‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.78Chapitre 42 sur 59 · PORC-EPIG · texte numérisé non relu

PORC-EPIG

réussissent pas, ils essaient {l'intimider leur adversaire eii redressant et en entrechoquant leurs aiguillons, ou bien encore ils se roulent en boule, à lu manière des Hérissons {voy. ce mol). C'est ainsi qu'ils se défendent contre les attaques des Chiens à l'aide desquels on leur fait la chasse dans diverses contrées et notamment dans l'Italie méridionale, mais, en dépit de leurs eflorts, ils finissent par être pris vivants par les chasseurs ou assommés à coups de bàlon. En Europe cependant les Porcs-Epics ne sont guère recherchés comme gibier, mais il n'en est pas de même dans d'autres parties du monde on leur chair est très-estimée. Les piquants de ces animaux sont encore employés comme aiguilles à dissection ou servent à fabriquer des manches de porte-plumes; en revanche, le bézoard que l'on trouve parfois dans l'estomac du Porc-Êpic et qui, sons le nom de piedra del porco, se vendait jusqu'à 200 écus, n'entre plus désormais dans aucune préparation pharmaceutique.

Au cap de Bonne-Espérance, en Sénégambie, sur les bords du canal de Mozambique, dans le Tibet, au Bengale, à Sumatra et aux Philippines, vivent d'autres espèces de Porcs-Epics qui- l'on désigne sous les noms i\' Ihjstrix Africœ aiistralis, à'H. lencura, d'H. bengalensis, d'//. javcmica, et sur lesquelles nous jugeons inutile d'insister, puisqu'elles ont les mêmes mœurs et le même régime que res|)èce ordinaire.

Le genre Chétomys {Chœtomys Gray), qui offre des caiactères bien tranchés dans la structure du crâne et dans la forme des molaires supérieures, ne compte qu'une seule espèce (Chœlonujii subspinosiis Licht.) qui habite les provinces septentrionales et centrales du Brésil. D.ms celte espèce la queue, bien développée, est garnie d'écaillés et de poils sur une partie de sa longueur et dénudée à l'extrcmilc; la tête et le corps sont revêtus de poils ordinaires bruns ou grisâtres, mélangés de poils fins et de soies raides représentant des aiguillons, et les pattes se terminent par des griffes recourbées au mo^en desquelles l'animal peut s'accrocher fortement aux branches des arbres.

Les Coendous [Synetheres Cuv. ou Cercolahes Brandi) sont encore mieux organisés que les Chétomys pour une existence arboric oie, car leur queue est préhensile dans sa portion terminale et leurs pieds de derrièie, quoique privés de pouce, peuvent saisir une branche avec beaucoup de foi ce, grâce a l'épanouissement de la face plantaire. Leur lète se termine par uu muflle é|)ais et leur corps, outre des poils ordinaires, présente sur les parties supérieures une véritable forêts de piqu;mts acérés. Les Coendous, dont on connaît ]diisieurs espèces {Synetheres prehensills L.; S. villosus F. Cuv., etc.), habitent la Guyane, la Colombie, le Venezuela et le Brésil. Ce sont des animaux essentiellement nocturnes, qui dorment pendant le jour et qui circulent dans les ténèbres de branche en branche, d'arbre en arbre, à la recherche de leur nourriture. Les Indiens leur font la chasse pour obtenir leur chuir dont ils font grand cas et leurs piquants qu'ils emploient, à défaut de sangsues, en les enfonçant dans la peau des malades.

Les Ursons {EretliizonY. Cuv.) diffèrent des Coendous par leur queue relativement courte et non préhensile, par leurs pattes posiérieures munies d'un doigt interne bien développé et par leurs narines rapprochées et séparées par une cloison très-mince. Ils ne sont plus représentés de nos jours que par une seule espèce, VErelhizon dorsatus L. ou Porc-Épic du Canada, qui se trouve depuis le Canada jusqu'à la Virginie et depuis l'Alaska jus(|u'aa Nouveau-Mexique. Au contraire, les Athérures {Atherura G. Cuv.) sont des Rongeurs asiatiques

708 PORETTA (LA).

et africains. Ils atleigneut une taille plus forte que les Coendous et ils se distinguent facilement de ces derniers aussi bien que des Ursons non-seulement par leurs formes élancées, mais encore par leur queue termine'e par un faisceau d'appendices cornés qui, lorsque l'animal est en mouvement, s'enire-choquent en un bruissement particulier. Leur tête est surmontée d'oreilles courtes et dénudées et leur corps est garanti en dessus par des soies raides et des piquants acérés qui s'im|ilanlent au milieu de la fourrure. Ils se répartissent en plusieurs espèces dout les unes, comme VAthei^ura fasciculala Shaw ou Porc- Épic de Malacca, vivent dans l'Indo-Clu'ne , tandis que les autres, comme VAlhei'ura africana Gr. elïA. armata Gerv. habitent la côte de Sierra Leone et le Sénégal. E. Oustalet.

lliDLiOGnAPHiii. — Geiivais (P.). Hlst. liai, des Mammifères, 1854, t. I, p. 510 et 529. — Brehm. Vie des animaux, édit. Iranç., t. II, 204. — Trouessart. Cal. des Mammifères, Rongeurs, W' 1950 et suiv. E. 0.

POBCELAIIVE {Cyprœa L.). Genre de Mollusques-Gasléropodes-Prosobranches, qui a donné son nom à la famille des Cyprseidés.

La coquille des Porcelaines est ovale ou oblongue, convexe, lisse et brillante extérieurement, à bords roulés en dedans, à spire peu apparente, souvent cachée par un dépôt calcaire vitreux. L'ouverture, longue et étroite, est profondément échancrée de cliaque côté et plus ou moins dentée sur les bords. L'animal possède un pied large, tronqué en avant. La tête est pourvue de deux tentacules coniques assez longs, à la base externe desquels sont insérés les yeux, et le manteau présente deux lobes latéraux très-développés, qui se replient sur le dos de la coquille et se réunissent en avant pour former un siphon très-court, sin)ple ou frangé.

Les Porcelaines ont des représentants dans presque toutes les mers du globe. On eu connaît un grand nombre d'espèces, dont plusieui's sont très-recherchées des cauchjlioiogisles à cause de leur belle coloration. Elles vivent enfouies dans le sable à peu de distance des rivages. Citons notamment le Cyprœa tigris L., de l'océan Indien ; le C. aurantium L. ou Porcelaine aurore, des mers de la Nouvelle-Zélande ; le C. rnus L. ou Léopard, de l'océan Atlantique et de la Méditerranée, le C. zonaria L., des côtes de Guinée; enfin le C. moneta L. ou Cauris, Monnaie de Guinée, petite espèce du Grand Océan Indien, des côtes des Maldives et de l'Océan Atlantique, dont certaines peuplades africaines se servent comme monnaie courante. Ed. Lef.

PORCIIVS. Ordre de Mammifères dans lequel on fait rentrer les Porcs sauvages et domestiques {voy. le mot Porcs), les Hippopotames {voy. ce mot) et quelques geni-es actuellement éteints, tels que les Hyopotamiis, les Antracotherium, les Entelodon, les Hyracotherium, les Palseocherus et les Cehocherus. Tous les animaux de ce groupe qui font partie de la faune contemporaine ont trois sortes de dents, ne possèdent ni bois ni cornes, ressemblent aux Cochons par leurs pieds bisulques et sont privés de la faculté de ruminer. E. Oustalet.

POREIKCËPHALIE. Voy. HÉJirPLÉGIE,

PORETTA (La). Voy. La Po:ietta.

PORPHYRINE. 709

PORNIC (Station mauine, baijns de sable et hydrothérapie). Dans le département de la I.oire-Inférieure, dans rarrondissemcnt et à 20 kilomètres de Paimbœuf, Pornic, qu'on écrivait autrefois Pornid, est un chef-lieu de canton et un port très-abrité sur la baie de Bourgneuf, dans l'anse de Malmy, près de la pointe du Gourmelon (chemin de fer de Nantes à Pornic). Pornic se divise en ville haute et en ville basse; cette dernière se nomme aussi ville des sables; elle est liâtie en amphilliéàlre sur le coteau nord du port, exposée au soleil du midi, abritée de tous les vents, à l'embouchure de la petite rivière ou canal navigable de la Haute- Perche. De beaux escaliers, taillés en plein roc en 1783, réunissent les deux parties de Pornic. Le port contient surtout des navires qui font la pêche de la sardine ou la campagne de Terre-Neuve. Pornic est dans une excellente rade et bordé de beaux quais qui sont à sec à marée basse. Le bourg touche à celui de Sainte-Marie. L'église Saint-Gilles, la chapelle de Recouvrance, le château, les établissements de bains de mer chauds et d'hydrothérapie, l'anse aux Dames, la belle plage de la Malouine, l'anse du Jardinet et la grande phige ou plage de Noé- Vieillard, fréquentée surtout par les baigneurs mondains, sont les promenades les plus suivies, ainsi que le cromlech de Haute-Folie, les cheminées ou rochers creusés par le flot, et Préfailles {votjce mot), remarquable par sa chapelle et sa source ferrugineuse. Plusieurs sources de même nature émergent d'ailleurs dans le canton. Un service quotidien de voitures publiques mène encore à la célèbre pointe Saint-Gildas et à la Bernerie, station marine dont nous avons parlé. Les deux plages de Pornic sont très-fréquenlées par les gens du pays et par de nombreux baigneurs de tous les points de la France, qui se rendent à Pornic pour y trouver une grande tranqudlité, une vie confortable et peu coûteuse. Les bains d'eau de mer froide et chaude sont pris dans les meilleures conditions. Les rhumatisants trouvent sur les plages de Pornic des bancs de sable marin, chauffé p;ir les rayons du soleil, et dont ils peuvent se couvrir le corps pendant une demi-heure à une heure. L'établissement hydrothérapique, alimenté par de l'eau de source et de l'eau de mer, permet à ceux qui en ont besoin de suivre un traitement complet.

A Pornic, les bains de mer peuvent être pris de bonne heure et tard, piesque comme dans les stations méditerranéennes. Les médecins des environs, et surtout de Nantes, y envoient les malades qui craignent les transitions brusques de la température et ont besoin d'une atmosphère douce et calme. A. Rotureao.

PORPnYRlNE. Dans une écorce d'un arbre de l'Australie dont le nom n'est pas connu, Hesse a extrait deux alcaloïdes : la chlorogénine et la porphyrine. On fait un extrait aqueux avec cette écorce et on acidulé fortement avec de l'acide sulfurique. La chlorogénine est précipitée par une solution de bichlorure de mercure et l'excès du mercure éliminé par l'acide sulfhydrique; on neutralise par l'ammoniaque, on évapore, on ajoute du carbonate de soude et l'on agite avec de l'éther. La dissolution éthérée de l'alcaloïde décolorée par le charbon est agitée avec de l'acide sulfurique étendu, qui enlève la porphyrine à l'éther, on la purifie par un nouveau traitement au carbonate de soude et à l'éther ; la dernière solution éthérée laisse la porphyrine à l'état de pureté.

La prophyrine se présente sous la forme d'une masse amorphe, transparente, et cristallisable dans l'alcool en prismes blancs, minces et fusibles à 87 degrés. Elle est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther; elle possède une

710 PORT-THAREAU (Eaux minérales de).

réaction alcaline et un goiit très-amer. Avec les acides elle forme des sels neutres très solubles dans l'eau, l'acide azotique concentré la colore en rouge pourpre. Lutz.

PORPIIYRIQUE (Acide). Cet acide est obtenu par la réaction à froid de l'acide azotique sur Veuxanthone (produit de la sublimation de l'acide etixanthiqne). Au bout de quebjue temps il se dépose une poudre jaune et cristalline, l'acide porphyrique. Cet ;icide est très-soluble dans l'eau pure, mais insoluble dans l'eau additionnée d'acides. 11 est insoluble dans l'alcool froid, mais l'alcool bouillant le dissout. Los sels qu'il forme avec les bases sont rouges et font explosion par la cbaleiir. L'acide porpliyrique par un contact prolongé avec l'acide azotique se change en acide oxalique, en acide oxypicrique et en acide oxyporpliyrique. Lutz.

PORPHYRISATION. Voy. PouDRES.

PORPIIYROSINE. Alcaloïde encore peu connu, extrait de l'écorce d'Alstonia, où il se trouve à côté de l'alstonine et de la porphyrine. L. Hk.

PORPIIYROXIKE. L'existence de cet alcaloïde n'est pas admise par tous les chimistes, quoi qu'il en soit, d'après Merck la porphyroxine existerait dans l'opium de Smyrne et des Iiidos, qui en contiendraient 1/2 pour 100. Andersen a cherché en vain à l'isoler, et, d'apiès liesse, ce ne serait qu'un mélange de plusieurs bases de l'opium telles que la méconine, la laiidanine, etc. Ldtz.

PORRIGO. Voy. Teigne.

PORT-E!\-RESStW (Station marine). A l'extrémité occidentale du département du Calvctdos, dans l'arrondissement et à 10 kilomètres de Baveux, est un petit port de commerce et de pèche sur la Manche, à l'embouchure de la Dromme réunie à l'Aure et à plusieurs sources venant ensemble des Fosses du Soucy. Sa plage est très-unie et exemple de galets. Port-en-Bessin est entouré d'une végétation inconnue dans la plupart des terres voisines de la mer; aussi les baigneurs y peuvent-ils faire des promenades ombragées pendant les jours de grande chaleur. Cette slation marine offre un séjour paisible où la vie est encore facile et, sinon luxueuse, au moins peu chère. A. R.

PORT-LOUIS (Station marine). Dans le département du Morbihan, dans l'arrondissement et à 8 kilomètres de Lorient, est un chef-lieu de canton peuplé de 5100 habitants, sur la rive gauche et à l'embouchure du Blavet dans l'Atlantique. Aussi portait-il le nom de Blavet avant que Louis XIII l'eût appelé Port Louis. L'île de Groix est à 15 kilomètres. La plage de Port-Louis est fréquentée par les habitants du pays et par quelques personnes de la Bretagne. A. R.

PORT-THAREAU (Eau MINÉRALE de). Athemiale, bicarbonatée sodique moyenne^ carbonique forte. Dans le département de la Nièvre, dans l'arrondissement de Nevers, dans le canton et à 8 kilomètres de Decize. La fontaine de Port-Thareau a une eau limpide, transparente, inodore, traversée par des

PORTA (Les deux). 711

bulles gazeuses grosses, mais assez rares. Elle fait virer au rose les préparations de tournesol; la saveur est à peine ferrugineuse, et cependant des flocons de rouille se déposent sur les parois intérieures de son bassin naturel. Sa température est de il», 9 centigrade. Berthier eu a fait l'analyse approximative ; il a trouvé, après i'évaporalion de plusieurs lilres d'eau, les principes suivants :

Bicarbonate de soude 3,307

— cliaiijt 0,1)40

— magnc^ie 0,0-27

— fer 0,079

Chlorure de sodium 0,4')o

Sullale de soude . 0,106

Silice 0,048

Total tes M.vTilnES fi.ves 1,062

La fontaine de Port-Tharean est peu fréquentée. Quelques voisins l'emploient en boisson et en apprécient les propriétés diurétiques et reconsliluautes. A. R.

PORT-VEXDRES (Station marine). Portus Vénerie. Dans le département des Pyrénées-Orientales, dans l'arrondissement et à -40 kilomètres de Céret, à 6 kilomètres d'Argelcs, est une petite ville fortifiée sur la Méditerranée, dont le port est vaste et sur, et dont les navires chargent surtout pour l'Algérie. Sa population est de 2400 Iialiilants. Port-Vendres a deux bassins dont l'un contient les baleaux m.ircbands et l'autre ceux de l'État; 500 bâtiments peuvent y lloller en même temps. La lade a \7) mètres de profondeur et communique avec la mer par un clienal creusé à 19 mètres, ayant 1 kilomètre de longueur et 510 mètres de largeur, llepuis les travaux récents entrepris dans le port, des navires du plus gros tonnage peuvent y pénétrer. La plage de Porl-Vcndres est Irès-fréqui ntée par les habitants du Midi et par quelques baigneurs même éloignés, qui y sont attirés par la douceur du climat, permettant d'y arriver de bonne heure et de se baigner encore à une époque où cette médication n'est plus possible sur les côtes de l'océan. A. R.

PORTA (Les deux).

Porta (Giovan.m-Battista délia). Célèbre physicien, né à Naples en 1536, mort à Naples le 4 lévrier 1G15. Il voyagea beaucoup, entra au service du cardinal Louis d'Esté, créa des collections d'histoire naturelle et fonda dans sa propre maison, à Naples, V Accademin dei Segveti. Accusé de magie, il dut venir se justifier à Rome; Paul III supprima l'Académie fondée par lui, mais il fut reçu dans celle dei Lincei à Rome, puis à son retour à Naples continua à s'occuper de science» physiques.

Porta peut être considéré comme le créateur de l'optique moderne. Il est l'auteur de la première théorie acceptable de la vision et entre autres découvertes a fait celle de la chambre obscure. Citons de lui :

I. Magia naluralis, sive de miraculis rerum naluralium, libri IV. Neapol., 1389; in-fol., et iionibr. édii. et Irad. — II. De furtivis lilleraruin nolis (sorlo de sléiiograpjiie). Neapol., 15t)5, iii^", et noiubr. édit. — III l'hytoguomonica oclo libris contenta, eic. Naples, 1583, in-fol., et nombr. édit. — IV. De humana jihysiognomia. Sorreiile, 1586, in-iol., et trésnombr. édil. ; trad. fiang., Rouen, 1655, in.-S". Ouvrage très-celèbre ; Porta lut le véritable fondateur de la pbysioguomoaie. L. Un.

Porta (Luigi). Chirurgien italien, né à Pavie le 4 janvier 1800, mort à

712 PORTAL (Les deux).

Pavie le 10 septembre 4875. Il étudia à Pavie et à Vienne, et obtint en 1852 la chaire de clinique chirurgicale et d'opéralion dans sa ville natale. 11 a laissé une grande réputation comme savant chirurgien et habile opérateur. Il a écrit sur la ligature et la torsion des artères, sur les varices, sur la litliotritie (un traité traduit en allemand en 1864), sur le goitre, sur les tumeurs sébacées, etc. L. Hîs'.

PORTA (E\u MINÉRALE de). Alhermule, bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique faible. Dans l'île de Corse, dans l'arrondissement de Bastia et à 55 kilomètres, est un canton peuplé de 690 habitants, près duquel à la base du mont San-Pietro émerge d'un terrain granitique une source dont l'eau est transparente et limpide; sa réaction est neutre et elle est traversée par des bulles gazeuses d'un gros volume séparées par d'assez longs intervalles. Elle est inodore et son goiît est à peine ferrugineux. Sa température est de 15°,2 centigrade. Son débit en vingt-quatre heures est de 4540 litres. 1000 grammes de cette eau transportée ont donné à 0. Henry père le résultat suivant :

Bicarbonate de cli;vux et magncsio 0,490

— fer 0,0-20

Chlorure de sodium et de niagnésiuiu 0,310

Sulfale de soudo et de chaux 0,271

Silice, aiumine, matière organique 0,080

Azotates traces.

Total des matières fixes 1,171

Gaz acide carhonique libre traces.

L'eau de la source de Porta est exclusivement employée en boisson, et ses indications sont celles de toutes les eavix bicarbonatées ferrugineuses faibles. A. R.

PORTAL (Les dedx).

Por<al (Paul). Accoucheur fort distingué de la fin du dix-septième siècle, et dont les intéressantes observations sur la pratique obstétricale sont lues encore aujourd'liui avec finit. Natif de 3Iontpellier, il vint faire ses études à Paris, suivit les cours de la Faculté et les leçons de Pierre Moreau au Collège de France, et fut admis à THôtel-Dieu à la place de gagnant maîtrise. Il est mort le l"juillet 1705:

I. Descriptions anatomiqties au sujet d'un enfant d'une figure extraordinaire. Paris, 1672, in-12°. — II. La -pratique en accouchement, soutenue d'un grand nombre d'observations. Paris, 1675, in-8°. L. Us.

Porta! (AntoiiNe). Professeur au Collège royal et au Jardin du Roi, baron de l'Empire, membre du Conseil général des hôpitaux, membre de l'Académie des sciences, ce célèbre médecin naquit à Gaillac (Tarn), le 7 janvier 1742. 11 fit ses études à Alby et à Toulouse, prit d'abord le grade de docteur à Montpellier, et fît presque aussitôt dans cette ville des cours publics d'anatomie et de physiologie. 11 vint à Paris en 1766, et n'hésita pas, pour obéir ans règlements alors en vigueur, de se mettre sur les bancs de la Faculté de Paris, qui lui donna le bonnet en 1774. Dès lors il s'associa aux travaux de Sénac et de Lieutaud, et succéda à Ferrein dans la place de professeur d'anatomie au Collège de France. En 1777, Buffon lui fit donner la chaire d'anatomie au Jardin du

POHTE (VEINE) (anatomie). 715

Roi. Malgré les travaux de l'enseignement, il se livra avec zèle à la pratique de la médecine, et acquit une brillante clientèle. A la Restauration, Louis XVIII le nomma son premier médecin, place qu'il conserva sous Cliarles X. A la fondation de l'Académie de médecine, établissement à la création duquel il contribua pour une large part (1820), il en fut nommé président d'honneur. Il mourut à Paris, le 25 juillet 1832. Portai a été un écrivain très-fécond. Nous mentionnerons seulement :

I. Dissertatio medico-chirurgica générales luxationum complectens noliones. Monspelii, 1704, in-S". — H. Précis de la chirurgie pratique, contenant l'histoire des maladies chirurgicales et la manirre la plus en usage de les traiter. Paris, 17GS, 2 vol. in-S". — III. Histoire de Vanatomie et de la chirurgie, contenant l'origine et les progris de ces sciences. Pari?, 1770, 6 vol. in-S". — IV. liapport fait par ordre de V Académie des sciences sur les effets des vapeurs méplùtiques dans le corps de l'homme, et principalement sur la vapeur de charbon, avec un précis des moyens les plus efficaces pour rappeler à la vie ceux qui ont été suffoqués. Paris, 1774, in-l'i. — V. Observations sur la nature et le traitement du raciiitistne ou des courbures de la colonne vertébrale et de celles des extrémités supér'ifures et inférieures. Paris, 1779, in 4°. — V/. Observations sur les effets des vapcurn méphitiques dans l'homme, sur les noués, etc., 6° édition, à laquelle on a ajoute des Observations sur les effets de plusieurs poisons dans le corps de l'homme, etc. Paris, 1787, in-S". — Vil. Observations sur la nature et le traitement de la phthisie pulmonaire. Paris, 1792, in-8°; 1800, 2 vol. in-8°; Vienne, ISU, 5 vol. in-8°. — VIII. Sur la nature et le traitement des melsena, ou de la maladie appelée vulgairement maladie noire, an VU, in-S". — IX. Cours d'anatoniie médicale. Paris, 1804, 5 vol. in-4° et in-S". — X. Observations sur la nahire et le traitement de l'apoplexie. Paris, 1811, in-8°. — XI. Observations sur la nature et le traitement des maladies du foie. Paris, 1813, in-S". — XII. Observations sur la nature et le traitement de l'hydropisie. Paris, 1824, 2 vol. in-8°. L. Un.

PORTE (veii\'E). § I. Anatoniie. Considérées d'une fiiçon générale et dans la série, les veines se divisent en deux grands groupes: les unes, et c'est le plus grand nombre, marchent directement des capillaires vers le cœur, augmentant graduellement de calibre, recevant des branches, mais n'en donnant jamais, si ce n'est quelques anastomoses pour les veines voisines : telles sont les veines caves, les jugulaires, les veines des membres. Les autres, prenant également naissance dans les capillaires, se comportent comme les précédentes dans une certaine parlie de leur trajet, puis brusquement elles pénètrent dans un organe et s'y ramilient, s'y capillarisent à la manière des artères. Ces dernières veines, constituées, on le voit, par un tronc principal intermédiaire à deux réseau.v capillaires, un réseau d'origine et un réseau terminal, ont reçu, en morphologie générale, le nom de veines pointes ou d^ appareils parles [voy. Système veineux).

On distingue dans l'économie animale trois appareils portes : i" l'appareil porte abdominal, le plus important et le plus connu, qui prend naissance dans les réseaux capillaires du tube intestinal et se ramifie dans le foie; 2° l'appareil porte rénal, particulièrement bien développé chez les Poissons, les Batraciens, les Reptiles et même chez les Oiseaux; 3" l'appareil porte pulmonaire, qui possède tous les caractères anatomiques des appareils portes chez les Mullusques céphalés et acéphales, mais qui se modifie et se complique, chez les Vertébrés, par l'apparition du cœur droit sur le trajet du vaisseau veineux qui porte le sang noir vers le champ de l'hématose. De ces trois appareils l'homme ne possède d'une façon bien nette que le premier. Il est représenté par la veine porte des traités clas- . siques et nous pouvons la définir : un volumineux vaisseau à sang noir qui provient des réseaux capillaires de tous les viscères abdominaux, le rein et le foie exceptés, se porte vers la face inférieure du foie, pénètre dans cet organe et s'y

714 PORTE (VEINE) (anatomie).

capill;irise de nouveau comme le ferait une arlère. Celte définition sommaire justifie de tous points la comparaison ancienne qtii faisait du système porte un arbre dont les racines plongent dans toule l'étendue du tube gaslro-inlestinal et dont les brandies se ramifient dans le foie.

A un point de vue purement descriptif il convient de diviser la veine en trois portions: ses brandies d'origine, son tronc, ses branches terminales.

\° Branches d'origine. Trois grosses veines, la s^plénique, la viésentérique inférieure et la mésentériqtie supérieure, se réunissent dans le voisinage de la têle du pancréas pour former le lionc de la veine porte.

a. La veine splénique {lienalis, splenica) correspond exactement à l'artère de même nom. Elle tire son origine de la face interne de la rate par cinq ou six brandies [voij. Rate) primitivement di:>tincles, mais qui se réunissent presque inimciJialement après leur sortie de cet organe. Elle se porte alors horizontalement de gauche à droite, le long du bord supérieur du pancréas, au-dessus et en arrière de l'artère splénique. Contrairement à cette artère qui décrit, comme on le sait, des flexuosités nombreuses, la veine est sensiblement rectiligne. Chemin faisant, elle reçoit comme uflluenls : la veine gaslro-épiploique gauche, tpii provient de la grande combine de l'estomac; les veines gastriques [venœ brèves ventriculi), qui coiTcs()ondent aux vaisseaux courts; les veines pancréatiques et plusieurs veines duodénales, dont le nom seul indique suffisamment la provenance.

h. La veine mésenlérique inférieure ou pelite mésaraïque {mesenterica inferior seu minor, colica sinistra) répond 'a l'artère mésentcrique inférieure, branche de l'aorle abdominale. Impaire comme celte artère, elle s'éleiul du rectum, où elle fait suite aux plexus hémorrhoïdaux {voy. Rectum), jusqu'à la face postérieure de la tète du pancréas où elle se réunit à la vtine splénique. Elle décrit ainsi une longue arcade dont la concavité est dirigée à droite. Dans ce trajet l.i veine mésenléiique inférieure reçoit par sa convexité les trois veines coliques gauches, qui correspondent aux branches artérielles de même nom et lui apportent le sang veineux de la plus grande partie du rectum, de l'S iliaque du côlon, du côlon descendant et de la moitié gauche du côlon transverse.

c. La veine mésentérique supérieure ou grande mésaraïque [mesenterica superior seu tnagna) correspond, elle aussi, par son origine et par son trajet, à l'artère homonyme. Comme elle, elle est impaire et située à droite de la ligne méiliane; comme elle, elle décrit une longue courbe à concavité dirigée à droite, répondant par son extrémité inférieure à la terminaison de l'intestin grêle et par son extrémité supérieure à la partie postérieuie du pancréas; comme elle, enfin, elle chemine tout d'abord le long du bord postérieur du mésenlèie, croise ensuite de bas en linut la face antérieure de la troisième portion du duodénum, pour disparaître immédiatement après au-dessus du pancréas. La veine mésentérique supérieure reçoit: 1° par sa concavité, les trois veines coliques droites qui proviennent de la portion ascendante du gros intestin et de la moitié droite du côlon transverse; 2" par sa convexité, toutes les veines de l'intestin grêle. Ces dilférentes veines intestinales {voij. Ijvtesti.ns) s'ana^tomosent plusieurs fois entre elles au sortir de l'intestin et forment aiii>i deux ou trois séries d arcades rappelant exactement les arcades artérielles correspondantes.

2° Tronc de la veine porte. Des trois branches d'origine que nous venons de décrire la veine .'pléiiique et la mésentérique inférieure se réunissent l'une à l'autre au niveau du bord supérieur du pancréas, sur la ligne médiane ou à peu

PORTE (VEINE) (anatomie). 715

de distance de celte ligne. Il en résulte un tronc unique, tronc commun de la splénique et de la petite mésentérique. Ce tronc continue de gauche à droite le trajet de la splénique et se réunit à son tour, après un parcours de 5 ou 4 centimètres seulement, avec la veine mésentérique supérieure. Le tronc qui résulte de celte union est la veine porte proprement dite. La veine splénique étant presque horizontale et la veine mésentérique supérieure presque verticale, on voit que l'angle de réunion de ces deux vaisseaux diffère peu de l'angle droit : il mesure 85 degrés environ. Le sommet de cet angle est situé sur la partie la plus élevée de la têle du pancréas.

Ainsi formé, le tronc de la veine poiie se dirige obliquement de bas en haut et de gauche à droite vers le sillon Iransverse du foie où il se termine en se bifurquant. Il mesure de 8 à 12 centimètres de longueur. Dans ce trajet, la veine porte chemine entre les deux lames de l'épiploon gastro-hépatique. Elle est en rapport: en avant, avec la tète du pancréas qui se creuse parfois en gouttière pour !a recevoir, avec la deuxième portion du duodénum, l'artère lic|)atique, les lym[)hatiques du foie et le canal cholédoque; en arrière, elle répond au bord antérieur de l'hiatus de Winslow qui la sépare de la veine cave inférieure.

Chemin faisant, le tronc de la veinef porte reçoit, à des hauteurs variables, quelques affluents collatéraux, notamment : la veine (laslro-éplploique droite, qui longe de gauche à droite la grande courbure de leslomac; la veine coronaire stomachique, qui suit dans le même sens la petite courbure; la veine pijlorique, qui, comme son 'nom l'indique, provient des deux faces du pylore, toutes veines qui correspondent aux artères de même nom. Elle reçoit généralement aussi la ve'mecijs tique, qui descend de la vésicule biliaire Cette dernière veine, cependant, s'ouvre sur bien des sujets dans la branche droite de bifurcation de la veine porte.

3° Branches terminales [veine porte hépatique, portion artérieuse de quelques auteurs). Parvenu au hile du foie, le tronc de la veine porte se divise en deux grosses branches terminales. Ces deux brandies dont l'une se dirige à droite, l'autre à gauche, sont couchées dans le sillon transvorse du l'oie; elles semblent former là un vaisseau unique presque horizontal, sur lequel vient se brancher perpendiculairement le tronc même de la veine porte. Quelques anatomistes le désignent encore sous le nom de sinus de la veine porte [sinus venœportarum), dénomination qui ne lépond à rien et qui doit être abandonnée.

La branche droite de bifurcation de la veine porte, remarquable par son volume, pénètre dans le lobe droit du foie; la branche gauche, plus longue, mais moins volumineuse que la précédente, disparaît de même dans le lobe gauche. L'une et l'autre, parvenues dans l'épaisseur du foie, s'y ramifient et s'y résolvent en réseaux capillaires, suivant une modalité aujourd'hui bien connue et qui a été déjà étudiée à propos de la structure du foie [voy. Foie).

Finalement, le sang veineux charrié par le système porte aboutit à la veine cave inférieure par l'intermédiaire des veines sus-hépatiques.

Le système porte est entièrement dépourvu de valvules, d'oii la facilité avec laquelle on remplit toutes ses branches par une injection poussée du tronc vers les capillaires.

STRrcTURE. Considérée au point de vue de sa structure, la veine porte appartient (Ebcrth) à la classe des veines dont les parois possèdent deux ordres de fibres musculaires, des fibres circulaires et des fibres longitudinales, et dans laquelle il convient de ranger également la veine cave inférieure, la grande

716 PORTE (YEl^'E) (anatomie).

azygos, la rénale et la saphcne interne. Lorsqu'on sectionne transversalement ce vaisseau et qu'on examine la coupe au microscope avec un grossissement faible, on a sous les yeux trois couches nettement distinctes : « Une interne à stries longitudinales, une moyenne composée de sections arrondies, bien colore'es par le picro-carminate, une externe contenant les mêmes sections, mais réunies en faisceaux nettement limités. Ces trois couches, examinées à un plus fort grossissement, sont toutes musculaires, ce qui peut doimer une idée de la puissance de cette veine. La couche interne commence immédiatement sous la lame élastique interne, qui est bien nette et mesure 1/20Ô de millimètre. Elle montre des faisceaux serrés, lisses, séparés par du tissu conjonctif et des fibres élastiques abondantes; son épaisseur peut être évaluée en moyenne à 75 millièmes de millimètre; cette couche s'appuie sur une deuxième assez fortement élastique. La couche moyenne montre en section transversale des faisceaux peu volumineux de fibres lisses, mais formant des groupes très-rapprochés. Cette couche est dirigée dans le sens longitudinal et mesure de 125 h 500 millièmes de millimètre. Entre les faisceaux existe du tissu conjonctif et des sections de fibres élastiques. La couche externe est si bien limitée qu'on peut réellement lui lai:-ser le nom de tunique externe. Ce tissu lamineux qui en forme le fond est découpé par des fibres élastiques, aboutissant à des sections de fibres, ce qui indique l'existence d'un réseau élastique dans les deux plans de cette tunique. C'est dans ces mailles élastiques qu'on voit des faisceaux musculaires à direction longitudinale, peu volumineux, assez rares et par conséquent espacés. Ces faisceaux ne constituent pas une troisième couche musculaire. Ils doivent être considérés comme un renforcement des couches précédentes et sont probablement la continuation des faisceaux longitudinaux externes qu'on voit sur la veine mésentérique supérieure » (Bagnéris, in Th. inaug., De la structure microscopique des veines normales. Nancy, 1879).

Veines PORTES ACCESSOIRES. Indépendamment du sang veineux qui lui provient du tronc de la veine porte, le foie en reçoit encore de plusieurs autres veines plus petites qui se ramifient dans son intérieur comme la veine porte elle-même, devenant ainsi de véritables veines portes accessoires. Ces veines pénètrent directement dans le foie, ou bien s'abouchent, au voisinage du bile, dans lune des divisions de la veine porte. M. Sappey {Mém. de la Société de biologie, 1859, p. 2), qui les a étudiées avec le plus grand soin, les rattache à cinq groupes, savoir :

1° Le premier groupe [groupe gastro-hépatique), situé enire les deux feuillets de l'épiploon gastro-héj>atique, comprend plusieurs veinules qui proviennent soit de la courbure de l'estomac, soit de l'épiploon lui-même; elles viennent se jeter dans les lobules qui limitent en avant et en arrière le sillon transverse du foie. La veine pylorique fait quelquefois partie de ce groupe.

2° Le deuxième groupe {groupe cystique), plus considérable que le précédent, est formé par douze ou quinze veinules qui de la moitié inférieure de la vésicule biliaire se rendent aux lobules hépatiques voisins de cette vésicule.

5" Le troisième groupe {groupe des veinules nourricières) comprend tout un ensemble de veinules fort petites qui naissent des parois mêmes de la veine porte, de l'artère hépatique et des conduits biliaires, et qui viennent se ramifier, après avoir traversé la capsule de Glisson, dans les lobules du voisinage.

4" Le quatrième groupe {groupe du ligament suspenseur) se compose de veinules également très-grêles qui prennent naissance à la face inférieure du dia-

PORTE (VEINE) (anatomie). 717

phragme, descendent vers le foie, en suivant le ligament suspcnseur de cet organe, et se ramifient dans les lobules sous-jaccnts.

5° Le cinquième groupe, enfin {groupe ombilical, paromhilicaï], le plus important de tous, est constitué par toute une série de veinules qui prennent naissance dans la paroi antérieure de l'abdomen au voisinage de l'ombilic et se portent vers le sdlon longitudinal du loie, en suivant le bord inlcrieur du ligament suspenseur. J'en emprunte textuellement la description à M. Sappey : « Les plus importantes viennent se terminer sur le bord traiicliant du foie à l'entrée du sillon longitudinal. D'autres, beaucoup plus ténues et qui ne sont le plus souvent visibles qu'après avoir été injectées, entrent dans ce sillon et se distribuent dans les lobules de sa partie la plus profontle. D'autres, très-déliées aussi, suivent le cordon de la veine ombilicale qu'elles enlacent de leurs anastomoses; une ou deux de ces dernières s'ouvrent constamment soit dans la branche gauche de la veine porte, au niveau même de l'insertion du cordon de la veine ombilicale, soit plus souvent encore dans la partie de ce cordon qui est restée perméable. A leur origine, les veines de ce groupe communiquent, d'une part, avec les veines épigastriques et mammaires internes; de l'autre, avec les veines tégumenteuses de l'abdomen. »

De ces cinq groupes de veines portes accessoires, les trois premiers naissent directement du tube digestifou de ses annexes, comme la veine porte elle-même Ils n'ont en pathologie et en clinique qu'une médiocre importance. Mais il n'en est pas de même des deux autres : le quatrième et 1(! cinquième groupe, en elïet, proviennent des parois abdominales oii elles entrent en relation dune part avec les radicules des veines thoraciques et mammaires internes, tributaires de la veine cave supérieure, d'autre part, avec les veines épigastriques et les veines sous-cutanées abdominales, tributaires de la veine cave inférieure. Ces deux groupes constituent donc de véritables anastomoses jetées entre la veine porte et le système des veines caves. On conçoit, dès lors, toute l'importance qu'acquièrent ces veines anastomotiques dans les cas oia, par suite d'une lésion du loie (cirrhose), le sang de la veine porte ne s'écoule plus librement à travers cet organe. Cédant alors à une exagération de la pression intra-vasculaire, elles se dilatent progressivement et, de minuscules qu'elles étaient, acquièrent parfois un volume très-considérable. Elles forment ainsi autant de chemins détournés, ou, si l'on veut, de courants dérivatifs, grâce auxquels le sang recueilli dans les viscères abdominaux par les radicules de la veine porte et qui ne peut plus traverser le foie s'écoule dans l'une ou l'autre des deux veines caves et arrive cjuand même à l'oreillelle droite. Lune de ces veines surtout participe à cette augmentation de calibre : c'est celle qui naissant de la paroi abdominale, dans le voisinage de l'ombilic, s'engage dans le ligament suspenseur et vient déboucher dans la branche de bifurcation gauche de la veine porte. Elle prend parfois des proportions véritablement insolites, et, comme elle longe le bord inférieur du ligament suspcnseur, elle peut en imposer pour des cas de persistance de la veine ombilicale, qui suit absolument le même trajet.

Autres communicatio.ns du système porte avec i.e système veineux général. Mais les vaisseaux que nous venons d'indiquer ne sont pas les seuls à fiivoriser la circulation supplémentaire, qui s'établit toujours lorsque le courant normal de la veine porte à la veine cave à travers le foie est gêné ou interrompu. Le système porte communique par un bon nombre de ses radicules avec des réseaux veineux qui sont tiibutaires du système des veines caves : il y a là, au

7l8 PORTE (VEINE) (anatomie).

confin des deux systèmes, des anastomoses qui les unissent l'un à l'autre et qui augmentent de calibre à l'état pathologique pour permettre au sang emprisonné dans le système porte de s'écouler dans la veine cave ou dans l'azygos. La plus importante peut être de ces anastomoses se trouve au niveau du rectum où la veine liémorrhoidnle supérieure, branche d'origine de la veine porte, s'unit avec les hémorrhoïdales inférieures qui se jettent dans la veine honteuse interne et de là dans l'hypogaslrique. Il en existe une autre au niveau du cardia où les radicules de la coronaire stomachique entrent en relation avec les veines œsophagiennes qui vont se déverser soit dans les intercostales, soit dans les azygos. Un troisième groupe d'anastomoses {système de Retziiis) existe dans les parois elles-mêmes du tube intestinal où les radicules des veines méseiitériques communiquent avec les radicules de plusieurs petits troncs qui, au lieu de se diriger vers le foie, se rendent soit à la veine cave inférieure, soit à l'un de ses affluents.

Ce sont là des anastomoses bien connues et dont on rencontre la description dans tous les traités classiques. Mais il doit y en avoir bien d'autres, et je n'en veux |iour preuve que cette observation intéressante de Rindfleisch [Histologie pathuluyiqite, Irad. franc, de Gioss, p. 477), dans laquelle la veine porte était oblitérée ; le sang contenu dans ce vaisseau s'écoulait par les veines très-dilatées du plexus spermatique. Je signalerai encore à ce sujet un fait de llyrll, qui vit une veine de l'uretère se Jeter dans la veine colique gauche ; un deuxième fait du même anastomiste, qui put par une injection poussée dans la mésentérique renqtlir le plexus veineux du vagin et de l'utérus, et aussi les recherches anatoniiques du professeur Luschka {Die Loge d. Bauchorgane des Menschen) desquelles il resuite que la veine splénique entre normalement en relation, dans le voisinage de la queue du pancréas, avec les branches radiculaires de la grande azygos. Je rappellerai entin, mais pour mémoire seulement, ces anastomoses directes qui, chez certains animaux, unissent le tronc même de la veine porte avec la veine cave inférieure, anastomoses qui ont été si bien étudiées par Cl. Bernard, et sur l'existence desquelles l'illustre professeur du Collège de France avait édifié sa théorie si séduisante de la veine porte rénale. Cette théorie a été déjà examinée dans ce Dictionnaire à propos du rein et de la veine cave inférieure; nous ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites {voy. Rein et Veine cave inférieure).

Anomalies. Le tronc de la veine porte est bien certainement un des vaisseaux les plus fixes par son mode d'origine, son trajet et sa terminaison. La littérature analomique ne nous apporte, en affet, qu'un bien petit nombre d'anomalies se rapportant à la veine porte. Serres (Arch. génér. de médecine, 1825) a vu, dans un cas, la veine porte déboucher dans la veine cave inférieure. Je ne connais que deux faits analogues: l'un est rapporté par Lawrence [Med. chirurg. Transad., t. V, p. 174), le second par Abernethy {[^hilos. Trnnsact., 1795, 1. 1, p. 59-65). Dans cette dernière observation il est bien spécifié que la veine porte se perdait dans l'azygos, mais l'azygos, sur ce sujet, faisait suite aux deux iliaques primitives et occupait dans l'abdomen la place assignée à la veine cave inférieure, ce qui nous autorise à considérer la veine en question comme s'abouchant réellement dans la veine cave inférieure. Par contre, dans un cas d'Hérold (cite par Hyrtl dans son Handhuch d. Anat. des Menschen), où la veine cave inférieure faisait défaut, toutes les branches qui d'ordinaire sont tributaires de ce dernier vaisseau se jetaient dans la veine porte. Le mode de terminaison le plus singulier

PORTE (VEINE) (anatomie). 719

(le la veine porte nous est fourni p.ir une observalion jusque-là unique de Mende, dont j'emprunte la relaliou à Hull {loc. cit.) : chez un aneiicéphale, la veine porte ne traversait nullement le loie et venait débouclier directement dans l'oreillette droite.

Quani aux branches d'origine de la veine porte, elles ne présenlent que des varialions o^aloment très-rares et, du reste, peu importantes. Yoici, à ce sujet, les quelques faits que j'ai pu lecueillii- : la petite mésaraïque, au lieu de .«e jeter dans la splénique, se rond à la grande n)ésaraïque (Thcile) ; le tronc de la veine porte résulte, dans ce cas, de la léunion de lasple'niqufi avec le tronc commun des deux mcsaraïqiies. La niésarai(pie supérieure re^îoit paifois une veine splénique accessoire (W. Kiause) ; le même analomisle a vu la gaslro épiploïque droile se jeter dans une des veines colit|ues, pour former un tronc gastrocolique. De même, la coronaire slomacliiqne peut devenir un allluent de la splénique. llyrll (cité par Tlieiie) a rencontré chez un anencéphale inie veine S()léni(pie qui se jetait dans uu lionc spécial, Icipiel longeait quelque temps l'aorte et venait finalement aboutir à la grande azygos. Il n'est pas inutile de ra|)pe!er à ce sujet (pie Lusciika considère comme constantes des anastomoses reliant, dans le voisinage de la queue du pancréas, la veine splénique au sy:tènic des azygos.

Nons devons enfin signalei" ici l'existence de branches anastomotiques plus ou moins volumineuses qui, parlant de la veine ombilicale restée perméable, descendent 1 • long de la paroi abdominale et vont aboutir à l'une des veines iliaipies Ces anastomoses relient en effet la veine porte au système de la veine cave inléiieme. Iles (ails de celte nature sont rappoités par Krause, Cruveilbier, Mancc, Meuière, KIob. Dans le «as bien connu de Mcnière (Arch. gêner., J826, p. o8l), la branche anaslomotiipi^- ilio-ombilicale Meiguail la grosseurdti doi:^t.

L'interprétation de pareils faits a soulevé de nombreuses controverses et la question, jiour être définitivement résolue, me parait demander encore de nouvelles reclierchcs: nous savons ce que pense M. Sappey de la pi étendue perméabilité de la veine ombilicile. Poiu' lui, le vaisseau que l'on a considéré comme une veine ombilicde non oblitérée ne serait autre que l'une des veines portes accessoires que nous avons décrites ci-dessus, qui longent normalement le cordon de la veine ombilicale, et qui, pour une cause d'ordre pathologique (cirrhose), se serait anormalement dilatée. Cette interprétation peut convenir et convient sans doute à certains cas, mais, à coup sur, elle ne doit pas convenir à tous. Nous ne saurions |)Our noire part la généraliser, surtout quand il s'agit d'une anomalie qui, comme l'a juslemeut fait jemarquer M. Werlbeimer, trouve une explication rationnelle dans le> données embiyolo^iques et rappelle ainsi chez rhoinme une disposition norniile et constante chez les animaux inférieurs.

Burow a signalé depuis (brl longtemps ii('yA{}ïi(ller's Arcliiv., 1838) l'existence d'un petit lionc veineux (pu nail des deux veines épigastriques et qui, a|)rès avoir cheminé quehpie temps sur la pnroi abdominale, vient s*ou\rir dans la veine ombilicale. Tout récemment M. VVeriheimer [Journ. de i'anatomie et de la phynologie, 18S6) a pu injecter lui-même ce vaisseau sept fois sur treize sujets. Pendant les premiers mois de la vie intra-utérine il existe un riche réseau veineux (pii s'étend de la paroi abilominale antérieure à la veine ombilicale, mais ce réseau pariéto-ombilical s'atténue graduellement pendant les derniers mois de la vie fœtale et finit même par disparaître d'une façon à peu piès complèle après la naissance, quand la ligature et la chute du cordf;n ont mis fin à la circu-

720 PORTE (VEINE) (développement)..

lalion placentaire. La veine de Burow n'est qn'un reliquat de ce léseau veineux, essentiellement transitoire chez l'iionime, mais qui persiste normalement cliez les Batraciens et les Reptiles; et il en est de même des veines plus volumineuses, qui, comme dans le fait de Menière, remontent parfois de la veine iliaque à la veine ombilicale.

Cette assertion emprunte une grande valeur aux conclusions d'un mémoire publié dans le Med. Centralblatl de 1877 par M. Baumgarten. Cet an.ilomistea constaté en effet dans le cordon de la veine ombilicale, 54 fois sur 60, la présence d'un canal occupant le centre du cordon, possédant un véritable revêtement endolliélial et contenant même du sang à l'état frais. Il n'a pas liésité à en conclure que la veine ombilicale restait perméable dans la grande majorité des cas. M. Wertlieimer [loc. cit.), reprenant à ce sujet les reclierclics de Baumgarten, a constaté, lui aussi, comme une disposition à peu près constante, l'existence d'un canal central dans le cordon fibreux de la veine ombilicale. Toutefois, contrairement à l'opinion de l'analomiste allemand, il considère ce canal, non pas comme un reste de la veine ombilicale elle-même, mais comme un vaisseau de nouvelle formation qui se serait développé, nprès la naissance, au centre de la veine oblitérée et dans l'épaisseur même du caillot obturateur. Ce vaisseau, qui est souvent multiple, mesure de 1/4 à 1/5 de millimètre do diamètre. Si les conclusions de M. Werlbeimer viennent à être confirmées, nous aurons une nouvelle porte accessoire à ajouter à celles décrites par M. Sappey. L. Testut.

g II. Développement. La veine porte provient des veines omphalo-mésentériques. On sait que ces deux veines sont les premières qui appai'aissent chez l'embryon ; elles prennent naissance dans l'aire opaque et se trouvent bientôt recouvrir le sac vitcllin ; elles se réunissent en un lionc fort court qui s'ouvre dans le cœur. Bientôt une des deux veines s'atrophie et il ne reste qu'une veine omphalo-mésentérique, recevant un petit rameau qui provient de l'intestin. Mais avant que ces modifications s'accomplissent, c'est-à-dire vers la troisième semaine, apparaît un nouveau système veineux : ce sont les deux veines om!)ilicales, qui proviennent de l'allantoïde, parcourent la p;u'oi abdominale encore largement ouverte et vont se jeter dans le tronc cmpbalomésentérique. Dès l'apparition de la circulation allantoidienne, le système omphalo-mésentérique diminue et ne représente bientôt qu'un affluent du système ombilical. Pendant ce temps, l'ombilicale droite, qui a toujours été fort grêle, s'atrophie complètement; la gauche persiste seule, gagnant peu à peu la ligne médiane. Un phénomène analogue se passe, avons-nous dit, dans le systènie omphalomésentérique. On prétend généralement que c'est la branche gauche qui subsiste ; cette assertion n'est pas tout à fait exacte : sur un embryon de quatre semaines, on constate que romphalo-mésentérique persistante passe deirière le pylore et la première portion du duodénum. Or la veine omphalo-mésentérique gauche devrait, dans tout son trajet, longer la partie antéiieure du tube digestif : aussi Coste suppose-t-il fort justement que la partie supéiieure de l'omphalo-mésentérique persistante est constituée par la veine du côté droit. Celle-ci eu effet se trouve placée à droite de l'estomac et devient posté rieure par suite de la torsion de cet organe. 11 faut donc admettre que la partie supérieure de l'oniphalo-mésentérique gauche disparaît et qu'il se fait une anastomose entre les portions subsistantes des deux vaisseaux; c'est

PORTE (VEINIÎ) (développement). 721

ce que His a pu constater sur un embryon d'un mois : il existait entre les deux veines une anse qui entourait le duodénum.

Ainsi le système veineux, dont nous venons de résumer le développement, se trouve constitué de la façon suivante : une grande veine ombilicale (veine ombilicale gauche) recevant une veine omphalo-mésentérique (partie supérieure de romplialo-mésentérique droite et partie inférieure de l'omphalo-mésentérique gauche, l'éunies par une anastamose).

Pendant que se produit cette évolution le foie, qui apparaît vers le dixième jour, se développe rapidement et ne tarde pas à entourer le tronc ombilical; de ce tronc se détachent deux rameaux qui se rendent à la glande, constituant les branches hépatiques afférentes; elles naissent au point où s'abouche l'omphalo-mésentérique. Puis les veines efférentes se développent dans le foie et vont se jeter à la partie supérieure du tronc ombilical. C'est alors que la veine ombilicale droite disparaît et (jue le sang est ramené du placenta vers le cœur par la veine ombilicale gauche. Nous avons vu que l'omphalo-mésentérique se jette primitivement dans l'ombilicale; l'embouchure a lieu au point oh naissent les veines hépatiques afférentes, mais plus près de celle du coté droit. Aussi comprend-on que, par suite du développement de cette veine, l'omphalo-mésentérique soit entraînée à droite, qu'elle quitte l'ombilicale et s'ouvre finalement dans la veine hépatique afférente droite.

L'atrophie du sac vilellin a pour conséquence l'atrophie de la veine omphalomésentérique. Alors les veines intestinales augmentent d'importance et la mésentériquc, qui était d'abord un rameau de l'omplMlo-mcsentcnque, devient bientôt le tronc principal. L'omphalo-mésentérique ne subsiste que dans la portion comprise entre l'embouchure de la mésentériquc et la veine hépatique droite : cette portion constitue la veine porte. Le segment de l'ombilicale situé entre les veines hépatiques afférentes et efféientes ne suit pas l'accroissement des autres parties du système vusculaire ; il ne représente bientôt qu'un petit rameau, le canal veineux d'Arantius. Par cette voie, une certaine quantité de sang, venant du placenta, passe directement dans la veine cave inférieure, mais la plus grande partie du sang artériel traverse le foie « et y éprouve des modifications qui le rendent apte à la formation des tissus de l'embryon » (Preyer). Le foie est donc un organe privilégié, puisqu'il reçoit du sang presque complètement artériel, mélangé seulement à une petite quantité de sang veineux.

La circulation continue ainsi jusqu'au moment de la naissance. Alors le sang cesse de passer par la veine ombilicale et le canal veineux ; c'est la veine porte qui assure la circulation hépatique. Dès lors le courant se trouve changé de direction dans la portion des veines hépatiques afférentes comprise entre l'ombilicale et la veine porte. Ce segment, qui représentait d'abord l'origine de la veine hépatique afférente droite de l'ombilicale, se trouve former définitivement l'origine de la branche gauche de division de la veine porte.

Le canal veineux d'Arantius ne s'oblitère pas complètement aussitôt après la naissance. Quincke (Jrc/i. /■. exp. Path. 1885) invoque ce fait pour expliquer dans quelques cas la pathogénie de l'ictère des nouveau-nés; le sang de la veine porte pourrait déverser directement dans la circulation générale les matières colorantes biliaires qu"il absorbe au niveau de l'intestin et les acides biliaires qui agiraient en dissolvant les globules rouges. Quant à l'oblitération de la veine ombilicale, nous renvoyons à la partie anatomique de cet article; on y trouvera le résumé des travaux de Sappey et de Baumgarlen.

DICT. EiNC. 2° F. XXVL 46

722 POUTR (VEINE) (piiysiologie).

§ m. PhysîolojBtîe. La quantité de sang qui traverse la veine porte en vingtquatre heures est extrêmement considérable. Chez un chien de 20 kilogrammes, Flûgge trouve que le débit est de 500 grammes en une minute ; cela ferait par jour 720 kilogrammes de sang, c'est-à-dire environ la douzième partie de la quantité mise en mouvement. A cette circulation si active les capillaires hépatiques opposent une notable résistance ; la disposition anatomique si spéciale que présente le système porte, le place dans des conditions très-défectueuses au point de vue de la mécanique circulatoire, mais le cours du sang est assuré grâce à certaines particularités physiologiques qu'ont bien mises en lumière les expériences de Rosapelly. Dans un excellent travail fait au laboratoire de Paul Bert cet auteur a recherché tout d'abord quelle est la pression sanguine à l'entrée et à la sortie du foie. Il introduit une sonde dans la veine splcnique et la pousse jusque dans le tronc porte; la plaie abdominale étant refermée aussi hermétiquement que possible, on peut facilement mesurer la pression qui règne dans la veine porte et en enregistrer les variations. Rosapelly trouve ainsi que la pression constante, c'est-à-dire celle qu'on observe habituellement en dehors de certaines influences passagères, oscille, chez le chien, entre 7 et 20 millimètres de mercure. Pour déterminer la pression au delà du foie, Rosapelly pousse une sonde par la veine jugulaire jusqu'au confluent des veines hépatiques : il trouve ainsi une pression moyenne très-faible, 5 à 4 millimètres de mercure comme maximum ; à certains moments la pression devient négative et tombe à — 7 et — 8 millimètres. On voit, d'après ces chiffres, que la pression porte, tout en étant supérieure à celle qui règne dans les autres veines, est inférieure à la pression artérielle. Aussi ne pourrait-elle vaincre à elle seule la résistance des capillaires hépatiques, mais il est facile de comprendre que son action est aidée par la faible pression sus-hépatique, une pression négative au delà du foie devant produire le même effet qu'une pression positive en deçà de la résistance; autrement dit, son influence s'ajoute à celle de la pression porte et augmente en quelque sorte la valeur positive de celle-ci.

Les chiffres que nous venons de donner se rapportent à la pression constante, c'est-à-dire débarrassée des oscillations continuelles qui la font varier. 11 nous faut maintenant étudier les conditions qui modifient à chaque instant la pression dans les deux systèmes : les mouvements respiratoires exercent sous ce rapport une influence capitale. L'élasticité pulmonaire, qui n'est jamais satisfaite, fait toujours sentir son action sur les organes contenus dans le médiastin ; il en résulte une sorte d'aspiration qui augmente dans des proportions considérables au moment oîi la cage thoracique se dilate, c'est-à-dire lors des mouvements inspiratoires. Cette aspiration s'exerce en particulier sur les veines qui traversent le "thorax : c'est ce qu'avait établi Barry, c'est ce qu'a précisé Bérard, en montrant que l'action aspiratrice du médiastin n'a d'influence que sur les veines maintenues béantes par des aponévroses. Telle est justement la disposition de la veine cave au niveau du diaphragme. II y aura dans cette veine, à chaque mouvement inspiratoire, un abaissement de la pression qui se fera sentir au confluent des veines hépatiques : c'est alors qu'on trouve les chiffres de — 7 et — 8, c'est-à-dire les conditions les plus favorables à la circulation dans le système porte. En même temps que se passent ces modifications du côté du thorax, on observe des phénomènes non moins importants du côté de la cavité abdominale. Au moment de l'inspiration le diaphragme s'abaisse, perd sa forme voûtée, pour devenir plan, et diminue ainsi la capacité de la cavité abdominale : cette dirai-

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nution se fait aux dépens des organes abdominaux qui se trouvent fortement comprimés. Paul Bert a démontré le fait en faisant voir, au moyen d'une ampoule introduite dans le rectum, que l'inspiration amène une augmentation de la pression intra-intestinale. La modification est semblable pour le système veineux, et, au moment de l'inspiration, la pression porte atteint les chiffres de 14 et 18 millimètres. C'est là une nouvelle condition qui vient en aide à la circulation sanguine; son influence s'ajoute à celle qu'exerce en même temps la pression négative des veines sus-hépatiques. La circulation est donc favorisée par l'inspiration. On conçoit que, pour des raisons inverses, elle doive être gênée par l'expiration, puisqu'il se produit alors une augmentation de pression dans les veines sus-hépatiques et une diminution dans la veine porte.

Toutes ces variations sont en rapport avec l'étendue et le ihythmc des mouvements respiratoires ; si la respiration a très-peu d'ampleur, les oscillations de la pression porte peuvent disparaître; le tracé ne donne plus qu'une ligne horizontale. Toute gêne à l'inspiration amène un abaissement notable de la pression constante sus-hépatique ; la courbe est presque toujours au-dessous de U ; la pression négative à la fin des inspirations est très-considérable; au contraire, la pression porte n'est guère modifiée. La gène expiratoire, augmentant la tension de l'air contenu dans le poumon, amène une compression du médiastin et élève la pression sus-hépatique, mais en même temps il y a compression abdominale et par conséquent augmentation de la pression porte, qui peut atteindre les chiffres de 22 et même de 32 millimètres. L'effort produit un effet analogue et accroît notablement les variations de la pression sus-hépatique. Enfin la gêne aux deux temps de la respiration donne des tracés remarquables par l'élévation considérable de la pression sus-hépatique à l'expiration et l'exagération de la pression négative à l'inspiration.

Pour que tous ces résultats puissent s'observer, il faut que l'animal soit placé dans des conditions physiologiques. Sur des chiens curarisés et soumis à la respiration artificielle les variations dans la pression sus-hépatique sont inverses de celles qui se produisent normalement. Cela se conçoit aisément, puisque à l'inspiration il n'y a plus tendance au vide, mais bien augmentation de la pression par insufflation forcée de l'appareil respiratoire. De même, si l'on refait les expériences, en laissant ouverte la cavité abdominale, on ne trouve plus d'oscillations respiratoires dans la veine porte; quelquefois même il y a, à l'inspiration, un abaissement de pression; ce résultat peut s'expliquer par l'influence de l'aspiration thoracique, qui se fait sentir à travers les capillaires du foie et favorise l'écoulement du sang.

Telles sont les causes qui expliquent la circulation du sang dans le système porte; reste à déterminer quelle est la vitesse de cette circulation. Rosapelly injecte dans la veine porte une dose exacte de prussiate de potasse et recherche ce sel dans les veines sus-hépatiques, au moyen de prises de sang renouvelées aussi souvent que possible. En introduisant 0e%8 à 1 gramme de prussiate, il constate que ce sel apparaît dans les veines sus-hépatiques huit secondes environ après l'injection ; la quantité éliminée augmente peu à peu et atteint son maximum vers la vingt-cinquième ou la trentième seconde, puis elle diminue, et au bout d'une minute on ne retrouve plus de prussiate. En gênant l'expiration, on retarde le passage du sel; il n'apparaît qu'au bout de quinze secondes et ne disparaît qu'après deux minutes. Ces données expérimentales ont été complétées par des recherches faites au moyen de circulations artificielles. Par cette méthode

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Rosapelly a constaté qu'il faut faire passer en une minute 200 centimètres cubes de sérum artificiel à travers le foie' pour que le ferrocyanure de potassium traverse l'organe avec la même rapidité que sur l'animal vivant. Or, dans la veine poi-te, la surface carrée est d'environ 1 centimètre carré : la vitesse est donc de 55 millimètres par seconde. Dans les branches de bifurcation dont le calibre est supérieur d'environ un tiers à celui du tronc la vitesse sera de 22 millimètres; enfin dans les veines sus-hépatiques dont le calibre est double le sang ne devra plus parcourir que 16 millimètres à la seconde. Dans la portion intermédiaire, c'est-à-dire dans les capillaires, la circulation est encore plus lente. En calculant approximativement la distance que doit parcourir le sang en allant de la veine porte aux veines sus-hépatiques, on trouve que la circulation se fait avec une vitesse- de 4 à 5 millimètres par seconde.

. La méthode des circulations artificielles a permis encore de mesurer la résistance que les capillaires du foie opposent au passage du sang venant de la veine porte ou de l'artère hépatique. La circulation veineuse ne s'arrête que lorsque la pression sus-hépatique est presque égale à la pression porte ; au contraire, la circulation artérielle est suspendue, pour peu qu'on élève la pression sus-hépatique, alors même que cette pression est encore sept ou huit fois inférieure à celle de l'artère : les capillaires artériels semblent donc opposer au passage du sang une plus grande résistance que les capillaires veineux ; ce résultat conduit à admettre une certaine indépendance entre les deux systèmes ; ce qui le démontre encore, c'est qu'en faisant passer par l'artère hépatique un courant liquide sous une pression de 10 centimètres, l'écoulement se fait par les veines sus-hépatiques, tandis que le liquide ne reflue pas par la veine porte, laissée libre. De ces résultats obtenus par Rosapelly nous rapprocherons ceux qu'avait déjà indiqués Betz. Dans des recherches poursuivies au laboratoire de Ludwig,. cet auteur a constaté qu'en tenant compte des différences de calibre la circulation se fait bien plus rapidement dans la veine porte que dans l'arfère hépatique. Pourtant l'indépendance des deux systèmes afférents n'est pas absolue; en augmentant la pression dans la veine porte on gêne la circulation artérielle; la réciproque est également vraie (Gad). Enfin la rétention biliaire retentit aussi sur la circulation porte dont elle entrave le fonctionnement et peut même,, d'après quelques auteurs, amener la splénomégalie et l'ascite (Maragliano) .

La circulation sanguine peut encore être modifiée par les variations de calibre des vaisseaux. Plusieurs observateurs ont remarqué, chez les animaux vivants, que la veine porte était contractile; Kôlliker, Virchow, ont vérifié le fait sur le cadavre d'un supplicié. Mais ces contractions semblent peu importantes et ne peuvent guère retentir sur le cours du sang. Il n'en est plus de même des changements qui peuvent survenir dans le calibre des capillaires. Héger, dans un travail remarquable, a montré qu'un courant de sérum qui, sous une pression constante, traverse un foie préparé pour la circulation artificielle, ne s'écoule pas d'une façon uniforme; on observe une série d'oscillations qui sont surtout marquées dans la première heure et diminuent ensuite ; quand l'organe est mort, l'écoulement se fait d'une manière continue, comme dans un tube inerte. L'adjonction d'un alcaloïde au sérum modifie notablement la vitesse du courant sanguin. Héger fait remarquer que la vitesse varie toujours dans le même sens pour le même alcaloïde : ainsi la nicotine augmente la rapidité de l'écoulement et l'accélération est proportionnelle à la dose, la pression restant évidemment la même. Ces modifications, qui ne s'observent que sur l'organe

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récemment enlevé du corps de l'animal, doivent reconnaître pour cause des variations dans le calibre des capillaires hépatiques. Si l'on veut bien se rappeler que les quantités écoulées dans un même temps et sous une même pression sont proportionnelles à la quatrième puissance des diamètres, on Comprendra que le moindre changement dans le calibre des petits vaisseaux devra se traduire par des modifications considérables dans la vitesse de l'écoulement.

11 est encore d'aulres causes qui modifient la circulation. Sans parler du rôle des vaso-moteurs, qui sera étudié dans un autre article, nous rappellerons seulement que, pendant la période digestive, le système veineux abdominal est gorgé de sang, ce qui augmente la pression constante du système porte. L'inanition a un effet diamétralement opposé. Il doit se produire, dans ces diverses conditions, des modifications dans la vitesse du coui-ant sanguin qui traverse le foie, mais nous n'avons trouvé sur ce sujet aucune expérience démonstrative.

Les caractères particuliers que présente le sang de la veine porte ont déjà été indiqués ailleurs {voy. Saing, p. 494). Nous croyons néanmoins devoir revenir sur quelques faits, et, pour montrer combien sont contradictoires les résultats obtenus par l'analyse chimique, nous avons cru intéressant de les résumer sous forme de tableau :

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