J, CH
La bouche étant fermée naturellement, nous l'entr'ouvrons en portant un peu les lèvres en avant, et nous touchons, très-légèrement, le pourtour du palais, avec les bords de la langue, en laissant toutefois au niveau des incisives un
Fig. 13. — J.
Fig. U. — Ch.
petit passage. Le courant d'air expiré, resserré dans un étroit passage formé par la langue et la voûte palatine, viendra se briser avec force sur le trancliant des dents (fig. 15) en produisant la consonne sonore J'. Le Cil se produit de la même façon par une semblable disposition de la langue; les lèvres, cependant, sont allongées un peu plus en avant (fig. 14); c'est une consonne muette^ Ces deux consonnes J, CH, appartiennent à la classe des linguales^ soufflées,
' îs'ous avons été étonné de trouver les lignes suivantes dans la Physiologie de la voix et de la parole, deM. le docteur Edouard Fournie, ouvrage si remarquable sur bien des points : « Dans le J, la partie antérieure et moyenne de la langue est appliquée contre le voile du palais, mais elle en est séparée par un petit espace à travers lequel le murmure vocal s'écoule avant que le détachement subit de la langue ait complété le caractère de cette consonne qui, outre le murmure précité, s'accompagne d'un bruit particulier qu'elle emprunte au petit canal formé par la langue et le palais. »
^ Millier la considère comme sonore.
^ Gerdy leur donne avec raison le nom de linguales antérieures sifflantes, mais Morin et Kersten les considère comme des labiales. Selon eux, la langue en repos, retenue, n'agit pas pour la prononciation de ces lettres. C'est une erreur grossière qui n'aurait pas dû leur
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car c'est évidemment à la position qu'occupe la langue qu'elles doivent leur formation.
On a vu que, dans notre classification, nous avions fait entrer les consonnes G, K^, parmi les linguales, alors qu'un grand nombre d'auteurs avaient cru devoir en faire une classe à part sous le nom de gutturales.
Assurément leur caractère phonétique est d'être gutturales ; mais c'est parler au figuré que de dire qu'elles se prononcent de la gorge. Pour prononcer G, la pointe de la langue est appuyée contre le bord alvéolaire du maxillaire inférieur, afin que le dos de la langue ait la plus grande hauteur possible. Le
Fis. 13 — Gn.
Fis. i6. — K.
dos de la langue est placé à l'entrée de l'isthme du gosier contre les piliers antérieurs du voile, de telle façon que l'air lancé par les poumons ne trouve qu'un petit passage pour s'échapper, et, comme ce passage est tout à fait au fond de la bouche, il prend un caractère sourd auquel on a donné le nom de guttural.
Pour le K la manœuvre est la même, seulement la vibration laryngienne, qui existait pour le G, manque pour le K. De plus, le dos de la langue est appliqué plus près encore des piliers, si bien que les bègues, par exemple, qui sont pris de spasmes au moment où ils forment cette lettre extrêmement dure, éprouvent une sorte d'étranglement très-marqué.
Mûller et Kersten rangent ces consonnes parmi les muettes; quant à Magendie, elles sont pour lui toutes les deux vocales !