‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales volume 13Chapitre 2 sur 64 · CASPER · texte numérisé non relu

CASPER

nourrit de fruits.^ d'œufs, de petits animaux; en captivité, il est omnivore : les racines potagères, les fruits, le pain, les débris de cuisine, lui conviennent |iarfaitement, mais il faut l'approvisionner de liquide, car il boit de 4 à 5 litres d'eau par jour.

Vivant en couples solitaires, le mâle, à l'époque de la pariade, est redoutable par sa fureur ; la femelle pond dans le sable trois ou quatre œufs cendrés, verdâtres vers le gros bout et parsemés de taches plus foncées. Ces œufs sont moins gros, plus allongés et ont la coque plus mince que ceux de l'Autruche. La chaleur du soleil suffit pendant le jour, la mère ne couve que pendant la nuit. En domesticité, l'incubation est de vingt-huit à trente jours. Les jeunes sont dépourvus de casque, couverts d'un duvet varié de roux clair et de blanc grisâtre. Le doigt du milieu est chez eux légèrement frangé.

Le Casoar de la Nouvelle-Hollande (Casuarius Novœ-HoUandice Latham) appartient à un autre genre (genre Dromicerus de Vieillot) , plus rapproché de l'Autruche.

La chair du Casoar à casque n'est pas de fort bon goût, mais elle est très-abondante; celle des jeunes est, dit-on, meilleure; aussi, la domestication de ces oiseaux n'est- elle pas à dédaigner [Voy. Oiseaux et Viandes). A. Laboulbèjne.

CASPER (Joh.-Ludwig) ; né le 11 mars 1796 à Berlin, se fit recevoir docteur à Halle, eu 1820. Après un voyage scientifique en France et en Angleterre, il revint à Berlin, où il se livra à l'enseignement d'abord comme privât docent (1823) puis comme professeur extraordinaire (1825), et enfin (1859), comme professeur en titre.

Après avoir, pendant les pi'emières années, donné concurremment des leçons de médecine légale et de pœdiatrie, il se consacra entièrement à la première de ces branches pendant les vingt dernières années de son professorat. On peut le regarder comme le fondateur d'une sorte de chnique médico-légale, dont l'absence se fait bien vivement regretter chez nous ; il expliquait à ses élèves les questions pendantes devant les tribunaux, examinait sous leurs yeux les cadavres que la justice soumettait à son expertise, discutait devant eux toutes les difficultés qui se présentaient, en résumait les éléments, et, d'après une mesure adoptée sur ses instances, c'est immédiatement, séance tenante, qu'il dictait le rapport qui devait être soumis aux juges. Cet institut médico-légal créé en 1850, et dont il fut le directeur, attirait non-seulement les étudiants en médecine et en droit, mais encore beaucoup de jeunes docteurs et de légistes. Dès qu'un cas médico-légal se présentait, les élèves, prévenus à l'aide de cartes, comme on le fait pour les cours particuliers d'accouchement, arrivaient à temps pour assister aux expertises et aux débats qu'elles pouvaient soulever. L'autorité de Casper dans toutes les questions judiciaires était immense, et son avis était souvent invoqué par divers tribunaux de l'Allemagne.

Mais Casper ne s'était pas exclusivement borné à cet ordre de recherches, il a porté une savante et judicieuse analyse sur plusieurs questions d'hygiène publique. C'est ainsi que, appuyé sur la statistique, il a étudié la mortalité dans différentes classes sociales, et qu'il a dressé le bilan, assez triste, il faut bien le dire, de la durée de la vie chez les médecins [voij. Médecins (Hygiène)]. On lui doit de curieux résultats sur l'influence des constitutions atmosphériques et, chiffres en main, il a démontré que l'humidité est plus favorable à la santé que la sécheresse. A l'aide de la même méthode, il a examiné l'influence des différentes heures du jour sur

le nombre des naissances et des décès, il a également constaté le degré de fréquence des hernies suivant les différentes contrées, etc.

Cet homme éminent fut enlevé subitement, le 24 février 1864, à la science, qui lui doit tant de >-ues nouvelles, et à ses amis.

Dans la liste de ses nombreuses publications, nous laisserons forcément de côté les simples notes ou articles de journaux, pour nous arrêter seulement aux ouvrages proprement dits et brochures de quelque importance.

I. De phleginatia alba dolente. Halœ, 1820, gr. in-S". — II. Bescheidene Zweifel gegen die neue Hellseherin, in Carlsruhe, mit, etc. Leipzig, 1818, iii-8°. — III. Charakteristik der fraiizôsischcn Mediciii, mit vergleickenden Hinblickcn au f die Eiiglische. Leipzig:, IS^S.in-S".

IV. Ueber die Yerlelziwgen des Rilckenmarks in Hinsicht aufihr Lcthalitâtsverhâllniss

[Rust's Magasin], et Berlin, 1823, in-8». — V. De vi atquc efficacitate insitionis variolœ vaccinée in mortalitate civium Beroîinensium hucusque demonstrala. Ibid., 1824, in-4''. —

VI. Beitrâge zur medicinischen Statistik und Staalsarzneikunde . Ibid., 1825, in-8°. —

VII. Blicke auf die Fortschriite der K. prenssischen Medicinal-Verfassung. Ibid., 1827, iu-S".

VIII. Gegcn cine ungenanntcn Schrifïûbci- die 2)reuss. med. Verfassung . Ibid., 1829, in-8''.

IX. Die Beliandlung der asiatisclien Choiera, durck Anwendung der Kâlle, plujsiolo-

gisch, etc. Ibid., 1832, in-8°. — X. Die wahrscheinliche Lebensddusr des Menschen in den verschiedenen bûrgcrliclien und geselligen Vcr/iàltnissen, nack, etc. Ibid., 1835, in-8°. — XI. Commentationis de tempestatis vi ad valeludinem parlicula jn-ima. Ibid., 1841, in-4». — XII. Der Enlwurf des neuen Stra'gesetzbuchs fiir die preuss. Staaten, vont àrzllichen Stanclpunkt erlâiUert. Ibid., 1843, in-8°. — XIII. Denkwurdigkciten zur niedicinisclien Statistik und Staalsarzneikunde. (Influence des changements de temps; recherches sur la strangulation; géographie des hernies; mortalité dans l'armée prussienne; influence des différentes heures du jom" sur les naissances et les décès, etc.) Ibid,, 1846, in-8''. — WS .Gerichlliche Leichenôffniingen. ïh'ià., 1853, in-8°. — XV. Môrder Physioguornien. Sttidien auf der prakti'ichen Psychologie, nach, etc. [Vierteljahrsschr. fiir gerichll. undôf/entl. Med.) Ibid., 185i, in-8°. — XVI. Praktisches Handbuch der gerichtlichen Medicin nach eigenen Erfahrungen bearbeitet. Ibid., 1856, in-8». 2 vol., ail. in-4''; 2» édit., ibid , 1858; 1858 3= édit., ibid., 1860 ; 4" ibid., 1864, et trad. fr. par G. Baillièi^e, sous ce titre: Traité pratique de médecine légale. Paris, 1862, in-8°, 2 vol. atl. de 10 pi. col. — XVII. Klinische- Novellen zur gerichtlichen Medicin, nach, etc. Berlin, 18(i3, 111-8°. Casper a, en outre, collaboré avec Rust, au Kritisches Bepertorimu (1823-1853); il a fondé et dirigé seul: le Wochenschrift fiir ge.mnnnle Ileilk. 1833-52. 1 vol. par an; le Vierteljahrsschiift fiir gerichlliche und ôffcnlliche Medicin (exclusivement consacré à la médecine légale et à l'hygiène publique). 1852-64. 2 vol. et 4 cahiers par an. Ce journal est continué par le docteur Liman. E. Bgd.

CASSAM (Fr.-Rodr.). Naquit en 1567, à Concelho de S;iofins, dans la province de Beira, en Poitugal. De même que beaucoup de médecins du seizième et du dix-septième siècle, il s'était livré avec ardeur à l'étude de l'histoire et des mathématiques. Il professa pendant très-longtemps la médecine à l'université de Coïmbre où il mourut dans le courant du mois de juin 1666, ayant ainsi vécu près d'un siècle. Il a laissé un petit traité d'hygiène contre l'usage du tabac, question alors à la mode comme elle l'est encore aujourd'hui. Voici le titre de ce travail.

Invectiva contra o tabaco , cm que se mostrava com fondamentos solidos ser peçonha fina e peste encùberta. Lisboa, 1663. E. Bgd.

CASSE {Cassia T.). §1. Botanique. Genre de plantes, de la famille des Légumineuses, sous-famille des Cœsalpiniées, qui a donné son nom à vuie tribu ou série spéciale (des Cassiées). Les Casses ont les ileurs hermaphrodites et irrégulières, avec un réceptacle court, plan, ou un peu convexe ou concave ; ce qui fait que l'insertion y est complètement hypogynique ou, plus rarement, légèrement périgynique. Le calice est à cinq sé[)ales, ordinaiiement inégaux et d'autant plus petits qu'ils sont plus extérieurs, disposés dans le bouton en prétloraison

quinconciLile. La fleur étant l'ésupinée, le sépale ] est aiiléncur, tandis que les sépales 2 et 5 sont postérieurs, et les sépales 3 et 4, latéraux. La corolle est polypétale, et ses cinq folioles, alternes avec celles du calice, sont ou inégales, ou presque égales entre elles. C'est la postérieure qui représente le pétale qu'on nomme vexillaire dans la plupart des Légumineuses, et il est enveloppé lui-même par les deux pétales latéraux que recouvrent à leur tour les deux antérieurs. La préfloraison est donc ici ce qu'elle est dans la plupart des Papilionacées, et la corolle, agencée suivant un plan de symétrie antéro-postérieure (lequel passerait par la milieu du pétale vexillaire). Nous avons fait voir, au contraire (in Adansonia IX, 212), que le plan de symétrie du calice est oblique et coupe celui de la corolle suivant un angle égal à un dixième de quatre angles droits. Le plan de symétrie est le même pour la corolle que pour l'androcée. Ce dernier est (orme de deux verticilles d'étamines superposées, cinq aux sépales et cinq aux pétales. Généralement, trois seulement des cinq premières sont iertiles ; ce sont les trois antérieures, répondant aux sépales antérieurs auxquels elles sont superposées, et les plus grandes de toutes. Le plus souvent aussi, il n'y a que quatre des étamines oppositipétales qui soient stériles ; ce sont les antérieures, plus petites en général que les étamines fertiles alternipétales. Quant aux étamines postérieures de chaque verticille, deux des alternipétales, et une seule des oppositipétales, la vexillaire, elles sont généralement stériles, petites, représentées par une sorte de moignon ou de palette membraneuse. Dans les étamines fertiles, il y a un filet libre d'autant plus long, plus arqué, que Fétamine est plus rapprochée du côté antérieur de la fleur, et une anthère basifixe, biloculaire, mais formée au début et pendant une période variable de quatre logettes longitudinales, terminée supérieurement par une sorte de bec et s'ouvrant à ce niveau par deux fentes courtes, souvent décrites par des pores, obliques et convergentes au sommet où elles se confondent, de façon à séparer du reste de l'anthère un court panneau triangulaire de déhiscence. Le gynécée est celui d'une Légumineuse en général, avec un ovaire que supporte un pied plus ou moins allongé, et qui contient des ovules horizontaux ou descendants, en nombre indéfini, bisériés, anatropes, avec le micropyle l'amené latéralement en dehors de leur point d'attache. Le style est renflé ou atténué vers son extrémité stigmatifère. Le fruit est également, comme dans le plus grand nombre des plantes de cette famille, une sorte de gousse ; mais la plupart de ses caractères sont variables d'une espèce à l'autre : i'orme, taille, consistance du péiicar[ie, déhiscence ou indéhibcence de celui-ci ; et ces traits servent à distinguer les sections ou sousgenres du groupe Cassia. Son endocarpe se prolonge intérieurement, dans l'intervalle de deux graines voisines, en une fausse cloison transversale ; de façon que le fruit comporte définitivement autant de logeltes, superposées et monospermes, qu'il y a de graines dans son intérieur. Divers phénomènes se produisent, suivant les espèces, lors de la formation de ces fausses cloisons. Quand le fruit est une gousse membraneuse et'aplatie, avec les deux valves appliquées l'une contre l'antre par leur surface interne, il y a seulement, dans l'inteivalle de deux graines, une légère saillie de la face interne de l'endocarpe qui, sous forme; de ride transversale, rejoint une ride semblable, émanée en face de l'autre valve; elles arrivent toutes les deux au contact, sans adhérence, et elles forment de la sorte une lausse cloison interséminale, peu piononcée. Dans les espèces à fruit déhiscent, mais à forme cylindroïde, non-seulement les deux saillies du péricaipe existent en face l'une de l'autre, mais encore elles sont doubles, attendu qu'elles sont produites par une dépression de toute l'épais-

seur de l'endocarpe, c'est-à-dire une sorte d'étranglement transversal. Dans ce cas, rendocjirpe est dur, ligneux , bien distinct des couches plus extérieures et charnues du péricarpe ; et l'on peut dire alors que la nature de celui-ci est drupacée. Mais alors encore, chaque demi-cloison, ainsi formée d'un double feuillet, arrive au contact de l'antre demi-cloison, par l'arête de son angle dièdre, et sans aucune adhérence. Quand lu déhisceiice de la gousse s'opère, par deux fentes longitudinales, les deux demi-cloisons n'ont qu'à s'éloigner l'une de l'autre. Dans les gousses cylindiiqucs et indéhiscentes, comme celles des Casses proprement dites, la C. tistnleuse ou la petite Casse, par exemple, il y a d'abord entre deux graines une cloison circulaire complète, ligneuse, quoique mince, et d'une seule pièce; mais sur son milieu se voit, avec quelque attention, une sorte de raphé diamétral qni semble indiquer la soudure (ou quelque chose d'analogue), de deux demi-cloisons latérales qui se seraient rejointes sur la ligne médiane. En même temps, les deux surfaces de ce diaphragme sont enduites d'une couche plus ou moins épaisse, plus ou moins molle, suivant les espèces et suivant l'âge, d'une pidpeqme&l précisément la portion utilisée en médecine. Cette pulpe manque totalement dans certains Cassia, et presque totalement dans certains autres. Mais dans ceux-ci, il périt arriver qu'en dehors de l'endocarpe, dans la couche qui représente le niésocarpe, il y ait une couche pulpeuse, sapiele, comestible, plus ou moins épaisse, et dont l'origine est, dans ce cas, la même que dans les Tamarins. Ce phénomène arrive surtout dans ces espèces à endocarpe étranglé dont il était question tout à l'heure. Les graines des Cassia sont de forme variable, souvent comprimées, paifois polyédriques, fréquemment ovales ou elliptiques. Leurs téguments, résistants en général, sont multiples. En dehors, se trouve souvent une couche pulpeuse, mince, qui se gonfle dans l'eau. L'enveloppe plus dure qui fait suite est parcourue d'un côté par le raphé ; la graine est donc anatrope. Kn dedans d'une autre membrane très-mince, se trouve l'albumen, charini ou plus ou moins corné, parfois très-dur, d'une organisation cellulaire variable, avec un tisi-u qui présente plusieurs des particularités déjà signalées dans la graine de certaines Ctesalpiniées, notamment par M. Payen (in Ann. se. nat., 5" sér., vi, 221). Au centre, se trouve l'embryon, blanchâtre, jaune ou vert, avec une courte radicule répondant au micropyle, et deux cotylédons, plans ou courbés, légèrement sinueux, souvent obovales, à base tri ou quinquénerve, prolongée en deux auricules courtes qui s'appliquent souvent autour de la radicule de façon à former autour d'elle comme un étui plus ou moins complet.

Il y a plus de deux cents espèces de Casses (on en a bien décrit le double), et elles croissent toutes dans les régions les plus chaudes des deux mondes; arbres, arbustes ou herbes, à feuilles alternes, composées-paripennées, ou sans limbe, avec un pétiole dilaté en phyllode, des stipules variant considérablement comme forme et comme dimensions, des pétioles souvent chargés de glandes cupulées ou peltées.Les fleurs, souvent grandes et belles, ordinairement blanches ou jaunes, peuvent être axillaires, solitaires et en petit nombre; plus ordinairement, elles sont réunies en grappes axillaires ou terminales, simples ou ramifiées, dont l'axe est chargé de bractées alternes, ayant chacune dans l'aisselle une fleur résupinée axillaire, et souvent aussi deux bractéoles latérales.

Il a fallu partager en sous-genres ou sections, un genre aussi riche en espèces ; on l'a fait, en général, d'après les variations de structure qui s'observent dans les fleurs et dans les fruits. Ainsi les plus connues en médecine et aussi les plus utiles des espèces du genre Cassia sont celles auxquelles nous devons les principales sortes

employées de Sénés. {Voy. ce mot.) Elles appartiennent à la section Senna (GiERTN.) du genre Cassia. Toutes ont des fleurs à étamines inégales, dont sept ordinairement sont fertiles, les antérieures étant les plus grandes. Leur gousse est souvent mince, membraneuse; elle s'ouvre à sa maturité, mais généralement d'une façon incomplète, et leurs graines sont ou polyédriques, ou aplaties dans un sens ou dans l'autre. Ces Senna devront naturellement être étudiés d'une façon toute spéciale à l'article Séké ; nous n'y insisterons donc pas ici. Mais nous devons établir pour le moment qu'au point de vue purement botanique, le groupe Senna du genre Cassia f eut être divisé, comme il l'a été en effet par les auteurs les plus récents, en trois fractions :

Les Prososperma (Vogel), dont le fruit étroit, cylindroïde, renferme des graines allongées, polyédriques;

Les Chamœsenna (DC), dont le fruit est bivalve, aplati, membraneux, souvent nommé à tort, pour cette raison, c'est-à-dire à cause de son apparence foliforme, un follicule [voy. ce mot), quoiqu'il représente une véritable gousse, débiscente par les deux bords, et renferme des graines comprimées parallèlement au plan des valves ;

Les Cliamcefistula (DC), dont la gousse, également incomplètement ou difficilement débiscente, renferme des graines aplaties horizontalement.

Si l'on examine, au contraire, le Cassia Absnset les espèces voisines, formant une section qui a reçu les noms de Absus (Vog) et de Baseophylhmi (DC), on voit que ces espèces ont aussi une gousse aplatie, bivalve, et des graines aplaties parallèlement aux valves et obliques; mais que, dans la fleur, toutes les étamines sont fertiles.

Dans les Psilorhegma (Vog.), la gousse est comprimée, aplatie et déhiscente en deux valves, et les graines sont transversales. Mais toutes les étamines, quoique inégales entre elles, sont fertiles.

Il en est de même, quantaux étamines, danslesfleurs des sections Absus et Chamcecrista. Les premiers ont un fruit aplati et bivalve; mais leurs graines, souvent obliques, sont comprimées parallèlement aux valves, comme dans les Chamœsenna. Les Chainœcrista ont un fruit déhiscent, bivalve, comprimé, le plus souvent atténué à ses deux extrémités; mais, de plus, leurs fleurs, axillaires ou latéralessolitaires ou en très-petit nombre, ont des sépales atténués au sommet, et non obtus ou arrondis.

Dans la pratique médicale, le nom de Casse est le plus souvent réservé aux Canéficiers, c'est-à-dire aux espèces de la section Cathartocarpiis (Pers.) ou Bactyrilohium (W.), dont on a proposé de faire un genre particulier (voy. Cathartocarpus), à cause de l'organisation qu'y présentent les fruits, cylindriques ou à peu près, souvent très-allongés, à paroi épaisse, souvent ligneuse, indéhiscente, avec deux sutures longitudinales opposées (l'une dorsale, et l'autre ventrale), plus ou moins bien prononcées, et une cavité séparée en un grand nombre de logettes superposées, par des fausses cloisons transversales, en forme de diaphragmes complets, souvent épais, résistants. Cliaque logette, figurant un cylindre surbaissé, contient une graine comprimée de haut en bas, à contour ovale ou circulaire, souvent nummuliforme. Quant à la fleur, elle a des sépales arrondis, concaves, des pétales souvent très-développés, et des étamines toutes fertiles, mais très-inégales, les trois antérieures étant souvent beaucoup plus longues que toutes les autres et sortant de la fleur sous forme de longs arcs qui dépassent de beaucoup la corolle. Dans cette section des véritables Casses, il faut d'abord signaler trois

espèces, les plus usitées de toutes ; ce sont : la Casse en bâtons, la petite Casse, et la C. du Brésil.

1. Casse en bâtons ouCanéficier officinal, des boutiques ou en silique [Cassia fistîda alexandrina'^xvH., Pinax, 4-09. — Tournef., histit., 619, f. 592 E. — C.m^mDoDOENs, PemptacL, 787. — C. Fistula L., Sj9ec.,540. — Gjsrtner, De fruct.JUt. 147, fig. 1. — DC ,Pradr., //, 490, n. i^.— Gvib., Dr og.sim})l., éd. 4, III,'5'i^,fig- 345. — Rosenth., %«oj«s. pi. diaphor., 1035. — H. Bâillon, Histoire des plantes, II, 127, fig. 105-105; 158. — Bactyrilium Fistula W., Enum. Hort. kro/., 499. — Cathartocarpus Fistula Pers., Enchirid., I, 459. — Lindl., fi. med., 262. Cette belle espèce, orij^inaire, croit-on, d'Ethiopie, actuellement introduite ou cultivée dans tous les pays chauds des deux mondes, est un arbre élégant, haut de 5 à 10 mètres. Les feuilles pennées, longues de 12 à 18 pouces, ont de quatre à huit paires de folioles, opposées ou à peu près, toutes, ou les inférieures seulement, largement ovales, les supérieures souvent oblongues, entières, généralement obtuses ou émarginées, lisses, sur les deux faces (longues de 2 à 6 pouces, sur un et demi à 3 pouces de large). Les pétioles sont arrondis, sans glandes. Les tleurs sont dispersées en longues grappes simples, pendantes, longues de 1 à 2 pieds, avec des pédicelles longs, glabres, flexibles. Les sépales, ovales ou ovales-arrondis, glabres, sont peu inégaux. Les pétales, d'une belle couleur jaune, sont inégaux. Des dix étamines, les trois inférieures ont des filets beaucoup plus longs que les autres, très-arqués, avec des anthères oblongues, déhiscentes par deux fentes courtes. Les autres anthères, bien plus courtes, oblongues, s'ouvrent à leur sommet par des sortes de pores. L'ovaire stipité est surmonté d'un style arqué, lissé, à sommet stigmatil'ère. Le fruit, qui est la Casse ordinaire des boutiques, a la forme d'un cylindre atténué ou arrondi aux deux bouts, long de 15 à 50 centimètres, large de 2 ou 3, glabre, d'un brun noirâtre, courtement stipité, à surface extérieure lisse, parcourue dans toute sa longueur par deux sutures opposées, l'une légèrement saillante, l'autre légèrement creusée en gouttière. Sa paroi est ligneuse, épaisse de 1 ou 2 millimètres, résistante, blanchâtre en dedans. Elle est partagée en logettes cylindriques, hautes d'un demi à un centimètre, par des diaphragmes circulaires, minces, hgneux, blanchâtres, avec un raphé diamétral un peu plus foncé, étendu d'une des sutures à l'autre. Chacune des faces du diaphragme est couverte d'une couche, d'autant plus épaisse et plus molle que la gousse est plus fraîche, d'une pulpe, portion employée comme médicament, noirâtre, douce, sucrée, acidulé, moins abondante en général vers le centre du diaphragme que vers les bords, et qui, au contact de l'eau, se gonfle en une gelée plus ou moins consistante. Dans chaque logette, se voit une graine transversale, orbiculaire ou elliptique, rougeâtre ou plus ou moins grisâtre en dehors, mobile dans la logette, quand la pulpe est desséchée, ce qui rend la gousse sonnante; glabre et lisse ou polie, à téguments durs, parcourus d'un côté par un raphé longitudinal brunâtre, avec un albumen dur, de consistance cornée quand il est sec, enveloppant un embryon jaunâtre ou verdâtre, presque aussi long que la graine, à cotylédons charnus, inégalement ohovales, souvent ém'arginés au sommet, garnis à la base de deux sortes d'auricules qui embrassent la radicule, courte et claviforme ou fusiforme, obtuse au sommet. Les cotylédons sont nettement nervés, et leurs nervures sont digitées à la base. A la maturité, on se borne à cueillir ces gousses qu'on expédie au plus vite en Europe, en évitant les causes de moisissure et celles qui amèneraient trop vite le dessèchement de la pulpe. Autrefois, ces fruits nous venaient surtout du Levant ; au-

jourd'luii on les tire presque en totalité de l'Amérique tropicale, et l'on nercmarqne véritablement aucune dilférence eutie les produits de l'uu et de l'autre continent.

2. Petite Casse D'AjiÉriQnE. Cette casse, parfois employée en Europe, a tous les caractères extérieuisde la précédente, avec des dimensions moindres, surtout en largeur; car elle n'a guère dans ce sens, que 12 à 15 millimètres, tandis qu'elle atteint quelquefois un demi-mètre de longueur. Plus ordinairement, elle n'a que de 20 à 50 centimètres. Le péricarpe est plus mince, plus aminci en pointe à ses deux extrémités, d'un brun souvent moins foncé et plus gri- •sâtre à l'extérieur, avec une pulpe plus fauve, d'un goût sucré et en même temps plus astringent et plus acerbe. On a longtemps ignoré la véritable source de ce médicament; mais récemment, M. D. Hanbury (in Trans. Linn. Soc, XXIV, 167; in Pharmac. Journ., ser. 2, V, 548) a démontré que c'était le liuit du Cassia moschala H. B. K ., Nov. gen. et Spec. planl. œquinoct. , VI, 558. — DC, Prodr.11,489, n. 5; espèce delà Nouvelle-Grenade,observée d'abord par Humboklt dans les forêts voisines de Mompox, près du Rio Magdelena, et qui est caractérisée par des feuilles à folioles oblongues, arrondies au sommet, recouvertes sur les deux laces d'un duvet mou, au nombre de 14 à 18 paires, et un pétiole dépourvu de glandes.

5. Casse DU Brésil. L'arbre magnifique qui produit ce médicament est le C. hrasiUana Lamk {Dict. encycl., I, 649. — DC, Prodr., loc. cit., n. 1. — GuiB.,loc.cit.,é(l. 6, III, 575. — RosENTH.,S?/re., 10 56. — IL Bn, Hist. despL, II, 159. — C.FistuIa brasiUanaBKVii., Pinax, 403. — Tourner., Instit., 614, t. 592 D. C. — Fistula brasiliana flore incarnato Breïn., Cent., I,. 58. — G. 8'diquabrasiUana imrgatrix compressa Lo-b.,Ph. Rond., 41. — C gr^andish. FIL., SuppL, 250. — C. mollis Vahl, Symbol, bot. IH, 53. — Jacq., Fragm. t. 85, fig. 2). Cette espèce croît non-seulement au Brésil, mais à la Guyane, au Venezuela, en Colombie, au Nicaragua, aux Antilles, etc. Elle est caractérisée par des feuilles à folioles nombreuses (de 10 à 20 paires), ovales-oblougues, symétriques à la base, sub-mucronées au sommet, légèrement pubescentes en dessus, hérissées en dessous d'un duvet mou, tomenleuses dans leur jeune âge, avec un pétiole dépourvu de glandes, des grappes de fleurs plus courtes que les feuilles. La fruit qui est aussi recherché pour sa pulpe purgative, à saveur amère, quelque peu nauséeuse et désagréable, est une grande et grosse gousse, recourbée en su'nre, plus ou moins comprimée, longue de 50 à 80 centimètres, large de 4 à 8 centimètres d'une suture à l'autre. Son péricarpe, épais, dur, ligneux, est extérieurement brunâtre, rugueux, marqué de fortes nervures plus ou moins obliques et ramifiées, qui s'étendent d'une suture longitudinale à l'autre. L'une de cellesci est simple, proéminente ; l'autre, double, avec un sillon vertical dans le milieu de toute sa longueur. Les cloisons sont nombreuses, rapprochées, transversales ou plus moins obliques ; et chaque logette renferme une graine, organisée comme celles du C. Fistula.

On indique aussi quelques espèces voisines comme ayant des propriétés purgatives analogues ; elles ne sont guère employées (pie dans leur propre pays ; ce sont, notamment, le Cassia javanica, L. {Spec, 542 (part.). — DC, Prodr., loc. cit., n. 8. — C. Fistula sylveslris Rdmi-h., Eerb. amboin.. Il, t. 22. — C. Bacillus G^uTN., De fruct., I, 518), le C. baciUaris L. fil. (SuppL, 251 . — DC, Prodr., n. 13. — Catiuirlocarpus Bacillus LiNf'L., in Bot. Reg., t. 881), le C marginata Roxb. {Cat. Hort. ccdc, 31 (nec W.). — C. javanica Hassk., Mcc L.), le C. timorensis DC, etc , etc.

En dehors des espèces de cette section, beaucoup d'autres servent à divers usages médicaux, mais aussi dans leur pays natal. Dans l'Asie tropicale, le C. Sophera L. {Spec, 542. — DC, Prodr., n. 51. — Méu et Deleiss, Dict. Mat. méd., II, 130. — RosENTH., Syn., 1058. — H. Bn, Hist. des pi, II, 160) sert au traitement des fièvres, des dartres. C'est une espèce astringente. A Maurice, ses graines s'emploient pour la teinture, sous le nom de graines de Cassier. Lj C. glauca Lamk {Dict. encijcl., I, 647. — DC, Prodr., n. 67. ■ — C. surattensis BuRî!., FI. ind., 97), autre espèce asiatique, se prescrit contre la goutte, la lièvre, le diabète, etc. (Mér. et Delens, Dict. Mat. méd., Il, 129). be C. auricidata L. {Spec, 542. — DC, Prodr., n. 79. — Ajnslie, Mat. medic. ind., I, 162; II, 32) sert au traitement du diabète, de la chlorose, des ophthalmies. Le G. occidentalish. {Spec, 539. — Mér. et Del., Dict. Mat. méd., II, 130. — Liivdl., FI. med., 261), donne la racine de Fédcgose du Brésil, remède excellent coiilre la strangurie, l'érysipèle des jambes, etc. Le Dartrier, ou C. Herpetica L. {Spec, 541 . — Senna alata Roxb.), remarquable par les quatre ailes longitudinales que porte sa gousse; et dont deux répondent aux sutures, jouit, eu effet, d'une grande réputation comme antiherpétique dans tous les pays chauds. Le C. Ahsus L. {Spec, 537. — Mér. et Del., Dict., II, 127), espèce africaine, autrefois célèbre, produitles graines de G^tc/ijm ou Tc/iec/«<m, semences astringentes, employées sur les bords du Nil dans le traitement des ophthalmies. Le C. Akakalis Royle donnerait aussi des graines de Chichim. Les Cassia employés eu médecine, sont si nombreux qu'outre ceux que nous avons énumérés, on en compte encore une vingtaine d'espèces pour l'indication desquelles nous ne pouvons que renvoyer aux ouvrages spéciaux, notamment à la partie relative aux usages de ces plantes, dans notre Histoire des plantes (tome III, p. 158-161). H. Bn.

TouRNF.FORT, Iiist. Rei lierb., 019, t. o92.' — Linni;, Gen,, n. 514. — G-ertn., De f'ruct., II, 513, t. 146, 147. — CoLLADON, Monogr. des Casses. Muntpell., 1816, in-4°, cum icon. — Vogel, Syn. gen. Cassiœ, in Linuœa, XI, 651. — Endl., Gen. plant., n. 6781. — Benth. et J. Hook., Gen. plant., 571, 1005. — H. Bâillon, Histoire des plantes, II, 122, 158, iig. 92 — 105.

§ II. Emploi médical. Purgatif exotique fourni par la pulpe des gousses de la casse officinale {cassia fistula, L.). On connaît de ce médicament des sortes différentes, désignées suivant leur provenance géographique, sous les noms de casse d'Egypte, du Levant, des Antilles, etc. La pulpe de la casse, mêlée aux graines, est contenue dans des loges interceptées par les cloisons horizontales de la gousse. Pour l'obtenir pure, on la fait passer par expression à travers un tamis de crin, et on la conserve pour l'usage médical dans des vases bien fermés, autant que possible pleins, et tenus au sec pour éviter la fermentation et le passage à l'aigre. Ou a constaté, en effet, que la casse altérée de cette façon produisait des flatuosités et des coliques.

La casse est un bon purgatif dont l'effet est sûr et se produit d'ordinaire sans trouble. Il jouait jadis un rôle considérable dans la médecine ; le compte de M. Fleurant en fait loi ; mais il est bien déchu aujourd'hui. La casse était le purgatif des enfants,. et des gens irritables et débilités eu même temps. Le philosophe de Ferney, qui eu avait besoin à ce double titre, en faisait un usage très-habituel, et on connaît le vers de Delille à ce propos :

La casse prolongea les vieux jours de Voltaire,

Ou n'y a plus guère recours maintenant, et il y a certainement des médecins de notre génération qui ne l'ont jamais prescrite. Nous avons plus de drastiques

10 CASSERIO.

que de laxatifs d'une action bien sûre, et il y aurait lieu, sans doute, de rendre à la casse une partie de son ancienne vogue.

On l'associait très-souvent à d'autres médicaments, à la manne surtout. Le mélange de ces deux substances donne un très-bon laxatif.

La marmelade de Troncbin était un électuaire fort en vogue au dix-huitième siècle, et qui se donnait dans les affections catarrhales, lorsque l'indicatiou de purger se présentait. Cet électuaire se composait de casse, de manne en larmes, d'huile d'amandes douces et de sirop de capillaire à des doses égales de 60 grammes. On le prenait par cuillerée à café, d'heure en heure, jusqu'à effet purgatif.

La confection Hamech était une de ces drogues complexes comme les affectionnaient les médecins du vieux temps ; elle ne contenait pas moins de vingt-six substances, dont beaucoup étalent d'action insignifiante ou discordante. La manne, la casse, le tamarin, la scammonée, la rhubarbe en étaient les éléments purgatifs. Elle se donnait à la dose de 50 grammes.

Le lénitif {voy. Lénitif) était une confection dans laquelle entraient, avec la casse, le séné, la mercuriale, le tamarin, etc. Le catholicum était un mélange assez analogue. Ils sont inusités aujourd'hui.

La pulpe de casse brute ou en noyaux n'est pas employée. On se sert de la casse mondée, ou extrait de casse, à la dose de 15 à 45 grammes chez l'adulte.

FONSSXGRIVES.

CASStEAUX. On appelle ainsi des cylindres de bois, divisés, suivant leur longueur, en deux unités égales, et qui servent à exercer une compression lorte et soutenue. Chaque demi-cylindre est quelquefois creusé d'une rainure pour recevoir un caustique.

Les casseaux sont surtout employés en médecine vétérinaire, particulièrement pour le cristallin. ' D.

CASSEBOBM (Jean-Frédéric). Né à Halle, au commencement du dix-huitième siècle. 11 professa l'anatomie d'abord dans sa ville natale (1738), puis à Berlin ; c'est là qu'il mourutle 7 février 1745. Il se recommande particulièrement par ses études anatomiques patientes et soignées. On cite surtout, avec juste raison, ses travaux sur l'oreille, et qui ont été publiés avec ce titre :

I. Tractatus quatuor anatomici de aure humana, tribun figurarum tabulis illustrati. Halœ Magdeburgicœ, 173i, in-4°. — II. Tractatus quintus anatomicus de aure humana, cui accedet tractatus sextus anatomicus de aure monstris huniani. Cuni tribus figurarum tabulis et indice tam horum duorum quam quatuor friorum tractatumn, ante annum de aure humana edilorum. Halœ Magdebui'gicœ, 1754. Le tout en 1 vol. in-4°. — III. De differentia fœtus et adulti anatomica . Halle, 1740, in-8°. — IV. Methodus secandi et contcmplandi corporis humani musculos. Halle, 1739, in-S". — V. Methodus secandi viscera. Halle, 1740. in-8°

CASSERIO (3oLEs). Né àPlaisance (Italie) en 1545, mort à Padoueen 1616. Casserio ou Casserius, est une des gloires de l'anatomie et il appartient à cette pléiade d'anatomistes qui illustra le seizième siècle, les Vcsale, les Colombus, les Fabrice, les Ingrassias, les Va rôle, etc., etc. Comme tous ces maîtres, Casserio se hvra à d'incessantes dissections et, rompant avec l'anatomie de Galien qui était celle des écoles, il ne demanda qu'à la nature seule les secrets delà nature. Tous ses travaux, toutes ses descriptions sont faits le scalpel à la main, et c'est ainsi qu'il prépare les matériaux de ces planches magnifiques, presque aussi belles que celles qui ornent l'ouvrage de Vesale, et qui sont l'œuvre de trois artistes de mérite,

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