‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.78Chapitre 5 sur 59 · PLEURÉSIES SECONDAIRES CARDIAQUES · texte numérisé non relu

PLEURÉSIES SECONDAIRES CARDIAQUES

limitées aux régions postéro -inférieures et dans les cas où l'inflammation pleurale est la première manifestation tuberculeuse. Dès que la pleurésie occupe la partie sous-claviculaire, du moment que les tubercules ont déterminé l'induration du sommet, on comprend facilement que les caractères symptomatiques changent complètement. »

L'épanchement acquiert une certaine valeur diagnostique lorsqu'il est double et qu'il ne se rattache pas au rhumatisme. Dans ces conditions, suivant Louis, il relèverait le plus souvent de la tuberculose.

La reproduction constante et rapide d'un épancheraent traité par la thoracentèse, jointe à l'aspect sanieux du liquide, dénote presque à coup sûr l'existence d'une tuberculose pleurale.

Trousseau, Peter, etc., ont prétendu que la pleurésie séreuse ou purulente pouvait provoquer le développement d'une phthisie pulmonaire ou d'une tuberculose généralisée. Mais, parce qu'une phthisie aura éclaté plus ou moins longtemps après une pleurésie, cela n'indique nullement un lien de causalité entre les deux affections. La pleurésie n'a été le plus souvent que le premier symptôme de la tuberculose pulmonaire, et celle-ci, pour s'être révélée tardivement par ses signes propres, n'en a pas moins existé avant l'épanchement pleural.

Le traitement médical est celui de la tuberculose en général, et le meilleur remède local de la pleurésie tuberculeuse, c'est encore la thoracentèse. Les épanchements liés à la tuberculose pulmonaire peuvent guérir trèsrapidement après la ponction et par suite contribuer à retarder l'évolution de la phthisie en activant l'acte respiratoire et en agrandissant le champ de l'hématose. Les épanchements liés à la granulie pleurale n'excluent pas non plus la thoracentèse, qui peut guérir la pleurésie, si la granulie est trèslimitée, et jouer pour le moins le rôle d'un palliatif capable de prolonger l'existence du malade.

Dans les cas rebelles à la thoracentèse « le grattage de la plèvre, disent Kelsch et Vaillard, est l'indication la plus rationnelle à remplir, et la chirurgie actuelle avec ses méthodes à la fois hardies et sûres ne reculerait pas devant celte nécessité. »

C. Pleup.ésies des cardiaques. Ces pleurésies ont été bien étudiées par Bucquoy. Nous ne pouvons mieux faire que de résumer son travail.

La pleurésie secondaire aux affections cardiaques ne doit pas être confondue avec l'hydrothorax, qui n'est pas une inflammation pleurale, mais un simple épanchement séreux relié à une hydropisie d'origine cardiaque ou autre. L'hydrothorax est toujours bilatéral, la pleurésie cardiaque est unilatérale, elle siège le plus souvent à droite et présente les mêmes signes que la pleurésie ordinaire. L'hydrothorax est un phénomène ultime qui aggrave la maladie du cœur et en précipite le dénouement fatal; la pleurésie secondaire survient non-seulement dans la période cachectique, mais quelquefois aussi à une époque moins avancée et sans qu'il y ait asystolie. Elle se rencontre plus souvent avec les lésions de la valvule aortique qu'avec celui de la mitrale.

Le refroidissement peut ne pas être étranger au développement des pleurésies cardiaques, mais les infarctus et les hémorrhagies pulmonaires, surtout si ces lésions sont placées superficiellement, paraissent être les vraies causes de la phlegmasie pleurale.

Anatomiquement, la pleurésie cardiaque se caractérise par des exsudais

PLEURÉSIES D'ORIGINE UTÉRO-OVARIENNE (bibliographie). M7

pseudo-membraneux; on n'en trouve point dans l'hydrothorax. Le liquide de î'épanchement secondaire est riche en fibrine et autres éléments organiques; sa densité est de 1018; le liquide de l'hydrothorax ne contient pas de fibrine, est peu ou point coagulable, et sa densité est inférieure à 1005 (Méhu).

La marche des pleurésies cardiaques est souvent insidieuse et les fïiit ressembler aux pleurésies latentes dont elles diffèrent d'ailleurs par la moindre abondance de leur épanchement.

La pleurésie des cardiaques peut guérir et guérit souvent, mais elle est toujours fâcheuse en ce sens qu'elle augmente la dyspnée et les palpitations et favorise l'asystolie.

Elle comporte le même traitement que la pleurésie ordinaire. Bucquoy est, avec raison, partisan de la Ihoracentèse, lorsque l'épanchement se montre rélVactaire à tout traitement ou qu'il est très-considérable, ce qui est rarement le cas. La ponction s'impose lorsque l'épanchement augmente la dyspnée et aggrave l'état du malade; dans ce cas elle peut prévenir l'asphyxie et mettre fin à l'asvstolie, si elle existe. Ce n'est pas à dire que le traitement médical ralionnel doive être exclu. Les moyens internes, et particulièrement la digitale, sul'fisent, surtout dans les cas d'épanchement moyen, à amener la guérison.

D. Pleurésies d'origine utéro-ovarienne. Potain, dans un travail présenté en 1885 au Congrès scientifique de Rouen, a montré que pnrmi les pleurésies qui accompagnent si fréquemment les maladies utérines toutes ne sont |)as le résultat d'une propagation de l'inilammation péri-utérine à la plèvre, par l'intermédiaire des vaisseaux lym[)hatiques. Certaines iluxions simples ou irritatives de l'utérus ou des ovaires provoquent par voie réflexe une lluxion de même nature dans la plèvre ou le poumon. La pleurésie réflexe se montre pendant ou après l'irritation utéroovarique et toujours du même côté que celle-ci. L'épanchement est en général peu abondant et sans gravité. Ce n'est qu'un acte réflexe se propageant par l'intermédiaire du système nerveux et alternant parfois avec d'autres accidents névropalhiques.

Tout récemment Démons a signalé la coïncidence fréquente d'épanchemenls plsurétiques séreux avec les grands kystes de l'ovaire. Ces sortes d'épanchcmcnts siègent presque toujours du même côté que le kyste ovarique. Ils seraient, suivant Démons, la conséquence directe de ce kyste et s'expliqueraient par les voies lymphatiques, larges et multiples qui unissent la région ovarique à la plèvre. Peut-être ne sont-ils qu'un acte réflexe comme les épanchements suite d'une simple irritation uléro-ovarine. Quoiqu'il en soit, ces épanchements paraissent être une hydropisie de la plèvre plutôt qu'une pleurésie vraie. Le plus souvent, ils guérissent spontanément après l'extirpation du kyste ovarique. V. Widai,.

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PLEUROBRAi^CiiES. Molliisques-Gastéropodes, du groupe des Opistliobranclies {voy. ce mot), caractérisés par la présence de branchies situées, le plus ordinairement, sur le côté droit du corps, sous un repli du manteau. Le corps peut être nu; mais le plus grand nombre possèdent une coquille soit externe, soit interne, plate et cornée, renfermée dans une duplicature du manteau. Les embryons, qui nagent librement, sont munies d'une coquille externe en spirale et operculée.

Tous les Pleurobranches sont marins. Certains d'entre eux, comme les Aplysies ou Lièvres de mer [Aphjsia depilann L., etc.) émettent un lic^uide colorant d'un beau violet, sécrété par des glandes spéciales répandues sur toute la surface du corps. Ed. Lef.

PLEURODÈLE. Michaelles a fondé ce genre pour un Triton de la péninsule ibérique qui présente cette intéressante particularité que les côtes soulèvent la peau des flancs, qu'elles peuvent percer. La peau est rugueuse; la queue est très-comprimée, la tête déprimée. La langue est petite, arrondie, adhérente seulement en avant; les dents ptérygo-palatines sont disposées suivant deux rangées qui se rapprochent en avant. H.-E. S.vuvage.

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124 PLEURODYNIE.

PLEURODYIVIE. HISTORIQUE ET DÉFINITION. Sous le iiom de pleurodynie on a longtemps confondu tous les points de côté idiopathiques, symptomatiques ou sympathiques. Au commencement de ce siècle, son étude constituait un chapitre très-important de la pathologie ; c'était pour les anciens auteurs, comme pour Sauvages, une entité morbide dans laquelle ils distinguaient dix-neuf variétés (pleurodynie pléthorique, vermineuse, rhumatismale, flatulente, vénérienne, hystérique, saburrale, phthisique, spasmodique.anévrysmale, scorbutique, arthritique, fébrile, miliaire, par abcès, par ossification de la plèvre, par rupture de l'œsophage, par vomique; !e point de côté de la pleurésie formait également une variété de pleurodynie).

Pour Chamberet, Roche et Sanson, la pleurodynie est une phlegmasie, une myosite des muscles intercostaux; ces derniers l'englobent avec la psoïte et le lumbago sous la dénomination de rhumatisme musculaire. En 1854, Gaudet publie dans la Gazette médicale un important mémoire sur la pleurodynie considérée comme une affection rhumatismale des muscles des parois thoraciques. Sa description, qui fut reproduite par les auteurs du Compendium et de la plupart des traités de pathologie, était beaucoup trop complexe : à mesure que les recherches cliniques deviennent plus précises, la pleurodynie perd de plus en plus son importance. Valleix en distingue la névralgie dorso-intercostale; Woillez la congestion pulmonaiie; Hardy et Béhier, tout en acceptant dans ses termes généraux la description de Gaudet, retranchent du complexus pleurodynique la douleur déterminée par une phlegmasie du tissu cellulaire placé entre les muscles thoraciques et se terminant quelquefois par un abcès de l'aisselle ou des parois du thorax ; la même distinction se précise avec les recherches de WunderHch et de Striimpell sur la péripleurite suppurative, avec celles de Cruveilhier, Velpeuu, Rokitansky et Hayem sur la myosite suppurative.

L'histoire de la pleurodynie reste néanmoins assez obscure ; il est certain que ce terme est encore trop général et que l'on décrit à tort aujourd'hui sous cette rubrique des processus très-disparates tels que les douleurs tlioraciques d'origine traumatique observées chez les manouvriers et qui sont dues à des éraillures des fibres tendineuses ou musculaires (cinésialgies de Gubler), les pleurésies sèches déterminant la production de brides fibreuses signalées par Cruveilhier et M. Peter, à fortiori les soi-disant pleurodynies s'accompagnant, d'après Chomel, Petrequin, Hardy et Béhier, d'un épanchemeut pleural ou de râles pulmonaires. Dans ces derniers cas la douleur thoracique doit, à notre avis, être considérée comme un point de côté symptomatique de la lésion viscérale ou une douleur de contraction (Gubler, J. Strauss) dépendant des secousses de toux souvent si violentes au début de la bronchite catarrhale ; invoquer, pour expliquer les faits de cet ordre, une action rhumatismale portant à la fois sur la muqueuse bronchique ou la plèvre et sur les muscles des parois thoraciques, c'est se payer d'une hypothèse gratuite, étant donné l'obscurité qui règne sur les rapports de cause à effet ou de succession entre les deux éléments morbides et sur la nature de ce complexus pathologique.

Ainsi comprise, l'étude de la pleurodynie n'est plus qu'un chapitre de l'histoire du rhumatisme musculaire, d'une my algie rhumatismale, au même titre que lu torticolis et le lumbago.

Etiologie. L'étiologie de la pleurodynie est aussi obscure que celle du rhumatisme musculaire en général; rare chez le vieillard et surtout chez l'enfant, elle s'observe principalement chez l'homme adulte et vigoureux. Elle est gêné-

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ralement déterminée par l'action de l'air froid, de la pluie sur le thorax ou lé corps en sueur à la suite d'un exercice violent; elle semble plus fréquente dans certaines professions, chez les puddieurs, les ouvriers verriers, les boulangers, les paysans ; enfin une prédisposition individuelle créée par la nutrition retardante et la neurasthénie exerce une certaine influence sur son apparition, sa durée et son degré d'intensité. Telles sont les seules données étiologiques que nous possédions.

On a signalé à diverses reprises des épidémies de pleurodynie ; on observe en effet, principalement dans les pays de montagnes, des pleurodynies non accompagnées de congestion pulmonaire ou autres lésions viscérales, présentant un caractère assez nettement épidémique et une allure infectieuse ; nous croyons qu'il faut être très-réservé sur ce point et que l'on n'est pas encore autorisé à reconnaître à la pleurodynie une origine infectieuse.

Anatomie pathologique. Nous nous bornerons à rappeler que la jjlcurodynie, d'après la plupart des auteurs, s'accompagne très-fréquemment de congestion pulmonaire (Woiilez), de pleurésie sèche (Cruveilhier), de bronchite (c'est alors la fausse fluxion de poitrine des Anciens).

Pas plus que pour le rhumatisme musculaire en général nous ne possédons aucune donnée certaine sur les troubles anatomiques ou physiologiques déterminés par le rhumatisme des parois du thorax. 11 s'agit probablement d'une hyperémie fluxionnaire portant, à la fois ou isolément, sur les aponévroses d'enveloppe, les gaines conjonctives, les fibres musculaires, les insertions tendineuses, les extrémités terminales des nerfs.

Dans les faits où la mort est survenue par suite d'une maladie intercurrente, les résultats de l'autopsie ont été négatifs. On a seulement constaté, dans des cas invétérés, une décoloration et une atrophie simple des fibres musculaires du pectoral, lésion très-rare en comparaison du rhumatisme dit atrophiant de l'épaule.

Symptômes. La douleur est le symptôme essentiel de la pleurodynie; elle est vive, lancinante ou sourde et obtuse, fixe ou serpigineuse, tcnsivc et dilacérante, avec rémissions et exacerbations surtout nocturnes. Elle siège en un point quelconque de la paroi thoracique, entre le sternum et la colonne vertébrale; cependant elle affecte de préférence les muscles pectoraux, intercostaux, dentelés et rhomboïdes, le plus souvent du côté gauche ; elle est très-rarement bilatérale. Tantôt elle débute brusquement, tantôt elle s'établit peu à peu ; son degré d'intensité est très-variable, depuis la douleur légère ne se révélant que par la pression ou les mouvements jusqu'à la douleur angoissante empêchant l'ampliation du thorax, provoquant de l'anxiété respiratoire, parfois même de la suffocation, arrachant des cris au patient à l'occasion des mouvements, des secousses de toux, d'éternument, des efforts de la défécation. Légère, elle est calmée quelquefois par la pression ou par une inspiration longtemps soutenue (Trousseau) ; intense, elle est toujours augmentée par la pression qui permet de délimiter la zone douloureuse, tantôt étendue à toute la surface du muscle, tantôt plus localisée, d'autres fois diffuse, sans rapport appréciable avec la disposition anatomique des muscles. Le décubitus sur le côté endolori est le plus souvent impossible; les malades trouvent en général dans la flexion du tronc du côté de la douleur et dans l'immobilité absolue un soulagement à leurs souffrances.

Lorsqu'elle porte sur le pectoral, la douleur pleurodynique siège, comme le point de côté de la pleurésie, au-dessous du mamelon; dans d'autres cas, au

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niveau seulement de sou bord inférieur que l'on peut quelquefois faire contracturer en le pinçant ou en plaçant le bras dans l'abduction; enfin, elle peut se localiser sur la ligue concave formée par l'épanouissement des fibres d'insertion au sternum et aux côtes. Si c'est le deltoïde qui est atteint, elle se fait sentir au-dessous de l'aisselle ou sur une ligne concave en arrière correspondant aux digitations par lesquelles ce muscle s'insère latéralement aux huit premières côtes. Localisée aux muscles intercostaux, elle est plus profonde, plus sourde; la pression l'exagère sur une grande partie de l'espace intercostal, sans qu'il existe de points indolents entre deux points douloureux. Le rhumatisme du rhomboïde se manifeste par une douleur occupant l'étendue de la paume de la main entre le bord interne du scapulum et la colonne vertébrale; les mouvements de l'épaule l'exagèrent notablement. Le trapèze, le grand dorsal et les autres muscles thoraciques, sont beaucoup plus rarement affectés par le rhumatisme.

L'aspect de la région malade n'est pas modifié ; il n'existe ni rougeur, ni tuméfaction. Les vibrations thoraciques, la sonorité plessimétrique, ne sont pas diminuées, pas plus que le murmure respiratoire. « La sonorité peut être un peu moins parfaite, dit Grisolle, ce qui s'explique par la tension instinctive des muscles au moment où on les percute; cependant ce phénomène est assez rare et, lorsqu'elle existe, la différence est toujours très-faible. Si elle était un peu considérable, on devrait plutôt l'attribuer à la présence d'un épanchement qu'à la plcurodynie elle-même. » "Woillez est encore plus affirmatif : « La diminution de la sonorité, la faiblesse du murmure respiratoire, sont des signes qui ne sauraient résulter d'une simple douleur musculaire des parois, quelque intense qu'elle puisse être » ; il cite des observations qui démontrent nettement que la douleur même excessive des parois du thorax, aussi bien celle de la pleurodynie que celle des autres affections des organes thoraciques, coïncide avec l'intégrité du murmure respiratoire.

La lièvre manque dans presque tous les cas; lorsqu'elle existe, elle est toujours peu intense et de peu de durée; enfln on n'observe jamais de complications viscérales; leur développement prouverait simplement qu'il ne s'agissait pas d'une pleurodynie (Woillez).

En général, la douleur plcurodynique disparaît au bout de quelques jours, tantôt définitivement, tantôt pour réapparaître avec une intensité variable, après avoir gagné un autre point du corps, de préférence l'épaule, la nuque, la région trochantérienne, la paroi abdominale, un segment de membre. Dans quelques cas, d'ailleurs très-rares, elle est accompagnée ou suivie de douleurs articulaires.

Diagnostic. D'après ce qui précède, le diagnostic de pleurodynie est pour ainsi dire un diagnostic négatif ne s'établissant que par élimination : aussi croyons-nous devoir l'exposer avec quelques développements.

Suivant que la pleurodynie affecte les muscles intercostaux, le pectoral, le dentelé, le rhomboïde, le diagnostic devra se faire avec :

A. La péripleurite suppurative; la névralgie intercostale:

B. Les affections pulmonaires s'accompagnant d'un point de côté ; la pleurésie ; la péricardite ; la myosite suppurative du pectoral ;

G. Les affections spléniques et gastriques; le rhumatisme du diaphragme; D. Le point scapulaire de la colique hépatique; le point dorsal des affections aortiques ;

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E. Enfin, avec les points de côté si fréquents chez les anémiques et les névropathes.

A. Variété intercostale. La j)éripleurite peut être confondue au début avec la plcurodynie. Wunderlich a donné ce nom à rinflammation du tissu cellulaire situé entre la plèvre pariétale et la paroi costale, se terminant par suppuration. Voici la description qu'en donne Striimpell : « Dans les cas observés, il y avait manque absolu de toute donnée étiologiquc apprécia])lc. Son début est subit, caractérisé par des frissons, une fièvre assez intense. Les symptômes locaux ont dans les cas prononcés la plus grande ressemblance avec l'empyème ; cependant on observe une voussure plus accusée de la paroi thoracique; les côtes sont écartées par l'abcès qui s'ouvre toujours spontanément au dehors, presque jamais dans la plèvre. Elle se distingue de l'empyème par l'absence de skodisme, d'obscurité respiratoire et quelquefois, comme l'a signalé Bartels, par le relâchement de la paroi de l'abcès lors de l'inspiration et sa tension au moment de l'expiration. » Chez un malade dont M. le professeur Lépine a bien voulu nous communiquer l'observation, notre savant maître a constaté, par la percussion, une légère submatité latéralement et un peu en arrière et, par l'auscultation, en avant de la ligne axillaire, ainsi que sous le sein, un bruit de taffetas dû à un frottement pleural ; la douleur à la pression, absolument nulle au niveau des côtes, était très-vive au niveau des espaces intercostau.v ; la tcnqiératiire s'est maintenue pendant trois septénaires à 58 degrés le malin et 59 degrés le soir; il s'est produit peu à peu, au devant du bord du grand dorsal, de l'empâtement qui s'est accentué progressivement. Vers le vingtième jour, la fluctuation étant des plus manifestes, l'abcès a été ouvert et la guérison s'est rapidement faite.

Pour diagnostiquer une carie costale, un abcès soiis-pleural d'origine tuberculeuse, on s'appuiera sur la fixité, la persistance de la douleur, sa faible étendue, enfin sur le jeune âge du sujet.

Dans la névralgie intercostale, la douleur à la pression se fait sentir dans des points très-limités : le postérieur ou vertébral, un peu en dehors de l'apophyse épineuse ; le point latéral, à la partie moyenne de l'espace intercostal ; le point sternal ou épigastrique, un peu en dehors du sternum dans une moitié de l'épigastre ou entre les cartilages vers la région précordiale. « La douleur de la plcurodynie occupe un espace plus étendu, mal circonscrit; la douleur à la pression est en général moins vive, et l'on ne trouve pas les points nettement limités de la névralgie; dans aucun cas on ne constate une douleur siégeant uniquement dans deux points situes à une très-grande distance l'un de l'autre. Lorsque le rhumatisme est violent, la douleur est moins vive à la pression que dans les mouvements du tronc et dans les efforts de la toux, ce qui n'a pas lieu dans la névralgie » (Yalleix).

B. Variété pectorale. Il est inutile d'insister sur le diagnostic de la bronchite, de la pneumonie, de la pleurésie, de la granidie, de la péricardite; dans le cas oià la toux et l'intensité du mouvement fébrile n'auraient pas mis dès le début sur la voie du diagnostic, l'erreur ne serait pas de longue durée.

Par contre, le diagnostic avec la congestion pulmonaire est plus important, car on confond encore souvent ces deux affections en une seule sous le nom de plcurodynie. Dans la maladie de Woillez, on constate, en outre de la douleur pariétale, une accélération du pouls, un mouvement fébrile brusque portant la température à 59 ou 40 degrés, disparaissant au bout de deux à cinq jours •

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une toux quinleuse avec expectoration caractéristique, gommeuse, peu aérée, visqueuse, quelquefois striée de sang ; la demi-circonférence thoracique correspondant au poumon malade a subi une ampliation de quelques centimètres; la respiration, d'abord obscure, devient bientôt rude; elle s'accompagne de submatité et quelquefois de râles crépitants fins. Tous ces signes manquent absolument dans la pleurodynie.

Il est probable que les pseudo-pleurésies des Anciens n'étaient autres qu'une seconde forme de congestion pulmonaire, la spléno-pneumonie de Grancher; celte affection, qui siège toujours à gauche, se différenciera, en outre des signes de congestion pseudo-pneumoiiique, par de r;egophonie, du souffle pleurétique et la disparition du choc de la pointe du coeur.

Quelque brusques et violentes que puissent être la douleur de la pleurodynie et l'anxiété respiratoire qui en résulte, elles ne feront pas méconnaître une rupture du myocarde ou d\ine valvule, pas plus qu'on ne les confondra avec Yangor pectoris; dans les deux premiers cas l'état du pouls, dans le dernier le caractère lancinant de la douleur, ses irradiations, la sensation d'angoisse qui l'accompagne, d'engourdissement qui la suit, sont suffisamment caractéristiques.

La myosite aiguë spontanée affecte de préférence le grand pectoral (Dionis des Carrières, Fischer, Cruveilhier) ; elle se distinguera par la gravité relative de l'état général, par la dureté ligneuse du muscle (Velpeau), sa rénitence; enfin, si elle ne se termine pas par résolution ou sclérose, par les signes d'un phlegmon circonscrit.

G. Variété latérale. La douleur dans le rhumatisme du diaphragme siège à la base du thorax, suivant une ligne horizontale; ce diagnostic différentiel est d'ailleurs sans importance.

La douleur provoquée par une périsplénite, un ulcère de la portion cardiaque de l'estomac, une dilatation stomacale, pourrait en imposer pour une pleurodynie; un examen attentif permettra d'éviter cette erreur.

D. Variété dorsale. Le point dorsal de la colique hépatique, un anévrysme de V aorte, ne seront également pas confondus avec le rhumatisme du rhomboïde, si l'on a soin de rechercher les autres signes de ces affections.

E. Enfin, il faut se rappeler que les névropathes, les anémiques, les femmes atteintes de métrite, souffrent fréquemment de points douloureux au niveau de riiypochondre ou au-dessous du sein ; comme pour les affections précédentes, il suffira d'avoir l'attention dirigée de ce côté pour éviter toute erreur.

Durée. Pronostic. Le pronostic ne présente aucune gravité ; la i>leurodvnie cède en général au bout de quelques jours. Si elle offre une certaine tendance à la récidive, elle passe très-rarement à l'état chronique.

Traitkment. Le traitement de la pleurodynie ne comporte rien de particulier. On prescrira le repos au lit, dans une attitude qui place les muscles malades dans le relâchement. Si la douleur est peu intense, on se contentera de l'enveloppement ouaté et d'embrocations calmantes ou révulsives : baume tranquille, baume nerval, liminent térébenthine, opiacé, chloroformé, sinapismes, vésicatoire. Si la douleur est très- vive, une émission sanguine locale amènera une sédation rapide; dans quelques cas le massage, la faradisation, ont une réelle efficacité.

A l'intérieur, la poudre de Dower, la térébenthine, la terpine, quelquefois les eaux alcalines fortes, le salicylate de soude ou de lithine, trouveront leurs indications.

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