PYÉYITE (bibliographie
recourir à la ponction, à l'incision (néphrotomie), ou ù l'excision du rein (néphreclomie). La ponction peut suffire, si la tumeur est unilatérale, saillante, comme dans la néphrite calculeuse, et si l'état général est satisfaisant (Halle). Mais le plus souvent ce procédé est insufflant et la néphrotomie ou la néphrectomie deviennent nécessaires. La première est généralement bénigne et, grâce à la méthode antiseptique, elle est employée couramment aujourd'hui. Elle est préférable à la néphrectomie, alors même qu'il s'agit de pyélo-néphrite calculeuse, ainsi que l'a montré M. le professeur Guyon, mais, pour qu'elle soit efiicace et permette l'exploration et l'évacuation totale de la cavité rénale, il faut que l'incision porte très-largement non-seulement sur la peau, mais aussi sur la face postéro-externe du rein, dont elle doit suivre, dans toute son étendue, la convexité exagérée, en sectionnant tous les cloisonnements de la cavité (Guyon). Autant la néphrotomie est bénigne, autant la néphrectomie est dangereuse. Cette dernière opération ne doit être faite que si un seul rein est malade, ce qui n'est pas facile à constater. Dans le cas contraire, elle est inutile et fatalement suivie de mort. Elle est impraticable lorsque le rein est bridé par des adhérences. En somme, la néphrectomie n'est à employer qu'en cas d'absolue nécessité et comme opération complémentaire de la néphrotomie, si celle-ci a été insuffisante.
Le cathétérisnie de l'uretère a été tenté dans le but de dilater ce conduit, de le désobstruer et de faire le lavage du bassinet. Bozeman est arrivé par ce dernier moyen à guérir une pyélite suppurée. Simon (de Heidelberg) a prati(iué le cathétérisme avec succès sur une femme en s'aidant, pour guider la sonde, du doigt introduit dans la vessie à travers le canal de l'urèthre préalablement dilaté. Bozemann est allé jusqu'à établir une fistule vésico-vaginale et Yversen jusqu'à pratiquer chez l'homme la taille hypogastrique pour faire pénétrer la sonde dans l'uretère. Ces procédés plus hardis que pratiques servent plus au diagnostic qu'au traitement de la pyélite. Le cathétérisme est d'ailleurs une opération très-difticile et forcément limitée dans ses applications. La néphrotomie est plus efficace et moins dangereuse.
La prophylaxie de la pyélite consiste principalement à traiter avec soin les affections des voies urinaires dont elle est si souvent la conséquence ; à ne pratiquer le cathétérisme qu'avec des sondes aseptiques; enfin, comme le conseillent Albarran et Halle, à l'aire l'analyse bactériologique des urmes, avant d'entreprendre toute opération sanglante sur les voies urinaires. V. Widal.
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— Albarrax et Halle. Note sur une bactérie pyogène et sur son rôle dans l'infect, urin. In Bullet. de l'Acad. de méd., août 1888. V. W.
PYGNOGONIDES. 915
PTGARGLIE. Les Pygargues, qui constituent le genre Halisetus, ressemblent beaucoup aux Aigles {voy. le mot Oiseaux de proie) par leurs formes générales, mais ils ont le bec relativement plus épais et la queue légèrement étagée. Leurs yeux ne sont pas aussi enfoncés sous l'arcade sourcilière, pas aussi couverts que ceux des Aigles ; leur tête et leur cou sont revêtus de longues plumes lancéolées qui, sous le vertex, restent aplaties, mais qui, sur la nuque et autour du cou, sont susceptibles de se relever quand l'oiseau est en action, de manière à former une sorte de fraise analogue à celle de certains Vautours. Les Pygargues n'ont d'ailleurs pas tout à fait les mêmes habitudes que les Aigles : ils se tiennent de préférence sur le bord de la mer ou sur les rives des grands fleuves. Sur les côtes de la mer Noire, ces grands Rapaces se repaissent volontiers de cadavres de Marsouins que le flot rejette ou que les pêcheurs abandonnent sur le sable du rivage. En Norvège, en Chine, au Japon et dans l'Amérique du Nord, ils font la chasse aux bandes de Canards, aux Cygnes sauvages et aux Oiseaux de mer ; au Kamtschatka, ils s'adonnent à la poursuite des Mammifères marins ou des Poissons de grande taille qui parfois, dit-on, les entraînent avec eux et les font périr, victimes de leur voracité ; ailleurs enfin ils disputent aux Balbuzards le fruit de leur pèche ou se précipitent sur des Renards, sur des Lièvres, sur des Lagopèdes ou des Corneilles. Touteiois il arrive souvent que la proie convoitée leur échappe, car, s'ils sont aussi forts ou même plus forts que les Aigles, ils n'ont pas à beaucoup près l'agilité et la puissance de vol des grands Faucons.
Le Pygargue vulgaire {Halixlus albicilla), qui habite tout le nord de l'Europe et une grande partie de l'Asie et qui se montre accidentellement sur nos côtes et plus régulièrement en hiver, dans la Russie méridionale, le Pygargue vulgaire, disons-nous, était appelé par Brisson Aigle à queue blanche et Grand aigle de mer, et par Linné Vullur albicilla et Falco ossifragus. Ce dernier nom d' ossifragus, qui signifie briseur d'os, et qui a donné naissance au mot Orfraie, équivaut au nom de Iquebranla huesos, par lequel les Espagnols désignent les Gypaètes, et fait allusion à une habitude que l'on attribue à tort ou à raison à tous les grands Rapaces, habitude qui consisterait à assommer une proie, à lui briser les os en la laissant tomber du haut des airs sur un rocher. A l'âge adulte, ce Pygargue est brun, avec la tête et le cou nuancés de fauve, la queue d'un blanc pur, le bec, les pattes et les yeux jaunes. Il est remplacé dans le nord de l'Amérique par le Pygargue à tête blanche {Ilaliœtus leucocephalusL.), dont le nom indique le caractère distinctif, et dans le nord de la Sibérie, en Chine, au Japon et au Kamtschatka, il vit côte-à-côte avec une espèce de taille beaucoup plus forte, pourvue d'un bec énorme, VHaliœtus pelagicus de Pallas qui, sur quelques points des contrées que nous venons de citer, tend même à se substituer complètement à l'espèce ordinaire. Enfin, dans d'autres régions de l'Asie et de l'Afrique et à Madagascar, le genre Haliœtus est représenté par des formes de taille un peu plus faible appelées iffa//a?<MS leucoryphus ou Macei, H. vocifer, H. vociferoides, etc. E. Oustalet.
Bibliographie. — Sharpe (R.-B.)- Cat. B. Bvit. Mus., 1874, t. I. E. U.
PYCivoGOi^lDES. On désigne sous le nom de Pygnogonides et aussi de Vantapodes des animaux articulés remarquables par leur organisation, qui les a fait placer parmi les Crustacés par un savant éminent, Henri Milne Edwards. WCT. ENC. 2' s. XXVII. 58
914 PYGOPAGES.
Mais actuellement l'étude de leur développement tend à les rapprocher des Arachnides, où avec les Tardigrades ils constituent une division placée à une des extrémités de cette classe d'animaux.
Le corps est petit, surtout par rapport aux pattes, qui ont un très-grand développement et qui sont multi-articulées. Le céphalothorax comprend quatre articles. Les yeux simples sont au nomhre de quatre, situés sur une petite éminence. Le rostre porte à sa base des sortes de chélicères, disposées en ciseaux. Les palpes maxillaires peuvent manquer, la seconde paire de palpes est pédiforme. Une paire d'appendices accessoires, insérés en avant de la première paire de pattes, a pour fonction de porter les œufs ; ce sont des pattes ovigères. Le système nerveux est composé d'un cerveau et de quatre ou cinq ganglions. Le tube digestif droit va de la bouche à l'anus, mais l'estomac très-étroit émet cinq prolongements en forme de caecums, le premier diverticulum va dans des chélicères, les quatre aulres vont dans les pattes correspondantes jusqu'aux quatre cinquièmes de leur longueur, arrivant de la sorte au troisième avantdernier article de la patte. Les parois des caecums sont glanduleuses, répondant à des cellules hépatiques. Les organes génitaux chez les mâles et chez les femelles occupent le quatrième ou le cinquième article de chaque patte, et se trouvent répétés huit fois sur chaque individu. Le cœur aurait trois ventricules d'après Zenker. Les organes respiratoires manquent, la respiration parait être cutanée, ce que je crois avoir démontré aussi pour une Podurelle maritime, Aniirida maritima {voy. Thys.vnoures et Podurelles). Les jeunes, au sortir de l'œuf, n'ont que deux paires de pattes, leur corps n'est pas articulé, leurs chélicères se terminent par une pointe allongée en forme de fouet; ce n'est qu'après des mues qu'ils offrent l'aspect de leurs parents. On rencontre ces animaux étranges sur les côtes, sous les pierres et parmi les varechs avec lesquels ils sont ballottés par les vagues; on les trouve aussi fixés sur divers animaux marins.
Le Pygnogommi littorale est long de 12 à 15 millimètres. Le corps jaune rougeâtre est mat et granuleux en dessus, l'article fémoral des pattes ainsi que les deux articles suivants présentent à leur extrémité deux prolongements verruqueux. 11 n'est pas rare dans les mers du nord de l'Europe parmi les Algues et sur des Poissons. — Le Nymphon gracile n'a que 5 millimètres de longueur, les pattes sont démesurément Jongues. Le premier segment du corps plus allongé que les autres est étranglé dans son milieu. Il se trouve dans les mêmes parages que le précédent et vit dans les mers européennes {voy. Ar-\ch.mdes, Crustacés). A. La.bolilbène.
PYGOMÉLES (de -Kvyii, fesse, et iiHoç, membre). Genre de monstres doubles polyméliens, caractérisés par la présence d'un ou de deux membres accessoires insérés dans la région hypogastrique, en arrière des membres pelviens normaux ou entre eux. Cette monstruosité, rare chez l'homme et chez les mammifères, est au contraire communément observée chez les oiseaux. Les monstres pygomèles présentent le plus souvent deux anus placés de part et d'autre des membres accessoires. L. H.\.
PYGOPAGES (de TTuyvj, fesse, et nayzii, uni). Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a donné ce nom aux monstres doubles, à ombilics distincts, soudés ensemble dans la région fessière.
PYOCYANINE. 915
La soudure porte sur les parties profondes, de sorte qu'une partie de la région Inférieure de la moelle épinière, ou au moins la queue de cheval, est commune aux deux sujets. Ainsi, sur le monstre double qui a voyagé sur les deux continents sur le nom de Millie-Christine, on a pu constater qu'une excitation portée sur les membres inférieurs de l'un des sujets était perçue par l'autre. L. Hn.
PTIXE. Principe albuminoïde mal défini rencontré par Gûterbock dans le pus ; sa présence ne paraît pas y être constante. Il est probable que la pyine n'est autre chose qu'un mélange de matières protéiques; notons cependant que quelques auteurs l'identifient avec la mélalbumine, variété d'albumine qui se trouve spécialement, d'après Scherer, dans la sérosité péritoncale. L. Hn'.
PYL (Johann-Theodor). Né à Barth (Poméranie), le 16 novembre 4749, reçu docteur à Greifswald en 1775, se fixa à Berlin oii il devint médecm pensionné et membre du Collège supérieur de médecine et de celui de santé. 11 mourut le 27 décembre 1794, laissant des travaux remarquables sur l'hygiène publique et la médecine légale. Il a publié plusieurs recueils périodiques importants : Magazin fur die gerichtllche Arzneikunde und niedic. Polizei.
Stendal, 1783-1784, 2 vol. in-8». — Neues Magazin , ibid., 1785-1788,
2 vol. in-8". — Repertorium fiir die ôffenUiche und gerichtliche Arzneiwissenschaft. Berlin, 1789-1795, 3 vol. in-8". L. H.n.
PYL.ORIQUES (Artères). Voij. Intestin.
PTOCYAWII^E. Matière colorante du pus bleu et probablement aussi de la sueur bleue. Ce pigment est connu depuis longtemps, mais Goutaret le premier l'a obtenu sous forme de matière pulvérulente bleue, à l'aide de chloroforme, puis Delore, sous forme d'un résidu vert, au moyen de l'alcool. Fordos l'a isolé et obtenu à l'état cristallin [Comptes rendus Acad. des se., 1859-1860). Gessard en a fait une étude complète dans sa thèse inaugurale (Paris, 1882, in-4°) et dans une note communiquée à l'Académie des sciences (20 février 1882). Il a démontré qu'elle se comporte comme une base alcaloïdique et qu'elle est due à un microbe, qu'il a appelé Micrococcus pyocyaneus et qui ne diffère probablement pas du Bacteridium cyaneum Schroel. ou du Micrococcus cyaneus Cohn.
Préparation. Yoici le procédé suivi par Fardos et par Gessard. On traite les linges teintés par le pus par l'eau ammoniacale, puis on agite avec le chloroforme qui s'empare de la substance bleue et des matières grasses ; on décante et on filtre la solution chloroformique, puis on traite par de l'eau acidulée qui enlève le pigment à l'état de combinaison rouge, sans toucher à une autre couleur qui en dérive par oxydation, la pyoxanthose. Après décantation, on filtre l'eau acidulée et on reprend par la baryte et mieux par l'ammoniaque ; on filtre la liqueur renfermant alors la pyocyanine en solution et on lui enlève celle-ci par le chloroforme. Par évaporation à l'air libre, la solution chloroformique donne la pyocyanine bien cristallisée. On peut redissoudre dans l'eau et faire cristalliser à nouveau.
Propriétés. La pyocyanine se présente en lamelles rectangulaires, en prismes microscopiques et eu aiguilles fines isolées ou diversement groupées ; inallé-
916 PYOCYANINE.
rable à l'air sec, elle jaunit à l'air humide par transformation partielle en pyoxanthose. L'éther enlève facilement cette dernière et restitue aux cristaux leur belle coloration bleue. La pyocyanine n'est pas subliraable.
Elle est amère, soluble dans l'eau, l'alcool et le chloroforme, faiblement dans l'éther; toutes ces solutions sont d'un bleu magnifique, neutres aux réactifs et inaltérables à l'ébullition. Le chlore les décolore, l'acide sulfureux les jaunit sans les altérer en solution aqueuse; les agents réducteurs, l'acide sulfliydrique, l'hydrogène naissant, la putréfaction, les font passer au vert, puis au jaune, mais il suffit d'agiter les solutions avec l'air pour voir revenir la couleur bleue.
Les acides font passer la pyocyanine du bleu au rouge carmin ou au rouge cerise ; c'est là sa réaction la plus caractéristique. Elle n'est précipitée ni par l'acétate neutre ni par l'acétate basique du plomb, et reste indifférente en présence des alcalins terreux employés sans excès et à froid.
Au contact prolongé de l'air, la pyocyanine se transforme plus ou moins complètement en une matière jaune, la ■pyoxanthose, qui communique au pus sa coloration ordinaire. La pyoxanthose cristallise en aiguilles fines, enchevêtrées, solubles dans l'alcool, le chloroforme, le sulfure de carbone, la benzine, surtout dans l'éther, assez dans les huiles, très-peu dans l'eau.
De même que la pyocyanine, elle présente certaines des propriétés des alcaloïdes, mais les sels où elle joue le rôle de base sont très-instables, tandis qu'elle paraît former avec les alcalis des sels plus stables, ce qui tend à en faire un corps légèrement acide ou au moins indifférent.
Action physiologique. C'est à M. Charrin qu'on doit la connaissance de faits intéressants concernant l'action de la pyocyanine sur l'organisme animal. Dès le 6 juin et le 21 novembre 1885, cet habile expérimentateur fit connaître à la Société de biologie les résultais d'injections intra-veineuses des cultures du Micrococcus pijocyaneus pratiquées chez des lapins; ces animaux présentèrent une série de symptômes dont le plus important était l'albuminurie ; le 25 août 1887, M. Charrin présenta à la Société des lapins qui, à la suite des mêmes injections, avaient été atteints les uns de monoplégie postérieure, les autres de paraj)légie. Il supposa que ces paralysies et les autres troubles fonctionnels étaient dus à la localisation de colonies microbiennes dans des points variés de l'économie. Depuis il a reconnu qu'une grande partie des désordres sont attriîjuables aux produits solubles contenus dans les bouillons de culture du microbe pyocyanogène. Cette opinion repose sur des expériences d'injections faites, à doses fractionnées et en quarante jours, dans les veines ou sous la peau de lapins avec le liquide de culture privé absolument de germes par filtration appropriée, stérilisé à 115 degrés et offrant toutes les réactions de la pyocyanine. Ce serait donc à celle-ci seule que seraient dues les paralysies observées.
D'après de nouvelles recherches (Soc. de biol., 15 oct. et 20 oct. 1888) faites par M. Charrin en commun avec M. Ruffer, l'immunité contre la maladie pyocyanique a pu être conférée à des lapins en injectant des matières solubles produites par le microbe dans des milieux de culture, ainsi qu'à d'autres lapins les urines émises par les premiers animaux, après en avoir chassé tous les micro-organismes. Les animaux ainsi inoculés résistent à une injection intraveineuse de microbes de la pyocyanine, mais ils peuvent néanmoins présenter^ plus ou moins atténués, les symptômes de la maladie pyocyanique, paralysies ou autres. !Nous ne pouvons ici que résumer en peu de lignes des recherches
PYRALE 917
dont l'importance, au point de vue de la pathologie générale, est considérable mais qui sont encore incomplètes à bien des points de vue. Disons seulement que la maladie pyocyanique ainsi créée de toutes pièces par M. Charrin est, comme l'a si bien dit M. Bouchard, une maladie d'étude qui permettra de résoudre des problèmes jusqu'à ce jour sans solution. 11 y aura donc lieu de revenir sur cette étude dans le supplément de ce Dictionnaire. L. Hn.
PYOGÉNIQUE (Membrane). Voij. Abcès.
Pl'OHÉIUiE. Voy. Septicémie.
PITRACÉTIQUE (Acide). Voy. Pïroligneux {Acide).
PYRACOMITIQUE (Acide). Voy. Itaconique {Acide).
PYRALE (du grec Tcupxki::, sorte de Papillon). On a donné le nom de Pyrale de la Vigne à un Insecte Lépidoptère qui a fait de grands ravages dans les vignobles de notre pays. La synonymie est considérable, en voici un aperçu : Pyrale de la Vigne Bosc, 1786 ; Phalène de la Vigne Roberjot (Abbé), 1787 ; Pyralis vitana Fabricius, 1794; Chape de la Vigne Faure-Biguet et Sionest, 1802; P. de la Vigne Latreille, 1805-1829 ; Pî/m/e r/e Danii'c Walckenaër, 1836; Pyrale de la Vigne Audouin, 1840. L'ouvrage de ce dernier auteur est le meilleur que nous possédions sur cet insecte {Histoire des insectes nuisibles à la Vigne el particulièrement de la Pyrale, 111-4°, Paris, 1842, avec planches coloi'iées) .
Les Grecs paraissent avoir connu la Pyrale sous le nom de K%infn, et c'est encore cet insecte que les auteurs latins ont désigné par les mots do convolvulus ou d'involvulus, qui expriment une des particularités les plus remarquables des mœurs de la Chenille. Le nom actuel de la Pyrale de la vigne est Œnophlhira Pilleriana Duponchel (18i6). Guénée avait formé le genre OEnectra dès 1845, mais le nom générique de Duponchel a prévalu. Du reste, ce Lépidoptère ne se nourrit pas exclusivement des feuilles de la Vigne à l'état de chenille, il est assez polyphage. Je dois noter que Pillerius trouva d'abord la chenille, en Allemagne, sur une Labiée le Stachys germanica. Je l'ai vue dans les Landes sur le Myrica gale ; dans les Alpes maritimes et les îles Lérins elle vit aux dépens de YAsclepias vincetoxicum, dont elle relie les feuilles terminales par de la soie, au dire de Millière. La Pyrale ou l'Œnoptire de la Vigne, qui est le plus redoutable ennemi des vignobles, après le Phylloxéra {voy. Phylloxéra), peut disparaître subitement d'une localité qu'elle vient de ravager; les collectionneurs de Lépidoptères ont peine à trouver alors quelques exemplaires d'un Papillon qu'ils auraient pu avoir par millions l'année précédente. Ces intermittences, que j'ai signalées aussi pour le Botys mibilalis du Mais, tiennent à des conditions particulières atmosphériques et aussi à l'action des parasites. Il est en notre pouvoir de réduire les dégâts de la Pyrale ; nous sommes moins bien armés pour le Phylloxéra.
Le genre Œnophthira de Duponchel est voisin des Tortrix {voy. Lépidoptères), il est caractérisé par la longueur des palpes du Papillon et par la manière de vivre des chenilles, qui, au lieu de se renfermer dans des feuilles roulées en cornet, entourent d'innombrables fils de soie, les bourgeons, les jeunes feuilles.
&18 PYRÀLE.
es fleurs, et produisent ainsi un lacis inextricable oià elles trouvent l'abri et la nourriture. Les Papillons des deux sexes de VŒ. Pilleriana se ressemblent, ils ont de 20 à 24 millimètres d'envergure. Le dessus des ailes supérieures est d'un jaune fauve, plus ou moins clair ou foncé, avec des reflets cuivreux; ces ailes réticulées de brun sont traversées par trois bandes brunes, étroites, la troisième terminant l'aile et précédant la frange; les ailes inférieures sont en dessus, d'un gris brun, un peu violacé, avec la frange plus claire. Le dessous des quatre ailes est d'un gris jaunâtre. Les mâles sont plus petits et plus colorés que les femelles. Au coucher du soleil, les Papillons volent en grand nombre, se reposant la nuit et recommençant à voler au crépuscule du matin, rarement pendant le jour, si on ne les dérange pas. Le vol est bas, de peu de durée, ils vont d'un cep à un autre cep. Après l'accouplement, qui a lieu les corps placés sur la même ligne, les tètes inversement tournées, et [qui dure vingt-quatre heures, les femelles pondent vers le commencement d'août. Les œufs sont à la face supérieure des feuilles, par plaques de 15 à 20 oeufs ; la femelle les expulse un à un, en reculantet les recouvrant de son corps; les œufs adhèrent au moyen d'un liquide gommeux dont ils sont enduits. La longueur de l'œuf est d'un peu moins de 1 millimètre; la forme ovale, amincie par un bout; la couleur d'abord verte, puis jaune, enfin brune, laissant apercevoir par transparence la tête et le corps de la larve incluse. A la fin d'aoCit ou au commencement de septembre il sort des plaques d'œufs de très-petites chenilles qui se dispersent rapidement dans toutes les directions; ces chenilles ne mangent que peu ou point, elles cherchent de suite un abri pour hiverner. Elles se cachent entre les écorces, surtout à l'extrémité des sarments, et aussi dans toutes les fissures des éehalas, peut-être à la surface du sol ; chaque chenille se fabrique une enveloppe de soie qui n'est pas un cocon de nymphose, dans lequel elle demeure renfermée pendant la saison d'hiver, supportant à l'abri les brumes et le froid. L'abbé Roberjot a connu le premier l'éclosion rapide et estivale des œufs ; Audouin a montré l'hivernation dans un cocon de soie. Aux premières chaleurs du printemps, quand la vigne se débourre, les chenilles sortent et, pressées par la faim, elles commencent à manger, après avoir entouré de fils les petites feuilles et grappes des bourgeons. Quand elles ont atteint la taille de 1 centimètre, elles quittent l'extrémité des pousses, descendent au milieu des tiges, gagnent les grandes feuilles et les grappes. Ces chenilles entourées de fils soyeux innombrables, formant des étages, et comme des toits surbaissés, entravent la végétation, arrêtent la floraison ainsi que la fructification, et l'enchevêtrement des fils au milieu desquels sont enfouies, feuilles, grappes et vrilles donne aux vignobles attaqués par l'Œnophthire un aspect désolé.
Les jeunes chenilles ne font que ronger les feuilles, elles ne mangent pas les grappes, se bornant à les entailler. Les grappes fanées leur servent de retraite et de soutien pour les fils, mais plus tard ces mêmes chenilles attaquent les grains, les coupent et les rongent, cependant elles préfèrent toujours les feuilles aux fruits. De la sorte, les insectes larvaires, si faibles en apparence, arrivent à manger une étendue considérable des Vignes et finissent par anéantir des récoltes qui s'annonçaient avec la plus belle apparence. Los vignerons donnent communément les noms de Ver de la Vigne, Ver de l'été, Ver de la vendange. Conque, Barbota, aux chenilles d'Œnophthire ; celles-ci à leur complet développement atteignent une longueur de 2 centimètres, elles sont vertes ou d'un jaune verdâtre, avec la tête et Técusson prothoracique d'un vert foncé; leur
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marche est rapide, elles parcourent un demi-mètre en une minute. La voracité des chenilles redouble le matin; c'est alors qu'elles font le plus de dégâts. La nymphose a lieu de la mi-juin au commencement de juillet; les feuilles desséchées, tordues, qui ont servi de refuge pour les mues, renferment aussi les chrysalides enveloppées d'un cocon filé avant la métamorphose. D'abord vertes, celles-ci ont bientôt le thorax et l'abdomen jaunes, puis elles prennent la teinte finale d'un brun chocolat. La chrysalide est fixée au cocon par les épines recourbées du bout de l'abdomen ; elle reste en place malgré les secousses. Le PapiUon paraît quinze jours après la nymphose et il recommence le cycle biologique précité.
La destruction du Phylloxéra, bien problématique encore, résulterait de la disparition totale des Vignes, puisque cet insecte est monophage [voy. Phylloxéra), mais la Pjrale est polyphage, comme je l'ai dit, et résisterait. Victor Audouin a vu la femelle pondre sur une foule de plantes voisines des vignobles atteints, sur les Saules, les Frênes, les plantes basses, Fraisiers, Luzernes, Mauves, Pommes de terre, etc. Les vignerons avaient connu ce fait, ils ont essayé d'attirer les Œnophlhires sur des plantes de nulle valeur, intercalées dans leurs vignes ; l'essai a échoué : il est certain que ÏŒnophthira Pilleriana restera toujours en France. Cet insecte a du reste exercé de grands ravages depuis un temps reculé; on sait d'une manière authentique qu'il a été nuisible aux vignes des environs de Paris dès le quinzième siècle. On le signale à Argenteuil en 1629; en Cbampagne, sur le territoire d'Aï, en 1717 et 1735 et de nouveau de 1779 à 1785. Le Maçonnais et le BeaujoLiis ont été fortement atteints dès 1746. Les ravages dans un lieu donné duraient environ dix ans, suivis de périodes de rémission. Le mal acquit une intensité redoutable de l'année 1830 jusqu'en 1840 et fut étudié par Audouin, qui explora successivement les vignobles atteints dans laCôte-d'Or, Saône-et-Loire, le Rhône, l'Hérault, les Pyrénées-Orientales, la Haute-Garonne, la Charente-Inférieure, la Marne, les coteaux d'Argenteuil près Paris. Depuis, le redoutable insecte ne s'est plus montré sur d'aussi vastes surfaces; je l'ai vu en Champagne de 1856 à 1862. On a reconnu qu'il peut parfaitement coexister avec le Phylloxéra, ce qui se comprend trop bien, puisque celui-ci porte ses attaques sur les racines, tandis que l'Œnophthire dévore les feuilles, sous l'état de chenille.
La Pyrale de la Vigne a constamment une existence aérienne qui la rend accessible à des influences destructives auxquelles échappe le Phylloxéra aptère et souterrain. Les intempéries atmosphériques, les gelées tardives, les orages, atteignent beaucoup de chenilles jeunes; les parasites carnassiers, tels que les Carabes, des Malachies, des larves de Ghrysopes, etc., les dévorent. Un Hyménoptère fouisseur, le Discœlius zonalis, emporte dans son terrier, pour nourrir ses propres larves, les chenilles piquées d'un coup d'aiguillon. De nombreux Hyménoptères entomophages [voy. Hïménoptères) des genres Ichneurnon, Pimpla, Campoplex, Anomalon, des Ghalcidiens, Proctotrupiens, pondent sur ou dans les chenilles d'Œnophthire {vog. Iêhneumon). Parmi les Diptères, il faut citer des Sylphides et des Tachinaires, dont les larves entrent sous la peau des chenilles de Pjrale pour en dévorer les tissus (voy. Diptères),
Mais ces moyens de destruction naturelle peuvent longtemps demeurer insuffisants; on a cherché des méthodes défensives, directes et plus efficaces. Roberjot a tenté de détruire les Papillons de l'Œnophthire en allumant le soir de grands feux dans les Vignes, feux auxquels les insectes venaient et se
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brûlaient. Plus tard on a employé des feux bas, disposés sur le sol, avec un récipient muni d'huile et d'une mèche : les insectes étaient touchés parla flamme ou noyés dans le liquide ; l'opération était certainement utile, cependant, si elle n'était pas faite de toutes parts, on attirait des localités voisines plus de papillons qu'on n'en détruisait. Enfin, ces feux devant être prolongés pendant une quinzaine de jours exigent une forte dépense, et l'efficacité est faible en dehors des temps calmes, sans pluie et sans clair de lune. Draparnaud a proposé, comme bien plus efficace, la cueillette des œufs qui a lieu sur les feuilles; les pontes sont ainsi récoltées dès l'apparition des Papillons, surtout avant l'éclosion des petites chenilles. Des ouvriers portent un tablier replié ou même cousu sur les côtés, ils cherchent et arrachent avec soin toutes les feuilles chargées d'œufs ; ces feuilles sont ensuite réunies dans des sacs bien fermés, puis elles sont briilées, sinon enfouies dans des trous profonds et recouverts de terres. Il me paraît préférable de brûler les feuilles ou de les jeter dans de la chaux au fond des trous. Les pontes étant successives, il faut en faire la cueillette plusieurs fois, sous peine de ne pas atteindre le but.
D'autres procédés destructifs peuvent être employés : tels sont l'ébouillantage et le clochage. Le premier a pour but d'atteindre la petite chenille hivernant dans l'enveloppe de soie sur les cops et les échalas. Audouin a conseillé de passer les échalas infestés dans un four à 80 ou 100 degrés. En 1845, un viticulteur bourguignon, Thomas Raclet, employa de petites chaudières en fonte <{ue deux hommes portaient en hiver dans ses vignes et dans lesquelles des femmes et des enfants venaient prendre l'eau en ébullition pour arroser les ceps. On rit d'abord de Ihommo à la bouilloire, mais l'année suivante on admirait le vignoble exempt de Pyrales. Tout le monde employa cet excellent procédé de l'ébouillantage et on le pratique avec des appareils perfectionnés dès que reparaît rCEaopththire. Pour réussir, il faut ne pas opérer par les temps les plus froids, parce que la chaleur atteint mal les petites chenilles ; le mieux est d'agir du commencement de février îi la fin de mars. Quand il a plu, il est bon que les souches soient ressuyées ; on doit aussi déchausser le pied des ceps, parce que un grand nombre de chenilles y sont logées.
Dans l'Hérault, on atteint par asphyxie, au moyen du clochage ou sulfmisalion, les jeunes chenilles cachées sous les écorces. On couvre la souche, au moyen d'une cloche métallique, dans laquelle on fait brûler du soufre, et aubout de dix minutes la mort des insectes a eu lieu. Ce procédé n'exige qu'un personnel peu nombreux; un ouvrier peut manœuvrer 20 cloches, chaque cloche restant dix minutes en place, cela fait par cloche 6 souches traitées dans une heure et 48 pour la journée de travail de huit heures; les 20 cloches auront couvert au moins 900 souches par jour, au plus 9G0. Les cloches doivent être en fer et munies de deux poignées; le soufre en canon concassé brûle dans un vase de terre ou de fer, de bas prix et gros comme une noix seulement ; la combustion ne doit pas dépasser dix minutes, sans cela le cep pourrait souffrir par l'atteinte trop prolongée de l'acide sulfureux. Il ne faut pas opérer par un temps de pluie. Il est bon que la Vigne soit déchaussée, la terre ameublie et tassée autour du bas de la cloche.
Les instruments appelés pyrophores, produisant au moyen d'huiles minérales une flamme vive, peuvent flamber les écorces et détruire les Pyrales, comme l'œuf d'hiver du Phylloxéra, mais leur emploi est délicat et dangereux. On a aussi récemment fait usage de plateaux recouverts d'un réchaud et d'une
cloche; dans le réchaud on brûle les matières très-fuligineuses et la fumée tue les chenilles au bout de quelques minutes. Ce procédé peut servir quand les chenilles sont sur les bourgeons.
Nous avons donc plusieurs moyens de combattre l'Œnophthire et qui, employé avec soin, donnent de bons résultats ; l'ébouillantage et le clochage sont les plus recommandables [roy. Chenilles, Lépidoptères, Papillojns, Lnsectes, Phylloxéra.). A. Laboulbène.
PlfRAMlBADX (Muscles). On a donné ce nom, en myologie, à trois corps musculaires affectant la forme d'un triangle plutôt que celle d'une pyramide et occupant: le premier, la face; le second, la paroi antérieure de l'abdomen; le troisième, la région pelvi-trochantérienne.
I. PïRAMiDAL DE LA FACE (Muscle). C'cst un fout petit muscle situé sur le dos du nez et dans la région intersourcilière, au-dessous du frontal, avec lequel il semble se confondre, d'où le nom de piliers du frontal sous lequel on désigne parfois les deux pyramidaux.
Ce muscle prend naissance en bas, en partie sur les cartilages latéraux du nez, en partie sur le bord inférieur et le bord interne des os propres du nez. Ses faisceaux se portent verticalement en haut vers la région intersourcilière où aboutissent d'autre part les fiiisceaux du frontal cheminant en sens inverse. Là les deux muscles se pénètrent réciproquement, comme l'a fort bien établi M. Sappey, mais sans toutefois se confondre. Ils se terminent l'un et l'autre à la face prolonde des téguments.
Les deux pyramidaux sont juxtaposés et réunis en apparence sur la ligne médiane; un espace celluleux, généralement fort étroit, les sépare l'un de l'autre.
Considéré au point de vue de leur rôle, les pyramidaux, prenant leur point fixe sur le nez, attirent en bas la peau de la région intersourcilière, qui se plisse en rides transversales. Ils sont, comme on le voit, antagonistes des muscles frontaux, lesquels attirent la peau en haut. Cet antagonisme des deux formations musculaires, déjà formulé par Sappey dès 1847, a été nettement démontré par les expériences électro-physiologiques de Duchenne (de Boulogne).
II. Pyramidal de l'abdomen. Le pyramidal de l'abdomen est encore un petit muscle de forme triangulaire, situé en avant du grand droit, à la partie antérieure et inférieure de l'abdomen.
Il s'insère par sa base sur la lèvre antérieure du bord supérieur du pubis, entre la symphyse et l'épine. De là il s'élève vers l'ombilic en se rétrécissant de plus en plus et vient se terminer par une extrémité effilée sur la ligne blanche, en un point qui est également distant du pubis et de l'ombilic.
Au point de vue de ses rapports, il est contenu dans la gaine du grand droit; sa face postérieure n'est séparée de ce muscle que par une mince lame fibreuse; sa face antérieure ou cutanée est au contraire séparée de la peau par un plan fibreux très-résislant, qui n'est autre que le feuillet antérieur de la gaine du muscle droit de l'abdomen, renforcé à ce niveau par l'aponévrose du muscle transverse.
Le pyramidal de l'abdomen représente chez l'homme, à un degré d'atrophie extrême, un muscle que l'on trouve très-développé chez les Marsupiaux et chez les Monotrèmes; il s'attache en haut, chez quelques espèces, jusque sur le thorax, et se fixe en bas sur l'os marsupial qu'il rapproche de la ligne médiane.
Aussi est-il très-variable, chez l'homme, comme tous les organes rudimentaires. Au point de vue du nombre, tout d'abord, il n'est pas rare de voir les deux ])yramidaux faire défaut ou n'être représentés que par une bandelette fibreuse, occupant la même situation que le muscle ; le plus souvent on constate l'absence d'un seul, tantôt le gauche, tantôt le droit. Par contre, on a observé trois pyramidaux, celui d'un côté s'étant dédoublé (Winslow, Ruysch) ; si le dédoublement se produit des deux côtés, on a quatre pyramidaux, comme dans les cas mentionnés par Sabatier et par Poland. S'il faut en croire Horner, on aurait même observé trois et quatre pyramidaux du même côté, mais il est très-probable que, dans ces derniers cas, on a pris pour des muscles distincts de simples faisceaux d'un même muscle, plus facilement isolables qu'ils ne le sont habituellement.
Au point Je vue de ses dimensions le pyramidal est tout aussi variable : il occupe d'ordinaire, avons-nous dit, la moitié de l'espace qui sépare l'ombilic de la symphyse, mais il n'est pas rare de le voir n'occuper que le tiers inférieur de ce même espace, comme aussi on l'a vu s'insérer jusqu'à l'ombilic (Spigel, Hoffmann). Tout récemment j'ai vu le pyramidal d'une microcéphale s'élever jusqu'à l'ombilic; Rolfincius, Diemerbrœck et Verheyen, ont rapporté des faits analogues.
Dans un cas de Verheyen le pyramidal présentait, comme le grand droit, une intersection aponévrotique.
III. Pyramidal du bassin (Muscle). Le pyramidal du bassin, piriforme, iliaque externe, sacro-lrochanlérien), est un muscle aplati et triangulaire, s'étendant du sacrum au grand troclianter.
Insertions. 11 prend naissance sur la face antérieure du sacrum par trois ou quatre faisceaux plus ou moins distincts : ces faisceaux d'origine s'insèrent entre les trous sacrés, dans la hauteur correspondant aux deuxième, troisième et quatrième vertèbres sacrées. Il prend, en outre, quelques insertions sur la face antérieure du grand ligament sacro-sciatique, ainsi que sur la partie la plus élevée de la grande échancrure sciatique.
De là le muscle se porte en dehors, sort du bassin par la grande échancrure sciatique et vient se fixer, à l'aide d'un tendon arrondi, sur la partie moyenne du bord supérieur du grand trochanter.
Rapports. Le pyramidal présente deux portions : une portion intra-pelvienne, contenue dans l'intérieur même du bassin; une portion extra-pelvienne, occupant la région fessière.
1" La portion inlra-pelvienne recouvre le sacrum et répond en avant au rectum, aux vaisseaux hypogastriques et aux nerfs du plexus sacré.
2" La portion extra-pelvienne, intermédiaire au moyen fessier et au jumeau supérieur, recouvre la capsule fibreuse de l'articulation de la hanche et se trouve recouverte, dans toute son étendue, par le muscle grand fessier.
La grande échancrure sciatique donne passage, en même temps qu'au pyramidal, à de nombreux organes qui présentent avec le muscle des rapports importants. Ce sont: 1" au-dessus du pyramidal, les vaisseaux et le neif fessier supérieurs; 2» au-dessous de lui, dans la portion la plus inférieure de l'échancrure, les nerfs grand et petit sciatique, les vaisseaux ischiatiques, le nerf et les vaisseaux honteux internes.
Action. Le pyramidal, prenant son point fixe sur le bassin, agit sur le fémur auquel il imprime un mouvement de rotation en dehors. Quand le fémur
est préalablement fléchi, clans la station assise, par exemple, les contractions du pyramidal le portent dans l'abduction.
Anomalies. Le pyramidal dépasse rarement sur la colonne sacro-coccygienne les limites que nous lui avons assignées : il peut cependant prendre une origine surnuméraire sur la cinquième vertèbre sacrée ; il résulte même d'une observation de Macalister {Transact. of the Rotj. Irish Académie, 1871) qu'il peut descendre jusque sur le coccyx. Par contre, il n'est pas très-rare de voir disparaître un de ses faisceaux d'origine, le premier le plus souvent. Enfin sa disparition complète aurait été signalée par Budge, par Otto et par Macalister, mais peut-être que dans ces observations il s'agit moins d'une disparition réelle des faisceaux du pyramidal que de la fusion de ces faisceaux avec quelque muscle voisin.
Le pyramidal peut, en effet, se réunir d'une façon plus ou moins complète, soit avec le petit fessier, soit avec le moyen fessier. Macalister signale la réunion de son tendon avec le tendon de l'obturateur interne: dans ce cas, le jumeau supérieur est ou absent, ou inséré sur le point de réunion des deux tendons.
Rapport (lu pyramidal avec le grand sciatiqne. Le muscle pyramidal peut être traversé soit par le tronc du sciatiqne, soit par l'une de ses branches. Cette perforation du pyramidal par le sciatiqne, signalée déjà par Winslow et quelques autres anatomistes, a été particulièrement bien étudiée par Calori tn 1882 [Suir alla dixHsione del ischiatico e sidle varietà del musc, piriforme [Mém. de l'Acad. des sciences de Dologne, 4" série, t. Hj). Voici, d'après nos propres dissections, les différentes variétés que l'on peut rencontrer :
l'e Variété. Le tronc nerveux tout entier perfore le muscle et ne se divise que plus bas. Cette disposition que je n'ai vue qu'une seule fois doit être fort rare; Calori ne l'a jamais rencontrée. On conçoit que le sciatiqne tout entier, traversant le pyramidal, pourrait être déjà divisé, ce qui constituerait une variété nouvelle.
2"= Variété. Les deux branches de division du sciatiqne, déjà indépendantes dans le bassin, perforent l'une et l'autre le muscle pyramidal, à travers une boutonnière spéciale. Cette disposition, qui a été rencontrée par Calori et que je n'avais pas observée jusqu'en 1884, m'a été offerte depuis ptr deux sujets.
3^ Variété. Le tronc nerveux est divisé dans le bassin même, comme précédemment : le sciatiqne poplité externe s'échappe à travers la boutonnière musculaire, tandis que le scialique poplité interne passe au-dessous. Le nerf petit sciatiqne se détache, en arrière du pyramidal, du sciatique poplité externe.
4^ Variété. Même disposition que dans la variété précédente, avec cette différence toutefois que le nerf petit sciatique est fourni par le sciatique poplité interne.
5« Variété. Le tronc nerveux étant divisé dans le bassin, le sciatique poplité interne traverse le pyramidal à sa partie moyenne, tandis que le sciatique poplité externe s'échappe du bassin au-dessus du pyramidal, entre ce dçrnier muscle et le petit fessier. J'ai observé une seule fois, en 1886, cette disposition qui n'a pas été signalée, que je sache : le petit sciatique se détachait dans ce cas du sciatique poplité interne.
La perforation du pyramidal par le sciatique ou l'une de ses branches, isolant