‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales volume 13Chapitre 51 sur 64 · CO O · texte numérisé non relu

CO O

L^ ' O lO

o >^0 lO to

ei-.ïï aJ t^

El o

Il I i I i

( o W o -H o fM

niCT. ENC.

530 CECIIES.

Yillermé, Benoiston, Wappœus, etc. Personne n'a le droit de changer une signification consacrée par l'usage, usus quem penès est et jus et norma loquendi. Se livrer aux calculs épineux de la Survie moyenne, c'est rendre à la science un service méritoire ; mais ce serait lui rendre un mauvais service et la mutiler injustement que d'abandonner aucun des rares moyens d'investigation qu'elle possède jusqu'ici, sous prétexte des difficultés qu'ils offrent en certains cas exceptionnels.)

La vie moyenne, calculée sur le rapport de la population aux naissances, s'élève, dans la période et dans les pays considérés,

à 31 ans et demi pour les Allemands;

à 25 ans pour les Ceches ;

à moins de 21 ans pour les Galiziens '. (Nous avons tenu compte des mort-nés, dans la mesure commune de 0,04 naissances vivantes. Si l'on ne fait pas entrer en compte les mort-nés, on tronque arbitrairement le mouvement général, et l'on s'expose à ne reconnaître plus ses lois.)

* L'auteur de l'article BAviÈnE (tomeVIII de ce Dictionnaire, p. 616), démographe éminent notant avec raison la supériorité des conditions physiologiques du Palatinat sur le l'este do la Bavière, a cru voir que le rapport P/N n'était pas d'accoid avec les autres dans cette comparaison. Cependant, en calculant sur les chiffres mêmes que l'auteur donne p. 607 et 608, on trouve, période 1850-59, P/S„ = 50.30 povu' le Palatinat, 29.94 pour le reste de la Bavière (Palatinat, P 599 300, S„ 19 777 ; Bavière propre P 3 969 371, S„ 132 577, mort-nés exclus selon la préférence de l'auteur). Cet élément, si important, mais si délicat, ce rapport naturel des Naissances à la Population, cette succédanée si précieuse de la Vie moyenne démographique, ne se dément donc là pas plus qu'en aucun autre des nombreux pays où sa signification et son autorité ont été établies par théorie et par expérience. Au reste, nous convenons que, dans ce cas particulier, un tel calcul ne démontre pas suffisamment la supériorité réelle du Palatinat. Cette supériorité ressortirait d'avantage, si les naissances étaient enregistrées dans tout le royaume avec une égale exactitude. Mais il faut se rappeler que le Palatinat, ancien département français, a consei-vé, au moins en partie, les lois dont notre révolution l'a doté, qu'il a un État civil, tandis que la Bavière propre n'a que des cahiers de baptêmes. L'irrégularité de l'insci'iption des Naissances saute aux yeux, quand on considère la différence bizarredes nombres de mort-nés. Qui pourrait admettre, en effet, que la Bavière propre n'eût que 39 mort-nés pour 1000 Naissances vivantes, quand il y en a 55 dans le Palatinat, dont la Population jouit, comme on le constate, de conditions vitales supérieures? Il n'est pas douteux que, si le Palatinat inscrit assez exactement ses morts-nés, les autres cercles ne déclarent guère que la moitié des leurs. M. Ad. Bertillon a signalé les mêmes lacunes dans les inscriptions autrichiennes (article Autriche, p. 445). Tout porte donc à croire que les curés n'enregistrent régulièi^ement sur leurs cahiers ni les morts-né ni les enfants qui meurent avant d'être baptisés. Ces avortons n'en valent pas la peine !

Il faut concevoir aussi qu'à mesure que l'administration en prend plus de souci, les inscriptions deviennent moins incomplètes d'année en année : cela explique comment la Vie moyenne a semblé marcher à reculons en Bavière aux six périodes quinquennales- relevées dans la première moitié de ce siècle [Démogr. comp., p. 284), et pourquoi il ne faut pas, comme a fait le docteur Hermann, confondre, dans une seule grosse période de près de 30 ans, des résultats qui ont besoin d'être observés pas à pas et constatés séparément d'après leur valeur propre et progressive. Ce progrès de l'inscription est marqué (malgré l'amalgame de deux périodes) dans le IX= Tableau donné par M. Bertillon, p. G15 de l'article Bavière, précité : on y voit la mortalité des enfants un peu croissante en apparence dans la plupart des Cercles bavarois, mais fortement décroissante dans le seul Cercle du Palatinat. Et ce qui indique bien que cette prétendue aggravation de mortalité n'est autre chose qu'un accroissement d'inscriptions des décès enfantins, c'est qu'on voit, sur le même Tableau (à la dernière colonne), que les décès d'adultes, loift de s'accroître aussi, vont diminuant, et dans tout le royaume et dans toutes les provinces sans exception. Ajoutons que l'élément P/N reçoit encore une atteinte factice de l'émigration, qui, selon la remarque du docteur Ad. Bertillon, est beaucoup plus forte de la part du Palatinat que de la Bavière propre : si le chiffre des émigrants était rétabli dans P, les deux valeui's de P/N divergeraient encolle de ce second chef, et tout à l'avantage du Palatinat; car le tiers des émigrants est au-dessous de seize ans.

Mais, toutes ces imperfections des documents, l'administration les fera dispai'aître le jour

CEGHES. 531

Par ce premier témoignage, l'infériorité des Slaves est flagrante vis-à-vis des Allemands, et, de Slave à Slave, l'infériorité des Galiziens vis-à-vis des Caches ne l'est pas moins. Si cette double relation est confirmée par les autres éléments démographiques, indépendants du premier, il faudra bien la regarder comme constitutive.

Proportion des sexes. La supériorité du nombre des femmes est un fait observé chez la plupart des nations. C'est, quelles qu'en soient les causes, un symptôme délàvorable, attendu que l'élément viril est celui qui contribue le plus, d'une part au travail produclii du bien-être, de l'autre à la garde de l'indépendance du pays. Le tableau montre que la proportion des femmes est plus grande chez les Slaves que chez les Allemands (0,522 et 0,511 contre 0,505). Si elle paraît moins grave chez les Galiziens que chez les Ceches, on peut Lexphquer par l'émigration, qui est énorme de la part des Bohmes, et relativement très-faible de la part des Galiziens.

L'infériorité de l'élément viril chez les Slaves est d'autant plus remarquable, que la loi générale qui donne plus de Naissances masculines que de féminines, loin de se démentir ici, s'exerce avec un peu jilus de force chez eux que cliez les Allemands, puisque ceux-ci n'ont que 513 iV' (Naissances mâles), quand les Ceches en ont 515 et les Galiziens 516.

Proportion des adultes. Cet élément a une relation étroite et incontestée avec la Vie moyenne. Si la Vie moyenne est moindre, la Population ne se maintient que par un nombre plus grand de Naissances ; et, les Naissances s'accélérant, le nombre des impubères s'accroît. Le chiffre proportionnel des adultes (c'est à partir de 14 ans qu'il plaît aux Bureaux de Vienne de les séparer), qui est de

715 masculins, 727 féminins chez les Allemands, n'est que de 672 — 696 — chez les Ceches, et seulement de 653 — 670 — chez les Galiziens.

la proportion décroissante des adultes, soit de l'un, soit de l'autre sexe, confirme donc ce que nous a appris la Vie moyenne, mesurée par la proportion des Naissances.

h'âge moyen des trois Populations (que l'on peut calculer approximativement d'après le deuxième Tableau de distribution donné à l'article Autriche, t, VII de ce Dictionnaire, p. 457) conduit au même classement que la proportion des

où elle voudra sérieusement être utile à la science, dont elles ne peuvent, d'ailleurs, infirmer les principes. Et c'est un grand avantage de la méthode démographique et de la diversité convergente de ses éléments que de révéler les imperfections des documents mêmes qui {ournissent ces éléments, et de corriger les uns et les autres par leur confrontation réciproque, comme le docteur Ad. Bertillon en a donné d'excellents exemples.

Gardons-nous donc de répudier aucun des instruments qui nous servent à défricher le terrain encore fort broussaillé de la démographie. Un chiffre douteux ou imparfait, iine boutade, ne suffisent point pour récuser les graves autorités qui ont établi la relation de P/N avec la Vie moyenne démographique, — pour réfuter des mathématiciens tels que !,aplace, Fourier, Mathieu, Prony et tant d'autres qui en ont fait un usage utile, — Laplacc surtout, qui a 'démontré cette relation par un seul trait, plus persuasif que de longs raisonnements : « Il est visible qu'à égalité de Naissances le pays le plus peuplé est celui où l'on vit le plus longtemps ; » en d'autres termes : dans un mouvement moyen, c'est-à-dire, normal et naturel les variations ou différences de Natalité repiésentent avec une approximation sutfisanle l'a Vitalité collective. Défions-nous donc des amalgames factices comme des collections fractionnées, et, sans vaine foi comme sans défiance injuste, prenons pour nous l'avis prudent que le poêle philosophe se donne à lui-même : Inceclo per ignés suppositos cineri dolosc

532 CKGIiES.

adultes. L'âge moyen des deux sexes pris ensemble serait, d'après celte supputation, de

ans 28. 6S pour l'archiduchê d'Autriche et le Salzburg,

— 26. 9f) pour la Bohème et la Moravie réunies,

— 25.90 pour la Galizie.

Mariages. Si la Vie moyenne est plus courte chez les Slaves que chez les Allemands soumis en ce moment à notre étude, cette brévévité aura entraîné deux conséquences : 1" elle aura diminué la durée de la vie conjngiile, et 2" cette diminution aura, par une loi naturelle, excité la tendance à se marier plus tôt, et abaissé l'âge probable du Mariage. Une troisième conséquence pourra sortir des deux premières : c'est que la proportion des personnes mariées, dans la Population adulte, soit plus grande cliez le peuple qui est le plus pressé de se marier. On peut voir, sur le tableau ci-dessus (p. 529), l'exacte vérificition de ces trois coordonnées de la brévévité relative : la durée moyenne des MHriages est évaluée (sous réserve, par l'auteur de l'article Autriche cité plus haut) à

24 ans pour les Allemands, 22 1/2 pour les Geclies, 18 pour les Galiziens.

L'âge probable du Mariage {ibid., p. 445) est de

51 ans pour les Allemands, 29 pour les Ceches, et 27 pour les Galiziens.

Enfin, la proportion des gens mariés est (en fonction de la Population adulte), de {ibid., p. 439)

445 chez les premiers, 502 chez les seconds, 525 I liez les derniers.

Ainsi, ce que la théorie indiquait comme devant être, les relevés le montrent réalisé dans la Population : le premier groupe, celui qui est désigné comme le plus vivace, conserve un peu plus longtemps l'état conjugal, ayant lardé à y entrer; mais, par l'effet de ce retard, combiné avec la répétition incessante des Naissances, la quantité relative des époux vivants est moindre que dans le second groupe, et à plus forte raison moindie que dans le troisième.

Distribution des Décès. La moitié des Naissances est éteinte :

chez les Allemands, à 35,75 ans,

chez les Ceches, à 32 ans,

chez les Galiziens, à 15 ans.

On peut bien juger à priori que la distribution des Décès, aux âges qui précèdent ceux-là, aura lieu sur une échelle semblable, s'il n'y a pas de causes spéciales qui frappent par sélection sur un âge plutôt que sur les autres. Il faut lire sur le tableau ci-dessus (p. 529) cette distribution, que nous avons copiée du XIV^ volume des Mittheilungen, et qui confirme, pour l'ensemble et pour les principaux détails, ce que faijaieut présager toutes les autres données. La mort frappe à coups plus pressés sur les Ceches, plus pressés encore sur les Galiziens, de la naissance à 5 ans, de 5 ans à 10, de 10 à 20. Si de 20 à 50 sa faux ébréchée, de guerre lasse, épargne un peu les Ceches, elle frappe toujours plus fort en Galizie.

GECHES.

On ne mfinqneva pas de remarquer qu'avant l'âge d'un an les Décès soûl un peu moins nombreux chez les -Slaves que chez les Germains. Mais on devra observer aussitôt qu'immédiatement, aux années suivantes, ces Décès enfantins preinient une violente recrudescence, qui euGallzie les porte au delà du double des Décès Germains aux mêmes âges (de là 20 ans), et qui en définitive rétabht l'échelle normale de la confrontation des trois peuples. Nous conclurons de cette observation que, s'il est inconteitablement utde d'étudier la distribution des Décès par délails surdeN âges déterminés (comme nous l'avons conseillé depuis longtemps, Démographie comparée, p. 504), il faut entrer dans ces fractionnements avec une grande circonspection, ne pas perdre de vue que les nombres comportent d'autant moins de certitude qu'ils perdent plus de leur masse, et se garder de conclure d'un âge particulier sans l'avoir confronté avec les âges voisins.

La supériorité d^s Germains sur les Slaves, aux points de vue de la physiologie colleclive, paraîtra sans doute suffisamment démontrée par le complet accord de leurs élémenis démographiques respectifs, proportion des fiaissances, des sexes, des adultes, âge moyen, Mariages, Décès, nialgré la manière imparfaite et mêlée dont les Bureaux de Statistique publient ces éléments. Le contraste organique des trois peuples ressortirait bien plus clairement et sans doute plus vivement, si les gouvernements, qui semblent n'avoir en vue que l'intérêt de l'administration, prenaient plus de souci du progrès des sciences et de l'amélioration du sort des peuples, — si, par exemple, dans la publication des faits immenses que l'on recueille, ces faits étaient groupés par nationalités plutôt que par provinces, selon les familles naturelles et non selon le hasard des circonscriptions.

là pathologie collective est traitée avec encore plus de vague et d'insuffisance. Et pourtant, dans le peu qu'on nous en laisse voir, nous trouvons une confirmation nouvelle du classement des trois nations qui font l'objet de cette étude comparative. Le petit tableau qui suit est extrait de l'Annuaire statistique de Vienne {Statistiche Jahrhuch fur 1867).

Page 1