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QWkzO"^ , Qjj
[ O.CO— C«H^(OCH^)n Cette manière de voir ne saurait être adoptée sans réserve, d'après Ilen-
ninger.
La pseudaconitine fournit un nitrate bien cristallisé.
La pseudaconitine paraît être plus active que l'aconitine; il suffit d'une dose de 0,5 à 1 milligramme pour tuer les petits oiseaux et d'une dose de 5 à 6 milligrammes pour tuer un ciiat. Son action diffère peu du reste de celle de l'aconitine ; pourtant, dans l'empoisonnement par cette base, on remarque une courte phase d'excitation centrale du pneumogastrique, rendue manifeste par le ralentissement du pouls et de la tension sanguine, suivie d'une augmentation rapide de cette tension qui après plusieurs oscillations s'abaisse de nouveau et se réduit à zéro au moment de l'arrêt du cœur (on diastole).
L'action sur la respiration est la même que celle de l'aconitine allemande.
L'atropine constitue l'antidote de la pseudaconitine.
On s'est servi avec succès de la pseudaconitine contre la névralgie sus-orbitaire en applications externes. L. Hn.
PSEUDALCAl^milVE. C'est ïanchusine ou orcanettine [voy. Orcanette).
PSELDAiVGUSTURiiVE. C'est la vomicine {voy. ce mot). L. Hx.
PSEUDARTHROSE. La définition de ce mot se trouve dans son étymologie. Il dérive de i^îu^âç, faux, et âpOpov, articulation, et s'applique à l'union vicieuse qui s'établit entre les fragments d'une fracture, alors qu'elle m se consolide pas et qu'ils conservent l'un sur l'autre une mobilité contre nature.
Nous ne croyons pas pouvoir donner le nom de pseudarthrose au résultat des résections articulaires parce que, au lieu d'être un accident qu'il faut s'efforcer de prévenir, la mobilité qui persiste entre les extrémités osseuses réséquées est une condition qu'on s'efforce d'obtenir et sur laquelle on compte pour conserver les fonctions du membre. 11 n'existe l'ien de commun au point de vue de l'étiologie, du pronostic et du traitement, entre ces deux états pathologiques, et nous préférerions donner au second le nom de néarthrose que propose M. Denucé (art. Pseudarthrose du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques) , que de lui conserver le nom de pseudarthrose, qui ne peut que faire naître une fâcheuse confusion. Pour les mêmes motifs, nous ne comprendrons
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pas dans notre cadre les luxations non réduites et les luxations congénitales que Breschet a fait entrer dans le sien (art. Psecdauthrose du Dictionnaire de médecine en 30 volumes). Elles n'ont avec les fractures non consolidées aucun rapport pouvant conduire à des considérations de quelque utilité.
I. Étiologie. L'absence de consolidation dans les fractures peut tenir à des causes générales et dépendant de la constitution, de l'état de santé du sujet, ou à des causes locales qui ont porté sur le membre seul ou sur la fracture ellemême.
Causes générales. L'âge et le sexe ont sur les pseudarthroses une influence indirecte. C'est de vingt à trente ans qu'on en observe le plus, et c'est aussi l'âge où les fractures sont le plus fréquentes; toutefois, comme la consolidalion des os est d'autant plus lente que l'âge est plus avancé, le raisonnement indique que les pseudarthroses doivent être plus communes dans la vieillesse, et c'est également ce que démontre l'observation. Ce qui frappe surtout chez les vieillards, c'est que, si pour une cause quelconque, la suppression prématurée de l'appareil, par exemple, la consolidation du cal a été un moment entravée, il est à peu près impossible de l'obtenir ultérieurement, quel que soit le temps pendant lequel on maintient ensuite le membre dans l'immobilité absolue.
Chez les femmes, d'après les recherches de M. Berenger-Féraud, les pseudarthroses sont huit fois plus rares que chez les hommes, mais les fractures suivent à peu près la même proportion. Il est toutefois chez elles une condition qui semble prédisposer à la non-consolidation des fractures : c'est la grossesse. L'observation en a été faite, il y a longtemps déjà, car elle remonte à Fabrice de Hilden et à Ileister, mais elle a été confirmée depuis par des faits assez nombreux de fractures survenues pendant la grossesse et n'arrivant à la consolidation qu'après l'accouchement. La grossesse, en effet, constitue un état de faiblesse relative. Toutes les forces plastiques de l'économie semblent absorbées par la nutrition du fœtus. Or toutes les causes débilitantes retardent le travail de la consolidation.
L'anémie essentielle, la chlorose, l'affaiblissement qui suit les pertes de sang nuisent à l'élaboration du cal. A l'époque où on abusait de la saignée, les pseudarthroses s'observaient quelquefois chez les gens auxquels on avait tiré du sang avec excès ; Hewson en a cité plusieurs cas. Brodie et Larrey en ont rapporté d'autres dans lesquels on pouvait attribuer cet accident à une diète exagérée ; Healh en a observé dans le cours d'une famine.
Parmi les maladies aiguës, celles qui entravent le travail réparateur appartiennent à la classe des fièvres graves. C'est en premier lieu la variole. Heyfelder, Smith, Pitha, ont cité des exemples dans lesquels la variole, survenant dans le cours d'une fracture, en a retardé la consolidation. Le typhus et la fièvre typhoïde sont exactement d,ans le même cas; enfin on cite encore, comme exerçant une influence fâcheuse sur l'organisation du cal, l'érysipèle et sa fièvre intermittente. Quant à la fièvre qui accompagne les longues suppurations, son influence est plus fâcheuse encore, surtout lorsque la lésion qui la détei-mine siège au voisinage de la fracture. Nous reviendrons sur ce sujet à l'occasion des causes locales.
Le scorbut exerce une action bien plus directe encore, surtout lorsqu'il s'agit des fractures de jambe, cette partie du membre inférieur étant alors le siège
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d'infiltrations sanguines, d'ecchymoses et parfois d'ulcères qui compliquent la situation. Des faits cités par Ravaton et par Desault prouvent que le scorbut est la plus fréquente des causes générales qui peuvent retarder la formation du cal et en empêcher la consolidation. L'inlluence de la syphilis et de la scrofule sur la production des pseudarthroses n'est pas démontrée; quant à celle du traitement mercuriel, elle est nulle.
Le rachitisme peut causer des pseudarthroses à deux époques différentes de son évolution. Dans la seconde période, la mollesse et la flexibilité des os longs permet de les fléchir et même de les briser aisément sans déchirer le périoste. C'est ainsi qu'on courbe et qu'on casse même facilement les os des bras et des avant-bras des enfants, en les soulevant brusquement pour leur faire franchir un obstacle ou pour les soulever de terre. Ces fractures passent souvent inaperçues et se consolident avec une extrême difficulté. 11 n'est pas rare, surtout dans la classe indigente où les enfants sont moins surveillés, d'en rencontrer de rachitiques qui sont porteurs de pseudarthroses du bras ou de l'avant-bras. Dans la dernière période, lorsque la guérison ne se fait pas franchement, les enfants restent dans un état de faiblesse et d'amaigrissement considérable, les os perdent leur mollesse, mais ne se redressent pas ; souvent même leur déformation continue à faire des progrès et, comme ils ne sont plus aussi mous, aussi flexibles que dans la période précédente, ils se brisent facilement et ne se consolident pas toujours.
Le cancer ne". favorise la production des fractures et des pseudarthroses que lorsqu'il siège dans l'os lui-même dont il détruit la trame et détermine la fragilité, ou lorsque le traumatisme y établit et y fixe la diathèse. C'est alors une cause locale qui agit au même titre qu'un anévrysme de l'os ou qu'une masse hydatique développée dans son tissu.
Causes locales. Nous les diviserons, avec Malgaigne, en deux groupes, suivant qu'elles agissent sur le membre tout entier ou sur le siège de la fracture seulement. Au premier se rattachent d'abord l'atrophie des membres, qu'elle soit congénitale ou qu'elle résulte d'un traumatisme ou d'une crise d'éclarapsie. La paralysie, qu'elle soit causée par une lésion du cerveau ou de la moelle, est considérée comme nuisant à l'organisation du cal ; cependant les chirurgiens ne sont pas d'accord à cet égard, et il faudrait des observations nouvelles, et surtout des expériences sur les animaux, pour permettre d'assigner à celte cause sa véritable valeur. Les inflammations accidentelles, les phlegmons, l'érysipèle survenant pendant le cours du traitement, dans un membre fracturé, peuvent retarder la formation du cal, mais ces influences sont trop passagères pour empêcher la consolidation d'une manière détînitive.
Les causes qui agissent au foyer même de la fracture ont beaucoup plus d'importance que celles que nous avons énumérées jusqu'ici. Nous placerons en première ligne l'espèce d'os intéressé. Il est évident qu'il ne saurait être question de pseudarthroses que dans les os longs, mais, parmi ceux-ci, tous n'y sont pas également disposés. Ceux qui forment à eux seuls le squelette d'une section de membre sont le plus souvent atteints de cette complication. 11 est beaucoup plus difficile de maintenir en place à travers l'épaisseur des parties molles les deux fragments d'un os isolé, tandis que, lorsqu'il y en a deux, ils se prêtent un mutuel appui et il est plus facile d'agir sur eux.
Les os qui sont le plus souvent affectés de pseudarthrose sont, en suivant l'ordre de fréquence, l'humérus et le fémur. Sur 1005 cas relevés par
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M. Bérenger-Féraud, le premier en présente 305 et le second 294. Les os de la jambe viennent ensuite avec 242 cas et ceux de l'avant-bras avec Hl . Gosselin , dans ses cliniques, a attiré l'attention 'sur la fréquence de la pseudarthrose de l'avant-bras cbez les enfants. Les autres se rapportent à la clavicule, aux côtes, à la mâchoire inférieure et aux métacarpiens.
Le siège de la fracture a une grande influence sur la consolidation. Elle s'opère difficilement dans les fractures juxta-articulaires, lorsqu'il s'agit d'une enai'throse. Dans les fractures du col de l'humérus elle est difficile; on a même dit qu'elle était impossible lorsque la solution de continuité porte sur le col anatomique. Mais c'est à tort, car aujourd'hui on admet la guérison de ces fractures et il en reste de nombreux exemples. Dans certains cas, la tête de l'os est creusée par le fragment inférieur et se transforme en calotte articulaire sur laquelle roule le fragment inférieur lisse et comme éburné. Lorsque la fracture porte sur le col chirurgical, le fragment supérieur, très-court, bascule sous l'influence de la contraction des muscles sus et sous-épineux et petit rond ; la partie divisée se porte en dehors, tandis que le bout du fragment inférieur est entraîné en haut et en dedans vers le creux de l'aisselle, par le grand pectoral, le grand rond et le grand dorsal, qui agissent de concert avec le triceps, le coraco-brachial et la longue portion du biceps. Il en résulte que les extrémités fracturées ne se correspondent plus et, comme on n'a aucun moyen d'action sur le fragment supérieur, la coaptation est souvent impossible à opérer et il se forme une fausse articulation.
11 en est exactement de même pour la fracture du col du fémur. Flatner, Ludwig, Louis, Sabatier, ont prétendu qu'elle n'était pas susceptible de réunion lorsqu'elle était intra-capsulaire. Colles et A. Cooper ont affirmé n'en avoir jamais vu de réunie par un cal osseux. Il est certain que, lorsque le trait de fracture siège en dedans de la moitié de la longueur du col, condition pour qu'elle soit complètement intra-capsulaire, la consolidation est cxtrêmemenl rare et peut être considérée comme impossible chez les vieillards, d'où l'inutilité de les maintenir pendant trois ou quatre mois dans une immobilité dangereuse pour leur santé. Dans cette conviction, A. Cooper laissait marcher ses malades au bout de quelques jours avec des béquilles.
Quand la fracture est extra-capsulaire, la consolidation est encore difficile, parce que la tète de l'os n'est plus nourrie que par les vaisseaux du ligament rond et parce qu'on n'a aucune prise sur elle. Enfin, lorsque la solution de continuité a porté au-dessous du petit trochanter, il y a encore des chances de pseudarthrose, par suite du déplacement que subit le fragment supérieur. Les muscles psoas et iliaque le portent en avant, de telle façon que son extrémité ne correspond plus à celle du fragment inférieur et qu'il est impossible de les ramener au contact. Dans ces deux cas, il n'y a pas seulement défaut de coaptation, il y a excès de mobilité. Le fragment supérieur, qui ne peut pas être maintenu par les appareils, joue incessamment sur l'inférieur et une pseudarthrose se forme.
On a prétendu que les fractures se consolidaient plus difficilement, lorsque elles siégeaient sur la partie des os opposée à la direction de l'artère nourricière. C'est une opinion un peu théorique et dont les recherches de Follin n'ont pas confirmé l'exactitude.
Le chevauchement exagéré des fragments, leur écartement, l'interposit'ion de parties molles entre eux, sont encore des causes fréquentes de non-consolidation.
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Ce dernier obstacle s'observe surfout dans les fractures de l'humérus et du l'émur, qui sont entourées d'une gaine musculaire très-adhérente; Chassaignac a cependant montré à la Société de ciiirurgie une pseudarthrose de la clavicule occasionnée par l'interposition du muscle sous-clavier entre les deux fragments, et M. Ollier considère cet enclavement musculaire comme une des causes les plus fréquentes des pseudarthroses.
Les plaies des os sont d'une consolidation très-diflicile. Tous les chirurgiens militaires ont signalé le fait, et le docteur Legouest dans son Traité de chirurgie iVarmée en rapporte trois exemples remarquables. Thomas (de Tours) en a cité un quiitrième. Les lésions causées par les balles qui tiennent à la fois de la plaie d'os et de la fracture sont également d'une réunion difficile. Cela tient à la présence d'esquilles, de corps étrangers dans le loyer de la blessure, à la suppuration longue et inévitable qu'eni raine leur élimination. Ces lésions graves se rapprochent des fractures compliquées de plaies et d'esquilles et, comme elles, sont souvent suivies de pseudarthroses. Sur 225 observations de fausse articulation réunies par Gurll, on trouve G7 fractures compliquées ordinaires et 166 par coups de feu. La suppuration prolongée relarde notablement la consolidation du cal, mais elle ne renipèche pas d'une manière absolue. Lorsque la suppuration a cessé, que les esquilles, les corps étrangers, ont été éliminés, le travail d'ossification du cal commence. 11 se fait même parfois sur un point de la fracture, alors que d'autres suppurent encore. On voit souvent des esquilles emprisonnées dans un cal solide et qui entiainent pourlant une suppuration qui s'écoule par des orifices fistuleux. Le cal se referme même parfois sur des projectiles qui y demeurent enclavés, sans produire de suppuration. Yogelvanger (de Gand), le professeur (Jllier (de Lyon), en ont cité des exemples, et on a trouvé plus d'une fois, à la mort des sujels, des balles enclavées dans le loyer de fractures parfiiitement consolidées et tout à fait guéries.
Dans les fractures compliquées, la pseudarthrose se produit quelquefois par un autre mécanisme. Lorsque i'un des os d'une seclion de membre qui en a deux a subi une perte de subifance considciablc, tandis que l'autre est demeuré intact, celui-ci fait l'office d'attelle et s'oppose au rapprochement des deux parties de son congénère qui se cicatrisent isolément. Si c'est le tibia qui a été frappé, la jambe ne peut plus supporter le poids du corps, le péroné seul étant incapable de le soutenir. Cependant il existe dans la science des observations dans lesquelles un cal solide s'est formé dans ces conditions. Les auteurs du Compendium en citent quelques exemples, un entre autres emprunté à Lamotte et dans lequel la perle de substance du tibia était longue de six pouces (16 centimètres).
De toutes les causes qui amènent les pseudarthroses, la plus fréquente, c'est le défaut d'immobilité, qu'elle |irovienne de l'indocilité du malade ou de la faiblesse du chirurgien, de la difficulté de maintenir les fragments ou du transport des blessés. On peut l'invoquer dans au moins la moitié des cas et, quand cet insuccès semble dépendre d'autres causes, celle-ci vient s'y joindre, à titre d'auxiliaire puissant. Tantôt le bandage est mal appliqué et ne maintient pas les fragments immobiles, tantôt il est enlevé prématurément et avant que le cal soit solide. C'est le cas le plus fréquent; la plupart des pseudarthroses du fémur que nous avons eu l'occasion de voir tenaient à ce qu'on avait supprimé le bandage trop tôt ou qu'on s'était trop pressé de laisser marcher le blessé.
DicT. ENc. 2° s. XXV] r 44
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Dans quelques circonstances l'appareil remplit bien son office, mais c'est le blessé qui ne peut rester en repos. Pendant la campagne d'Kgypte J.-D. Larrev a vu un grand nombre de fausses articulations sur les soldais blessés qu'il avait été obligé de transporter avec lui en revenant de Syrie. Nous avons eu l'occasion de constater l'effet nuisible de la trépidation du chemin de' fer sur un commerçant atteint de fracture de l'avant-bras et que ses affaires appelaient à voyager sans cesse. Pour obtenir la consolidation de son cal, il fut obligé de renoncer pendant plusieurs mois à sa vie errante.
L'application d'un bandage trop serré peut empêcher la formation du cal. Les expériences de Duhamel, de Troja, l'ont prouvé, et l'observation clinique a maintes fois confirmé les données de la chirurgie expérimentale. L. Fleurv a publié en 1837 un certain nombre de faits de ce genre qui ne laissent aucun doute, mais il est encore bien plus fréquent de voir la pseudarthrose succéder à un bandage trop lâche. C'est ce qui arrive souvent lorsque le chirurgien ne surveille pas son appareil, les bandes s'allongent, les attelles et les coussins deviennent flottants et les fragments jouent l'un sur l'autre. Le même accident se produit parfois lorsciu'on applique un bandage inamovible très-peu de temps après la fracture et avant que le gonllement ait cessé. Lorsqu'il se dissipe, le membre, en diminuant de volume, ne remplit pas l'appareil, à l'intérieur duquel il se meut à l'aise et sans qu'on s'en aperçoive, sous cette enveloppe dure que dérobe la fracture aux regards comme au toucher.
L'application trop prolongée du bandage est également signalée au nombre des causes qui peuvent retarder la consolidation des fractures, en causant une sorte de scorbut local, sur lequel J. Cloquet a le premier appelé l'attention. L'immobilité prolongée, la compression exercée sur toute la longueur du membre par l'appareil, diminuent l'activité de la circulation, atrophient les muscles qui deviennent pâles et mous. La peau, insuffisamment nourrie, s'amincit, se sèche, se flétrit, tout l'ensemble s'étiole, languit, et les os participent à cet état général. Tout le monde a vu sortir de l'appareil, après un séjour prolongé, des jambes (c'est sur elles qu'on observe le plus souvent cette altération) qui n'ont plus de formes. La peau est ansérine, grisâtre, couverte d'un piqueté noir; le genou paraît énorme ; le pied est souvent œdématié, parfois on observe des ecchymoses sur les points que l'appareil a plus spécialement comprimés. Dans cet état, le cal ne se solidifie pas ; il suffit de débarrasser le membre de son appareil, de lui donner de l'air et d'exercer sur lui quelques frictions stimulantes, pour y ramener la cii'culation et la vie, et on voit la fracture se consolider en même temps que le scorbut local se dissipe.
On a accusé les irrigations froides et l'application trop prolongée des topiques émoUients de retarder la consolidation des fractures, mais rien n'est moins prouvé que cette cause trop facilement admise.
II. A>ATOMiE ET PHYSIOLOGIQUE PATHOLOGIQUES. Pour sc rendre compte du mode de formation des pseudarthroses, il faut se rappeler les phases par lesquelles passe l'ossification du cal. On sait qu'après une fracture, lorsque le sang épanché entre les fragments a été résorbé, toutes les parties divisées laissent exsuder une Ivmphe plastique qui le remplace, et au sein de laquelle on aperçoit d'abord des leucocytes. Le périoste se gonfle et ses fibres feutrées se dissocient, puis au sein de ce plasma se déposent lentement les matériaux nécessaires à la production du cal. Ils résultent d'abord de la prolifération des cellules embryon-
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naires qui tapissent la face interne du périoste, el, en second lieu de celles qui sont fournies par le tissu médullaire et le tissu connectif des canalicules de Havers. Au sein de ces cléments se forment des masses cartilagineuses qui finissent par constituer une gangue dans laquelle baignent les deux extrémités de l'os. Yers le quinzième jour cette gangue commence à s'ossifier. Ce travail s'opère, comme celui de l'ossification normale, à l'aide de bourgeons vasculaires et de travées osseuses qui les séparent. Celles-ci forment par leur rayonnement un manchon à la faveur duquel les deux bouts de l'os sont réunis. Cela se passe du quinzième au quarantième jour à peu près. Au bout de ce temps le cal est solide, si rien n'est venu entraver sa formation, si les bouts de l'os sont restés en rapport et que l'immobilité ait été bien complète. S'il est au contraire intervenu quelques-unes des perturbations que nous avons étudiées précédemment, la stratification régulière des travées qui constituent l'os périostique rayonné ne peut pas se faire, ou n'est que partielle; elle lait absolument défaut sur certains points, est remplacée sur d'autres par la formation de tissu fibreux qui s'organise en faisceaux ligamenteux ou en trame capsulaire. Parfois l'exubérance des travées osseuses est telle qu'elle donne naissance à une masse considérable de stalactites au sein desquelles les bouts de l'os restent mobiles ; enfin, dans quelques cas, il ne se produit pas de cal et les deux bouts de l'os se cicatrisent isolément au milieu des parties molles. C'est ce qui arrive lorsqu'ils sont tenus à distance l'un de l'autre par l'une des causes que nous avons indiquées, ou lorsqu'un faisceau musculaire vient s'interposer entre eux.
Classification. On comprend, d'après ce qui précède, que la disposition anatomique des pseudarthroses doit être extrêmement variée. Aussi chaque auteur a-t-il sa classification. Nous ne citerons pas celles de Kunholtz, de Cruveilhier, de Gerdy, de Malgaigne, de Foliin, qui sont faciles à retrouver dans les autours classiques, et nous adopterons celle de Norris, qui nous paraît la plus satisfaisante. C'est du reste cette classification qui a été donnée par Hamilton dans la dernière édition de son Traité des fractures.
Norris divise les pseudarthroses en quatre classes :
l" Les pseudarthroses dans lesquelles le cal est resté cartilagineux. Ce cal présente la texture d'un cal qui n'est pas arrivé à l'ossification et qui peut voir d'un moment à l'autre des dépôts osseux se faire au milieu de sa masse ; on peut à peine dire dans ces cas qu'il y a pseudarlhrose, mais la limite est trèsdifficile à établir entre le pseudarthrose proprement dite et le retard de consolidation.
2" Les pseudarthroses dans lesquelles les extrémités osseuses sont réunies par des tractus fibreux plus ou moins longs. C'est à celte seconde classe que Dénucé donne le nom de pscudosynarthrose. Dans ce cas, les deux fragments lisses et arrondis sont réunis par une masse fibreuse, sorte de cal flexible dans lequel ils sont plongés ou bien maintenus en rapport par des tractus ligamenteux formant des faisceaux irréguliers de volume variable. Le canal médullaire est en général complètement oblitéré soit par de l'os, soit plus souvent par une espèce de tissu ressemblant à une formation périostique.
5" Les pseudarthroses dans lesquelles il s'est formé une véritable articulation. On y trouve des ligaments, une capsule et même à l'intérieur un liquide analogue à de la synovie. C'est le second genre de la classification proposée par Dénucé, genre auquel il donne le nom de pseudarthrose diarthrodiale ou pseudo-
692 PSEUDARTHROSE.
diarlhrose. Les exlrémilés osseuses sont encroûtées de cartilages; elles sont réunies par des trousseaux fibreux représentant une capsule tapissée intérieurement par une véritable séreuse. Ces particularités, que Coyer, Henson, Clielius, Aniesburg et autres, se refusaient autrefois à reconnaître, ont été maintes et maintes fois contrôlées par les observations de Sylvestre, Brodie, Béclard, Howschip, Otto, Langenbeck, Brescbet, Cliassaignac, Letenneur (de Nantes,), etc. Elles sont aujourd'hui mises à contribution dans les cas oiî on désire, après une résection, donner naissance à une néoarticulation.
4" Les pseudarthroses dans lesquelles les fragments restent complètement indépendants. Ce sont les pseudarthroses libres et flottantes. Ici pas de ligaments, pas de Iraclus fibreux qui réunissent les deux extrémités séparées. Ces dernières sont plus ou moins éloignées l'une de l'autre. Elles flottent au milieu des parties molles et entre les faisceaux musculaires qui les séparent. Elles sont effilées et représentent deux surfaces coniques se regardant par leurs sommets. Quelquefois les fragments sont irréguliors, mais toujouts amincis et diminués de volume. Dans ces cas le membre est considérablement amaigri, présente à peine quelques saillies musculaires et est, bien entendu, condamné à rinij)uissance. -M. Bérengcr-Féraud admet dans sa classification une cinquième forme à laquelle il donne le nom de pscudarthrose ostéophytique ou avec maladie des extrémités osseuses, mais, comme le fait remarquer très-justement M. Déiiucé dans son article du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, ces productions osléophytiques ne constituent pas une forme essentielle de la pseudarthiose, peuvent se rencontrer également dans tous les genres de fausse articulation et n'en sont en somme qu'une complication. 11 en est de même de l'ostéite, de l'ostéomyélite, du cancer, des tubercules, des liydatides, qui peuvent venir s'ajouter à la pscudarthrose, sans que pour cela il soit besoin de faire une division à part comme le font MM. Poulet et Bousquet dans leur Traité de pathologie externe sous le nom de pseudarthroses compliquées.
in. Symptômes et pronostic. Il n'existe véritablement qu'un seul signe caractéristique des pseudarthroses, c'est la persistance de la mobilité anormale dans une fracture (.\m devrait être depis longtemps consolidée. La question de temps est capitale en pareil cas, car le seul point de diagnostic qu'il y ait à élucider consiste à reconnaître si l'on se trouve en présence d'un cal dont la consolidation est simplement retardée et qui peut encore guérir à l'aide de rimmobilité prolongée des fragments, ou si l'on a affaire à une pscudarthrose confirmée et qui ne laisse plus de chance de guérison spontanée, M. Ollier le fixe à un an.
Il faut que ce point soit bien éclairci avant qu'on puisse instituer le traitement. On doit donc s'assurer d'abord de l'étendue de la mobilité et de la facilité avec laquelle s'accomplissent les mouvements anormaux. La palpatioo attentive du membre permet de reconnaître la situation respective et les rapports des fragments et de donner quelques renseignements sur les moyens d'union qui existent entre eux. Cette exploration terminée, on doit s'enquérir des commémoralifs, du temps qui s'est écoulé depuis la fracture, des conditions dans lesquelles s'est trouvé le blessé, de sa constitution, des causes qui ont pu entraver la consolidation et des moyens qui ont été mis en usage pour l'obtenir.
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A l'aide de ces moyens d'investigation on parviendra, dans l'immense majorité des cas, à se faire une conviction, mais, s'il reste un doute, il n y a pas à he'siter, il tant se conduire comme si l'on avait affaire à une consolidation retardée, appliquer avec le plus grand soin un appareil susceptible d'assurer une immobilité complète et attendre le temps nécessaire pour pouvoir en apprécier les eifets.
Le pronostic des pseudartbroses varie suivant la variété en présence de laquelle on se trouve et surtout suivant le membre affecté. Des trois lormes que nous avons admises la fibreuse est la moins grave. Lorsqu'elle est serrée, elle permet dans une certaine mesure l'accomplissement des fonctions du membre. Les pseudartbroses fibro-stjnoviales sont plus fàcbeuses, parce que l'organisation d'une véritable articulation rend les mouvements anormaux plus étendus et enlève tout] espoir de guérison spontanée. La pseudartbrose flottante réduit le membre à l'impuissance fonctionnelle la plus absolue et est par conséquent plus sérieuse encore. Quant aux pseudartbroses compliquées, le pronostic varie à l'infini, suivant la cause vulnérante et les complications qui sont survenues. Il est à peine besoin de dire que celles qui résultent de la présence de noyaux cancéreux ou tuberculeux doivent leur gravité à la diatbèse et non à l'état local.
Le siège a plus d'importance que l'espèce au point de vue du pronostic. Les pseudartbroses des côtes, de la clavicule gênent à peine les fonctions de ces os; celles du membre supérieur sont les plus fàcbeuses parce qu'elles s'opposent à la marcbe, et celles de la cuisse le sont plus que celles de la jambe parce que ces dernières se prêtent mieux à l'application des moyens protétbiques. En général, la pseudartbrose du fémur ne permet la marcbe qu'avec des béquilles. Cependant J.-D. Larrey a présenté à l'Académie de médecine un vieil invalide qui était affecté, depuis de longues années, d'une pseudartbrose du fémur. Elle siégeait au milieu de l'os, les fragments étaient fort mobiles et le membre très-raccourci. Le malade marcbait cependant sur ce membre, au moyen d'un soulier à liant talon et sans secours de béquilles.
Les fausses articulations du membre supérieur sont plus pénibles an bras qu'à l'avant-bras, et celles du côté droit sont plus gênantes que celles du côté gauche, pour des raisons qui se comprennent sans qu'il soit nécessaire de les exposer.
IV. Traitement. Les pseudartbroses ne compromettent jamais la vie et ne constituent qu'une infirmité. Il ne faut jamais perdre cela de vue quand il s'agit d'apprécier les moyens qu'on peut leur opposer.
Le traitement peut être médical ou cbirurgical, palliatif ou curatif.
A. Traitement médical. Il s'adresse à l'état général du malade. Si l'on a des raisons de croire que la pseudartbrose est sous la dépendance de l'anémie, de l'affaiblissement causé par des bémorrhagies, des saignées, un régime trop débilitant, un séjour au lit trop prolongé, on instituera un traitement tonique et reconstituant; on relèvera, en un mot, les forces du blessé, avant de rien entreprendre. S'il est sous le coup de la syphilis, on le soumettra à l'usage des médicaments spécifiques. Tout cela est presque inutile à dire et souvent tout aussi inutile à faire; il y a cependant là, chacun le conçoit, des indications préalables qu'il ne faut pas négliger. Quant aux remèdes auxquels on a attribué la propriété de guérir les pseudartbroses, comme
694 PSEUDÂRTHROSE.
l'aigremoine, la primevère, la musnie, la garance, etc., personne n'y croit plus aujourd'hui.
L'iodure de potassium, qu'on a préconisé également comme un spécifique, ne mérite ce nom et ne produit de bons effets que lorsque les lésions osseuses dépendent de la syphilis. Le phosphate de chaux, qui a été vanté au même titre, n'est indiqué que lorsqu'on est en droit d'attribuer le défaut de consolidation à l'insuffisance des sels calcaires.
B. Traitement chirurgical. Les cas où il y a lieu d'instituer un traitement général sont rares; le plus souvent les pseudarthroses tiennent à une cause locale et ne sont tributaires que du traitement chirurgical, qui peut être, comme nous l'avons dit, palliatif ou curatif.
\° Le ti-aitement palliatif consiste d'Ans l'application de moyens de prothèse qui donnent au membre affecté de pseudarthrose la rigidité qui lui manque et lui permettent d'accomplir tout ou partie de ses fonctions. On en a imaginé de fort ingénieux pour toutes les régions. On les trouvera décrits et figurés dans le Traité des pseudarthroses de M. Bérenger-Féraud. Nous ne saurions entrer dans de pareils détails et nous nous bornerons à dire que c'est surtout aux membres supérieurs et plus particulièrement dans les pseudarthroses de l'avant-bras qu'ils rendent de bons services. On peut se borner, dans ces cas, à n'appliquer les tuteurs que sur les segments du membre oii siège la fausse articulation, tandis qu'aux extrémités inférieures, où la solidité est nécessaire, il faut le plus souvent comprendre le membre entier dans l'appareil et prendre un point d'appui sur la hanche. Les auteurs du Compendium de chirurgie pratique estiment que, lorsque à l'aide de ces moyens de prothèse les malades peuvent se servir de leur membre, ne dùt-il pas recouvrer toute l'étendue, toute la délicatesse de ses mouvements, il vaut mieux le leur faire porter toute la vie que de les soumettre aux chances d'une opération. Un pareil conseil était pleinement justifié à l'époque où il a été donne, mais depuis lors la chirurgie s'est enhardie pour des motifs que j'indiquerai plus loin et ne se résout plus à cette abstention systématique.
2" Le traitement curatif consiste en manœuvres qui sont souvent inutiles, et en opérations qui ont plus de chances de réussite et dont l'antisepsie a notablement diminué les dangers.
On fait en général figurer parmi les premières l'immobilité prolongée. C'est ce que font les auteurs que nous avons si souvent cités, M.M. Denucé, Poulet, Bousquet, etc. Nous ne les imiterons pas, parce que nous avons donné comme critérium de la pseudarthrose l'inutilité de ce moyen de traitement. C'est le caractère qui permet de la diagnostiquer. Toutes les fois qu'on a guéri un malade à l'aide de l'immobilité et des appareils à fracture, c'est qu'on avait affaire à une consolidation retardée et non à une véritable pseudarthrose. La distinction est capitale.
Les autres moyens ont pour but de réveiller le travail d'ossification et ne réussissent également que lorsqu'il n'était pas encore complètement éteint.
Irritants extérieurs. Les douches ont donné au professeur Verneuil un succès remarquable; l'électricité a réussi entre les mains deBirch (de Londres); d'autres ont obtenu de bons résultats des topiques irritants, tels que la teinture d'iode, l'huile de croton, l'essence de térébenthine, des frictions sèches, des pulvérisations d'éther, du massage, etc. Les applications extérieures de teinture d'iode ont donné 19 guérisons sur 29 cas relevés par Gurlt. Il est évident que.
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dans la plupart de ces cas, sinon dans tous, on avait affaire à des consolidations en retard. Walker (d'Oxiord) et Brodie se sont bien trouvés des vésicaloires volants, appliqués successivement autour du siège de la fracture, dans des cas où la consolidation tardait à se faire, mais il n'est pas prouvé que ce moyeu ait jamais guéri une pseudarthrose confirmée. Nous en dirons autant des pointes de feu, qui sont pourtant dans notre opinion bien préférables à tous les moyens qui précèdent. Dans les cas où il y a lieu d'essayer des irritants extérieurs, c'est à elles que nous conseillons d'avoirs recours.
Froltement. Le frottement des fragments, dont on trouve la première indication dans Celse, a procuré quelques succès à Velpeau et h. Malgaigne.
11 consiste à saisir fortement le membre au-dessus et au-dessous de la fausse articulation et à frotter les extrémités mobiles l'une contre l'autre, jusqu'à ce que la douleur se fasse sentir. On peut encore laisser ces frictions s'opérer automatiquement, en plaçant le membre dans un appareil qui en assure la rigidité, tout en laissant un certain jeu aux fragments et en faisant marcher le blessé. L'irritation des extrémités osseuses, le tiraillement des tissus fibreux qui résultent de cette manœuvre, peuvent réveiller le travail ostéo-plastique et amener une consolidation. Il paraît qu'on y a réussi quelquefois dans des cas de pseudartbroses fibreuses simples, ou fibro-synoviales : ce sont les seules formes qui se prêtent à l'application de ce moyen. 11 est absolument inutile dans les pseudartbroses llottantes et dangereux dans celles qui sont compliquées.
Acupuncture . C'est Malgaigne qui y a eu recours le premier, en 1837, mais, sur 57 aiguilles, il ne put parvenir à en introduire qu'une seule entre les deux fragments. Wiesel a mieux réussi en 1840. Lenoir, en 1845, a guéri par ce moyen une pseudartlirose du fémur, et M. Bérenger-Féraud a réuni 26 observations dans lesquelles ce traitement a été suivi. 11 a donné
12 succès pour 14 insuccès. Un pareil nombre de guérisons ne peut se concevoir qu'en admettant l'explication à laquelle nous avons déjà eu recours plusieurs fois'': c'est qu'il ne s'agissait pas, dans la plupart des cas, de pseudartbroses confirmées.
L'électro-punclure est plus rationnelle et a dû réussir plus souvent. En 1850, Lente (de New-York-Ilospital) obtint trois guérisons par ce moyen, mais l'action électrique n'était que la faradisation. Le professeur Le Fort lui a substitué l'électrolyse, et il a obtenu, grâce à elle, deux succès complets sur quatre cas où il y a eu recours, et dont il a rendu compte au Congrès français de chirurgie, dans la séance du 17 mars 1888. La première guérison a été obtenue pour une pseudarthose du cubitus; une électrolyse de cinq à six minutes a suffi. Dans le second cas, il s'agissait d'une fausse articulation de l'humérus ; il est survenu un abcès à la suite de l'électrisation et la guérison n'en a pas moins été complète. M. Le Fort pense que, dans les pseudarlhroses fibreuses, l'électrolyse est préférable à tous les autres moyens.
On peut rapprocher des opérations qui précèdent un moyen auquel Blandin a eu recours le premier, et qui a été régularisé par un chirurgien de Chicago, le docteur Brainard. Il consiste à introduire un perforateur dans le foyer de la fracture et à pratiquer plusieurs trous sur l'extrémité des fragments. Le perforateur retiré, on ferme la petite plaie avec du collodion, et on applique un appareil inamovible. Le professeur Ollier (de Lyon) est partisan de ce procédé,
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qui lui a donné quatre guérisons et n'a jamais produit d'accidents sous ses yeux.
Cautérisation. La cautérisation a été employée sous deux formes. Matliias- Mavor, eu 1828, a imaginé de faire pénétrer un trocart dans le foyer de la fracture et de glisser dans sa canule un stylet porté à 100 degrés par son immersion dans l'eau bouillante. Ce moyen, qui lui a réussi deux fois après de graves complications, a échoué entre les mains du docteur Yerneuil et de Nélaton. Ce dernier avait eu recours à la galvano-caustique. On a également essayé de la cautérisation potentielle, en injectant un caustique liquide dans le foyer de la fracture, à l'aide d'une seringue de Pravaz. Ces pratiques sont dangereuses et trop incertaines pour qu'on puisse les conseiller. La teinture d'iode, plus inoffensive, a réussi au professeur Lannelongue, et notamment chez un enfant de quatre ans qui a guéri après cinq ou six injections.
Séton. Le séton, employé pour la première fois par Winslow, en 1787, a réussi, quelques années après, entre les mains de Percy, et a été érigé en méthode par l'hysick (de l'hiladelpliie), en 1802. Il s'agissait d'une pseudartlirose de l'humérus qui remontait à vingt mois. Le chirurgien américain fit passer, entre les extrémités osseuses, une aiguille enlllée d'un fil de soie qu'il laissa à demeure. La consolidation commença à se faire au bout de trois mois et ne fut parfaite que deux mois plus tard. On retira alors le séton.
Celte méthode a joui d'une certaine vogue pendant la première moitié du siècle et a subi de nombreuses modifications. Sommé (d'Anvers) remplaça le fil de soie de Physick par une anse métallique dont les deux bouts sortaient par une plaie unique. En tirant chaque jour sur eux, le plein de l'anse finissait par parcourir tout l'interligne pseudo-articulaire, en irritant successivement toutes les parties avec lesquelles il était en contact. Dieffenbach, s'inspirant des travaux de Troja, Duhamel, Flourens, eut, vers 1848, l'idée de perforer les fragments à petite distance de leur extrémité et d'introduire dans les trous des tiges d'ivoire que d'autres ont remplacées par des clous de jdomb ou par des liges métalliques munies d'un pas de vis et pouvant servir ensuite à faire la suture des os. Scliede (de Hambourg) a réussi dans cinq cas en enfonçant dix ou douze clous d'acier, de 55 à 50 millimètres de long et de 2 millimètres d'épaisseur, à travers la peau, dans l'os ramolli et le tissu intermédiaire.
Sur quarante opérations faites à l'aide de corps étrangers introduits dans le foyer de la fausse articulation, M. Bérenger-Féraud a relevé 21 succès et 19 insuccès. Nous ferons à ces procédés et à[[cette statistique les mêmes objections qu'aux autres, et nous ne nous arrêterons pas plus longtemps sur des procédés dont la plupart n'appartiennent plus qu'à l'histoire de l'art.
Les méthodes que nous venons d'exposer sont logiques au point de vue de la physiologie pathologique, mais défectueuses dans leur application; elles appartiennent à une époque où la chirurgie, doutant d'elle-même, procédait par tâtonnements et s'en allait cherchant sa voie. Elle l'a trouvée aujourd'hui. Grâce à l'antisepsie, elle n'a pas à reculer contre les entreprises audacieuses et elle peut, en toute sécurité de conscience, s'attaquer par des opérations sérieuses aux infirmités qu'elle était forcée de respecter autrefois. Elle ne réprouve plus les opérations de complaisance, et l'orthopédie opératoire fait chaque jour de nouveaux progrès. Le traitement des pseudarthroses en a bénéficié comme le reste.
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Aujourd'hui, lorsqu'une fausse articulation ne peut pas être maintenue par un appareil prothélique de manière à permettre au membre de remplir complètement ses fonctions, on n'hésite pas devant une opération sanglante. Les résections sont entrées, comme méthode courante, dans le traitement des pseudarlhroses. La première a été pratiquée par While (de Manchester) en 1760, la seconde en I7G9, et il réussit dans les deux cas. En 182G, un médecin américain, Kearny-Rodgers, eut l'idée d'y joindre la suture des os. Depuis lors, de nombreuses variantes ont été apportées à ces procédés primitifs. Tantôt on s'est borné à réséquer l'un des fragments, tantôt on les a sciés ou ruginés tous les deux, mais ce sont les moyens d'immobilisation des deux fragments qui ont le plus varié. Les uns, comme Uiedinger (de Wùrzliurg), §se sont servis de catgut ou de fragments de baleine, moyen que Diclfenbach avait déjà préconisé. Le catgut n'offre pas assez de résistance et se résoibe trop vite pour maintenir les fragments assez longtemps en contact; la baleine est préférable d'après Riedinger, parce que son tissu est susceptible de se résorber et que l'os nouveau se dépose dans les lacunes. Le bois et le caoutchouc ont été abandonnés parce qu'ils causent de la suppuration; enfin, tout récemment, on a essayé de pratiquer la réunion à l'aide de clievilles en os de veau rendues ase[)tiqnes. C'est par ce moyen que le docteur Jalaguicr a guéri un malade (|u'il a présenté le 28 novembre 1888 à la Société de chirurgie. 11 s'agissait d'une pseudarlhrose de l'humérns.
Ces moyens d'union suffisent et donnent'de bons résultats dans les pseudarthroses du membre supérieur, mais il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit du fémur. C'est là que l'opération est le plus nécessaire parce qu'un défaut de consolidation rend le membre absolument inutile; c'est aussi là qu'elle piésente le plus de difficultés et de périls. M. Paul Berger les a très-bien fait ressortir dans un travail qu'il a publié dans la Revue de chirurgie {l. VU, novembre 1887, p. 853). Dans les pseudarthroses de cet os, les fragments sont ensevelis au milieu des masses musculaires où il faut aller les chercher, ce qui ne peut se faire sans grands délabrements et souvent au prix d'une hémorrhagie assez abondante. Si l'on opère dans les profondeurs, la poussière osseuse résultant de l'action de la scie ou du drille se mêle au sang qui coule, reste avec lui dans les anfractuosités de la plaie et amène une suppuration presque inévitable. Si, pour éviter ce péril, on se décide, comme le conseille M. Berger, à attirer les fragments au dehors, on éprouve de grandes difficultés surtout pour l'inférieur. 11 faut fléchir la cuisse sur elle-même, au niveau de la pseudarthrose, de manière à exagérer ia saillie des extrémités osseuses préalablement libérées de leurs connexions avec le périoste et les parties molles environnantes, ce qui exige un certain déploiement de force qui a pour conséquence le froissement et la contusion des parties profondes de la plaie.
Lorsque l'avivement est produit, il faut compter avec la tendance que les fragments ont à s'écarter de nouveau et lutter contre elle avec des moyens puissants. M. Paul Berger recommande pour cela l'enclavement des fragments et la suture métallique. Il pratique un avivement cunéiforme à l'aide de deux traits de scie qui se rejoignent à angle aigu. L'un des fragments est ainsi excavé, tandis que l'autre, taillé en sens inverse, présente une saillie qui s'adapte exactement à l'encoche de l'autre bout. Cet enclavement est maintenu par une suture osseuse à fils perdus. M. Berger emploie pour la faire de très gros fil de platine. Il donne la préférence à ce métal, à cause de son inaltérabilité qui
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permet de le faire passer à la flamme ou dans les acides, sans lui faire perdre de sa résistance. 11 fait deux points de suture. Les chefs sont tordus, coupés à 1 centimètre de leur point de jonction, rabattus sur l'os, martelés et nivelés au polissoir, afin d'en atténuer les aspérités, puis le périoste qui a été détaché des fragments est ramené sur eux sans qu'il soit nécessaire de le suturer.
Cela fait, le membre est immédiatement emprisonné dans un appareil plâtré , jiréparé à l'avance et divisé en deux valves qui sont réunies par quelques liens bouclés, placés de distance en distance. La valve supérieure est plus tard divisée en fragments qui peuvent s'enlever isolément pour renouveler le pansement et surveiller les différentes parties du membre.
Grâce à ces précautions, M. Berger est parvenu à obtenir une consolidation osseuse complète, dans deux cas de pseudarthrose confirmée de la diaphyse du fémur.
Si nous avons décrit ce procédé avec quelques détails, c'est parce qu'il nous paraît parfaitement combiné d'une part et de l'autre, parce qu'il donne une idée des difficultés et des dangers que présente la résection dans la pseudarthrose, qui peut être considérée comme le tyj)e de ces affections et qui pourtant réclame le plus impérieusement une intervention active et efficace.
M. Tillaux ne partage pas l'opinion de M. Berger au sujet de ces difficultés. Il considère la résection des fragments et la suture comme inutiles . A #■ ses yeux, comme à ceux de M. Ollier, la cause la plus sérieuse de la non-con-
solidation des fractures, c'est l'interposition entre les fragments d'une bride musculaire ou fibreuse. C'est là l'obstacle qu'il faut détruire, et pour lui l'opération de la pseudarthrose du fémur doit se réduire aux manœuvres suivantes :
1" Découvrir les fragments par une large incision pratiquée à la face externe du fémur .
2° Enlever tous les tissus interposés entre les fragments, afin que ceux-ci se trouvent en contact immédiat.
5° Rafraîchir les surfaces osseuses à l'aide de la cuiller tranchante et au besoin avec quelques coups de ciseau et de maillet.
4° Antisepsie de la plaie, drainase et réunion immédiate.
5° Application de l'extension continue.
Nous ne saurions partager la confiance qu'inspire à M. Tillaux cette méthode qu'il a exposée avec son talent ordinaire devant le Congrès de chirurgie, à la séance du 16 mars 1888. Je propose, disail-il, de mettre les pseudarthroses dans les conditions où se trouvent les fractures compliquées récentes et de leur appliquer un traitement analogue : or, depuis quelques années, on n'emprisonne plus les membres dans les appareils. On les laisse complètement libres, en se contentant d'appliquer l'extension et la contre-extension sur le membre inférieur, et les résultats obtenus de la sorte sont surprenants. On pourrait objecter à M. Tillaux qu'une pseudarthrose rafraîchie ne ressemble pas tout à fait à une fracture récente, et qu'elle a beaucoup plus d'analogie avec une plaie d'os par Instrument tranchant : or, quand la section est complète, la consolidation est souvent lente et difficile. De plus, si le membre n'est pas consolidé, cela tient à une cause générale qu'il est souvent difficile de saisir ou à l'indocilité du malade ou à la difficulté d'appliquer un bon appareil sur la région, et ces conditions restent les mêmes dans une pseudarthrose rafraîchie. Il faudrait donc réserver ce procédé aux cas de non-consolidation par interposition de brides musculaires
PSEUDARTHROSE. 699
et filireuses, et on pourrait peut-être craindre que cette interposition ne se reproduisît sur un membre en liberté dont l'immobilité ne nous paraît pas suffisamment assurée par l'extension et la contre-extension appliquées seules.
Le danger des méthodes sanglantes doit un peu préoccuper le chirurgien. H est considérable dans les résections du fémur. Sur 52 opérations de ce genre, M. Bérenger-Féraud a compté 52 guérisons, 11 morts et 9 insuccès. La statistique de Franck Muhlenberg (de Philadelphie) n'est pas beaucoup plus favorable : sur 32 résections il y a eu 19 guérisons et 8 morts. Enfin, en 1886, P. Bruns a rassemblé 98 faits de résection pratiquées pour des fractures non consolidées de la cuisse et qui ont donné les résultats suivants : 50 guérisons, 2 améliorations, 25 insuccès, 19 morts et 2 cas dont l'issue n'est pas connue. De pareils résultats ne sont pas encourageants, puisqu'ils donnent une moyenne de 21 décès pour 100 opérations, mais il faut remarquer que la plupart d'entre elles se rapportent à une époque antérieure à la généralisation et au perfectionnement de la méthode antiseptique. Les amputations donnaient alors des résultats encore bien plus déplorables; aujourd'hui elles sont ])resque toujours couronnées de succès et il en sera évidemment de même des résections dans les cas de pseudarthrose fémorale. Nous n'en sommes pas à cet égard réduits à de simples suppositions, les faits ont déjà parlé. Au dire de Mac-Cormac, sur 8 résections pratiquées par Lister pour de fausses articulations du fémur et pansées d'après sa méthode il n'a pas eu à déplorer un décès. Les autres pseudarthroses peuvent être opérées avec beaucoup moins de difficultés et surtout moins de péril. Au lieu de 21 pour 100 de pertes, les anciennes statistiques ne donnent que 5 décès pour 100 résections du membre supérieur.
Nous ne parlerons que pour mémoire de l'amputation qui ne pont être indiquée que dans les cas de pseudarthroses accompagnées d'altérations tellement graves que la vie est prochainement menacée, dans le cas où des opérations malheureuses ont amené des accidents tels que le sacrifice du membre est devenu la dernière ressource, et dans ceux oîi la résection, quoique bien conduite, a été suivie d'un insuccès complet, par suite de l'atrophie des fragments osseux. Dans ce cas, si le membre est inutile et gênant, on peut être conduit à en faire le sacrifice. C'est ce qui est arrivé à M. Ollier, dans un cas très-intéressant qu'il a relaté dans son Traité des résections.
En résumé, nous pensons que, dans l'état actuel de la science, la conduite à tenir est la suivante :
Tant qu'on n'est pas absolument certain qu'on a affaire à une pseudarthrose confirmée, tant qu'il ne s'est pas écoulé depuis l'accident un temps assez long pour ôter tout espoir d'obtenir la consolidation par l'immobilité prolongée, il faut tenter ce moyen en emprisonnant tout le membre dans un appareil plâtré.
Lorsqu'il existe du scorbut local, ce qui n'arrive guère qu'à la jambe, comme nous l'avons dit plus haut, il faut la placer dans une simple gouttière plâtrée et l'exposer à l'air en exerçant sur la partie accessible des frictions stimulantes, en même temps qu'on relève les forces du malade par un régime réparateur.
Lorsque les moyens précédents n'ont pas réussi, ou lorsqu'on est bien certain qu'ils n'ont aucune chance de succès, on peut essayer du frottement par un des procédés que nous avons indiqués et en cas d'échec recourir à l'électi'olyse en suivant le conseil de M. Le Fort, Ces moyens réussissent parfois, lorsqu'on a
7C0 PSEUDHYMÈNES.
affaire à des pseuilarthroses fibreuses ou ostéofibreuses, mais ils échouent complètement dans celles qui sont llottantes, surtout lorsqu'il s'est interposé un faisceau musculaire entre les deux fragments.
Cette disposition est, d'après M. OUier, celle qui s'oppose le plus invariablement à la consolidation des fractures, non-seulement parce que le tissu intermédiaire n'est pas susceptible de s'ossifier, mais parce que les contractions de ce faisceau musculaire impriment des mouvements incessants au fragment le plus mobile. On peut diagnostiquer cette disposition sur le vivant dans les pseudarlhroses du fémur et de l'humérus. La pointe de l'un des fragments fait en effet parfois saillie sous la peau, pendant que l'autre est profondément caché dans les chairs. Dans ce cas, la résection est le seul remède, et il faut la pratiquer dès que le diagnostic est bien posé. On découvrira les fragments à l'aide d'incisions placées de manière à les atteindre fiicilement, mais, suivant les conseils d'Ollier, sans jamais les mettre à nu sur leurs faces latérales, on incisera et on réséquera les tissus fibreux intermédiaires. S'il existe un faisceau musculaire, on le coupera, pour qu'il ne puisse plus venir s'interposer entre les fragments. Ceux-ci libérés, ou en abrasera les surfaces terminales, si elles sont disposées de manière à pouvoir s'appliquer sur une assez grande étendue; dans le cas contraire, il faut faire la résection; mais avant de scier l'os il faut le dénuder de son périoste et le rabattie en forme de niancliotles adhérentes aux parties molles. On coupera alors les bouts de l'os transversalement, en biseau ou en pratiquant une encoche suivant les cas. On pourra alors suturer les manchettes périostiques rabattues, mais cette précaution est le plus souvent inutile. Toutefois on doit craindre qu'elles ne s'inter|)osent entre les surfaces de section et qu'elles ne compromettent la coaptation. On fixera les fragments. On peut y parvenir soit à l'aide de la suture osseuse, soit à l'aide de chevilles métalliques en ivoire ou en os de veau, soit à l'aide des griffes de Malgaigne ou des pointes volantes d'Ollier. La suture au fil d'argent ou au fil de platine ainsi que les chevilles résorbables paraissent être préférées à cause de la possibilité de fermer la plaie en abandonnant ces corps étrangers dans les tissus où ils s'enkystent. Le choix du procédé dépend du reste du genre de pseudarthroses auquel on a affaire et de l'os sur lequel elle est placée.
Eugène Rochard.
PSEUDEXCÉPUALIEXS (de -^n^Hç, l^iux, et èvy.i^ja),©;, encéphale). Monstres chez lesquels le cerveau est remplacé par une tumeur informe. L. H.n.
PSEL'DliELMlKTnES. \ous avons réservé le nom d'helminthes {voy. ce mot) « à tous les animaux qui vivent en parasites chez l'Homme ou chez d'autres animaux et qui, en même temps, peuvent être classés dans l'une quelconque des divisions de l'embranchement des Vers ». D'après cette définition, le nom de Pseudhelminthes ne saurait être appliqué qu'à des parasites fictifs que l'on croyait pouvoir ranger parmi les Vers ou qu'à des Vers rencontrés accidentelle- ■ment sur ou dans l'Homme et considérés à tort comme de vrais parasites. Les pseudhelminthes, dont on a décrit un grand nombre, ne sont donc qu'une variété de pseudo-parasites; leur histoire sera faite en même temps que celle de ces derniers [voy. Pseudo-parasites). R. Rl.
PSEUDHYuiéives (J/sySiiç, faux, uuÀv, membrane). Nom donné par Laboul-
PSEUDOCUMÈNE. 701
bène aux fausses membranes accidentelles, déposées sur les muqueuses ou le tégument externe et généralement appelées fausses membranes. Ce terme correspond aux Nécrohipnènes {-Jiy,p6,, mort, ya/jv, membrane), membranes normales, mais mortifiées, de la stomatite ulcéro-membraneuse et autres, ainsi qu'aux Néohymènes (vcô;, jeune, nouveau, ûa/jv, membrane) ou néomembranes {voy. Néomembra>es, 2'- série, t. XII, p. 100) qui s'organisent définitivement (A. Laboulbène, Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et pathologique, pages 12, 15 et 550, 1879). L. Ih.
PSEUDIS. Laurenti a donné ce nom à des Batraciens anoures {voy. ce mol) faisant partie de la famille des Gystignatidées [voy. Grenouille) qui ont la langue entière ou faiblement échancrée, la pupille borizontale, des dents au vomer, le tympan visible; les doigts sont libres, le premier pouvant s'opposer aux suivants; les orteils sont réunis jusqu'à leur extrémité par une large membrane; les mâles ont une vessie vocale; l'omosternum est cartilagineux; les diapopbyses des vertèbres sacrées sont cylindriques.
Les quatre espèces du genre habitent les parties cliaudes de l'Amérique du Sud ; l'espèce la plus connue est la Grenouille p;iradoxalc {Pseudis paradoxa Lin.) dont le têtard est beaucoup plus gros que l'adulte. 11. -E. Sauvage.
Bibliographie. — LAunENTi. Syn. Rept. — Dumérit, et Bibron. Erpétologie gcnvrale, t. VIII. — BocLENGER (G. -A.). Cat. of the Batrachia Salientia in Ihe Coll. of Ihe Brilisli Muséum, 1882. £. S.
PSELiDOBUTixÉlVE. C'IF. L'un des isomères du butylène, au même litre que l'isobutylène, dont il diffère. Se forme dans l'action de la potasse alcoolique sur l'iodure de butyle secondaire ou en chauffant à 250 degrés l'alcool butylique secondaire. 11 bout à -h 5 degrés, tandis que l'isobutylène bout à — 6 degrés; il est crislallisable. L. ILn.
PSEUDOBUTYLIQUE (Alcool). Ce n'est autre chose que le tiiméthylcarbinol [voy. ce mot). L. Un.
PSEUDOCiiROiMiXE OU STRTcn:\ocnR03ii]\E. Pelletier et Caventou ont donné ce nom à une matière colorante, jaune, peu étudiée, des Strychnos et des Lichens, qui couvre leur écorce. Elle est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, colorée en vert par l'acide nitrique. L. Hn.
PSEUDOCTYLIQUE (ÀLcooi,). C^H'^0. C'est l'alcool octylique tertiaire, encore a\^pe\é propyldiéthylcarbiiiol ; de même que l'alcool octylique secondaire, il diffère de l'alcool octylique normal qui existe à l'état d'éther acétique dans l'huile volatile de la graine de plusieurs Heracleum et à l'état d'éther butyrique dans l'essence de la graine du Pastinaca saliva. L'alcool pseudoctylique se prépare au moyen du chlorure de butyryle et du zinc-éthyle. C'est un liquide bouillant à d45-155 degrés, tandis que l'alcool normal bout à 190- 192 degrés. L. Hx.
PSEUDOCUMÈXE. C^H^(CH'')\ C'est une triméthylbenzine ainsi que son isomère, le mésitylène. Se forme en faisant agir le sodium sur un mélange
(le bromopara- ou de bromométaxylol incolore; il bout à 466 degrés, donne par oxydation au moyen de l'acide nitrique faible de l'acide xylidique et de l'acide xylilique. On en connaît des produits de substitution bromes, nitrés, amidés. L. Hn.
PSEUDOCURARil\'E. Matière azote'e contenue avec l'ole'andrine dans le laurier-rose. C'est un corps jaunâtre, inodore et insipide, très-soluble dans l'eau et l'alcool, se décompose au delà de sa température de fusion. Chauffée avec de la potasse, elle dégage de l'ammoniaque. C'est une base; elle neutralise les acides forts en donnant des sels incristallisables précipités par les chlorures de mercure et d'or.
La pscudocurarine paraît être sans action sur l'organisme. L. Hx.
PSEUDOLEL'CIXE. Corps très-rapproché de la leucine, renfermant, suivant Hesse, 3 à 4 parties de soufre, et ayant peut-être la composition C''^H '^Az^O'S ; ce corps prend naissance dans la fermentation de la leucine, L. FIn.
PSEL'DOnEllIBRAXES. VojJ. NÉOMEMBRANES et PsEUDHYMÈNES.
PSEUDOMORPIIIXE. Synonyme à'oxymorphine [voij. ce mot). L. H.\.
PSEUDOXAl'ICELLES. Voy. PsOROSPERMlES.
PSEUDO-PARASITES. On comprend sous le nom de pseudo-parasites les animaux ou les plantes qui se rencontrent accidentellement à la surface ou à l'intérieur du corps de THomme ou de l'animal, qu'ils soient normalement parasites chez d'autres espèces ou qu'ils mènent normalement une vie indépendante.
Par extension, cette même dénomination a été maintes fois appliquée à tout corps organisé ou inorganisé, organique ou inorganique, observé chez l'Homme ou chez les animaux. La distinction entre les pseudo-parasites et les corps étrangers était ainsi rendue inappréciable, et, de fait, on a plus d'une fois considéré, décrit et classé comme des helminthes ce qui n'était autre chose que des corps étrangers, comme nous allons le voir par la suite.
La liste des pseudo-parasites serait longue, surtout si nous avions l'inutile patience de compulser à ce point de vue les ouvrages des quinzième, seizième et dix-septième siècles. A l'époque où l'histoire naturelle en était à ses débuts et où les moyens d'investigation étaient nuls ou réduits à l'emploi de la loupe, il n'est pas surprenant que de grossières erreurs d'interprétation aient été souvent commises envers des corps étrangers trouvés dans les voies digestives ou dans l'inlimilé des tissus. Il est vrai que Leeuwenhoek a fait ses admirables découvertes à l'aide d'une loupe des plus primitives, mais les observateurs n'ont pas tous le génie du célèbre naturaliste hollandais! Aussi a-t-on vu les pseudoparasites se multiplier.
La découverte du microscope composé a fait faire un progrès considérable; elle a permis de distinguer entre corps organisés et corps inorganisés, d'où réduction notable du nombre des pseudo-parasites. Les études histologiques ont fait faire encore un pas plus décisif, en permettant de distinguer entre les
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tissus animaux et les tissus végétaux. En même temps le progrès des sciences naturelles donnait la possibilité de rapporter à leur place véritable dans la classification certains pseudo-païasites pour lesquels on avait trop de tendance à créer des catégories nouvelles parmi les Vers.
Ces considérations s'appliquent surtout aux organismes ou aux corps étrangers trouvés cliez l'Homme, mais la source des pseudo-parasites peut encore être diiïérente.
On sait que certaines névroses, telles que l'hystérie, s'accompagnent fréquemment de simulation et de supercherie : or c'est là une notion relativement récente et, tant qu'il ne l'avait point acquise, le médecin a pu croire à la bonne foi des malades et décrire comme parasites les objets les plus divers, que ceux-ci prétendaient avoir évacués ou qu'il rencontrait lui-même dans des organes facilement accessibles, comme le rectum ou le vagin. Dans d'autres circonstances, il y avait évacuation réelle, par l'anus ou par la houche, d'objets divers avalés dans un but de suicide ou par suite d'une perversion du goùl.
D'autre part, un grand nombre d'animaux ou d'objets peuvent se trouver fortuitement mélangés aux déjections, sans avoir jamais été en contact avec le corps; un esprit faible ou maladif en conclut trop aisément que ce sont là des parasites qui ont été évacués avec les déjections, et trop souvent le médecin lui-même n'a pas su résister à cette erreur.
Aujourd'hui, grâce aux progrès des sciences naturelles et n)édieales, et grâce au développement de l'histologie, il est facile de déterminer la véritable nature des pseudo-parasites. Ceux-ci, dont quelques-uns étaient devenus classiques et avaient droit de cité dans le domaine de la parasitologie, se sont évanouis successivement. Leur étude n'a donc plus qu'un intérêt historique, au moins pour la plupart d'entre eux : c'est pourquoi nous pensons qu'il serait oiseux de donner ici leur nomenclature et qu'il vaut mieux rapporter sommairement quelques exemples caractéristiques.
Une première catégorie de pseudo-parasites comprend les pseudhelminthes {voy. ce mot). Dans un précédent article [voy. Helmkmhes, p. 049, n" 44), nous avons déjà mentionné sous le nom de Rhabditis yenitalis Scheiber un Ver qui, amené par des ablutions au niveau de la vulve, s'y était reproduit et se trouvait entraîné par l'urine à chaque miction; Oerley a fait voir qu'il s'agissait là d'une Anguillule terrestre assez commune, Rh. pellio.
L'observation de Curling se rapporte sans doute à un cas analogue. Cet auteur a décrit sous le nom de Dactylius aculeatm un Ver qui avait été, à plusieurs reprises, évacué en même temps que l'urine par une fillette de cinq ans. Ce Ver fut identifié plus tard à VEnchytrœus albidus, petite Annéiide oligochète qui vit normalement parmi les feuilles pourries ou dans les eaux vaseuses.
Une espèce voisine, E. Buchhohi, a été signalée par Bergh dans des circonstances non moins curieuses : une paysanne de vingt -neuf ans, parvenue à la fin d'une seconde grossesse, rendait par la bouche un certain nombre de ces animaux, qui avaient été amenés dans l'estomac par des eaux de mauvaise qualité, dont l'ingestion s'explique peut-être par une perversion du goût, en raison de l'état de gestation.
A l'article Trichine (p. 167 et 168), nous avons parlé de l'épidémie du Cornwall, qui fut attribuée à la trichinose, après qu'on eut trouvé dans un cadavre exhumé au bout de deux mois des Vers dans lesquels Oerley reconnut plus tard l'Anguillule terrestre, Rhabditis terricola.
Le fait que le Rhabditis pellio a pu, dans le premier cas, se multiplier dans les conditions aitificielles oii il se trouvait, nous permet d'admettre à fortiori que des parasites étrangers à notre espèce ne sont que partiellement incapables de s'y fixer et d'y arriver à maturité sexuelle; leurs œufs ou leurs larves, que le hasard de l'alimentation amène dans notre tube digestif, pourront s'y arrêter, se métamorphoser et continuer d'y vivre ou même se rendre dans divers organes, dans des circonstances particulières encore indéterminées.
C'est ainsi, pensons-nous, que s'explique la présence chez l'Homme de parasites exceptionnels, dont la rareté n'est nullement en rapport avec les occasions nombreuses que nous avons de les acquérir; tel est le cas, notamment, pour Tienia teptocephala Creplin, parasite du Rat et du Surmulot, espèce à laquelle il faut rapporter, suivant Grassi, le Yer recueilli par Parona, et tout d'abord attribué au Tœnia flavopunclata {voy. Hklminthes, p. 655, n" 5). Tel est également le cas pour Ascaris myslax, et peut-être aussi pour Eustrongijlus giyos, Echinorhynchus hominis et Filaria inermis. Cette dernière espèce, créée par Grassi, est commune chez le Cheval et l'Ane et se trouve aussi chez l'Homme à l'état adulte; c'est à elle notamment que se rapporte la Filaria perilonœi hominis Babès [voy. Helmimhes, p. 048, n'^ 50).
D'après notre manière de voir, la transition est donc insensible entre le pseudo-parasite et le parasite vrai, mais rare et exceptionnel. Par suite d'une sorte de sélection, les individus de celui-ci qui auront pu s'acclimater dans le corps humain, qui ne constitue point leur milieu normal, transmettront à leurs descendants leur force de résistance, ce qui revient à dire que l'Homme se laissera plus facilement infester par ces derniers. D'abord exceptionnel, le parasite devient donc de moins en moins rare et, au bout d'un temps variable, mais toujours fort long, finit par constituer l'un des hôtes habituels de l'Homme. C'est ainsi que tous les parasites dérivent d'animaux primitivement libres; c'est ainsi que l'espèce humaine, en particulier, a acquis tous ceux qu'elle héberge.
En dehors des Vers, un certain nombx'c d'animaux peuvent s'attaquer accidentellement à l'Homme; quelques-uns, qui sont normalement parasites chez d'autres espèces, ne seront pour l'Homme que des pseudo-parasites, sinon des parasites en train de se fixer. S'ils subissent des métamorphoses, on pourra les observer chez l'Homme soit à l'état larvaire, soit à l'état adulte, soit même à ces deux états, mais, dans ce dernier cas, l'une des formes se fixera plus facilement que l'autre. Tel est le cas pour la Linguatule [Linguatida rhinaria Railliet), qui se trouve normalement dans les fosses nasales des Carnivores du genre Canis sous sa forme adulte, et qui se rencontre dans le foie ou dans d'autres organes de certains herbivores sous sa forme larvaire; elle se voit fréquemment aussi chez l'Homme sous ce dernier état, mais doit être très-rare sous la forme adulte, puisqu'on n'en connaît actuellement qu'un seul cas rapporté par Laudon. La larve {Pentastoina Jenticulatinn Rudolphi) est donc un parasite incontestable de l'espèce humaine, tandis que l'adulte (P. tsenioides Rud.) n'est encore qu'un pseudo-parasite ou peut-être plus exactement un parasite en train de s'adapter au milieu humain. Une adaptation toute semblable, mais notablement plus avancée, est en train de se faire pour Cysticercus cellulosse, larve de Tsenia soliiim.
A côté d'espèces qui sont de véritables parasites humains {Demodex folliculorum. Sarcoptes scabiei), sans être exclusivement propres à l'Homme, les Acariens nous présentent un grand nombre d'autres formes qui peuvent passer
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fortuitement sur l'Homme et, à ce titie, sont des pseudo-parasites; nous citerons entre beaucoup d'autres Trombidium holosericeum {Lepttis autumnalis), Pedicidoides ventricosus, Ixodes ricinus, I. redivim, I. Aiguptius, 1. marginatus, Argas marginatus, A. persicus, A. Jholozani, A. turicata, A. Megnini, A. talaje, Dermanyssus gallinœ et D. avium. Quelques-uns de ces animaux sont normalement parasites de certaines espèces; la plupart des autres, cachés dans les herbes ou les buissons, s'attachent au corps du premier être qui vient à passer à leur portée et présentent la plus complète indifterence dans le choix de leur hôte : c'est ainsi qu'on les trouve aussi bien chez l'Homme que chez un Mammifère quelconque, chez un Oiseau que chez un Reptile.
Les Insectes nous oUVeut un grand nombre d'exemples analogues : les Diptères, qui pondent leurs œufs dans la peau ou dans les cavités naturelles, telles que l'oreille externe et les fosses nasales', n'ont guère le choix de l'animal auquel elles vont confier leur ponte et s'attaquent indifféremment à un grand nombre d'espèces. D'autres, comme la Chique, s'enfoncent dans la peau d'animaux très-variés.
La théorie de l'adaptation au milieu, combinée à celle de la transmission héréditaire des caractères acquis par le mieux adapté, nous rend donc compte des conditions suivant lesquelles les espèces animales primitivement libres peuvent devenir parasites; elle nous explique aussi comment des espèces déjà parasites peuvent s'acclimater chez des hôtes nouveaux. Toutefois cette adaptation se fait dans des limites fort restreintes, aussi bien pour les parasites intei'nes que pour les externes; s'il n'en était ainsi, il arriverait forcément une époque oii tous les animaux d'un même groupe naturel, ordre ou classe, auraient les mêmes parasites : or nos connaissances actuelles en parasitologie ne nous autorisent aucunement à prévoir un semblable résultat.
L'observation journalière nous montre, au contraire, que l'Homme et les animaux qui, en somme, ont les mêmes aliments solides ou liquides, ingèrent un fonds commun de germes de parasites, mais que, suivant le milieu, telle espèce parasite, microbienne ou animale, se développe de préférence à telle autre. Les organes et tissus des espèces animales sont tellement différents au point de vue de leur constitution chimique et, par suite, de leur activité vitale, que la plupart des parasites manifestent à l'égard de ces différences la plus grande sensibilité, se comportant ainsi à la façon de réactifs d'une extrême délicatesse. Cela est également vrai pour les Insectes épizoaires. Par exemple, les physiologistes et les chasseurs savent bien que la Puce du Chien [Pulex serraticeps Gervais) ne reste pas sur l'Homme, et Murray admet que les différentes races humaines ont des espèces de Poux particulières. Darwin raconte même, d'après le chirurgien d'un baleinier, que les Poux dont sont infestés les habitants des îles Sandwich meurent au bout de trois à quatre jours, s'ils viennent à passer sur le corps des matelots anglais.
Nous avons mentionné déjà la supercherie et la simulation hystériques comme causes de pseudo^parasites. En voici quelques exemples :
Une fdie de vingt-quatre ans, habitant Londres, souffrait d'une rétention d'urine qui nécessitait l'emploi quotidien de la sonde. Au bout de trois ans, en
* Ces Diptères appartiennent à des espèces assez nombreuses; on les rapportait tous autrefois à l'espèce nominale Oestrus hominis Gnielin. ,
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1809, elle fut confiée aux soins de Barnett qui, en la sondant, vit sortir un Ver; les balsamiques n'amenèrent aucun résultat et la malade continua d'évacuer avec l'urine des Vers mélangés de « concrétions lymphatiques. » En 18H, par l'intermédiaire de Lawrence, ces Vers furent adressés à Rudolphi, qui les décrivit sous le nom de Spiroptera hominis. Présentée sous un semblable patronage, l'espèce fut admise sans conteste, jusqu'au jour ou Schneider, passant en revue la collection de Rudolphi, reconnut en elle la Filaria piscium ou Ascaris capsularia; les concrétions lymphatiques n'étaient autre chose que des œufs de Poisson auxquels étaient joints des débris, provenant sans doute de l'intestin de l'animal dont la malade enlevait en cachette les parasites et les œufs pour se les introduire dans le canal de l'urèthre. En deux ans, elle avait ainsi rendu plus de 1000 Vers; en 1816, elle continuait encore sa supercherie.
Le cas d'Arlaud, bien connu des médecins français, est tout à fait semblable au précédent; il a été tout d'abord rapporté à l'Eustrongle géant. Une fille de vingt-six ans avait la singulière manie de s'introduire dans l'urèthre des Vers tels que les Ascarides lombricoïdes et des fragments d'intestin de Pigeon! Ch. Robin a réduit ce cas à une simple mystification.
Peut-être faut-il voir un cas analogue ou le résultat d'un érotisme sénile dans la singulière observation rapportée par Waldenstrôm : celle d'une vieille femme du vagin de laquelle sortit un Ver de terre.
Un exemple non moins curieux est mentionné par Bremser. Une femme d'une quarantaine d'années vomit un petit Crapaud [Bomhinator igneus) et des membranes; au bout de plusieurs années, elle finit par avouer que, voulant mettre un terme à sa vie, elle avait avalé le jour même cet animal, entouré d'une membrane qu'elle avait ramassée dans une boucherie. Une observation analogue a été publiée depuis parWeiss.
On remarquera que tous ces cas, pris au hasard, se rapportent à des femmes, ce qui n'est pas sans indiquer une étroite relation avec l'hystérie ou du moins avec la susceptibilité nerveuse particulière à leur sexe.
Les auteurs ont mentionné encore un nombre considérable de cas où les animaux les plus différents ont été évacués par la bouche, par l'anus ou par les fosses nasales : Limaces, Iules, Forficules, Lézards, etc. Ces observations, dont quelques-unes se trouvent résumées dans la thèse de Poppe, sont d'ordinaire fort incomplètes et ne doivent être acceptées qu'avec une extrême réserve ; les unes se l'apportent à de simples supercheries hystériques, les autres à des perversions du goût; d'autres enfin ont été faites chez des individus qui avaient dormi en plein air, couchés sur l'herbe, et dont le nez ou l'oreille avait pu être envahi par de petits Myriapodes ou des Insectes.
Des productions pathologiques, voire même des productions normales, ont maintes fois été prises pour des parasites. H. Cloquet a décrit sous le nom à' Acephalocystis racemosa de simples vésicules choriales, et Dupuytren sous celui à" OviiUgera carpi des concrétions albumineuses qui s'observent parfois dans le carpe, et que Laennec avait appelées déjà Acephalocystis plana; ce dernier pseudo-parasite était considéré comme terme de passage entre le Cœnure et l'Hydatidc. Duchâteau, von Linstow, Scbeuten et Cannon, ont décrit comme des fragments d'Eustrongle géant de simples caillots fibrineux évacués par l'urèthre. Délie Ghiaje a dénommé Spiroptera Rudoîphiana une production du mênie genre. La Filaria zébra de Mongrand est également une concrétion fibri-
neusc, trouvée à Brest, en 1851, dans la veine saphène interne gauche d'un forçat.
Sans étendre celte liste outre mesure, citons maintenant les plus curieux d'entre les cas où des matières évacuées avec les excréments ont été prises pour des pseudo-parasites.
En 1817, Stiebel décrivit sous le nom de Diacnnfhos pohjcephaîus un singulier parasite, rendu par un garçon de onze ans : il le figura à divers grossissements el le représenta avec des tentacules armés de grilles cornées, des lèvres pourvues de petits crochets, des trompes exsertiles. Bhimenbach devint dépositaire de ce précieux spécimen et, par son silence, laissa s'accréditer l'opinion que Stiebel avait fait une brillante découverte. Mais le triomphe de ce dernier ne fut pas de longue durée : Rudolplii eut bientôt l'occasion d'examiner le nouvel entozoaire et reconnut en lui un fragment d'une grappe de raisin ; il constata notamment la présence des trachées déroulables. « Nous voyons par là, dit mélancoliquement Bremser, que Stiebel s'était trompé, comme il peut arriver à tout le monde. »
Semblable mésaventure était arrivée à Sultzer qui, en 1802, avait décrit sous le nom de Ditrachyceros rudis un pseudo-parasite, pour lequel il n'avait pas hésité à établir un nouveau genre de Vers vésiculaires. Le Bicorne rude avait été évacué en grande abondance par une jeune fille de vingt-six ans. à la suite d'un purgatif composé de manne et de sel de Glauber : Sultzer en donne une description minutieuse et Laennec, un habile spécialiste pourtant ! l'ait ressortir également qu'il a « de très-grands rapports avec les Vers vésiculaires; » il pense qu'il était contenu dans un kyste situé dans l'hypochondre gauche, kyste qui se sera ouvert dans quelque partie de l'intestin. L'existence de ce Ver ne fait pas de doute pour la plupart des auteurs du temps : Zeder se borne à ne pas vouloir y reconnaître une Hydatide; Rudolphi est disposé à le ranger parmi les Acanthocéphales. Avec sa grande crédulité, Brera l'admet également et dit même l'avoir observé deux fois. C'est seulement Bremser qui ose le considérer résolument comme un pseudhelminthe, et plus spécialement comme une graine, mais sans pouvoir dire de quelle plante elle provient. C'était sans aucun doute un ovaire de mûrier, provenant de fruits ingérés à l'état de maturité imparfaite.
Une erreur encore plus grossière est celle qu'avait commise Bastiani et, à sa suite, toute l'Académie de Sienne, en prenant pour un Ver bipède ce qui n'est autre chose que l'appareil hyo-larygien d'un Oiseau, ainsi que de Blainville l'a reconnu. Lamarck avait admis ce nouvel helminthe et lui avait donné le nom de Sagittula hominis.
Vers la même époque, Scopoli décrivait a son tour comme un entozoaire, sous le nom de Physis intestinalis, un débri de la tracliée de quelque Oiseau.
Moquin-Tandon cite quelques cas oii des débris alimentaires ont été confondus avec des parasites. Une jeune fille vomit plusieurs corps longs de 2 à 3 centimètres, subcylindriques et d'un blanc jaunâtre : on les apporte à Moquin- Tandon, qui les confie à l'un de ses élèves. Après une étude approfondie, celuici décide qu'ils appartiennent à un nouveau genre d'helminthes, intermédiaire entre les Ascarides et les Oxyures, pour lequel il propose le nom de Slrialula : Moquin-Tandon contrôle cette observation et reconnaît que le nouvel helminthe n'est autre chose qu'une nervure de salade !
On a pu de même reconnaître les grandes cellules qni composent la pulpe de l'orange dans des corps ovoïdes, atténués aux deux bouts, vomis par un malade et que le médecin regardait comme des anneaux de Taenia isolés et débarrassés de leurs œufs. J'ai fait moi-même une constatation semblable à propos de corpuscules évacués avec des selles dianhéiques par la femme d'un jeune médecin et que celui-ci, fort intrigué par des productions aussi insolites, avait cru devoir me communiquer. Il s'agissait encore d'un fragment du parenchyme de l'orange dans un cas mentionné par Cruvcilhier : a des vésicules oblongues, terminées par deux extrémités efiilées, dont l'une s'implantait à une sorte de parenchyme », furent remises à ce célèbre anatomiste, qui crut d'abord avoir affaire à une nouvelle espèce d'Hydatides, mais qui linit par reconnaître un tissu végétal, provenant du parenchyme d'un fruit.
11 est également très-fréquent de voir confondre avec des parasites diverses formes animales qui se trouvent par hasard mélangées aux évacuations dans le vase qui reçoit ces dernières. Dans les cas de ce genre, il s'agit ordinairement de larves d'Insectes ; l'individu qui les observe dans ses excréments assure les avoir évacuées et, en mainte circonstance, il semble effectivement qu'il en ait été ainsi. En se basant sur l'exemple des Œstres qui passent leiu- état larvaire dans l'estomac du Cheval, on a admis que les larves de certains Diptères, voire même celles de certains Coléoptères ou Lépidoptères, étaient capables de résister aux sucs digestifs, quand par hasard elles se trouvaient introduites dans le tube digestif avec les aliments; on a même dit que leur œuf pouvait éclore dans ce milieu exceptionnel. Ilope a relevé un nombre considérable d'observations de ce genre et a proposé une nomenclature dont il est avantageux de faire usage : il appelle canthariasis le pseudo-parasitisme des Coléoptères, scoleciasis celui des Lépidoptères et 7nyasis celui des Diptères; cette dernière appellation a été généralement adoptée.
On a compté quelque temps au nombre des parasites de l'Homme quelques larves d'Insectes observées dans les conditions dont nous venons de parler. Joerdcns et Brera se font remarquer entre tous les helminthologistes par leur manque absolu de critique, par la surprenante crédulité avec laquelle ils accueillent les racontars qui leur sont faits. Le premier de ces auteurs a décrit des larves de Mouche carnassière sous le nom d'Ascaris stephauostoma et des larves de Mouche domestique sous celui d'Ascaris conosoma. De même, Brera a considéré des larves d'Eristalis penduhts comme une nouvelle espèce d'entozoaire qu'une femme aurait rendue par les urines et leur a donné le nom de Conosoma.
Un degré de plus dans la crédulité humaine, et nous en arrivons finalement aux parasites fictifs ou fabuleux.
Les Crinons ont joui d'une grande réputation dans l'ancienne médecine. On appelait ainsi certains parasites du Cheval {voy. Hématozoaires, p. 69, Sclerostoma equinitm) et on pensait que des helminthes analogues devaient se rencontrer dans l'espèce humaine; beaucoup en parlaient et prétendaient même les avoir observés. Ettmùller en a donné une description anatomique, en 1682; plus récemment, en 1804, Fortassin les a décrits à son tour : le Crinon, dit-il, M peut séjourner dans toutes les parties du corps, car on en a vu dans les viscères, dans les vaisseaux, dans les muscles, dans le tissu cellulaire, etc. Ces Vers sortent par les selles, par la peau, pas les urines, par le nez, les yeux, la
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bouche, les oreilles, de. On les voit produire des maladies dans les départements de la France voisins des Pyrénées-Orientales. Les enfants du premier âge y sont très-sujets, rarement les adolescents, et plus rarement encore les adultes. Ce Ver excite du prurit, des veilles, des inquiétudes, l'exténuation et quelquefois une effroyable puanteur. Les enfants périssent rarement des désordres que ces Vers leur causent. » Depuis que Fortassin écrivait ces lignes, Laennec est le principal, sinon le seul aiileur qui se soit encore occupé du Crinon, mais pour démontrer la non-existence de ce Ver lantastique.
Non moins fantastique était la Furie infernale qui avait coutume d'attaquer les habitants de quelques régions de Suède et Je Finlande et de provoquer la formation d'un furoncle sur le visage, les mains ou d'autres parties du corps qui restent ordinairement à découvert : la douleur est atroce, les accidents sont parfois si graves qu'ils se terminent par la gangrène et la mort. Linné luimême fut attaqué par ce redoutabble animal, qu'il décrivit sous le nom de Fiiria infernalis et rangea parmi les Nénialodes. Aujourd'liui la Furie infernale est définitivement reléguée au nombre des animaux merveilleux; elle y occupe une place d'honneur, à côté de la Licorne. Raphaël Blanchard.
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PSEUDOPE. La seule espèce que comprenne ce genre, le Pseudope de Pallas, est un reptile au corps cylindrique et allongé, garni ainsi que la tête de plaques dures, entuilées, disposées en verticilles, pouvant arriver à 1 mètre de long; les paupières sont épaisses, écailleuses ; la langue, en fer de flèche, est libre
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dans son tiers antérieur, échancrce en avant; il existe des dents au palais; les flancs sont marqués d'un sillon qui commence à peu de distance du trou de l'oreille et finit au niveau de la fente du cloaque. Bien que les membres ne soient représentés que par deux petits appendices écailleux situés de chaque côté de l'anus, il existe cependant un appareil sternal composé de quatorze pièces, paires et deux impaires; le bassin ne se compose (|ue de deux pièces, l'ischion manquant, et le bassin étant surtout en relation avec le cloaque et les organes génitaux.
Le Pseudope habite la région du Volga, la Dalmatie, l'Istrie, la Hongrie, la Morée, l'Asie Mineure, la Palestine, la Sibérie méridionale.
Ce Reptile, pour Dnméril et Bibron, fait partie de la famille des Chalcidiens.