VEINE
SlS-IIliPATlIlQL'E.
Eau
Lebinann.
Fiûgge.
Drosdofi".
Lcbmann.
Id.
David.
De Cvon.
Drosdoff.
Id.
Id.
F|int.
Fli.-ge.
Id.
Id.
Albumine
Fibrine
Urée
Matières grasses
Léciiliine
Cholestérine
Fer
Chlorure de potassium.. .
Chlorure de sodium. . . .
Il est facile de se convaincre que les chiffres que nous avons relevés ne permettent pas de conclusions précises : il ne pouvait en être autrement, car, suivant la judicieuse remarque de Flûgge, la circulation hépatique est trop active et par conséquent les modifications du sang trop minimes pour qu'on puisse dans une analyse trouver des différences appréciables. Aussi ne peut-on accepter sans critique les résultats donnés par Lehmann ou par Drosdoff. C'est ainsi que Lehmann trouve constamment une plus grande quantité de matières solides dans le sang sus-hépatique que dans le sang porte : le fait peut s'expli- ■quer par la soustraction, au niveau du foie, d'une certaine quantité d'eau devant servir à former la bile : mais, si l'on accepte les chiffres trouvés par ce chimiste, on voit que la quantité d'eau qui disparaît en vingt-quatre heures est cinquante fois supérieure à la quantité de bile sécrétée. Même remarque pour les matières grasses : Drosdoff dit que la perte dans le foie est de 4,2 pour 1000,
72fi PORTE (VEINE) (physiologie).
c'est-à-dire que le foie en vingt-quatre heures n'arrête pas moins de 612 grammes de graisse. Nous ne pouvons non plus ne pas faire remarquer combien est étrange l'augmentation de la cholestérinc dans le sang sus-hépatique (Drosdofi), alors que cette substance se trouve en abondance dans la bile. Les auteurs ne sont pas plus d'accord au sujet de la fibrine ; Lehmann soutient que le sang sus-hépatique ne contient pas de fibrine et ne se coagule pas. C'est là une erreur : comme le dit M. Colin et comme nous l'avons constaté nous-même, il suffît de laisser quelques instants à l'air le sang pris dans les veines sus-hépatiques, pour le voir se coaguler ; seulement le phénomène se produit plus lentement qu'avec le sang de la circulation générale. David, qui a bien étudié ces faits, soutient que ce qui manque, c'est le ferment de la fibrine ; la fibrine elle-même serait plus abondante dans les veines sus-hépatiques que dans la veine porte. Nous noterons en passant que, dans cette dernière, la fibrine présente quelques caractères particuliers : elle n'est pas élastique, ne se prend pas en filaments, mais en petites masses (Béclard).
Au point de vue des éléments figurés, l'étude du sang porte a conduit aussi à des résultats contradictoires. Malassez avait trouvé plus de globules rouges dans la veine porte que dans les veines sus-hépaliques. Pfliiger n'observa pas de différence dans la quantité d'hémoglobine et plus récemment Fliigge et Lesser sont arrivés au même résultat négatif. Enfin Ilirt a constaté que la veine porte renferme 1 leucocyte pour 524 hématies, alors que les veines sus-hépatiques en contiennent 1 pour 156. Nicolaïdes a repris ces questions d'hématologie et a fait quelques recherches qui paraissent fort exactes. Il a trouvé que chez les animaux à jeun il y a moins de globules rouges dans les veines hépatiques que dans la veine porte; la différence assez variable oscille entre 800 000 et 2 000 000. Chez les animaux à jeun depuis cinq jours, la différence est moins sensible; elle ne dépasse pas 500 000. Ce dernier résultat peut être rapproché de celui indiqué par Bidder et Schmidt. Ces auteurs ont trouvé que, sur des animaux porteurs de fistules biliaires, l'écoulement de la bile diminue à partir du troisième jour de jeune. Les globules rouges se détruiraient donc dans le foie pour former le pigment biliaire et ce serait la veine porte qui fournirait les éléments de cette sécrétion.
Cette hypothèse, on le sait, a été soutenue par Schiff, Kottmeier, Kuthe, combattue par Oré. D'après ce physiologiste, ce serait le sang de l'artère hépatique qui servirait à former la bile. On trouvera les deux théories exposées à l'article Bile. Mais depuis l'époque où cet article a paru plusieurs travaux ont été publiés sur ce sujet, particulièrement ceux de Asp et de Bôhrig, qui semblent avoir établi que la veine porte est la source principale, mais non exclusive, de la sécrétion biliaire : celle-ci diminue légèrement quand on comprime la veine; elle ne subit pas de changement quand on comprime l'artère; elle s'arrête quand on comprime à la fois l'artère et la veine. La bile ainsi formée aux dépens des éléments qu'amène la veine porte se déverse et se décompose dans l'intestin. D'après Schiff, une partie de la sécrétion biliaire est résorbée par la veine porte et arrêtée de nouveau par le foie. Cette conception, tout étrange qu'elle paraisse, peut s'appuyer sur d'assez nombreuses expériences (Rohrig, Torchanoff, Weiss, etc.).
Le rôle de la veine porte dans l'absorption des substances alimentaires a déjà été étudié dans divers articles. Mais nous croyons devoir revenir sur l'absorption des peptones et des alcaloïdes. Plosz et Gyergyai, Drosdoff, avaient trouvé des
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traces de peptone dans le sang porte pendant la période digestive ; au contraire, Diakonow n'en a jamais rencontré dans les humeurs normales de l'économie. Cette conclusion est aussi celle de Wassermann, qui n'a pas trouvé de peptone dans le sang, même en le recueillant dans la veine porte pendant la période digestive. Ces résultats négatifs cadrent assez bien avec diverses expériences physiologiques qui ont montré que les peptones, injectées directement dans les veines, allèrent le sang et peuvent amener la mort. Quant à savoir ce que devient la peptone formée dans la cavité intestinale, plusieurs théories sont en présence : Hormeister suppose que la peptone se fixe sur les globules blancs ; ces éléments joueraient vis-à-vis de cette substance un rôle analogue à celui que les hématies remplissent vis-à-vis de l'oxygène. Bien des objections peuvent être faites à celte ingénieuse théorie : aussi n'a-t-elle guère prévalu et suppose-t-on généralement que les peptones se transforment en albumine par leur passage à travers les membranes intestinales : il se ferait une déshydratation analogue à celle qui doit se passer pour les matières grasses. Peut-être l'albumine ainsi formée n'estelle pas encore parfaite ; ce qui semblerait le démontrer, cest que l'albumine du sang porte possède, d'une façon inconstante, il est vrai, des propriétés toxi({ues qu'on ne trouve pas avec le sang des autres veines. Le foie transformerait cette albumine et lui ferait subir une dernière modification ; du reste, soit dit en passant, le foie possède également la propriété d'arrêler les peptones et de les transformer en albumine, peut-être même en glycose, comme le soutient Seegen.
A côté de la jieptone, il se produit dans l'intestin diverses substances toxiques analogues à celles qui prennent naissance dans la putréfaction des matières azotées. Ces poisons normaux, absorbés par la veine porte, sont arrêtés et transformés par le foie. Cet organe modifie également nombre de substances toxiques introduites accidentellement dans le tube digestif : c'est surtout sur les alcaloïdes que son action est manifeste; elle semble établie par les nombreuses expériences qu'ont publiées Héger, Schiff, Lautenbacb, Jacques, et par celles que nous avons faites nous-même. Cet arrêt des poisons par le foie explique peut-être la différence d'action des médicaments suivant qu'on les introduit sous la peau ou qu'on les fait prendre par la voie digestive. Mais, comme nous avons essayé de l'établir expérimentalement, le foie n'exerce son influence que lorsque le parenchyme contient du glycogène. On peut même dire que l'action protectrice présente des variations parallèles à celles de la richesse glycogénique. Ce fait n'explique-t-il pas pourquoi l'inanition diminue la résistance- des animaux à divers poisons introduits par la voie digestive; on a invoqué une différence dans l'absorption qui se ferait plus facilement à jeun ,• nous ne nions pas cette influence, mais nous croyons avoir démontré que cette condition n'est pas la seule et qu'il faut tenir compte de l'état des cellules hépatiques.
Cette action du foie sur les poisons nous amène à examiner l'opinion de Schiff et de Lautenbacb, pour qui la mort, après ligature brusque de la veine porte, reconnaît pour cause une intoxication par l'accumulation des poisons normaux que le foie aurait dû transformer. On sait qu'à la suite de cette opération les animaux succombent rapidement, en moins de 1 heure d'après Oré, en 46 ou 60 minutes d'après Schiff. Dans les expériences de Cl. Bernard et dans celles que nous avons faites, les chiens ont survécu de l^,Ab à 3 heures. Les lapins, d'après Moos, résisteraient 16 à 29 heures, mais, comme le fait remarquer Heidenhain,