‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.78Chapitre 9 sur 59 · PLOMB (TOXICOLOGIE · texte numérisé non relu

PLOMB (TOXICOLOGIE

made. On l'a recommandé contre les tumeurs blanches, contre les excoriations, associé à la glycérine.

AzoTATii DE PLOMB. Il n'a guère été employé que comme désinfectant. Il agit en s'eniparant de l'hydrogène sulfuré pour former du sulfure plombique. On le prescrit en solution :

Azotate de plomb 100 grammes.

' Eau distillée 1000 —

OU en poudre (Bertet) contre l'ongle incarné.

loDURE DE PLOMB. Il se présente sous forme de poudre jaune orangé vif, peu soluble à froid, un peu plus soluble à chaud; on le trouve aussi sous forme de paillettes hexagonales, minces; on l'a employé à l'intérieur sans succès dans les affections strumeuses, on l'a donné sous forme de pillules de 5 à 50 centigrammes que l'on augmente graduellement, il agit aussi comme poudre inerte.

Plus fréquemment employé à l'extérieur, il semble participer des propriétés de l'iode et du plomb. Il est considéré comme résolutif. Son action est faible et même contestée. Associé seulement à l'axonge, il est sans effets. 11 est nécessaire de le mêler avec un peu d'iodure de potassium qui forme un composé soluble facilement décomposé par les acides les plus faibles, qui éliminent l'iode partiellement et permettent son absorption.

On ne le prescrit guèie que sous forme de pommade à la dose de 4 à 5 grammes pour 50 grammes d'axonge avec 1 ou 2 grammes d'iodure de potassium. L'enroulement de la partie pourvue de pommade dans de la ouate permet à l'absorption de se faire légèrement.

Enfin il n'est pas jusqu'au métal lui-même qui n'ait été employé sous forme de lames minces pour recouvrir et comprimer les vieux ulcères des jambes.

En terminant nous dirons que pour l'usage externe seulement le plomb rendra quelques services. 11 expose trop à des dangers quand on l'emploie à l'intérieur.

§ III. Toxicologie. En tant que métal, le plomb aurait peu d'action sur l'organisme, s'il ne tendait pas à s'altérer si facilement au contact des liquides qui y sont contenus, surtout de ceiax qui sont acides. Dans ce cas les sels plorabiques formés sont fort dangereux et causent des empoisonnements.

Les composés du plomb sont rarement employés dans un but criminel, et cela pour deux raisons : la première, c'est qu'ils sont doués d'une saveur désagréable et sucrée; la seconde, c'est qu'il est nécessaire d'en faire absorber une grande quantité pour obtenir des effets toxiques aigus. C'est presque toujours à une intoxication chronique que l'on a affaire. Toutefois le cas d'intoxication aigûe peut se montrer, soit qu'il y ait crime, soit que des aliments aient été adultérés par ce métal ou ses composés. La litharge mêlée aux vins et aux cidres pour en corriger l'acidité, le minium employé dans le même but, les vernis plombifères des poteries vernissées, les tuyaux de conduite d'eau en plomb, sont autant de causes d'empoisonnement possible. Ainsi, quelles qu'elles soient, solubles ou insolubles, toutes les préparations plombiques sont toxiques.

Comme nous l'avons déjà dit, l'empoisonnement est aigu ou chronique.

1" Aigu. Le premier symptôme perçu se passe du côté de la bouche; l'ingestion du poison produit une saveur douceâtre, sucrée, et malgré cela un peu

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âpre. Peu après surviennent de violentes douleurs intestinales, d'abord remittentes pviis, continues avec rétractation des parois abdominales. Une fortes pression exercée sur le ventre calme un peu la douleur. Des vomissements se montrent quelquefois, la constipation est opiniâtre. Le pouls est dur, lent, il y a avec cela une agitation et une anxiété extrêmes. La peau se refroidit, les lèvres deviennent livides, l'haleine est fétide. A ces piiénomènes succèdent bientôt des accidents plus graves, caractérisés par de vives douleurs dans les membres, redoublant avec les accès de colique ; la pression exercée sur les masses musculaires les fait diminuer. A mesure que le poison s'introduit plus avant dans l'organisme, apparaissent la paralysie des extenseurs, l'anestbésie, le délire, le coma, des convulsions, l'abolition d'un ou plusieurs sens, et la mort vient au bout de deux ou cinq jours clore celte pénible situation dans un coma profond.

2o Chronique. Nous énumércrons rapidement les principaux symptômes que l'on rencontre, ne voulant pas empiéter sur l'article Colique de plomb. Chez l'intoxiqué, soit par absorption directe de composés plombiques en petite quantité, médicaments, par exemple, soit par absorption lente en maniant des sels de plomb, le premier symptôme que l'on constate est une saveur métallique désagréable et persistante. Les gencives sont bleuâtres, tuméfiées, le rebord alvéolaire prend une teinte ardoisée caractéristique (liséré saturnin) due, soit aux poussières métalliques, soit à l'élimination du plomb. L'haleine est fétide. 11 y a de l'anorexie, de la salivation continuelle. Le malade est pâle, amaigri, sa peau prend une teinte jaune terreuse et devient sèche, il est alors en pleine cachexie saturnine. Peu après, l'économie étant fortement atteinte, apparaissent de nouveaux symptômes, à savoir : une constipation opiniâtre, absolue, accompagnée de coliques violentes continues, s'exaspérant par accès, et occupant tantôt un point, le voisinage de l'ombilic, par exemple, tantôt tout le ventre; ce dernier est dur, contracté. Les coliques sont souvent si violentes que le patient est pour ainsi dire à la torture et qu'il prend les positions les plus extravagantes pour calmer ses douleurs, qu'une forte pression parvient quelquefois à atténuer : pour les uns, ces coliques seraient dues aux spasmes douloureux des muscles de l'abdomen; pour les autres, à de la névralgie du plexus lombaire. Ces accidents s'accompagnent de vomissements fréquents, de troubles dyspeptiques, de perte de l'appétit. Les urines sont rares et la constipation devient tout à fait impossible à vaincre. L'apyrexie est cependant complète, le pouls est dur et ralenti.

Plus tard surviennent des troubles du système nerveux, aneslhésie, analo-ésie, hyperesthésie, arthralgie, myalgie. Peu après apparaissent des troubles de la motilité, caractérisés par du tremblement des mains et par une paralysie particulière aux extenseurs des mains et des pieds (paralysie saturnine), paralysie s'accompagnant souvent de nodosités sur la face dorsale du poi^^net. Comme accidents terminaux, nous citerons l'encéphalopathie saturnine à forme délirante ou comateuse et les nécroses (phénomènes rares). On peut trouver quelques accidents rénaux et pulmonaires.

Lésions cadavériques. Elles sont en raison directe de la quantité de poison absorbé, ceci est dit pour l'empoisonnement aigu. Le canal intestinal est le plus souvent le siège d'une violente inflammation, d'érosions. Orfila donne comme phénomène constant dans le cas du plomb agissant comme toxique l'existence de points blancs occupant la muqueuse stomacale, tantôt dans le

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sens de la longueur, lanlùt disséminés. Ces points sont composés de malières oiganiijues et de sel plombique adiiérents à la muqueuse. Ils ne se retrouvent plus, lorsque l'empoisonnement date d'un certain nombre de jours, une quinzaine environ. Telles sont à peu près les seules lésions que l'on trouve. Si l'on a affaire à une intoxication lente, on trouve un rétrécissement du canal intestinal et les altérations rénales spéciales à la maladie de Driglit.

Conduite à tenir. Vider le plus rafiidement possible l'estomac soit avec la pompe gastrique, soit avec des vomitifs végétaux, les minéraux ayant tendance à faciliter l'absorption des composés plombiques. On donnera du lait et de l'eau albumineuse en grande quantité; on a conseillé comme antidote le sulfate de soude ou de potasse, qui forme avec les sels de plomb du sulfate de plund) insoluble. Quant au traitement à opposer à l'empoisonnement cbronique, on le tiouve longuement indiqué dans les traités de patUologie interne.

Recherche du plomb. Les sels de plomb introduits dans l'organisme forment avec les sucs digestifs et avec les divers liquides de l'organisme des composés insolubles; ce serait sous forme de cliloro-albuminate que ces sels passeraient dans le sang pour ensuite se répandre rapidement dans les organes, dans lesquels ils restent fixés. Les cellules qui ont accaparé le plomb se débarrassent letilement, aussi retrouve-l-on facilement ces composés dans les poumons, le Ibie, les reins, les muscles et les os. Le foie et les os sembleraient avoir une allinité particulière pour ce toxique. Étant donné celte localisation, on choisira ces organes de préférence et, comme les composés que forme le plomb ne sont pas volatils, on incinérera ces viscères.

Les matières suspectes coupées en morceaux sont chauffées avec un mélange de deux parties d'acide sulfiirique et d'une partie d'acide azotique. Le plomb reste dans le résidu charbonneux à l'état de sulfate de plomb. On broie le résidu et on le traite par une solution d'acide tarlrique qui s'empare du sullale de plomb. On fait passeï- un courant d'hydrogène sulfuré dans la solution, il se forme du suUure de plomb, on dissout ce dernier dans l'acide azotique, on a ainsi un azotate soluble, sur lequel on fait les réactions du plomb (Rabuleau).

On peut encore incinérer directement sans l'intervention d'acides les matières organiques supposées renlermer du plomb. On reprend le charbon par l'acide azotique pour obtenir un sel soluble.

Dans l'incinération par l'acide sulfurique, le plomb étant insoluble, on peut le di^soudre en lavant et broyant le résidu charbonneux avec de l'acétate d'ammoniaque, qui dissout le plomb suli'até très-facilement, on pourra aussi dans le même cas transformer par réduction le sulfate en sullure et décomposer le sullure formé par l'acide azotique.

Eulin on emploiera avec quelques avantages le procédé au chlorate de potasse et à l'acide chlorhydrique. Le plomb et ses sels seront dissous et, comme la liqueur est fort acide, le chlorure de plomb formé restera dissous; on fiiirera bouillant, et par refroidissement et en étendant d'eau le filtratum laissera déposer du chlorure de plomb d'aspect cristallin. Comme il peut rester du plomb sur le filtre au milieu des matières non attaquées, on traitera ces dernières par de l'azotate d'ammoniaque et l'on fera déflagrer : il se formera de l'azotate de plomb soluble et quelquefois de l'azotite de plomb également soluble.

Une fois le plomb ou ses sels insolubles retirés et transformés en sels solubles

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on procédera aux réactions spéciali3S qui permettront de reconnaître ce métal. Ces réactions sont les suivantes :

Avec llujdrocjène sulfuré, un courant de ce gaz dans une solution plombique donne un précipité noir de sulfure de plomb, insoluble dans l'ammoniaque, le carbonate d'ammoniaque, le sulfnre d'ammonium et les sulfures alcalins, peu soluble dans l'acide clilorhydrique, particulièrement dissous par l'acide azotique bouillant, qui transforme en sulfate la partie qu'il ne dissout pas à l'état d'azotate. Ce sulfate est séparé par décantation, il est soluble dans la potasse, l'acide cblorhydrique bouillant et le tartrate acide d'ammoniaque.

On doit, dans l'emploi du courant d'iiydrogène sulfure, sursaturer de gaz le

liquide.

Avec V acide sulfuriqueet les sulfates sohibles il se forme un précipité blanc, lourd, soluble dans la potasse et l'acétate d'anmioniaque.

Avec Vacide chlonjdriqiie et les chlorures solubles on obtient dans les solutions pas trop diluées et froides, un précipité blanc insoluble dans l'ammoniaque et ne noircissant ni par la lumière (cas du cblorure d'argent) ni par l'ammoniaque (cas du calomel). Ce précipité est soluble dans l'acide cblorbydrique bouillant, qui l'abandonne après refroidissement ou par dilution, sous forme de paillettes. 11 est soluble aussi dans l'cnu bouillautc.

Avec Its phosphates alcalins et les carbonates alcalins il se produit un précipité blanc soluble dans la potasse, la soude et l'acide azotique.

Avec la potasse et la soude on voit se former un précipité blanc qui se redissout dans un excès de réactif.

Avec le chromate de potassium on fait apparaître un magnifique précipité jaune fort employé dans l'industrie sous des noms divers : jaune de chrome, jaune orange, etc., etc. Ce précipité est soluble dans la potasse.

Avec Viodure de potassium on aura un précipité jaune, soluble dans l'eau bouillante et se précipitant par refroidissement sous forme de paillettes jaune d'or éclatant.

Une lame de zinc plongée dans une solution d'un sel plombique se recouvre d'abord de plomb noir pulvérulent, puis de paillettes de ce métal.

Vient-on à chauffer soit le chlorure, soit le sulfure, avec du carbonate de soude et du cyanure de potassium, dans la flamme interne du chalumeau, ou obtient des globules de plomb métallique entourés d'une auréole d'oxyde jaune brun passant au jaune clair par le refroidissement.

Telles sont les réactions que donneront les sels plombiques retirés des viscères d'un empoisonné.

Comme pièces à conviction, ou pourra montrer l'iodure en paillettes, le chlorure et mieux le globule ou les globules de plomb obtenus.

Gusserow isole par l'électrolyse le plomb à l'élat métallique. Pour cela il se sert du liquide obtenu par la réaction du chlorate et de l'acide cblorhydrique. Il le place dans un dialyseur et dans le vase extérieur on met de l'eau aiguisée d'acide sulfurique. Le pôle positif de l'élément de Gusserow communique avec le liquide du vase extérieur, le pôle négatif avec le liquide du dialyseur ; ces deux pôles sont terminés par une lame de platine. k\x bout de huit à quinze heures le platine se recouvre d'un enduit gris noir de plomb, que l'on peut rechercher par les procédés indiqués plus haut.

La forme sous laquelle le composé plombique a été introduit dans l'orga-

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nisme est difficile à établir. Si l'autopsie est faite peu après l'empoisonnement et que ce dernier ait causé rapidement la mort, on a, dans l'examen des viscères, quelque chance de trouver le sel qui a causé la mort; il en sera de même, si, après avoir isolé chimiquement le toxique, on trouve des acides qui n'existent pas dans l'économie, tels qu'acides azotique, iodhydrique, chromique, ce qui permettra d'établir que le plomb a été introduit sous forme d'azotate d'iodure ou dechromate. Si les recherches sont faites longtemps après le décès, ou bien si la terminaison fatale a été fort longue à venir, il est, pour ainsi dire, impossible d'établir sous quelle forme le composé métallique a été absorbé.

Quand on fait une expertise sur un cadavre exhumé, on doit tenir bonne note que les ornements funéraires peints en blanc renferment du plomb, enfin on devra faire attention que la cire rouge qui sert à sceller les bocaux oiî l'on place les viscères à examiner peut être colorée par un sel de plomb.

Quant à répondre à la question suivante : La quantité de plomb trouvée a-telle été suffisante pour déterminer la mort? on ne le pourra que par l'autopsie et l'examen approfondi des lésions cadavériques et en se souvenant qu'on a trouvé du plomb dans l'économie (plomb normal) ainsi réparti : foie, rate, 08'',0054 pour 1000 (Legrip), 1 milligramme dans le foie et o milligrammes dans la rate (Oidtmann).

Dosage du plomb. On le dose soit à l'état de sulfate, soit à l'état de sulfure.

A Vétat de sulfure. Le métal étant à l'état d'azotate ou de chlorure dans une solution peu acide, on le précipite à froid par un courant d'hydrogène sulfuré, et cela avec un excès d'hydrogène sulfure. On recueille le précipité et on s'assure si dans les eaux de lavage il ne reste plus de plomb, on réunit le tout sur un petit filtre et on pèse.

Il vaut mieux employer la voie sèche. Le précipité est détaché du filtre, placé dans un creuset de porcelaine avec un petit excès de soufre, on y ajoute le résidu de l'incinération du filtre, on chauffe au rouge en faisant arriver dans le creuset un courant d'hydrogène sec. Le résidu, qui est du sulfure de plbmb, renferme 86,61 pour 100 de plomb.

A l'état de sulfate. On transforme le sulfure en sulfate en chauffant avec de l'acide azotique concentré, on évapore à siccité en présence d'acide sulfurique pour chasser tout l'acide azotique. Le résidu renferme 608%519 pour 100 de plomb.

On emploie aussi le procédé suivant :

La solution azotique ou chlorhydrique concentrée est mêlée avec un léger excès d'acide sulfurique, et deux fois plus d'alcool que d'acide. On filtre après quelques heures, on lave le précipité à l'alcool, on brûle le filtre et on pèse. On peut aussi transformer le plomb en oxyde.

Comme ou a pu le voir par ce tracé rapide, l'intoxication par le plomb est rare et la recherche en est très-facile. Quant à la recherche du "plomb dans les eaux, les vins, les boissons, les ustensiles de ménage, etc., etc., elle se fait par des procédés analogues.

§ IV. Hygiène. Parmi les métaux usuels, le plomb est sans contredit un des plus employés, ou du moins celui avec lequel on est le plus souvent en contact. L'art, l'industrie, l'alimentation, les professions mêmes qui semblent ne

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pas devoir employer le plomb, ont à compter, au point de vue d'une intoxication possible, avec ce métal et ses nombreuses transformations. Cette possibilité d'absorption, à tous les moments de l'existence, d'un corps aussi dangereux, fait qu'il est nécessaire de bien établir, et les cas dans lesquels on peut en subir l'influence, et les règles d'hygiène qui mettront en garde contre cet ennemi aussi nuisible qu'inconnu. Nous ne retracerons pas les accidents du saturnisme professionnel, ni l'intoxication aiguë, nous étant assez étendu sur ce sujet à l'article Toxicologie, mais nous énumérerons les professions qui utilisent ce métal, et les nombreux composés qu'il forme. Nous rappellerons les divers actes de l'existence qui peuvent nous mettre en contact avec ce corps indispensable fort souvent. Nous nous bornerons toutefois aux faits généraux, car détailler nous mènerait trop loin et nous ferait sortir du cadre qui nous est tracé. Pour la commodité de notre description, nous prendrons le métal dans la mine, à sa sortie, et nous le suivrons jusqu'à ses dernières modifications, indiquant les métiers qui emploient telle ou telle modification, les accidents causés et les remèdes à y apporter.

Extraction du plomb. C'est principalement de la galène argentifère que l'on retire le plomb. Les principales opérations que nécessite son obtention sont :

L'extraction du minerai. Elle expose peu ou point les mineurs à des dangers.

Le triage. 11 n'offre que peu de danger, car les masses de galène laissent peu de poussières, et les soins les plus simples de pi'opreté, obvieront à tout accident.

Le bocardage. Cette manipulation, qui se fait généralement à sec, donne naissance à une grande quantité de poussières fort ténues qui s'introduisent dans les voies respiratoires et que l'ouvrier transporte facilement dans la bouche soit en prenant ses aliments, soit en portant ses mains à cet organe. Une ventilation énergique apportera un remède certain à ces inconvénients.

L'extraction proprement dite. Elle se fait par la méthode écossaise, qui consiste à mélanger le minerai bocardé et broyé avec le combustible, et à élever la température sous le vent d'une tuyère. Le soufre brûle en dégageant de l'acide sulfureux, et le plomb métallique se sépare. Ce procédé est on ne peut plus insalubre, car il expose non-seulement l'ouvrier aux émanations d'acide sulfureux, mais encore et principalement aux vapeurs plombiques qui se répandent dans l'atelier. 11 y a lieu de le rejeter, car c'est une source des plus certaines de cachexie saturnine.

L'extraction par précipitation. Elle se fait en traitant la galène par du fer, il se forme du sulfure de fer et le plomb reste libre. Avec un four bien construit et en faisant passer les vapeurs dans les cheminées d'appel, on évitera tout danger. On emploie généralement les méthodes suivantes :

Grillage et réaction. Dans ce mode d'obtention qui nécessite l'emploi d'un four à réverbère, les dangers sont fort atténués, il n'y a guère qu'au moment de la coulée du plomb que l'ouvrier est exposé aux vapeurs nocives, et dans le nettoyage des chambres de condensations, mais une ventilation énergique, et des précautions simples, telles que l'obturation de la bouche et du nez, et un lavage énergique, empêcheront toute intoxication.

Grillage et réduction. Les accidents sont nuls ou à peu près.

L'extraction du métal, en mettant de côté le procédé écossais qui tend à être

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abandonné, est peu dangereuse et devient inoffensive, si on astreint l'ouvrier aux règles d'hygiène qui sont formulées.

Confections dea objets en plomb. Le métal est généralement fondu à l'air libre, ce qui permet à une grande quantité de vapeurs saturnines de se dégager. Ces vapeurs sont dangereuses, aussi doit-on nmnir les chaudières débottés avec accès d'air facile et, pour éviter que les poussières emportées par la hotte viennent retomber sur le sol aux alentours de l'usine et tout contaminer, on interposera vers le milieu de la cheminée de tirage des chambres de condensation dans lesquelles on fera tomber une pluie acide.

Laminage, fabrication des feuilles de plomb. Cette industrie comporte quatre parties inégalement nuisibles : la fusion, le laminage, le roulage et le pliage.

La fusion est la plus nuisible des opérations : on évitera tout accident en employant les moyens énoncés ci-dessus.

Le laminage, le roulage, le pliage, causent des accidents par le contact cutané : les mains, en effet, en sueur, attaquent légèrement le plomb, et l'absorption se fait peu à peu; c'est une intoxication par contact. Le fait a été mis en lumière par certains auteurs et rejeté par d'autres.

Fabrication des tuyaux de plomb. Elle comprend la fusion et le coulage dans le moule. Ces opérations se faisaient autrefois à la main, ce qui était une source fréquente d'accidents. Depuis, grâce aux perfectionnements industriels, tout se fait dans le même appareil, fusion et coulage, dans des vases clos, et on a supprimé du coup la soudure.

Fonderie de plomb de chasse. On emploie toujours un plomb allié à de l'arsenic et à de l'antimoine dans les proportions de 0,5 à 0,8 pour 100 d'arsenic, et 4 à 6 pour 100 d'antimoine. L'addition d'arsenic est indispensable, c'est elle qui permet au métal de prendre la forme granulée. Il y a donc là une double intoxication possible. Les opérations que nécessite la préparation du plomb sont :

1" La fusion et Valliage. Le plomb étant en fusion, on le couvre d'une couche de suif pour empêcher l'oxydation et on ajoute de l'arsenic (sulfure). On brasse continuellement et on enlève les crasses à mesure qu'elles se forment. Les accidenis causés dans cesmanipulationsont été peu éludiés, il y a néanmoins des recommandations utiles à faire. On doit couvrir la chaudière à fusion d'une hotle tirant bien, avec chambre de condensation à pluie acide, et munir la chaudière d'un agitateur mécanique.

2" Le granulage. L'ancien procédé consistait à prendre le liquide en fusion avec des cuillers de fer et à le verser dans des passoires. Le plomb passait par les trous. Cette opération se faisait au sommet d'une tour très-élevée. L'absorption des vapeurs plombiques et arsenicales devait se faire très-facilement dans un espace si réduit. On a supprimé en partie ce procédé pour le remplacer par un moins dangereux. Le plomb fondu est versé dans un cylindre muni de trous sur ses parois et animé d'un mouvement de rotation très-rapide. Le plomb projeté contre les parois s'échappe par les trous et vient se solidifier dans une enveloppe extérieure en toile ; il est facile d'isoler l'appareil pour éloigner tout dangers. Toutefois un grand nombre d'industriels reprochent à ce procédé de donner des produits défectueux et recourent à l'ancienne méthode.

5° Lustrage. Empaquetage. Le lustrage se fait dans un tonneau rotateur avec de la plombagine ; il y a peu de crainte à avoir, si l'on veille à ce que le

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tonneau soil hermétiquement clos. L'empaquetage n'est justiciable que des soins ordinaires de propreté.

Fondeurs de caractères d'imprimerie. Les manipulations nécessaires pour fabriquer les caractères d'imprimerie sont :

La fusion au creuset, qui présente les mêmes inconvénients que nous avons décrits plus haut, et qui par suite demande les mêmes règles d'hygiène.

Le coulage. L'ouvrier tient d'une main le moule, et de l'autre, armée d'une petite cuiller de fer, il la plonge dans le métal fondu et verse dans le moule, et cela avec une rapidité excessive. Malgré cette rapidité, il est entièrement exposé aux vapeurs toxiques. Pour éviter ou diminuer les dangers, on ventilera énergiquement les locaux, et on munira l'ouvrier de gaze ou d'un linge qui lui couvrira la bouche et le nez, ces deux organes servant de voie d'introduction aux émanations toxiques. Ce moulage se fait aujourd'hui presque partout mécaniquement.

Vébardage et \e polissage des caractères donnent une grande quantité de poussières, cette partie de l'opération est nuisible : on ventilera énergiquemcnt les locaux et on tiendra la main à ce que les ouvriers se lavent énergiquemcnt et changent de vêtements en quittant l'atelier.

Les compositeurs et les imprimeurs devront s'astreindre à ces dernières mesures, car ils sont sans cesse en contact avec les poussières que les caractères laissent au fond des casses, et de plus ils éviteront avec soin de mettre à la bouche les caractères d'imprimerie, car l'absorption qui peut se faire par la bouche se joindrait à celle qui se fait par les voies respiratoires et de plus, en tenant ainsi les caractères, ils s'exposent à absorber en plus du cuivre et de l'antimoine, le caractère typographique étant composé de :

Piomb 67 parties.

Antimoine 25

Éiain 5

Cuivre 5

100 parties.

Vétamage a des inconvénients moins notables et réclame simplement de la propreté et des soins de ventilation.

Fabrication des composés plombiques. Les principaux composés plombiques que l'industrie emploie sont :

La céruse ou blanc de plomb, la litharge, le massicot, le minium, la mine orange, le chromate de plomb.

Céruse. La fabrication et les manipulations qu'on lui fait subir sont assurément la cause des intoxications les plus fréquentes, aussi a-t-on porté, autant que faire s'est pu, des améliorations dans sa fabrication. Quant à supprimer complètement l'emploi de ce corps, les comités consultatifs n'ont pas conclu encore dans cet ordre d'idées.

On distingue les méthodes de préparation suivantes : Hollandaise, Allemande, Anglaise, Française ; nous ne décrirons pas ces procédés un par un, mais nous indiquerons en général ce qui se passe dans les réactions et les diverses opérations nécessitées.

Dans les deux premières méthodes, le plomb sous forme de lame, est soumis à l'action simultanée de l'acide acétique, qui forme à la surface du métal une couche d'acétate basique de plomb, et de l'acide carbonique de l'air, qui transforme l'acétate en carbonate de plomb; les réactions sont aidées par la cha-

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leur, l'humidité et l'accès de l'air. Le procédé Hollandais emploie du fumier dans lequel se trouvent placés les pots renfermant des lames. La méthode allemande se sert de chambres dans lesquelles le plomb est mis en contact avec l'air, de la vapeur d'eau, de l'acide carbonique et du vinaigre.

Au bout d'un mois et demi à deux mois les lames sont recouvertes de carbonate de plomb. Pour le recueillir on procède à l'épluchage, qui consiste à faire tomber par le raclage et le frappage les écailles de carbonate, et au décapage, qui n'est qu'un raclage plus énergique. Dans ces deux opérations l'homme qui travaille est en contact incessant avec la poudre de céruse et s'intoxique rapidement.

Dans les deux autres méthodes on dissout la lilharge soit dans du vinaigre de bois (procédé français), soit dans une solution d'acétate neutre de plomb (procédé anglais), et on fait passer dans les solutions un courant d'acide carbonique. De ce fait on supprime le battage et le raclage.

La céruse une fois obtenue ainsi, c'est-à-dire brute, subit diverses manipula, tions fort dangereuses et qui demandent à èlre rigoureusement surveillées. On la soumet au broyage avec de l'eau entre des meules, la pâte est livrée à la dessiccation dans une étuve, puis on passe à la pulvérisation qui détruit les masses résultant de la pâte sèche; la poudre subit un blutage et après on la moule sous forme de pains ou bien on fait V embarrillage tel que.

On voit facilement par cet énuméré rapide que depuis le premier moment jusqu'au dernier l'ouvrier se trouve exposé entièrement et continuellement aux poussières éminemment toxiques du composé métallique et que fatalement il paiera son tribut à l'intoxication chronique, pour terminer en cachectique.

Pour obvier à ces dangers terribles et qui compromettent de nombreuses existences, la commission, composée des comités des arts et manufactures et d'hygiène publique, ayant Tardieu pour rapporteur, conclut qu'il importait d'assurer à tous les ouvriers que cette fabrication emploie les bienfaits des perfectionnements réalisés.

Dans un rapport lu à l'Académie des sciences (19 décembre 1849) on a conseillé les précautions suivantes :

Substitution des procédés mécaniques au travail manuel.

Intervention de l'eau dans le criblage, Yépluchage, le battage et le raclage.

Le broyage à l'eau ou à l'huile dans des appareils clos.

La clôture dans des chambres isolées des ateliers de tous les mécanismes employés à la pulvérisation, au tamisage, au blutage.

On empêchera les poussières de sortir des appareils, au moment où on les ouvre, par des courants d'air énergiques dirigés vers l'intérieur des chambres, qui seront surmontées de cheminées d'appel ; les arbres de transmission, qui peuvent dans leur passage à travers les cloisons laisser des fentes, seront garnis d'anneaux élastiques. Enfin tout l'atelier sera énergiquement ventilé.

Malgré toutes ces précautions, les poussières de céruse s'échappent et voltigent un peu partout, elles recouvrent les objets environnants et les ouvriers, aussi devra-t-on astreindre ces derniers, de la façon la plus rigoureuse, aux mesures suivantes.

Les ouvriers auront pour le travail des vêtements spéciaux qu'ils endosseront en entrant à l'atelier et qu'ils abandonneront à leur sortie. Ils se muniront de gants pour éviter que les poussières s'introduisent par des fissures de la peau. Ils se protégeront contre les poussières qui pourraient entrer dans les voies

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respiratoires par des crarates de gaze humides placées devant le nez et la bouche, enfin les habits seront lavés le plus souvent possible.

On empêchera h la sortie des ateliers les ouvriers de s'en aller sans s'être énergiquement lavés.

On a conseillé à cet effet : les lavages avec des solutions sulfureuses, qui transforment le plomb en sulfure insoluble, mais qui ont l'inconvénient de fixer du sulfure dans les glandes sébacées et sudoripares, sulfure qui se désagrège facilement. Ce mode de lavage doit donc être rejeté.

Les ablutions à l'eau sulfurique présentent les mêmes inconvénients; il en est de même du savon et de l'acide acétique; ces deux derniers moyens facilitent l'absorption, surtout si l'épiderme n'est pas intact.

La douche et les lavages à grande eau rempliront très-utilement le but cherché, surtout si on joint à l'action de l'eau la friction énergique. L'ouvrier fera en outre usage d'une brosse à dents.

Sous aucun prétexte l'ouvrier ne devra manger ou boire dans l'atelier, pour ne pas permettre l'introduction avec les aliments de poussières plombiques. 11 évitera même, s'il le peut, de fumer, car en portant sa cigarette, son cigare ou sa pipe à la bouche, ou mieux dans l'action continuelle de porter et de retirer, il transporte le plus facilement possible le poison.

En dernier lieu on emploiera divers moyens prophylactiques, sortes de traitements internes, qui serviront d'antidotes.

On a conseillé de boire du lait pendant le travail, cène serait pas une bonne coutume, car non-seulement le lait ne jouit pas de la propriété d'être un antidote, mais encore son séjour dans l'atelier le transforme en véhicule actif du poison (Poincarré). On emploiera avec avantage de l'iodure de potassium, environ 1 gramme d'une façon intermittente ; ce médicament donnera un composé de plomb insoluble et favorisera l'élimination du poison par les urines. On empêchera, si faire se peut, l'ouvrier de se nourrir d'aliment salés et vinaigrés, ces corps rendant le plomb plus soluble et plus assimilable. On fera procéder à des visites médicales hebdomadaires, et tout ouvrier atteint sera éloigné momentanément et, s'il y a récidive d'empoisonnement, on le contraindra à abandonner sa profession.

En dernier lieu on arrosera à la pompe à jet puissant les murs, les poutres, tout l'atelier, pour débarrasser les parois des poussières qui s'y fixent.

Litharge. C'est un protoxyde de plomb fondu et cristallisé. On le prépare parla fusion du massicot, d'oii quantité de vapeurs plombiques émises et nécessité de s'en garantir. On l'obtient le plus souvent comme produit métallurgique, lors de l'extraction par coupellation de l'argent du plomb riche. On opère dans des fours à réverbère. La litharge en fusion s'écoule au dehors par des rainures et, se refroidissant à l'air, émet des vapeurs nocives qu'un tirage énergique supprimera.

Massicot. On l'obtient par fusion directe du plomb à l'air, mais en élevant peu la température ; le massicot obtenu est soumis au broyage, tamisage, lavage et séchage à l'étuve. On opère comme dans l'obtention de la céruse : aussi doit-on s'en rapporter pour les accidents possibles, les mesures à prendre, à ce qui a été dit au blanc de plornb.

Minium. C'est une combinaison de protoxyde et de peroxyde de plomb. On le prépare en chauffant à l'air du protoxyde de plomb dans un fourneau à réverbère. Sur la sole du fourneau composée en briques on place le massicot que l'on

i72 PLOMB (hygiène).

fait lécher par la flamme venue du foyer, on agite continuellement le minium formé ou déformé. Ici seulement les dang(;rs commencent et sont de tous points semblables à ceux des deux composés précédents. On peut toutefois opérer par voie humide (procédé Burton) en chauffant du sulfate de plomb avec du salpêtre et du carbonate de soude, on lessive la masse, le minium reste et le sulfate et l'azotate de sodium se dissolvent. Après on procède comme pour le minium préparé par voie sèche, les deux procédés se valent.

La iniîie orange n'est que du carbonate de plomb grillé par une flamme oxydante et à une température inférieure au rouge. Mêmes accidents possibles que pour le minium.

Chromâtes de plomb. L'industrie fournit trois combinaisons de l'acide chromique et du plomb. Le chromate neutre de plomb (jaune de chrome), le chromale de plomb basique (rouge de chrome) et un mélange des deux précédents (orange de chrome). C'est presque toujours par voie humide que l'on prépare ces corps. Dans ce premier temps les accidents sont nuls, mais dans les manipulations consécutives l'action nocive des poussières entre en jeu et tous les symptômes du saturnisme peuvent se montrer, accompagnés des ulcéralions causées par la présence de l'acide chromique. On devra remplir exactement les prescriptions établies pour les autres sels plombiques.

Les arts emploient encore les acétates de plomb, l'azotate et le sulfate.

Nous allons passer rapidement en revue les professions qui utilisent tel ou tel composé :

Céruse. On consomme par an une moyenne de 8 à 10 millions de kilogrammes de blanc de plomb. Les professions qui emploient ce composé ou qui le manipulent sont :

1° Fabricants de céruse. Absorption de poussières.

2° Vitriers. Absorption de poussières et transport à la bouche du mastic.

3° Peintres en bâtiments et en voitures. Absorption par défaut de propreté par la voie buccale et inhalation de poussières.

4° Broyeurs de couleurs. Vivent au milieu des poussières plombiques.

5° Fabricants d' acétates de plomb. Partant du carbonate de plomb pour préparer ces sels, ils absorbent du blanc de plomb par la voie bronchique

6" Fabricants de vernis. Comme dans le cas précédent.

7" Coloristes. Enlumineurs. Éventaillistes. Emploient la gouache et surtout le blanc, qui n'est que de la céruse délayée dans de l'eau gommée; l'intoxication provient de la mauvaise habitude qu'ils ont de porter à la bouche les pinceaux imprégnés de cette substance.

8" Fabricants de papiers peints. Absorption de poussières par la voie bronchique.

9'^ Fabricants de cartes glacées. Cette fabrication comprend trois opérations : fonçage, satinage et polissage, qui forcent l'ouvrier à rester couché sur son travail et à inhaler une grande quantité de poussières plombiques.

10» Doreurs sur bois. Appliquent sur le bois avant de poser les feuilles d'or un vernis composé de céruse et de litharge que l'on détrempe dans de l'huile de lin.

11° Obtention sur noir de dessins de broderies blancs. L'ouvrier avec une ponce passe de la poudre de céruse mêlée à des matières résineuses au travers des trous d'un papier représentant le dessin. Il promène fort longtemps son tampon, absorbant ainsi une grande quantité de poussières. Il en sera de même

1>L0M13 (iiygiîine). 175

tics prcpai-alions de denlelles, dites applicalious de Bruxelles, qui sont blanchies

à la céruse.

12» Chauffeurs. Mécaniciens. Gazistes. Ils emploient en quantité un mastic de céruse pour parfaire les joints.

15" Tissage du colon. On ajoute de la céruse pour augmenter le poids, d'où absorption de poussières.

ii" Usage de vieux bois peints en blanc.

15" Vitrification des étiquettes au blanc de plomb.

16" Fabricants de verre de mousseline.

17" Parfumeurs qui fabriquent les fards.

18" Potiers. Porcelainiers.

Ces cinq derniers métiers manipulant continuellement le carbonate de plomb sont toujours soumis à l'inlluence des poussières.

Minium. Le minium est fort employé et de nombreuses professions l'utilisent. Les principales sont :

1" Les broijeurs de couleurs. Absorption de poussières.

2" Les émailleurs. Qui font entrer du minium dans leurs émaux : absorption de poussières.

0° Fabricants de minium. Absorption de poussières.

4" Ouvriers préparant le cristal ou l'utilisant en poudre. Il renferme du minium, et par conséquent inhalation toxique.

5" Les peintres en général.

Massicot. Il a peu d'emploi industriel, il sert de matière première à la préparation d'une série de sels plombiques. Aussi est-il rangé comme les sels qu'il fouinit comme agissant par inhalation.

Litharge. l)'un emploi plus fréquent; beaucoup d'industries se trouvent en contact avec ce corps; nous noterons les plus exjiosécs en les citant, tontes absorbant le composé toxique par inhalation :

Doreurs sur laque, fabricants de cuirs vernis, fiibricanls de litharge, fabricants de toiles cirées, fabricants de sous-acétate de plomb, émailleurs, potiers.

Les autres composés plombiques utilisés sont :

La mine orange par les peintres, par les fabricants de crayons colorés.

Le chromate de plomb. Fabricants de papiers peints, fabricants de mèches à briquets, fabricants do tôles émaillées, fabricants de couleurs, peintres.

Les acétates de plomb. Par les fabricants de céruse, les indienneurs, teinturiers, les droguistes, fabricants de papiers moirés.

Le nitrate de plomb. Fabricants de braises chimiques.

Voies d'introduction du plomb. Le plomb peut entrer dans l'économie par plusieurs voies. Par ordre de fréquence nous trouvons :

1" Les voies aériennes;

2" Le tube digestif;

5" Les muqueuses ;

¥ La peau ;

5" Les plaies ou solutions de continuité de la peau et des muqueuses.

La pénétration du plomb par les voies aériennes a donné lieu à de nombreuses discussions. Ce mode d'introduction a eu ses adeptes et ses détracteurs; Tanquerel des Planches, en introduisant des sels de plomb par la canule de chiens trachéotomisés, et en enfermant des chiens dans des cages récemment peintes à la céruse, et dont ils ne pouvaient lécher les parois, a établi d'une

174 PLOMi} (hygiène).

manière fort évidente la façon dont le poison entre par les voies respiratoires. Du reste, il suffit de s'en rapporter au tableau précédent, pour lequel nous avons fait de larges emprunts au travail de M. le professeur Layet, pour voir que la muqueuse respiratoire est la perle d'entrée la plus fréquente ; tous les métiers usant du plomb ou de ses composés, étant continuellement en contact avec les poussières nocives, ne sauraient écliapper malgré les soins de propreté excessifs à l'action malfaisante de ce métal. Souvent, malgré le contact continu des composés plombiques, il n'y a pas d'accidents, îl y a alors une sorte d'immunité, mais qui n'est pas durable, car on voit tout à coup paraître le cortège des accidents de l'inloxicatiou lente. L'absorption par les voies aériennes n'est pas niable, nous donnerons comme dernières preuves les cas suivants : des individus contractant la colique de plomb pour avoir couché dans des appartements fraîchement peints, des ouvriers peignant dans des appartements chauffés (Grisolle).

Après les voies aériennes nous avons les voies digestives, et tout le monde est d'accord sur ce mode d'absorption.

Elle est nettement établie par des cas fort nombreux, à savoir : les intoxications produites chez des gens qui avaient bu de l'eau ayant séjourné dans des vases de plomb en contact avec l'air, par l'absorption de vins ou de cidres rendus doucereux par l'addition de lilharge, par l'usage de bonbons colorés, par l'alimentation avec des mets préparés dans des vases en terre vernissée dont le vernis est un silicate plombique, enfin par l'administration de médicaments saturnins. Journellement, du reste, dans les usines où le plomb ou ses composés sont manipulés sur une vaste échelle on voit les ouvriers devenir malades parce que, en funiimt ou mangeant, ils transportent dans la bouche des particules du métal ou de ses composés. Nous ne nous étendrons pas plus longtemps sur ce fait qui est parfaitement établi. L'abus des boissons gazeuses dites eaux de seltz, très-souvent plombifères, l'usage de l'eau distillée dans des appareils étamés à l'étain plombifère, comme il arrive souvent en mer, l'usage des conserves enfermées dans des boîtes étamées avec de l'étain plombifère, le pain préparé avec des farines plombifères, ou cuit dans des fours chauffés avec du bois peint à la céruse, viandes ou aliments grillés sur des braises chimiques à base d'azotate de plomb, sont encore des causes d'introduction du plomb dans l'organisme.

Depuis longtemps on s'est occupé et préoccupé outre mesure de la question de distribution d'eau potable dans des conduites de plomb. Or il est absolument établi aujourd'hui, et pour nous c'est une question terminée, que, si l'eau pure aérée ou l'eau distillée attaque le plomb et en dissout une certaine quantité, il n'en est pas de même de l'eau ordinaire qui renferme des traces de sels calcaires ou de matières organiques.

L'absorption par les muqueuses serait démontrée, selon quelques auteurs, par le fait d'intoxication causée par l'absorption de collyres plombiques par la muqueuse oculo-palpébrale, ou bien d'injections saturnines par la muqueuse vaginale; le doute toutefois est permis. Le cas du peintre (cité par Proust) qui, ayant la coutume de garder dans la bouche du côté droit de petits copeaux récemment peints, vit sa langue et la face interne de la joue de ce côté présenter des troubles de la sensibilité générale, semble plus probant et établit nettement l'absorption par les muqueuses,

La peau saine est-elle une porte d'entrée ? Oui pour les uns, non pour les autres. Canuet est arrivé à intoxiquer des animaux en les plongeant dans des

PLOMBAGIN. 175

bains d'acétate de plomb. Tanquerel des'PIancIies, malgré de nombreuses expériences, n'est arrivé à aucun résultat probant. Manouvrier, au contraire, a présenté des faits nouveaux et en a réunis d'anciens qui prouvent l'absor^jtion locale et directe par la peau. Tels les accidents saturnins se montrant à l'avantbras droit seulement chez des peintres droitiers et à Tavant-bias gauche chez des peintres gauchers. Des piétineurs de céruse ont eu des troubles de sensibilité limités aux pieds, et des ouvriers ayant continuellement les mains en contact avec des cartes glacées ont eu des paralysies des muscles des éminences thénar et hypothénar. L'absorption semble donc établie (Proust).

Quant à lu pénétration du poison par les solutions de continuité de la peau et des muqueuses, nous l'avons décrite à l'article Thérapeutique du plomb, dans le passage relatif à l'action physiologique de ce médicament.

Une fois absorbées, les préparations saturnines demeurent quelquefois longtemps dans l'organisme sans agir. Le liséré gingival (de Burtou) est le premier symptôme. Puis l'accumulation se fait, et l'on retrouve ces composés dans les vehies mésaraïques et splénique (Tiedeman-Gmelin), dans le sang, l'urine, le foie, la rate, les reins (Orflla, Lasègue, Ausset [d'Alfort]). Le cerveau aussi renfermerait du plomb (Devergie, Personne, Empis, Vulpian, etc.), mais on est peu fixé sur le siège du toxique dans telle ou telle partie de l'encéphale.

Les portes de sortie du plomb doivent être aussi nettement connues, car il y a une indication précise à remi)lir, lorsqu'il faut priver l'économie de ce métal.

L'urine est un des grands émonctoires du plomb, c'est elle qui porte en grande partie au dehors ces composés nuisibles. La peau entre aussi pour une certaine part dans l'climination des sels de ce métal, ainsi que le prouve le sulfure de plomb qui recouvre la peau d'un saturnin à qui l'on a donné un bain sulfureux.

Parmi les accidents rares que peuvent encore présenter les saturnins, et cela en dehors des phénomènes classiques de l'intoxication lente, nous devons citer :

Une tumeur dorsale de la main se montrant chez les sujets atteints de paralysie des extenseurs (de Ilaën et Gubler).

L'albuminurie et le mal de Bright.

La goutte, qui, d'après Garrod, serait fréquente, car d'après cet auteur 30 pour 100 des goutteux auraient subi les influences nuisibles du plomb. Ces faits ne sont pas admis.

Les métrorrhagies fréquentes chez les ouvrières qui manient du plomb.

La prédisposition aux avortements, et, si i'avortemcnt n'a pas lieu, l'enfant vient à terme et naît chétif, malingre, et meurt souvent dans le premier âge.

Le prétendu antagonisme qui semblerait exister entre le saturnisme et la phthisie est contredit par les statistiques et n'est plus admis. Ch. Blarez.

PLOMB DES VIDAIV'GEIIRS. Voy. YiDAxNGES. PLOMBAGE DES DEKTS. Voy. Cap.ie et Dekts.

PLOMBAGiiK ou PEOUBagiive. Principe acre extrait de la racine de dentelaire {Plumbago europœa L.). On épuise cette racine par l'éther, on évapore et on traite le résidu par l'eau bouillante. La solution laisse déposer le plombagin qu'on purifie par cristallisation dans l'éther et dans l'alcool éthéré.

Le plombagin cristallise en aiguilles jaune orangé souvent groupées en

176 PLOMBIÈRES (Eaux minérales dk).

aigrelle. Sa saveur est d'abord slyplique et sucrée, puis acre et mordicanle. 11 est Irès-fusible et se volatilise en partie sans altération. C'est un corps neutre, à peine soluble dans l'eau froide, aisément soluble dans l'eau chaude, l'alcool et l'éther. Il se dissout à froid dans l'acide nitrique fumant et dans l'acide sulfurique concentré en leur communiquant une coloration jaune ; l'eau le précipite en llocons jaunes. Les alcalis colorent sa solution aqueuse en rouge cerise, les acides la ramènent au jaune. Avec l'acétate de plomb basique il donne un précipité cramoisi et les eaux-mères restent colorées en rouge. L, Hn.

PLOMBATES. Voy. Plomb.

PLOMBIÈRES (Eaux mlnérales de), Hijperthermales, niésothermales ou athermales, amétallites, non gazeuses. (Chemin de fer de l'Est, embranchement d'Épinal, Aillevillers et Plombières.) Chef-lieu de canton du département des Vosges, dans l'arrondissement et à 15 kilomètres de l^emireniont, au fond d'une vallée arrosée par l'Eau-Gronne, à 430 mètres au-dessus du niveau de la mer, entouré de hautes montagnes. La ville de Plombières, restaurée par Stanislas de Pologne, fondateur de son hôpital, a été embellie par Napoléon III, qui y fit plusieurs cures thermales.

La climatologie de Plombières est celle des pays de montagnes : la température du milieu du jour est élevée, tandis que les matinées et les soirées surtout sont fréquemment refroidies par un épais brouillard dont il faut éviter l'humidilé. Les vents habituels souillent de l'Ouest, de l'Est et du Nord-Ouest; ceux du Sud-Ouest y sont assez nires, mais, lorsqu'ils existent, c'est avec une violence annonçant les orages, qui, du reste, s'amoncellent sans danger pour celte localité placée au milieu de la chahie des Vosges. Les pluies, tombant souvent à Plombières, même en été, font de l'Eau-Gronne un petit torrent qui, après avoir serpenté autour de la promenade des Dames et traversé la ville, entre dans la belle vallée où il se jette dans la Semouse. La saison commence le 15 mai et finit le 15 septembre. Les établissements thermaux et les sources appartiennent à l'État, qui les a affermés. Ces sources se nomment : la source Bassompierre, la source Millier, la source des Dames, la source du Crucifix, la source des Capucins, la source Simon, la source de la route de Luxeuil, et la source Ferrugineuse.

l" Source Bassompierre. Son pavillon est dans la Grande-Rue, en face de la Maison des Dames. L'étuve Bassompierre, composée de deux pièces, est établie sur son griffon. On descend deux marches avant d'arriver à la porte de fer de l'antichambre servant de vestiaire, et deux autres marches pour atteindre l'aire de l'étuve. La température dans la pièce du vestiaire est de 26",5 centigrade. Une porte, où des ouvertures ont été pratiquées, donne sur l'étuve proprement dite. C'est par ces ouvertures que, de la première pièce, les malades passant leurs membres inférieurs ou supérieurs, prennent un bain local de vapeur d'eau minérale. Les bains généraux de vapeur sont administrés dans l'étuve même. La nappe d'eau est recouverte de pellicules. Cette eau est limpide cependant, inodore, incolore, et d'une saveur peu marquée. On doit la laisser se refroidir avant de la boire, et elle est plus légère à l'estomac que l'eau ordinaire chaulTée au même degré. Toutes les sources de Plombières ayant les mêmes propriétés physiques et chimiques, nous nous bornons à en indiquer la températui'e et la réaction. L'eau de la source Bassompierre rougit légèrement les préparations

PLOMBIÈRES (Eaux minérales de). 177

de tournesol, qui reprennent leur teinte primitive au contact de l'air; la température de l'étuve étant de 29^,5, celle de l'eau est de 65 degrés centigrade. La densité de l'eau de toutes les sources de Plombières est à peu près la même que celle de l'eau distillée. L'eau de la source Bassompierre sei t non-seulement a former les vapeurs de l'étuve : elle alimente aussi d'eau chaude les baignoires du bain Uomain. 100 grammes du gaz recueilli dans l'étuve ont fourni à Henry et Lheritier la composition suivante :

Azote 81,5

Oxygène 1<>,0

Acide carbonique 2,5

Total des gaz •....• 100,»

2" Source Millier. Les deux filets de cette source émergent dans une grotte creusée dans le rocher, fermée par une porte de fer cintrée. Elle est dans le faubourg d'Épinal, sous la côte du Chanot. Un captage demi-circulaire, parlant du milieu de la marche qui descend à l'intérieur, et joignant à gauche le fond de la grotte, renferme la nappe d'eau. Des suintements, dits Eau savonneuse de Millier, se forment à la voûte et tombent du côté opposé du bassin principal, dont ils ne partagent pas la destination. La voùlede la grotte est recouverte d'efflorescences en saillie, sur un fond blanc laiteux ou nacré. Les deux lilets viennent de la même nappe, qui occupe le fond d'une crevasse de 1"',10 de profondeur et de 90 centimètres de diamètre. Us se divisent à leur sortie et donnent un volume d'eau d'environ 2 centimètres d'épaisseur. Leur eau dépose, sur les parois les plus rugueuses de la grotte, une couche de matière gélatino-glaireuse, moins blanchâtre que la barégine, avec laquelle elle a cependant une analogie frappante. La température du filet principal, venant de la partie gauche de la fissure, est de 41 degrés centigrade. Celle du filet de droite, le plus rapproché de la porte, est de 53 degrés centigrade. L'eau savonneuse provenant des suintements de la voûte a 50 degrés centigrade. Toutes les eaux de la source Mûller rougissent à peine les préparations de tournesol, qui reprennent à l'air leur coloration primitive. L'eau du captage de cette source se rend dans un réservoir qui est sous la salle du rez-de-chaussée du bain des Dames, où elle se refroidit, et alimente les baignoires isolées et les douches du bain Romain.

S" Source des Dames. Son griffon est dans la salle du rez-de-chaussée au-dessus de la salle des femmes de l'hospice. Une ouverture circulaire, pratiquée dans le mur du fond de la pièce, à un angle de la salle, permet de distinguer la grotte de la source des Dames fermée par une plaque de tôle. Le bassin de captage est au milieu du couloir; il reçoit l'eau par un conduit creusé dans le roc et recouvert d'une couche de ciment. Ce bassin a 15 centimètres de diamètre et 25 centimètres de profondeur. L'eau de la source des Dames a une réaction presque neutre et, la température de la salle étant de 26 degrés centigrade, celle de l'eau est de 52 degrés. On en trouvera l'analyse avec celle de la source suivante.

4" Source du Crucifix. Le prétoire de cette source, dallé de marbre gris et blanc, a une longueur de 5 mètres, une profondeur de 2 mètres et une hauteur de 4"", 40. Une grille de fer bronzé et doré, que Stanislas fit placer en 1760, le sépare de la Grande-Rue et est scellée aux colonnes des arcades. Un tuyau de cuivre verse l'eau dans un bassin de marbre blanc d'Italie, au fond duquel on a ménagé plusieurs ouvertures. Le bassin de captage, fermé par une DICT. ENC. «' s. XXVI. 15

178 PLOMBIÈRES (Eaux minérales de).

plaque de tôle, est au fond du prétoire. L'eau de la source du Crucifix est presque exclusivement employée en boisson pendant le jour; elle se mêle pendant la nuit au réservoir de la source Mùller. La température de l'air étant de 21 degrés centigrade, celle de l'eau du Crucifix est de 47 degrés. Elle rougit légèrement les préparations de tournesol. Henry et Lheritier ont trouvé, en 1855, dans 1000 grammes de l'eau des Dames et du Crucifix, les principes suivants :

SOCnCE SOURCE

DES DAMES. DO CRnCIFIX.

Sulfate de soude 0,0820 0,0810

Acide silicique 0,0655 0,0680

Alumine 0,0100 0,0120

Silicate et carbonate de soude 0,0700 0,0434

— potasse. . . . 0,0040 0,0080

Carbonate de chau. j

— magnésie ) v,vo.yv/ ,

Lilbine silicatée Ir. tr.-sens. trac. sens.

Cblorurc de sodium |

— potassium j ' '

Arséniate de soude 0,0028 0,0024

Sesquioxyde de fer trac. sens. trac. sens.

lodure traces. traces.

Phosphate tr. tr.-sens. tr. tr.-sens.

Fluor ou lluate }

Acide borique ou borate \ ' ir. douteuses.

Matière organique azotée 0,0200 0.0-200

Total des maiièkes fixes. . . 0,5205 0,3208

5° Sotn'ce des Capucins. Une pyramide quadrangulairc de grès laisse monter l'eau de cette source par un canal de 15 centimètres de diamètre creusé à son milieu. Cette eau se rend aux piscines. Un vieux préjugé la fait employer par les femmes qui veulent être mères. Elles s'en servent en douches locales naturelles en s'asseyant pendant dix ou vingt minutes, quand la piscine est à sec, sur le trou du Capucin, préalablement recouvert d'une planche mobile, percée à son centre, pour que se produise l'effet attribué au bouillonnement de la source. 11 s'élève une fumée épaisse au-dessus de ce bassin dont l'eau a une réaction très-sensiblement acide. Sa température est de 45 degrés centigrade, l'air de la salle étant à 51 degrés. Un tuyau supplémentaire apporte l'eau thermale nécessaire à l'alimentation de la piscine tempérée des Capucins, depuis que l'eau de la source de ce nom n'est pas assez abondante pour la remplir seule. iNous en donnons l'analyse chimique avec celle de la source Ferrugineuse.

6° Source Sini07i. On trouve à l'entrée de Plombières une galerie souterraine qui conduit, en passant sous la route de Luxeuil, à droite de la route de Saint-Loup, au bassin voûté contenant le griffon de la source Simon. La réaction de celte eau est acide; sa température est de 51 degrés, celle de la galerie étant de 17 degrés centigrade. Quoiqu'elle soit moins chaude que l'eau de la source du Crucifix, dont elle rappelle la saveur, elle est facilement digérée et on pourrait aussi l'employer en boisson. Elle sert aux bains et aux douches du bain Tempéré et du bain National, dont elle alimente un des robinets. 11 serait à désirer que, ayant la température convenable pour les bains frais, elle fût conduite à des baignoires où les malades trouveraient de l'eau minérale à la chaleur native de la source. On n'en connaît pas l'analyse chimique exacte.

7" Soiirce de la route de Luxeuil, On descend un escalier de deux marches

PLOMBIERES (Eaux minérales de), 17;^

pour arriver au puits de captage. Cette eau vire à peine au rouge les préparations de tournesol; sa température est de 16 degrés, l'air extérieur mai quant 19» 5 centigrade. Elle se rend au bain Romain, où on l'emploie comme eau froide. %" Source Ferrugineuse. Son eau sort en un jet continu de 2 centimètres de diamètre, dans un bassin circulaire entouré d'une grille de fer ouvragé, au milieu delà promenade des Dames. Deux portes, l'une au nord, l'autre au midi, donnent accès à un escalier de douze marches de pierre, à double révolution, qui descend au prétoire dallé, au centre du(iuel se trouve le captage de cette source dont le point d'émergence est à S"", 20 en contre-bas du sol de la promenade. Une petite galerie souterraine, fermée par une grille de fer, aboutit» l'intérieur du prétoire, conduisant au puits de la source. La réaction est acide; cette eau est limpide, fraîche, elle a un goût d'encre très-prononcé. Son odeur indique sa composition ferrugineuse; elle n'est traversée par aucune bulle ffazeuse* elle laisse précipiter un dépôt rouillé, ocracé, assez abondant, surtout quand elle a été exposée à l'air pendant un temps assez long. Elle a élé découverte en 1759 par l'évêque de Soissons, comme l'indique une plaque de marbre qui surmonte la tablette où se posent les verres des buveurs. Elle est presque exclusivement employée à l'intérieur. Des tuyaux la font arriver en outre, ainsi que celle de la source des Dames, au prétoire de la buvette de la source du Ci-ucifix. La température de l'air extérieur étant à 16 degrés centigrade, celle de la source Ferrugineuse est de H degrés. L'analyse de l'eau des Capucins et de la source Ferrugineuse a été faite, en 1855, par Henry et Lheritier, qui ont trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :

SOUl;CE socncE

DES C.Vl'CCmS. FERIIUGINEUSE.

Acide silicique 0,0340 0,0480

Alumine O.OHO 0,0075

Carbonate, silicate et crénate de soude. traces. 0,0139

— potasse. ir. sens. traces.

Carbonate de chaux. ) ^^^^^

— magnésie )

Crénate alcalin et terreux » traces.

Sesquioxyde de fer traces. 0,013-2

T.itliinft silicatée traces. »

Clilorure de sodium 1

— calcium 0,0171 0,0045

— potassinm '

Sulfate de soude 0,0250 0,0123

Fluor et lilhine, traces. ?

Arséniate de soude 0,0020 0,0016

lodure ? ?

l'hosphate traces. «

Acide borique. . » »

Matière organique azotée 0,0100 traces.

Total des matières fixes.. . . 0,1141 0,1J45

Gaz acide carbonique libre » 0"',02D

Établissements. Sept bâtiments distincts contiennent les moyens balnéaires de Plombières. Ils sont connus sous les noms de hain des Dames, bain Romain, bain Tempéré, bain des Capucins, bain National, bain des Nouveaux Thermes^ et Etuves romaines.

1° Baiîn- des Dames. La maison du bain des Dames, sur la rive gauche de l'Eau- Gronne, a un sous-sol où se donnent les bains des malados o-ratuitement soignés à l'hôpital, et un étage unique où vont seuls les b.joneurs payants. Deux rues différentes conduisent à chacun de ces étages, qui (,nt leur

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enlvée séparée et n'ont aucune communication. Le rez-dc-chausséc se compose d'une buvette, de deux piscines autour desquelles sont disposées quatre baignoires isolées, de trois cabinets de douches, de deux vestiaires et d'un cliaulfoir. La buvette est en face de la porte d'entrée, et l'eau de la source des Dames, versée par un tuyau de plomb toujours ouvert, tombe dans une vasque de marbre. Les deux piscines sont installées au fond de la salle à gauche. Elles reçoivent l'eau thermale de la source des iJames et l'eau refroidie du réservoir établi sous le bain supérieur, qui contient les eaux de la source Mùller et celles de la source de la route de Luxeuil. Il y arrive également un filet d'eau douce naturelle athermale, donné par une source de la ville, connue sous le nom de source de Babel. L'eau de la piscine des femmes a une température de 53 degrés centigrade, celle de la piscine des hommes a 54 degrés centigrade. Le premier étage est de plain-pied avec la route de Luxeuil, qui y donne accès. La galerie, de chatiue côté de laquelle se trouvent les cabinets de bain, sert de salon d'attente. Les pièces du premier étage sont dallées de marbre et chauffées par l'eau du réservoir. Autour de la galerie s'ouvrent treize salles, de dimensions insuffisantes, éclairées par une fenêtre et garnies de baignoires de cuivre à deux robinets laissées à la disposition des baigneurs, et d'appareils de douches Tivoli. Les bains et les douches du premier étage sont alimentés par l'eau du réservoir établi sur le faîte du bâtiment et entretenu par une turbine.

2" Bain Bomain. Le bâtiment du bain Bomain, à 2 mètres environ du bain des Dames, en contre-bas du sol et auquel conduisent deux escaliers de pierre, est établi dans l'axe de la Grande-l\ue. Une galerie dallée de marbre du pays, éclairée et ventilée par sa partie supérieure, le traverse, conduisant aux vingtquatre cabinets qui y sont installés, douze de chaque côté. Chacun d'eux renferme une baignoire de cuivre et les appareils nécessaires pour l'administration des douches de toute forme et de tout volume. Quelques salles sont pourvues d'ajutages de douches écossaises. Les bains de cet établissement sont alimentés d'eau chaude par la source Bassompierre et les eaux réunies des sources qui se rendent au réservoir placé en avant sous les arcades du Crucifix. L'eau qui vient aux appareils de douches est amenée du réservoir du bain National par deux tuvaux de plomb. L'eau froide des robinets des baignoires et des douches e^t fournie par les fontaines publiques et, autant que possible, par l'eau refroidie de la source Muller. Nous donnons l'analyse de l'eau mélangée des diverses sources qui alimentent le bain Bomain en même temps que celle des sources qui se rendent au bain National.

5" Bain Tempéré. Son bâtiment est à 8 mètres de celui du bain Bomain. La pièce voûtée qui le compose est supportée par neuf colonnes de pierre, éclairée et ventilée par deux fenêtres. Huit baignoires de cuivre sont destinées aux femmes et huit autres aux hommes. Au milieu de la pièce ont été creusées quatre piscines circulaires, disposées de façon à avoir à leur centre une sorte d'îlot surmonté d'une vasque de marbre divisée en quatre compartiments, dans lesquels arrivent les eaux du jardin élevées par une turbine. Un tuyau de 5 centimètres de diamètre conduit ces eaux, d'une thermalité différente, à chacune des piscines, où, tempérées l'une par l'autre, elles donnent des bains qui ont de 52 à 55 degrés centigrade. Deux de ces piscines et deux vestiaires sont à l'usage des femmes; les hommes ont à leur disposition les deux autres piscines et trois estiaires. Quinze personnes peuvent se baigner en même temps dans chaque piscine. Une galerie avec balustrade de fer entoure cette salle qui sert de premier

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étage. Un escalier de dix-huit marches y conduit quand on n'y vient pas par la rue des Sibylles, avec laquelle elle est de plain-pied. Elle renferme treize compartiments clos par des portes de fer; sept ont une seule baignoire munie d'ajutages de douches. Le parquet de ces cabinets est formé de planches de chêne espacées pour laisser l'eau s'écouler. Ces compartiments n'ont pas de pièce d'entrée servant de vestiaire, et cependant ce sont les cabinets les mieux appropriés de cette station^ thermale. Les six derniers ont deux baignoires qui ne sont pourvues d'aucun appareil de douches. Le bain Tempéré est le plus fréquenté peut-être de tous ceux de Plombières, malgré l'insuffisance de ses piscines, qui n'ont chacune que 2'", 75 de diamètre et l'",5 de profondeur. Les malades y sont trop près les uns dos autres, aussi ne peuvent-ils guère y faire plus de mouvements que dans une baignoire. Il vaudrait mieux qu'il n'y eût qu'une piscine où les hommes et les femmes pourraient, à des heures différentes, se baigner plus à l'aise. Le réservoir alimenté par les eaux de la source Simon et du bain National fournit l'eau des piscines du bain Tempéré. La conduite du jardin du bain National amène l'eau hyperthermale; la source Simon, l'eau mésothermale. Le mélange de l'eau qui alimente le bain Romain et celui qui vient au bain Tempéré sont analyses au tableau qui suit le bain National.

¥ Bain des Capucins. On se rend de la salle du bain Tempéré à la salle des Capucins par un couloir aboutissant à un escalier de quatre marciies de pierre. Cette pièce est quadrilatérale, a un dôme en ogives à six pans ou arêtes vives, séparées par des sections de voûtes en creux, elle est éclairée et ventilée par sa partie supérieure au moyen de neuf fenêtres et d'un tuyau d'appel. Ses bas-côtés, dallés de pierre, conduisent à deux vestiaires, un pour chaque sexe, situés en face de la pyramide du Trou-du-Capucin et des deux piscines. La piscine de gauche sert aux deux sexes : le banc des hommes est d'un côté et celui des femmes de l'autre. Cette piscine est alimentée par l'eau d'une petite source dont le griffon sort entre deux pierres de son dallage, et aussi par le trop-plein de la piscine chaude et par un filet d'eau froide qui vient du jardin du bain National. La température de ces différentes eaux réunies est de 36 degrés centigrade. La piscine de droite a une eau tellement chaude qu'elle ne sert guère qu'aux bains de jambes ; les malades y passent seulement en se rendant à celle de gauche, ou piscine tempérée des Capucins. La piscine de droite est alimentée par la source du bain des Capucins dont l'eau est utilisée aussi, comme nous l'avons vu, par les femmes stériles. L'eau de la piscine de droite marque de 40 à 45 degrés centigrade, la température de l'air de la salle s'élève presque toujours à 51 ou 32 degrés centigrade.

5" Bain National, ex impérial. Ce bâtiment n'est séparé que par la rue des établissements du bain Tempéré et du bain des Capucins, auquel il fait face, lise compose d'un rez-de-chaussée, ou plutôt d'un sous-sol, et de deux étages. Un escalier de huit marches de pierre descend à la salle voûtée du rez-de-chaussée, qui renferme deux piscines, treize baignoires isolées, trois salles de douches, deux vestiaires, un calorifère pour le chauffage du linge, trois cabinets d'étuve, et le robinet installé sur le puisard dans lequel est plongé le tuyau d'aspiration de la turbine. Le centre de la salle est occupé par une piscine de 5"", 13 de longueur, de 4", 60 de largeur et de l-», 10 de profondeur, entourée d'une grille de fer de 1 mètre de hauteur qui soutient un rideau pour abriter les baigneurs. Cette piscine est séparée en deux parties égales par une cloison percée de plusieurs ouvertures inférieures pour le passage de l'eau; les deux sexes s'y baignent isolément.

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La chaleur de l'eau de cette piscine, où vingt personnes peuvent trouver place, est de 54 à 55 degre's centigrade. Elle est alimentée d'eau hyperthermale par un réservoir placé sous la salle elle vestiaire du bain particulier autrefois réservé à Napoléon 111, et d'eau froide par le réservoir de la première terrasse du jardin et par l'eau des fontaines de la ville, que versent des robinets scellés dans la cloison de la piscine. Les treize baignoires de cuivre sont sur les bas-côtés qui forment le trottoir des piscines; toutes ont deux robinets auxquels arrive l'eau venant des mêmes sources que celle des piscines. Les trois salles de douches ont une installation qui ne laisse rien à désirer. Un escalier de treize marches de pierre monte au premier étage, qui a aussi une entrée par la cour du bain Impérial. Dix-neuf cabinets sont situés sur un corridor. Le premier étage contient encore deux pièces servant à isoler la turbine, quatre cabinets avec baignoires, placés au-dessus des étuves du rez-de-chaussée, deux salles de douches, un compartiment avec un appareil à bains de vapeur généraux ou locaux, un cabinet pour douches partielles de vapeur avec appareil à siège de plomb, un cabinet pour douches locales de vapeur forcée, et enfin deux chauf- Ibirs, dont l'un est un calorifère, et l'autre un foyer entretenu au charbon. Vingt-deux marches de pierre conduisent au deuxième étage, qui a la même disposition et la même installation que le premier. Trois cabinets sont alimentés par l'eau surchauffée de la source Ferrugineuse; six autres salles, au lieu d'être des étuves comme au rez-de-chaussée et au premier étage, sont réservées aux bains et aux douches, avec l'eau thermale et l'eau ordinaire froide de Plombières. La piscine, les baignoires isolées et les salles de douches du bain Impérial, sont desservies d'eau chaude par le réservoir du jardm, et d'eau mésothermale par la source Simon. 1000 grammes de l'eau mêlée qui alimente le bain Romain, le bain Tempéré et le bain Impérial, ont donné en 1855, à Henry et Lheritier, les principes qui suivent :

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