POUX
et les mâchoires. L'insecte projette l'aiguillon hors de la gaîne pour percer la peau et sucer le sang. Les antennes ont de 5 à 5 articles, le premier e'tant le plus grand. Les yeux sont simples. Le thorax petit, pourvu d'un stigmate. Abdomen de 6 à 9 segments, arrondi chez le mâle, ayant en dessus un orifice commun à l'anus et au pénis ; il est échancré chez la femelle dont la vulve est placée sur la face ventrale ; cette disposition oblige dans l'accouplement la femelle à être placée sur le dos du mâle. Six paires de stigmates. Pieds grimpeurs, avec la jambe courte, épaisse, ayant à l'extrémité inférieure une épine recourbée avec laquelle l'ongle tarsien, grand et recourbé, constitue la pince saisissant les poils des animaux.
Œufs connus sous le nom de lentes, piriformes, fixés à la base des poils par leur petit pôle au moyen d'une substance agglutinative, souvent pédicellés. Point de métamorphoses ; les petits sortent de l'œuf en soulevant un opercule situé au gros bout, ayant déjà la forme qu'ils conserveront toute leur vie. Les jeunes Poux deviennent rapidement sexués et propres à la procréation.
La famille des Pédiculidés a été partagée en quatre genres : Pedicuîus, Phthiriits, PecUcinus, lîœ^natopinus, Hœmatomyzus, Echinophthirius.
Le genre Pedicuîus Linné, ayant pour caractères la tête rétrécie en un col avant son insertion thoracique, les antennes de 5 articles, un seul ongle aux tarses, etc., renferme le Pou de tête {Pedicuîus capitis De Géer), long de 1""",80 à 2""", 5 environ, d'un cendré grisâtre, avec l'abdomen de 7 segments, plus foncé sur les côtés. Le Pou de tête vit dans les cheveux des enfants et des^ vieillards malpropres. La femelle pond environ 50 œufs dans l'espace de six jours, et dix-huit jours plus tard les jeunes peuvent s'accoupler et pondre. Leeuwenhoeck avait déjà calculé que dans deux mois deux femelles pouvaient donner naissance à 18 000 individus. Les Poux de tête offrent chez les différentes races humaines des caractères un peu variables, ils sont plus colorés dans les races à téguments foncés. Murray a observé que le Pou noirâtre du nègre, transporté sur la tête d'un blanc, prend la teinte livide du parasite de la race caucasique.
On a proposé, pour combattre les Poux de tête, divers moyens, parfois dangereux : pommades mercurielles, poudres ou lotions végétales de staphysaigre, etc. Un des moyens les plus inoffensifs et le plus simple consiste dans l'emploi d'huiles grasses qui obstruant les stigmates font périr les insectes parasites.
Le pou du corps (P. vestimenti Nitzcli ; P. corporis De Géer) est plus grand que celui de la tête ; le mâle est long de 5 millimètres, la femelle de 3™'°, 3. Teinte uniforme d'un blanc sale. Tète moins arrondie que dans l'espèce précédente, antennes relativement bien plus longues. Abdomen avec 8 segments. Il vit de préférence sur le corps humain, sur le dos, la poitrine, et court dans les vêtements ; il dépose surtout ses œufs dans les coutures des vêtements ; les mendiants, les personnes conservant les mêmes linges, sont rapidement infestés de ces parasites à multiplication encore plus rapide que le Pou de tête. Les Ethiopiens nourrissent une variété noirâtre, les Groënlandais, une autre d'un brun rougeâtre.
On a décrit sous le nom de Pou des malades [P. tabescentium Burmeister) une prétendue espèce dont la ponte s'effectuerait sous des pellicules épidermiques. Il semble prouvé qu'il s'agit réellement du P. vestimenti, dont la propagation augmente d'une manière excessive, sous des influences particulières, en déterminant alors une maladie parasitaire, la Phlhiriase {voy. Puthi-
POUZZOLES (Eaux minkkales de). 363
ruse), rare en France, commune en Galice, dans les Asturies, accompagnant la plique en Pologne. On en trouve dans les anciens auteurs de nombreux exemples : Hérode, Antiochus, Scylla le dictateur, Phérécyde le philosophe, Philippe II d'Espagne, Agrippa, Foucquau, évêque de Noyon, auraient succombé à la maladie pédiculaire ou phthiriase.
Certaines peuplades, par exemple, les Aléoutiens, les Hottentots, diverses tribus Australiennes, mangent les Poux de corps, à la manière des Chiens et des Singes. Pour se débarrasser des Poux du corps, il faut avoir recours aux bains sulfureux, ou de sublimé; déplus, il faut soigneusement désinfecter les vêtements à une haute température pour tuer les Poux et leurs œufs.
Piaget a signalé une espèce de Pou (Pedicidus consohrlus) sur un Singe d'Amérique [les PédicuUnes. Leyde, 1880). Les Singes de l'ancien continent sont attaqués par des Pedicinus.
Le genre Phthirius Leach offre des antennes assez allongées, le thorax large, non distinct de l'abdomen, qui est de 8 téguments, et pourvu de saillies coniques portant des soies. Les pattes antérieures sont plus grêles et ont la grilfe plus fine que celle des autres, elles sont ambulatoires et jion cliélifères.
L'unique espèce est le Pou du pubis [Phthirius inguinalis Redi; Pediculus pubis Linné, nommé Morpio par Geoffroy, à cause de sa dénomination vulgaire). Testudiniforme, élargi, teinte blanchâtre, milieu du corps brun-rouge, tarses roussàtres. Longueur du mâle 1™"',3, longueur de la femelle l"i"',5. Le Phthirius paraît exclusif à l'homme et à la race blanche. Chez les adultes, on le voit parmi les^poils pubiens ou des aisselles, chez les enfants dans les sourcils, à la base des cils ; il ne va pas sur la tête. La transmission du parasite n'a pas lieu uniquement dans les rapports vénériens, elle peut se faire par le linge, les habits, les sièges de water-closet, etc. La piqûre du P. inguinalis est forte, elle donne lieu à la formation de taches rougcâtres et, en outre, il se produit sous l'intluence du venin salivaire des taches bleues, ombrées, appelées aussi en clinique : taches d'encre ou ardoisées, longtemps regardées comme une manifestation fébrile, synoque, typhique, etc. Le docteur J. Moursou, médecin de la marine, a démontré {Annales de dermatologie et de syphiligraphie, t. IX, n" 0, p. 198, 1877-1878) que ces taches se rencontraient dans diverses maladies coïncidant toujours avec la présence du Morpio. Cette affection a été vérifiée : Duguet a prouvé que les taches proviennent réellement du Phthirius^ il les a développées par l'inoculation du corps broyé de ce dernier, et surtout par l'introduction des parties renfermant les glandes salivaires (Gazette des hôpitaux, 20 avril 1880). Certaines personnes sont réfractaires à la piqûre de l'insecte, d'autres au contraire en présentent les effets à un haut degré.
Pour détruire les Poux du pubis, les frictions de pommade mercurielle sont fréquemment mises en usage ; on emploie aussi l'infusion de tabac, l'eau pliagédénique, l'eau de Cologne. Les bains sulfureux, surtout les bains de sublimé, arrivent rapidement au but.
Le genre Hœmatipinus, dont on connaît plus de trente espèces, vit sur les Mammifères, le Chien, le Cheval, l'Ane, le Porc, la Chèvre, le Chameau, les Rongeurs, même le Phoque commun. Aucun n'attaque l'homme [vo]). Hémiptères, Ricin, Liothé, Phthiriase, Insectes). A. Laboulbène.
POL^ZZOLES (Eaux minérales de). Hyperihermales, mésothermales ou athermales, pohjmétallites, carboniques fortes, Puteolana, Bahiea Pozziiolif
364 POUZZOLES (Eaux minérales de).
Puteoli Dicœcirchia. En Italie, dans la province et à 1 0 kilomètres de Naples, sur le golfe de Baïa. Pouzzoles était autrefois fréqucutée par un grand nombre de baigneurs, mais elle a été ruinée par les tremblements de terre du Vésuve. Cinq sources émergent à Pouzzoles dans les dépendances de la Solfatare, et leurs griffons traversent un terrain plutonique. Ces sources se nomment : acqua délia Pietra, acqua deiCavalcanti, acquadei Subvenini Uomini, acqiia del Cantarello, acqua Fredda (source Froide), nommée encore source du temple de Serapis.
Les eaux de toutes les sources de Pouzzoles ont à peu près les mêmes caractères physiques et chimiques. Nous nous contentons de noter leur thermalité. L'acqua délia Pietra a 55°, 1 centigrade, l'acqua dei Cavalcanti 58°, 5 centigrade, l'acqua dei Subvenini Uomini 59^5 centigrade, l'acqua del Cantarello 51",9 centigrade. Quelques-uns des filets de cette dernière ont une température inférieure, car le thermomètre y descend jusqu'à 50°, 8 centigrade. L'acqua Fredda a 14»,1 centigrade. Davet de Beaurepaire donne la composition chimique de la source de la Pierre, dont 1000 grammes d'eau contiennent les principes suivants :
Chlorure de sodium lO,!'!
Bicarbonate de soude 22,150
— chaux 1
— magnésie [ 5,580
— alumine el fer )
Sulfate de chaux 0,510
Silice 0,120
Total des matières fixes 68,531
Gaz acide carbonique libre 7f',474
Établissement. On ne se douterait guère que cet établissement a été un des plus luxueux de l'Italie ancienne. Ses moyens balnéaii'es sont maintenant dans un état d'abandon tel, que les baigneurs doivent se contenter d'une installation trop négligée. Elle se compose d'une grande piscine à peine réparée et de baignoires dont les parois de marbre ou de lave se ressentent aussi de l'incurie de l'administration.
Action physiologiqde et thérapeutique. L'eau des sources de Pouzzoles est d'un goiit salé et alcalin assez désagréable. A faible dose, c'est-à-dire d'un quart de verre à un demi-verre en plusieurs fois, elle constipe, comme toutes les eaux chloiurées sodiques fortes; à dose moyenne, c'est-à-dire d'un à deux verres pris en deux ou quatre fois, elle est laxative et apéritive ; à dose élevée, c'est-àdire à plu'; de trois verres, elle est purgative. La durée des bains de piscine et de baignoires ne doit pas dépasser un quart d'heure ou une demi-heure, et encore ils sont en général très-excitants. Cette eau a une action physiologique marquée sur les sécrétions de l'estomac, du foie et de l'intestin, quand elle est ingérée en quantité assez notable. Son usage en bains agit fortement sur la peau, qu'elle rougit quelquefois au point de déterminer une poussée assez douloureuse pour forcer à en suspendre l'emploi. Le lymphatisme exagéré, la scrofule à tous ses degrés, sont les premières indications de ces eaux chlorurées sodiques fortes, appelées acque deiLipposi par certains auteurs qui se sont placés à un point de vue exclusivement pathologique. Les affections chroniques du foie, et surtout les suites de fièvres intermittentes si communes dans le sud de l'Italie, y trouvent une médication qui leur convient. L'emploi de ces eaux
l'RÂVÂZ. 565
donne des résultats satisfaisants quand ces affections sont accompagnées d'un dépérissement profond, résultant d'une sécrétion bilieuse qui se fait mal, ou d'une hypertrophie du foie et de la rate, consécutive à la fièvre des marais. L'eau de Pouzzoles agit alors par son chlorure de sodium, qui est tonique, mais surtout par son bicarbonate de soude, qui est fluidifiant de la bile, (jualité précieuse lorsque l'on a affaire à des états pathologiques dont un ictère ancien très-marqué est un des symptômes les plus apparents.
La durée de la cure est de vingt jours.
On n exporte l'eau d'aucune des sources de Pouzzoles, et pourtant l'acqua Fredda a des principes fixes et gazeux qui en permettraient aisément la consommation à distance. A. Rotureau,
POWELL (Richard). Médecin anglais, né à Oxford, reçu docteur en 1795, entra dès cette année au Collège de médecine de Londres, et y fit les leçons gulstonienne (1799), harveyenne (1808), lumleyenne (1811-1822); il fut médecin de l'hôpital Saint-Barthélémy de 1801 à 1824 et mourut le 18 aoiit 1834. Il contribua à la pharmacopée de Londres de 1809 et en publia une traduction avec commentaires. On lui doit encore des ouvrages Sur la chimie (1796); Sur la bile, ses maladies elles fonctions du foie (1800) ; Sur iJujdrophohie (1808); Sur les affections paralytiques (1814); Sur les affections convulsives (1815); Sur la pathologie du cerveau (1815), etc. L. H.\.
PO«'ER(John-Ha.tch). Médecin irlandais, né à Dublin le 24 novembre 1806, mort dans cette ville le 14 mai 1863. 11 étudia dans sa ville natale et à Glasgow, fut nommé en 1847 chirurgien de l'hôpital de Jervis-Street à Dublin, professeur d'anatomie au Collège royal de chirurgie en 1851, professeur de chirurgie en 1861, et chirurgien de l'hôpital de la Cité. Sa Surgical Anatomy of the Arteries of the Human Body, etc., a eu trois éditions. L. Hn.
POYAIS (Les). Voy. Centre-Amérique, p. 817.
PBATEIVSIS 00 A. PRATIS (Jason), de son vrai nom Van de Velde ou Van der Meersche, médecin hollandais, né à Zierikzee en 1486, étudia probablement à Louvain, puis exerça dans son lieu natal, enfin devint le médecin d'Adolphe van Bougondie et résida à Veere. 11 mourut à Zierikzee en 1559. On lui doit divers ouvrages, surtout de compilation, sur les accouchements, entre autres : De uteris libri II (Anvers, 1524), etc., d'autres sur l'hygiène, enfin De cerebri morbis liber (Bàle, 1549). Pratensis a laissé la réputation d'un bon latiniste. L. Hn.
PRA.VAZ (Charles-Gabriel). Né à Pont-de-Beauvoisin (Isère) le 24 mars 1791, fils d'un médecin, commença ses études dans un séminaire; il montra de telles aptitudes pour les sciences mathématiques, qu'il occupa une chaire de cette matière au collège de son pays natal, puis il concourut pour l'École polytechnique, fut admis à cette école, et prit part avec elle aux combats de Paris en 1814. Ayant quitté l'école en 1815, il résolut d'embrasser la carrière médicale et fut reçu docteur en 1824. Nommé médecin de l'Asile de la Providence, il s'est surtout occupé d'orthopédie et a consigné le résultat de ses
566 PRÉ SAIM-DIDIER (Eau minérale de).
recherches dans plusieurs ouvrages et mémoires qui ont eu beaucoup de succès, notamment les suivants :
I. Méthode nouveUe pour le Iraitement des déviations de la colonne vertébrale, précédé d'un examen critique des divers moyens employés par les orthopédistes modernes. Paris, 1827, in-S". — II. Mémoire sur l'orthopédie contenant la description des appareils extenseurs que VAcad. roy. de médecine a déclarés préférables à ceux en usage. Paris, 1830, in-8° — III- Mémoire sur l'application de la gymnastique au traitement des maladies lymphatiques et nerveuses et au redressement des difformités. Paris, 1837. in-S". — IV. Mémoire sur la réalité de l'ait orthopédique et ses relations nécessaires avec l'organoplastie. Paris, 1844, in-4°. — V. Traité théorique et pratique des luxations congénitales du fémur, suivi d'un appendice sur la prophylaxie des luxations spontanées. Lyon et Paris, 1847, in-4''. Ce dernier ouvrage a élé couronné par l'Académie des sciences.
Pravaz a conseille', le premier, croyons-nous, l'application des courants électriques dans le traitement des tumeurs anévrysmales et celle du perchlorure de ter pour la coagulation du sang, et la seringue qu'il a inventée à cette occasion porte son nom. Fondateur d'un institut orthopédique à Lyon, il y poursuivit des recherches sur l'emploi des bains d'air comprimé. Membre correspondant de l'Académie de médecine, ce laborieux médecin est mort à Lyon le 24 juin 1855. - A. D.
PRAXAGOBAS. Médecin de Ces, passe pour avoir écrit un grand nombre d'ouvrages : sur le diagnostic des maladies aiguës, sur les symptômes et le traitement des maladies, sur la gymnastique, etc. Ces ouvrages existaient du temps de Galien, qui les cite fréquemment. Praxagoras paraît avoir vécu peu après Hippocrate; il a été le maître d'Hérophile. L. Bs.
PBÉ SAIXT- DIDIER (Eau MINÉRALE de). Hyperthemiale, sulfatée calclque moyenne, ferrugineuse faible, carbonique moyenne. En Italie, dans le pays d'Aoste, sur la Dora Aurca (Doire), à 1086 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans une vallée de 250 mètres de largeur. Pré Saint-Didier est un petit bourg bâti sur un terrain d'alluvion.
La température moyenne des mois de la saison thermale qui commence le 1" juin et finit le 1" septembre est de 22", 3 centigrade. Une source, connue au commencement du dix-huitième siècle, sort d'une roche contenant du spath calcaire, du quartz et du mica. Son bassin de captage, creusé aussi dans le roc vif, a 1"\40 de profondeur et 2 mètres carrés. Ses griffons viennent de plusieurs points, surtout de la partie profonde et médiane. Des bulles gazeuses assez grosses, mais assez rares, la traversent, et les parois internes de la fontaine sont recouvertes d'une couche épaisse de rouille. L'eau de la source de Saint- Didier est claire, limpide et transparente ; elle ne tient en suspension aucun corps étranger, et pourtant elle laisse déposer dans son ruisseau et dans les vases oîi on la renferme un enduit qui ternit les verres et obstrue ses conduits assez promptement pour qu'il soit nécessaire de les nettoyer 3 fois pendant chaque saison thermale. Cette eau n'a aucune odeur, son goût est ferrugineux et fade; il n'est pas désagréable cependant. La réaction de l'eau est légèrement acide. Sa température est de 56", 2 centigrade, celle de l'air de la galerie au bout de laquelle elle émerge étant de 27" centigrade. Sa densité est de 1,00074. Abbene, professeur de chimie à l'Université de Turin, en a fait l'analyse en 1845; 1000 grammes lui ont donné les principes suivants :
PRÉ SA.INT-DIDIER (Eau minérale de). 56'/
Sulfate de chaux 1,040
— soucie O.lôi
— polafse traces.
Bicarbonate de chauï 0,191
— magnésie 0,049
Chlorure de sodium 0,056
— magnésium
— calcium
Bromures et iodures traces.
Oxyde de fer 0.006
— magnésie 0,002
Silice 0,016
Alumine traces.
Matière organique 0,031
Total des MATiÈnEs fixes 1,560
Le professeur Borsarelli a trouvé, en 1850, 0s%1250 d'arscnile de fer dans 5 litres de cette eau. Aucun de ces chimistes ne parle de la quantité et de la qualité des gaz contenus en cette source, et pourtant elle en renferme une proportion notable. Nulle plante ne se développe dans le bassin, mais des conferves jaune verdàtre croissent dans le canal qui va à la Dora, aux points où se mêlent l'eau thermale et l'eau froide.
Etablissements L'ancien, datant de 17G0 est complètement abandonné ; celui construit en 1832 est constitué par un corps de logis et deux pavillons. Des tuyaux de plomb conduisent l'eau aux baignoires de marbre blanc, qui garnissent les cabinets assez bien installés.
Mode d'administration et doses. L'eau de la source de Pré Saint-Didier s'emploie en boisson, en bains et en douches. Il est à désirer que l'accès de la source soit plus facile. Aussi les malades ne s'y rendent presque jamais et se contentent d'ingérer l'eau arrivée à la maison de bains, bien qu'elle y soit dépourvue de la plus grande partie des gaz qu'elle renfermait au griffon. Le nombre des verres varie suivant les individus et les états maladifs, mais on commence ordinairement par de petites quantités pour arriver graduellement à des doses plus considérables. On boit habituellement de 5 à G verres chaque matin à jeun, à des intervalles de dix à trente minutes. L'habitude est de prendre deux bains par jour. Le docteur Argentier s'élève contre cet usage et assure qu'il vaut mieux aller progressivement; il fixe la durée du premier bain d'eau à quarante minutes et la limite pour les suivants à une heure et demie au plus. Les douches s'administrent quand le malade a les pieds dans l'eau thermale ; leur durée varie de vingt à trente minutes. La division des douches et des bains de vapeur laisse beaucoup à désirer d'ailleurs.
Effets physiologiques et thérapeutiques. L'effet physiologique le plus marqué de l'eau de Pré Saint-Didier est assurément la diurèse. Cette eau, ingérée à dose convenable, se digère facilement, augmente l'appétit et favorise les évacuations alvines, mais, lorsqu'elle est administrée en quantité un peu trop considérable, elle donne une sensation de pesanteur à l'épigastre, provoque des renvois, des nausées, des vomissements, et détermine une constipation accompagnée de maux de tête; parfois elle occasionne une diarrhée avec ténesme douloureux. Il est probable que, si la buvette était à la source même, cette eau serait beaucoup plus assimilable, et que les accidents de digestion seraient moins fréquents. Les bains sont la partie du traitement la plus suivie et la plus importante à étudier. Il est rare que les baigneurs ne suivent pas en même temps la
568 PRÉ SAIiNT-DlDlER (Eau misérale de).
cure interne, mais les bains sont cependant employés seuls assez souvent pour qu'on puisse se renseigner sur leurs propriétés physiologiques et curatives. Leur action est tonique et reconstituante, quoiqu'ils soient administrés à une température où les eaux sont souvent débilitantes. Ils augmentent l'appétit, régularisent les digestions, rendent l'assimilation et la nutrition plus complètes, et activent la circulation sanguine. Le cœur bat avec plus de force, le pouls s'élève : aussi les malades doivent être surveillés avec soin pour n'être pas exposés à des congestions ou li des hémorrliagies cérébrales ou pulmonaires. Les vaisseaux lymphatiques fonctionnent avec plus de régularité, les muscles sont plus souples et plus élastiques, la respiration devient plus facile et plus ample; l'hématose se fait mieux. Les bains rendent aussi plus actives la circulation utérine et la sécrétion urinaire. « Les bains de Saint-Didier, dit le docteur Argentier, occasionnent, au moment de l'immersion, une sensation de chaleur douce et agréable, perçue sur toute la surface de la peau et qui semble se répéter dans les viscères, une expansion des liquides de l'économie et un relâchement de la peau. Au lieu d'augmenter la transpiration cutanée, de déterminer la poussée, nos bains rendent les bulbes pileux plus saillants, et la peau devient rude au toucher. »
L'action physiologique des douches se déduit facilement des propriétés des bains généraux, et nous croyons inutile d'entrer dans plus de développements. Les vertus thérapeutiques de l'eau de Pré Saint-Didier sont comparées par Argentier à celles de Baréges ou d'Aix-en-Savoie. Les étals pathologiques traités avec ie plus de succès à ces deux dernières stations sont pourtant bien différents, et nous chercherions plutôt des analogies entre les eaux de Pré Saint- Didier et celles de Luxeuil et de Szliacs. Il faut placer en tête de toutes les maladies qui sont avantageusement traitées à Pré Saint-Didier le rhumatisme articulaire et musculaire chronii[ue et parfaitement apyrétique. Ces eaux donnent surtout des résultats avantageux lorsque les baigneurs sont profondément affaiblis et sont tombés dans un état anémique voisin de la cachexie. La boisson, les bains et surtout les douches, sont les moyens combinés qui doivent alors être mis en usage. Les eaux de Pré Saint-Didier en boisson et en bains sont administrées avec succès chez les sujets devenus anémiques à la suite d'une perte de sang trop abondante, d'une maladie longue traitée par les antiphlogistiques, et où une diète sévère a été longtemps nécessaire. Lorsque la débilité provient d'une affection qui, ainsi que la chlorose, appauvrit le sang en diminuant ses globules et en altérant leur composition normale, l'eau de Pré Saint- Didier, à l'extérieur et surtout en bains généraux, a aussi une action promptement reconstituante. C'est le traitement externe qui est presque exclusivement mis en usage dans les paralysies sine materiâ, dans les atrophies musculaires ayant pour cause une altération rhumatismale, dans les ulcères atoniques, les suites de blessures, de fractures, de luxations ou d'entorses. La diathèse scrotuleuse a été longtemps traitée avec avantage à Pré Saint-Didier, sans qu'il ait été possible d'indiquer quel était le principe minéralisateur qui s'attaquait aux accidents strumeux. Depuis que M. le professeur Cantu y a trouvé des bromures et des iodures en proportion .sensible, l'action de ces eaux a été plus aisément comprise. Les engorgements ganglionnaires sont les phénomènes qui s'améliorent le plus promptement par l'eau en boisson, en bains et surtout en douches sur le point affecté. On a eu aussi l'explication de l'activité de ces eaux dans certaines maladies de la peau, lorsqu'on a