PLIQUE
apprend qu'il a trouve des cheveux justjue dans le sang des pliqués! L'heure fort heureusement venait où l'on allait faire justice de ces erreurs accumulées et, sans s'arrêter à l'opinion de J. Frank, qui prétendait que la plique était une modification de la lèpre d'Orient, les savants mis en goût par les recherches de Bazin, de Gruby, s'efforçaient de trouver un parasite à la plique ; c'est ce que lit Gun^burg {Arch. de Millier, 1845), ([ui décrivit le trichomaphyte ou mycoderme de la Plique. lîobin pensa avoir vérifié ces recherches et les appuya de son autorité, en notre pays tard venu aux recherches micrographiques. Ce champignon avait « des fibres articulées très-rares, étroites, et ne présentant dans leur intérieur aucune trace d'espaces intercellulaires. Les spores étaient très-nombreuses, d'an diamètre de 0'"'", 002 à 0'""\005 ». En présence d'une description aussi rigoureuse d'apparence, on pouvait penser qu'enfin la plique allait occuper dans le cadre nosologique la place qui lui était réservée; il n'en fut rien. Gûnsburg et d'autres eurent beau décrire une plique maie et femelle, des lormes diverses, telles que le Irichoma médiisien, solitaire, en niasse, rautonomie de la maladie ne put résister aux attaques des médecins, en tète desquels, d'après Kaposi, il n'est que juste de citer Beschorner, Ihmiburger, et surtout Ilébra. 11 serait donc tout à f;iit abusif d'agrandir le cadre de celte notice pour présenter l'histoire de la plique telle que l'entendaient nos prédécesseurs, avec ses métastases et ses dangers : c'est, ainsi que je le disais, un des nombreux chapitres des erreurs médicales pour lequel il nous faut avoir l'indulgence que nous serons heureux de nous voir accorder par nos successeurs sur plus d'un point.
Étiologie. La plique polonaise reconnaît comme cause première et capitale la malpropreté, et l'on ne s'étonnera pas que, sévissant sur une nation malheureuse et peu renommée pour son hygiène, aussi bien que pour sa tempérance, la })lique ait trouvé un milieu favorable à son développement. L'habitude des pauvres Polonais d'avoir la tète presque constamment couverte d'un épais bonnet, de ne se peigner qu'exceptionnellement, enfin le préjugé que tout malaise, si bénin soit-il, peut être le symptôme précurseur de la plique, et qu'il est du plus grand danger de la faire rentrer, tout concourt à fournir l'explication que durant des siècles la plique ait été une maladie presque essentiellement cantonnée en Pologne. Cependant on ne peut s'empêcher de songer qu'il y a quelque chose de spécial à ces populations, car la malpropreté existe partout, et il n'en va pas de même de la plique.
Symptôjies. Les symptômes de la plique, au dire de Jourdan, pouvaient se résumer ainsi : 1° douleur plus ou moins forte dans la portion de la peau où les poils sont pliqués; 2" allongement excessif de ces poils; 5'' friabilité; 4" intricalion de la racine. De ces quatre symptômes, un seul, l'hypertrichie, mériterait examen, car, sans qu'il soit spécial à la plique, il y a lieu cependant de s'y arrêter. L'hypertrichie est fréquemment sous la dépendance de la séborrhée, et les chevelures réputées « splendides » ne sont en somme que des chevelures patliologiques. C'est dans des conditions pareilles qu'on peut observer un état voisin de la plique, ainsi qu'il ressort d'une note manuscrite que me communique le docteur Besnier. « J'ai vu, dit cet éminent médecin, de jeunes Busses ou Polonaises qui avaient une hypertrichie avec séborrhée, et que la pusillanimité mettait eu état de plique. Elles poussaient des cris déchirants dès qu'on tirait un cheveu et restaient trois mois sans se peigner », L'intrication ou la friabilité sont donc le fait de toutes les chevelures mal soignées et comme le
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(lit excellemment Hardy : « J'ai eu, pour ma part, l'occasion de voir plusieurs fois à Paris des femmes présentant une clicvelure mêlée, feutrée, exhalant une odeur fétide et offrant tous les caractères de la maladie connue sous le nom de pliquc, mais dont l'origine devait être attribuée à la présence de nombreux poux qui avaient déterminé au cuir chevelu Vimpetigo grannlala. » Cela dit des symptômes locaux, on conçoit que nous puissions rayer d'office tous les symptômes généraux rapportés à la plique polonaise et qui tous appartenaient certainement à des affections premières engendrées, il est probable, par la misère et l'incurie dans lesquelles étaient plongés les malheureux ])liqués.
Do tout ce qui précède une conclusion découle et s'impose : la plique n'est pas une maladie autonome et distincte, elle est la résultante d'une foule de conditions multiples, au premier rang desquelles il faut placer la phthiriase, l'impétigo du cuir chevelu, et probablement aussi l'acné sébacée; les parasites végétaux, tels que le tricophyton, le favus, lorsqu'ils germent en liberté sur des têtes non peignées, me paraissent capables de déterminer une agglutination des cheveux suffisante pour aboutir à l'intrication connue sous le nom de plique. Cependant, et malgré toutes ces réserves, il ne faut pas oublier que jadis la plique a été individualisée, et que par sou endemicitr elle a fixé depuis l'attention des médecins peu portés à conclure à la réalité de son existence.
Traitement. Jadis, il était réputé dangereux de toucher à la plique, et Rocheux écrivait encore il y a quarante ans : « La tonte du trichoma peut donner lieu à des accidents plus ou moins graves que beaucoup de médecins ont attribué à la rétropulsion de l'humeur morbide ^>.
Aujourd'hui que pareille crainte n'est j)lus de mise, on coupera résolument les cheveux ; cette opération préliminaire pratiquée, des lavages réitérés de la tête seront faits avec de l'eau savonneuse, le décodé de bois de Panama ; s'il existe des lentes, poux, on s'adressera aux poudres parasiticides ; si au contraire c'est l'impétigo, l'acné sébacée, qui paraissent devoir être incriminés, le traitement sera dirigé contre ces affections. Quant à la prophylaxie de la plique, elle est simple et consiste à faire pénétrer dans les masses populaires et misérables des notions d'hygiène vulgaire, à extirper les préjugés surannés de la répercussion de la plique, à vulgariser l'emploi du peigne, à pioscrire l'usage des graisses et des bonnets à demeure dont les pauvres se couvrent la tète ; l'activiié des médecms polonais qui ont réussi par ces simples moyens h faire disparaître presque totalement la plique des contrées oii jadis elle faisait ses ravages montre la justesse de ces assertions et la nécessité de les vulgariser ; lorsque ce sera chose faite, l'article Plique disparaîtra des traités de dermatologie ou des encyclopédies, ou du moins n'y figurera plus qu'à titre de document iiistorique.
JcHEL-RlÎJNOY.
lîiBLiosRAPuiE. — Saxonia (11.). Palavsiii de plica, 1600. — Enscii. Diss. de dubio plicœ polansœ inlev morbos, 1801. — De la Fontaine. Traité de la plique polonaise, traduit par Jourdan. Paris, 1808, in-8°, avec fig. — Alibert. Desa-iption des maladies de la peau, in-fol. — Ivui.AKowsKi (H.). De pathogenia plicœ. Peiropoli, 1847. — Knotiie. Dissertalio de plica. Vilna, 1830. — Burkaud Efle. die Lehre von den Haaren. Vienne, 1831, in-8°, -1 vol
— ScHWEiGER (Jos.). Tlièse de Paris, 1857. — Iney (J.). Arch. gén. de mcd.. t. VI, p. 214.
— Consultez en outre les traités classiques, Cazenave, I\ayer, UicK, Bazin, Hardy, llébra, Kaposi, Diiliring, etc , etc. E. J.-I{.
PLOCAUIA (Plocaria Nées). Genre d'Algues du groupe des Floridées, synonyme de Spliœrococcus Ag., de Gigarlina Lamx, et d'Hebninlhocorton
DICT. EKC. 2' S, XXVI. 10
l/t6 PLOMR (chimie)..
Link. L'espèce type, PL Uchenoides Nées, conslitue la Mousse de Ceijlan ou de Jafna, qui fournit, par une décoction prolongée, une gelée alimentaire, presque entièrement formée de gélose. Ed. Lef.
PLOUB (Pb). § I. Chimie. Équivalent = 105,50. Poids atomique = 207. État naturel. On trouve dans la nature un grand nombre de minerais plonibifères ; les principaux sont : le sulfure de plomb, la séléniure, le carbonate, le chlorophosphate, le chromate, le molybdale, le tungstate, le sulfate. Enfin on a signalé le plomb à l'état natif dans un fer météorique du Chili, mais le sulfure et le carbonate de plomb sont les seuls minerais assez abondants pour servir à l'extraction du métal.
Propriétés. Le piomb est un métal gris bleuâtre; fraîchement coupé, il brille d'un vif éclat métallique. 11 est très-mou et se laisse facilement couper au couteau; il laisse sur le papier des traces d'un gris métallique. Par le battage, on peut le réduire en lames très-minces et l'étirer en fils très-déliés; ces fils sont d'une flexibilité extrême, mais ils ont peu de ténacité, un fil de plomb de 2 millimètres de diamètre se rompt sous une charge de 9 kilogrammes. Sa cassure est blanche et fibieuse lorsqu'il est pur, dans le cas contraire elle est grenue. Il cristallise par voie de fusion en octoèdres réguliers bien définis. Sa densité est, d'après Berzelius, de 11,445, et de 11,305, d'après Deville. 11 fond à la température de 355 degrés et se volatilise sensiblement à la chaleur rouge. Au contact de l'air, le plomb se ternit rapidement, il se forme dans ce cas une légère couche de sous-oxyde qui, analogue à un vernis, préserve le restant de l'oxydation. Maintenu en fusion au contact de l'air, il s'oxyde au contraire rapidement; il se couvre d'une pellicule irisée qui se transforme rapidement en une poudre jaune de protoxyde de plomb.
L'eau distillée froide, privée d'air, est sans action sur le plomb, mais, si l'air intervient, la lame de plomb plongée se recouvre d'une pellicule blanche d'oxyde hydraté, ou plutôt d'hydrocarbonate de plomb, qui forme souvent des paillettes cristallines visibles à la loupe. L'eau elle-même renferme alors une quantité d'hydrate d'oxyde de plomb assez grande pour noircir par l'acide sulfhydrique. L'eau de pluie attaque également le plomb dans les mêmes circonstances, mais il suffit de l'existence dans l'eau de petites quantités de sels, principalement de sulfate et de carbonate de chaux, pour que l'oxydation n'ait plus lieu; ces sels exerceraient au contraire une action préservatrice, si bien que l'eau renfermant une quantité notable de nitrates est sans action sur le plomb, ci elle renferme en même temps des carbonates et des sulf;Ues : or les nitrates et surtout celui d'ammoniaque, seuls, favorisent beaucoup la dissolution du plomb. Les tuyaux de plomb peuvent donc servir impunément à la distribution des eaux courantes, renfermant toujours des petites quantités de sulfates et de carbonates.
Même concentré et bouillant, l'acide chlorhydrique n'attaque le plomb que très faiblement. L'acide sulfurique étendu ne l'attaque pas, mais, concentré et bouillant, il l'attaque avec dégagement d'acide sulfureux et formation de sulfate de plomb. L'acide azotique l'attaque facilement, même à froid, avec déo^affement de vapeurs nitreuses et formation d'azotate de plomb soluble.
Alliages du plomb. Par la fusion, on obtient facilement des alliages avec presque tous les métaux. Nous en décrirons les plus usités.
Plomb et élain. Ces deux métaux s'allient presque en toutes proportions;
PLOMB (chimie). li"?
lanlôt ces alliages ont lieu avec contraction et tantôt avec dilatation, suivant les proportions. Leur point de fusion est situé plus bas que celui du plus fusible, l'étain. Le plomb, le métal si mou, augmente considérablement la dureté de l'étain, et les alliages sont aussi plus blancs que ce dernier métal. Ces alliages s'oxydent très-rapidement par la calcination à l'air. Un alliage de 5 parties de plomb et de 1 partie d'étain biùle comme de l'amadou. Le produit de cette combustion sert, sous le nom de potée, à la fabrication des émaux. Les principaux alliages de plomb et d'étain sont :
Plomb. Étain.
Soudure des plombiers 2 parties. 1 partie.
— des ferWanliors 1 — 1 —
Alliage pour vaisselle 1 — ^
Hlomb et antimoine. L'antimoine donne de la dureté au plomb, et l'on se sert de cet alliage pour les caractères d'imprimerie. L'alliage doit jjosséder plusieurs (jualités, il doit être Irès-fusible; il ne doit être ni trop mou, pour ne pas s'écraser sous la presse, ni trop dur, pour ne pas couper le papier. Pout clicbés, les proportions les plus favorables sont : antimoine, ii parties; plomb, 86 parties; et jiour caractères d'impriiiicrie : antimoine, 18 parties et plomb 82 parties. On ajoute quelquefois 8 à 10 pour 100 d'élain, ce (pii donne à l'alliage plus de ténacité et un grain plus lin.
Plomb, hismutii et élain. Cette combinaison constitue l'allingc fusible de Durcet {voy. Alliages).
Plomb et or. Le plomb rend l'or très-cassant; il suffit de 5 parties de plomb pour 1000 parties d'or pour altérer profondément la ductilité de ce dernier métal. L'alliage qui renferme 8 pour lUO de plomb est jaune pâle et extrêmement fragile.
Oxydes de plomb. 11 existe trois combinaisons définies du plomb avec l'oxygène : le sous oxijde Pb^Û, le protoxyde PbO, le bioxyde ou acide plombique PbO^ De plus, l'acide plombiqae peut se combiner en plusieurs proportions avec le protoxyde de plomb et former ainsi des plombâtes de plomb qu'on appelle miniums.
Sous-oxyde de plomb. Pb^O. 11 constitue la pellicule noire qui recouvre la surface du plomb mis au contact de Tair. On le prépare en cbauffant l'oxalate de plomb à la température de 500 degrés jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz. Ce gaz est un mélange d'oxyde de carbone et d'acide carbonique :
2 (G^O^Pb) = Pb^O -h 5 CO^' H- GO.
Le sous-oxyde de plomb est une poudre noire qui, triturée avec du mercure; ne lui cède pas de plomb, et traité par de l'eau sucrée ne lui cède pas de protoxyde de plomb. Ces réactions négatives prouvent que le sous-oxyde de plomb est bien une combinaison définie de plomb et d'oxygène, et non pas, comme quelques cbimistes l'admettent, un simple mélange de plomb et de protoxyde de plomb.
Traité par les acides étendus, il se décompose en protoxyde qui se dissout et tn plomb métallique. On produit la même décomposition en le cbauffant à 400 degrés. Le mercure dissout alors le plomb, et l'eau sucrée le protoxyde formé. Le sous-oxyde de plomb cbauffé à l'air s'oxyde rapidement; il prend feu comme de l'amadou et se change en protoxyde.
Protoxyde de plomb. PbO. L'oxyde de plomb se rencontre quelquefois
iiS PLOMB (ciiimik).
dans la nature en masses opaques jaunes. On l'obtient par la calcination du plomb à l'air, ou par la calcination de l'azotate ou du carbonate de plomb; il se présente alors sous la forme d'une poudre j.mne appelée massicot. Celte poudre fond à la cbaleur rouge et donne, après refroidissement, une niasse à l'euillets cristallins; il porte alors le nom de litharge; l'un et l'autre ont du leste la même composition. On rencontre cpielquefois dans les fissures des fourneaux à plomb la lilharge sous forme de rhomboèdres bien déterminés.
Le proto.xyde de plomb existe encore en combinaison avec l'eau. Cet hydrate s'obtient en versant de l'ammoniaque dans une dissolution froide d"un sel de plomb. Ce précipité se dissout facilement dans une dissolution de potasse ou de soude; par l'évaporatioii de la liqueur, l'oxyde de plomb se dépose à l'état iuihydre sous la forme de lamelles jaunes, semblables à celles que présente la lilharge. Si on veise. une dissolution concentrée d"un sel de plomb dans un lait de chaux bouillant, l'oxyde de plomb se jirécipile sous la forme de petits cristaux très-lourds et d'une belle couleur rouge. On obtient encore ces cristaux en faisant bouillir une dissolution concentrée de soude cau^tique avec un excès d'oxyde de plomb, et abandonnant la liqueur au refroidissement. Les cristaux rouges restent rouges quand après les avoir chauffés on les refroidit brusquement; ils deviennent jaunes au contraire, si on les laisse refroidir lentement. La couleur rouge est due à la formation d'un peu de minium pendant le refroidissement lent. Ainsi le protoxyde de plomb peut se présenter sous des couleurs très-différentes, et toutes ces variétés se rencontrent dans la lilharge du commerce.
Dans l'industrie, on obtient le massicot en calcinant le ploiib à l'air; on enlève la pellicule d'oxyde à mesure qu'elle se forme, puis on broie l'oxyde et ou le débarrasse par levigation du plomb métallique qui l'accompagne.
La lilharge se produit dans le traitement du plomb aurifère ou argentifère par la eoupellation; elle est jaune ou rouge, celle dernière est la plus estimée.
La lilharge du commerce n'est jamais pure, elle renferme ordinairement de la silice, de l'oxyde de fer et de l'oxyde de cuivre; ce dernier peut être enlevé par digestion avec de l'ammoniaque.
Les combinaisons de l'oxyde de plomb avec les bases peuvent être considérées comme de véritables sels, des plombiLes. Le plombite de chaux a même été obteiui à l'état cristallisé. Une dissolution de plombite de chaux est quelquefois employée pour teindre les cheveux en noir, l'oxyde de plomb se combine alors avec le soufre contenu dans les cheveux ; il se forme du sulfure de plomb qui est noir.
L'oxyde de plomb fond un peu au-dessous du rouge en devenant plus foncé. Si on le maintient à oOU degrés, il absorbe de l'oxygène et se transforme en minium. 11 est un peu saluble dans l'eau distillée et dans l'eau de pluie, la présence d'une petite quantité de certains sels, sulfates, phosphates, carbonates, empêche celte dissolution; les sels ammoniacaux, au contraire, la favorisent. A une température élevée, le chlore le transforme en chlorure avec dégagement d'oxygène; en présence de l'eau, il se forme du chlorure et du bioxyde de plomb.
Bioiyde de plomb, acide plombicjue ou oxyde puce de plomb. PbO^ Il prend naissance quand on décompose par le courant électrique la solution d'un plombite alcalin ; il se dépose au pôle positif en lamelles cristallines. On l'obtient encore en faisant bouillir de l'eau tenant en suspension de l'hydrate, du carbo-
PLOMB (chimie). ^^^
nate ou du clilorure de plomb avec une dissolution limpide de chlorure de chaux; le bioxyde ainsi obtenu est grenu et cristallin.
On le prépare le plus liabitucllemcnt en traitant à chaud le minium ou plombate de plomb par l'acide azotique étendu qui décompose le piombate, dissout l'oxyde de plomb et laisse l'acide plombique sous forme d'une poudie brune. Il faut continuer le traitement à l'acide ozatique jusqu'à ce que cet acide ne dissolve plus d'oxyde de plomb; on lave alors avec de l'eau et l'on fait sécher au-dessous de 100 degrés.
L'acide plombique est facilement , décomposé par la chalem-; au-dessus de 350 degrés, la moitié de son oxygène se dégage et il reste du proloxyde. 11 ne se combine pas avec les acides. Chauffé avec l'acide sulfurique concentré, il dégage la moitié de son oxygène et il se forme du sulfate de plomb. 11 absorbe énergiquement le gaz acide sulfureux avec élévation de température, il abandonne alors la moitié de son oxygène à l'acide sulfureux et il se forme encore du sulfate de plomb. On profite souvent de cette propriété pour séparer l'acide sulfureux mêlé à d'autres gaz. Avec l'acide cblorhydrique il donne du chlorure de plomb et il se dégage du chlore :
PbO^ + 2 IICI =: PbCl 4- Cl 4- 2 110.
Le bioxyde de plomb se combine au contraire très-bien avec les bases : de là le nom d'acide plombique qui lui a été donné; il forme ainsi les plombâtes.
Plombate de potasse. K0,Pb0^-l- 3H0. On l'obi ient en chauffant un mélange de potasse caustique et de bioxyde de plomb. On place le bioxyde dans un creuset d'argent et on le mélange intimement avec une dissolution concentrée de potasse caustique et on chauffe doucement; de temps en temps on prélève un essai de la matière qu'on fiùl dissoudre dans très-peu d'eau et qu'on décompose par l'acide azotique; dès qu'on obtient ainsi un précipité volumineux de bioxyde, l'opération est terminée. On verse alors dans le creuset une petite quantité d'eau que l'on décante rapidement pendant qu'elle est encore chaude. Pour le refroidissement, cette solution abandonne des cristaux octaédriques incolores et transparents de plombate de potasse. Les eaux mères alcalines ne renferment plus de trace de plombate.
Le plombate de potasse se dissout dans une solution alcaline bouillante, mais l'eau pure le décompose. Le plombate de soude a les mêmes propriétés que celui de potasse. Les autres plombâtes sont insolubles. Le plombate de chaux s'obtient en faisant digérer du minium avec un excès de chaux et de chlorure de chaux; c'est un composé incolore que l'eau et les acides décomposent.
Plombate de plomb, minium ou oxyde rouge de plomb. 2PbO.PbO^ Une des combinaisons les plus importantes de l'acide plombique est celle qu'il forme avec le protoxyde de plomb, combinaison à laquelle on donne le nom de minium. Lorsqu'on chauffe au contact de l'air le massicot en poudre fine à une température qui ne doit pas dépasser 300 degrés, celui-ci absorbe de l'oxygène et se change en une poudre d'un beau rouge orangé qui est l'oxyde rouge de plomb ou minium. Cette substance est d'une composition variable suivant que le grillage a été plus ou moins prolongé. Si l'oxydation est continuée jusqu'à ce que le minium n'augmente plus de poids, sa composition constante est exprimée par la formule PbO^,2PbO. C'est donc un plombate de protoxyde de plomb. Dans le cas contraire, le minium reste mêlé à des quantités plus ou moins grandes de
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proloxydc de plomb que, du reste, on peut lui enlever par des digestions avec une solution d'acétate neutre de plomb.
Le minium se produit aussi lorsqu'on chauffe au rouge sombre du protoxyde de plomb avec un nitrate alcalin. Enfin on peut obtenir du minium hydrate' en mélangeant des solutions alcalines de plombate et piombite de potasse. Il se produit un précipité jaune d'hydrate de minium qui, par une légère calcinalion, prend une belle couleur rouge orangée.
Le minium est fabriqué dans des fours à deux étages, dont l'inférieur est destiné à la transformation du plomb en massicot et le supérieur à la transformation du massicot en minium. La température du premier étage ne doit pas être assez élevée pour fondre le massicot, et celle de l'étage supérieur ne doit jamais dépasser 500 degrés. Le plomb employé doit être d'une pureté parfaite, car, si le minium qui est employé à la fabrication du cristal, du strass et du flint-glass, renfermait du cuivre, les objets falDriqués ne seraient pas incolores. Le massicot provenant de cette première opération, après avoir été broyé et purifié par lévigation, puis séché, est étendu en couches minces dans des caisses en tôle que l'on dispose dans le four supérieur.
Plus le massicot est divisé, plus est beau le minium qui en dérive. La céruse, toujours beaucoup plus divisée que le massicot, est employée en Angleterre pour sa fabrication ; ce minium désigné sous le nom de mine orange est un produit magnifique.
Propriétés. Le minium constitue une poudre rouge orangé brillante ; chauflé, sa couleur devient plus vive et finit par passer au violet. Au-dessus de 550 degré? il perd de l'oxygène et se transforme en protoxyde de plomb. L'acide azotique étendu le décompose en acide plombique insoluble et en protoxyde qui se dissout. L'acide chlorhydrique Je décompose en donnant du chlore libre, du chlorure de plomb et de l'eau. On le voit, dans un cas pressant, à défaut de peroxyde de manganèse, on pourrait se servir du minium pour préparer le chlore.
Sulfure de plomb. PbS. Le sulfure de plomb se trouve abondamment dans la nature, sous forme de beaux cristaux cubiques, brillants, d'un gris bleuâtre. C'est la galène des minéralogistes; il constitue le principal minerai de plomb. On l'obtient directement en faisant fondre du. plomb en grenailles avec du soufre; la combinaison a lieu avec incandescence, des lames de plomb plongées dans la vapeur de soufre y brûlent vivement, et le sulfure de plomb forme, fondu, se dépose en globules. On obtient le sulfure de plomb très-divisé en faisant passer un courant d hydrogène sulfuré à travers une dissolution d'un sel de plomb; il se présente alors sous la forme d'une poudre noire.
Chauffé à l'abri de l'air, il fond à la chaleur rouge. Si le refroidissement est très-lent, on obtient après sa solidification une masse présentant une texture cristalline dans laquelle on peut facilement reconnaître, par le clivage, la forme cubique. Chauffé dans un tube de porcelaine traversé par un gaz inerte, il se sublime. Les parois plus froides du tube se recouvrent de petits cristaux cubiques et brillants.
Grillé au contact de l'air, il en absorbe facilement l'oxygène, mais les produits sont différents suivant la température et la manière dont l'opération est conduite. A une température très-basse, il ne forme presque que du sulfate de plomb et très-peu d'oxyde. A une température plus élevée, l'oxyde de plomb est prédominant; il se dégage en même temps de l'acide sulfureux. Dans le cas oii l'accès de l'air serait insuffisant, on obtiendrait encore du plomb métallique.
PLOMB (chimie). 151
Les équations suivantes feront comprendre cette réaction qui est utilisée dans l'extraction du plomb métallique :
PbS-^2PbO = 3Pb-f-SO^ SOTb + PbS:=2Pb + 2SO^
Le sulfure de plomb précipité, surtout à l'état humide, absorbe l'oxygène de l'air, même à la température ordinaire. H faut fenir compte de cette propriété dans l'analyse de composés plombiques.
Ni l'acide clilorhydrique, ni l'acide sulfurique étendu, n'ont d'action sur le sulfure de plomb. L'acide sulfurique concentré et bouillant le transforme en sulfate avec dégagement de gaz acide sulfureux. L'acide azotique étendu l'attaque facilement; il se sépare du soufre à l'étal libre et le plomb se dissout à l'état d'azotate. L'acide azotique fumant le transforme en sulfate de plomb.
En faisant fondre 1 équivalent du sulfure de plomb avec 1 équivalent de plomb, on obtient du sous-sulfure de plomb. Ce produit se rencontre constamment dans la métallurgie de plomb, où il constitue ce qu'on appelle les malles plombeuses.
Séléninre de plomb. C'est un minerai en masses cristallines à clivage cubique qui ressemble beaucoup à la galène et qu'on trouve dans quelques mines de cette dernière. C'est de ce minerai qu'on extrait le sélénium.
Phospimre de plomb. On l'obtient en jetant des fragments de phosphore sur du plomb fondu. 11 a la même couleur que le plomb, et comme lui il se laisse couper au couteau, mais sous le choc du marteau il se brise en fragments. Il renferme environ 15 pour 100 de phosphore. On peut l'obtenir par voie humide en précipitant une solution d'acétate de plomb par l'hydrogène phosphore.
Armihire de plomb. On l'obtient en faisant fondre ensemble 20 parties d'arsenic et 80 parties de plomb. II est lamelleux et très-cassant. On en introduit quelques millièmes dans le plomb de chasse, ce qui facilite la formation des grains.
Chlorure de tlomb. PbCl. On l'obtient en chauffant la litharge finement pulvérisée par l'acide chlorhydrique; la litharge se transforme en une poudre cristalline blanche, formée par de petits cristaux aciculaires ou par des paillettes minces. On l'obtient encore en décompo.^ant une dissolution concentrée d'acétate de plomb par le chlorure de sodium, il se dépose alors sous la forme d'une poudre blanche cristalline. On obtient des cristaux plus volumineux et plus nets par le refroidissement de la solution bouillante.
Le chlorure de plomb est très-peu soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau bouillante; soumis à l'action de la chaleur, il fond avant la chaleur rouge. Par le refroidissement il se prend en une masse qui présente l'aspect de la corne et se laisse couper au couteau, ce qui lui a fait donner le nom de plomb corné. Aune température plus élevée il se volatilise sensiblement •en donnant des vapeurs abondantes.
Oxychlorures de plomb. Le chlorure de plomb peut se combiner en plusieurs proportions avec l'oxyde de plomb pour former des oxychlorures qui cristallisent facilement par fusion. Les oxychlorures sont d'une belle couleur jaune citron, ils sont utilisés en peinture sous les noms de jaune de Cassel, de jaune minéral, de jaune de fumer. On les prépare par différents procédés :
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1° on fait fondre 1 partie de chlorure de plomb avec 7 parties de litharge; 2° on chauffe jusqu'à fusion 10 parties de minium et 1 partie de sel ammoniac, la masse présente une texture à larges lamelles cristallines; 5" on lait une pâte avec de l'eau, 7 parties de litharge et 1 partie de chlorure de sodium. On abandonne la matière à elle-même pendant plusieurs jours, on lave pour enlever la soude et l'on fait fondre le résidu dans un creuset. Sa formule est rbCl + 7PbO.
Bromure de plomb. PbBr. On l'obtient en décomposant une solution concentrée d'acétate de plomb par le bromure de potassium, il se précipite sous forme d'une poudre blanche cristalline, l'eau froide le dissout très-peu, il est vm peu plus soluble dans l'eau bouillante, et il se dépose par le refroidissement de sa solution bouillante en aiguilles blanches et brillantes. Chauffé à l'abri de l'air, il fond en un liquide rouge qui par le refroidissement se prend en une masse cornée, d'un jaune de citron. Chaulfé au contact de l'air, il émet des vapeurs blanches et se transforme en oxybromure.
lodiire de plomb, l'bl. L'iodure de plomb s'obtient en décomposant une solution d'acétate neutre de plomb par une solution d'iodure de potassium. C'est un précipité d'un beau jaune citron. 11 est à peine soluble dans l'eau froide; une partie exige pour se dissoudre 1225 parties, dans l'euu bouillante il est plus soluble (1 partie dans 194 parties) ; il cristallise, par le refroidissement de sa solution aqueuse bouillant, en lamelles hexagonales ayant l'éclat métallique et la couleur de l'or. Giiaulfé à l'abri de l'air, il fond en un liquide rouge brun qui, par le refroidissement, se concrète en une masse jaune. Chaufié au contact de l'air, il perd de l'iode et se transforme en oxyiodure. On obtient également un oxyiodure d'une couleur jaune pâle en précipitant du sous-acétate de plomb par l'iodure de potassium; pour celte raison, si on veut avoir de l'iodure do plomb pur, il faut se servir d'un sel de plomb bien neutre.
Ski.s de pi.omu. Acétates de plomb. On connaît un sel neutre et plusieurs sels basiques.
Sel neutre. C''lI"PbO*,5IIO. On l'obtient en faisant dissoudre la litharge dans l'acide acétique, ou en faisant agir celui-ci sur le ]>lomb métallique en présence de l'air. Il cristallise en prismes rhomboïdaux obliques. Les cristaux ont une saveur à la l'ois astringente et sucrée, ce qui leur a fait donner anciennement le nom de sucre de Saturne. Ils sont eftlorescents, très-solubles dans l'eau, solubles aussi dans l'alcool et très-vénéneux; chauffés à 100 degrés, ils perdent leur eau de cristallisation. Vers 280 degrés, le sel éprouve la fusion ignée ; à une température plus élevée, il se décompose en dégageant des vapeurs d'acide acétique, de l'acide carbonique et de l'acétone. Le résidu de la distillation est du plomb très-divisé et fort combustible.
Acétates basiques. On en admet quatre suivant les proportions d'oxyde de plomb qu'ils renferment : 1'^ L'acétate sesrpnbasique, obtenu par une décomposition partielle de l'acétate neutre par la chaleur, lames nacrées solubles dans l'eau et dans l'alcool. 2" Acétate bibasique. Préparation : on fait bouillir 1 équivalent d'acétate neutre avec 1 équivalent de litharge. Le sel se cristallise par refroidissement. 5" Acétate tribasique. Préparation : on fait digérer 7 parties de litharge avec une dissolution de 6 parties d'acétate neutre de plomb; il se présente en longues aiguilles soyeuses, très-solubles dans l'eau et insolubles dans l'alcool ; A° acétate sexbasique. On met la solution des sels précédents en digestion avec un excès de litharge. Il se présente sous la forme d'une poudre
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blanche très-peu soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau chaude, d'où elle se dépose par le refroidissement en aiguilles brillantes.
\j extrait de Saturne est constitué par la dissolution d'un mélange de tous ces sous-acétates dans lequel domine cependant l'acétate sexbasique. On le prépare en faisant bouillir 9 parties d'eau, 5 parties d'acétate neutre de plomb et 1 partie de litharge. L'extrait de Saturne se présente sous la forme d'un liquide incolore et transparent, il bleuit le tournesol rougi par un acide. L'acide carbonique en précipite tout l'excès de l'oxyde de plomb sous l'orme de carbonate, et la liqueur ne renferme plus que de l'acétale neutre que l'acide carbonique n'altère pas.
L'eau distillée pure ne trouble pas l'extrait de Saturne, mais l'eau ordinaire, qui renferme des sulfates et des carbonates, devient blanche et laiteuse par le sulfate et le carbonate de plomb qui se forme par double décomposition. On donne le nom d'mw Manche ou d'eau de Goulard à de l'eau ordinaire additionnée de 8 à oO grammes d'extrait de Saturne par litre.
Azotates de plomb. On connaît l'azotate neutre l*bO,AzO'' et plusieurs azotates basiques.
Azotate neutre de plomb. On le piépare en dissolvant la lilharge ou le carbonate de plomb dans un excès d'acide azotique, ou bien en dissolvant le plomb métallique dans un excès d'acide azotique. Par le refroidissement, la dissolution saturée à chaud abandonne l'azotate de plomb cristallisé en octaèdres réguliers, tantôt transparents, tantôt opaques, mais toujours anhydres. Il laut 7 parties d'eau froide pour en dissoudre une partie. Il est plus soluble dans l'eau chaude. Exposé à la chaleur, il se décompose en oxygène, acide hypoazotique, qui se dégagent en oxyde de plomb. j
Azotates basiques. En J'aisant bouillir une dissolution d'azotate neutre do plomb avec de la litharge, on obtient par le refroidissement des cristaux volumineux d'azotate bibasique de plomb; on obtient un sous-azotate renfermant une plus grande quantité de base en trailant par l'ammoniaipie une solution d'azotate bibasique; on obtient un précipité blanc qui a pour formule : 4l'bO,.\zU' -h 5110. Un grand excès d'ammoniaque enlève à ce précipité tout l'acide azoli(pie qu'il renferme et il reste de l'oxyde de plomb hydraté.
Azotites de plomb. En faisant bouillir une dissolution d'azotate de plomb avec du plomb métallique réduit en lames minces, une grande partie du plomb se dissout sans qu'il se dégage aucun gaz. La liqueur se colore en jaune et abandonne par le refroidissement des cristauv qui, traités par un acide, dégagent des vapeurs nitreuses abondantes. Ces cristaux sont constitués par 2 équivalents d'azotate et 2 équivalents d'azotite de plomb. En faisant dissoudre une plus grande quantité de plomb dans la liqueur, on obtient d'autres cristaux; orangés beaucoup moins solubles que les premiers, dont la formule est : 4PbO,AzO'-i-5PbO,AzO"-l-51lO. Enfin, en épuisant l'action dissolvante de l'azotate de plomb sur le plomb par une ébullition prolongée, on obtient des petits cristaux roses qui ne sont plus que de l'azotite tetrabasique de plomb. Pour obtenir avec ce sel l'azotite de plomb neutre, on n'a qu'à le mettre en suspension dans l'eau et y faire passer un courant de gaz acide carbonique. r» équivalents d'oxyde de plomb se déposent à l'état de carbonate, et la liqueur évaporée dans le vide laisse déposer des cristaux prismatiques jaunes d'azotile neutre de plomb.
Carbonate de plomb. PbO C0-. Le carbonate de plomb existe dans la
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nature, il sert comme minerai de plomb à l'extraction du plomb métallique; il forme de beaux cristaux transparents et très-réfringents qui, isomorphes avec Yaragonite, appartiennent au quatrième système cristallin. Dans les laboratoires, on l'obtient en décomposant un sel neutre soluble de plomb par un carbonate alcalin; le précipité est du carbonate neutre anhydre complètement insoluble dans l'eau.
Sous le nom de céruse ou blanc de plomb, il est employé dans la peinture à l'huile. Dans l'industrie, on le prépare par plusieurs procédés frès-différents, mais qui, en définitive, reviennent tous à décomposer par l'acide carbonique l'acétate basique de plomb («roduit par des réactions diverses. L'acide carboniquf n'agit que sur l'oxyde de plomb en excès et l'acétate neutre qui en résulte est de nouveau apte à dissoudre une nouvelle quantité d'oxyde.
Le procédé de Clichy consiste à faire dissoudre de la litharge dans l'acide acétique, de manière à obtenir un acétate Iribasique de plomb et à décomposer par un courant d'acide carbonique. L'acide carbonique précipite tout l'excès de l'oxyde de plomb, et on emploie l'acétate neutre qui résulte de la réaction pour dissoudre une nouvelle quantité d'oxyde de plomb, la nouvelle dissolution est soumise une seconde fois à l'action de l'acide carbonique et ainsi de suite. En Angleti rre, on expose simplement de la litharge mouillée à un courant d'acide rarboni([ue. En très-peu de temps la litharge est entièrement changée eu carbonate de plomb.
Le procédé Hollandais consiste à exposer des lames de plomb simultanément au contact de l'air, des vapeurs d'acide acétique et d'acide carbonique. On roule sous forme de spirales des lames de plomb que l'on place dans des pots de grès vernissé; ces rouleaux reposent sur un rebord ménagé à quelques centimètres au-dessus du fond des pots, ou verse au Ibnd une petite quantité de vinaigre, et on recouvre les pots avec un disque de plomb qui ferme l'ouverture incomplètement. On dispose un grand nombre de ces pots sur plusieurs rangées dans du fumier de cheval, puis on établit une seconde série de pots au-dessus des premiers, et on remplit l'interstice avec du fumier, on continue ainsi jusqu'à ce qu'on ait disposé 5 ou 6 étages de pots. Enfin on recouvre le tout avec du lumier que l'on maintient avec des planches de manière à donner à l'air un accès lent dans toute la masse.
La chaleur développée par le fumier produit des vapeurs d'eau et d'acide acétique. Le plomb, au contact de ces vapeurs ainsi qu'à celui de l'air, s'oxyde rapidement à sa surface et se couvre d'acétate basique de plomb. Le fumier de son côté produit, en fermentant, de l'acide carbonique; cet acide décompose le sous-acétate de plomb et le transforme en carbonate et en acétate neutre qui s'assimile une nouvelle quantité d'oxyde qui, à son tour, se change en carbonate, et ainsi de suite jusqu'à ce que la couche formée soit assez épaisse pour ne plus permettre à l'air de pénétrer. On retire alors les rouleaux et, après les avoir dépliés, on les bat pour faire tomber le carbonate, puis ou les charge dans des nouveaux pots jusqu'à ce que le plomb ait été entièrement transformé. La céruse est broyée, purifiée par lévigation, puis enfin séchée dans des pots en terre poreuse,
La céruse est souvent falsifiée par du sulfate de baryte et du carbonate de chaux (craie). On reconnaît ce mélange en traitant par l'acide azotique étendu. Le carbonate de chaux et de plomb se dissolvent et le sulfate de baryte reste. On fait arriver maintenant un courant d'acide sulfhydrique dans la solution, le
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plomb est précipité à l'état de sulfure, il ne reste donc plus en dissolution que la chaux que l'on précipite par l'oxalate d'ammoniaque.
Chromate de plomb. PbO,CaO''. Le cliromate de plomb se trouve dans la nature, il forme de beaux cristaux prismatiques rouges qui, par la pulvérisalion, dotuient une poudre jaune : c'est la crocomte ou plomb rouge. On le prépare en décomposant la solution d'un sel neutre de plomb par une solution de chromate neutre de potasse; on obtient ainsi un précipité d'un tiès-beau jaune jonquille, dont la nuance peut varier suivant la neutralilé plus ou moins parfaite des sels employés à la précipitation et suivant la plus ou moins grande dilution des liqueurs employées; la nuance est d'autant plus rouge que le sel de plomb employé est plus basique, aussi on trouve dans le commerce une série de chromâtes de plomb dont les teintes varient du rouge orangé foncé en jaune citron clair. Le chromate de plomb est employé dans la peinture à l'huile sous le nom àejamie de chrome. Le jaune de Cologne e?t un mélange de 25 parties de chromate de plomb, de 15 parties de sulfate de plomb et de 60 parties de sulfate de chaux.
Phosphate de plomb. Il existe dans la nature, combiné avec une certaine quantité de chlorure de plomb; le minerai appelé plomb phosphaté esl cristallisé en prismes réguliers à 6 faces appartenant au système rbomboédrique. Sa couleur est jaune verdàtrc. On oliticnl le piiosphatc bibasique de plomb en précipitant une dissolution neutre d'acétate de plomb par une dissolution de phosphate de soude. Le phosphate de plomb tribasique s'obtient en traitant le phosphate bibasique par l'ammoniaque. Ces phosphates de plomb sont insolubles dans l'eau, mais se dissolvent facilement dans de Tacide azotique et dans les alcalis caustiques.
Sulfate de plomb. PbO,SO'. On le prépare facilement en décomposant un sel soluble de plomb par uu sulfate alcalin. 11 se produit aussi par l'action de l'acide sulfurique bouillant sur le plomb métallique. Il y a dégagement de l'acide sulfureux. On eu obtient beaucoup comme produit secondaire de la préparation de l'acétate d'alumine employé en teinture et obtenu par double décomposition entre l'acétate de plomb et le sulfate d'alumine. Ainsi obtenu, il se présente sous la forme d'une poudre blanche amorphe, anhydre et très-dense. 11 se dissout dans les acides azotique, chlorhydrique et sulfurique concentrés. L'eau le précipite de ces solutions. La solution bouillante d'acide sulfurique l'abandonne en lamelles cristallines par le refroidissement. Soumis à la calcination il fond sans se décomposer et cristallise par le refroidissement. Le fer et le zinc le réduisent à chaud, et aussi à froid par voie humide, en présence d'un acide. Fondu avec le sulfure de plomb, il donne du plomb métallique et de l'acide sulfureux :
PbOSO-' + PbS =:= 2 Pb -+- 2 S0\
Le charbon réduit facilement le sulfate de plomb, mais les produits de la décomposition varient avec la proportion de charbon, et avec la température, avec un excès de charbon, et, si l'on chauffe brurquement, il se forme du protosulfuro, PbS ; si au contraire on n'élève la température que peu à peu, il se dégage de l'acide sulfureux, et il se forme du sous-sulfure, Pb-S, si l'on ne met que la quantité nécessaire de charbon pour réduire l'acide sulfurique en acide sulfureux, le résidu est du protoxyde de plomb ; avec I équivalent de charbon en plus on obtient du plomb métallique. Les carbonates alcalins décomposent
156 PLOMB (chimie).
le sulfate de plomb par la voie sèche et par la voie humide, il se forme du caibonate de plomb et un sulfate alcalin.
Caractères dislinclifs des sels de plomb. Les sels neutres de proloxyde de plomb sont incolores, si l'acide n'est pas coloré lui-même. Les sels basiques ont, au contraire, une teinte plus ou moins jaune. Ils font denses, et les sels sokibles ont une saveur sucrée et astringenle. Ils sont très-vénéneux. Soumis à la chaleur, ils fondent sans se décomposer, si l'acide est assez stable à la température de fusion. Chauffés au chalumeau avec du carbonate de potasse, ils donnent un globule de plomb métallique, de plus il se forme une auréole jaune autour du point chauffé. Avec le borax ils donnent une perle incolore avec les sels neutres, jaune avec les sels basiques.
Les alcalis caustiques donnent des précipités blancs de protoxyde de plomb hydraté, solubles à l'état de plombites, dans un excès de réactif.
L'hydrogène sulfuré décompose tous les sels de plomb solubles ou insolubles. Dans les sels solubles il donne un piécipité noir, si la solution est assez concentrée, d'un brun plus ou moins foncé dans des solutions très-étendues; cette coloration est encore appréciable dans une solution se renfermant en 1/5000000 de plomb. Le précipité est insoluble dans les acides et les sulfates alcahns; ces derniers agissent sur les sels de plomb comme l'hydrogène sulfuré.
L'acide sulfurique et les sulfates solubles donnent avec les dissolutions des sels de [ilornb un précipité blanc insoluble dans l'eau, très-dense, que l'on pourrait confondre avec le sulfate de baryte, mais l'hydrogène sulfuié n'a pas d'action sur ce dernier, tandis qu'il noircit le sulfate de plomb.
Acide chlorhjdrique et chlorures solubles. Précipité blanc, si les liqueurs ne sont pas trop étendues; ce précipité est soluble dans l'eau bouillante et cristallise par le refroidissement en lamelles caractéristiques.
Acide iodhydrique et iodures solubles. Précipité d'un beau jaune, soluble dans les alcalis caustiques. Ce réactif peut déceler 1/7000000 d'un sel de plomb.
Le fer, le zinc et l'élain, précipitent le plomb à l'état métallique de ses dissolutions.
Dosage du plomb. On dose le plomb à l'état de protoxyde anhydre ou à l'état de sulfate. Si l'on a obtenu un précipité de carbonate, on le transforme par la calcination en proloxyde anhydre. Si on voulait le doser à l'état de sulfure précipité, il faudrait laver le précipité avec une solution d'hydrogène sulfuré; sans cette précaution il s'oxyderait à l'air; il faut aussi le dessécher à une température inféi'ieure à 100 degrés.
Dosage du plomb dans les substances organiques. On ajoute à la substance de l'acide azotique et on calcine progressivement dans un creuset de porcelaine. Le résidu composé de plomb et d'oxyde est oxydé par le nitrate d'ammoniaque, on calcine de nouveau et on pèse l'oxyde restant.
Métallurgie du plomb. On trouve dans la nature un grand nombre de rainerais plombifères, les principaux sont : la galène, le séléniure de plomb,. le carbonate, le chlorophosphale et le chromate. Le sulfure et le carbonate seuls se trouvent en quantités assez abondantes pour l'extraction du plomb.
Le carbonate de plomb existe le plus souvent dans le voisinnge des mines de galène, où il forme des petits amas. L'extraction du plomb du carbonate est très-simple; ou le fond mélangé à du charbon en poudre dans des petits fourneaux à cuve, appelés fourneaux à manche. Le plomb se réduit et se rassemble
PLOMB (thérapeutique). 157
au-dessous des scories tondues. Les gangues qui accompagnent le plus souvent les minerais de plomb sont : le carbonate de cbaux, le sulfate de baryte et le lluorure de calcium. Le plus souvent ces minéraux éprouvent une fusion facile; s'il n'eu était pas ainsi, on est obligé d'ajouter des matières étrangères, atîn d'obtenir des scories plus fusibles.
Pour l'extraction du plomb de la galène, deux procédés sont mis en usage : 1° Si la gangue qui accompagne le minerai est très-siliceuse, ce qui donnerait lieu pendant le grillage à du silicate de plomb très-diflicilement réductible, on décompose le sulfure de plomb par le fer. On forme un lit de fusion composé de minerais triés et de schllchs (minerais puritiés par hocardage, criblage et lavage), on y mêle les résidus d'une précédente opération, enfin on y ajoute une certaine quantité de fonte grenaillée. La fusion a lieu dans un fourneau à cuve. A la base de la cuve se trouve un creuset dont la buse est formée par deux pierres de grès disposées en gouttière sur lesquelles on tasse fortement un mélange d'argile et de charbon ; cette rigole s'étend jusqu'au dehors du fourneau. Au moment de la fusion, le fer s'empare du soufre de la galène et le plomb mis en liberté coule au dehors. 2^ Lorsque la gangue est peu siliceuse, on se sert du procédé dit par réaction. Ce procédé repose sur les réactions suivantes : si l'on fond ensemble 1 équivalent de sulfure de plomb et 2 éq\iivalents de protoxyde de plomb, on obtient 3 équivalents de plomb métallique et 1 équivalent d'acide sulfureux qui se dégage :
PbS + 2PbO = 3Pb+SO^
Si l'on fond ensemble 1 équivalent de sulfate de plomb et 1 équivalent de sulfure de plomb, 2 équivalents d'acide sulfureux se dégagent et il reste 2 équivalents de plomb métallique :
PbO,SO ■ H- PbO = 2 Pb H- 2 SO^
La méthode d'extraction fondée sur ces réactions consiste à griller la galène, triée, bocardée et lavée dans un Iburneau à réverbère, à une chaleur trèsmodérée, jusqu'à ce qu'on ait obtenu un mélange en proportions convenables de sulfure non encore décomposé, de sulfate et de proloxyde de plomb, puis, après avoir mélangé intimement la matière et fermé toutes los portes du fourneau pour intercepter l'air, on donne un coup de feu qui fait entrer la matière en fusion. C'est pendant cette dernière opération que la réaction entre le sulfure, le sulfate et l'oxyde, a lieu, et que le plomb se sépare.
La galène renferme souvent du sulfure d'argent; c'est surtout la galène cristallisée en petites facettes qui renferme de l'argent, le plomb qui en provient est donc argentifère, on l'appelle plomb d'œuvre. Ce plomb soumis à la compellation laisse l'argent comme résidu. La galène à grandes facettes ne contient pas ou contient très-peu d'argent.
Le plomb du commerce est rarement pur, il contient le plus souvent des traces de fer, de cuivre et d'argent. Pour l'obtenir chimiquement pur, il faut soumettre à la calcination des cristaux d'azotate de plomb purifiés par plusieurs cristallisations : on obtient ainsi de l'oxyde de plomb que l'on réduit mêlé à du charbon en poudre dans un creuset brasqué. Lutz.
§ II. Thérapeutique. Le plomb fournit des médicaments très-actifs, que
158 PLOMB (thérapeutique).
la thérapeutique utilise rarement pour l'usage interne. On ne saurait, en effet, impunément prolonger l'emploi des composés plombiques; ces médicaments sont peu solubles et s'accuraulant dans l'organisme, causent des accidents graves et nombreux, qui seront décrits aux paragraphes IhiiiÈNE et Toxicologie. Pour l'usage externe, son emploi est plus répandu et il donne une série de préparations qui rendent de grands services aux praticiens.
Les principaux composés de plomb que le médecin appelle à son service comme moyens de guérir sont :
Les oxydes, le carbonate, les acétates, le tannate, l'iodure et l'azotate de plomb.
Ou les range dans la classe des astringents et on peut s'en servir comme d'anlisudorifiques.
Les effets physiologitjues de ces médicaments sont locaux ou généraux.
Locaux. Sur la peau, les effets produits sont inappréciables, si elle est intacte, et cela en raison de l'épaisseur et de la sécheresse de l'épiderme ; si elle présente une solution de continuité, ou bien si elle est ulcérée, brûlée, les sels de plomb, surtout l'acétate, donnent lieu à la formation d'une couche d'albuminate de plomb. Les points qui étaient atteints laissant écouler soit du pus, soit du sang, soit de la lymphe, deviennent secs et guérissent assez vite, sous ce vernis protecteur formé d'albuminate métallique. Les vaisseaux superficiels subissent aussi, lorsqu'ils sont lésés, une sorte de resserrement qui arrête l'écoulement du liquide.
Sur les muqueuses, qui sont plus perméables et constamment humides, le sel de plomb agit plus activement, il se forme de l'albuminate de plomb, d'où sécheresse de la muqueuse; et les cellules sous-jaceiites formées de liquides (ilbumineux se ratatinent. Avec une solution forte on peut arriver à une niortifiealion complète de la muqueuse, sous forme de croûte blanchâtre qui après sa chute laisse une ulcération pâle exsangue. Après guérison de cet accident local on voit quelquefois se dérouler les symptômes de l'intoxication chronique.
Généraux. Administrés à hautes doses, ce sont des poisons irritants. A doses plus faibles, la facilité avec laquelle ils forment avec le mucus et l'albumine des albuminates de plomb, explique les phénomènes éprouvés qui sont: sécheresse de la bouche et du pharynx, diminution des sécrétions intestinales et bronchiques, constipation. Enfin, si la mesure est dépassée, on entre en plein dans l'inloxicalion chronique.
Emploi de diveus couposés. Oxydes. Parmi les oxydes deux sont utihsés:
La lilharge, PbO, ou protoxyde de plomb fondu ;
Le minium, Pb^O'% ou oxyde rouge salin de plomb.
La lilharge s'emploie en combinaisou avec les corps gras, huiles, graisses. Elle donne des onguents, des emplâtres, des sparadraps ; parnii ces derniers les plus utilisés sont : l'emplàlre simple, le diachylon, l'onguent Canet, l'onguent de Vigo, l'onguent de la Mère. Cet oxyde ne sert que pour l'usage externe.
Les divers emplâtres, sparadraps, formés avec ce corps, sont des savons de plomb qui, appliqués en bandelettes imbriquées sur une surface ulcérée, la mettent à l'abri de Pair, forment une couche prolectrice, exercent une compression légère et entretiennent une chaleur humide très-favorable à la cicatrisalion. De plus, le plomb qui en fait la base agit avec ses propriétés déjà décrites. C'est un bon moyen théi'apeutique dans le cas d'ulcères avec grandes pertes de substances. Quand ou a ajouté trop de résines pour rendre Padhésion plus
PLOMB (thérapeutique). 159
o^rande, ou peut voir de l'irritation se produire autour de la surface prote'gée. Le minium a les mêmes usages que la litharge, il sert à préparer : l'emplâtre rouo^e de minium ; l'emplâtre brun de la Mère ; l'emplâtre de Nuremberg ou de minium camphré, qui est ainsi composé :
Emplâtre simple 500 grammes.
Cire jaune 150 —
Huile d'olives 50 —
Minium '5 —
Camphre 6 —
On fait fondre l'emplàtrc simple et la cire, on y incorpore le minium broyé au préalable avec l'huile, et on y ajoute le camphre dissous dans l'alcool.
Carbonate. Le carbonate de plomb pur est sans emi)loi, on ne fait usage que du carbonate de plomb hydraté, le plus souvent basique connu, sous le nom de céruse, qui répond à la formule CO''Pb. C'est une poudre blanche, lourde, inodore, insipide insoluble dans l'eau. On ne l'utilise guère que pour l'usage externe. Elle jouirait comme les oxydes de plomb de la propriété de faciliter la cicatrisation. On l'a employée comme sédatif dans les névral;^ies. Pour l'usage interne, bien que l'on ait renoncé à peu près à s'en servir, certains médecins l'ont utilisée. On la considère comme astringente.
Usage interne. Beau, frappé de la sorte d'antagonisme qui semble exister entre la cachexie saturnine et la phthisie pulmonaire, a donné dans ce dernier cas, sous forme de pilules de 10 centigrammes, du carbonate de plomb à l'intérieur, mais sans résultats bien marqués (Lecoq).
Usage externe. Presque entièrement utilisé pour l'extérieur, le carbonate de plomb a été conseillé comme astringent siccatif et sédatif contre les névralgies.
Les principales préparations de carbonate de plomb sont :
L'onguent blanc de rhazis obtenu par mélange de :
Carbonate de plomb 10 grammes.
Axonge beiizoinée 50 —
Celte pommade rancit très-vite, acquiert de l'àcreté et demande à être préparée au moment de l'emploi. Elle sert à hâter la cicatjisation des plaies fongueuses et à amener de la sédation dans les névralgies.
CÉRAT AU CARBONATE DE PLOMB (nÉVRALGIEs)
Céruse 10 grammes.
Cérat 5 —
On l'élend en couches de 2 millimètres sur la partie douloureuse, et quand cette couche s'écaille, on l'enlève pour la remplacer pour une couche nouvelle. Fouquiery ajoute de l'extrait d'opium et remplace le cérat par l'axonge.
POMMADE CONTRE l'ÉRYSIPÈLE (aNDERSO.n)
Carbonate de jilomb 50 grammes.
Huile de coha (pour l'aire une pâte molle semblable à de lu crème) (J. S.
EMPLATRE DE CERUSE
Céruse pulvérisée 500 grammes.
Huile d'olive 1000 —
Cire blanche lO'J —
Eau 1000 —
Opérer comme pour l'emplâtre simple. Il était prescrit autrefois, comme cicatrisant et siccatif, il est sans emploi aujourd'hui.
160 PLOMB (thérapeutique).
Acétates. On emploie en médecine deux acétates : l'acétate neutre, « cristaux de Saturne » (C^H^0^)4'b ; l'acétate tribasique, « extrait de saturne » (GHPO«)^Pb,5PbO.
Acétate nentre. Il se présente sous forme de prismes rhomboïdaux oblique?, h sommets dièdres; il est incolore, s'effleurità l'air, soluble dans l'eau, plus à chaud qu'à froid. On l'emploie pour l'usage interne et pour l'usage externe.
Usage interne. A hautes doses, c'est un poison irritant; à petites doses, et si l'on n'en continue pas trop longtemps l'administration, il agit comme astringent énergique, antisudorifique et hémostatique.
Gomme astringent, on l'a donné avec avantage dans les diarrhées à forme tenace, surtout dans celles liées à un ulcère chronique. Associé à l'opium, c'est un excellent médicament pour arrêter les diarrhées profuses de la tuberculose intestinale. Il agirait dans ce cas, comme nous l'avons déjà dit, à l'mstar de couche protectrice, formée sur l'ulcération à la faveur de l'albumine.
On l'a donné dans la broncliorrhée avec ou sans bronchectasie, où il a rendu quelques services, toutefois on ne devra l'employer que quand les autres moyens auront échoué.
Comme antisudorifique dans les sueurs profuses des maladies consomptives et dans les affections fébriles, j)ar exem^jle, la phthisie pulmonaire, ce serait d'après Laennec presque le seul moyen à opposer. De nos jours nous possédons mieux. On pourra y avoir recours lorsque toute autre médication aura échoué. Dans le cas d'œdème pulmonaire avec hydropisie générale d'origine brightique l'acétate de plomb a aussi donné quelques résultats entre les mains de Traube.
Comme anliphoïgistique, Strohl s'en est servi contre la pneianoûie, mais les résultats de son expérimentation, trop peu multipliée, sont peu concluants. Leudet a demandé à ce médicament son action contre la pneumonie, et son essai a été favorable. D'autres auteurs le recommandent aussi dans la pneumonie, lorsqu'il y a tendance à l'œdème pulmonaire, ou bien que l'affection prend la forme hémorrhagique. Munk l'a utilisé à doses massives dans le rhumatisme articulaire aigu sans en tirer de grands avantages. ïraiibe à combattu avec ce sel la gangrène pulmonaire.
Comme hémostatique il rend certains services dans les cas d'hémorrliagies pulmonaires d'une intensité moyenne, ou bien de petites hémorrhagies dont la durée est longue. On l'associe généralement à la morphine, qui, calmant la toux, aide le médicament styptique à agir. Dans ces cas, on le donne à la dose de 5 centigrammes toutes les heures. On aura à faire toujours attention à l'intoxication possible et aux troubles digestifs. On l'a employé encore contre rhémorrhagie intestinale et stomacale, dans l'épilepsie, les névralgies, les affections du cœur, les anévrysmes des grosses artères.
C'est un méJicament, en résumé, sur lequel on ne doit pas compter. De plus, il est dangereux ou l'intoxication possible. On peut cependant, sinon écarter celte dernière complication, du moins la retarder par l'association du sel de plomb A l'opium.
Usage externe. A l'extérieur il est assez employé, on lui préfère l' acétate basique. Il agit comme astringent, résolutif et antiparasiticide.
Préparation. Doses. On le donne à l'intérieur sous forme de :
Pilules. Poudre. Solution, à la dose de 0,05 centigrammes jusqu'à 40 et 80 centigrammes par jour; cette dernière dose est un peu élevée.
PLOMB (thérapeutique). ■l(il
En lavements (Devergle-Barlhez). On doit autant que possible l'associera l'opium.
Les emplois pour V usage externe se font sous forme de solution, collyres, pommade, injection. Les doses sont :
Pour une s-olulion do 1 à 10 pour 100.
— injection 2à4 —
— une pouimufii.' 1 à 10 —
— collyre 0,f5 à 0,10 —
en poudre comme topique oculaire à la dose de 7 centigrammes.
Acétate tribasiqne. Sous-acétate de plomb. Extrait de salurne. C'est un sel blanc cristallisé en lames opaques, on ne l'emploie guère qu'à l'état de dissolution. On le prépare comme suit :
Acélate de plomb cristallisé 30 parties.
Litharge 10 —
Eau distillée 80 —
on fait bouillir jusqu'à ce que la litharge soit dissoute et que le liquide marque 1,52 au densimèlre; on filtre et on conserve pour l'usage.
On peut le préparer à froid, dans ce cas on réduit la quantité d'eau à 60 parties. Ce sel semble être un mélange d'acétate neutre et d'acélale bibasique de plomb.
11 est employé exclusivement à l'extérieur. 11 agit alors comme astiingent, résolutif, d'où t>on emploi si fréquent dans les inllamniations érysipélateuses, dans les briilures, les contusions, les entorses, les blennorrhagies, les leucorrhées, l'eczéma, l'érysipèle. C'est un remède populaire.
Préparations et doses.
On l'emploie le plus souvent étendu d'eau ordinaire qui précipite le plomb à l'état de carbonate blanc, d'où son nom d'eaw blanche, ou de lotion à l'acétate de plomb, ainsi préparée :
Sous-acétate de ploml) 20 grammes.
Eau commune 940 —
Agitez.
On utilise aussi une lotion, dite de Goulard, ou eau végélo-minérale préparée avec :
Sous-acélate do plomb liquide 20 grammes.
Alcoolat vulnéraire 80 —
Eau commune 900 —
En pommade : 1 partie pour lOd'axonge; en cérat (dit de Goulard) : 1 partie pour 9 de cérat ; en injection astringente, 5 grammes pour 500 d'eau ; en collyres à la dose de 1 pour 100. Les collyres sont dans ce cas fort désavantageux et doivent être rejetés, car ils arrêtent (dans le cas d'ulcères de la cornée) la sécrétion et laissent déposer du carbonate de plomb qui s'incruste et laisse des opacités.
Taisnate de plomb. Sel blanc pulvérulent, à peine soluble dans l'eau. On l'obtient en précipitant par le tannin une solution d'acétate neutre de plomb, on lave, on filtre et on sèche dans un courant d'air sec.
On l'a conseillé (Authenrieth et Tott) comme pansements des ulcérations résultant d'un décubitus dorsal prolongé. On l'emploie soit en nature, soit en poni- DICT. ENC. 2" s. XXVJ. 11