusqu'aux trois quarts du cercle, parfois comme un tube soit simple, soit avec deux, trois ou quatre divisions, cylindriques ou anguleux, avec ou sans renflements et resserrements par places, avec ou sans appendice soit latéral, soit terminal en forme de larme batavique. Avec moins de longueur qu'ailleurs ces dernières formes sont communes dans les saillies ou rognons mamelonnés de la couche profonde, qui s'enfoncent dans le cément et l'émail (p. 158). Les unes et les autres de ces formes diverses sont parfois en communication plus ou moins directe et plus ou moins large avec des ostéoplastes normaux. Parmi elles, il en est qui, au lieu de l'abondant chevelu de canalicules des autres, n'en prosentent qu'un petit nombre et même jusqu'à deux ou trois seulement. Bien que le fait soit rnre, il en est qui en manquent absolument et qui par là et par leur forme justifient le nom de fentes ou lacunes ([\ù. leur a été appliqué. Parmi ces ostéoplastes allongés sous forme de tubes dont la largeur va jusqu'à plus de 0""",1 et plus, il en est de ceux qui sont superficiels qui s'ouvrent à la surface sous-périostique soit directement, soit par l'intermédiaire d'un de leurs canalicules.
Nous avons déjà dit que les ostéoplastes ayant ces formes diverses sont éloignés les uns des autres ou au contraire nombreux par places au milieu ou loin de ceux qui ont la constitution la plus habituelle.
Retzius a décrit [loc. cit.) sur le cheval, etc., des conduits perpendiculaires à la surface de la dent, parallèles entre eux, subdivisés, qu'il donne comme comparables dans une certaine mesure aux canaux de la moelle des os et dans lesquels ni tubes ni vaisseaux ne se jetaient.
R. Owen {Odontof/raphy. London, 1840-18i5, iii-8"; p. 509, pi. 157, V, etc.) les a aussi décrits et figurés sous le nom de canaux vasculaires du cément distinct des cellules de cet os qu'il appelle calcigères. Il les décrit dans la couronne dentaire du cheval, des Mégatheriums, etc., comme tortueux, pourvus de couches concentriques, etc. 11 les a indiqués successivement sur le bœuf (p. 539), les Suidés ([j. 500) et nombre d'autres mammifères tant vivants que fossiles. Avec Retzius il note dans le cément radiculaire et coronaire des Rhinocéros, etc., parmi les cellules radiées du cément, celles qui sont grandes, soit anguleuses, soit prolongées en tube (p. 599).
KôUiker ensuite les a figurés chez l'homme comme étant des canaux de Havers terminés en cul-de-sac. larges de 0'"™,02; trop étroits pour contenir à la fois des vaisseaux et de la moelle, ils n'existeraient que dans les cas d'Iiyperostose sur les vieillards et non lorsque le cément n'a que son épaisseur normale. Mais j'ai encore des coupes faites sur des petites molaires normales de l'homme dans lesquelles le cortical osseux épais d'un demi-millimètre seulement montre de ces canaux, soit simples, soit bifurques. A égalité d'épaisseur le cément, hypertrophié ou non, présente du reste des conduits dans un cas et en manque dans Pautrc.
De plus, dans les parties épaisses du cément des molaires d'homme entre les racines, entre les plis de l'émail de la couronne sur les Rongeurs, Solipèdes, Ruminants, l'éléphant, etc., on trouve tous les passages des ostéoplastes
os (anatomie et physiologie). 143
ovoïdes, allongés ordinaires, jusqu'à ceux qui sont larges de 0""",10 à 0""",50, tant simples que bifurques ou tiifurqués. On en voit enfin parmi ceux de la surface qui s'ouvrent plus ou moins largement sur celle-ci tout en conservant leurs canalicules radie's, soit rares, soit par myriades, et l'état comme alvéolé ou limité par de petites facettes de marqueterie de leur face interne. Ces dispositions en particulier ne se voient bien que si ces ostéoplastes sont pleins d'un liquide qui laisse la lumière les traverser et non d'air qui arrête celle-ci et les rend noirs, avec un aspect qui par suite est très-différent.
Or toutes ces particularités se retrouvent sur les tubes dont il est ici question et que pour abréger j'appellerai tubes de Retzius, si ce n'est que ces derniers s'ouvrent largement à la surface sous-périostique, comme un long ostéoplaste dont la cavité aurait été coupée dans sa partie large.
Ces grands ostéoplastes tubuleux ouverts au dehors par un bout, pris tels qu'on les voit communément, en tant que tubes, offrent en outre les caractères suivants et constituent un véritable système de conduits chez quelques animaux tels que les pachydermes. Larges de 1 à 4 centièmes de millimètre, parfois de 6 ou 8 centièmes, ces conduits cylindriques sont généralement simples lorsque l'épaisseur du cément n'atteint pas un demi-millimètre. Quelques-uns sont bifurques ou trifurqués quand il a cette épaisseur. Perpendiculaires plus ou moins obliques ou même parallèles à la longueur de la dent, droits ou plus ou moins infléchis, ils se terminent en cul-de-sac, tantôt sans traverser toute l'épaisseur du cément, tantôt au contraire plus ou moins près soit de l'ivoire radiculaire, soit de l'émail coronaire (Solipèdes, etc.), presque à leur contact pour quelques-uns.
Leur terminaison en cul-de-sac par un des larges ostéoplastes décrits plus haut, renflé ou au contraire plus mince qu'eux, se constate de la manière la plus nette chez l'homme comme sur d'autres Mammifères. Des canalicules radiés, parfois par myriades, partent de ces canaux ou tubes. Il n'est pas rare de voir un des ostéoplastes normaux qui les entourent s'ouvrir directement dans leur cavité sur un point de leur longueur, qu'ils soient ou non en rangées concentriques, car ces deux dispositions se rencontrent, soit d'une pièce à l'autre, soit sur la mcme.
D'autre part leurs inflexions, leurs canalicules radiés rayonnant perpendiculairement à leur longueur, les distinguent bien des cavités et des canaux de même jji largeur ou plus grande, réguliers ou non, droits ou incurvés simples, bifurques p ou trifurqués, etc. , qui très-généralement parallèles aux tubes de l'ivoire se voient dans celui de certaines dents humaines ou autres. Il importe en outre de signaler K ces différences parce que ces canaux de l'ivoire se rencontrent non-seulement g dans les odontomes ébiirnés, mais parfois dans la portion de l'ivoire radiculaire ^ à laquelle adhèrent les exostoses du cortical. Le plus ordinairement ils sont en communication avec les espaces creux que laissent entre eux les globules de la dentine {ostéo-dentine de R. Owen) et ils semblent en être une provenance avec agrandissement anormal {voy. Dent et Maxillaires, p. 447).
Dans l'ouverture des canaux de Bet:iius ou du cortical osseux à la surface de celui-ci, s'enfonce plus ou moins profondément en s'amincissant peuàpeu, pour bientôt cesser d'être, la mince couche superficielle pâle, à ostéoplastes rares ou ,, nuls de cet os, quand elle existe. Plus loin ce canal droit ou infléchi se bifurque '^ ou trifurque une ou plusieurs fois, si le cortical est épais comme sur les grosses ^ molaires des vieillards et sur les autres mammifères à dents composées et
144 OS (a.natomie et puïsiolûg ie).
même sur le cortical interne, épais de 0'"'°,4, tapissant le godet de la couronne des incisives vierges du cheval, aussi bien que dans celui qui tapisse leur émail, à l'extérieur de la couronne au même niveau.
Sur les dents composées plus particulièrement (solipèdes et éléphants tant vivants que fossiles), il n'y a pas que les tubes décrits par Retzius comme parallèles entre eux et perpendiculaires aux surfaces dentaires latérales. On en voit bien de tels jusqu'au sommet de la racine, mais il y en a en plus grand nombre encore dans le cortical qui comble les dépressions ou sillons laissés par les replis de l'émail et de l'ivoire à la fois, que dans celui qui reste tout à fait extérieur. Ils y sont également plus uniformément distribués, tant parallèlement que plus ou moins obliquement par rapport à la hauteur de la dent. Beaucoup y sont un peu plus minces (0'"'",0I) que ceux des parties latérales superficielles. Ils sont nombreux également dans le cément qui tapisse et remplit plus ou moins les profonds godets ou culs-de-sac de la surface triturante. Ici la plupart sont horizontaux ou plus ou moins obliques par rapport à cette surface triturante et s'ouvrent dans le godet. Us sont du reste plus nombreux sur les solipèdes, les éléphants et les hippopotames, que sur les ruminants.
Vers ces réglons à partir de leur orifice dans les godets ou culs-de-sac de la couronne ks canaux de Hetzius s'épanouissent en subdivisions plus ou moins courbes, écartées au plus l'une de l'autre de O^'^.Oi à 0'"'",10, plus ou moins incurvées parfois en feuilles de fougères ; elles vont enfin se terminer en cul-de-sac sans renflement près Je l'émail, sans le toucher tout à fait, après plusieurs bifurcations et trifurcations. Quelques-unes se terminent en formant une anse qui va rejoindre soit le même conduit, soit une autre branche de ce même conduit, ou enfin un autre canal plus ou moins parallèle au premier et vgisin ou non de lui, près ou loin de l'émail. Plus rarement une anastomose en arc entre deux canaux de Retzius existe avant^leur terminai'^on, ou encore deux se réunisseul en un seul qui plus loin se termine en cul-de-sac.
Au fond des godets ou culs-de-sac de la couronne sur quelques individus les canaux de Retzius précédents partent des côtés de quelques autres plus larges [0'"'",08) parfois régulièrement espacés qui sont dirigés verticalement pendant que les plus fins se lendentplus ou moins obh'quement par rapport à la longueur de la dent vers l'émail. Sur les molaires de l'éléphant les canaux de Retzius sont distribués comme les précédents, mais généralement pleins d'air, ainsi que leurs canalicules et les ostéoplastes ordinaires, ils conservent davantage l'aspect des osléoplastes géants tubuleux fermés aux deux bouts.
Sur tous ces animaux et sur les Ruminants l'amincissement du cément sur Is racine des dents, comparativement surtout à celui de la couronne, s'accompagne de l'absence de ces conduits. Dans les Ruminants le cortical, qui sur les côtés de la couronne s'enfonce dans les sillons formés par les plis de l'émail, a des canaus de Retzius distribués de la même manière que sur les Pachydermes, sauf moins de régularité et un moindre nombre. Dans certains sillons il n'y en a qu'un qui reste simple ou subdivisé une ou deux fois, ce cortical en est dépourvu partout où il reste mince, particulièrement sur les petites espèces (moutons, etc.).
Le cortical qui comble tout ou partie des profonds et minces godets ou culsde-sac de la couronne diffère sensiblement de celui qui est extérieur; il est creusé de conduits verticaux retenant ou non des débris alimentaires végétaux, qui d'une largeur d'un millimètre environ descendent graduellement à celle de
os (anatomie et physiologie). 145
0'""\05 ou à peu près en approchant du fond des godets. Sur quelques espèces (moutons, etc.) une mince couche dure hyaline, sans ostéoplastes, jaunâtre comme est ici tout cet os, limite la face interne même de ces conduits.
Ces derniers sont circulaires ou ovalaires plus ou moins aplatis. Il en part des canaux de Retzius, presque tous dirigés dans le sens de la longueur. Certains ont une ou plusieurs couches concentriques, avec ou sans ostéoplastes, et souvent une seule couche alors hyaline et sans ostéoplastes : en se bifurquant et trifurquant ils descendent à un diamètre qui pour la plupart est moindre qu'un centième de millimètre; plus uniformément distribué dans tout le cortical des godets ou culs-de-sac coronaires des ruminants que sur les solipèdes, ils sont d'un volume plus inégal. Ces tubes communiquent par des canalicules radiés avec les ostéoplastes généralement irréguliers. Des plus larges conduits verticaux précédents partent transversalement d'assez nombreux conduits de largeur inégale, descendant à un diamètre de 0™'",01, entourés ou non de couches concentriques. Us sont anastomosés et limitent des mailles qui rappellent ici, plus que dans les autres familles, les canaux de Havers. Souvent autour des plus petits la couche la plus interne est hyaline, sans ostéoplastes. Ce fait est habituel autour de certains tubes, oblitérés en quelque sorte, dont le canal n'est plus représenté sous le microscope que par un point foncé, arrondi ou étoile, de volume moindre que celui d'un ostéoplaste normal.
Parmi Jes minces canaux de cet os il en est qui, droits ou flexueux, larges de 0™",01 à 0™'",02, suivent la direction des parois du godet tout près de l'émail que ce cortical tapisse.
Dans les coupes tant longitudinales que transversales on peut constater encore sur tous ces animaux que nombre de ces conduits sont directement creusés en quelque sorte dans l'os, sans couches concentriques (absence constante sur l'homme) avec des canalicules ladiés périphériques gagnant ceux des ostéoplastes normaux qui les avoisinent de toutes parts. D'autres, sur une épaisseur de 0mm Q2 ^ 0"'™,08, sont entourés d'une ou de plusieurs (castor, myopotames, solipèdes, etc.) minces couches concentriques, mais partout moins nettes que dans le tissu compacte du squelette. Leur substance est souvent homogène, hyahne, plus transparente qu'au delà ; fréquemment dépourvues d'ostéoplastes, ces couches sont traversées néanmoins par les canalicules radiés sus-indiqués partant du canal. D'autres canaux, mais en moindre nombre, sont limités par une ou plusieurs couches semblables, qui extérieurement sont bosselées ou mamelonnées sur toute leur longueur ou sur une partie seulement. Dans les coupes transversales ces canaux ressemblent aux ostéoplastes normaux ou géants, réguliers ou non, qui seuls ou au nombre de deux ou trois sont comme encapsulés, au milieu des autres, par une ou plusieurs couches concentriques, extérieurement mamelonnées et bosselées (p. 138). Des canalicules radiés partant des canaux traversent ou non ces couches mamelonnées, La coupe de quelques-uns de ces canaux, entourés ou non de couches concentriques, est réduite, comme nous l'avons dit, à l'aspect étoile que donnerait la section de tubes mous oblitérés par retrait et contact réciproque des plis de leur face interne.
Notons ici que sur les solipèdes ils sont de volume plus égal et en même temps plus fins que ne le sont les canaux de Havers du squelette et en particulier plus nombreux, c'est-à-dire plus rapprochés les uns des autres. Cette uniformité de calibre est moins prononcée dans le cément des godets du bœuf et DICT. ENC. 2° s. XVi[I. 10
146 OS (anatomie et physiologie).
autres grands Ruminants, mais ils restent plus nombreux que les canaux de Ilavers du squelette.
Nous avons déjà dit que les coupes des grands ostéoplastes (p. 141 et 145) et des canaux de Retzius, quand des couches concentriques existent autour d'eux, simuleraient des canaux de Havers, n'était que les canalicules radiés qui les entourent partent manifestement, par myriades parfois, des canaux de Retzlm, au lieu de naître des ostéoplastes de la couche la plus interne de chaque canal de Havers pour converger vers celui-ci, ainsi que cela est dans les os du squelette. De plus, les canaux de Havers ne présentent pas l'état finement alvéolé ou en marqueterie qu'on trouve sur les canaux de Retzius comme sur les grands ostéoplastes allongés en forme de tubes, mais fermés aux deux bouts (p. 140).
Spécifions en outre que ce n'est point l'épaississement sénile, ni l'hypérostose morbide du cément de l'homme, etc., qu'on peut considérer comme cause de la production des canaux de Retzius, car nous avons vu déjà qu'ils existent sur l'iiomme et des animaux jeunes ou adultes dans du cortical n'ayant pas un demi-millimètre d'épaisseur. Inversement, ces canaux manquent tout à fait, ou sont au nombre de 1 à 4 seulement, sur chaque coupe des dents de morse et de cachalot, le cortical, à couches concentriques très-distinctes, mesurant sur des pièces tirées de ce dernier jusqu'à 10 et 11 millimètres d'épaisseur. Les ostéo|)i;is(es géants, les irréguliers du moins, manquent d'autre part dans le cortical osseux de ces animaux, des Delphinide?, etc.
Ils manquent encore, ainsi que les canaux de Retzius, dans le cortical de l'incisive des hippopotames, de la défense sans émail des éléphants, malgré son épaisseur.
On voit d'après ce qui précède que, si les cana^ixde iîef^n/s étaient des conduits vasculairesde l'os cortical, comme ceux dits de Havers, ils ne contiendraient plus de capillaires dès l'éruption des dents simples et composées (p. 143 à 144); après avoir donné au cortical de la couronne (épais selon les régions de un demimillimètre à 5 millimètres environ et qui en contient le plus sur les dents composées) une vascularité plus grande ici, moindre ailleurs que celles de tous les autres os, ils cesseraient d'exister après l'éruption sans laisser les traces de leur substance qu'on retrouve dans les os nécrosés, et sans que celte disposition entrahie la mortification des os. D'autre part, la largeur de nombre d'entre ceux {0™™,01) qui sont terminés en cul-de-sac ne permet pas d'y concevoir l'existence d'un capillaire obligé de se courber en anse dans cette terminaison pour d'artériel revenir parallèlement à lui-même comme afférent. Enfin les quelques anastomoses qui existent sur un certain nombre d'entre eux seulement, ne forment qu'une petite quantité de mailles comparativement à ce qu'on voit dans l'os voisin et d'une tout autre conformation, bien que le volume de quelquesuns des conduits de ces deux ordres soit le même. Enfin les canaux de Retzius forment par leur ensemble là où ils sont nombreux des réseaux dont le caractère est autre que celui des réseaux sanguins de l'organe du cément.
Les canaux de Retzius, de production tardive dans le cortical de la racine des dents de l'bomme adulte ou âgé qui n'est pas précédé de cartilage, sont semblables à ceux qui se produisent dans le cortical coronaire précédé d'un cartilage de même forme sur les dents composées. Le mode de distribution des vaisseaux dans le cartilage de l'organe du cément est sensiblement autre que n'est l'arrangement des canaux de Retzius après la production du cortical sur les jeunes rumimnts, solipèdes, etc. Aussi, avant d'affirmer que ces derniers
os (asatomie et physiologie). 147
ne sont autres que des canaux de Havers, il faudra suivre pas à pas l'osteo- «ïenèse dans l'organe du cément, comme on l'a fait pour le reste du squelette. En étudiant les dents de veau et autres jeunes animaux à dents composées, on voit que jusqu'à la veille de l'éruption chacune reste formée de deux, trois, etc., cornets à parois continues, cornets creusés chacun de deux larges cavités de la pulpe montant à droite et à gauche d'un godet ou cul-de-sac, plus ou moins aplati, ouvert au milieu de la surface triturante et enfoncé plus ou moins entre ces deux cavités radiculaires ou de la pulpe. Jusqu'au moment de l'éruplion, l'organe vasculaire du cément remplit les godets coronaires et entoure en même temps les côtés de la couronne. Jusqu'à ce moment aussi ce qui est formé du cortical osseux laisse à l'état de creux ou cavité les godets ou culs-de-sac coronaires. Les coupes montrent qu'il en existe déjà, mais son épaisseur ce dépasse pas un dixième de millimètre, et encore une fois dans l'intérieur seulement des godets ; bien que l'émail et l'ivoire aient déjà les deux tiers environ de l'épaisseur qu'ils auront sur l'adulte, la surface extérieure de la couronne reste dépourvue de cortical. Or la deuxième molaire n'a pas encore fait éruption que déjà les godets de la première sont tout à fait pleins de cortical osseux, jaunâtre, alors que les pointes ou saillies de la table triturante sont vierges de toute usure. Ce cortical est constitué comnie celui de l'adulte, avec des canaux un peu plus étroits qu'ils ne le sont plus tard, c'est-à-dire sur les dents adultes. Le cortical osseux, qui des cornets d'ivoire et d'émail ci-dessus fait une masse plus ou moins prismatique en comblant tout à fait les godets et particulièrement les sillons latéraux des molaires, n'existe pourtant pas encore alors sur la périphérie de leur couronne.
L'existence des canaux de Retzius dans le cortical qui remplit ces godets de la seule molaire qui ait encore fait éruption sur le veau non sevré montre qu'on ne saurait considérer avec quelques auteurs leur production comme un résultat des progrès de L'âge. D'autre part, la première molaire dont les culs-de-sacs sont pleins de cément, et la deuxième dont les godets coronaires sont encore creux lorsque déjà ses pointes ont percé la muqueuse, montrent que la manière dont a lieu l'ostéogenèse du cortical coronaire, l'ossificalion de Yorgane du cément, demande une étude suivie jour par jour.
Les détails précédents sont donnés ici en raison de ce qu'eux seuls peuvent rendre compte de la nature des tumeurs qui sur l'homme et autres mammifères sont constituées par des exostoses du cortical osseux et par des osléomes, isolés ou non de l'ivoire dentaire, qui ont pénétré dans les sinus maxillaires, etc. Eux seuls peuvent surtout rendre compte des dispositions structurales bizarres observées dans ces tumeurs, dispositions qui chez l'homme comme sur le cheval reproduisent exaclement, en nombre de cas, celles que le cortical montre au fond des plis de l'émail des dents composées (p, 144), mais qui rendraient méconnaissable le tissu de ces tumeurs sans ces comparaisons. Cette particularité montre de plus que l'élude du seul cortical osseux de l'homme ne sutfirait pas pour rendre compte de ce que l'on observe dans les exostoses cémentaires. qui du reste ne sont aucunement d'origine inflammatoire, contrairement à ce qui a été avancé (voy. Maxillaires, p. 4oi). Il résulte encore de ce qui précède qu'on ne saurait faire une description générale de ce tissu tant normal qu'accidentel sans remonter comparativement jusqu'aux solipèdes.
Quoi qu'il en soit, on reconnaît ces tumeurs dures ou leurs fragments comme exostoses du cortical osseux à leurs osléoplastes distribués et conformés comme