‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.79Chapitre 44 sur 74 · II. Bn · texte numérisé non relu

II. Bn

PSOAS. 715

PSIDIUM. Voy. Goyave.

PSILAI\DER (Frederik-Christopher). Né à Strômsberg Bruk, province d'Upland (Suède), le 16 octobre 1785. Il fit ses études médicales à Upsal, entra dans l'armée et parcourut les divers grades jusqu'à celui d'intendant sanitaire, en 1827, et remplit cette fonction jusqu'à sa mort arrivée le 50 août 1854. Nous citerons seulement de lui : Kanbok for armeens helsoiviird. Giitlieborg. 1832, in-S". — Underràttelse om veneriska sjukdomar och dess botande utan mercur. Jonkôping, 1855, in-8'^. A. D.

PSOAS (Muscle petit). Le petit psoas [psoas minor, prélombo-pubien) est un muscle fort grêle, situé en avant du grand psoas. 11 s'étend de la partie la plus élevée de la colonne lombaire au bord antérieur de l'os coxal.

Insertions. Le petit psoas se détache généralement du corps de la dernière vertèbre dorsale, du corps de la première lombaire et du disque librocartilagineux qui sépare ces deux vertèbres. Les faisceaux charnus qui le constituent descendent sur la face antéro-interne du psoas sous la forme d'un ruban aplati et mince, lequel dégénère à la partie moyenne de la région lombaire, souvent pins haut, en un simple tendon aponévrotique. Ce tendon, continuant la direction du corps charnu, s'élargit au fur et à mesure qu'il descend et vient se lîxer sur l'éminencc ilio-pectinée, ainsi que sur le l'ascia iliaca, avec lequel il contracte des connexions intimes.

Rapports. Le petit psoas repose sur le grand psoas par sa face postérieure et présente en avant les mêmes rapports que ce dernier muscle {voy. Psoas iliaque).

Variétés. J.-B. Perrin {Médical Times and Gazette, 1872). sur 112 sujets qu'il a examinés, n'a trouvé le petit psoas que 52 fois. Theile {Myologie, traduction Jourdan) déclare ne l'avoir rencontré qu'une seule fois sur 20 cadavres. Sur 52 sujets que j'ai examinés moi-même à cet égard, j'ai vu le petit psoas faire défaut sur 26. De pareils chiffres sont significatifs; ils nous autcu'isent à considérer l'absence du petit psoas comme étant l'état normal chez l'homme. Comme tous les organes rudimentaires, le petit psoas est Irès-variable; il n'est pas rare de le trouver réduit à un simple tendon. Cruveilhier, Macalister, l'ont vu constitué par deux faisceaux distincts; Macalister a signalé l'existence d'un faisceau charnu qui se rendait du grand au petit psoas. Le même anatomiste a ïu le petit psoas uniquement constitué par une expansion qui partait du bord interne du psoas.

Bankart, Pye-Smith et Philips {Guy's Hospital Reports, t. XIV), signalent trois cas de psoas parvus passant au-dessous de l'arcade fémorale pour venir s'attacher à la ligne rugueuse qui conduit du petit trochanter à la ligne âpre. Ces faisceaux] anormaux représentent-ils bien le petit psoas? Faut-il, au contraire, le considérer comme de simples faisceaux aberrants du grand psoas? Jusqu'à plus ample informé, cette dernière interprétation me paraît être la plus acceptable.

Le petit psoas varie-t-il suivant les sexes? Dès 1755, Winslow {Expos, anat. slructurœ corporis humani, t. II, p. 211) s'occupait de cette question et écrivait que le petit psoas s'observe plus fréquemment chez la femme que chez l'homme. John Bell, quarante ans plus tard {The bones, muscles, etc. Edinburg, 1793, p. 541), formulait une opinion semblable; par contre, Riolan prétend

714 PSOAS-ILIAQUE.

qu'on ne le rencontre pas chez la femme. Sur les 112 sujets examinés par Perrin (56 hommes et 56 femmes), le muscle petit psoas a été observé sur H femmes et sur 21 hommes. Ces diverses assertions, on le voit, sont on ne peut plus contradictoires, et la seule conclusion qui découle des recherches précitées, c'est que le petit psoas s'observe également dans les deux sexes. Comme le dit fort judicieusement Tlieile, « la présence et l'absence de ce muscle ne constituent nullement une différence sexuelle. ,> L. Testut.

PSOAS-ILIAQUE (Moscle). Le psoas-iliaque, que l'on désigne encore, en raison de son rôle, sous le nom de fléchisseur de la cuisse, flexor femoris (Theile), est un muscle volumineux, occupant à la fois la région lombaire, la fosse iliaque interne et la partie antéro-interne de la cuisse. Sur sa face antérieure est jetée une vaste aponévrose, Vaponévrose lombo-iliaque, plus connue sous le nom de fascia iliaca. Le fascia iliaca sépare le muscle psoas-iliaque des viscères de l'abdomen et du péritoine et présente, dans la pathologie de la région, une importance considérable. Nous nous contenterons, dans le présent article, de décrire cette aponévrose à un point de vue purement anatomique, renvoyant aux articles Fosse iluqce ikterke. Abcès, Psoïtis, CjECum, etc., pour les points de son histoire qui se rattachent à la chirurgie.

1. Muscle psoas-iliaque. Le psoas-iliaque se compose essentiellement de deux portions : l'une interne, la portion psoas ; l'autre externe, la portion iliaque. Ces deux portions, complètement distinctes 'en haut, se réunissent en bas, pour prendre sur le fémur une insertion commune.

Insertions, i" La. portion psoas, ou plus simplementle muscle psoas, s'insère en haut : a, sur les corps vertébraux (face latérale) de la douzième dorsale et des quatre premières lombaires ; b, sur les disques intervertébraux qui les unissent; c, à la base des apophyses transverses de ces mêmes vertèbres. — L'insertion aux apophyses transverses et aux disques intervertébraux se fait par l'intermédiaire de languettes tendineuses excessivement courtes. L'insertion aux corps vertébraux se fait par une série d'arcades fibreuses, concaves en dedans, dont les extrémités se fixent sur le bord supérieur et sur le bord inférieur du corps vertébral, tandis que la partie moyenne reste libre et legarde la gouttière transversale qui est creusée sur le corps de Ja vertèbre. 11 en résulte que le bord interne du psoas présente une série d'anneaux superposés formés en partie par le muscle, en partie par la vertèbre : ces anneaux donnent passage aux artères et aux veines lombaires, ainsi qu'à quelques filets nerveux du grand sympathique.

Nés de ces diverses origines, les nombreux faisceaux du psoas se portent tous obliquement en bas, en dehors et en avant, et constituent par leur réunion un corps musculaire unique, cylindrique ou plutôt fusiforme, qui présente son maximum d'épaisseur au niveau de la symphyse sacro-iliaque. Il traverse ainsi successivement la région lombaire et le bassin ; il sort de cette dernière cavité à travers une gouttière située sur le bord antérieur de l'os coxal, entre l'épine iliaque antéro-inférieure et l'éminence ilio-pectinée, arrive à la cuisse, et finalement vient se fixer à la face postérieure du petit trochanter : cette insertion se fait à l'aide d'un fort tendon qui apparaît, dès la région pelvienne, sur la face postérieure du corps musculaire.

2o La portion iliaque, que l'on désigne plus communément sous le nom de muscle iliaque, est un muscle triangulaire ou en éventail, étalé dans la fosse

PSOAS-ILUOUE. 715

iliaque interne. Il prend naissance en haut : a, sur les deux tiers supérieurs de cette fosse; h, sur la lèvre interne de la crête iliaque, ainsi que sur le ligament ilio-lombaire, où il confond parfois quelques-uns de ses faisceaux avec le muscle carré des lombes ; c, sur la base du sacrum ; (/, sur les deux épines iliaques antérieures et sur l'échancrure qui les sépare; e, enfin sur la face antérieure de la capsule articulaire de la hanche.

De cette large sui'face d'insertion les faisceaux du muscle iliaque convergent, comme le psoas, vers la gouttière que nous avons signalée plus haut sur le bord antérieur de l'os coxal : les faisceaux internes suivent un trajet vertical, les faisceaux moyens et les faisceaux externes un trajet oblique en bas en dedans.

La presque totalité des faisceaux charnus du muscle iliaque se fixent sur le côté externe du tendon du psoas et par son intermédiaire seulement au petit trochanter. Quelques faisceaux externes et inférieurs, cependant, se rendent directement au fémur, en longeant le bord inférieur du tendon précité : l'ensemble de ces faisceaux constitue, dans bien des cas, un petit nuiscle distinct, le petit muscle iliaque [iliacus minor de Quain, ilio-capsulo-trochantérien de Gruveilhier),

Rapports. Ils doivent être examinés séparément dans l'abdomen, au niveau de l'arcade crurale, à la cuisse.

a. Dans Uabdomen, le psoas répond en avant au diaphragme, au petit psoas, au rein et aux vaisseaux rénaux, à l'uretère, aux vaisseaux spermatiques ou utéro-ovariens, aux portions verticales du côlon. En arrière, il repose sur les apophyses transverses des vertèbres lombaires, sur les muscles intcrtransversaires et sur le carré des lombes, dont le séparent le feuillet antérieur de l'aponévrose du transverse, ainsi que les branches antérieures des nerfs lombaires. Sur son bord interne cheminent, au niveau du bassin, l'artère iliaque externe et la veine de même nom. Le psoas est enfin traversé par les différentes branches du plexus lombaire qui émergent de sa surface, en des points qui ont été déjà indiqués [voy. Plexus lombaire).

Le muscle iliaque est en rapport par sa face antérieure avec le caecum à droite, avec l'S iliaque du côlon à gauche ; sa face postérieure repose sur la fosse ihaque externe.

Un sillon toujours très-marqué sépare l'un de l'autre le muscle psoas et le muscle iliaque : au fond de ce sillon chemine le nerf crural.

h. Au niveau de l'arcade crurale, le psoas iliaque passe au-dessous, remplissant tout l'espace compris entre cette arcade, la bandelette ilio-pectinée et le bord antérieur de l'os coxal. La bandelette ilio-pectinée le sépare, comme nous l'avons déjà fait remarquer plus haut, de l'artère fémorale.

c. A la cuisse, le psoas iliaque constitue par sa face antérieure la partie externe du plancher du triangle de Scarpa : sa face postérieure repose sur la capsule fibreuse de l'articulation de la hanche ; son bord inteine répond au bord externe du pectine et forme avec lui une gouttière où se loge l'artère fémorale ; quant à son bord externe, il est longé par le couturier et par le droit antérieur de la cuisse.

Le psoas iliaque est séparé du bord antérieur de l'os coxal et de la capsule de la hanche par une bourse séreuse, d'un développement remarquable, qui communique parfois avec la cavité articulaire. Une deuxième bourse séreuse existe entre le tendon du muscle et la face articulaire du petit trochanter.

716 PSOAS-ILIAOUE.

Action. Le muscle psoas-iliaque fléchit la cuisse sur le bassin ; en outre, il rapproche le fémur de la ligne médiane et lui fait exécuter un mouvement de rotation en dehors. Dans la station verticale, le psoas iliaque prend son point d'insertion fixe sur le fémur ; agissant alors sur la colonne vertébrale et le bassin, devenus point mobiles, il les fléchit en avant. S'il ne se contracte que d'un seul côté, il fléchit encore le tronc, mais il l'incline en même temps de son côté et lui imprime un mouvement de rotation en vertu duquel Jsa face antérieure est tournée du côté opposé.

Anomalies. Le psoas peut présenter dans son volume et dans l'étendue de son insertion d'origine quelques variations peu importantes. Elles se réduisent toutes à quelques faisceaux en plus ou en moins pour les éléments osseux (corps ou apophyses transverses) de la colonne dorso-Iombaire. J'ai vu plusieurs fois, dans des cas de développement exagéré, le muscle psoas venir faire une forte saillie entre l'artère et la veine fémorale, qui se trouvaient ainsi séparés par un intervalle de plus de i centimètre.

Il résulte des observations de Ilorner, de Lieulaud et deMacalister, que les deux portions psoas et iliaque peuvent conserver leur indépendance jusqu'au petit trochanter.

Les faisceaux charnus qui se détachent des apophyses transverses des deux premières vertèbres lombaires ou de la troisième ou de la quatrième peuvent rester distincts du corps charnu principal, dans une étendue plus ou moins grande. Dans un cas, rapporté par Meckel, ces faisceaux constituaient pour ainsi dire un deuxième psoas gagnant séparément le petit trochanter. Reid et Taylor [Saint Thomas' Hospital Reports, 1879) ont décrit, sous le nom de psoas accessoire, un faisceau musculaire situé en dehors du grand psoas et séparé de ce dernier muscle par le nerf crural ; il prenait naissance sur les troisième et quatrième vertèbres lombaires et venait se confondre avec l'iliaque, au-dessous de l'arcade crurale.

Le muscle iliaque peut, lui aussi, se diviser en plusieurs portions distinctes : c'est ainsi que Macalister a observé une lame musculaire superficielle couchée sur le muscle iliaque et se détachant du fascia iliaca. Wood a vu également un faisceau de l'iliaque interne complètement distinct du corps principal du muscle se détacher du milieu de la crête iliaque et aller s'insérer sous la forme d'une bande aplatie sur le tendon commun du psoas et de l'iliaque.

Quant au muscle petit iliaque, il n'est autre, ainsi que je l'ai dit plus haut, que le faisceau extra-pelvien du psoas-iliaque, plus ou moins complètement différencié. L'existence de ce faisceau, du reste, est constante chez l'homme, bien qu'il soit parfois très-réduit dans ses proportions ; il est parliculièreraenl développé chez certains mammifères, qui, comme les chéiroptères, n'ont pas de fosse iliaque interne : il constitue à lui tout seul, dans ces cas, la portion iliaque du système psoas-iliaque.

II. Aponévrose lomiîo-iliaque ou fascia iliaca. Cette aponévrose, l'une des plus importantes de l'économie, s'étale, ainsi que nous l'avons déjà dit, audevant du psoas-iliaque. Elle occupe transversalement toute la largeur de la fosse iliaque interne et s'étend en hauteur depuis l'insertion supérieure du psoas jusqu'à l'insertion trochanlérienne de ce muscle. Mais il s'en faut de beaucoup qu'elle présente partout le même aspect : réduite en haut sur le psoas aux proportions modestes d'une simple toile celluleuse, elle s'épaissit graduellement en

PSODYMES. 717

gagnant le bassin et acquiert au devant du muscle iliaque tous les caractèics des aponévroses les plus résistantes.

Le fascia iliaca s'insère en dedans : \° sur toutes les vertèbres lombaires, en ménageant au niveau de chacune d'elles une espèce de pont pour le passage des artères et veines lombaires; 2° sur la base du sacrum; 3" sur le détroit supérieur du bassin ; à ce niveau elle envoie sur l'artère et la veine iliaque externe un feuillet fort mince qui maintient ces vaisseaux sur le bord interne du psoas. En dehors il s'insère successivement en allant de haut en bas sur l'aponévrose du carré des lombes, sur le ligament ilio-lombaire et sur la crête iliaque dans toute son étendue. En haut le fascia iliaca se termine en présentant un épaississement linéaire, une sorte d'arcade {arcade fibreuse du psoas) qui embrasse le psoas et sur laquelle viennent s'insérer les faisceaux correspondants du diaphragme. En bas, en passant au-dessous de l'arcade crurale, Je fascia iliaca adhère intimement dans sa moitié externe à la face inférieure de cette arcade; sa partie interne, au contraire, ne contracte avec l'arcade crurale aucun rapport de contiguïté et se porte, sous le nom de bandelette ilio-pectinée^ sous l'éminence ilio-pectinée où elle s'insère. Plus bas, au niveau de la cuisse, le fascia iliaca conlinne à envelopper le muscle psoas iliaque jusqu'à son insertion sur le petit trochanter.

Il résulte de la description qui précède que le fascia iliaca s'insère sur fout le pourtour du musclepsoas-iliaque. Il forme ainsi avec la colonne lombaire et la fosse iliaque interne une loge ostéo-fibreuse, parfaitement close, dans sa portion abdominale tout au moins, qui débouche à la cuisse au-dessous de la moitié externe de l'arcade crurale et que Velpeau avait désignée sous le nom de canal iliaque.

Considéré au point de vue de sa constitution hisfologique, le fascia iliaca est formé de fibres aponévrotiques à direction transversale, auxquelles viennent s'adjoindre, en bas, des fibres longitudinales qui semblent dépendre du tendon du petit psoas. Une nappe de tissu cellulaire, assez mince en haut, fortement surchargée de graisse en bas, le sépare du péritoine. Une nouvelle lame celluleuse, également parsemée d'îlots graisseux, mais beaucoup plus épaisse que la précédente, s'étend au-dessous du fascia iliaca, entre cette aponévrose et les faisceaux charnus du psoasiliaque.

De ces deux couches cellulo-graisseuses, la couche superficielle, couche susaponévrotique ou sous-péritonéale, s'arrête à l'arcade crurale par suite de l'insertion à ce niveau du fascia transver salis sur le fascia iliaca. La couche profonde sous-aponévrotique, au contraire, se continue librement au-dessous de l'arcade fémorale jusqu'à l'insertion du psoas-iliaque au petit trochanter. Les disposi. tions anatomiques différentes des deux couches celluleuses qui avoisinent le fascia iliaca nous laissent déjà pressentir que les collections pathologiques de la région qui nous occupe auront une évolution toute particulière suivant qu'elles se développeront dans l'une ou l'autre de ces deux couches [voy. Fosse iliaque interne). L. Testut.

PSODYMES (de i|/oal, région lombaire, et dxjme). Genre de monstres doubles sysomiens, caractérisés par deux corps distincts en haut à partir de la région lombaire; les deux thorax sont complets et nettement séparés ; il n'existe que deux membres pelviens et dans certains cas le rudiment d'un troisième membre.

Les Psodymes sont très-voisins des Ischiopages syméliens {voy. Ischiopages) .

Page 1