CASSIUS. M
Joseph-Charles Meuser, Edmond Piculatti et François Vallerio, Malheureusement,
les descriptions anatomiques laissent à désirer et ne peuvent pas être comparées
aux magnifiques planches qu'elles accompagnent. Il fallut cà Casserius pour arriver
à de semblables résultats un rare mérite et un admirable courage. Né dans la plus
humble des positions, il se fit le domestique de Fabrice d'Aquapendente. Là, sans
doute travaillant, cherchant à s'instruire, il fut remarqué par son maître qui
le mit au nombre de ses' élèves. Il se distingua bientôt entre ceux-ci et fut
chargé de la préparation des pièces anatomiques qui servaient aux démonstrations
de Fabrice; et lorsque, fatigué par son grand âge, celui-ci songea à quitter sa
chaire, c'est à Casserius que le sénat de Venise la confia en 1609. Il l'occupa sept
ans, mais il n'en fut jamais le vrai titulaire, car il mourut à peine âgé de soixan(e
ans, avant Fabrice d'Aquapendente. Les travaux les plus origiiwux de Casserius sont
ceux qu'il a entrepris sur les organes de la parole et de l'ouïe, et c'est lui qui a
décou vert le mî<sc/e externe du marteau. On lui altribue à tort la découverte d'un
muscle du bras, connu sous le nom Aq perforé de Casserius; Fa Uope l'avait vu
avant lui. On a de Casserius :
I. De vocis auditusque organis hntoria anatomica, tractatibus duobus explicata, ac variis iconibus œre excusis illtistrata. Ferrare, ICOO, in-fol. Venise, lb07, in-f'ol. — II. Penlœstheseion, hoc esl de quinque sensibus liber organorutn fabricam, actioncm et umm conlinens Venise, 1609, in-lol. Fi-anctort, 1610, 1612, 1622, in-lol. — III. Tabulœ anatomicœ LXXVIII, cum supplemento XX tabularum Dan. Bucielli, qui et omnium explicaliones edifW. Venise, 1027, in-lol. Francfort, 1652, 1650, 1707, in-4°. —IV. Tabulœ de formata fœtu. Amsterdam, 16i5, in-fol. H. Mr.
CAS§IE. Nom vulgaire des fleurs de \' Acacia (Vachellia) Farnesiana (voy.
Acacia).
CASSIME. On a désigné sous ce nom un grand nombre de plantes qui appartenaient à des genres différents, surtout aux Elœodendron. Il n'y a qu'un Cassine véritable, Célastracée du Cap, à fleurs pentamères et à fruits drupacés ; c'est le C. Maurocenia L., dont le bois est très-élastique, sert aux luthiers et aux ébénistes, et dont le fruit peu charnu est comestible , mais des plus médiocres. Les C. médicinaux sont le C. Peragua iMill., qui est Vllex vomitoria Ait. (voy. Houx), et le C. Peragua L. (nec Mill.), qui est ïllex paraguaieiisis A. S. H. {voy. Hoox et Maté). H. Bn.
L., Gen., n. 571. — Harv. et Sond., FI. capens., I, 465. — Mér. et Del,, Bict. Mat. niéd., II, 131. — RosENTH., Syn. pi. diaphor., 795.
CASSJI^E. (Chimie). Caventou a donné ce nom à un principe amer extrait du Cassia fistula, soluble dans l'eau et dans l'alcool.
CASSIS. Nom vulgaire du Ribes nigrum {Voy. Groseiller).
CASSIUS. Il y a très-probablement deux médecins grecs qui portent ce nom : l'un, cilé par Celse, puis par Andromaque, d'après Galien, par Scribonius Largus; plus tard par Aetius; l'autre, appelé iatrosophiste, et auquel on attribue des Problèmes médicaux; quant à Cassius Félix, nous en parlerons tout à l'heure. Celse (1, Proœm., p. H, de mon éd.; Leipzig, 1859) dit de Cassius que c'était un médecin très-ingénieux, et qu'il vivait de sou temps {ingeniosissimus sœculi nostri medicus quem nuper vidimiis) ; il le loue plus que de raison peut-être d'avoir reconnu, chez un homme ivre, que la fièvre et la soil
i2 CASSIUS.
extrême dépendaient de la trop grande quanlité de vin ingérée, et d'en avouconclu qu'il fallait lui administrer de l'eau froide en abondance pour briser la force du vin. Le même Celse {v, 25, 12 ; et iv, 21) rapporte aussi la composition d'un médicament que Gassius se glorifiait d'avoir inventé contre les douleurs du gros intestin. On appelait ce médicament CoHce Cassli, et on l'employait aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Andromaque {voy. Galien, Sec. locos, ix, 4, éd. de Kûhn, t. Xlll, p. 276 et 286) donne trois formules des yMlucà de Gassius; elles ne diffèrent pas notablement de celle qui se trouve dans Celse. Soranus (Gœlius Aurel., Chronic. IV, vu, p. 530) indique, sous le nom de Gassius, un médicament colique, dans lequel entrait le gingembre, et qu'il appelle, à cause de cela, Diagengibereos ; d'oîi l'on voit qu'il différait de ceux qui sont décrits par Celse et Andromaque, car le gingembre n'y figure pas. Scribonius Largus {De compos. nied., comp. 120) reproduit à peu près la formule de Celse; mais il ajoute ce renseignement, qu'il tenait la formule exacte de l'esclave même de Gassius, esclave nommé Alimète, et qui avait la charge de préparer le médicament pour Tibère. Un tel renseignement est d'autant [)lns précieux, qu'il concorde avec celui de Gelse sur l'époque oiî vivait Gassius. D'un autre côté, il confirme l'opinion de ceux qui, avec juste raison, suivant moi, pensent que Gelse écrivait dans les premières années du premier siècle. Le même So'ibonius cite encore (comp. 176) un antidote de Gassius contre toute espèce de poison, de morsure on de blessuie vénéneuse.
Les historiens et les biographes mentionnent à peine ce Gassius, le seul, cependant, sur lequel nous ayons quelque chose de certain; on le confond généralement (Daniel Le Clerc, entre autres, et par de mauvais arguments) avec Gassius rialrosophiste, ou même avec Gassius Félix. Gessner, au contraire, est d'avis qu'on doit distinguer ces trois auteurs. Gassius l'iatrosophiste n'est connu que par un recueil de problèmes {Quœstiones medicce et naturales), publiées en grec. Paris, 1541 ; Lugd. Batav., 1595; Berolini, 1841, dans la Collection de Ideler {Physici medici et graecl minores) ; en grec et en latin, Tiguri, 1562 ; Lipsiae, 1553; eu latin, 1541 ; et souvent avec les Problèmes d'Aristote. Ces Problèmes sont au nombre de quatre-vingt-quatre; et quoique les réponses soient souvent empruntées à la doctrine humorale, il n'en est pas moins vrai, comme l'a remarqué Daniel Le Clerc, que Gassius se conforme volontiers aux opinions d'Âsclépiade, soit qu'il le cite, soit qu'il tire tacitement ses démonstrations du système de ce médecin. Les Hérophiléens, les méthodiques et Andréas de Caryste, sont également mentionnés dans les Problèmes. On ne saurait assigner une époque certaine à la rédaction de cet ouvrage; on peut croire néanmoins, soit d'après le style, soit d'après la nature des questions et drs réponses qui y sont faites, soit enfin d'après les auteurs cités, que ce Gassius appartenait encore aux bons temps, et que ce n'est pas un byzantin, comme quelques-uns l'ont pensé. Gomme nulle part il ne parle de Galien, il est permis de supposer qu'il vivait soit avant ce médecin, soit de son temps.
Voici l'énoncé de quelques-uns des Problèmes : Pourquoi les ulcères ronds sontils plus difficiles à guérir que les autres? Pourquoi les extrémités et les parties creuses sont-elles plus que les autres exposées aux ulcères rongeants? Pourquoi les liydropiques sont-ds si altérés, quoique les liquides surabondent eu eux? Pourquoi, dans les plaies de tête assez prolondes pour que les membranes soient atteintes, les blessés sont-ils pris de convulsion et meurent, quoique la plaie marche régulièrement vers la cicatrisation? Pourquoi la chaleur du charbon, et non celle du bois, porte-t-elle à la tête? Pourquoi les ptérygions sont-ils fréquents
U A UU l u u.
chez ceux qui travaillent au bord de la mer? Pourquoi dans les combats les blessés lombent-ils du côté où ils sont atteints? Poiuquoi les monstres sont-ils idiots? Poiu'quoi la terre blanche est-elle moins féconde que la noire? Pourquoi chez les individus mordus par un chien enragé observe-t-on l'horreur de Peau, la rétraction des parties génitales, les convulsions et le délire? —
D'après Labbe (BiWiof/i. manuscriptor .) \e Codex: regius 1125 contiendiait une traduction latine des Problèmes de Gassius, qu'il identifie avec Cassius Félix; mais ce Codex regius H 25 n'est autre que le manuscrit qui porte aujourd'hui le h» 6114. Ce manuscrit, que j'ai copié entièrement, ne renferme pas les Pro blêmes de Cassius l'iatrosophiste, mais le Traite' de médecine, la Fractica, de Cassius Félix, traité inédit, et qui existe également, mais mutilé dans un manuscrit de la bibliothèque de l'université de Cambridge, ou personne n'avait soupçonné son existence, pas plus, du reste, qu'on n'avait songé à vériûer l'assertion du P. Labbe et à examiner le manuscrit de Paris.
Cassius Fehx, originaire d'Espagne, appartient à cette nombreuse série de médecins néo-latins, qui débute à la fin du cinquième siècle après J.-C. Son livre a été écrit, sous les consuls Ardebius et Âsclepius, vers 474 ; il appartenait à la secte logique, c'est-à-dire, à la secte dogmatique ou encore galénique. Le texte que nous possédons n'est pas une traduction directe et littérale d'un texte grec original, comme semblerait le faire croire le titre qui est placé en tèle du manuscrit, car l'auteur nous avertit lui-même, dans une courte préface qu'il a tirée, en l'abrégeant, et mise en latin, la doctrine des auteurs grecs touchant les maladies a capile ad calcem. Ce traité comprend environ cent chapitres ; il a joui d'une grande autorité au moyen âge ; on en renconti'e des traces dans divers auteurs, mais plus spécialement dans Simon de Gênes (1270-1303), en sa Clavis sanationis, et dans Mattba3us Silvaticus (vers 1317), en ses Pandectœ medicinœ. Il se trouvait aussi parmi les livres qui cotnposaient la bibliothèque de Furiiival. Il est évident que les nombreuses citations de Simon se rapportent au texte que j'ai copié, puisque j'y ai rencontré toutes ces citations. Quant ii celles de Matthseus, elles sont tirées d'un livre de Matière médicale, sur lequel je n'ai pas encore pu mettre la main. Ou voit, d'après les Pandectes, qu'il était, malgré la persistance de mes recherches, question, dans ce livre, de la description des substances médicamenteuses, et, en particulier, des plantes, de leurs propriétés essentielles, de leurs vertus médicales, de leur provenance. Il est à souhaiter, à en juger par les extraits qu'en fournit Matthseus, qu'on puisse découvrir ce traité dans quelque bibliothèque.
Simon, dan^ son prologue, dit que la Practica de Cassius était divisée en deux livres, mais je n'ai pas vu cette division dans les manuscrits; peut-être le second livre était-il précisément le traité de matière médicale ou Antidotaire, auquel Matthseus a fait des emprunts. Ch. Daijcmberg.
CitSSIlJS (André). Lorsqu'on verse de l'hydrochlorate de protoxyde d'étain dans une dissolution d'hydrochlorure d'or, on obtient en précipité une poudie d'un beau violet qui porte encore aujourd'hui le nom de pourpre de Cassius, eu l'honneur du médecin alcliimiste qui l'a découverte. Ce inédecin est André Cassius, qui vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle, et qui, natif de Schleswig, exerça à Hambourg. On ne sait pas l'épcque de sa mort. On peut assurer seulement que son fière, Chrétien C;tssius, fut chancelier de l'évèque de Lubeck et qu'il mourut le 6 octobre 1676. André, qu'on assure encore avoir inventé l'essence de bezoard; médicament bizarre préparé avec des concrétions trouvées dans
l'intestin de plusieurs animaux et si préconisé autrefois comme le plus puissant préservatif de la peste, a laissé les deux ouvrages suivants, rangés parmi les simples curiosités bibliographiques :
I. De triumviratu intestinali cum suis effervescentm. GroningEe, 4668, in-4°. — II. De extremo illo et i^erfectissimo iiaturœ opificio, ac jn-incipe terrenoruin sidère, aura, de admiranda ejus naturel, gêner atione, affectionibus, effectis, atgue ad opercUiones artis habitudine, cogitata, nobiliorihus experimentis illustrata. Hambourg, 1865, 111-8°. A. G.
CASSUJS (Pourpre de). Voy. Or.
CASSOîWADE. Voy. Sucre.
CASiSUÉJOl]l.S (Eau minérale de), athermale, bicarbonatée ferrugiyieuse faible, carbonique forte, dans le département de l'Âveyron, dans l'arrondissement d'Espalion, émergent plusieurs sources d'une composition chimique à peu près la même. Une seule, dont le débit est plus important que celui de toutes les autres et dont l'eau claire et Hmpide, quoiqu'elle laisse déposer sur les parois, de son bassin une couche épaisse de rouille, a été analysée par M. Ossian Henry qui a trouvé dans 1,000 grammes les principes suivants :
Bicarbonate de protoxyde de fer ■...,. 0,086
— chaux et magnésie 0,050
Crénale de fer • traces
Chlorure de sodium 0,060
Sel do potasse traces
Sulfate de chaux, silice, alumine. 0,074
Manganèse, principe arsenical (dans le dépôt) traces
Total des matières fixes 0,-2S0
Acide carbonique libre . . • 2/3 du volume.
^'^''■•) Azote traces
La composition élémentaire de l'eau de la source principale de Cassuéjouls montre qu'elle est plus chargée de principes bicarbonatés et crénatés ferrugineux que la plupart des sources connues; aussi son goût chalybé est-il très-prononcé et indique- t-il qu'elle est martiale au premier chef. Elle est aussi très-gazeuse et des bulles nombreuses la traversent sans cesse. Ses effets physiologiques et thérapeutiques sont ceux de la classe des eaux à laquelle elle appartient, c'est-à-dire, qu'elle est tonique, excitante et remarquablement analeptique. Elle est employée, en boisson seulement, par les habitants du pays et principalement par ceux qu'une anémie profonde ou une chlorose confirmée forcent d'avoir recours à une médication reconstituante.
La durée de la cure est de 20 jours à un mois.
On n'exporte pas encore l'eau ferrugineuse carbonique de Cassuéjouls. A. R.
CASSUVIUM. Voy. Anacarde, Anacardier.
CASSYTIIA. Genre de plantes, de la famille des Lauracées, quia donné son nom aune tribu des Cassythées, élevée par maint auteur au rang de famille distincte. Les Cassytha ont, il est vrai, tout à fait la fleur d'une Lauracée, avec trois sépales, trois pélales alternes et douze étamines à anthères valvicides, disposées sur quatre verticilles. Mais leur port est tout à fait différent; car ce sont de petites herbes parasites dont les tiges, grêles et cylindriques, souvent filiformes, s'attachent aux plantes voisines, comme celles des Cuscutes, dont elles ont tout à fait la physionomie. Les fleurs femelles ou hermaphrodites des Cassytha (car elles sont polygames) ont un réceptacle en forme de coupe qui grandit et s'épaissit autour du fruit, au-
CASTELJALOUX (eau miini5kale de). 15
tour duquel il forme une indusie cliarnue et bacciforme. Le fruit lui-mèmé et la graine sont construits comme dans les Lauracées-Cryptocaryées. Les Cassytha habitent toutes les régions tropicales du globe. Au Sénégal, on emploie comme médicament le C. fiUformis. D'après les Transactions ■philosophiques abrégées (I, 187), « ou prend un petit gobelet, matin et soir, d'un médicament préparé avec cette plante broyée avec du beurre, contre les fortes ardeurs d'urine et la gonorrhée. » En Gochinchine, les Cassythasont également recherchés comme dépuratifs et antivénériens. H. Bn.
L., Gen., n. 505. — Gxutn., De fract., II, 135, f . 122. — Endi.., Gen., n. 2067. — Mer. et Del., Bid. Mat. mcd., II, 152. — Liniil., Vcget. Kingd., 538, fig. 367. — I'.osenth., Sijn, plant, diaiihor.,'2^1, 449. — H. Bâillon, Hist. des plantes, II, 444, fig. 264-268; 483, n. 48.
CASTAIMEA. Voy. Châtaignier.
CASTEL (Louis). Né dans le département du Lot vers 1770, il fit ses études médicales à Paris, où il prit le doctorat en 1803, et fidèle aux anciens usages, dont il devait si pieusement conserver la tradition, il soutint sa thèse en latin. Après avoir occupé les fonctions de chirurgien principal au.v armées, il revint se fixer à Paris, et se hvra à la pratique et à des travaux d'érudition et de philosophie médicale. Son attitude à l'Académie de médecine, où il était entré en 1825, était celle d'un docteur régent de la vieille Faculté qui, tout imbu des doctrines des siècles passés, se serait trouvé, nouvel Êpiménide, jeté, après un long sommeil, au milieu du mouvement de rénovation accompli de nos jours.. Appuyé sur une physiologie purement spéculative, il opposait une invincible résistance aux idées modernes. La méthode expérimentale avait surtout le don d'exciter sa verve sarcastique, et de provoquer de sa part des appels incessants au génie des anciens, les seuls guides qu'il voulût reconnaître. Gastel savait, du reste, conserver dans toutes les discussions, un ton de courtoisie parfaite, aiguisée seulement par quelques pointes ironiques. Ce savant, à la physionomie si originale, mourut à Paris le 15 septembre 1852, à l'âge de quatre-vingt-deux ans, un mois après avoir subi l'opération de la lithotritie.
Ses idées, ses principes ont été exposés et développés dans les ouvrages ou arti* clés suivants, les principaux qu'il ait publiés :
I. Analyse critique et impartiale de la nosographie philosophigue de Ph. Pinel. Paris, an VII, in-8°. — II. De astitmate. Th. de Paris, 1805, n- 210, in-S". — III. Quelques réflexions sur le typhus. In Journ. gén. de méd. t. XLIX, p. 571; 18. — IV. Exemple de manie dépendante d'une affection chronique des poumons. Ibid., t. LVI, p. Si ; 18. — V. De l'action du cerveau et de quelques expériences sur le jjrincipe de la vie et des fausses conséquences qui en ont été déduites. In Journ. complémentaire des sciences médicales, t. !,• p. 195; 1818. — VI. Réfutation de la doctrine médicale de M. le docteur Broussais. Paris 18i24, in-S». — VII. Delà contagion dans les affections fébriles. Paris, 1829, in-8°. — VIII. Considérations sur l'irritabilité et la contractilité. Paris, 1838, in-8°, — IX. Les bases phtisiologiques de la médecine. ï^" paiiie contenant la réfutation de la doctrine de Ch. Bell et l'explication, etc. Paris, 1842, in-S". 2' édit., sous ce titre ; Exposé des attributs du système nerveux; réfutation de la doctrine de Ch. Bell et explication des phénomènes de la paralysie. Paris, 1843, in-S". — Nombreux Rapports et discours dans les bulletins de l'Académie de médecine. E. Bgd.
CASTELJALOVX (Eau MINÉRALE de) , atherniale, bicarbonatée et crénatée ferrugineuse^ carbonique moyenne , dans le département de Lot-et-Garonne, dans l'arrondissement et à 28 kilomètres de Nérac, est un chef-lieu de canton peuplé de 1,800 habitants, où émerge une source nommée source Levadou dont l'eau alimente un petit établissement. Cette eau est claire et limpide, elle laisse dépo-
10 CASTtLLAMAl.ij xjl uxnui.i (kaux minérales de).
ser, au contact de l'air, un précipité ocracé qui revêt les parois internes de son bassin de captage qu'il faut souvent nettoyer, si l'on veut conserver la transparence de l'eau. Elle n'a d'autre odeur que celle de son principe ferrugineux et de son gaz dont les bulles assez nombrenses et assez grosses la traversent avant de venir s'épanouir à sa surface ; elles se fixent en perles brillantes sur les parois des vases qui la contiennent. Son goût est franchement clialybé, elle rougit au premier moment les préparations de tournesol qui ne tardent pas à revenir à leur couleur naturelle. Sa température est de 12°, 8 centigrade; sa densité n'est pas connue. M. Ossian Henry a trouvé dans 1 ,000 grammes de l'eau de la source Levadou les principes qui suivent :
Bicarbonale de chaux 0,450
— et crénale de t'cr, 0,048
— manganèse 0,005
Sulfates de soude et de cliaux traces
Chlorure de sodium l
— magnésium < 0,025
— calcium (
Silicates de soude et de chaux 0,011
Silice 0.080
Total les luTijinEs fixes 0,619
Gaz acide carbonique libre quantité indéterminée.
Malgré les quatre baignoires de l'établissement minéral de Gasteijaloux, les eaux de la source Levadou sont presque exclusivement employées en boisson par les chlorotiques et les anémiques de la contrée. A. R.
CASTELL. (P.) Physiologiste allemand qui vivait au milieu du dix-huitième siècle et qui ne nous est guère connu que par la mention que fait de lui le grand Hallcr, son maître. Dans sa dissertation inaugurale, Castell reproduit les nombreuses expériences à l'aide desquelles Hallei' a démontré l'insensibilité des parties fibreuses : il a étudié le mode de cicatrisation des tendons, etc. Voici le titre de cette dissertation soutenue à Gœttingue en 1755 : Expérimenta quihus constitit, varias corporis humani partes sentieiidi facultate carere. Ce travail a été réimprime dans la Collect. des Th. de chir. de Haller, t. Y et dans le t. II du Becueil sur l'irritabilité, etc. Lausanne, 1760, in-12. E. Bgd.
CASTELLAMARE Di STABlâ. (eaux MINÉRALES he), prototJiermales, chlorurées sadiques fortes ou bicarbonatées ferrugineuses faibles, ou sulfurées faibles, carboniques faibles. En Italie, dans le royaume et à 25 kilomètres de Naples, (Marseille, Naples d'où un chemin de fer conduit en 57 minutes.) 1! faut 20 minutes à pied pour se rendre de la gare à l'établissement de Gastellamare, on traverse toute la ville en longeant le bord de la mer qui constitue la partie orientale du golfe de Napies. Gastellamare di Stabia est une sous-préfécture peuplée de 25,000 habitants, située à 2 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, bâtie au pied des Apennins Campaniens qu'on désigne sous le nom de Monte Aureo, aux limites 'de la vallée bordée par le Vésuve. La montagne s'incline à droite en suivant les sinuosités de la côte de sa base à sa cime, elle est recouverte d'arbres verts parmi lesquels dominent les orangers et les citronniers, et elle protège complètement la ville des vents du sud-ouest. La température moyenne des mois de la saison minérale qui commence le l"juin et finit le l*" septembre, est de 28", 8 centigrade. Toutes les sources émergent à la partie occidentale de la ville, elles sont au nombre de quatorze et se divisent en trois groupes dont le
CASTELLAMAKE Ul t>TAt)lA (eaux minérales de). 17
premier est extérieur, le deuxième dans la ville et le troisième dans l'intérieur de l'établissement de bains.
A. Le groupe extérieur se compose de deux sources qui se nomment sol fur ea del Muraglione (sidfurée du grand mur) et solfurea nuova del Muraglione. À 100 mètres de l'établissement, sur un plan un peu inférieur à la route de Vico, en face du mur de la chaussée de Pozzano, a été construite la maisonnette qui abrite les griffons de ces deux sources. Leur eau est opaline, d'une odeur sulfureuse, celle de la source solfurea a un goût plus hépatique et surtout plus salé, celle de la solfurea nuova contient une plus grande quantité de flocons d'un blanc grisâtre produits par de la barégine et des fleurs de soufre. Des bulles gazeuses assez grosses viennent de temps en temps s'épanouir à la surface des deux bassins et surtout au centre de celui do la soll'urea nuova. La réaction de Teau des deux sources est faiblement alcaline ; la température de la source solfurea est de 18° centigrade et celle de la solfurea nuova de 19°, 2 centigrade. La première a une densité de 1,006 et la seconde de 1,0186. Nous donnons après la description de l'acqua ferrata del Pozzillo, celle de l'analyse de toutes les sources de Castellamare diStabia dont la composition est connue.
B. Les sources de Vintérieur de la ville sont au nombre de trois qui se distinguent ainsi : l'acqua ferrata di Magliano, l'acqua acidola o acelosella (eau acidulé ou acidulée) dite aussi eau de Fline&i l'acqua rossa (eau rouge). La première est ainsi appelée du nom de l'ancien propriétaire de la maison sous laquelle est son origine ; elle émerge dans un bassin oii elle se mêle à de l'eau douce ordinaire. Son captage défectueux est d'autant plus regrettable, que les personnes assez nombreuses qui la boivent sont forcées d'en faire usage, alors qu'elle a perdu une partie de ses vertus par son mélange avec une eau non minéralisée. Cette eau a les mêmes caractères que ceux de la source ferrata del Pozillo. Nous renvoyons donc à ce que nous allons dire de l'eau de cette source. L'analyse chimique de l'eau di Magliano n'a jamais été faite. L'acqua acidola, souvent nommée eau de Pline à cause de l'inscription qui est sur la porte du petit pavillon qui abrite ses deux griffons. Cette eau est d'une limpidité parfaite, incolore, inodore, sa saveur est piquante et agréable, quoiqu'elle ne semble contenir qu'une petite quantité de gaz ; sa réaction est très-légèrement acide. On ne peut guère renseigner sur sa température exacte, car elle est si peu garantie des influences extérieures que le thermomètre indique un degré variable suivant le temps et la saison. Sa densité' est de 1,001422. Son analyse est au tableau qui suit l'acqua del Pozzillo. Le griffon de l'acqua rossa est reçu dans un bassin dont l'intérieur est incrusté de rouille, ainsi que le fond du ruisseau qui la conduit à la mer ; c'est ce qui lui a fait donner le nom (Veau rouge. Cette eau, dont on ne connaît pas la composition exacte, semble avoir les mêmes caractères physiques et chimiques que les eaux de Magliano et del Pozzillo ; elle a seulement une efficacité thérapeutique plus marquée.
Les sources intérieures ou extérieures de la ville sont exclusivement employées en boisson ; l'acqua rossa seule est usitée eu lotions sur les yeux des malades qui souffrent d'ophthalmies aiguës ou chroniques, pour la guérison desquelles elle a une grande réputation.
C. Les griffons de l'établissement minéral sont au nombre de neuf qui s'appellent : 1° et 2° le acque Medie; 3" l'acqua délia Spaccatetia ; i" l'acqua délia Groticella ; 5" l'acqua solfurea ferrata ; 6" l'acqua solforosa ; 1" l'acqua degli Emorroidi; 8" l'acqua ferrata del Pozzillo ; 9° l'acqua ferrata nuova.
1° et 2" Acque medie. Ces deux sources ont leurs griffons à 2 mètres l'un de
IJICT. ENC. XllI. 2
j8 GASTELLAMARK Dl STABIA (e.vux minérales de).
l'autre, à droiLe du portique de rétablissement. Le captage de cliacun de ces filets est parfaitement distinct, et les qualités physiques et chimiques de leurs eaux n'étant pas complètement les mêmes, il est nécessaire de les décrire isolément. L'acqua média prima sort de bas en haut d'un rocher volcanique ; elle coule dans un ruisseau à la surface duquel nagent des corpuscules d'un blanc grisâtre, le mur qui limite le cours de cette source et les cailloux qu'elle baigne sont recouverts d'un enduit blanchâtre composé de soufre et de barégine. Cette eau est claire dans un verre, son odeur est légèrement sulfureuse, sa saveur à la fois hépatique et salée. Elle ne semble point être gazeuse et pourtant des bulles viennent de temps en temps s'épanouir avec bruit à la surface de son bassin et même du ruisseau qui l'emporte. Sa réaction est alcaline, sa température de 15", 1 centigrade, celle de l'air étant de 17° centigrade. La densité des deux sources est de 1,004622. L'analyse chimique de l'acqua média prima se trouve au tableau de
la page 20 .
L'aqua média seconda sort de la même roche. Les parois et l'aire de son bassin sont moins colorés par la barégine et par le soufre, mais à mesure que son eau s'éloigne du griffon, des filaments blancs grisâtres de 2 à 5 centimètres de longueur s'attachent à la pierre, leur extrémité libre nage dans l'eau. Plus loin encore, des parcelles distinctes se déposent au fond du ruisseau, elles sont constituées par du soufre pur. L'acqua média seconda n'a point les corpuscules blanchâtres qui recouvrent la surface de l'acqua média prima, mais elle entraîne plus de flocons de barégine. L'eau de la source média seconda a les mêmes caractères que ceux de la source précédente, seulement son goût est moins salé et plus agréable, sa digestion paraît plus fiicile. Des bulles gazeuses la traversent aussi par intervalles et viennent s'épanouir avec bruit à la surface du bassin et du ruisseau qui le continue. Sa réaction est alcaline et sa température de 15° centigrade. Son eau n'a point été analysée.
Les eaux des deux sources Medie sont surtout employées à l'intérieur, ce sont elles qui commencent le ruisseau oij les eaux de toutes les sources de Castellamare sont reçues avant d'être conduites aux salles de bains de l'établissement, où elles arrivent complètement mélangées.
5° Acqua délia Spaccatella. Son griffon sort de la même roche un peu plus au midi, que les sources Medie, et au voisinage des sources degli Emorroidi. La couleur du sable et du gravier de son bassin n'est pas la même que celle de la source des héraorrhoïdes avec laquelle elle se mêle. Elle est très-limpide, elle ne laisse surnager aucune parcelle de barégine, aucune bulle gazeuse ne se distinguée la source, ni dans le verre où l'on puise son eau. Son odeur et sa saveur sont à peine sulfureuses et moins salées que celles des sources Medie. Sa température au griffon est de 14° 7 centigrade, mais il est très-dilficile d'indiquer la chaleur exacte des eaux de Castellamare, car leur captage est si peu distinct qu'elles sont toutes plus ou moins mêlées entre elles. On n'a point cherché sa composition élémentaire.
A° Acqua délia Groticella. Elle émerge de la même roche et à 1 mètre plus bas que la source précédente. Le sable et le gravier qui forment le fond de son bassin sont colorés en gris blanchâtre par la glairine et par le soufre dont elle charrie beaucoup de flocons, ils sont noirs dans les points où le courant n'existe pas. Son eau se mêle à celle de la source Spaccatella et de la sorgenle degli Emorroidi ; elle est tout à fait distincte de celle de toutes les autres sources. Sa température est de 16" centigrade et sa réaction est alcaline. Sa densité et son analyse ne sont point connues. On croit qu'elles se rapprochent beaucoup de celles de
CASTELLAMARE Dl STABIA (eaux minérales de). 19
l'eau du griffon de l'est de la source del Muraglione, car l'eau de ces deux sources a à peu près les mêmes effets physiologiques et thérapeutiques.
5° Acqiia soif urea- fer rata. Son eau se mêle avec celle des deux sources Medie des bassins desquelles elle est séparée par une pierre trop basse et mal scellée. Il est très-difficile de dire alors quels sont ses caractères physiques et chimiques. Quoiqu'il en soit, sa surface est recouverte de flocons debarégine qui ont emprisonné dans leurs mailles une certaine quantité de soufre sublimé; elle est onctueuse au loucher ; des bulles gazeuses plus grosses et plus abondantes la traversent assez souvent. Elle n'est pas complètement limpide lorsqu'on la recueille dans un verre, des corpuscules opaques sont suspendus et altèrent sa transparence. Son goût n'est pas le même que celui des sources Medie, quoique ces sources soient presque mêlées ; il est à la fois beaucoup plus hépatique et plus chloruré, mais nullement ferrugineux. Sa réa(;tion est alcaline et sa température est de 16° centigrade. Sa densité est de 1,004.622 ; son analyse chimique est au tableau qui suit la description de la source del Pozzillo.
6° Acqua sol fur osa. Son griffon est à 5 mètres de celui de la source précédente. Les sables et les pierres du fond de son bassin sont teints en ronge lilas-, probablement par les principes ferrugineux et manganésiens qu'elle tient en dissolution. D'antres corpuscules, d'un blanc nacré rappelant des cristaux de camphre, semblent à l'œil des matières solides ; on s'aperçoit quand on les touche qu'ils sont composés debarégine dont ils ont l'onctuosité. Cette substance blanche est assez lourde pour ne pas surnager ; pour ne pas être en suspension dans l'eau, elle occnpe la partie inférieure de l'aire de la fontaine. D'autres flocons de barégine grisâtre altèrent la transparence de l'acqua solfurosa. Elle n'a pas d'odeur ; sa saveur n'est aucunement ferrugineuse, mais elle est un peu sulfureuse; sa réaction est alcalme et sa température de 15°, 1 centigrade. Elle ne paraît contenir aucune bulle gazeuse. L'acqua solfurosa n'a point été complètement analysée, les essais tentés en 1 857 par un chimiste distingué, M. Tommaso sant'Elia, lui ont appris que cette eau renferme des principes de la même nature, mais en proportion un peu moindre que les autres sources de Caslellamare di Stabia.
7° Acqua (legli Emorroidi (eau des Hémorrhoïdes). Elle sort du même rocher à 2 mètres plus bas que la précédente. Le fond de son bassin distinct, quoiqu'il communique avec celui de l'eau sulfureuse, a un aspect à peu près pareil à celui de l'acqua solfurosa, seulement les cristaux de la barégine sont plus gros et plus blancs ; la substance violacée, qui ressemble beaucoup à une conferve particulière, est un peu moins abondante que dans, l'eau sulfureuse. Cette eau ne diffère de l'acqua solfurosa que par sa température qui est de 16' centigrade, elle n'a point été analysée.
8° Acqua ferrata del Pozzillo (eau ferrugineuse du Petit puits). Elle émerge sous une grotte taillée dans la roche. Le sable de l'aire de son bassin est noir et quelquefois teinté de jaune, de l'ocre rougeâtre parfaitement reconnaissable tapisse le lit du ruisseau surtout à 3 mètres du griffon. Des bulles gazeuses formant chapelet viennent, à intervalles assez rapprochés, s'épanouir à la surface de l'eau. Elle ne se distingue des autres sources que par sa saveur piquante et ferrugineuse • sa réaction est légèrement acide et sa température de IS",! centigrade. Sa densité est de 1,004,977. L'analyse chimique de l'eau des sources de l'acqua solfurea, de l'acqua acidola, de l'acqua média prima, de l'acqua solfurea-ferrata, de l'acqua ferrata del Pozzillo, a été faite en 18oo par MM. les professeurs Sementini, Vulpes et Cassola qui ont trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :
CASTELLAMARE DI STABIA (eaux minérales de]
Chlorure de sodium
— calcium
— magnésium
Blcarbonale de soude
— magnésie
— chaux
— fer
Sulfate de soude
— magnésie
Acide silicique combiné aux. oxydes de
calcium, de magnésium et de fer. .
Biomure, iodure, sulfures de calcium,
de magnésium
Oxyde de fer, de manganèse, alumine
et matière organique
Total ues matièhes fixes. . .
1 Acide carbonique libre ....
— sulfhydrique Azote Oxygène
Total des gaz 0,U8
ACQtJA