L. Un
PARACYAXIQUE (Acide). CHAzO. Corps isomère de l'acide cyanique, qu'on obtient en décomposant l'acide azulmique par l'acide nitrique et l'eau. C'est une poudre jaune, sans saveur. L. Hn.
PARACYAIN'OGÈRJE. (CAz)". Corps solide peu connu, polymérique ou isomérique avec le cyanogène, qui se trouve en petite quantité dans le résidu
PARAD (Kau\ minérales de). 521
de la préparation du cyanogène par calcinalion du cyanure de mercure. Pour avoir ce corps aussi pur que possible, il lanl employer du cyanure mercurique bien sec : on évite ainsi la formation d'ammoniaque et surtout de charbon qui resterait mélangé au paracyanogène.
D'après Liebig, il se formerait encore du paracyanogène en chauffant du cyanure d'argent à une haute température; le résidu est formé de sel d'argent mêlé de paracyanogène.
Spencer prétend avoir obtenu ce même corps en faisant arriver un courant de chlore, de brome ou d'iode, dans une solution aqueuse de cyanure de potassiimi. Quoi qu'il en soit, le paracyanogène pur, calciné dans un gaz inerte (acide carbonique ou azote), se transforme intégralement en cyanogène. L. \h.
PARAD (Eaux minérales de). Afhermales, sulfatées calciqiies faibles, bicarbonatées et sulfatées ferrugineuses faibles, carboniques fortes o\i sulfureuses faibles. En Hongrie, dans le Gomitat de Fleves, au pied de la montagne de Matra, à 12 kilomètres de Gyôngyos, à 16 kilomètres d'Erlau, est une station minérale très-intéressante et une des plus fréijucntées de rAntriche-Hongrie. Ces sources sont scientifiquement connues depuis 1798. A cette époque, en effet, le professeur Kitaibel les étudia et en publia l'analyse, mais les habitants de la contrée les employaient déjà depuis un grand nombre d'années à l'intérieur et à l'extérieur dans une foule d'affections morbides. Le professeur Meissner, en 1827, contrôla et confirma les résultats obtenus par son pivdécesseur et attira à Paiâd un certain nombre de malades qui y trouvèrent dès l'année suivante un médecin pour diriger leur cure. Depuis 1828, celte station a vu augmenter tous les ans le nombre de ses visiteurs, elle est maintenant très-fréquentée. Les griffons des sources deParâd n'émergent pas près les uns des autres, mais dans trois endroits distincts et assez éloignés du village, l'un en est même à 2 kilomètres, les deux autres sources sortent du sol à un kilomètre du bourg de Parâd. La douceur et la pureté de l'air de la vallée où le village est bàli, les beaux sites qui l'environnent, sont très-apprcciés des hôtes de cette station qui y trouvent des changements de température moins brusques qu'au voisinage de la chaîne septentrionale des Karpathes. Cinq sources émergent de Parâd, trois sont connues sous le nom de sources ferrugineuses, une a deux griffons ou source sulfureuse et la troisième, qui a trois filets, est appelée la source d'Alun.
1" Sources ferrugineuses. Elles ont trois griffons : le premier émerge sur le bord gauche du ruisseau, à l'ouest de la vallée; le second est à 2 kilomètres au sud du village, au voisinage de l'émergence de la source sulfureuse et à l'extrémité du même vallon qu'elle. Le troisième griffon se divise en trois filets rappi'ochés laissant déposer une sorte de terreau qui recouvre le point le plus élevé de la colline dont la partie profonde est composée d'argile, de porphyre et de basalte.
L'eau des deux premiers filets de la source ferrugineuse est claire et limpide ; mais celle du troisième est louche, trouble même, elle pétille davantage et elle aune couleur brune assez foncée. Son odeur vient de l'acide carbonique qu'elle renferme, son goût est agréable et piquant, quoique salé et fortement ferrugineux. Les deux filets dont l'eau a une grande limpidité au moment de son émergence ne tardent pas à se troubler quand elle est depuis un temps assez court en contact avec l'air extérieur et à produire un dépôt ocreux et rouillé. La température de l'eau du premier filet est de 8°,1 centigrade, celle du deuxième de 9o,8 cen-
522 PARAD (Eaux minérales de).
tigrade, et celle du troisième de 9", 5 centigrade. La densité de l'eau de cette source est de 1098. On trouvera l'analyse chimique des trois divisions de la source ferrugineuse de Parâd au tableau qui suit.
2" Sources sulfureuses. Elle émerge à l'ouest du village dans une petite dépression de la vallée par deux griffons dont l'eau est reçue dans deux réservoirs distincts, situés à 20 mètres l'un de l'autre. Les deux lilets de la source sulfureuse sortent d'une couche composée de bitume, de roches micacées et ferrugineuses. L'eau de ces griffons est remarquable par sa clarté et sa transparence, elle renferme une grande proportion de gaz, elle a une odeur prononcée d'hydrogène sulfuré. Quand elle a été depuis un certain temps en contact avec l'air extérieur, cette eau devient trouble et forme un dépôt gris blanchâtre qui altère proniptement sa limpidité première et laisse déposer sur les parois inférieures des bassins ou des vases qui la renferment un précipité très-abondant qui ne tarde pas à prendre une odeur et un goût désagréables. L'air atmosphérique étant à 29", 3 centigrade, l'eau du premier filet est de 9^,4 centigrade et celle dudeuxième de 15 degrés centigrade. La densité de l'eau du premier bassin est de 1087 et celle du second de 1072. M. le professeur Meissner a trouvé dans 1000 grammes de l'Viau des trois griffons de la source ferrugineuse et dans celle des deux griffons de la source de Parâd les principes suivants :
SOI P.CE FERRUGINECSE.
1" griffon. 2° griffon. 3" griffon.
Bicarbonate de soude. . . . 0,201 traces. 0,123
— chauï. . . . 0,6.18 0,703 0,777
— magnésie . . 0,210 0,290 0,275
— fer traces. 0,310 0,425
Sulfate de soude 0,080 0,075 0,110
Chlorure de sodium 0,072 0,072 0,120
Silice 0,210 0,080 0,070
Total des matières fixes. . 1,421 1,532 1,902
{ acide carbonique . . » 1450 ce. 1540 ce.
^' •( hjdrogène sulfuré. . » « »
Il faut remarquer que ces analyses déjà vieilles ne sont peut-être plus exactes et devraient être reprises. Il n'en est pas moins vrai qu'elles démontrent que les eaux des sources chalybées et sulfureuses de Parâd sont plus chargées en principes ferrugineux et sulfureux que les eaux de ces classes qui occupent le premier rang dans l'échelle martiale et sulfhydriquée des eaux d'Europe. La proportion considérable des gaz acide carbonique et d'hydrogène sulfuré, et surtout de l'oxyde de fer, que ces eaux renferment, explique difficilement comment les habitants de cette station peuvent en faire un usage habituel et l'employer tous les jours à la préparation de leiu's mets, sans que ces eaux produisent sur eux les effets physiologiques éprouvés par les hôtes accidentels de Parâd.
Etablissements. Il y a à Parâd deux établissements où les eaux sont administrées en boisson, en bains et en inhalations. Les eaux ferrugineuses sont surtout employées à l'intérieur, mais les bains sont un adjuvant de la cure interne ; les eaux sulfureuses sont employées en boisson, en bains généraux et locaux et aussi en inhalations gazeuses.
3» Eaux alumineuses. A 800 mètres à l'ouest du village et dans la direction de Retsk près du ruisseau qui traverse la vallée d'Hélène, au voisinage de la grande fabrique d'Alun, émerge la source alumineuse de Parâd sortant
source !
;rLFL'REl'SE.
1" griffon.
2* griffon.
1490 ce.
83 ce
485 ce.
423 ce.
PARAD (Eaux minérales de), 525
par trois griffons séparés d'une couche de terrain dont le porphyre est la base.
L'eau de cette source est claire et limpide à son point d'émergence, mais elle prend une teinte brunâtre quand elle a séjourné dans son bassin de captage ; elle est sans odeur et son goût est franchement ferrugineux. Lorsqu'elle est soumise à l'ébullition ou qu'elle a été pendant longtemps exposée à l'air, elle prend une couleur foncée, et elle forme un dépôt noirâtre. Sa température est de 7%8 centigrade au premier filet, de 9»,1 et de 9°,4 au second et au troisième; sa densité varie de 1H4 à 1156. On n'en connaît pas l'analyse chimique exacte; on sait seulement, par le professeur Kitaibel, que l'eau de cette source contient une grande quantité de sulfates d'alumine, d'oxyde de fer et de sel de Glauber.
Établissement. La maison de bains de la source d'Alun a été construite sur le bord du ruisseau Tarna; elle contient 12 cabinets de bains dont deux sont réservés pour les dames, un salon de réception, une grande salle à manger et plusieurs chambres pour les baigneurs.
Mode d'emploi et doses. Les eaux de Parâd sont administrées de la même façon et à peu près aux mêmes doses, quoique leur analyse chimique démontre que leur composition est loin d'être la même. Les eaux de ces sources sont employées en boisson, en bains ; elles sont prescrites à l'intérieur le matin à jeun et à une dose qui varie entre trois et cinq verres ingérés en général à une demi-heure d'intervalle. La durée ordinaire des bains est de quarante-cinq minutes à une heure, et celle des inhalations gazeuses d'un quart d'heure à une demi-heure.
Emploi thérapeutique. Les eaux des trois groupes des sources de Parâd sont loin de produire les mêmes effets physiologiques et curalifs : aussi devons-nous les étudier isolément et signaler les vertus de chacune des eaux ferrugineuses, sulfureuses ou alumineuses. Les eaux ferrugineuses de cette station agissent sur l'homme sain et sur l'homme malade comme toutes les eaux de cette classe, et nous n'aurions rien de particulier à en dire, si le sulfate de soude qu'elles tiennent en dissolution n'empêchait la constipation ordinairement produite par les eaux chaljbées. Les chlorotiques, les chloro-auémiques et tous les malades qui ont des affections dérivant de la diminution ou de l'altération des globules rouges du sang, vont difficilement à la garde-robe : aussi n'est-il pas indifférent de constater que les eaux martiales de Parâd les tonifient et les reconstituent sans augmenter, en diminuant même leur propension à avoir une exonération intes< tinale, sinon impossible, au moins très-laborieuse. Les eaux des sources ferrugineuses carboniques de Parâd doivent être employées concurremment en boisson et en bains généraux.
C'est aussi en boisson et en bains que doit être administrée l'eau sulfureuse de Parâd; mais le séjour quotidien dans la salle d'inhalation gazeuse dont l'atmosphère contient de l'air, de l'acide carbonique et de l'hydrogène sulfuré, est un adjuvant utile à une cure minérale complète. Ceux qui souffrent de catarrhe d'une membrane muqueuse tapissant les voies aériennes, digestives ou uro-poétiques, se trouvent assez promptement soulagés, quelquefois guéris, par le traitement hydrosulfureux de Parâd en boisson, en bains, mais surtout en inhalations "azeuses. Quand ces malades ont des inflammations chroniques du larynx, de la trachée ou des bronches, donnant lieu à des crachats purulents ou muqueux, la cure interne et externe les diminue progressivement, les change de nature et finit par les supprimer. Les eaux sulfureuses de Parâd, en boisson principale-
52i PARADIDYMF.
ment, sont utiles dans les catarrlies gastro-intestinaux ou vésicaux, et l'administialion des bains n'est que le com[ilement du traitement minéral. La boisson et les bains sont également nécessaires dans les manifestations herpétiques rentrant dans la sphère d'action des eaux sulfureuses de Parâd. Les eaux alumineuses de cette station sont assez riches pour qu'on extraie, dans une fabrique spéciale importante bâtie au voisinage de cette source, une certaine quantité d'alun cristallisé livré au commerce. Ces eaux sont non-seulement chargées de sulfate d'alumine, elles renferment encore une proportion notable de sels de fer et de soude. Cette minéralisation riche et peu habituelle dans les autres eaux minérales fait occuper une place à part à la source alimce de Parâd. Ces dernières eaux sont remarquablement astringentes, ce qui rend leur emploi assez limité en boisson, les bains suffisent le plus souvent d'ailleurs pour atténuer, arrêter même tout à fait certains écoulements sanguins ou leucorrhéiques, les ulcères atoniques et les maladies de la peau où il convient de ramener un état aigu ou subaigu quand les dartres ne sont pas humides, ou pour tarir au contraire une sécrétion culanée existant depuis longtemps ou ayant résisté à une médication antérieure.
La durée de la cure varie de vingt à vingt-cinq jours.
On exporte l'eau des trois groupes des sources de Parâd. A. Rotcreau.
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PARADACRY . Nom donné au Navet {Brassica Napus L.). Pl.
PARADA.TISCÉTIXE. C'^1P°0^ Matière isomère de la datiscétine, qui prend naissance dans l'action de la potasse en fusion sur la qnercétine (lllasiwetz et Pfaundler). Pour l'isoler, on reprend la masse fondue par l'eau et on sursature avec do l'acide chlorhydrique : il se forme un dépôt floconneux de pavadatiscétine impure. Ce dépôt est ensuite dissous dans l'alcool; on précipite par l'acétate de plomb la quercétine non attaquée, on se débarrasse du plomb p.ir l'acide sulfurique, on filtre, on chasse les deux tiers de l'alcool par distillation et on précipite par l'eau. Enfin, on fait cristalliser dans l'alcool trèsétendu d'eau les flocons déposés.
La paradatiscétine est en aiguilles jaunâtres, aisément solubles dans l'alcool faible, auquel elles communiquent une réaction acide; elle se dissout moins facilement dans l'éther et elle est à peu près insoluble dans l'eau. Le perchlorure de fer colore sa solution alcoolique en violet, l'eau de chlore ou de brome en rouge ou rouge-brun, la potasse en jaune, passant au vert à l'air. Elle réduit à chaud le nitrate d'argent et l'oxyde de cuivre en solution alcaline; la potasse en fusion la transforme en phloroglucine. Enfin, à l'ébullition, elle dissout les carbonates terreux en donnant naissance à des sels cristallisés en longues aiguilles. L. Hn.
PARAD1»Y)IE. Voy. Testicule.
l'AUADISlERS. 525
PARADltilTALÉTll\E. Produit du dédoublement de la digUasoline de Walz [voy. Digitaline, p. 438). L. Hn.
PARADiGiTOGÉKiniE. Principe qui, selon Schmiedeberg, se rencontrerait dans la digitaline de Nativelle, qu'il considère comme un mélange de plusieurs principes [voy. Digitaline, p. 456). L. Ha.
PARADIS (Graines de). Synonyme de Manigtiette [Amomum Granum paradisi Âfz.). Pl.
PARADlSEA. Voy. Paradisiers.
PARADISIERS. Les Paradisiers ou Oiseaux de Paradis forment dans l'ordre des Passereaux et dans la catégorie des Passereaux déodactyles [voy. ces mots) la famdle des Paradiseidce, que les ornithologistes modernes rattachent au même groupe que les Loriots et les Corbeaux. Au premier abord cette classification paraît assez étrange : en effet, il y a certainement peu de rapports entre le plumage sombre d'une Corneille ou d'un Choucas, le plumage jaune, rehaussé de noir, d'un Loriot, et la livrée éclatante de l'Oiseau de Paradis Petit- Émeraude. Mais à côté de cette dernière espèce, la plus vulgairement connue, se placent dans la famille des Paradisiers beaucoup d'autres formes qui portent un costume tout dilférent, les unes étant d'un noir velouté ou d'un noir soyeux, glacé de vert ou de pourpre, et rappelant déjà nos Corbeaux indigènes, les autres au contraire étant d'un jaune orangé, plus ou moins rehaussé de noir, et ressemblant beaucoup à nos Loriots. Si, au lieu d'examiner seulement l'extérieur, la dépouille des Corbeaux et des Paradisiers, on étudie comparativement la charpente osseuse des représentants de ces deux groupes, on découvre des affinités encore plus nombreuses et plus accentuées ; enfin, pour peu qu'on ait l'occasion de voir un Oiseau de Paradis vivant, on reconnaît qu'il a le régime à la fois frugivore et insectivore, ou même omnivore, les allures pesantes et le croassement désagréable de nos Pies et de nos Corbeaux.
Les Paradisiers appartiennent à la faune de la Nouvelle-Guinée et des îles avoisinantes, et quelques-uns seulement habitent les Moluques et l'Australie. On eu connaît actuellement plus de trente espèces qui se répartissent en plusieurs genres: Manucodia, Parotia, Lophorhina, Paradigalla, Astrapia, Epimachus, Drepanornis, Craspedophora, Seleucides, Semioptera, Paradisea, Diphyllodes, Schlegelia, Cicinnurus, CIdamydodera, Murœdus, etc. Ces genres se distinguent les uns des autres par des caractères tirés de la longueur et de la fornje du bec et de la queue, du mode de coloration du plumage et de la présence ou de l'absence de touffes érectiles sur les flancs et sur la région dorsale ; ils peuvent être répartis en deux groupes : les Épimaques, qui ont un bec grêle et allongé comme celui des Huppes, des Soui-Mangas et des Oiseaux-Mouches, et les Oiseaux de Paradis proprement dits, qui ont au contraire le bec court et robuste comme les Geais, les Pies et les Corbeaux.
Le type du premier groupe est le Grand Épimaque, ou Grand Promérops de Sonnerai et de Buffon, Promérops à large parure de Levaillant, Epimachus speciosus des auteurs modernes, Kambibja ou Lessoâ des indigènes. Cet oiseau se fait remarquer non-seulement })ar la longueur et la gracilité de son bec, légè-
rement recourbé, mais encore par le développement de ses pennes caudales qui mesurent près de 50 centimètres de long. D'un noir velouté sur le corps, il a la tête couverte d'une calotte métallique, les flancs ornés de deux parements terminés par une lùche bordure d'un bleu d'acier que précède un liséré pourpre, et les pennes caudales d'un noir bleuâtre, à reflets métalliques. Telle est au moins la livrée des mâles adultes en plumage de noces, car les femelles et les jeunes portent une livrée brune en dessus, roussâtre en dessous, avec de nombreuses barres transversales sur la poitrine et l'abdomen. Cette magnifique espèce ne se rencontre que sur les pics les plus inaccessibles des monts Arfaks, dans la région septentrionale de la Nouvelle-Guinée, et se nourrit de fruits de diverses Pandanées.
Non loin du Grand Épimaque vient se ranger le Drepanornis Alhertisi Sclat., dont le bec fortement arqué est deux fois plus long que la tète, avec la mandibule supérieure dépassant un peu l'inférieure, et dont le front, les joues et le tour des yeux sont, à l'âge adulte, complètement dénudés et colorés en bleu. Dans cette espèce, qui a été découverte il y a une dizaine d'années par M. d'Albertis, également dans la chaîne des monts Arfaks, le plumage du mâle est brun en dessus, fauve gi'isâtre en dessous, avec les sourcils bronzés, une bande étroite d'un vert magnifique sur la partie inférieure de la poitrine, une zone blanche sur le milieu du ventre et deux touffes latérales de plumes érectiles bordées de rouge cuivré et de bleu pourpré. La livrée de la femelle est, comme cela a toujours lieu chez les Paradisiers, beaucoup plus simple que celle du mâle, et n'offre pas de teintes métalliques.
D'après M. Beccari, le voyageur italien bien connu, le Drepanornis Albertisi n'est pas très-rare dans les monts Arfaks, mais il est difficile à trouver, car il ne décèle pas sa présence par un cri particulier et il se confond par les teintes brunâtres de son plumage avec la branche sur laquelle il se tient perché. Il recherche le voisinage des clairières situées à une altitude de 1000 à 1500 mètres et visite les arbres morts et les troncs abattus pour y découvrir les insectes qui constituent le fond de sa nourriture.
Dans le nord-ouest delà Nouvelle-Guinée vit encore le Manucode à douze filets d'Audebert et Vieillot, Nébuleux ou Promérops muUifil de Levaillant, espèce qui porte maintenant dans les catalogues scientifiques les deux noms de Seleucides nigra Shaw et de Seleucides alba Blumenb. et qui mérite en réalité ces deux appellations opposées. Le corps du mâle est en effet, en majeure partie, d'un noir de velours, à reflets bronzés, mais oflre de chaque côté une touffe qui, dans l'oiseau vivant, est d'un beau jaune, mais qui, après la mort, devient d'un blanc presque pur. En outre la partie inférieure de la poitrine est traversée par une écharpe de plumes noires, bordées de vert irisé, tranchant nettement sur la teinte claire des touffes latérales, et le sommet de la tête est couvert de plumes courtes et veloutées, à reflets purpurins. Hors du continent de la Nouvelle-Guinée cette espèce, de physionomie si originale, n'a été rencontrée que dans l'île de Salwatty* Au contraire les Ptilorhis ou Craspedophora, qui appartiennent encore à la section des Épimaques, sont répandus non-seulement en Papouasie, mais encore dans le nord, le nord-est et le sud-est de l'Australie. L'espèce néo-guinéenne est appelée maintenant Ptilorhis magnificm ou Craspedophora magnifica Vieill. Par son bec robuste, allongé et très-légèrement recourbé, elle ressemble au Séleucide, mais elle en diffère complètement par les teintes de son plumage ; une cuirasse d'un vert doré couvre en effet sa gorge et
sa poitrine et est limitée inférieurement par une ceinture à reflets rouges et verts ; son manteau est d'un noir de velours ; les parties inférieures de son corps, au lieu d'être jaunes et blanches, sont d'un rouge pourpre foncé, et ses flancs sont complètement dépourvus de touffes latérales.
La section des Paradisiers vrais renferme plusieurs types aussi somptueusement vêtus que les Epimaques. Tel est entre autres le Sifilet {Parotia sexpennis Bodd.), ainsi nommé à cause des six brins terminés en spatules qui partent en divergeant des côtés de sa tête. Les mâles ont le front orné d'un bandeau d'argent, la nuque couverte de plumes écailleuses et chatoyantes, la gorge ornée d'une bande resplendissante qui contraste assez avec la teinte veloutée du reste du plumage. Les femelles et les jeunes n'ont point ce manteau noir et ces ornements brillants, aussi sont-elles, dans leurs forêts natales, toujours plus communes que les mâles auxquels on fait une chasse active et dont chaque dépouille vaut encore une centaine de francs.
La Lophorhine superbe {Lophorhina mperha Penn.), qui se rattache à la même section, mérite bien son nom par la splendeur de son plumage, et le mâle adulte de cette espèce est certainement l'oiseau le plus remarquable de toute la famille des Paradisiers, surtout quand il se pavane devant sa femelle. 11 fait alors chatoyer la calotte d'un vert métallique qui revêt le sommet de sa tète, il étale le large rabat aux teintes bronzées qui descend sur sa gorge et il déploie les longues plumes veloutées qui forment sur son dos comme un manteau de cour.
Pour quelques auteurs le Paradisier Petit-Émeraude {Paradisea minor L.) ne serait autre chose que le Phénix des Anciens. Sans aller aussi loin, on doit admettre que, dès 1554, Pierre Belon (du Mans), le véritable fondateur de la science ornithologique en France, a eu entre les mains quelques dépouilles de cette espèce analogues à celles que les Papous préparent encore de nos jours, c'est-àdire consistant en une peau revêtue de ses plumes et racornie autour d'une tige de sagou dont l'extrémité antérieure porte la tête de l'oiseau. Dans les dépouilles de ce genre les pattes ont été d'ordinaire coupées au ras du corps par les indigènes, qui n'estiment que les parties brillantes du plumage : aussi les anciens ornithologistes, qui n'avaient pu observer les Paradisiers dans leurs forêts natales, avaient eu l'idée singulière que ces oiseaux étaient naturellement privés de pattes, qu'ils se nourrissaient de vent et d'air et ne se reposaient jamais ni sur les arbres ni sur le sol. Cette opinion absurde était tellement enracinée que, lorsque Pigafetta traça le portrait des Oiseaux de Paradis qui avaient été donnés en 1519 au célèbre Magellan parle sultan de Batavia pour être offerts au roi d'Espagne, personne ne voulut croire à l'exactitude de sa description dont l'ensemble ne laissait pourtant guère à désirer. Aujourd'hui il n'en est plus de même et après la publication des ouvrages de Vieillot et d'Audebert, de Levaillant, de Lesson, de John Gould, de M. D. G. Elliot, l'espèce serait suffisamment connue, lors même que des milliers de ses dépouilles n'arriveraient pas chaque année sur les marchés de l'Europe. En outre, vers la fin de l'année 1877 quatre mâles de Paradisea minor ont été rapportés vivants de la Nouvelle-Guinée par M. L. Laglaize et ont été quelque temps exposés à l'admiration du public, d'abord au Jardin d'acclimatation, puis dans une volière du Jardin des Plantes. Tout le monde sait donc maintenant que le Paradisier Petit-Émeraude est un oiseau de la taille de notre Geai d'Europe ef que, dans la livrée de noces, le mâle de cette espèce a sur le menton et sur le devant du front des plumes très-courtes et veloutées d'un vert sombre, sur la gorge des plumes d'un vert d'émeraude extrê-
metnent vif, sur lo dessus de la tête, la nuque et les épaules, un camail jaune pâte, contrast;iut vigoureusement avec la teinte rouge cannelle qui couvre la queue, les ailes, la poitrine et l'abdomen. Personne n'ignore que des flancs de ce Paradisier jaillissent deux touffes de plumes très-larges, très-déliées, nuageuses, d'un jaune soufre, rehaussées de quelques traits marron et passant au blanc à la pointe, et que le milieu de la queue se prolonge par deux brins ténus mesurant parfois 0'",50 de long.
Eu captivité les Paradisiers de l'espèce Petit- Émeraude peuvent être nourris avec des fruits, du riz bouilli et de la viande; mais à l'état sauvage ils recherchent surtout les capsules légèrement charnues des Tecks et les fruits mucilagineux du Figuier amikou. Parfois aussi ils dévorent des insectes. Pendant le jour ils se tiennent perchés au sommet des arbres les plus élevés et n'en descendent que le matin ou le soir pour chercher leur nourriture. Leur cri d'appel ordinaire est une sorte de jnppetuent, mais, comme nos Geais, ils peuvent imiter les cris d'autres animaux et, lorsqu'ils donnent à leur voix tout son volume, ils produisent un bruit assourdissant. On les voit alors se dresser sur la branche qui les porte, tendre le cou et agiter les ailes. Quelquefois aussi ils font la roue et se renversent en arrière en s'appuyant légèrement sur les brins qui ornent leur queue et en étalant leurs panaches latéraux qui forment autour d'eux une véritable auréole.
Autour du Parodisea minor gravitent plusieurs autres espèces (elles que le Paradisier Grand-Enieraude (P. apoda L.), qui porte une livrée analogue, mais qui est de taille plus forte, le Paradisier rouge (P. rubra Lacép.), dont les fourches sont d'un rouge vif et les filaments postérieurs creusés en gouttière, le Paradisier de Raggi {P. raggiana Sclat.), qui est peut-être un hybride du Paradisier rouge et du Petit-Êmeraude, etc.
Le Cicinnurus regius L., auquel Buffon donnait le nom de Manucode, transporté depuis à un tout autre oiseau, est un des Paradisiers les plus communs de la Nouvelle- Guinée et se trouve aussi aux îles Arou et Sahvatty. Sa taille est relativement faible et ses forme» sont assez ramassées, la tête étant enfoncée sous les épaules et la queue très-courte ; mais cette structure un peu vulgaire disparaît sous l'éclat des couleurs : tout le dessus du corps, la tète et le cou, sont en effet, chez le mâle, d'un rouge vermillon, à rellets soyeux, le ventre d'un blanc de neige, la poitrine traversée par une ceinture d'un vert d'émeraude ; des parements brunâtres, bordés de vert éclatant, occupent les côtés du corps et peuvent s'étaler en éventail quand l'oiseau est en mouvement ; enfin de la queue parlent en arrière deux brins extrêmement grêles, terminés par des barbes contournées en un disque vert d'émeraude. Ce magnifique oiseau joue un grand rôle dans les croyances superstitieuses des Malais, qui le considèrent comme le roi des Paradisiers et l'appellent Manou deoudata, c'est-à-dire oiseau divin.
Le Diphijllodes respublica Bp., ou Schlegelia calva Schl., habite les îles de Waigiou et de Batanta, ressemble au Cicinnurus par ses formes trapues, mais en diffère considérablement par sa tête en grande partie dénudée, par son camail jaune auquel succède sur le dos un manteau rouge, bordé de noir, par son plastron de velours vert et par les filaments recourbés qui terminent sa queue. Le Diphyllodes magni/ica Pennant, de la Nouvelle-Guinée et des îles de Mysol et de Sahvatty, n'est pas moins facile à distinguer. Son dos est en effet revêtu de plumes coupées carrément qui par leur disposition, leur aspect et leur couleur, rappellent tout à fait des brins de paille juxtaposés.
PA.RAb'FINE (chimie). 52'J
Je ne dois pas omettre non plus de mentionner les Phonygames ou Manucodes des naturalistes modernes, qui sont revêtus de plumes métalliques d'un vert sombre, souvent recroquevillées, et qui offrent dans leur trachée une disposition qu'on rencontre aussi chez certains Palmipèdes et chez des Échassiers, ce tube aérifère décrivant, au moins chez les mâles, plusieurs circonvolutions.
Dans la même famille, quelques ornithologistes font rentrer encore, et probablement avec raison, d'une part le Séricule orangé {Sericidus ou Xanthomelua aureus L.) dont le nom indique suffisamment le mode de coloration et qui vit à la Nouvelle-Guinée, d'autre part les Amblyornis, les Chlamydodères et les Plilinorhynqucs qui habitent soit la Papouasie, soit l'Australie, et qui portent des livrées brunes, noires, fauves ou verdàtres, parfois rehaussées par des plaques hlas, mais en tout cas beaucoup moins brillantes que celles des Paradisiers ordinaires. Ces Amblyornis, ces Chlamydodères et ces Ptilinorhynques ont eu revanche des mœui's extrêmement curieuses, car, indépendamment des nids dans lesquels ils élèvent leur progéniture, ils savent construire avec des brindilles, des tiges flexibles et des feuilles, des berceaux et des cabanes, dont ils décorent l'intérieur ou les abords avec des coquillages, des fruits ou des fleurs apportés souvent d'une grande distance. Ces sortes de maisons de plaisance servent probablement à plusieurs couples, et c'est là, dit-on, que les mâles vont faire la cour à leurs femelles. E. Oustalet.
BiBLioGRAi'Hib. — AuDEBERT et ViciLLOT. IHsl. tiot. des Oiscaiix dorés, 1800-1(S02. — Levail- LANT. Hist. nat. dex Oiseaux de Paradis, etc., 180(3. — Lesson et Gaunot. Voyage autour du monde de la « Coquille ■» ; Zoologie, 1820-1830. — J. Golld. The Birds of Auslralia, et The Birds of ^ew-Guinea (en cours de publication), in-fol. avec pi. — U.-G. Elliot.^ Monograph of the Parudiscidae, 1873, in-fol. avec pi. — R.-B. Siiabpe. Catalogne of tlic Birds ofthe Bril. Muséum, t. III, iSll, Colioiiiorphae. — T. Salvadohi. Prodromus ornit/t. Papuasiar. Ai7n. Mus. Ad. Gcnov., 1870-1877, t. IX, p. 189 et suiv. [Paradiseidae] etOrnitologia délia Papuasia e dellc Molucche, Turin, 1880. E. 0.
Pii.R4.DYS (NiGOLAUs). Né à Leyde en 1760, a fait ses études médicales dans cette ville, où il tut reçu docteur en 1784. 11 est devenu professeur à l'Université et premier médecin du stathouder et mourut à Leyde en 1802.
I. Oralio de diligenlitherapeuHces universalis studio, maxime reclc medcndi instrumciito. Leyde, 1784, in-4°. — II- Oratio de euthanasia naturali et quid ad eatn consiliandam medicina valeat. Leyde. 1793, in-4''. — III. Animadversiones quœdam medico-praclicœ. Leyde, 1809, in-S». — IV. Oratio de cognitione historiœ medicinœ magno, cum ad medici in arle exercenda solertiam, tum ad artis amplificationcm, adjumento Publiée AD. XXVII scplembris MDCCC, quum ordinariam historiœ medicinœ prof essionern auspicaretur. Leyde, 1800, in-4°. A. D.
PARAELLAGIQUE (Acide). Nom donné parfois à l'acide rufigallique [voy. Rufigallique [Acide]). L. Hn.
PARAESCIJLÉTIIIVE. Principe isomère de l'esculétine, se formant dans l'action du bisulfite de sodium à l'ébullition sur l'esculétine. Ce sont des cristaux mal formés ayant pour composition G'H«0* -^ 2 V^ H^O. L. Hn.
PARAFFINE. § I. Chimie. La paraffine est un hydrocarbure saturé, solide cristallisable, qui se distingue par sa grande indifférence envers les agents chimiques. Les acides sulfurique et chlorhydrique, la potasse, la soude DICT. ESC. 2' s. XX. 5-4
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caustique, ne l'attaquent ni à froid ni à chaud, c'est ce qui lui a valu son nom de paraffine {parum affinis).
Ce corps, découvert par Reichenbach, se produit dans la distillation sèche des substances organiques et notamment des matières résinoïdes, bitumineuses, grasses ou cireuses. D'après Reichenbach, on l'obtient en distillant avec précaution le goudron de bois; il passe d'abord une huile légère, puis, vers la fin, une huile lourde, et on soumet cette dernière à une nouvelle distillation fractionnée ; le produit est huileux et renferme en suspension des paillettes cristallines. On le mélange avec de l'alcool à 80 degrés, qui le trouble et en sépare la paraffine. Pour la purifier, on la met en digestion avec de l'acide sulfurique concentré, qui détruit les hydi'ocarbures étrangers, puis on la lave et on la fait cristalliser dans l'alcool.
On peut obtenir la paraffine très-pure par la distillation sèche de la cire d'abeilles; on traite le produit de la distillation par de la soude caustique pour saponifier l'acide qui s'est formé en même temps. La paraffine dissoute dans des hydrocarbures liquides vient nager à la surface, on décante et on soumet à la distillation ; les hydrocarbures liquides passent les premiers ; la paraffine passe en dernier lieu, si l'on élève la température suffisamment, on l'exprime et on la fait cristalliser dans l'éther bouillant. La paraffine obteime de cette manière porte encore le nom de mélène.
On utilise aujourd'hui pour l'extraction industrielle de la paraffine les résidus ou les goudrons provenant de la distillation de pétroles bruts, des huiles de schistes, de lignites, de boghead (schistes bitumeux d'Ecosse), etc. Ces goudrons sont soumis à la distillation ; le premier produit qui passe est composé d'hydrocarbures liquides, le second renferme des parties qui doivent se solidifier. Ces dernières sont exposées à une très-basse température pour amener la cristallisation. La masse congelée est soumise à une puissante presse hydraulique. Les pains sont fondus, et le liquide mélangé avec 2 pour 100 d'acide sulfurique concentré qui n'attaque pas la paraffine, mais détruit les auti'es hydrocarbures. On lave avec une dissolution légère de carbonate de soude, et ensuite à l'eau pure. Après ce traitement la paraffine est encore colorée, pour la décolorer on la fait fondre avec de l'huile de pétrole légère, et on filtre sur du noir animal ; puis on expulse l'huile légère par un courant de vapeur d'eau surchauffée.
La paraffine existe à l'état naturel dans plusieurs minéraux que l'on comprend sous le nom de suifs des montagnes, tels que : Vozokérite, la scheerérite, la fichtélite, la hartite, la koenleinite, ïixolite.
Ces minéraux se présentent sous la forme de petites masses, ou de petites écailles lamelleuses ou grenues, d'une couleur clair, ordinairement blanc grisâtre, quelquefois jaunes ; tantôt ces petites masses sont transparentes, tantôt opaques, et possèdent un éclat nacré, elles sont très-fusibles et distillables. On extrait la paraffine de Vozokérite pour la distillation sèche, et on la purifie d'après le procédé indiqué ci-dessus.
Propriétés. La paraffine cristallise en écailles nacrées d'une blancheur parfaite; sans odeur ni saveur, d'une densité de 0,87 à 0,89, elle est insoluble dans l'eau et l'alcool froid, soluble dans 3 parties d'alcool bouillant d'où elle se sépare, par le refroidissement en aiguilles blanches, nacrées et friables, elle est soluble dans l'éther, les huiles grasses et essentielles, les huiles de schiste et de pétrole. Fondue, elle se prend par le refroidissement en une masse cristalline lamelleuse, translucide et présentant quelque ressemblance avec le blanc de
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baleine. Son point de fusion varie suivant sa provenance et aussi suivant le mode d'extraction, de 45 à 65 degrés. Elle entre en ébullition vers 300 degrés, mais elle émet bien avant ce terme des vapeurs blanches quand on la chauffe dans un vase ouvert. Ces vapeurs s'enflamment facilement à l'air et brûlent avec une flamme blanche, brillante, non fuligineuse.
Les alcalis caustiques n'attaquent pas la paraffine mêmeà l'ébullition. L'acide sulfurique concentré est sans action à froid, si l'on chauffe la matière, elle se charbonne en partie, tandis qu'une autre partie se sublime.
L'acide azotique bouillant transforme la paraffine en acide succinique. Avec de l'acide azotique étendu de 1 à 2 fois son poids d'eau, on obtient les acides de la série grasse (acides acétique, butyrique, valérique, œnanthylique) et de» l'acide cérotique. On obtient les mêmes acides en traitant la paraffine à l'ébullition par un mélange de bichromate de potasse et d'acide sulfurique étendu. Le chlore et le brome l'attaquent lentement en donnant des produits de substitution.
Composition. Dans la série des hydrocarbures saturés de la formule C^^H-""*"-, dont le premier terme est l'hydrogène protocarboné ou gaz des marais C^IP, et le dernier la paraffine fondant à 65 degrés l'un du marais G'^''H''% se trouvent placés tous les homologues intermédiaires ; les premiers, tels que Vliydriire d'éthylène C*H^, l'iiydrure de propylène C'IP, sont gazeux ; les hydrures de butylène CW, à'amylène C"'H'\ d'œnanthylène C^W\ sont liquides, etc., le point d'ébuUition des hydrocarbures liquides placé très-bas dans les homologues inférieurs s'élève de plus en plus à mesure qu'on monte dans la série ; en même temps la consistance du liquide change, il devient d'abord visqueux, on lui donne alors le nom à'huile paraffinée ; en montant toujours, on arrive aux hydrocarbures solides, cristallisables et fondant à des températures de plus en plus élevées. La paraffine commerciale n'est qu'un mélange des derniers homologues de la série : il n'est donc pas étonnant que le point de fusion des paraffines de diverses provenances soit si variable. La vaseline dont on fait, à juste titre, un si grand usage en thérapeutique, n'est qu'une huile paraffinée de consistance molle, ou bien une dissolution de paraffine dans des hydrocarbures liquides supérieurs. Lutz.
3 II. Emploi. Cette substance a peu d'intérêt pour le médecin ou le pharmacien. Disons cependant que, en raison de son inaltérabilité par les acides concentrés et les alcalis caustiques, on a proposé de mettre à profit la facilité avec laquelle elle se taille pour en confectionner des bouchons, spécialement destinés aux flacons contenant des substances corrosives. On s'en est servi également pour rendre les crayons de nitrate d'argent moins cassants et plus faciles à tailler.
Elle peut remplacer les bains d'huile dans les laboratoires. D.
PARA.FIBRI1VE. D'après Polli, modification de la fibrine analogue à la bradyûbrine (variété de la fibrine qui se coagule lentement) et qui résulterait d'une raréfaction moléculaire tout hypothétique. L. Hn.
PARAFLîttARlftUE (Acide). Syn. d'acide maléique {voy. ce mot).