I.NFLAMiiATioss. Pavois. Phlegmou de la paroi
Abcès pulsatiles de la région précordiale 548
Fistules pariétales 550
Plèvre. Traitement des épanchements de la plèvre 555
Pleurotomie 555
Opération d'Esllander 562
Maladies org.^siques. Tumeurs de la paroi thoracique 508
POIVRIER (botanique). 573
POIVRIER (Ptper L.), POIVRE, g I. Rotanique. Genre qui a donné son nom à la famille des Pipéracées, et qui est formé de plus de 600 espèces (on en avait admis près de mille), de toutes les régions tropicales des deux mondes.
La plus connue est le Poivrier commun ou P, noir {Piper nif/rnm L.). Ses fleurs sont disposées en longs épis, oii elles occupent chacune l'aisselle d'une bractée. Elles sont hermaphrodites ou unisexuées. Dans les premières ou observe, dans une fossette située au-dessus de la bractée et bordée sur chaque côté d'une crête saillante, un gynécée libre, avec une étamine de chaque côté, formée d'un filet court, inséré sous l'ovaire, souvent aplati, et d'une anthère basifixe, articulée, à deux loges adnées. L'ovaire est uniloculaire, atténué supérieurement en un style qui représente un très-court goulot et se partage bientôt en trois, quatre ou même en un plus grand nombre de petites languettes inégales, réfléchies, stigmatifères. Dans la loge ovarienne se voit un petit placenta presque basilaire qui supporte un seul ovule, à peu près dressé, orthotrope, à micropyji' supérieur. Le fruit, vulgairement nommé grain de poivre, est une baie sessile, monosperme, et la graine renferme, sous ses téguments, un gros albumen farineux, dont le sommet est occupé par un autre albumen, relativement trèspetit et charnu, qui enveloppe un embryon minime, à radicule supère, trèscourte, et à cotylédons larges et déprimés. Le Poivrier noir est une plante herbacée, grélc, grimpante, dont les tiges noueuses portent des racines advenlives. Ses feuilles sont insérées au niveau des nœuds reuflés et articulés; alternes, simples, pétiolées, ovales-acuminées, penniverves et subtriplinerves à la hase. Leur pétiole se dilate inférieurement eu une gaîne qui se prolonge en deux stipules intra-pétiolaires; celles-ci se séparent, à un moment donné,, des bords du pétiole avec lequel elle se continuent et laissent à ce niveau une cicatrice longitudinale, puis, plus bas, une cicatrice circulaire répondant à leur base d'insertion sur le rameau. Les inflorescences sont de longs épis, simples, pédoncules, oppositifoliésou, plus rarement, terminaux. D'autres Poivres, bien connue pour leurs usages, tels que le Poivre long, Je Bétel, le Gubèbe, Je Kavva, etc., ne diffèrent du précédent que par des caractères de détail. Ainsi, le P. lone doit son nom à l'agencement de ses baies en un cylindre serré dans lequel elles sont étroitement comprimées entre elles : d'où leur forme obpyramidale, leur sommet demeurant seul libre. Dans le Bétel, les bractées sont arrondies, sessiles, insérées par le centre, et les feuilles sont mullipJinerves à leur base. Le Gubèbe a des baies stipitées (d'où son nom vulgaire de P. à queue), des bractées adnées au rachis de l'inflorescence, sauf sur ses bords, et des feuilles penninerves. Le Ivawa a des bractées peltées et pédicellées, crénelées sur les bords, et des feuilles mullinerves, longuement pétiolées, cordées à la base, surmontées d'un anneau uigu, penninerve, 11-15-nerves à la base, les trois nervures centrales se prolongeant jusqu'au voisinage du sommet. D'autres espèces du genre Piper diffèrent encore des précédentes : par le nombre de leurs étamines, qui peut s'élever de trois ou quatre jusqu'à dix ou douze; par leur anthère, articulée ou non sur le sommet du filet; par la séparation plus ou moins complète ou la réunion des sexes dans leurs fleurs, qui sont tantôt monoïques et tantôt dioïques, ou polygames sur un même pied, ou sur une même inflorescence, ou, plus rarement, toutes hermaphrodites dans le même épi; par la situation des inflorescences sur les rameaux, et par la manière dont la bractée florale se comporte par rapport à l'axe. Sur ces différences sont fondées les sections assez nombreuses.
Ô74 POIVRIER (botanique).
mais à limites souvent impossibles à bien définir, qui ont été établies dans ce genre si naturel. Les espèces se montaient, avons-nous dit, à mille environ. Elles ont pu être réduites à environ six cents, dont plusieurs semblent encore avoir une autonomie contestable, toutes originaires des régions chaudes des cinq parties du monde.
Les espèces couramment employées aujourd'hui en médecine sont au nombre de cinq :
1" Poivre noir {Piper nigrum L. — P. trioicum Roxd.). Cette liane, qui atteint une dizaine de mètres de haut, a ses vieilles tiges ligneuses et ses jeunes branches herbacées, vertes, glabres, avec des nœuds renflés de distance en distance, desquels naissent des racines adventives qui se fixent au sol ou aux arbres voisins. Ses feuilles sont .alternes, péliolées, ovales ou ovales-aiguës, ordinairement plus ou moins aiguës ou légèrement obtuses à la base et cà peine insymétriques, acuminées au sommet, entières, glabres des deux côtés, avec 4-6 nervures secondaires naissant vers la partie inférieure du limbe, presque ensemble ou un peu au-dessus les unes des autres et reliées entre elles par des veines réticulées. Les Heurs sont polygames- dioïques ou monoïques, disposées en chatons opposilifoliés. Le fruit est charnu, presque globuleux, rouge ou jaunâtre à la maturité, souvent apiculé des restes du style. La graine est aussi presque globuleuse, à tégument mince et brun. Toute la plante fraîche a une odeur aromatique (dimensions : pétiole, 2-4 centimètres; limbe, 10-15 centimètres de long, sur 6-10 centimètres de large; inflorescence, 5-15 centimètres de long; fruit, 1/2-2/5 centimètre de diamètre; graine, 1/5-1/2 centimètre). Cette espèce est, crolt-on, originaire de l'Inde, notamment du Malabar. On la rencontre aujourd'hui à Ceylan, à Singapour, à Bornéo, à Java, à Sumatra, aux Philippines et aux îles Mascareignes où elle a été introduite. On l'a transportée aussi aux Antilles, et partout on la cultive en la soulenant, soit sur des tuteurs, soit plus ordinairement sur quelque arbuste dressé, plus solide. Il y a environ un siècle qu'on la cultive dans nos serres d'Europe, sans qu'elle y fleurisse jamais.
La partie employée comme poivre noir est le fruit, qui est sphériqiie, d'un brun noirâtre à l'extérieur. 11 renferme la graine, brune à la surface, cornée dans ses couches extérieures et farineuse au centre, qui est blanchâtre. A une de ses extrémités se trouve l'embryon, enveloppé de l'albumen intérieur. En enlevant par des procédés particuliers la portion superficielle du péricarpe de ce fruit, on obtient le poivre blanc, qui se prépare aux lieux de production, piiincipalement à Rhio. Ces deux poivres s'exporlent principalement pour l'Angleterre de Singapour et proviennent des îles de l'archipel Indien. L'Inde anglaise en exporte aussi une assez grande quantité, et l'Angleterre seule en reçoit actuellement environ 11 millions de kilogrammes par an.
Le fruit complet du Poin'ier présente un péricarpe formé d'une couche charnue, parencltymateuse, limitée par deuxépidermes.L'épiderme extérieur est doublé d'un nombre variable de couches de phytocystes scléreux, à paroi épaisse, (kii-e et ponctuée, de couleur jaune. L'épiderme l'ntérieur est formé d'une couche de phytocystes à paroi inégalement épaissie. Elle l'est beaucoup en face de la graine, ainsi que sur les côtés des éléments, mais elle demeure mince du côté du parenchyme charnu du péricarpe. Ce parenchyme est dans presque toute son épaisseur formé de phytocystes inégaux, à paroi mince, mais tous plus ou moins allongés dans la direction (angentielle. 11 n'y a que dans sa zone
POIVRIER (botanique). 575
profonde qu'il contient en outre de grands phytocystes splieriqiies ou ovoïdes renfermant une huile jaunâtre et odorante. Le tégument séminal est triple, et sa couche externe adhère fortement au péricarpe. Elle est formée de phytocystes comprimés et allongés tangentiellement. Les phytocystes de la couche moyenne ont la forme quadrangulaire et renferment de la matière colorante brune. Ceux de la couche interne sont disposés sur une seule série, épaissis en dehors et sur les côtes, minces du côté de l'albumen qui vient immédiatemeiit après. Ces fruits renferment donc une huile essentielle très-odorante, mais peu sapide. La saveur piquante est due à une matière résineuse, la pipérine.
2° Cubèbe [Piper Cubeba L. f. — P. caudatum (Ioutt. [nec Vahl). — Cubeba officinalis Miq.). C'est une plante grimpante, à rameaux noueux, les entreuœnds inclinés les uns sur les autres à angle obtus. Les feuilles sont alternes, distiques, courlement pétiolées, oblongues-lancéolées, atténuées vers la base qui est insymétrique et longuement atténuées vers le sommet qui est aigu ou un peu acuniinc, entières, un peu ondulées, glabres, légèrement coriaces, d'un beau vert en dessus, un peu plus pales en dessous, un peu rigides, penninerves, avec les deux premières })aires de nervures secondaires plus rapprocliées l'une de l'autre et de la base du limbe, proéminentes en dessous, de même que les veines lâchement réticulées. Des nœuds des branches n;iissent souvent des racines secondaires qui les fixent aux arbres voisins. Les fleurs sont dioïques, et l'axe du chaton, né sur le côté d'une feuille, est rigide, dressé ; les chatons eux-mêmes sont cylindro-coniques, d'un vert pâle. L'ovaire a la forme d'une courte poire renversée, surbaissée ; son sommet s'atténue en un style couri, à trois branches sligmatifères étalées, réfléchies, papilleuses, blanches. Le fruit est globuleux, apiculé, pcdicellé, lisse (dimensions : pétiole, 1,2 centimètres; limbe, 10-15 centimètres, sur 4-6 centimètres de large; chaton mâle, 11/2- 2 centimètres; chaton femelle, 2,5 centimètres; pédicelle, 1,2 centimètres; épi de fruits, 5-10 centimètres; fruit, 1/2-2/5 centimètre).
Le Cubèbe croît spontanément à Bornéo, à Java et à Sumatra; on le cultive dans ces deux dernières îles et principalement dans les intervalles des pieds de caféiers. 11 est cultivé dans nos serres, où il fleurit fréquemment. A Java, on récolte les fruits avant leur maturité et on les sèche lentement avant de les exporter; ils viennent en grande partie par Singapour. Ils sont assez semblables à ceux du Poivre noir, mais pourvus d'un long pédicelle : d'oii leur nom de poivre à queue. Leur saveur est amère et acre, chaude et camphrée; leur odeur, très-aromatique, non désagréable. Ils renferment une huile volatile verdâtre qu'on en retire par distillation avec de l'eau et qui laisse, dans certaines circonstances, cristalliser un stéaroptène inodore en lui-même. Son principe actif paraît être le Cnbébin, résine incolore, acre, non azotée (C'^'H^O'"), non volatile et à peine soluble dans l'eau. Le Cubèbe se cultive surtout à Java, dans le district méridional de Banjoencas, et aussi dans l'est, le nord-ouest, et dans le pays de Lampony. Ce sont surtout des marchands chinois qui l'achètent et l'expédient à Batavia, d'où on l'envoie en Europe et en Amérique.
On substitue parfois au Cubèbe les fruits fort inférieurs en qiiaUté d,u Piper caninum Dietr. [Cubeba canina Miq.), du P. crassipes Konin. [Cubeba crassipes Miq.), du P. ribesioides Wall. (Cubeba Wallichii Miq.) et du P. Lowong Bl. [Cubeba Lowong Miq.). Il y a aussi des Cubèbes africains, fruits du P. Clusii G. DC. [Cubeba Clusii Miq.), qui étaient déjà importés en Europe dès le milieu du quatorzième siècle.
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5° Poivre long {Piper longvmL. — Chavica Roxburghii MiQ.). Cette espèce, qui est loin de donner tout le poivre long employé, comme nous le verrons à propos du P. officinarum, est grimpante, avec les feuilles pétiolées, les inférieures longuement. Elles sont cordées-acuminées, sauf les supérieures qui sont en partie oblongues-ovales et atténuées au sommet, 5-7-nerves, avec les nervures légèrement pubescentes en dessous. Les fleurs sont dioïques : les mâles diandres ; dans les femelles, l'ovaire est surmonté d'un style à 3,4 divisions stigmatifères; les fruits en chaton, ovoïdes-obpyramidaux, avec les bractées courtes et épaissies étroitement appliquées contre eux. Cette espèce croît dans l'Inde, et assez souvent aussi dans nos seri'cs. On la rencontre quelquefois dans le commerce sous le nom de poivre long, mais son fruit composé est beaucoup plus petit et surtout plus court que celui de l'espèce dont nous allons maintenant parler, et ses propriétés sont les mêmes.
A^ Poivre des boutiques. Mous ne pouvons que traduire par ces mots celui de Piper officinarum C. DG. (P. longum Rl'mph.-Piso. — P. Amalago L. (part.). — P. marilimum Bl. — Chavica officinarum Miq.), c'est-à-dire de la plante qui donne aujourd'hui le poivre long de Java et des régions voisines. C'est une esj)èce à feuilles très-courtement pétiolées, oblongues-ellipliques, atténuées au sommet et subacuminées, à base atténuée régulièrement ou plus ou moins insymétriquement, glabres des deux côtés, penniverves, avec les deux premières nervures secondaires naissant près de la base. Ses fleurs sont dioïques ; les mâles 2-5-andres. Ses bractées florales sont arrondies, sessiles et attachées par le centre. Les chatons de fruits, plus volumineux que ceux de l'espèce précédente, ont jusqu'à 23 millimètres de long sur 8 millimètres de large. Celte plante croît à Java, à Sumatra, à Timor, aux Célèbes, aux Philippines et jusque dans la Chine méridionale. Ses fruits renferment de l'huile essentielle et du pipérin, mais on ne sait dans quelle proportion. De Java on l'envoie en Europe par Singapour. 11 en vient aussi, mais en moindre quantité, de Uhio. On l'emploie peu aujourd'hui en médecine ; il est surtout usité comme condiment et pour la thérapeutique vétérinaire. Sa racine aromati(iue est un remède favori des Lidous, des Persans et des Arabes, sous le nom de Pipait niula (d'où le nom moderne de Pipli-mul) .
5" Matico [Piper angustifolium R. cIPav. — P.elongatum\km.. — P.granulosum R. etPAV. — Sleffensia elongata K. — Artanthe elongataMiQ.). C'estun arbuste haut de 2 à 5 mètres, à branches cylindriques ou obscurément quadrangulaires, avec des nœuds fortement renflés ; les entre-nœuds jeunes couverts de poils courts; les anciens devenus glabres. Les feuilles ont un très-court pétiole et un limbe ovale-obloug, très-insymétrique à la base, obtus d'un côté, auriculé de l'autre, à sommet plus ou moins longuement acuminé ; penninerve ; vert en dessus, un peu plus pâle ordinairement en dessous, à veines anastomosées en un réseau tessélé, à mailles tines, très-nombreuses et très-nettes, fort saillantes en dessus, toutes chargées de fins poils tomenteux qui se couchent sur les mailles du réseau. Les chatons sont latéraux, allongés, cylindriques, peu rigides, arqués, jaunes et formés de petites fleurs hermaphrodites, 2-4-andrès. L'ovaire est court, et le style, également court, est partagé en trois branches stigmatifères étroites, recurvées. Les bractées axillantes des fleurs sont peltées, stipitées et laciniées-frangées sur les bords. Le fruit est très-petit, à peu près sec et indéhiscent.
Cette espèce croît dans les forêts humides de l'Amérique du Sud, au Pérou,
POIVRIER (dotamque). 57T.
en Bolivie, dans l'Equateur, la Colombie, le Venuezela et le Brésil, On la cultive quelquefois dans ces régions. Ses feuilles varient beaucoup quant à leur largeur, les saillies de leurs nervures et la taille de l'auricule de la base qui peut même totalement disparaître (dimensions : feuilles, 10-50 centimètres; pétiole, 5-12 millimètres; chatons, 6-15 centimètres).
Les feuilles du Matico s'emploient contre la blennorrhagie et contre quelques autres phlegmasies des muqueuses, notamment de celles du poumon et des bronches. Elles sont exportées par Panama. Elles renferment une essence odorante et volatile qui laisse par le refroidissement déposer une sorte de camphre, du tannin, im acide dit avlaiithique et une résine analogue au pipérin et au cubébin.
On a substitué au Matico le Piper lancifoluun II. B. Iv. {Arlantlie lanclfolia MiQ.), de la Colombie, et le P. aduncurn L. {Artanthe adunca Min.), largement répandu dans l'Amérique tropicale sous le nom de Nandi, et qui, dès le znilieu du dix-septième siècle, avait été indiqué par l'ison. Son fruit sert aussi aux mêmes usages que les Cubèbes.
Commes espèces d'importance secondaire, nous citerons :
6" Kaiua, Kavakava, Ava, Awa-irai [Piper viethysticum Forst., nec Lamk. — Macropiper latifolium Miq. — M. rnethjsticnm llooit. et Ar.n.). C'est une espèce dioïque, à grandes feuilles longuement pétiolées, ovales-arrondies, profondément cordées à la base et brièvement acuminées au sommet, 11-lo-nerves à la base, membraneuses, avec les nervures luKiment pubcsccntes. Les chatons mâles sont courts relativement aux feuilles et ont des Heurs diandres. Les baies sont sessiles et le style est très-court. Cette espèce a d'abord été célèbre pour la liqueur enivrante qu'elle fournit aux habitants des îles Sandwich, de Noukaliiva, etc. Cette boisson a été qualiliée de « mortelle » (Cuzent) ; et d'autre part on a assuré (O'Rorke) qu'à part l'abus qu'en font certaines personnes c'est une boisson qui peut être fort utile, procure un sentiment de bien-être, un sommeil calme. On la prépare en mâchant la racine sèche, et elle n'est pas alcoolique, car elle se consomme immédiatement. On dit aussi que l'abus du Kava produit des affections cutanées rebelles. Mais c'est un adjuvant puissant pour le traitement des affections syphilitiques, un sudoritîque utile, proposé aussi contre la blennorrhagie et d'autres affections catarrhales. La plante renferme un principe cristallin, la viétityslicine ou kawaine, une résine acre, jaunâtre, de la gomme, des sels, etc.
1" Bétel [Piper Belle L. — P. Melamiri L. (part.) — P. MelamirisLKHK. — Chavica Belle Miq. — C. auriculata Miq. — Artanthe hexagyna Miq.). C'est une plante grimpante, à racines adventives et à feuilles cordées-ovales, acuminées, souvent un peu insymétriques à la base, 5-7-nerves, glabres, d'un vert foncé en dessus et pâle en dessous. Ses rameaux sont noueux, et les entre-nœuds coudés les uns sur les autres. Les fleurs sont dioiques, les mâles 2-andres. Les chatons femelles sont bien plus courts que les feuilles, et les division du style sont au nombre de 3-5. Cette espèce croît communément dans l'Inde, à Java, à Bornéo, aux Philippines ; elle a été introduite dans l'Amérique tropicale et se cultive dans nos serres, où elle fleurit assez rarement. Le Bétel est une plante stimulante, sialagogue ; il sert, dans toute l'Asie tropicale, à envelopper le mélan'^e d'arec et de chaux pulvérisés qu'on emploie tant comme masticatoire.
Beaucoup d'autres Piper ont aussi une valeur très-secondaire au point de vue médical. Ce sont : au Brésil, les Piper umbellatum L. [Caapeba, Pariporobo), ûicT. EHC. 2' s. XX VL 57
578 POIVRIER (thérapeutique).
marginatiim Jacq. (P. cordatum Vahl), Parthenum R. et Pav., Iloffmanseggianum Mart. [citrifoUum Link), unguiculatum R. et Pav., etc., tous stimulants, digestifs, diurétiques, etc.
Le Jaborandi, qu'au Brésil on considère comme le véritable, et qu'il ne faut pas confondre avec ceux qui s'emploient en Europe et qui sont des Pilocarpm (Rutacées), est le P. Jnbormidi y elioz. (Serronia Jaborandi GviiLEys. etPERR.), espèce sudorifique et sialagogue, dont Pison avait déjà constaté les puissants effets. Dans l'Inde, le P. arborescens {Siriiim arborescens tertium^vnpn.) passe pour un rubéfiant énergique. H. B.x.
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§ II. Thérapeutique. Sous le nom générique de Piper les botanistes désignent de nombreuses espèces de Pipéridces, parmi lesquelles le bétel [Piper bétel), le cubèbe (Piper ciibeba], etc., etc. Ici il ne sera question que du Piper nignnn, c'est-à-dire du poivre noir et du poivre blanc, qui tous deux sont le* fruits du Piper nigrum.
Employés dès l'anliquilé ù titre d'épice, les fruits du poivrier se trouvent dans le commerce sous forme de baies desséchées, à l'aspect ridé et de couleur noirâtre, quand elles sont entourées de la couche extérieure de leur péricarpe (poivre noir), et blanchâtre, quand on a enlevé celte dernière (poivre blanc). La coupe d'un grain de poivre noir présente une zone périphérique noirâtre et une masse centrale grisâtre constituée par la graine. Le péricarpe est formé par des cellules pierreuses, et le mésocarpe par des cellules aplaties, contenant des gouttelettes huileuses et des corpuscules amylacés. L'endocarpe est constitué par des cellules polyédriques.
Deux enveloppes séparent la graine du péricarpe, l'une extérieure à cellules cubiques, l'autre intérieure à cellules de couleur brune. Le parenchyme de l'albumen est constitué par de grandes cellules amylacées, parmi lesquelles se trouvent d'autres cellules à contenu amorphe et jaunâtre.
Ces éléments anatomiques permettent de reconnaître le poivre pulvérisé avec les substances qui y sont mélangées. Collin, Hassall, Choulette et Mussat, ont étudié avec soin la structure microscopique du grain de poivre noir. Au reste, le poivre blanc pulvérisé ne diffère de la poudre du premier que par l'absence des cellules pierreuses du péricarpe.
Composition chimique. D'après les analyses de Pelletier, de Lucas et Winter- Blyte et de Landrin, le poivre noir renferme un principe résineux, la pipérine, une huile essentielle volatile, une huile acre, des matières gommeuses, des matières extractives, des acides maligne et tartrique, de l'amidon, de la cellulose, des sels minéraux, de Valbumine, d'après Lucas, et de la bassorine, d'après Pelletier, substances dont les proportions varient suivant les provenances. Les poivres de Pellichery et de Penang sont les plus riches en extrait alcoolique et en sels minéraux.
Les princiues actifs du poivre sont la résine, l'huile essentielle et la pipérine.
POIVRIER (thérapeutique). 570
La résine de poivre est soluble dans l'cther et l'alcool, et plus faiblement dans les huiles essentielles. C'est à son àcreté que le poivre emprunterait ses proprie'tés stimulantes, d'après quelques observateurs.
h'huile essentielle, déjà connue du temps de Rheide (1688), et avant lui par Porta (de Naples [1589]), à laquelle le poivre doit l'àcreté de son odeur et de sa saveur, s'y rencontre dans la proportion de 1 et 1/2 à 2 pour iOO. Elle a pour formule C'"H^, et, par sa composilion, sa densité et sa volatilité, ressemble à l'essence de térébenthine. Flûckiger et Ilanbury lui attribuent un pouvoir rotatoire de 5,4 à gauche. Elle est isomère avec l'essence de citron.
La pipérine, ou pipérin, découverte par Œrsted, entre dans la composition du poivre dans le rapport de 2 à 5 centièmes. Sa formule C"[l'^Az"' en fait un isomère de la morphine. Buchheim la regarde comme une amide, et la considère comme une pipéridine dans laquelle un atome d'hydrop;ène aurait été remplacé par un équivalent du radical de l'acide pipérique. Elle cristallise en prismes obliques à quatre pans, qui sont incolores, insipides, inodores, insolubles dans l'eau, mais plus solubles dans l'éther. En présence des chlorures métalliques, elle forme avec l'acide chlorhydrique des composés cristallisables.
Par son dédoublement, la pipérine donne un alcaloïde, la pijicridine (C^H"Az), et un acide, Vacide pipérique, C*"^I1^°0^ D'après Buchheim, le poivre contiendrait la chavicine, corps constitué par la pipéridine dont un atome d'hydrogène serait remplacé parle radical de l'acide chavicinique. Liquide incolore, insipide, assez stable, dont le point d'ébullition est de 106 degrés, la pipéridine possède l'odeur du poivre. Elle donne des sels cristallisables avec les acides.
La composition chimique du poivre n'est donc pas définitivement établie. De l>lus, on ne s'accorde pas sur celle des composés auxquels il doit ses propriétés actives.
Parmi les dérivés de la pipérine il faut noter encore l'acide pipéronalique. Cet acide n'a pas été, jusqu'à présent, l'objet d'applications thérapeutiques. Il n'en est pas de même du pipéronol, son aldéhyde, résultant de l'oxydation de la pipérine. Le pipéronol cristallise en prismes incolores, dont l'odeur rappelle celle de la vanille. Ces cristaux sont insolubles dans l'eau, mais se dissolvent rapidement dans l'éther et l'alcool.
Falsifications du poivre. Le poivre peut être altéré, soit par le mélange avec sa propre poussière, soit par l'immersion dans l'eau salée, soit enfin par le broiement sous la meule, pendant lequel il perd une partie de ses principes volatils et odorants.
Les falsifications sont nombreuses, depuis la fraude plus ou moins grossière consistant à fabriquer des grains de poivre avec les graines de navettes enrobées dans une pâte grisâtre composée de farine de seigle, de débris de poivre, ou bien de poudre de tourteaux ou de racine de pyrèthre, jusqu'à l'addition dans la poudre de poivre des substances les plus diverses : tourteaux de chêne vis, de colza, de navettes, de farines, fécules, piment, noyaux d'olives, craie, plâtre, d'argile, et, d'après Chevallier, balayures de magasin. Enfin, on falsifie aussi le poivre en grains par son mélange avec la manignette ou graine de paradis, et, fraude plus dangereuse encore, en raison de leurs propriétés toxiques, avec les baies de nerprun desséchées.
AcTiOiN PHYSIOLOGIQUE. Eu applications prolongées sur la peau, le poivre peut produire la rubéfaction et même la vésication. Chacun connaît la saveur acre du poivre, l'irritation des muqueuses qu'il provoque et son action sur les
580 rOlVRlER (thérapeutique).
glandes salivaires qu'il stimule et dont il augmente la se'crétion. Il exerce mie semblable aclion sur les glandes gastro-intestinales. Après son ingestion, on éprouve une sensalion de chaleur épigaslrique; l'appélit et le pouvoir digestif augmentent. 11 excite également les fibres musculaires des tuniques intestinales, et, par conséquent, favorise la digestion des aliments. Nothnagel et Rossbacli attribuent ces effets tout à la fois à l'iiypersécrétion du suc gastrique et à une action antiputride.
Ingéré avec excès, le poivre congestionne la muqueuse et cause des inflammations gastro-intestinales. A doses élevées, il provoque une excitation vive du système nerveux, du système circulatoire, une sorle d'ivresse (jue l'on a comparée à l'ivresse des mangeurs de })iment, l'accélération du pouls, une sensation (le chaleur et parl'ois des sueurs. L'état iébrile dont parle van Swieten se traduit encore par la dysurie et des niflammations vésicales.
D'après Neumann, l;i pipeline, îi la dose de ti à o grammes, ne modifierait pas les fonctions cardio-vasculaires. Par contre, son administration serait suivie de douleurs stomacales et d'une sensation pénible de chaleur à la face et aux extrémités des membres. Celte sensation de cuisson alternerait avec des frissons, phénomènes qui, s'ils étaient réels, témoigneraient, il semble, de modifications de la vaso-motiicité. Ces propriétés appartiendraient également à la chavicine.
Enfin Buchheim n'aurait reconnu aucune ])ropriété physiologique spéciale ni aux acides pipériniiiues et chavicini(|ues, ni à la pipéridine, dont les sels agiraient à la manière des sels d'ammonium et d'éthylamine. Ajoutons que le pipéronol posséderait la propriété d'abaisser la température. Celte action a besoin d'être étudiée à nouveau.
On a mentionné des éruptions cutanées semblables îi l'érythème causé par le cubèlie, après l'ingestion exagérée du poivre.
Action et usages thékai-eutiques. Les propriétés irritantes àa poivre pulvérisé le font employer comme slomacliique et eupeplique dans les cas d'atonie gastro-intestinale, pour stimuler les estomacs paresseux, et pour faire tolérer certains médicaments, comme l'aisenic. C'est ainsi qu'on l'a prescrit, quand le (juinquina échouait, cl qu'il entre dans la composition des pilules asiatiques, dont chacune contient 5 centigrammes de poudre de poivre noir pour 5 milligrammes d'acide arsénieux et 1 centigramme de gomme arabique. Il facilite la digestion des aliments aqueux et amylacés, et cette propriété donne raison de son usage comme condiment.
D'où les poudres eupeptiques composées de poudre de poivre noir et de cannelle. De là sans doute encore son efficacité contre certaines formes de migraine.
Il passe encore pour être diurétique et anticatarrhal, et possède la réputation populaire de guérir les blennorrhagies. Magendie recommandait le pipérin contre cette affection.
En Angleterre surtout il jouissait naguère d'une certaine célébrité contre les hémorrhoïdes, les fissures hémorrhoïdaires, célébrité remplacée, de nos jours, par celle du capsicum : on l'employait dans ce but en électuaire.
Ses vertus anlipériodiques l'ont fait recommander par Celse pour combattre les fièvres intermittentes, et, au siècle dernier, surtout avant la découverte de la quinine, mais plus rarement depuis, on l'a souvent administré méthodiquement dans ce but. Cette propriété parait justifiée par de nombreuses observations.
A cet effet ou a prescrit la pipérine, dont on a fuit im succédané de la (|uinine, et à la dose trois fois répétée chaque jour de 1/2 gramme par prise. Ce sont là, — à quoi bon le dire? — des veitus fort douteuses, car, nonobstant leur activité, les cas de guérison ont toujours été des plus rares.
Récemment, hpipéronol a été l'objet des recherches de M. Ricardo Frigonini, qui lui attribue d'une part des propriétés antiseptiques, et d'autre part une action antithermique. (]et aldéhyde, administré par prise de 75 centigrammes répétées de deux en deux ou de trois en trois heures, aurait diminué la température des fébricilants. Cependant son emploi n'est pas sans inconvénient, et cet observateur a constaté la provocation de nausées et de vomissements.
A l'extérieur, on a prescrit le poivre comme un irritant et un épispastique. C'est surtout dans les inflammations pharyngiennes, les stomatites et les gingivites fougueuses, qu'on en a employé les infusions. Entin il a la réputation populaire d'èlre un parasiticide dans la teigne et dans la phlhiriase de la tète.
Succédanés. Le poivre long. Piper officinarum, possède une àcrelé plus vive. Néanmoins on peut le substituer au poivre noir, dont il a les propriétés.
Mode d'admiinistration et doses. Le poivre noir s'emploie en poudre, en teinture et en extrait. II entrait dans la préparation du Diaphœnix, du Milhndate et de la Thériaque d' Andromaqiie des anciennes pharmacopées.
En poudre, il sert à préparer des cataplasmes rubéfiants, des pilules prescrites à la dose quotidienne variant de 25 centigrammes à 5 grammes, suivant qu'on veut obtenir des effets stimulants ou bien irritants; on l'administre encore en mélange avec de l'eau-de-vie ou du vin blanc. A l'extérieur, on emploie la pommade au poivre, qui est préparée avec 1 partie de poudre pour 4 d'axonge.
La teinture alcoolique de poudre de poivre, obtenue en traitant 1 partie de poivre par 8 d'alcool, sert à préparer des liniments irritants ou rubéfiants, recommandés contre les paralysies et les douleurs rhumatismales.
L'extrait éthéré de poivre est moins actif. Il ne doit pas contenir de pipérine. On l'administre à la dose de 5 à 25 grammes par jour.
La confection de poivre [Ward's Paste) de l'ancienne pharmacopée britannique était un mélange de sucre et de miel avec les poudres de poivre, de semences de fenouil et de réglisse. Deux ou trois doses de 4 à 8 grammes de cette préparation étaient ingérées chaque jour par les hémorrhoïdaires. Cu, Éloy.
POIX. Sous le terme générique de poix on range diverses matières résineuses el gluantes, la plupart végétales, provenant des Conifères, quelquefois minérales, qui ont reçu celte dénomination par suite de leur ressemblance avec les premières. Il est enfin d'autres produits artificiels qui portent ce nom.
Les principales joow: sont: la poix de Bourgogne; la poix résine; la poix noire et ses variétés ; la poix de Judée ou asphalte ; la poix navale ou bâtarde, mélange de brai sec, de poix commune et de goudron.
Nous allons les passer successivement en revue.
Poix de Bourgogne ou des Vosges. Cette substance est encore connue sous le nom de poix jaune. Son nom scientifique est Pix Burgundica ou Pix Abietina {Burgundy Pitch, en anglais; Fichtenharz, Tannenharz, en allemand). Elle
provient du Pimis abies de Linne'e ou Abies excelsa, vulgairement appelé Epicéa ou pesse, arbre abondamment répandu dans le nord et dans les régions montagneuses du centre de l'Europe, où il atteint en hauteur de 50 à 50 mètres.
La poix de Bourgogne pure est une substance un peu opaque, d'un brun jaunâtre, dure et cassante lorsqu'elle est froide, mais prenant peu à peu la forme du vase dans lequel on la conserve. Elle est très-adhésive ; sa cassure est nette, conchoidale, son odeur est agréable, surtout lorsqu'on la chauffe.
Cette substance est connue et utilisée en pharmacie depuis très-longtemps, on ne sait pas au juste les raisons qui lui ont fait donner le nom de poix de Bourgogne, car ce n'est pas principalement cette région qui la produit. Elle est surtout tirée de la Finlande, du Grand-Duché de Bjde, de la Forêt-Noire, de l'Autriche et de la Suisse. On fait des incisions plus ou moins profondes aux Epicéa, il en exsude une résine que l'on recueille et que l'on purifie en la faisant fondre dans de l'eau chaude, ou à la vapeur, et en la pressant ensuite pour chasser l'excès d'eau. Elle arrive des lieux d'origine dans des sortes de barils coniques nommés tinettes d'où les droguistes la dépotent pour la mettre dans des vessies de porc.
La composition chimique de la poix de Bourgogne ne diffère pas essentiellement de celle des autres produits résineux provenant des Abies ou des Piniis. Elle est principalement formée d'une résine amorphe ayant la formule C*''H"0* mélangée à des hydrocarbures en G'"!!'".
La poix de Bourgogne possède une odeur balsamique comparée à celle du castorcum, une saveur douceâtre parfumée et non amère. Elle est solul)le dans l'alcool absolu, dans l'alcool à 70 degrés centésimaux, et laisse un résidu analogue à celui que donne dans les mêmes conditions la térébenthine de sapin. Elle contient une notable quantité d'eau, qui atteint parfois le tiers de son poids, ce qui constitue une addition frauduleuse. Elle doit fondre à une douce chaleur sans se séparer de son eau. Elle se dissout encore dans l'acide acétique cristallisable et dans l'acétone.
La poix de Bourgogne est très-rarement pure dans le commerce. On lui substitue également fort souvent une poix factice obtenue en fondant ensemble du galipot ou bien de la résine jaune avec de la térébenthine de Bordeaux et en brassant le tout avec de l'eau.
Usages pharmaceutiques. La poix de Bourgogne entre dans la composition de différents emplâtres. On l'emploie souvent comme dérivatif sous forme d'écussons.
Ces écussons sont fabriqués en étendant sur de la peau de l'emplâtre de poix de Bourgogne qui est obtenu en fondant ensemble et en passant :
Cire jaune iOOO parties.
Poix de Bourgogne 5000 —
On peut additionner le tout d'un peu de glycérine, ce qui facilite la conservation. On utilise ces écussons, dans les cas de toux rebelles ou de douleurs internes de poitrine en les appliquant sur le sternum ou entre les deux épaules.
L'emplâtre de poix de Bourgogne est souvent saupoudré de tartre stibié.
Poix résine. Résine jaune. Pix résina. La poix blanche est employée aussi dans la fabrication de certains savons et dans celle de quelques enduits
hydrofuges et de quelques mastics. Cette poix résine qu'où désigne généralement sous le nom de poix blanche et que l'on substitue souvent à la poix de Bourgogne s'obtient en mélangeant le galipot à de la colophane. On fait fondre le tout, on le malasse et on le filtre sur un lit de paille.
On prépare le plus souvent la poix blanche commune en mélangeant avec de l'eau, de façon à lui faire perdre la transparence, la résine encore chaude au sortir des alambics dans lesquels on a distillé la gemme ou térébenthine brute.
La poix résine n'a pas d'autres emplois médicaux que ceux résultant de son introduction dans les emplâtres, notamment dans l'emplâtre d'acétate de cuivre, dans celui d'André Delacroix (agglulinatif), dans celui A\isa fœtida, dans l'emplâtre céroène, dans celui de ciguë, de cire, diacliylon gommé, gomme ammoniaque, de Vigo cum niercurio, etc. Par elle-même, elle ne possède pas de propriétés spéciales, elle partage ceux des corps résineux en général.
Poix xoir.E. C'est la résine noire, Pix nigra, obtenue dans les lieux mêmes où croissent les pins et les sapins. Tous les copeaux de bois, les filtres de paille qui ont servi à la purification de la térébenthine et du galipot, sont introduits dans des fourneaux sans courant d'air de 2 mètres à S"", 50 de diamètre et 2 à 3 mètres de hauteur, et ils sont incinérés en mettant le feu à la partie supérieure : la chaleur fait fondre et couler la résine vers le bas, mais celle-ci est mélangée avec du noir de fumée et se colore plus ou moins. Un tuyau conduit le produit liquide sous une cuve à demi pleine d'eau, là il se sépare en deux couches : un liquide (huile de poix); l'autre solide, qui deviendra la poix noire après une ébuliilion plus ou moins prolongée avec de l'eau, de façon à chasser les produits les plus volatils qu'elle renferme. Elle est alors coulée dans des moules de terre.
La poix noire est d'un beau noir, lisse, cassante ii froid, mais se ramollissant très-facilement par la chaleur des mains. Elle est très-adhésive. Elle possède une odeur empyreumatique désagréable et différente de celle du goudron. La saveur est amère lorsqu'on la mâche, elle est insipide. Elle se dissout dans une solution de potasse caustique en émettant une odeur forte et désagréable. Elle se dissout facilement dans les liquides qui dissolvent le goudron.
La solution hydro-alcoolique est acide au tournesol ; cette pi'opriété est commune aux produits pyrogénés végétaux et permet jusqu'à un certain point de la différencier des goudrons et sous-produits de la houille qui sont à réaction alcaline.
Elle entre dans la préparation d'un certain nombre d'emplâtres et d'onguents tels que : onguent basilicum, de la Charité contre la teigne, de la mère Thècle, etc.
On l'a administrée quelquefois sous forme de pilules, mais ses propriétés médicinales sont tout au moins douteuses. Elle est employée dans les ans.
Poix NAVALE. Elle s'obtient en fondant ensemble de la colophane, de la poix noire et du goudron. Elle est molle, grasse au toucher, d'oïl le nom de brai ^ras qu'on lui donne quelquefois.
Poix DE HOUILLE. Aualoguc à la poix noire, provient de la distillation du goudron de houille. On tend même industriellement à remplacer la poix noire par celle de houille, excepté toutefois pour les usages pharmaceutiques; on l'obtient en distillant les goudrons de houille dont la poix forme les parties les moins volatiles. Elle possède une odeur repoussante et insupportable; bouillie dans de l'eau, elle donne une liqueur neutre ou alcaline ; la poix noire donne dans les mêmes conditions un liquide acide.
584 POLA.RIMÈTRE.
Poix mi>;érale. Mclllie, bilurae glutineux. C'est un bitume noirâtre glutineux, solide quand il est froid, l'usible à lÛO degrés, soluble dans l'alcool et pourvu d'une odeur forte. Il sort du sol par des fentes dans les rochers, des terrains tertiaires, et se durcit à l'air, mais ne devient jamais sec et friable. Toujours mêlé à des argiles ou à du sable, on l'en sépare pour fusion. On le trouve en France, près de Dax, à Orthcz, à Seyssel. 11 sert à enduire le bois et les cordages. Elle est sans emploi médical. Ch. Blarez.
POizou (Eve MiKÉRALE de). Athermale, amétallite, sulfureuse faible. Dans le département de la Vienne, dans l'arrondissement de Loudun, près du village d'Arçay, émerge une source dont l'eau est transparente et limpide.
Lorsque l'on s'approche à 2 ou 5 mètres de la fontaine, en perçoit une odeur sulfureuse qui est beaucoup plus forte à l'approche de la pluie, et surtout des orages. Son goût aussi est sensiblement sulfureux. Des bulles gazeuses, les unes assez fines, et les autres plus grosses, la traversent constamment. Sa réaction est légèrement alcaline, et sa température est de 9'',2, celle de l'air étant de 16'^,4 centigrade. Poirier en a fait l'analyse en 1857; il a trouvé que iOUO grammes contenaient :
Sulfure (le calcium 0,0555
Chlorure de sodium 0,1811
— magnésium 0.0001
— calcium 0,0012
Sulfate de soude 0,1521
— cliaus 0,0671
Bicarbonate de chaux 0,275'2
— magnésie 0,0148
Silice 0,1173
Alumine 0,0550
Matières organiques 0,0020
Chlorure d'aluminium, azotate de potasse, perle 0,012i
TOT,\L DES MATliîBES FINES 0,9000
Gaz acide sulfhydrique 12",240 = 0",0180
L'eau'sulfureuse de Poizou est exclusivement employée en boisson par le» habitants du voisinage qui viennent y soigner les affections cutanées et surtout les catarrhes des bronches et des voies nrinaires. Elle est très-peu fréquentée, et nous n'en n'aurions pas parlé, si Poirier ne croyait à l'avenir de cette eau. L'expérience n'a pas jusqu'ici confirmé ces prévisions. A. R.
POLAXISIA [Polanisia Rafin.). Genre de plantes de la famille des Capparidacées, considéré aujourd'hui comme une simple section du genre Cleome L. {voy. ce mot). L'espèce type, Polanisia graveolens Raiin., est le Cleonie viscosa L. Ses graines, à saveur piquante, s'emploient topiquement en Amérique contre les affections des oreilles. Elles servent de condiment comme celles de la moutarde. Ed. Lef.
POLARinÈTRE. Les polarimèires sont des appareils destinés primitivement à mesurer la déviation subie par le plan de polarisation d'im faisceau polarisé traversant une surface active [voy. Polarisation). Ils ont été utilisés ensuite à la détermination de la quantité de matière active en dissolution dans un liquide inactif et principalement à la détermination de la quantité de sucre en dissolution dans divers liquides, et l'on a modifié les polarimètres
l'OLARIMÈTRE. 585
de manière à efl'ectuer rapidement cette détermination ; ces nouveaux appareils ont reçu spécialement le nom de saccharimètres. Nous décrirons d'abord les polarimètres, puis nous indiquerons les principaux modèles de saccharimètres.
Un polarimètrc consiste essentiellement en un polariseur et un analyseur séparés par un intervalle dans lequel on introduit la substance sur laquelle on veut opérer.
Le polarimètre dont Biot a fait usage dans ses recherches comprenait un tube noirci intérieurement, muni de diaphragmes et pouvant prendre diverses directions en tournant autour d'une articulation à genou ; à une extrémité de ce tube se trouve un miroir de verre noir pouvant tourner autour de son axe, qui était porté par une bague mobile autour de cette extrémité : le miroir peut donc prendre toutes les du^ections possibles dans l'espace. On le place dans des conditions telles qu'un faisceau solaire qui y tombe arrive sous une incidence correspondant à la polarisation totale et que le faisceau réiléchi prenne la direction de l'axe du tube.
A l'autre extrémité on trouve un prisme biréfringent dont la face d'incidence est perpendiculaire à l'axe du tube et qui est achromatisé par un prisme luiiréfringent : en général, tout faisceau incident parallèle à l'axe donnera deux foisceaux émergents également parallèles à l'axe. Ce prisme peut tourner dans le tube de manière que sa face reste normale à l'axe, la section principale du cristal prenant ainsi une direction quelconque autour de cet axe : à cet effet, ce prisme est fixé dans une monture qui porte une alidade ; celle-ci se ment devant un cercle divisé dont le plan est perpendiculaire au tube. On peut donc évaluer les angles dont tournent l'alidade et le prisme et, par suite, la section principale du prisme biréfringent.
La lumière qui arrive dans le tube étant reçue sous l'angle de polarisation, on fait tourner le prisme biréfringent jusqu'à éteindre l'une des images, l'image extraordinaire, {)ar exemple : l'image ordinaire piésente alors l'intensité maxima [voij. Polarisation), et la section principale coïncide avec le plan de polarisation (qui, comme on le sait, est parallèle au plan d'incidence sur le miroir noir). Introduisons dans l'appareil un tube terminé par deux lames de verre à faces parallèles et contenant de l'eau : aucun efl'et appréciable ne se manifestera. 11 en serait de même, si on avait intercalé une lame de verre, par exemple. Si l'on fait usage d'eau sucrée, d'essence de térébenthine ou d'une lame de quartz, on observe que les deux images sont visibles et présentent des colorations différentes.
Mais, pour effectuer des mesures, il faut faire usage de lumière monochromatique, de lumière rouge, par exemple. Les deux images sont visibles l'une et l'autre, avec des intensités inégales en général ; mais, si l'on vient à faire tourner dans un sens convenable le prisme biréfringent, l'image extraordinaire pourra être éteinte de nouveau : le [)lan de polarisation de la lumière qui arrive sur le prisme biréfringent a donc changé de direction, et l'angle dont ce prisme a tourné est égal à l'angle qui sépare cette dernière direction de la direction primitive, l'angle dont le plan de polarisation a tourne sous l'influence de la substance qu'il a traversée. De plus, le sens dans lequel il faut tourner le prisme indique si la substance active est dextrogyre ou lévogyre.
On conçoit comment, en faisant varier la longueur de la colonne traversée, sa richesse en substance active, s'il s'agit d'une dissolution, la nature de la
586 POLARIMÈTRE.
lumière monochromatique employée, on peut étudier les diverses lois qui régissent la rotation du plan de polorisation.
L'appareil de Norremberg est un polarimètre qui présente une disposition simple et commode. Une glace transparente est mobile autour d'un axe horizontal que soutiennent deux montants verticaux auxquels sont fixées également diverses autres pièces, notamment deux diaphragmes horizontaux qui présentent à la partie centrale des pièces mobiles annulaires qui se meuvent devant des cercles divisés permellaut d'évaluer leurs déplacements angulaires; la glace, située entre ces deux diaphragmes, peut prendre des inclinaisons diverses. Un miroir plan horizontal est placé à la base entre les montants; à l'extrémité supérieure de ceux-ci se trouve un cercle divisé au centre duquel passe un tube vertical comprenant un analyseur ; ce tube est muni d'une alidade qui permet d'évaluer les angles dont tourne l'analyseur. La lumière tombant sur la glace inclinée est envoyée sur le miroir inférieur, revient sur la glace qu'elle traverse, passe dans l'ouverture du diaphragme supérieur et arrive à l'analyseur ; comme la lumière a été polarisée par la glace, on obtient des variations d'intensité de l'image par la rotation du nicol analyseur. Si on place un corps actif sur le dia[»hragrae compris entre la glace et l'analyseur, on aura tous les effets dus à la rotation du plan de polarisation.
Cet appareil est employé avantageusement pour l'étude des lames cristalhnes; il serait peu commode pour l'étude des liquides actifs.
On obtient un appareil qui est dun usage plus commode en prenant pour polariseur un prisme de Nicol et pour analyseur un autre prisme de Nicol; le faisceau incident doit alors arriver parallèlement à l'axe du tube. On observe une seule image à l'aide de l'analyseur ; lorsqu'aucune substance active n'est interposée, cette image s'éteint, si les deux plans de polarisation sont perpendiculaires entre eux. Le mode d'emploi de l'appareil est le même d'ailleurs.
Indiquons comment un polarimètre peut être utilisé à la détermination de la proportion d'une matière active en dissolution dans un liquide inactif; la méthode repose sur celte loi :
La rotation du plan de polarisation, toutes choses égales d'ailleurs, est ■proportionnelle à la proportion de substance active dissoute.
Faisant usage d'une lumière monochromalique quelconque, on interpose dans l'appareil une colonne d'une dissolution titrée contenue dans un tube fermé par des lames à faces parallèles, soit p le poids de la substance active dissoute dans i litre d'eau, par exemple. On observe l'angle a dont tourne le plan de polarisation, comme nous l'avons indiqué précédemment.
On vide alors et on rince soigneusement le tube, puis on le remplit avec le liquide que l'on veut analyser et on le referme.
On mesure l'angle 8 dont ce nouveau liquide fait tourner l'angle de polarisation. Si alors x est le poids de la substance active qui était dissoute dans 1 litre d'eau, la loi que nous avons rappelée donne immédiatement :
e ce'
d'où: x=-'i.
La quantité - mesurerait l'angle dont tournerait le plan de polarisation, si
POLARIMÈTRE. 587
1 litre d'eau contenait seulement 1 graninie de la substance active. C'est donc une constante que l'on peut déterminer une fois pour toutes ; désignons-la par y, on a immédiatement :
et, si l'on a calculé-, on a le titre cherché par une simple multiplication.
Les saccharimètres proprement dits comprennent les mêmes éléments que les appareils dont nous venons de parler, mais on a cherché à obtenir un caractère permettant d'évaluer la rotation du plan de polarisation plus facile à reconnaître que l'extinction d'une image. On est arrivé à ce résultat [)ar divers procédés qui ont amené quelques complications dans l'appareil primitif.
Saccharimètre de Soleil. On rencontre dans cet appareil :
1° Un polariseur A, sur lequel on fait tomber un faisceau de lumière blanche rendu parallèle à l'aide d'une lentille ;
2° Un tube B de longueur invariable dans lequel on place les liquides à étudier ;
3° Un analyseur G (qui est un nicol comme le polariseur), derrière lequel est placée une lunette de Galilée D, qui permet à tous les yeux d'obtenir des images nettes;
4° Un quartz à double rotation E, formé par deux plaques demi-circulaires de même épaisseur ajustée de manière à faire une lame circulaire ; les deux parties sont formées l'une d'un quartz droit (dextrogyre), l'autre d'un quartz gauche (lévogyre). L'observateur qui regarde dans l'appareil voit en général les deux demi cercles colorés différemment, mais en faisant tourner l'analyseur on trouve une position pour laquelle les deux teintes sont identiques, le disque paraît uniformément coloré. L'épaisseur de quartz a été choisie de manière que cette teinte commune soit celle appelée gris de lin, teinte dont la coloration varie très-rapidement pour une faible rotation de l'analyseur ; la variation est inverse pour les deux demi-cercles, l'un des deux virant vers le bleu et l'autre vers le rouge ;
5° Un compensateur F ;
6" Une lame de quartz, suivie d'un nicol G placé après la lunette de Galilée.
Nous nous occuperons plus loin de ces deux dernières pièces.
Supposons que la teinte uniforme gris de lin ait été obtenue alors qu'on n'avait pas interposé le tube B, ou alors que ce tube était plein d'eau. Remplissons-le d'un liquide actif et replaçons-le dans l'appareil; ce liquide produira une rotation du plan de polarisation qui se manifestera par une variation de teinte dans les deux quartz qui prendront des colorations différentes, puisque l'effet du liquide actif s'ajoute à celui de l'un des quartz et se retranche de celui de l'autre, ceux-ci étant doues de propriétés opposées.
On pourrait chercher à revenir à la teinte primitive gris de lin, en faisant tourner le plan de polarisation primitif de manière à annuler l'effet du liquide actif; mais sans rien changer au polariseur on peut arriver au même résultat en introduisant sur le trajet du faisceau un corps actif, agissant en sens contraire du liquide et d'une épaisseur convenable, en vertu de la loi suivante [voy.
POLARISATlOîi) :
La rotation du plan de polarisation produite par plusieurs substances tra-
588 POLARIMÈTRE.
versées successivement par un faisceau est la somme algébrique des déviations que produirait isolément chacune d'elles.
Donc, en interposant dans l'appareil une substance agissant en sens contraire du liquide et dont on peut faire varier l'épaisseur, on arrivera à détruire l'effet produit par le liquide et à reproduire la teinte uniforme gris de lin ; c'est à cet usage qu'est destiné le compensateur.
Inversement, si par l'action du compensateur on reproduit la teinte uniforme gris de lin, c'est que ce compensateur produit un effet égal à celui de la colonne liquide, mais de sens contraire.
Le compensateur est formé d'une lame de quartz de rotation Contraire à celle du sucre, de deux lames prismatiques de quartz de même rotation que le sucre, et ayant à la base une épaisseur égale à celle du quartz précédent. Les angles de ces prismes sont égaux et assez petits ; de plus à chacun est accolé un prisme de verre de même angle servant à acliromatiser et à supprimer les déviations. Ces prismes sont munis de crémaillères engrenant avec un même pignon; lorsqu'on fait tourner celui-ci, les deux prismes se meuvent de quantités égales en sens contraire. Le faisceau lumineux traversera donc des épaisseurs variables de ces deux prismes, épaisseurs qui seront comprises de 0 à fc pour l'un d'eux (h étant sa base), pendant que pour l'autre elles seront comprises entre h et 0. Pour la position pour laquelle le faisceau traverse chaque prisme sur une
épaisseur;^, leur effet annule celui de la lame précédente, le compensateur ne
produit aucune action, mais, suivant que l'on tourne le pignon dans un sens ou dans l'autre, l'épaisseur traversée dans ce quartz augmentera ou diminuera : l'eflet sera donc plus fort ou plus faible que celui du quartz précédent; l'effet total se produira donc à volonté dans un sens ou dans l'autre.
L'épaisseur de quartz compensateur que l'on introduit ainsi est déterminée, lorsque l'on connaît le déplacement latéral qu'a subi la double lame, déplacement qu'on lit sur une échelle graduée dont le zéro correspond à la position pour laquelle les deux quartz sont traversés sous la même épaisseur.
Cette épaisseur est beaucoup moindre que celle de la colonne liquide, mais, l'action du quartz étant plus énergique, la compensation peut se produire.
L'effet du compensateur étant ainsi expliquée, voici comment on opère :
L'introduction du tube rempli d'une dissolution de substance active dont le titre est x ayant amené une différence de teinte dans les deux demi-cercles que l'on voit dans la lunette, on fait mouvoir le compensateur de manière à reproduire la teinte uniforme grise de lin; on lit la division d du compensateur qui a produit cet effet.
Si, d'autre part, on a fait la même expérience avec une dissolution titrée connue dont p soit le titre, et si 5 est la division du compensateur qui a ramené l'uniformisation de teinte, on a :
Ti~~o'
d'où: x^^-d.
P Comme précédemment -z est une constante déterminée une fois pour toutes :
on peut donc calculer x, connaissant d. On peut même avoir établi les divisions
POLARIMÈTRE. 589
telles que o soit e'gale à p, ce qui par une simple lecture donne œ e'gale à d (cette dernière disposition a été appliquée dans le cliabëtomètre de Robiquet).
Il peut arriver pour diverses causes et notamment par suite de la coloration propre du liquide que, lorsque le cercle lumineux vu dans la lunette a une coloration uniforme, la teinte observée n'est pas gris de lin. C'est là un inconvénient parce que cette teinte appelée encore teinte sensible, teinte de passage, est celle pour laquelle les différences de coloration des deux moitiés sont le plus facilement appréciables.
C'est pour obvier à cet inconvénient qu'est disposé le nicol G ; si sans rien changer à l'appareil d'ailleurs on vient à faire tourner celte pièce, on verra se modifier les teintes de l'image lumineuse : il sera donc possilile de les amener à avoir la teinte de passage par une rotation convenable.
Saccliavirnètre à pénombre. Dans cet appareil on a cherché à éviter l'emploi de teintes de diverses couleurs pour lesquelles les yeux n'ont pas la même sensibilité et l'on y est arrivé (Jellet) en remplaçant cette comparaison par une comparaison d'intensité. L'appareil construit sur ce principe par M. Duboscq, sur les indications de M. Cornu, comprend essentiellement :
1" Un polarise ur A, nicol sur lequel on fait tomber un faisceau de lumière monochromatique, de la lumière jaune, en général, obtenue en plaçant un morceau de sel marin fondu dans la llamme d'un bec de Bunsen ;
2" Un tube contenant la substance à étudier;
5" Un nicol analyseur suivi d'une lunette de Galilée.
Le polariseur est un nicol taillé d'une façon spéciale : les deux parties primitives du cristal ont été usées d'un certain angle avant d'être recollées ensemble, de telle sorte que les sections principales ne sont pas parallèles: elles ne sont pas ensemble parallèles ni perpendiculaires à la section principale de l'analyseur : les deux moitiés du faisceau qui traverse ce prisme complexe ne sont donc pas éteintes en même temps. Mais, lorsque ces deux sections principales du polariseur font le même angle avec la section principale de l'analyseur, les deux faisceaux, partiellement éteints l'un et l'autre, ont la même intensité. Pour celte position on verra donc un cercle uniformément éclairé ; pour toute autre position les deux moitiés du cercle auront des éclairemenls différents.
Inversement, lorsque le cercle sera uniformément éclairé, la section principale de l'analyseur fera des angles égaux avec les deux sections principales du polariseur. Le polariseur étant fixe, cette condition correspondra à une position déterminée de l'analyseur. Celle position sera déviée d'un certain angle, si on interpose une substance active sur le trajet de la lumière ; en ramenant l'uniformité d'éclaireraent par une rotation de l'analyseur, on mesurera l'effet produit par la substance active interposée.
L'analyseur est mobile dans sa monture autour de l'axe de l'appareil ; il est relié à une alidade qui se déplace sur un cercle gradué et dont le mouvement permet de mesurer la rotation du système. Généralement le cercle gradué présente, outre la division en degrés sexagésimaux, une autre division donnant directement îi la lecture la richesse de la dissolution suci'ée.
En général, on règle directement l'appareil en déplaçant l'analyseur dans sa monture de manière que, lorsque l'appareil est vide et que l'uniformité d'éclairement est atteinte, l'alidade soit au zéro de la graduation: on a alors une seule lecture à faire pour chaque détermination.
590 POLARIMETRE.
Saccharimètre de Laurent. Cet appareil comprend :
l"Un nicol A polariseur, sur lequel on fait tomber de la lumière jaune, obtenue par 1 ou 2 becs Bunsen, dans lequel on place du sel marin ; en général, pour obtenir une lumière absolument monochromatique, on place un cristal de bichromate de potasse devant ce nicol ;
2" Un diaphragme circulaire B dont une moitié est recouverte par une lame demi-onde de mica ou de quartz, l'axe du cristal étant parallèle au bord diamétral de cette lame ;
5" Un tube G contenant le liquide à étudier ;
4" Un nicol D analyseur, suivi d'une lunette de Galilée. Ce nicol est mobile autour de l'axe de l'appareil et ses déplacements sont évalués à l'aide d'une alidade se mouvant sur un cercle gradué.
Examinons rapidement l'effet subi par un faisceau polarisé traversant le diaphragme; il ne subira aucun changement en passant par le demi-cercle vide, mais en traversant la lame demi-onde la lumière, polarisée toujours, aura un plan de polarisation symétrique du plan primitif par rapport au bord diamétral.
Si l'on fait tourner l'analyseur, en général, sa section principale fait des angles inégaux avec les plans de polarisation des deux demi-faisceaux et les images que ceux-ci fournissent sont d'inégale intensité, mais l'intensité sera la même, si la section principale de l'analyseur est symétriquement placée par rapport à ces deux plans de polarisation et réciproquement.
On aura donc égalité d'éclairement sur les deux moitiés du disque lumineux, si, par exemple, la section principale de l'analyseur est perpendiculaire à l'axe du quartz. On a ainsi une manière de caractériser une position déterminée de l'analyseur.
Ajoutons que l'intensité de la lumière dépend de la position du plan de polarisation incident et que, en f;\isant tourner celui-ci, on peut amener cette intensité à avoir la valeur qui permet les mesures les plus précises.
Le mode général d'emploi de cet appareil est le même que pour le précédent. Les mouvements de l'analyseur s'évaluent également à l'aide d'une alidade qui se meut sur un cercle présentant une double graduation.
Il existe divers autres modèles de polarimètres que nous ne pourrons décrire en détail ; disons seulement pour terminer que dans le saccharimètre à franges on observe deux franges qui sont sur le prolongement l'une de l'autre, mais qui se disjoignent par l'inli'oduction d'une substance active : on les ramène à leur position primitive par l'action d'un compensateur ou par la rotation de l'analyseur, et c'est le déplacement de l'un ou de Tautre qui mesure l'action observée.
Comme on le voit, les modèles de polarimètres sont assez variés, mais, en somme, ou peut énoncer simplement le principe général sur lequel ils reposent tous :
Avoir un phénomène facile à déterminer par l'observation à l'analyseur, et qui étant reproduit assure une position fixe du plan de polarisation avant cet analyseur. Si on interpose une substance active, l'effet est modifié, puisque le plan de polarisation chî^nge : alors on cherclie à reproduire l'effet primitif; la modification à apporter dépend de la grandeur de l'action et permet de la mesurer.
L'effet observé est variable; c'est l'identité de coloration, l'égalité d'éclairé-
ment, la position des franges, mais le principe et la disposition géne'rale de l'appareil se retrouvent dans tous les modèles. C.-M. Gauiel.
POLARlSATlOiV. Électricité. Si dans un vase contenant de l'eau aiguisée d'acide sulfuriquc on plonge deux lames de platine relie'es aux pôles d'une pile présentant une force électromotrice suffisante, il se produit un phénomène d'électrolyse qui se traduit par le dégagement d'hydrogène sur l'électrode négative et d'oxygène sur l'électrode positive.
Supprimons les communications avec la pile et relions par des fils conducteurs les électrodes aux hornes d'un galvanomètre. La déviation de l'aiguille mettra en évidence l'existence d'un courant allant dans ce circuit de la lame où se dégageait l'oxygène à celle où se dégageait l'hydrogène. Ce courant est dû à la recomposition des gaz qui étaient condensés sur les lames de platine : il cesse lorsque ces gaz se sont entièrement combinés. Ce courant est dit courant de polarisation et les électrodes sont dites polarisées.
C'est sur l'existence de ces courants de polarisation que sont basées les piles secondaires elles accumulateurs [voy. Piles).
Ces phénomènes de polarisation qui prennent naissance toutes les fois qu'un courant produit une action chimique compliquent les expériences d'électrophysiologie, et il faut les éviter autant que possible.
Considérons un élément de Wollaston composé d'une lame de zinc et d'une lame de cuivre plongées dans de l'eau contenant de l'acide sulfurique; si les lames métalliques ou électrodes sont réunies par un fil conducteur, celui-ci sera traversé par un courant. L'intensité du courant dépend de la force électromotrice de l'élément et de la résistance du circuit.
On reconnaît que rapidement l'intensité du courant diminue : les actions chimiques qui se sont produites ont modifié la constitution du liquide, ce qui a changé la résistance du circuit, mais ce changement est insuffisant pour expliquer l'affaiblissement du courant. 11 fimt donc admettre que la force électromotrice de l'élément a diminué.
La force éleclromotrice est liée aux actions chimiques ; celles-ci continuent à se manifester comme au début. Il faut qu'une action opposée ait pris naissance et créé une force électromotrice agissant en sens contraire de la précédente et dont l'effet vient en déduction de l'effet primitif.
L'origine de cette force contre-électromotrice est dans la recomposition chimique qui tend à se produire entre l'hydrogène dégagé sur le cuivre et le sulfate de zinc formé à l'autre lame. C'est là le phénomène désigné sous le nom de polarisation des électrodes. Il a été étudié à l'article Piles où l'on a indiqué les dispositions adoptées pour le détruire ou, tout ou moins, le diminuer notablement. C. M. G.
POLARISATION^ Optique. Un faisceau lumineux est polarisé lorsqu'il ne présente pas, au point de vue de l'intensité, les mêmes propriétés en se rélléchissant ou se réfractant sous un angle déterminé sur une surface qui peut prendre diverses positions autour de son axe. Cette propriété, qui constitue la polarisation, est liée, d'après l'hypothèse de Fresnel, à une orientation dans la constitution vibratoire du faisceau lumineux.
La polarisation a été traitée avec quelques détails à l'article Optique (85) :
aussi nous bornerons -nous à résumer sommairement les phénomènes qui sV rapportent et les hypothèses qui expliquent ceux-ci.
Polarisation rectiligne. Un faisceau polarisé totalement tombant sur un miroir de verre noir sous un angle d'incidence de 54", 25' donne un faisceau réiléchi dont l'intensité varie lorsque le miroir tourne autour de l'axe du faisceau sans cesser de faire le même angle avec celui-ci. Pour un tour complet, il y a deux maximums d'intensité correspondant à deux positions du miroir différant de 180 degrés, et pour deux positions à angle droit avec les précédentes le faisceau réfléchi subit une extinction totale; entre ces valeurs extrêmes l'intensité varie d'une manière continue.
On appelle plan de polarisation du faisceau le plan d'incidence pour la position du miroir où le faisceau réfléchi a l'intensité maxima.
Le faisceau polarisé tombant sous le même angle sur une pile de glaces (formée par la superposition d'un assez grand nombre de lames de verre à faces parallèles), on observe des variations analogues lorsque cette pile tourne autour de l'axe du faisceau. Seulement le faisceau tiansmis à travers la pile de glaces s'éteint quand son plan de polarisation coïncide avec le plan d'incidence: il a une intensité maxinici lorsque le plan d'incidence est perpendiculaire au plan de polarisation.
Le faisceau polarisé tombant normalement sur un cristal biréfringent à faces parallèles donne naissance après réfraction à deux faisceaux émergents qui sont d'intensités inégales, en général : le faisceau ordinaire est maximum quand le faisceau extraordinaire s'éleint, et inversement. Ajoutons que le faisceau ordinaire est d'intensité maxima lorsque le plan de polarisation du faisceau incident coïncide avec la section principale du cristal.
Dans le cas de certains cristaux, tels que la tourmaline, taillée parallèlement à l'axe optique, dès que l'épaisseur est un peu plus grande, l'un des faisceaux (le faisceau ordiuaire pour la tourni;iline) est complètement absorbé, l'autre faisceau émerge seul présentant les variations précédemment indiquées lorsque le cristal tourne par rapport au plan de polarisation du faisceau incident.
On peut donc, à l'aide d'un miroir de verre noir, d'une pile de glaces, d'un cristal biréfringent (spath) ou d'une tourmaline, reconuaître si un fliisceau de lumière est polarisé et même déterminer la direction du plan de polarisation.
Les appareils qui servent à elfectuer ces déterminations sont dits des anahiseurs.
Si, dans les diverses expériences que nous venons de rapporter, on observe des intensités lumineuses variables, présentant régulièrement, à angle droit, des maxima et des minima (mais non des extinctions) la lumière incidente est dite partiellement polarisée.
Si sur un des analyseurs précédemment indiqués on fait tomber un faisceau de lumière naturelle, après leur action on obtiendra de la lumière polarisée. Chacun de ces analyseurs agit également comme polariseur :
Un faisceau réfléchi sur un miroir de verre noir sous un angle d'incidence de 54*^,25' est polarisé et son plan de polarisation coïncide avec le plan d'incidence (on dit quelquefois qu'il est polarisé dans le plan d'incidence, mais cette expression nous paraît moins claire).
Un faisceau transmis par une pile de glaces sous le même angle est polarisé et son plan de polarisation est perpendiculaire au plan d'incidence.
Les deux faisceaux fournis par un cristal biréfringent (spath) sont polarisés :
le faisceau ordinaire a sou plan de polarisation qui coïncide avec la section principale; le faisceau extraordinaire a son plan de polarisation perpendiculaire à cette section (on dit que ces deux faisceaux sont polarisés à angle droit).
Enfin un faisceau ayant traverse une tourmaline taillée parallèlement à l'axv est polarisé, et son plan de polarisation est perpendiculaire à la section principale (ou à l'axe) de la tourmaline.
Polarisation circulaire. En passant, dans des conditions convenables, à travers certaines substances biréfringentes, un faisceau de lumière monochromatique polarisée se divise en deux faisceaux de nature spéciale qui se propagent avec des vitesses inégales et se composent à l'émergence : celte composition de deux mouvements vibratoires donne naissance à des effets différents suivant l'épaisseur de la lame. Si celle-ci est telle que la différence de propagation corresponde à une différence de marche d'un certain nombre de demi-longueurs d'onde {voy. Optique, p. 450), c'est-à-dire d'un nombre pair de quarts de longueur d'onde, la lumière émergente est polarisée reclilignement et possède les caractères que nous avons indiqués précédemment. Si l'épaisseur correspond à un nombre impair de quarts de longueur d'onde, la lumière est polarisée circulairemenl : la trajectoire des molécules d'éllicr est une circonférence.
Pour toute autre épaisseur la trajectoire est une ellipse : la lumière est dite polarisée elliptiquement ; nous ne nous arrêterons pas à ce cas.
Par raison de symétrie, on conçoit qu'un faisceau polarisé circulairemenl ne puisse donner lieu à aucun effet particulier lorsqu'il traverse un analyseur, il se comporte comme un faisceau de lumière naturelle.
Mais, si sur son trajet on intercale une lame de mica quart d'onde (c'est-à-dire produisant entre les deux faisceaux qui les traversent une différence de marche d'un quart de longueur d'onde), la différence totale de marche sera d'un nombre pair de quarts de longueur d'onde et l'on obtiendra un faisceau polarisé rectilignement qui sera décelé par un analyseur quelconque. L'emploi d'une Lime quart d'onde aurait été sans effet sur un faisceau de lumière naturelle.
Polarisation chromatique. Si entre un polariseur et un analyseur traversés par un faisceau de lumière composée, de lumière blanche, par exemple, on place une lame à faces parallèles d'un cristal biréfringent la différence de marche qui s'élablit sur le passage ne représente pas pour les diverses lumières la même fraction de longueur d'onde : aussi les effets produits ne peuvent-ils être les mêmes pour ces diverses lumières. Il en résulte des colorations présentant des apparences très-variées suivant les circonstances : suivant que la lumière incidente est parallèle, convergente ou divergente; suivant la nature du cristal interposé; s. avant la manière dont il est taillé.
Ces eflets ont été étudiés par le calcul et les résultats indiqués ainsi se sont trouvés conformes à ceux fournis par l'observation : ils sont mis à profit en minéralogie.
Les cristaux ne sont pas les seuls corps qui, placés dans les conditions que nous venons d'indiquer, donnent naissance à des phénomènes chromatiques : il en est de même d'un certain nombre de corps organisés, notamment de ceux qui sont constitués de lamelles superposés. Nous signalerons parmi ceux-ci les grains d'amidon, le cristallin, la cornée, certains éléments des fibres des muscles striés, les disdiaclastes, etc.
Rotation du plan de polarisation. Ce phénomène est appelé quelquefois DicT. E.\c. 2° s. XXVL 58
594 POLARITE.
improprement polarisation rolaloire. Il consiste en ce que le passage d'un faisceau polarisé reclilignement à travers certaines substances (cristallisées, comme le quartz; liquides, comme l'essence de térébenthine, ou même gazeuses, comme les vapeurs de camphre) a pour effet de clianger la direction du plan de polai"isation. La variation de position de ce plan, pour une même substance, étant proportionnelle à l'épaisseur, tout se passe comme si ce plan tournait continuement lorsque l'épaisseur de la substance croît d'une manière continue.
rs'ous avons indiqué les principales conséquences de cette propriété lorsque l'on opère sur des lumières composées et nous avons donné les lois, découvertes par Biot, qui régissent ce phénomène. Les applications à la saccharimétrie sont étudiées à l'article Polarimètre. C.-M. Gariel.
POLARITÉ. La polarité est l'état d'un corps o>i d'un appareil dans lequel il s'est manifesté deux propriétés opposées. Ces propriétés correspondent presque exclusivement à des manifestations magnétiques ou électriques.
Elle se produit, par exemple, dans un barreau de fer doux, que l'on place dans le cliamp magnétique résultant de la présence d'un aimant, d'un électroaimant ou d'un solénoïde; il naît deux pôles opposés, un pôle nord et un pôle sud, aux extrémités du barreau, s'il est placé parallèlement aux lignes de force. L'action est plus énergique, si l'on place le barreau entre deux pôles de noms contraires, opposés l'un à l'autre : le barreau prend à chaque extrémité un pôle contraire à celui de l'aimant dont il est proche. C'est là la polarité magnétique: elle est transitoire, si l'on a agi sur du fer doux; elle est permanente et reste acquise, si l'on a opéré sur un barreau d'acier.
Il se produit également des phénomènes analogues de polarité diamagnétique, si entre deux pôles d'un fort aimant on place un barreau de bismuth, par exemple; il naîtrait à cliaque extrémité un pôle de même nom que celui de l'aimant dont il est proche. Cet effet se manifeste par la position axiale que prend le barreau de bismuth {voy. Électricité).
Si on soumet un corps conducteur isolé à l'influence d'un corps électrisé, ce conducteur acquiert une polarité électrique et ses deux extrémités présentent des électrisations contraires.
Le système formé par deux disques tenus par des manches isolants, l'un en verre, l'autre en bois recouvert de flanelle, acquiert une polarité lorsque l'on frotte ces deux disques l'un contre l'autre, car ceux-ci prennent des électrisations opposées {voy. Electricité).
Certains cristaux manifestent une polarité pyro-électrique pendant qu'ils sont soumis à des variations de température; leurs extrémités sont électrisées contrairement.
Le système formé par deux barres métalliques réunies par une soudure et porté sur un pied isolant acquiert une polarité thermo-électrique, lorsque la soudure est maintenue à une température autre que celle que les barres présentent dans leur continuité ; les extrémités du système ont des électrisations de noms contraires {voy. Thermo-électricité).
On observe encore la polarité dans toute action chimique qui se produit entre deux corps, car ils présentent l'un et l'autre par suite de cette action même des manifestations électriques opposées {voy. Électricité, Piles).
Les phénomènes d'induclion donnant naissance à des courants qui traversent
rOLISTES. 595
des conducteurs, des circuits qui ont un de'placement relatif rapide dans un champ magnétique, dans des conditions convenables, manifestent encore l'existence d'une polarité due à une cause particulière {voy. Induction).
Ces exemples permettent de comprendre ce que l'on entend par le mot polarité. On voit qu'il s'agit de phénomènes divers qui doivent être étudiés séparément et rapportes aux chapitres de la physique où sont comprises les manifestations qui leur correspondent. C.-iM. G.
POLDERS. Voy. Marais.
POLEMOXILIIU {Polemonium Tourn.). Genre de plantes Dicotylédones, qui a donné son nom au petit groupe des Polémoniacées. Ce sont des herbes à feuilles alternes, imparipennées, dépourvues de stipules. Les ileurs, hermaphrodites et régulières, ont un calice gamosépale, divisé à son sommet en cinq lobes, une corolle gamopétale, en cloche, à limbe découpé en cinq lobes plus ou moins profonds, et cinq étamines exsertes, insérées sur le tube de la corolle. L'ovaire, supère et à trois logos, est surmonté d'un style dont l'extrémité est divisée en trois branches stigmatiques. Le fruit est une capsule triloculaire, qui s'ouvre en trois valves loculicides pour laisser échapper plusieurs graines ovoïdes, obtuses, presque sans ailes.
La plupart des espèces de ce genre sont originaires de l'Amérique. Une seule, Polemonium cœruleum L., croît en Europe. On la trouve dans le Jura, en Suisse, en Allemagne, en Angleterre, etc. Elle est fréquemment cultivée dans les jardins, comme plante d'ornement, sous le nom de Valériane grecque. C'est une herbe vivace dont toutes les parties exhalent une odeur forte, analogue à celle de la Valériane officinale. Ses racines fibreuses donnent naissance à j)lusieurs tiges dressées, rameuses à leur partie supérieure et garnies de feuilles pétiolées, composées de 13 à 25 folioles ovales-lancéolées, glabres. Ses fleurs, de couleur bleue ou blanche, souvent panachées, sont disposées en corymbes au sommet des tiges et des rameaux. En Sibérie, ses feuilles sont employées topiquement dans le traitement des ulcères syphilitiques. Ed. Lef.
POLIAXTIIES (L. Gen., 426). Genre créé pour la Tubéreuse, Liliacée d'origine mexicaine, dont tout le monde connaît la fleur blanche et parfumée, simple ou double dans nos parterres. Elle est surtout employée en parfumerie, à cause de l'odeur de ses fleurs. Cette même odeur la fait redouter comme produisant des céphalalgies, syncopes. On croyait au dix-septième siècle qu'elle était funeste aux femmes en couches. Ses rhizomes passent pour acres el vomitifs. Lémery les disait détersifs, astringents et résolutifs (Mjïr. et de L,, dict. Mat. méd., V, 421. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 88. — Guib., Drog. simpL, édit. 7, II, 184, fig. 357). H. Bn.
POLIÈI^IE. C^H*Az^ Isomère de la cyanuramique ou niélamine, obtenu en chauffant peu à peu jusqu'à 500 degrés le sulfocyanate d'ammonium; on l'a cru identique au mélam, qui a pour composition C^H^'Az^i . [\ pai-^ît cependant en différer. Le poliène absorbe l'acide chlorhydrique en donnant le composé Cni8Az«.HGl. L. Hn.
POLISTES. Genre d'insectes hyménoptères de la famille des Vespides,