L. Hn
PATVARIS. Le panaris [■Ro.pumxta. en grec, panaritium en latin, xvhitlow en anglais) est le phlegmon des doigts et des orteils. Les Anciens l'ont encore désigné sous les noms de reduvia, de ptérygion (Celse et Paul d'Égine), de venue (Paracelse et Théophraste), Chassaignac avait proposé le nom de dactylite, mais cette expression n'a pas été consacrée par l'usage.
C'est une affection très-commune aux doigts, plus rare aux orteils. Comme elle présente sur ces derniers les mêmes phénomènes que sur les premiers, bien
qiT'à un degré moindre, nous prendrons pour type de notre description le panaris des doigts. Il sera facile d'appliquer au panaris du pied ce que nous allons dire de celui de la main.
Le panaris se montre sous des formes diverses. Les auteurs ont beaucoup' discuté pour savoir s'il convenait de lui distinguer plusieurs espèces ou de le décrire comme une affection indivisible. 11 a paru incontestable aux uns que l'inflammation avait, pour siège primitif, tantôt le derme, tantôt le tissu cellulaire sous-cutané, d'autres fois la gaîne tendineuse ou le périoste et l'os, et que le processus pathologique se confinant dans chacun de ces éléments donnait à la maladie une physionomie particulière, qu'il fallait étudier à part : de là plusieurs espèces de panaris. Les autres, et notamment Boyer, ont été surtout frappés de voir l'inflammation passer facilement de la peau au tissu cellulaire sous-cutané, à la gaîne et à l'os, et ont considéré comme des degrés ce que les premiers appellent des espèces. En réalité, l'observation apprend, d'une part, que les panaris ne sont pas semblables entre eux, cl, d'autre part, que le panaris le plus bénin peut devenir grave par l'envahissement successif de tous les tissus du doigt. Les membres de l'Académie de chirurgie, et après eux Velpeau, Nélaton, Chassaignac, ont donc eu raison de diviser le panaris en espèces, à la condition de reconnaître que ces espèces, nettes au début, se confondent souvent pendant la marche ultérieure de la maladie. Quant à nous, nous pensons nous rapprocher le plus possible de la vérité clinique en adoptant une classification basée sur les organes atteints. C'est ainsi que nous décrirons : 1° un panaris superficiel, sous-épidermique ; 2° un panaris sous-cutané; 5° un panaris de la gaine ; 4" un panaris oste'o-pe'riostique.
Causes. Le panaris reconnaît presque toujours pour cause efficiente un léger traumatisme : c'est tantôt un froissement répété contre un instrument ou un corps dur, tantôt une contusion; d'autres fois une petite écorchure, une coupure qu'on a négligé de panser et surtout une piqûre introduisant dans les tissus une substance septique ou un corps étranger souvent imperceptible.
Le panaris spontané, survenant sans traumatisme, est fort rare. Beaucoup d'auteurs le nient.
Les hommes, par la nature de leurs travaux, sont environ deux fois et demie plus exposés que les femmes. On peut en juger par les chiffres suivants :
d'après la STATISTIQTJE DE VELPEAU :
183 panaris chez les hommes I .o ^- c ,^n u
gfj ^ I . I - f e- 1 ^^1^^ femmes pour 100 nommes.
d'après la statistique de m. prat :
274 panans chez les hommes I ^^^^^^ jqO ^^^^^^
107 — chez les femmes ) ' "^
d'après ma statistique personnelle de la pitié ;
70 panaris chez les hommes ) j^^^^^ ^^ ^^^^^^
27 — chez les femmes ) ' ^
42,08 femmes [lour 100 hommes.
La main droite est plus souvent atteinte que la gauche. Nous avons trouvé- 59 fois le panaris à droite et 28 fois seulement à gauche. Velpeau avait observé 120 panaris à droite et 82 à gauche.
Si nous examinons quels sont les doigts oui y sont le plus sujets, nous arrivons
à confirmer la loi de la fréquence décroissante du panaris à partir du pouce. En effet,