‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.79Chapitre 46 sur 74 · PSOROSPERMIES · texte numérisé non relu

PSOROSPERMIES

spores qui se produisent dans les kysles. Chacune de ces tribus renferme des genres caractérisés par le nombre de corpuscules falciformes auquel chaque spore donne naissance.

1° JloNosroRÉEs. — Tout le contenu du kyste se convertit en une spore unique.

a. Corpuscules au nombre de quatre Orthospora.

b. Corpuscules en nombre iudélini Eimeria.

2* OLiGOsronÉES. — Le contenu du kyste se convertit en un nombre constant et défini de spores.

A. Disi'ORÉEs. — Deux spores.

a. Corpuscules en nombre défini Cyclospora.

b. Corpuscules en nombre indéfini Isospora.

1!. ÏÉTBASPonÉES. — Quatre spores.

Deux corpuscules Coccidinm.

3° PoLYsronÉEs. — Le contenu du kysie se convertit en un grand

nombre de spores. . Klossia.

L'espèce la plus intéressante et la plus anciennement connue est le Coccidinm oviforme, qu'on trouve dans le foie et dans les cellules épithéliales de l'intestin du Lapin. A l'état adulte, cette Coccidie se présente sous la forme d'un corps ovoïde, entouré d'une coque à double contour, mesurant 50 à 40 p de \on^ sur 16 à 20 p de large. Sa présence dans le fo-ie, en grande quantité, occasionne la maladie du gros ventre ou la psorospermose hépatique du Lapin, affection contagieuse qui, dans certaines années, détruit un grand nombre d'animaux. A rauto])sie, on trouve dans le foie des masses blanchâtres plus ou moins solides, formées de Coccidies et de cellules épithéliales, et situées sur le trajet des conduits biliaires. Les Coccidies, à l'état jeune, se trouvent en effet dans l'intérieur des cellules épithéliales des conduits biliaires, sous forme de petits corps protoplasmiques granuleux. Lorsqu'elles sont arrivées à maturité, elles s'entourent d'une membrane d'enveloppe à double contour et deviennent libres, tombent dans l'intestin et sortent avec les matières fécales. En dehors de leur hôte, lorsqu'elles sont placées dans des conditions favorables de chaleur et d'humidité, elles continuent à évoluer. Leur contenu se segmente en quatre masses arrondies ou spores. Chaque spore s'allonge, s'entoure d'une membrane mince et produit dans son intérieur deux corps réfringents recourbés, corpuscules falciformes séparés par une petite masse protoplasmique, noyau de reliquat (Schneider). Il est probable que les corpuscules falciformes, mis en liberté, sont avalés par un animal, que leur contenu se transforme en une petite masse amiboïde qui pénétre dans une cellule épithéliale pour devenir une Coccidie.

On trouve aussi des Coccidies oviformes chez d'autres Mammifères que le -Lapin; on a signalé leur présence chez le Chien (Virehow, Leuckart et Rivolta), chez le Chat (Fink, Vulpian et Rivolta), chez l'Homme (Kjellberg, Eimer, Rivolta, Grassi, Gubler, Dressleret Lindemann). Suivant Leuckart, les Coccidies trouvées dans l'épithélium intestinal des Mammifères (Lapin, Chien, Chat, Homme) appartiendraient à une espèce différente de celle du foie du Lapin, et serait le Coccidium perforans, espèce caractérisée par son habitat et la rapidité de son évolution. La présence du parasite dans les cellules épithéliales entraînerait une chute de l'épithélium, suivie de troubles inflammatoires.

Les cas de psorospermose trouvés chez l'Homme ont été jusqu'ici mal étudiés, de sorte qu'il est difficile de dire si la Coccidie de l'Homme est la même que celle du Lapin, ou si elle doit constituer une espèce distincte. Kjellberg, Eimer

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et Dressler, ont rencontré des psorospermies dans le foie de cadavres humains. Grassi et Rivolta disent en avoir observé, pendant la vie, dans les matière? intestinales d'enfants et d'adultes, mais il est probable qu'ils ont pris pour des Coccidies des œufs d'Helminthes altérés.

L'observation la plus exacte qu'on ait des Coccidies chez l'Homme est due à Gubler {Mém. de la Soc. de biologie, 1858). Un ouvrier, âgé de quarante-cinq ans, entré à Beaujon pour troubles des fonctions digestives et anémie profonde, présentait, dans la région hypochondriaque droite, une tumeur que Gubler considéra comme une tumeur hydatique. A la suite d'une chute, le malade fut pris de frissons, de douleurs intenses dans le côté droit, et mourut. A l'autopsie, on trouva le foie hypertrophié et renfermant une vingtaine de tumeurs grosses comme une noix ou un œuf; l'une d'entre elles présentait les dimensions d'une tête de fœtus de six mois. Ces tumeurs étaient pleines d'une matière caséeuse ou puriforme contenant un grand nombre de corps ovoïdes que Gubler prit pour des œufs de Distome, mais il fut impossible de trouver dans le foie aucun Distome ni aucun Helminthe, et la description des corps oviformes donnée par Gubler répond entièrement à des kystes de Coccidies.

Virchow (Virchow's Archiv, p. 523, 1860) a trouvé à la surface du foie d'une vieille femme une petite tumeur renfermant au milieu d'une masse albumineuse des kystes de Coccidies, à différents états de développement; il les a considérés comme des œufs de Linguatule. H est probable que ces Coccidies appartiennent à une espèce différente du Coccidium oviforme. Leuckart cite aussi deux cas de psorospermose chez l'homme d'après des observations de Sômmerring et de Sattler.

Les observations de Lindemann, un médecin russe, qui aurait trouvé des Coccidies dans le rein d'un malade mort de la maladie de Briglit, et sur les cheveux des femmes de Nijni-Novgorod, sont très-sujettes à caution, et n'ont été confirmées par aucun autre observateur.

Des psorospermies, analogues au Coccidium, ont été vues souvent dans divers organes des Oiseaux, principalement chez les volailles (Rivolta et Silvestrini, Arloing et Tripier, Piana). La présence des parasites dans les voies aériennes ou le tube digestif a souvent donné lieu, chez ces animaux, à des épizooties meurtrières.

Kiinstleret Pitres [Journ. de micrographie, 1884) ont trouvé dans le liquide purulent extrait de la cavité pleurale d'un homme de vingt-sept ans des corps arrondis, renfermant 10 à 20 corps falciformes, accompagnés d'un noyau de reliquat. Ces auteurs pensent que ces corps sont les spores d'une Coccidie voisine du genre Eimeria.

Sa-Rcosporidies. Le mot de Sarcosporidies a été proposé, en 1882, par Balbiani pour désigner les parasites connus jusqu'alors sous les noms de tubes de Miescher, tubes de Rainey, psorospermies utriculiformes.

Ces parasites découverts par Fr. Miescher, en 1845, dans les muscles de la Souris, ont été observés depuis par plusieurs auteurs dans les muscles striés d'un certain nombre de Mammifères (Souris, Bœuf, Mouton, Chien, Chevreuil, Porc, Singe, Cheval, Chèvre). Ils se présentent en général sous forme de tubes plus ou moins allongés contenus dans l'épaisseur même des fibres musculaires, dirigés suivant la longueur de ces fibres, et renfermant de petits corps globuleux, ovalaires ou falciformes, qui paraissent être des spores. La membrane des tubes est tantôt mince, tantôt épaisse et striée.

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Considérés d'abord comme des altérations pathologiques de la fibre musculaire, comme des végétaux de la famille des Mucédinées ou des Cliytridinées, les tubes de Miescher ont été rapportés par Leuckart au groupe des Coccidies. La plupart des naturalistes s'entendent aujourd'hui à les ranger dans la classe des Sporozoaires, et Biilschli, dans sa monographie des Protozoaires, adoptant la désignation de Balbiani, fait des Sarcosporidies un ordre de Sporozoaires.

Les Sarcosporidies sont toujours dans le tissu musculaire strié, appartenant aux muscles volontaires ou involontaires (cœur, œsophage). On a bien signalé chez le Kangourou, dans le tissu conjonctif, des kystes renfermant des corpuscules ressemblant à ceux des tubes de Miescher, mais il n'est pas encore démontré que ces kystes aient la même origine que les Sarcospodies.

On ignore jusqu'à présent l'évolution de ces microrganismes et leur mode de pénétration dans l'organisme. Leur siège de prédilection dans les muscles qui avoisinent le tube digestif, muscles cervicaux, masticateurs, diaphragme,

Fig. 1. — Évolution du Cuccidium ovi forme du foie du lapin, d'après Balbiani. a.b.c, jeunes Coccidies renfermées dans les cellules épilhéliales des canalicules hépatiques : a, noyau de la cellule épitliéliale. — d,e,f, Coccidies adultes enkystées. — g,h,i.fi,l, développement des spores. — m, spore mûre isolée, tivs-grossie, montrant les deux corpuscules falcilormes dans leur position naturelle, avec le nucléus de reliquat. — n, spore comprimée avec les deux corpuscules écartés l'un de l'autre. — o, corpuscule falciforme : y, son noyau.

psoas, laissent à penser qu'ils pénètrent par le tube digestif. Leisering et Winckler, Dammann, von Niederhausen et Ziirn, ont observé quelquefois une mortalité considérable due à la présence des Sarcosporidies dans les muscles du pharynx, du larnyx et de la langue chez le Mouton. La chair infestée par ces parasites paraît pouvoir être consommée sans danger.

On n'a pas encore trouvé de Sarcosporidies chez l'Homme, ni dans les autres classes de Vertébrés (Oiseaux, Reptiles, Batraciens, Poissons). Parmi les Invertébrés, j'ai signalé récemment l'existence d'une Sarcosporidie dans les muscles d'une Crevette {Palsemon rectirostvis) . Les muscles des Crevettes infestées deviennent opaques à létat vivant.

MvxospoRiDiEs. Biilschli a donné le nom de Myxosporidies à des parasites découverts par Gluge, en 1858, dans de petites tumeurs siégeant sur la peau d'un Poisson d'eau douce, l'Epinoche. J. Millier retrouva ces parasites chez plusieurs autres Poissons et créa pour les désigner le mot de psorospermies

rSOROSPERMIES.

pour rappeler la forme que revêtent, à certains moments, les organismes et la maladie cutanée qu'ils occasionnent. L'organisation et l'évolution de ces sporozoairesne sont bien connues que depuis les recherches de Balbiani et de Bùtschli. Les Myxosporidies sont d'abord constituées par une masse plasmique douée de mouvements amiboïdes, dans laquelle on distingue une couche externe, ectosarc, dense, homogène, et un endosarc généralement jaune ou brun, contenant un grand nombre de globules graisseux. Dans cette masse protoplasmique naissent des corpuscules reproducteurs ou spores, de structure très-compliquée et dont la forme et le volume varient avec chaque Poisson. Chaque corpuscule est composé d'une enveloppe solide, formée de deux valves appliquées l'une contre l'autre, et d'un contenu protoplasmique. A la partie antérieure du corpuscule, entre le contenu et l'enveloppe, se trouvent deux vésicules à paroi épaisse, renfermant un filament enroulé en spirale et pouvant se dérouler et sortir sous l'influence de certains réactifs. Lors de la maturité de la spore, les

Fig. ^. — Pîorospermies Ae la Tanche, d'après Balbiani. a, psorosperrnie vue de face. — b, de profil. — c, avec les filaments déroulés. — d, psorosperinie laissant échapper son contenu, sous forme d'une amive, à travers ses valves écartées en montrant les bandes élastiques de la coque détendue. — e, vésicule contenant le filament spécial. — /■,<?, /i, vésicule avec le filament déroulé.

deux valves s'écartent sous l'action d'un ruban élastique occupant la ligne de suture, et le contenu, qui s'est ramassé sous forme d'un globule sarcodique, sort pour constituer une petite masse amiboïde, qui rampe à la surface ou à l'intérieur des tissus, se nourrit et devient une Myxosporidie.

Ces parasites pénètrent dans presque tous les organes des Poissons, principalement dans la peau, les branchies, la rate, le rein, la vessie natatoii'e et l'ovaire. Ils se développent i-apidement et se multiplient avec une activité prodigieuse, causant de grands ravages parmi les Poissons, surtout les jeunes. On n'a pas encore nettement constaté l'existence de Myxosporidies chez d'autres animaux que les Poissons.

MicRospoRiDiES. Leydig signala le premier, en 1853, dans un Insecte, le Coccm hesperidum, des corpuscules brillants, ovalaires, réfractaires aux réactifs chimiques. Observés ensuite chez d'autres Insectes et chez des Vers, ces corpuscules ont surtout attiré l'attention des naturalistes, quand on les trouva chez les Vers à soie atteints de pébrine {voy Pébrine). On les appela alors corpus-

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cules de Cornalia ou corpuscules vibrants, en raison du mouvement brownien dont ils sont animés. En 1867, Balbiani étudia leur mode de développement et montra leur affinité avec les Psorospermies. Cet auteur, en 1883, leur a donné le nom de Microsporidies.

Ces parasites, pendant leur phase végétative, se présentent, comme les Mjtcosporidies, sous forme de masses protoplasniiques amiboïdes, situées dans les cellules des dilïérenls tissus. Dans leur intérieur apparaissent des spores ovoïdes nombreuses qui sont mises en liberté par destruction de la masse dans laquelle elles ont pris naissance. Chaque spore ou corpuscule possède une membrane brillante, très-résistante. Cette membrane s'ouvre et son contenu sort sous la l'orme d'une petite masse amiboïdc, qui pénètre dans les tissus, grossit et reproduit la l'orme végétative. Les Microsporidies, propres aux Articulés, peuvent être considérées comme des Myxosporidies dont les spores ont une organisation très-simple : on trouve, en effet, chez certains Poissons, des Myxosporidies à spores petites et réfringentes, ayant le même aspect que celles des Microsporidies. F. IIenneguy.

PSYCIIOTKIA (L.). Genre de Rubiacées, auquel nous devons cinq des six sortes d'ipécacuanlias vrais, employés en médecine. D'une part, on doit y faire rentrer les Cephxlis (Xlll, 825), et d'autre part, nous avons fait voir qu'il est synonyme de Uragoga L., qui a pour lui l'antériorité. Nous devons donc décrire ici tout ce qui est relatif aux Uragoga. Une espèce telle que VU. Ipecaciianha L. a des fleurs régulières, hermuphrodites et ordinairement 5-mères. Leur réceptacle a la forme d'un sac creux dont les bords portent le périanthe et dont la concavité loge l'ovaire. Le calice est gamosépale, à cinq divisions qui cessent de bonne heure de se toucher, et la corolle, presque infundibuliforme, est partagée supérieurement en cinq lobes dont la préfloraison est valvaire. A sa gorge, parsemée de poils assez abondants, s'insèrent cinq étamines, alternes avec ses divisions. Elles sont formées chacune d'un filet court et d'une anthère introrse, dorsiûxe, biloculaire, déhiscente par deux fentes longitudinales. L'ovaire infère est à deux loges, antérieure et postérieure ; il est surmonté d'un disque épigyne et glanduleux, entier et bilobé, et d'un style dont l'extrémité stigmatifère se partage en deux branches lancéolées-subulées. Dans l'angle interne de chaque loge ovarienne, et près de sa base, s'insère un ovule ascendant, anatrope, à raphé ventral et à micropyle tourné en bas et en dehors. Le fruit est une drupe, avec deux noyaux peu épais, qui renferment chacun une graine ascendante, dont les téguments, creusés en dedans d'un sillon longitudinal médian, recouvrent un albumen dur, enveloppant lui-même un embryon axile, court, à radicule infère et à cotylédons foliacés. VU. Ipecacuanha est un humble végétal traçant, de l'Amérique tropicale, principalement du Brésil. Ses racines, souvent épaissies, cylindriques, annelées en travers, constituent le médicament qui porte le nom d'ipécacuanha annelé mineur. Ses rameaux aériens, frutescents, ordinairement non ramifiés, portent des feuilles opposées, peiminerves, accompagnées de stipules interpétiolaires, unies entre elles à la base et rapprochées en un court étui cilié sur les bords, et ses fleurs sont réunies en un faux capitule terminal de glomérules ou de cymes à pédicelles trèscourts, dont l'ensemble est accompagné d'une couple de paires d'assez grandes bractées décussées, formant involucre. Les autres Uragoga diffèrent surtout de celui que nous venons d'étudier par la taille et la consistance de leurs

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tiges. Celles-ci sont tantôt herbacées, couchées sur le sol et radicantes, et tantôt ligneuses, plus ou moins élevées, constituant des arbustes ou des arbrisseaux. Leurs inflorescences peuvent aussi, au lieu d'être contractées, représenter des cymes plus ou moins allongées et ramifiées, à axe détendue variable. C'est ce qui arrive surtout dans ceux des Uragoga auxquels on avait donné le nom de Psi/chotria. Les cinq Ipécacuanhas donnés par des Uragoga sont :

1" L'/. anne/e ??a'ne2<r, racine, comme nous l'avons vu, de l'U. Ipecacuanha ;

2" L'/. annelé majeur, donné par VU. granatensis ;

5° L'/. strié majeur, produit par VU. emedca;

A" L'/. strié mineur, dont on ne connaît pas exactement l'origine ;

5'^ VI. ondulé de Colombie, qui serait fourni (?) par VU. undata.

L'U. Ipecacuanha est une petite espèce ligneuse, haute de 1-4 décimètres. Sa tige, simple ou peu ramifiée, est de la grosseur d'une plume d'oie, dressée, portant vers sa partie supérieure quelques paires de feuilles à court pétiole, à limbe ovale-oblong ou elliptique-oblong, atténué et à peine insymétrique à la base, un peu aigu ou obtus au sommet, ordinairement entier, un peu bosselé ou ondulé, d'un vert foncé et glabre en dessus, avec un reflet presque métallique, pâle en dessous, avec une dizaine de nervures secondaires arquées, et saillantes en dessous. Les stipules sont rapprochées en une sorte de gaine courte, inégalement fendue et découpée sur les bords en laciniures sétiformes inégales. Les fleurs sont blanches, avec une corolle tubulcuse à la base, dilatée plus haut en entonnoir, à 4 lobes aigus. Les fruits sont ovoïdes, d'un violet pourpre foncé, et renferment 1,2 noyaux. Le pédoncule commun qui les porte est réfléchi. (Dimensions: épaisseur de la tige, l/'J cent, environ; pétiole, 2-4 millim.; limbe, 10-15 cent., sur 5-7 de large; pédoncule commun, 3-4 cent.; fleur, 1-1 1/4 cent. ; fruit, 1/2 cent, environ.)

Cette plante croît en abondance au Brésil, sur les pentes boisées et dans les forêts humides dont l'ombre n'est pas trop épaisse, notamment dans les provinces du Para, de Fernambouc, de Bahia, de Minas-Geraës, de Rio-Janciro et de Saint-Paul. C'est surtout la région située entre Cujaba, Villa-Maria, Villabella et Diamantina, dans la province de Mato-Grosso, qui fournit au commerce des racines d'ipécacuanha annelé. Aujourd'hui la plante est cultivée dans l'Inde anglaise, sur les pentes du Sikkim, à une altitude d'environ 1000 mètres. Introduite dans les serres d'Europe au commencement de ce siècle, elle s'y développe parfaitement et y fleurit constamment. Le moindre tronçon de la racine, ou même une branche ou une feuille, suffit à reproduire la plante.

La partie employée en médecine est la racine. Fraîche, elle se présente sous forme de cordons ramifiés (de 1/2 à 3/4 cent, de diamètre), très-noueux et annelés, c'est-à-dire pourvus d'étranglements et de renflements circulaires alternatifs, recouverts d'une écorce d'un jaune brun pâle à la surface, blanche intérieurement, charnue, d'une saveur un peu amère et d'une odeur légèrement nauséeuse, entourant un cylindre ligneux, dur, d'un jaune pâle, qui n'a que le quart ou le cinquième du diamètre total de la racine et qu'on nomme généralement meditullium. Suffisamment grossie, une coupe transversale de cette racine laisse voir : l'écorce très-épaisse, limitée en dehors par des phytocystes subéreux, comprimés tangentiellement, les extérieurs brunis et en partie détruits. En dedans se trouve le parenchyme cortical, formé d'éléments irrégulièrement polygonaux, dissemblables, à paroi mince et molle, dont la cavité contient de nombreux grains de fécule. Tout à fait en dedans et contre le bois

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ou contre une zone d'accroissement très-mince et qui manque à certaines époques, on distingue difficilement des faisceaux libériens, à coupe triangulaire et avec le sommet tourne en dehors. Les contours de leurs fibres sont irrégulièrement sinueux. Le bois est formé en majeure partie de fibres fusiformes, disposées en séries rayonnantes, sans rayons médullaires bien distincts et sans moelle. 11 n'y a de vaisseaux, et en petit nombre, que tout près du centre, dont quelques-uns s'écartent un peu plus çà et là. Leur lumière est environ deux fois aussi large que celle des fibres ligneuses.

Le bois est presque inactif; on le rejette ordinairement en pulvérisant la racine. L'écorce contient environ quinze fois plus des principes actifs, qui sont Vacide ipécaaianhiqiie et surtout ï'émétine (C'^H^-AzO'') ; on use en Europe environ 100 000 kilogrammes de cette racine par an; elle s'emploie surtout comme vomitive, mais dans les pays chauds elle constitue aussi un remède précieux contre la dysenterie, et c'est à ce titre que la Poudre du Brésil a primitivement été préconisée en Europe, notamment par Pison et Marcgraf, puis par J.-C.-A. Helvétius, auquel Louis XIV acheta le secret de ce médicament vers la fin de son règne.

Nous avons nommé Vragoga granatensis la plante colombienne qui produit V Ipécacuanha annele majeur, sans pouvoir, faute de matériaux suffisants, déterminer si elle constitue une espèce distincte ou une simple variété de la plante précédente. Il paraît qu'elle a à peu près les mêmes organes de végétation. Mais sa racine est beaucoup plus grosse {6-9 mil!.). Ses anneaux sont beaucoup moins saillants, et la couleur de son écorce est bien plus jaunâtre (ce qui justifie peu le nom d'/. gris blanc). Sèche, cette écorce est intérieurement aussi plus jaune, et son apparence est comme cornée. Elle est un peu moins riche en émétine que celle de 1'/. annelé mineur. Depuis quelques années elle arrive de plus en plus en Europe, sous le nom d7. de Carthagène, et elle peut rendre les mêmes services à peu près que la racine du Brésil.

L'L'. emetica H. Bn [Psychotria emetica Mot.) produit 1'/. strié majeur, épitliète qui n'est pas irréprochable, puisque cette sorte peut être moins volumineuse que la suivante. On l'a aussi nommée /. gris cendré glycyrrhizé (Lémery) et /. violet. La plante (haute de 3-6 décimètres) ressemble par ses feuilles à VU. Ipécacuanha. Leurs stipules sont entières. Les fleurs sont disposées en inllorescences axillaires et terminales, qui sont descymes peu ramifiées, et le Iruit ressemble en petit à celui du Caféier, avec un sarcocarpe beaucoup moins épais. Cette plante croît en Colombie ; elle a des tiges souterraines grêles qui produisent des racines adventives épaissies. C'est la partie employée, formée de cylindres (larges de 4-8 millim.), à surface brune, finement striée dans la longueur, avec une écorce épaisse et comme cornée, parfois teintée de violacé ou de noirâtre. Cette racine renferme moins de 5 pour 100 d'émétine et ne contient pas d'amidon ; elle ne doit être employée que là oîi VU. Ipécacuanha fait défaut.

On doit en dire autant de VI. strié mineur ou des /. des mines d'or (Pelletier), /. strié noir et dur, dont l'origine botanique est inconnue, et qui se présente sous forme de cylindres ordinairement assez courts, d'un gris noirâtre ou brunâtre, avec des stries longitudinales très-marquées et quelques étranglements circulaires distants. Souvent minces, ils atteignent jusqu'à 1 centimètre de diamètre, surtout dans celui de provenance péruvienne. Leur mediiullium renferme beaucoup de larges vaisseaux, et leur liber forme une couche

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continue, avec saillies angulaires extérieures inégalement espacées. Les parois de ses pliytocystes sont épaissies, un peu sinueuses et continues les unes avec les autres. Cette sorte passe pour plus riche en substance vomitive que la précédente.

On a attribué, mais peut-être sans raison suffisante, la production d'un /. ondulé majeur à un arbuste colombien, l'U. undata H. Bx [Psychotrin inidata Jacq. — P. undulata Poin.), cultivé dans nos jardins botaniques et caractérisé par des stipules très-dé veloppées, membraneuses, des feuilles oblongues-lancéolées, ondulées, et des inflorescences en grappes de cymes grêles, avec des corolles blanches et tubuleuses. H. Bn.

Bibliographie. — L., Gc«., 11. 229. — DC, P/Wr., IV, 504. — Mér. et dkL., Dict. Mat. méd.. iri, 658. — Benth. et Uook. f., Gen., II, 125. — H. Bn, Hist. des pi., VII, 280, 570, 408; 2V. Dot. méd. phanër., 1082, tig. 2018-2925. II. B.n.

PSYORAGIURI. Voy. Dermatose.

PTilRinoscOPIE. Voy. Divination.

PTELEA {Ptelea L.). Genre de plantes de la famille des Rutacées, tribu des Zanthoxylées, dont les représentants sont des arbrisseaux ou des arbustes, à feuilles alternes tri- ou quinquéfoliolées, dépourvues de stipules, à fleurs polygames, disposées en grappes de cymes ou en corymbes. Ces fleurs ont un périanthe double, tétramère ou pentamcre, avec un nombre égal d'étamines à filets libres, épaissis inférieurement et plus ou moins hérissés de poils. Le fruit est une capsule triloculaire et indéhiscente, dilatée à .son pourtour en une aile orbiculaire membraneuse et réticulée. Les graines renferment sous leurs téguments un albumen charnu dans l'axe duquel est situé l'embryon.

Les Ptelea habitent, au nombre de cinq ou six, les régions tempérées de l'Amérique du Nord. L'espèce type, Pt. tvifoliata L., est fréquemment cultivé en Europe dans les jardins ou les parcs. On l'appelle vulgairement Orme de Samarie, Trèfle de Virginie, Orme à trois feuilles. Toutes ses parties, quand on les froisse, exhalent une odeur forte, résineuse, peu agréable. Ses feuilles sont employées, dans l'Amérique du Nord, comme détersives et vermifuges. Ses fruits, à saveur aromatique, amère, ont été proposés, en Alsace, pour remplacer le houblon dans la fabrication de la bière. Ed. Lef.

PTERIS {Pteris L.). Genre de Fougères, du groupe des Polypodiacées, caractérisé par les sporanges gui naissent vers le bord de la face inférieure des frondes et forment une ligne continue bordant chaque segment. Les frondes, très-grandes et longuement pétiolées, sont pinnatiséquées ou bitripinnatiséquées, et l'indusium, continu avec le bord de la fronde, est libre par son bord interne.

L'espèce type, P. aquilina L., est extrêmement commune en Europe dans les bois et les champs des terrains sablonneux. On l'appelle vulgairement Fougère commune, grande Fougère. Elle se rencontre également dans les parties boréales de l'Asie et de l'Amérique. Son rhizome, longuement traçant, presque horizontal, donne naissance à des frondes de 6 à 15 décimètres, dont le pétiole robuste, d'un brun noirâtre inférieurement, présente, par une coupe pratiquée

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obliquement dans cette partie, un dessin formé par l'ensemble des faisceaux ligneux et rappelant la forme d'nne aigle double.

Les frondes de cette Fougère sont employées communément pour l'emballage des fruits et de certaines denrées. On les utilise également comme litière pour les bestiaux. Son rhizome, amer et astringent, était préconisé autrefois comme vermifuge. Ed. Lef.

PTÉBiTAWNMiUE (âcide). C^H^^O^ Tannin renfermé, d'après Lùck, dans le rhizome de fougère mâle à côté de ['acide tannaspidiqiie. C'est une poudre brun clair, transformée par le chlore sec en un composé hexachloré, et par le chlore en présence de l'eau en un composé tétrachloré, C^'H^^C W + H^O. Chauffé en solution alcoolique avec uii peu d'acide chlorhydrique, il se transforme en acide éthylpéritaimique, C^4P''(C*H*)0^, que l'eau précipite sous forme de poudre de couleur pourpre. On ignore les relations de cet acide avec l'acide filicitannique (l'o?/. ce mot), retiré par Molin du même rhizome.

L'acide tannaspidique, C^^H-'O", constitue une poudre brun foncé, insoluble dans l'eau et dans l'éther, soluble dans l'alcool; il donne des sels et divers dérivés chlorés, etc. Molin le considère comme du 7^ouge filicique impur.

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