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PU G CINE

Morisani, Novi, Palasciano et d'Urso (de Naples), Macari (de Gênes), de la complaisance avec laquelle ils ont bien voulu me communiquer des notes historiques et des renseignements statistiques qui m'ont été très-utiles pour la rédaction de cet article.

SïMPHYsÉOTOMiE CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. Camper avait fait à ce sujet, paraît-il, des expériences dont il a consigné les résultats dans sa lettre à Louis, secrétaire de l'Académie de chirurgie [Epiatola de Emolwnenlis synchondroseos ossùim pubis. Groningue, 1774), exprimant sur cette opération un jugement favorable [voy. plus haut : Historique, g I). Ce qui n'empêcha pas E. Lafosse quelques années plus tard (1788) d'écrire, dans ses observations sur l'accouchement de la jument à propos de la symphyséotomie : « Non-seulement je ne la regarde pas comme avantageuse, mais je ne la crois pas sans dangers, et je ne pense pas que personne ose la tenter sur le vivant » {voy. Saint-Cyr et Th. Violet, Traité d'obstétrique vétérinaire, p. 865, '2" édition. Paris, 1888).

J. Rainard, qui lui a consacré un court chapitre dans son Traité complet de la parturition chez les principales femelles domestiques (Lyon, 1845), ne paraît pas disposé, dans les cas de dystocie pelvienne observés chez cette catégorie de parturientes, à revenir sur la proscription dont l'Académie de chirurgie, représentée par Baudelocque, et l'Ecole obstétricale française, avait jusqu'à nos jours frappé cette opération : « Elle doit, écrit Rainard [op. cit., p. 102), être rayée de la chirurgie vétérinaire pour les raisons suivantes : 1° chez la vache, la symphyse est souvent en partie désunie; cet écartement naturel a donné au bassin tout l'écartement qu'il pourra prendre; 2" les articulations sacro-ihaques étant souvent ossifiées, la section de la symphyse ne produirait aucun élargissement; chez la femme après l'opération la symphyse reste longtemps à reprendre sa solidité, la guérison se fait longtemps attendre et presque toujours reste incomplète, c'est-à-dire que la symphyse reste mobile, vacillante, ce qui gêne considérablement la marche. D'autres fois elle s'enflamme et suppure, ainsi que les articulations sacro-iliaques. Le temps perdu et les dépenses faites dépasseraient la valeur de la femelle. Aussi vaudrait-il mieux la sacrifier de prime abord que de tenter cette opéiation. » Rainard ne pense pas qu'on doive y songer autrement que dans un but scientifique, et ne croit pas que, même dans cet ordre d'idées, elle ait jamais été pratiquée (voy. loc. cit.).

Chez la jument, l'ossification envahit de bonne heure la symphyse pubienne, quelquefois dès l'âge de quatre à cinq ans, circonstance défavorable à l'opération, exposée d'ailleurs aux mêmes objections générales que chez la vache, et justifiant une égale abstention. Si malgré ces raisons on voulait passer outre, c'est évidemment à la pubiotomie qu'il faudrait recourir.

Saint-Cyr termine un court chapitre,, sur la symphyséotomie, emprunté en partie au Traité d'accouchement de Cazeaux, par cette phrase aussi absolue que la condamnation portée par J. Rainard : « En voilà certainement assez pour faire apprécier de quel secours peut être, en obstétrique vétérinaire, une opération que jamais personne n'a pratiquée chez les animaux et que personne trèsprobablement ne sera jamais tenté de pratiquer » (Saint-Cyr et Violet, op. cit., p. 864-865). A. Bouchacourt.

PUCCINE. Alcaloïde découvert en 1856 par Wayne dans la racine de San-

ginnaria canadensis L., où il se trouve à côté de la sanguinarine. Poudre rouge pâle, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther. L. Hx.

PCCCIMIE {Puccinia Tul.). Genre de Champignons-Coniomycètes, du groupe des Urédine'es, dont les représentants, tous endophytes, se développent immédiatement sous l'épiderme des feuilles ou des tiges des végétaux et se présentent sous la forme de taches plus ou moins développées, le plus généralement arrondies, de couleur jaune ou brune.

Les Puccinies, dont on connaît un assez grand nombre d'espèces, se divisent en anioiques et en hétéroïques. Dans les premières, les œcidies se développent sur la même plante où se sont formées les stylospores ou spores d'été et les téleutospores ou spores d'hiver; dans les secondes, au contraire, les œcidies se développent sur une plante déterminée, tandis que les sUjlospores et les téleutospores se forment sur d'autres plantes appartenant à des familles différentes. Parmi ces dernières nous citerons notamment le Puccinia graminis Pers., dont les œcidies produisent sur la face inférieure des feuilles de l'Épine- Vinette WEcidiiun herheridis Gmel., tandis que les stylospores et les téleutospores, qui constituent rt/r^f/o linearis Pers., se développent exclusivement sur les feuilles et les tiges de plusieurs Graminées sous l'apparence d'une poussière jaune ou orangée et produisent sur les céréales la maladie bien connue sous le nom de rouille des blés. Ed. Lef.

PUCCIXOTTI (Francesco). Médecin italien, né à Urbino, eu 1794, reçu docteur à Rome en d 816, fut nommé professeur de pathologie spéciale et de médecine légale à l'Université de Macerata en 1827, professeur de médecine légale à Pise en 1838, enfin professeur d'histoire de la médecine à Florence en 1859. Il fut sénateur du royaume et mourut à Florence le 9 octobre 1872. Son ouvrage le plus important est son htoria délia medicina, 5 vol. in-S", le fruit de vingt années de travail. 11 a fait en outre l'histoire des fièvres palustres de Rome en 1819, 1820 et 1821, et écrit divers ouvrages sur la médecine légale, les maladies nerveuses, le choléra. Une édition complète des œuvres de Puccinotti parut à IS'aples en 1858-1865. L. Hn.

FVCEROIVS (diminutif irrégulier de Puce, analogue à forgeron, fumeron). Les dernières familles d'insectes Hémiptères-Homoptères (voy. Hémiptères) offrent des insectes très-nuisibles soit à l'agriculture, soit à l'horticulture. On les a désignés en bloc sous le nom de Phytophthires ou Poux des plantes, par opposition aux Poux des animaux {voy. Poux). Ils constituent aussi la division des Sternorhynques parce que leur rostre, ou suçoir, semble prendre son origine au-dessous de la tête au devant du sternum, tandis que chez les Cigales et les Gicadaires la base du rostre semble naître du cou [voy. Cigale). Les Pucerons comprennent non-seulement des espèces généralement lentes dans leurs mouvements, fixées aux végétaux, à l'air libre, mais d'autres dont l'évolution se fait en partie sous terre. Une tribu voisine renferme le Phylloxéra de la Vigne devenu actuellement une calamité dans tous nos départements vinicoles {voy. Phylloxéra).

Les Pucerons, ou Aphidiens, dont le nom vient de leur petite taille comparée à celle de la Puce {voy. Puces), car ils ne sautent point, sont des insectes d'une étude difficile à cause des phénomènes de polymorphisme et de génération aller-

nanle qu'ils présentent à un haut degré. Les Aphidiens, très-nombreux en espèces et en individus, composent ces lésions d'insectes mous qui pullulant sur les pousses tendres des arbres, des buissons, des plantes herbacées sauvages ou cultivées.

Les caractères zoologiques des Aphidiens, dont le genre Aphis de Linné constitue le type, sont les suivants : corps mou, assez allongé, avec l'abdomen plus gros. Tête élargie, antennes de longueur variable, de 5 à 7 articles ; yeux proéminents, globuleux, à réseau; un deuxième œil sous forme d'un tubercule également à réseau, placé derrière le premier; rostre de 5 articles, parfois de la longueur du corps et même plus long. Prothorax plus large que la tète chez les Aphidiens aptères, plus étroit chez les ailés. Les ailes sont minces, irisées, nues, non velues, les antérieures plus longues que le corps, disposées au repos en forme de toit. Abdomen de neuf segments offrant souvent deux pointes ou cornicules, naissant du 6^ segment, plus ou moins longues, parfois remplacées par un petit tubercule; dernier segment avec une sorte de queue ou pointe au-dessus de l'anus, noduleuse, n'apparaissant qu'après la dernière mue. Pattes longues et grêles ; tarses de deux articles seulement et terminés par deux griffes.

La reproduction double, asexuée, puis sexuée, des Apliidiens, est un des poinis les plus curieux de leur histoire. Dès le printemps et selon la température, les œufs des Pucerons, pondus à l'arrière-saison sur les tiges et sur les bourgeons, éclosent en donnant naissance à des individus aptères. Ceux-ci, au bout de dix ou douze jours, si le temps est chaud, et après avoir éprouvé plusieurs mues, donnent naissance à des petits vivants, sans l'intervention d'aucun mrde, ainsi que Ch. Bonnet l'a démontré en 1740 pour le Puceron du Fusain, puis chez ceux du Sureau et du Plantain; il constatait pendant l'été jusqu'à neuf générations agames, vivipares. Les jeunes larves sortent des organes maternels, la partie postérieure en avant; elles étendent vivement les pattes pour s'accrocher avant même que la tète ait paru ; les mères ne souffrent pas de cet accouchement et ne retirent pas leur rostre de la plante nourricière. Les larves nouvelles se trouvent dans la condition des premières mères sortant de l'œuf; elles se mettent à sucer la sève, prennent un accroissement rapide, éprouvent quatre mues environ et une fois bien développées, devenues femelles parthénogénésiques ou nourrices, elles mettent au monde, à leur tour, des petits vivants sans intervention de mâles. Duvau observa un élevage, continué pendant sept mois, du Puceron de la Fève, qui donna onze générations. Kyber, en 1815, obtint sans mâle et en serre chaude quatre années de reproduction sans mâle des Pucerons du Rosier et de l'Œillet. Kaltenbach a observé quinze à seize reproductions successives et vivipares. Cette sorte de gemmation interne paraît être sous l'influence d'un milieu chaud: c'est donc une question de température.

Les Pucerons aptères et sédentaires finiraient par disparaître en raison de l'épuisement des plantes nourricières, s'il ne survenait un fait qui rappelle l'essaimage des Abeilles, des Fourmis et que j'ai déjà signalé pour le Phylloxéra de la Vigne [voy. Phylloxéra). Des femelles aptères acquièrent à la face latérodorsale du thorax des rudiments d'ailes, et puis, devenues ailées, elles constituent des femelles de migration allant fonder au loin des colonies sur les végétaux appropriés. Mais ces femelles migratives sont encore parthénogénésiques. Quand la température s'abaisse, à l'arrière-saison, le nombre des femelles vivipares va en diminuant ; il naît aussi des individus qui, passant par l'état de

nymphe, donnent des femelles ailées plus grandes et des mâles plus petits. C'est la phase normale, sexuée, vivipare, qui, après accouplement, produit enfin les œufs qui passent l'hiver et d'où sortent au printemps les femelles parthénogénésiques.

Il y a quelquefois chez les Pucerons ail es des migrations en nombre immense qui rappellent celles des Acridiens voyageurs {voy. Criquets). Vers la fin de septembre et au commencement d'octobre 1834, Morren vit à Gand le Puceron du Pêcher envahir la ville en troupes serrées qui formaient des nuages ; les murs et les routes en étaient noircis, les passants étaient obligés de se protéger les yeux et de se couvrir le nez et la bouche. Le 7 octobre 1846, une migration analogue eut lieu, dans la Suède méridionale, pour les Pucerons des galles du Peuplier. A Paris, en juin 1847, une nuée innombrable de Pucerons verts voltigea dans les rues, obligeant les piétons d'agiter leurs mouchoirs pour protéger les yeux. Au Jardin des Plantes, à Franconville, à Montmorency, il y avait sur la terre une couche épaisse de Pucerons qui, pareille à de la neige, s'attachait à la semelle des chaussures. Pendant l'automne de 1853, plusieurs régions de l'Angleterre furent envahies par des nuées du Puceron du ïiumex.

L'anatomie des Pucerons est fort intéressante et a occupé beaucoup d'anatomistes. Je ne puis que signaler Dutrochet, qui trouva un ovaire à dix branches dans le Puceron de la Chicorée. Léon Dulour [Recherches sur les Hémiptères, 1855) a observé douze gaines ovigères, chacune de cinq à six loges, d'autant plus grosses qu'elles approchent de l'oviducte, celles du bas renfermant des fœtus. Morren s'occupa des Pucerons du Pêcher (1856) ; il reconnut eu été sur les femelles vivipares aptères un ovaire à huit games, chacune de trois à quatre loges renfermant des fœtus ; en automne les gaines renfermaient douze à vingtquatre petits œufs. Dans le mâle il trouva 4 à 5 testicules sphériques, etc. De Siebold, en 1859, et surtout Balbiani, ont complété ces recherches (Balbiani, Mémoire sur la génération des Aphides. In Annales des sciences naturelles, 5« série. Zoologie, t. XII, 1867; t. XIV, 1870; t. XV, 1872).

Les Aphidiens ou Pucerons ne vivent que de végétaux, surtout sur les feuilles et les tiges que leurs piqiires peuvent déformer. On les rencontre fréquemment à l'extrémité des jeunes pousses, sur les écorccs, même sur les racines, mais le fait est exceptionnel. Plusieurs vivent d'abord cachés dans des espèces de galles sur les Ormes, sur les Peupliers, etc. Les vallées profondes, tempérées ou chaudes, sont favorables à leur développement-: ils se multiplient à l'infini dans les terrains bien cultivés, dans les jardins des villages et entourant les villes; plus on s'éloigne des habitations humaines et moins on en trouve.

Les Pucerons produisent par émission une liqueur visqueuse, diversement colorée, qui sort des cornicules de l'abdomen et qui a été très-bien constatée par Réaumur ; elle est due à une glande placée à la base de la cornicule. De plus, il y a une abondante éjaculation d'un miellat sucré, incolore, s' opérant par l'anus, avec trémoussement du corps et comme une sorte de ruade. Ce miellat sucré, poisseux, est très-recherché par les Fourmis, par les Abeilles, même par des Noctuelles [voy. Lépidoptères) ; les Fourrais sollicitent les Aphidiens à la production du miellat, et plusieurs espèces sont élevées dans les Fourmilières comme des vaches à l'étable {voy. Fourmis). Du reste, ce miellat n'est pas absolument propre aux Aphidiens, les Cochenilles le produisent aussi, et il forme sur les végétaux un terreau particulier où se développent de microscopiques champignons noirs, occasionnant lafumagine ou morfée [voy. Coche-

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NiLLEs). Plusieurs Pucerons sont recouverts, comme certaines Cochenilles, d'un enduit cireux formant des filaments parfois très-longs.

Quelques Pucerons sont polyphages, et alors ils peuvent vivre sur cinq ou même dix espèces de plantes : ainsi le Puceron de la Fève vit sur le Pavot, mais en général un Puceron est lié à un végétal déterminé, à ses variétés, aux espèces voisines d'une même famille naturelle. Guidés par une fausse analogie avec ce qui se passe pour les Scolytes attaquant les arbres malades {voy. Coléoptères), plusieurs auteurs ont prétendu que les Aphidiens et les Cochenilles recherchaient les végétaux affaiblis. C'est une erreur à rectifier : les Phytophthires attaquent de préférence les végétaux jeunes et vigoureux, leur prédominance sur les plantes de serre ou abritées tient à ce qu'ils s'y trouvent mieux et à l'abri, soit des influences atmosphériques, soit de leurs parasites.

Les Pucerons ont de nombreux ennemis naturels. Les principaux sont : les larves des Coccinelles [voij. Coléoptères), les larves des Ilémérobes et Chrysopes, Lions des Pucerons de Réaumur'(w?/. Névroptères), divers Hémiptères, Anthocoris, etc., les larves des Syrphides [voy. Diptères) qui les dévorent. Des Hyménoptères, tels que les Aphidius et autres Braconides, Chalcidides, déposent leurs œufs dans le corps des Pucerons femelles parthéuogénésiqnes, comme on peut le constater facilement sur les branches des Rosiers où, parmi les Pucerons verts, on en voit d'autres d'un jaune opaque, attaqués par ces parasites. Il y a aussi une petite mite rouge, Acarus coccineus Schranck, qui se nourrit de la substance des Aphidiens.

Le genre Aphis Linné renferme en Europe plus de 50 espèces; il est limité à ceux dont les antennes composées de 7 articles sont aussi longues ou plus longues que le corps. Une des espèces les plus vulgaires est le Puceron du Rosier [Aphis rosœ Linn.), long de ii à 3 millimètres, vert, avec des taches sur le thorax ainsi qu'au bord de l'abdomen, et l'écusson d'un noir luisant, les pattes noirâtres, leurs articulations blanches; les antennes noires, ainsi que les longues cornicules, appendice caudal long, en forme de sabre. — Le Rosier nourrit une seconde espèce, Aphis rosarum Raltenbach, moins commun, propre aux feuilles, d'un jaune verdâtre à petits points obscurs, antennes et pattes jaune pâle, cornicules allongées et grêles d'un jaune roux. — Sur les Fèves on trouve V Aphis fabœ Scopoli, noir, antennes brunes, pattes jaunes et noires; il vient aussi sur le Pavot. — H y a plusieurs Pucerons sur le Pêcher, l'un est V Aphis persicœ Morren; A. persiccecola Boisduval, d'un noir verdâtre, tacheté de noir, pattes d'un jaune ferrugineux, queue et cornicules de longueur ordinaire. Ces Pucerons ne produisent pas la cloque, maladie des feuilles du Pêcher, due à un champignon, mais ils savent se loger dans les cavités des feuilles. — V Aphis sambuci L. vient sur le Sureau; il est très-commun, foncé, à retlets bleuâtres, cornicules longues, les ailes sont d'un noir brillant, l'abdomen d'un vert foncé.

Les Schizoneicra Hartig, ou Myxoxylus Blot, offrent des antennes courtes, de 6 articles, et à l'aile supérieure une nervure costale partant d'un stigma épais et une nervure sous-costale bifide, l'abdomen sans cornicules. Le Puceron du Pommier, ou Puceron lanigère {Schizoneura lanigera Haussmann), est dévastateur, très-nuisible; on l'a appelé Phylloxéra du Pommier. Les aptères, longs de i millimètre 1/2 à 2 millimètres, sont ovoïdes, d'un rouge violacé, tachant en rouge de "sang les doigts qui les écrasent, les antennes courtes et d'un jaune pâle, pattes grêles. Le rostre est aussi long que le corps dans le

jeune âge, puis il va s'atropliianl ; il y a deux pores au 7'^ anneau, d'où suinte une matière grasse. Les sujets ailés ont 2 millimètres 1/2 de longueur, des antennes courtes, moins longues que la tête et le thorax réunis, des pattes longues, brunâtres, translucides.- Les aptères et les ailés se recouvrent sur le dos, surtout près de l'anus, d'un long duvet cireux et blanc, formé de filaments qui empêchent l'action de l'eau et des solutions aqueuses, comme aussi de la poudre de Pyrètlire. D'après Lichtenstein, il y a deux phases de migration : les femelles à quatre ailes qui se portent sur d'autres pommiers et pondent des œufs d'oîi naissent des aptères vivipares ; en outre, les sexués très-petits, ne mangeant pas, sans ailes et sans rostre, ne pouvant que s'accoupler. Le mâle a 1/2 millimètre, la femelle 1 millimètre de long. Cette femelle est entièrement remplie par un œuf unique, qu'elle pond en automne sur les écorces; l'œuf passe l'hiver et donne au printemps un Puceron lanigère aptère et vivipare renouvelant les colonies. Cette espèce polymorphe ferait le passage au Phylloxéra.

Le Puceron lanigère provient, dit-on, d'Amérique, importé avec des Pommiers du Canada, s'étant d'abord montré en Angleterre au commencement du siècle, puis en Belgique et en France, où il s'est propagé du nord au sud sur les Pommiers des jardins; les arbres à fruits doux sont le plus exposés à ses attaques. 11 se fixe sur l'écorce et se propage jusqu'aux racines, on le voit à la base des pétioles des feuilles; peu agile, il ne change guère de place, mais l'hiver il se tapit entre les tiges en espalier et le mur, ou bien il passe sur les racines. Les piqûres déterminent des hypertrophies de tissu, des excroissances où le Puceron tire sa nourriture. Comme il ne produit pas de miellat, il n'est pas visité par les Fourrais. Pour détruire le Puceron si nuisible, il faut, à cause du duvet cireux, des moyens spéciaux, tels que des corps gras, huile ou glycérine, étendus sur tout l'arbre ; le graissage doit se faire une première fois en octobre et novembre, une seconde fois au début de la végétation. On a recommandé de couvrir de cendres les places du Puceron et de les imbiber de pétrole; il faut rejeter le goudronage et surtout le flambage, qui peuvent occasionner la mort des arbres infestés.

Le genre Tetraneura Hartig se compose d'espèces ayant des antennes de cinq ou six articles, l'aile antérieure n'offrant qu'une nervure sous-marginale et une cellule radiale, l'aile postérieure avec une seule nervure transversale. L'abdomen est dépourvu de cornicules et de queue. Les Tetraneura sont des Pucerons gallicoles, vivant dans les galles et les boursouflures sphériques des feuilles; le T. ulmi de Géer est le Puceron des petites galles de l'Orme, glabre, luisant, d'un noir verdâtre, sans duvet; ce n'est pas le même que le Schinozetira ulmi de Linné ou Puceron velu des Ormeaux, des grosses galles s'ouvi^ant par le haut.

Dans les Pemphigus, il y a deux nervures transversales sur les ailes inférieures. Le type du genre est le Pemphigus bursarius Linné, ou Puceron du peuplier noir de Geoffroy, étudié et figuré par Réaumur. Le P. bursarius ailé a des antennes de six articles, les larves sont verdàtres, poudrées de gris; la mère aptère et fort épaisse est longue de 2 millimètres 1/4, ses antennes courtes n'ont que quatre articles. Ces Pucerons se trouvent dans les tubérosités contournées des pédicules des feuilles de Peuplier; ces tubérosités s'entr'ouvTant dans l'été par une fente longitudinale donnent issue 'aux insectes ailés. Le Pemphigus terebinthi du midi de la France a été étudié par Derbès; il produit

des galles sur les Tére'binlhes. Des sujets ailés passent l'iiivcr, ils mettent au monde au printemps des sexués à bouche atrophiée qui s'accouplent, et la femelle pond un œuf unique, protégé comme chez certaines Cochenilles par le corps maternel. De cet œuf provient une femelle parthénogénésique ; sous les piqûres de celle-ci la plante produit des galles renfermant la mère productrice et une foule de petits. Ces derniers sont tous des femelles devenant ailées, essaimant après l'ouverture spontanée de la galle.

Les Adelges Vallot, appelés Poux des Sapins, ont des antennes de cinq articles, les ailes antérieures sons cellules radiales, les inférieures avec une simple nervure, abdomen sans cornicules, sans appendice caudal. 11 y a en France deux espèces : l'une est V Adelges abietis Linné, long seulement de \ millimètre, jaune ou roussàfre, yeux gros, bruns, saillants, front avec un point noir. Ailés avec des ailes plus courtes que les Aphis, à reflets bleuâtres. L'extrémité des rameaux des Sapins et des Epicéas pi(jués par la femelle pour déposer ses œufs, se dilate et forme des écailles disposées en alvéoles, remplies de larves avec duvet ; on dirait une sorte d'Ananas en miniature. — L'autre espèce est V Adelges strobilobiiis Kaltenbach, d'un rouge foncé, plus obscur en dessous; les piqûres des femelles ne produisent pas de galles, mais des boursouflures de feuilles où logent les larves, communes sur les Mélèzes de mai en août. On n'a encore découvert ni mâles ni sexués donnant des œufs d'hiver.

Un certain nombre de genres de Pucerons vivent souterrainement, tandis que ceux qui précèdent sont à l'air libre ou épigés. Les Pucerons qu'on remarque sur les racines de plusieurs vé^jétaux ont été confondus avec la phase radicicole du Phylloxéra de la Vigne, de là ces amorces de plantes à semer dans les vignes pour attirer le Phylloxéra. Les vrais Pucerons souterrains n'ont pas d'ailes, des antennes de six articles, à peine moitié aussi longues que le corps; l'abdomen gonflé est court, épais, sans cornicule ni mamelons. C'est donc par l'anus qu'ils rendent un abondant miellat sucré dont les Fourmis sont friandes, à tel point qu'elles établissent la fourmilière autour des racines à Pucerons, transformées en petites étables. — La Formica flava [voy. Fourmis) sait domestiquer de la sorte le Rhizobius radicum Kirby, qui est le Forda formicaria von Heyden, ou le Rhizotera vacca Hartig. Ce Puceron est ovale, court, d'un jaune orangé, bordé de verdâtre, antennes et pattes de cette dernière couleur. On le trouve en familles nombreuses sur les graminées, dans les prés, les pelouses, et il fait jaunir les plantes. Ces Pucerons sont en relation continuelle avec les Fourmis qui les soignent, les lèchent, et probablement les aident à passer d'une racine épuisée à une racine saine. Les Pucerons des racines ont causé des paniques, on a cru que le Phylloxéra allait des racines de la Vigne à celles du Blé, ce qui est absolument impossible. — Le Trama troglodytes von Heyden, ou T. radiais Kaltenbach, velu, ovale, allongé, d'un jaune pâle ou grisâtre, sans ailes dans les deux sexes, vit en familles nombreuses au milieu des Fourmis, sur les Synanthérées, tels que pissenlits, chardons des champs, et sur la laitue, artichauts, chicorée, etc., des jardins. Il est très-nuisible et fait faner les plantes maraîchères.

Des faits nouveaux sont venus compliquer l'histoire des Pucerons souterrains et font supposer une génération alternante, avec polymorphisme, rappelant ce qui a été dit pour les femelles de Cynipiens de même espèce produisant alternativement des galles différentes {voy. Cvnips). J. Lichtenstein (de Montpellier) a observé que les petits Pucerons aptères et agames des feuilles rouges et cris-

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