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PASSE-RAGE

et ses fruits ont la saveur acre et poivrée qui rappelle celle de la moutarde, et ils sont, à cause de cela, employés comme condiment. Ou l'a, dit-on, utilisé contre la rage. Enfin l'abbé Rousseau employait contre les névroses la liqueur alcooli(pie obtenue en faisant fermenter de l'eau miellée sur celte plante.

2" La petite Passe-rage, Lepidiiim graminifolùnn L. {Lepidium Iberis Poil). Elle croît le long des chemins, pousse une lige de 3 décimètres à 1 mètre, d'un vert gai, garnie de feuilles linéaires, lancéolées, aiguës, entières et portant au sommet de petites fleurs blanches, auxquelles succèdent des silicules ovales, aiguës, entières au sommet et non ailées. C'est liêzpt; de Dioscoridc. Elle a une odeur de chou très-prononcée. Elle a été recommandée par les Anciens, Dioscoride, Galien, Servilius Damocrate. On l'a indiquée aussi comme lithontriplique. Enfin, d'après Peyrilhe, on l'emploie en Espagne comme fébrifuge, soit seule, soit associée au quinquina.

3° La Passe-rage sauvage, Lepidium ruderale L. Cette espèce des ruines et

des décombres a des feuilles radicales pétiolées, dentées ou pennatilobées, qui

disparaissent au moment delà floraison; des feuilles caulinairespennatipartites

dans le bas; linéaires, entières dans le haut; de très-petiles fleurs; une grappe

, fructifère allongée, à silicules ovales-orbiculaircs, échancrées au sommet.

Celle plante annuelle, qu'on appelle aussi Nasilort sauvage, a une odeur de cresson très-développéc et jouit de propriétés antiscorbutiques bien manifestes. Elle a été aussi employée dans diverses circonstances comme fébrifuge et elle a été souvent utile dans ce sens. C'est surtout en Russie, où elle est très-commune, qu'elle a été préconisée; c'est dans ce pays un remède populaire.

A côté de ces plantes indigèues, il faut placer dans le même genre quelques espèces exotiques, dont une surtout cultivée dans les jardins est devenue chez nouspr esqiie spontanée.

C'est le Lepidium sativum L., nommé vulgairement Nasitort ou Cresson alénois, originaire d'Orient. C'est une plante un peu glauque, dont la tige dressée, rameuse, porte diins le bas des feuilles plus ou moins profoudément pennatilobées; plus haut des feuilles linéaires, non embrassantes. La grappe fructilère, raule, très-allongée, a des silicules glabres, orbiculaires, échancrées au sommet, ailées sur les bords. C'est le ).£7ri5iov de Dioscoride. Elle a une saveur poivrée, piquante, et est employée comme condiment. Elle est antiscorhutique, diurétique. On l'a employée avec succès, d'après Ambroise Paré, contre les croûtes laiteuses des enfants. Les graines sont emménagogues et peuvent faciliter l'expectoration.

Le Lepidium piscidium Forst., qui a été trouvé par Gaudichaud aux îles Sandwich, est employé dans ce pays contre la syphilis et aussi pour enivrer le poisson.

Enfin nous devons signaler comme plante intéressante le Lepidium campestre R. Brown [Thlaspi campestre L.), qui est le ôXâa-Tn de Dioscoride. C'est une plante d'uu vert blanchâtre, velue, à feuilles radicales obovées, entières, sinuées ou lyrées; à feuilles caulinaires, oblongues, embrassant la tige par deux oreillettes. La grappe fructifère, dense, porte des silicules arrondies à la base, couvertes de papilles saillantes, échancrées en deux lobes peu divergents'; les graines sont ovoïdes, noires, finement tuberculeuses; elles sont acres et piquantes. Ces semences entrent dans la confection de la thériaque.

Bibliographie. — Hippoceate. Mo7-b. mul., I, 493. — Dioscoride. Mat. medica, II, 185-186, 205. — Spuesgel. Uist. rei herbarice, I, 45, 181, 226. — Linmé. Centra, 801 ; Species, 899. —

PâSSERINâ. bOl

De Candolle. Flore française, IV, 707. — Grenier et Godron. Flore de France, I, 550. — GuiBouRT. Drogues simples, 7» édit., I, 689. — Bâillon. Hist. des plantes, 111, 208. Pl,

PASSEREAUX. Dans la classe des Oiseaux {voy. ce mot) l'ordre des Passere.iux est certainement celui qui comprend le plus grand nombre d'espèces et en même temps celui dont il est le plus dil'ficile de donner une définition satisfaisante. En effet, comme le disait déjà G. Cuvier, les caraclèies de ce groupe semblent purement négatifs et, sous le nom de Passereaux, on désigne tous les oiseaux qui ne sont ni Palmipèdes, ni Échassiers, ni Grimpeurs, ni Hapaces, ni Gallinacés. D'autre part, en examinant comparativement un Corbeau et un Moineau, on trouve que ces espèces, en apparence si dissemblables, ont au fond la même structure, tandis que, en revanche, eu étudiant de la même façon une liironilelle et un Martinet, en apparence identiques, on reconnaît des différences dans la structure anatomique. 11 en résulte qu'il n'est pas moins difficile d'établir la distribution intérieure des Passereaux que de tracer les limites exactes de ce groupe, et dans ces conditions il n'est pas étonnant que la classification proposée par G. Cuvier ait subi de nombreux remaniements. Souvent dans le langage ordinaire et même dans les traités d'ornithologie on continue à désigner sous le nom commun de Passereaux des oiseaux de taille moyenne, pourvus d'un gésier monstrueux, se nourrissant généralement de graines, de fruits ou d'insectes, volant plus ou moins bien et n'ayant jamais les instincts rapaces des Oiseaux de proie; mais on n'attache plus à ce terme un sens aussi rigoureux qu'autrefois et on ne fait plus, en général, des Passereaux un ordre distinct, subdivisé d'abord en deux sections, les Syndactyles et les Déodactyles, puis en un certain nombre de familles, Dentirostres, Fissirostres, etc.

Dans les articles consacrés aux Déodactyles et aux Syndactyles {voy. ces mots) nous discutons assez longuement, ces modifications apportées à la classification de G. Cuvier pour n'avoir pas a y revenir ici, et nous consacrons d'ailleurs aux principaux types de Passereaux des articles spéciaux {voy. Oiseaux-Mouches, Pie, Geai, Grijipereaux, Grimpeurs, Grive, Gros-bec, etc., etc.). E. Oustalet.

Bibliographie. — G. Cuvier. Le Règne animal distribué d'apt-ès son organisation, t" édit., 1. 1, p. 334, 1817. E. 0.

PASSFRïi\A (L.). Genre de plantes, de la famille des Thyméléacées, dont les fleurs sont à peu près celles des Thymelœa eux-mêmes, hermaphrodites, avec un calice pétaloïde, hypocratérimorphe, à tube grêle, rétréci au-dessus de l'ovaire et se détachant finalement on ce point. Le limbe est 4-partite, étalé, caduc, à gorge dépourvue d'écaillés. L'androcée est formé de 8 étamines bisériées, à filets souvent cohérents à la base, à anthères ovales et exsertes. Le gynécée, déponrvu de disque, a un ovaire uniloculaire, uniovulé, et est surmonté d'un style latéral à sommet stigmatifère capité et demi-exsert. Le fruit est nuculaire, longtemps recouvert de la base du périanthe. Son péricarpe est crustacé ou légèrement charnu, rarement tout à fait bacciforme. La graine est pourvue d'un albumen. Les Passerina sont, au nombre de 4 ou 5, des arbustes éricoïdes du C;ip et des pays voisins et de la région méditerranénne.

Le P. tinctoria Pourr., espèce de l'Europe méridionale, est employé eu Espagne comme purgatif; son écorce donne une teinture jaune.

Le P. Stelleri Wickstr. est hStelleiri Chamxjasme h. Sa racine sert en Sibérie aux mêmes usages que celle de l'espèce suivante.

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