PRÊLE
Chlorure de sodium 0,243
— magnésium 0,039
Sulfate de chaux 0.060
Bicarbonate de fer 0,058
— chaux 0,0211
Total DES matières fixes 0,453
Bobierre et Moride ont trouvé en 1852 que 100 volumes du gaz de l'eau de Préfaillos se composent :
Acide carbonique 53,40
Azote 34,00
Oxygène 10,00
Mode d'administration et doses. L'eau ferrugineuse de Préfailles se prend ordinairement le matin de 2 à 4 verres, en général de quart d'heure en quart d'heure. Quelques buveurs reçoivent le conseil de retourner à la source le soir, après qu'ils ont digéré leur dhier. Certains même la mêlent à leur vin pendant le repas. On ne prend point à Préfaillos de bains d'eau minérale, mais il y a en face du village, où il est d'habitude que les buveurs se rendent 2 fois par jour, une plage oij l'on peut se baigner à toute heure, même à marée basse, et oij l'eau de la mer est toujours assez agitée pour que l'action des vagues y soit très-marquée. Cette plage n'est pas assez sablonneuse ni assez unie, son fonds est garni de galets. La durée des bains de mer doit être courte, surtout pour ceux qui en prennent 2 fois par jour. Elle ne doit pas dépasser cinq à dix minutes.
Effets physiologiques et thérapeutiques. L'eau chlorurée, bicarbonatée ferrugineuse, de Préfailles, est tonique, reconstituante et digestive. La pureté de l'air, l'eau martiale, les bains de mer suivis de bains de pieds chauds pris dans les cabines réservées à chaque baigneur, concourent à ranimer prompteraent les forces vitales des convalescents de maladies longues, les anémiques, les chlorotiques, ceux qui souffrent des suites de fièvres intermittentes piolongées. communes dans la contrée, les aménorrhéiques, les dysménorrhéiques et les albuniinuriques, chez lesquels une médication reconstituante est avant tout indiquée. L'eau de cette source est en général facilement acceptée et supportée par les sujets délicats, même par des enfants. Elle est, en effet, facile à assimiler, et ce n'est que par exception qu'elle semble lourde à l'estomac.
La durée de la cure est d'un mois en général. On exporte l'eau de la source ferrugineuse de Préfailles aux environs, et surtout à Pornic et à Nantes. Monier, pharmacien à Pornic, avait reçu l'autorisation de charger l'eau de Préfailles de gaz acide carbonique artificiel, afin de favoriser la dissolution du principe ferrugineux devenu plus soluble. Celte pratique ne semble pas avoir donné les résultats qu'on en attendait, car elle est aujourd'hui à peu près abandonnée. A. Rotureau.
PRÊLE {Equisetum L.). Genre de Yégétaiix vasculaires, qui a donné son nom à la famille des Équisétacées. Ce sont des herbes vivaces, terrestres ou aquatiques, dont le rhizome traçant, souvent rameux, quelquefois renflé en forme de bulbe, donne naissance à des tiges aériennes dressées, cylindriques, fistuleuses, marquées de sillons longitudinaux plus ou moins profonds. Ces tiges aériennes, tantôt simples, tantôt à rameaux verticillés, sont composées d'entre-nœuds ou articles facilement séparables et émettant à leur sommet un
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verlicillc de feuilles très-petites, réduites à de simples dents plus ou moins profondes et soudées à leur base en une gaîne membraneuse. Leur structure a été étudiée en détails par plusieurs auteurs, notamment par Duval-Jouve {Bull. de la Soc. bot. de France, V, p. 512-519, et VI, p. 699, 730 et 765). Les organes de la reproduction consistent en sporanges membraneux, disposées en cercle (ordinairement par 6) à la face inférieure d'écaillés peltées ; ces dernières sont verticillées, en forme de cône ou d'épi, au sommet soit des tiges aériennes ordinaires, soit de tiges spéciales qui demeurent simples, se détruisent après la dissémination des spores et diffèrent des tiges aériennes stériles par leur couleur blanchâlre ou rougeâtre {voy. Éqlisétacées).
Les Prêles, connues également sous les noms de Queues de cheval, Queues de rats, croissent principalement dans les endroits humides ou inondés, sur le bord des fossés, des mares, des étangs, des rivières. On en compte tout au plus 25 espèces, répandues surtout dans les régions froides et tempérées do l'hémisphère boréal. Toutes paraissent dépourvues de propriétés médicales, bien que certaines d'entre elles aient été préconisées autrefois comme diurétiques et emménagogues. Mais, dans l'économie domestique, on les utilise asse^ souvent pour polir les meubles et les ustensiles de ménage. L'espèce la plus employée k cet effet est VEquisetum hiemale L., ou Prêle des tourneurs, qui renferme une assez forte proportion de matières siliceuses (environ 15 pour 100). Ed. Lef.
PRÉIMATL'R.\TI01V. La prématuration est l'usage que l'on fait d'un organe ou d'une fonction qui ne sont pas physiologiquement prêts à rendre les services qu'on exige d'eux (Littré, prématuré : qui vient avant le temps).
C'est encore l'adaptation précoce des individus à des fonctions pour lesquelles ils ne sont pas mûrs. « Faire accomplir à des enfants des actes d'adolescents et à des adolescents des actes virils, voilà la prémaluration » (Daily).
Tel qui met quarante ans à gravir péniblement les échelons d'une carrière qu'il a embrassée à peine échappé du collège, et dans laquelle il ne laisse que le souvenir d'une honnête médiocrité, aurait marqué peut-être une empreinte profonde dans toute autre voie : il n'eût suffi que d'un peu plus de maturité. Les cataclysmes sociaux nous en donnent la preuve, la Révolution française dans l'ancien monde, la guerre de la Sécession dans le nouveau, pour ne parler que des bouleversements de quelque durée, firent sortir de Tombre où ils auraient probablement végété des hommes qui s'illustrèrent dans la carrière des armes, les sciences, l'industrie, et qui ne furent investis des hautes fonctions de l'État qu'après avoir exercé les professions les plus diverses.
Au seuil de l'existence sociale, au moment où chacun essaie ses premiers pas dans la direction qu'il a choisie, ou qui lui a été imposée par les lois de son pays, les nécessités d'une fortune adverse, la cupidité et l'inintelligence des parents, une grande dépense d'efforts est faite par ceux qui veulent réussir à tout prix dans une profession dont bien souvent les obligations ne sont pas en rapport avec leur coefficient de résistance organique, ou dont les charges sont supérieures à leur capacité de rendement de travail, physique ou intellectuel.
Chacun de nous se présente à ce combat avec des armes inégales : chez les uns il y a défaut d'initiation à la carrière préférée; chez d'autres, erreur dans le choix; chez beaucoup, enfin, prématuration.
Prématuration et surmènement — (le mot surmenage ne devrait être appli-
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que qu'aux animaux) — sont deux termes qui ne vont pas l'un sans l'autre, et beaucoup de sujets qui meurent jeunes par le cerveau, le poumon ou le cœur, ne sont que des surmenés. On pourrait même, en envisageant la question de plus haut, considérer la fièvre typhoïde comme un des résultats les plus funestes du surmènement des groupes sociaux, fatalement amené par l'inéluctable loi du progrès, qui veut que l'humanité se masse dans les collèges, les usines et les casernes, pour s'instruire, produire et défendre le principe des nationalités contre l'empiétement des voisins. Colin, Peter, Arnaud, acceptent ce mode étiologique de la fièvre typhoïde. Nous étudierons successivement la prématuration physique et la prématuration intellectuelle.
Prematuration physique. On ne saurait trop éclairer les masses sur les dangers que présente la mise en service d'un organe quelconque avant qu'il soit apte, d'une part, à faire les frais de l'usure physiologique discrète et prévue qui résulte de son fonctionnement normal; d'autre part, à subir les assauts irréguliers, mais plus retentissants, que lui réservent les éventualités du struggle for life. Aujourd'hui que les exigences croissantes de la vie avancent de plus en plus l'heure où ch;icun de nous doit voler de ses propres ailes, la tendance à la prématuration va s'accentuant tous les jours : aussi devons-nous la combattre sans cesse.
Les médecins et les hygiénistes n'ont pas manqué jusqu'ici d'en signaler les dangers, et les pouvoirs publics, convaincus et autorisés par cette pression scientifique, ont parfois édicté de sages lois pour protéger les faibles contre l'indifférence et l'égoïsme de certains parents, la rapacité de quelques patrons. C'est la prématuration de l'appareil digestif que la loi Roussel (25 décembre 1874), protectrice des enfants du premier âge, a voulu empêcher lorsque de désolantes statistiques révélèrent que la plupart des enfants en nourrice non surveillés, — particulièrement les petits Parisiens, — succombaient à l'entérite provoquée par une aUmentation barbare, prématurée, à l'âge où le lait devrait être leur unique nourriture. On connaît déjà les résultats encourageants de cette mesure qui, dans le Calvados, a fait tomber la mortalité des nourrissons de 18,40 à 6 pour 100. Dans la Seine-Inférieure, la mortalité des enfants, soumis à la surveillance de la loi Roussel, ne s'est élevée qu'à 7,76 pour 100, inférieure du double et même du triple à ctlle qui frappe les enfants nourris au sein et au biberon chez leurs parents.
C'est encore la prématuration de V appareil passif de la locomotion (os et articulations) que la loi condamne en rendant passibles de peines sévères les bateleurs qui déforment par des manœuvres hâtives et barbares les membres des enfants en bas âge, dont ils exploitent la souplesse physiologique. Le législateur a eu également en vue la prématuration de Yappareil actif de locomotion (système musculaire), en instituant Y inspection du travail des enfants dam les manufactures. Enfin l'article 144 du Code pénal, qui fixe l'âge minimum du mariage en France, vise la prématuration génitale dans les deux sexes.
Il y a un temps pour tout, et il serait étrange de constater que par une accoutumance hâtive, un entraînement excessif, on puisse arrivera habituer les os, les nerfs, les muscles, les organes, à fonctionner avec la régularité, la vigueur, la durée, l'intégrité que leur confère seul l'ét&t parfait, privilège d'un âge plus avancé, et en toutes circonstances, d'ailleurs, l'ctat hygide.
« Ne forçons point notre talent », a dit le fabuliste; gardons-nous aussi de forcer nos organes. Pour un sujet qui verra, par une de ces aberrations inex-