‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.72Chapitre 7 sur 69 · PALLADIUS · texte numérisé non relu

PALLADIUS

sous silence, M. Coquillion, ayant constaté qu'un fil de palladium, chauffé au rouge blanc, brûle complètement et sans détonation les moindres traces d'hydrogène ou d'un composé carburé quelconque, en présence d'une quantité d'oxygène suffisante, eut l'idée de construire deux petits appareils qu'il appelle ^mo»?Hé<res, parce qu'ils permettent de reconnaître en quelques minutes \i\ proportion exacte de grisou contenue dans les galeries d'une mine. L'un des appareils peut fonctionner dans la mine même, c'est le grisoumètre portatif; l'autre est installé <lans le cabinet de l'ingénieur qui peut ainsi, sans se déplacer, suivre la marche du grisou dans une galerie.

Ces appareils se composent essentiellement d'un tube mesureur qui fait connaître la quantité de gaz pris dans la mine pour être soumis à l'analyse et d'un brûleur dans lequel plonge un fil de platine ; on introduit tout d'abord le gaz dans le mesureur, puis, une fois son volume déterminé, dans le brijleur, en se servant d'une disposition particulière qu'il serait trop long de décrire ici, et on porte le fil de platine au blanc en faisant passer le courant d'une pile électrique. Après quoi on ramène le gaz dans le mesureur et on évalue la diminution qui est proportionnelle à la quantité d'hydrogène prolocarboné contenu dans l'air de la galerie. Il ne faut pas perdre de vue que le protocarbure en brûlant donne 1 volume d'acide carbonique et 2 volumes de vapeur d'eau qui disparaissent sous forme de rosée : il y a donc, après la combustion, 2 volumes en moins dans le gaz primitif. Si l'on soupçonne que la propootion de grisou dépasse 9 pour 100, on ajoute de l'air au mélange dans une proportion donnée pour obtenir une combustion complète. Si la combustion était incomplète, il y aurait augmentation de volume par suite de la dissociation des carbures [BuIIet. de la Soc. libre d'émiil. de Rouen, J 876-1877, p. 247, et la Nature, 5« année, 1877, p. 357). L. Hahn.

PALLA.DIUS. Médecin grec, était surnommé Viatrosophiste. Il vécut après Aétius, Alexandre de Tralles et Galien qu'il cite, et avant Rhazès qui le cite : il <loit donc avoir fleuri entre le troisième et le neuvième siècle de l'ère chrétienne. D'après son surnom, il est probable qu'il a enseigné la médecine à l'École d'Alexandrie; selon quelques auteurs, il aurait professé à Antioche.

Palladiusa écrit des commentaires sur plusieurs livres d'Hippocrate ; on lui a attribué jusque dans ces derniers temps un opuscule sur les fièvres, petit traité clair et succinct, mais presque entièrement emprunté à Aétius, dont les auteurs, d'après les recherches modernes, paraissent être Théophile Protospatharius et son élève Stephanos d'Athènes. Il est bon cependant de faire remarquer avec Ghoulant {Bûcherkutide, 132) que dans un passage de ses Commentaires sur le sixième livre des Épidémies (Colteclio Crassi, p. 272), Palladius dit: « In libro autem de fibrium differentia traclatum est quomodo, etc. » , remarque qui, quoique bien ancienne, ne nous permet pas de considérer actuellement la question comme absolument jugée.

Quant aux commentaires sur Hippocrate, ils ne présentent qu'un médiocre intérêt ; ceux sur les fractures sont incomplets et ceux sur le sixième livre des Épidémies ne vont pas au delà de la septième section. « Palladius dit, entre autres, que de son temps la pierre devenait moins curable, ce qu'il attribue au luxe du siècle, aux excès de table et au défaut d'exercice. »

Les Scholies sur le sixième livre des Épidémies d'Hippocrate {Brèves interpretationes septi libri de morbis popularibus Hippocratis) ont été traduites en

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lalinpar J.-P. Grassus et insérées dans la collection des Medici antiqui grœci (Bàle, 1851) ; le texte grec a été' publié pour la première fois par Dietz dans ses Scholiain Hippocratemet Galenum (negiomontani, 1834, in-8) ; lesScliolies sur le Traité des fractures d'Hippocrate (Commentarii in librum Jlippocratis de fracturis) ont paru dans l'édition d'Hippocrate de Foës.

Un mot encore au sujet du Traité sur la fièvre, dont Palladius a si longtemps passé pour être l'auteur, s'il ne l'est pas en réalité; cet opuscule avait pour titre : Uzpl n\)pexS}v o-ûvTopç (TOvoi|/tç ; il a été publié pour la première fois par J. Cbartier en grec et en latin (Paris, 1646, in-4''); J.-Et. Bernard en donne une édition Irès-soignée avec des Glosses chimiques et des extraits de poèmes sur la chimie copiés par d'Orville, dans son manuscrit de la bibliothèque de Saint-Marc (Leyde, 1745, in-8°). le texte grec se trouve inséré dans les Physici et medici grœci minores (Berlin, 1841, in-8°). L'édition la plus récente en est la suivante : Tlieophili et Stephani Atheniensis, de febrium differentia ex Hippocrale et Galeno, edid. Demetrius Sicurus. Florentiaj, 1802, in-8" (d'après un manuscrit de la bibliothèque Laurentienne de Florence). L. Un.

Palladins (RuTiLias-ÎAURUs-yEMiLiANus). Nous devons une mention à cet agronome latin, qui vivait probablement au quatrième siècle de l'ère chrétienne. Il a publié tin traité De re rustica en 14 livres, probablement une compilation d'après les écrits de Columelle et de Martialis Gargilius ; le style en est inférieur à celui de Columelle. Ce traité, très-populaire au moyen âge, se trouve inséré en grande partie dans le Spéculum naturale de Vincent de Beauvais. 11 fut publié pour la première fois par Jenson dans les Rei rusticœ scriptores (Venise, 1472, in-fol.) et eut une foule d'éditions depuis lors. L. II.n.

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Pallas (Simon). Chirurgien de mérite, naquit à Berlin en 1694 et y devint premier chirurgien à l'hôpital de la Charité et professeur de chirurgie au Collège médico-chirurgical. 11 mourut à Berlin le 24 juillet 1770. On cite de lui plusieurs ouvrages écrits dans un bon esprit :

I. Anleitung zur praklischen Chirurgie. Berlin, 1763, in-8° ; ibid., 1770, in-8°. — II. Ueher die chirurgisclien Operalionen. Berlin, 1763, in-S"; Appendice, ibid., 1770, in-8». — III. Anleitung die Knochenkrankheiten zu heilen. Berlin, 1770, in-8°. L. Un.

Pallas (/Vugust-Friedrich). Fils du précédent, vint au monde à Berlin, le 5 septembre 1751, se fit recevoir docteur à la Faculté de Leyde en 1754, puis devint professeur de médecine au Collège médico-chirurgical de Berlin. 11 termina sa carrière le 5 mai 1812. Nous connaissons de lui:

I. Disîert. de variis calculas secandi melhodis. Luffiluni Batavorum, 1754, in-4"'. — \\. Chirurgie oder Abhandlung von âusserlichen Krankheilen, etc. Berlin, 1764, in-8''; 2le sehr verbesserte Ausgabe. Berlin, 1776, in-S". — III. Divers articles dans les recueils médicaux. L. Hn.

Pallas (Peter-Simon). Célèbre naturaliste, frère du précédent, naquit à Berlin le 22 septembre 1741. Il se livra tout d'abord à la médecine et à la chirurgie, et fréquenta particulièrement les universités de Berlin, de Gottingue et de Leyde; mais l'étude des sciences naturelles finit par le captiver entièrement ; encore étudiant, il fit des observations sur la classification de plusieurs groupes d'animaux ; un séjour à Leyde oiî il eut pour maîtres Albinus, Gaubius et Mus-

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schenbrœck, ainsi qu'un voyage en Angleterre, affermirent en lui la résolution de se vouer exclusivement à l'histoire naturelle. Il fut reçu docteur en 1760, à l'âge de dix-neuf ans ; dans sa thèse inaugurale, il a décrit plusieurs genres de vers intestinaux avec plus de détails qu'on n'en avait donnés jusqu'alors. Pendant son séjour en Hollande et en Angleterre, il fut chargé de classer plusieurs collections précieuses ; à la même époque il publia deux ouvrages : Elenchus zoophytorum (La Haye, 1766, in-S") et Miscellanea zoologica (1766, m-4»), qui sont encore estimés aujourd'hui. Dans ce dernier ouvrage il décrit plusieurs animaux, surtout mammifères, nouveaux, et donne une série de recherches sur les vers ; sa critique de la classe des vers de Linné est remarquable ; le premier il reconnaît l'affinité des Limaces et des Seiches avec les Mollusques testacés, des Ascidies avec les Bivalves, etc. « Si Linné, dit Carus, considère ce dernier groupe (Ascidies) comme voisin de celui qui comprend les Astéries, s'il cite les Méduses comme se rapprochant des Mollusques, à cette méprise, qui ne repose que sur le défaut d'observations personnelles, Pallas oppose des recherches anatomiques portant sur l'ensemble des diverses espèces de vers marins, terrestres et intestinaux, qu'ils soient nus, tubulaires ou testacés. »

Peu après avoir publié les Miscellanées, Pallas revint à Berlin et y entreprit ses Spicilegia, dont le premier cahier parut en 1867. Ces travaux le firent appeler l'année suivante à Saint-Pétersbourg, où il devint membre adjoint de l'Académie des sciences, avec le titre d'assesseur du Collège. Peu après il fut désigné pour faire partie, en qualité de naturaliste, de l'expédition scientifique chargée d'observer en Sibérie le passage de la planète Vénus sur le disque du soleil. Pallas employa six ans à ce voyage, accompagné pour lui de grandes fatigues, explorant successivement le cours du Jaïk, les bords de la mer Caspienne, l'Altaï, la région du lac Baïkal jusqu'à la frontière chinoise, le Caucase, différentes parties de la Russie méridionale ; il ne revint dans la capitale russe que le 30 juillet 1774.

Pallas nous a fait connaître les résultats de ses explorations dans ses Voyages à travers plusieurs provinces de l'empire russe (Pétersbourg, 1771-1776, 3vol.in-4°, trad. franc. Paris, 1788-1793, 5 vol. in-4", avec atlas). Chaque hiver il rédigeait la narration de son voyage et l'envoyait à Pétersbourg pour l'y faire imprimer, et il consacrait le temps qui lui restait à publier ses découvertes scientifiques. En 1777, il fut adjoint aune commission chargée par le gouvernement de lever la carte de Russie. Quelque temps après, il se prit d'une belle passion pour la botanique et se mit à explorer avec une rare ardeur les différentes parties de l'empiie. Le fruit de ses travaux fut son magnifique ouvrage intitulé : Flora rossica (Pétersbourg, 1784-1785, 2 vol. in-fol., av. 100 pi.), qui malheureusement est resté inachevé. Cependant les recherches botaniques n'occupaient pas assez Pallas pour lui faire négliger les autres branches des sciences naturelles et historiques, comme le prouvent son Recueil de documents historiques s?tr les peuplades mongoles (Pélershour^, HT Q-I80'2f 2 vol. in-4''); les Icônes insector uni, prœsertim Rossiœ Sibiriœque peculiarium (Erlangue, 1781-1783, 2 vol. in-4''), et même un ouvrage fameux sur une matière en dehors de ses études ordinaires et qu'il n'eût probablement pas eu l'idée d'entreprendre sans l'ordre formel de l'impératrice Catherine II, à qui le mérite en revient presque autant qu'à lui ; nous voulons parler du Linguarum totius orbis vocabidaria comparativa (Pétersbourg, 1787-1789; 2« édit., 1790-1791, 4 vol. in-4°). Ces nouveaux travaux de Pallas ne furent pas ses moins remar-

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quables, car on peut dire qu'il a été l'un des premiers écrivains compétents, pour ne pas dire le fondateur de la science ethnographique.

Ses mérites au point de vue de la paléontologie ne sont pas moindres ; le premier il a rattaché nettement les espèces fossiles aux vivantes et expliqué la présence de leurs débris non plus par une succession de cataclysmes universels, idée favorite des auteurs anciens, mais eu faisant une large part aux phénomènes locaux.

En 1785, Pallas fut confirmé comme membre titulaire de l'Académie, et il devint, en 1787, historiographe du Collège de l'amirauté. Dans les années 1795 et 1794, il entreprit nu voyage en Crimée et il donna de ce pays une idée séduisante dans son Tableau physique et (opographif/ue de la Tauride (Pétersbourg, 1795, in-i"), ouvrage écrit en français qu'il développa ensuite dans une traduction allemande (Leipzig, 1799-1801, 2 vol. in-4"), d'après laquelle furent publiés ei"! Fiance les Voyages dans les gouvernements méridionaux de l'empire de Russie (Paris, 1805, 2 vol. in-4*', avec allas). Ayant témoigné le désir d'aller vivre dans ce pays, qu'il avait trouvé si beau, il obtint en don de rimpéralricc plusieurs terres de la couronne, et dès 179G il s'établit à Simléropol, qu'il ne tarda pas à quitter pour entreprendre dans les provinces méridionales le voyage dont il vient d'être question. Nous devons de plus à ce voyage un traité sur les Espèces d'astragales (Leipzig, 1800-1804, 14 livr. in-fol.). Cependant les désagréments de toutes espèces qu'il eut à souffrir de l'indiscipline des Tatars finirent par dégoûter Pallas de la Tauride, et, sa femme étant morte sur ces entrefaites, il partit avec sa fille pour aller retrouver son frère aîné à Berlin. Il laissa par son testament à l'Université de celte ville une partie de ses riches collections.

Pallas mourut à Berlin le 8 septembre 1811. Outre les ouvrages déjà cilés, il a publié :

I. Spicilegia zoohyica. Berolini, 1767-1780, 14 liv. in-4''. — II. Obsevv. sur la formalion desmoiilagnes. l'étersbourg, 1777, in-4°; Paris, 1782, in-12. — III. Novae species f/uadrupedum. Erlaiipae, 1778-1779, 1784, in-4". — IV. Neue Nordische Beilràge. Petersburg u. Leipzig, 1781-1796, 7 vol. in-8°, avec caries et lig. — V. Un nombre considérable de mcin. dans les Acla Nalurae Curiosorum et les Commenlarii Petropolilani novi. L. Un.

PALLETTA (Giovan.m-Battista). Médecin italien distingué, né en 1747, à Montecrestese, dans la vallée d'Ossola (Piémont). Il fit ses premières études à l'École des Jésuites de Brieg, puis vint à Milan suivre les cours d'anatomie, de médecine et de chirurgie de Patrini, de Gallardi et de Moscati; ses succès rapides et son zèle soutenu lui valurent bientôt la place d'élève pensionné du grand hôpital de Milan. Il possédait déjà des connaissances chirurgicales approfondies, quand il se rendit à Padoue pour assister aux leçons du célèbi-e Slorgagni et prendre dans celte université le gi-adc de docteur en médecine. Dès cette époque, la réputation de Pailella était commencée, et Marie-Thérèse vovdut alors le nommer à la chaire d'anatomie de l'université qu'elle se proposait de fonder à Mantoue ; mais l'amour de son pays lui fit refuser cette place honorable, et il revint a Milan, en 1 774 : il était âgé alors de vingt-six ans. A partir de ce moment il se livra avec une nouvelle ardeur àl'anatomie pathologique et à la chirurgie, et, en 1778, il alla se faire recevoir docleur en chirurgie à l'Université de Pavie. De retour à Milan, Palletta y occupa successivement la place de chirurgien-adjoint, de chirurgien ordinaire, de démonstrateur d'anatomie et de professeur de clinique chirurgicale ; enfin, eu

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