‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales volume 13Chapitre 53 sur 64 · CÈDRE · texte numérisé non relu

CÈDRE

Les fleurs mâles ont un périgone obtus, tiibiileux, percé de deux pores au sommet et entourant deux étamines dont les filets sortent par les pores et portent des anthères tétragones, biloculaires. Les fleurs femelles ont un périgone campanule à deux dents, avec lesquelles alternent les traces des étamines stériles. L'ovaire est comprimé, tétragone, obtus, uniloculaire, donnant à la maturité un fruit monosperme, entouré par le périgone persistant.

L'espèce la plus connue de ce genre est le Cecropiapeltata L. nommé Guarumo ou Couqiielin bois trompette, quelquefois aussi Bois canon. Pison et Marcgraff l'ont indiqué sous le nom de Ambaiba et Jacquin l'a figuré dans ses Plantes américaines. C'est un arbre de moyenne grandeur, dont l'écorce rappelle celle du figuier. Le bois est poreux, tendre et facile à fendre ; le tronc est creux à l'intérieur. Les branches portent à leur extrémité un gros bourgeon rose nuancé de jaune, et sur chaque nœud des cicatrices rougeâtres marquant les points d'où se sont détachées les feuilles. Tout près de leur sommet, elles ont une dizaine de feuilles longuement pétiolées, grandes, larges de plus d'un pied, cordées à la base, presque arrondies. Les lobes qui les découpent au nombre de 7, 9 ou 13 sont ovales, presque obtus, séparés par de larges sinus. Chacun d'eux est marqué en son milieu d'une grosse nervure, et toutes ces nervures convergent vers le point d'attache du pétiole, un peu au-dessus de l'échancrure de la base. Les épis des fleurs sont d'un vert glauque et fascicules 3, 4 ou 5 ensemble.

Cette plante croît à la Jamaïque, à Saint-Domingue, dans la Guyane et probablement aussi dans d'autres parties de l'Amérique méridionale.

Les diverses parties de l'arbre donnent un suc aqueux, qui noircit à l'air et tache fortement le linge. Ce suc est cori'osif et astringent, et les nègres s'en servent comme vulnéraire. La partie interne de l'écorce et les racines ont également des propriétés astringentes. — Les amandes du fruit sont recherchées par les naturels, qui en font des émulsions. Enfin on se sert des feuilles et des bourgeons en décoction contre la diarrhée des bestiaux. Quant au bois, à cause de sa légèreté et de sa porosité, on l'emploie en guise d'amadou. Les naturels l'allumaient même sans briquet en y enfonçant un morceau de bois dur et pointu et le faisant tourner très -rapidement.

Marcgkaff. Brasil, liv. IH, ch. i. — Pison. Brasil, IV, ch. xxii. — Jacquin. Plantœ Americanœ pict. tab. 26'2, fig. 66 et Select. Stirpium American. Histor., éd. l'/88, pag. 335. — Linné. Syst., 735. — LcEfFLiNG. Itiner., 272. — Enducher. Gêner. Planl. n" 1865. — Descour- TiLz. Flore médicale des Anlilles, II, pag. 34, tab. 75. — Lamarck, lllxistrations des Genres, PI. 800. Pi.

CÉDBAI'IER. Plante de la famille des Hespéridées, dont certains botanistes font une espèce distincte, mais que la plupart regardent comme une variété du Citronnier. \Voy. Citronnier.) Pl.

CÈDRE. On a désigné sous ce nom un grand nombre d'arbres appartenant à des familles différentes. Tous ont tiré leur nom de l'espèce connue sous le nom de Cèdre du Liban et qui est le type du genre Cedrus de la famille des Conifères.

Les espèces de ce genre ont été rangées successivement dans le genre Piniis par Linnée, Larix par Miller, Abies par Lamark. Eniin Roxburgh en a fait un genre spécial sous le nom de Cedrus. Tous les botanistes sont loin d'admettre ce genre comme parlaitement distinct ; un certain nombre réunissent encore, comme Linnée, sous le nom dePinus, les Pins proprement dits, les Sapins, les Mélèzes et les Cèdres. Quoi qu'il en soit de la valeur donnée à ce groupe des Cèdres, on le recon-

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naît parmi les autres Abiétinées aux caractères suivants. Les jeunes feuilles sont fiiscicuiées sur les vieux rameaux comme les feuilles des Mélèzes. Les cônes sont formées d'écaillés coriaces, imbriquées, serrées les unes contre les autres, larges et minces sur les bords.

Deux espèces intéressantes, toutes deux cultivées dans nos jardins, appartiennent au genre Cèdre : le Cèdre du Liban et le Deodora.

La première, Ceirws Lièam Loud. {Pinus Cedrus L., Abies Cedrus Lam.) est un grand arbre, au port m;ijestueiix, qui ibrme une vaste pyramide de verdure. Le tronc peut acquérir des dimensions très-considéiables. Les branches qui s'en détachent sont elles-mêmes très-développées ; les inférieures surtout s'étendent horizontalement et forment, tout autour du tronc, une voûte surbaissée extrêmement touftue. Ces branches se redressent à mesure qu'elles se détachent d'un point du Ironc plus élevé. Elles portent des rameaux déplojés en éventail et recouverts de feuilles fines, triangulaires , glabres, d'un vert foncé. Ces feuilles restent deux ans sur l'arbre. Elles sont solitaires et éparses sur les rameaux de l'année; mais sur les parties plus anciennes, il se développe des bourgeons dont les feuilles sont extrêmement rapprochées et fasciculées avant que le rameau nese soit allongé. De nombreuses fleurs en gros châLons, les uns mâles, les autres femelles, sont dispersées sur les rameaux. Les fleurs i'emclles donnent naissance à des cônes dressés, très-gros, ovales arrondis, obtus à leur sommet, veloutés et roussàtres. On connaît deux variétés de cette espèce : l'une est le Cèdre du Liban proprement dit et habite la Syrie ; l'autre, Cedrus Atlantica de quelques auteurs, se trouve dans le Taurus et dans les montagnes de l'Atlas en Afrique.

On sait que le Cèdre du Liban est souvent cité dans les Livres sacrés comme donnant un bois précieux, qui a servi à la construction du temple de Jérusalem. Ce bois est léger, d'un blanc roussâtre, veiné comme celui du Pin sauvage. Il paraît avoir en réalité bien moins de qualités qu'on ne lui en attribuait autrefois. On le disait incorruptible, et cependant il est plus tendre et moins solide que le pin, le mélèze, le cyprès et le genévrier, et il est bien possible que ce soit à ces dernières espèces qu'on doive appliquer les propriétés attribuées au Cèdre du Liban.

Le Cèdre laisse découler, comme la plupart des arbres de sa famil'e, un produit résineux, qui paraît avoir été utilisé autrefois. Sous le nom de Cedria, on désignait des produits divers ayant cet arbre pour origine. Les uns étaient une sorte de térébenthine, d'autres une espèce de poix obtenue en brûlant le bois de cèdre. Ce nom de Cedria s'étendait même à des produits de Conilères autres que ceux du genre Cedrus ; à des Genévriers entre autres. Les anciens auteurs disent qu'ils servaient à l'embaumement des corps. En outre, ils formaient la base d'un certain nombre de médicaments soit vulnéraires, soit employés contre la toux, les douleurs décote, les coliques, les maux de nerf, etc., etc. Tous ces remèdes sont depuis longtemps inusités et, aujourd'hui, les produits, du Cèdre cèdent de beaucoup le pas à ceux de nos Pins, de nos Sapins et de nos Mélèzes.

La seconde espèce de Cèdre, le Deodara, Cedrus Deodara {Pinus Deodara L.), estégalement un très-bel arbre. Il croît plus vite que le Cèdre du Liban. Sans avoir un aspect aussi majestueux, il peut atteindre cependant une taille remarquable; le tronc a parfois une trentaine de pieds de circonférence. Il est originaire de l'Himalaya et croît sur les vieilles moraines du Thibet et du Népaul. C'est un arbre sacré pour les Hindous. Son bois est très-estimé et fort employé dans les constructions des maisons de l'Himalaya. Ce bois est imprégnéd'une résine très-fluide qui est usitée dans les Indes en applications stimulantes sur les ulcères indolents.

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Les feuilles et les jeunes rameaux, du Deodara sont aussi utilisés dans la médecine des indigènes comme vulnéraires et diuréti(jues.

Les autres arbres auxquels on a appliqué le nom de Cèdre appartiennent les uns à la même famille. Ce sont : le Juniperus Virgianiana L. ou Cèdre de Virginie ; Juniperus thurifera L. ou cèdre d'Espagne {voy. pour ces espèces : Genévrier).

Les autres appartiennent à des faniilles toutes dilïérentes. Les principaux sont

Vlcica altissima d'Âublet ou Cèdre banc {voy. Iciquier).

Le Swietenia Mahagonl, L. Acajou o\i Cèdre des Antilles {voy. Swietenia).

Le Cedrela odorata L. ou Cèdre acajou {voy. Cédrel).

Bauuin (Jean). Hintoria Plant., édit. 1630, I, liv. IX, p. 275. — LmNÉ. Sijst. Plant., IV, p. 174, n° 6. — Miller. Dicllonn., n" 3. — Lamarck. Dictionii. de l'Encyclopédie, I, 510. — KoxBUfiGH. Flora Coromand. — Royle. Illustrations of the Himalmjan Mountains, 552;

Pl.

CÉDREL. Cedrela L. Genre de la famille des Méliacées et de la tribu des Cédrélées. Les plantes de ce groupe sont des arbres élevés, dont le bois est d'ordinaire coloré. Les feuilles sont alternes, composées de folioles entières disposées d'après le type imparipinné. Les fleurs, en général petites, sont disposées en panicules axillaires. Elles se composent d'un calice court, à cinq dents, rarement fendu. Les pétales sont au nombre de cinq, dressés, souvent rappi'ochés à leur base, en forme de tube court, réunis par l'intermédiaire d'une sorte de carène interne à un réceptacle stipiforme, épais, élevé, obtus et anguleux. Les étamines, d'ordinaire au nombre de cinq, sont libres, insérées sur le sommet du disque et portent des antlièies largement oblongues. L'ovaire sessile sur le sommet du disque est ovoïde,, à cinq loges, et supporte un style large et court, terminé, par un stigmate discoïdal. Chaque loge contient de six à douze ovules pendants, imbriqués sur deux rangées. Le fruit est une capsule coriace ou membraneuse, à cinq loges, s'ouvrant en cinq valves, qui se détachent de haut en bas en laissant en place les cloisons. Les graines sont pendantes, comprimées, imbriquées dans les loges du fruit. Elles se prolongent en une aile membraneuse et contiennent, avec un albumen peu abondant, un embryon à cotylédons planes, subloliacés et à radicule supère.

Les plantes de ce genre sont, les unes américaines et caractérisées par un disque eu forme de colonne et par leur semence ailée vers la base, à ombilic terminal. Elles forment dans le genre la section Cedrus et fournissent à la matière médicale le Cedrela odorata. Les autres sont asiatiques ; leur réceptacle est épais et lobé ; les graines sont ailées de chaque côté et l'ombilic est placé à la base de l'aile supérieure. C'est îa section Toona, à laquelle appartiennent le Cedrela Toona Roxb. et le Cedrela febrifuga Blume.

Le Cedrel odorant {Cedrela odorata L.) est un très-bel arbre des Antilles, dont le tronc est droit et fort élevé. Ses feuilles sont longues de plus d'un pied et composées de deux rangées de folioles ovales lancéolées, acuminées, entières et glabre.^.. Les fleurs, disposées en panicules rameuses, sont petites et d'un blanc jaunâtre. Le fruit est ovale, ligneux. Cette plante croît aux Antilles.

Le Cedrela odorata porte le nom à' Acajou femelle ou d'Acajou à planches. Il ne faut pas le confondre, comme l'ont fait plusieurs auteurs de matière médicale, Virey, Mérat, Descourtilz, avec le Cad-Cedra qui appartient à la même famille, mais à un genre différent (/C/ia?/a), et qui croît dans les parties occidentales de l'Afrique.

L'écorcedu Cédrel odorant a une odeur fétide très-prononcée. Le bois est léger, poreux, de couleur rougeàtre. Il est amer et prend, lorsqu'il est sec, une odeur

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aromatique agréable. Les insectes ne l'attaquent pas ; aussi l'emploie-t-on pour les constructions et l'ébénisterie. On en fait aussi des caisses légères pour le sucre et des boiles pour les cigares. D'après Descourlilz, les fleurs passent dans leur pays d'origine pour antispasmodiques et sont prescrites en infusions théiformes.

Le Cedrela Toona de Roxburgh est un bel arbre commun au Bengale, à tronc droit, recouvert d'une écorce grise et lisse, et divisé en nombreuses branches formant une vaste couronne de feuillage. Les feuilles sont longues de H à 18 pouces, à folioles ovales lancéolées, acuminées, dentées en scie, d'un vert pâle et glauque à la face inférieure. Les fleurs sont nombreuses, petites, blanches et ont l'odeur du miel. L'écorce est très-astringente et, quoiqu'elle ne soit point amère, on l'emploie comme un succédané du quinquina. Il est vrai qu'on l'associe d'ordinaire à la poudre des semences du Giiillandina Bonducella qui ont une amertume considéiable.

A côté du Cedrela Toona, il faut placer, comme espèce très-voisine et confondue même avec elle par plusieurs auteurs, le Cedrela fehrifuga Blume, plante de Java. C'est un arbre qui peut atteindre une taille élevée, dont les feuilles sont composées de folioles ovales-oblongues, acuminées, obliques à leur base, entières sur leur bord, de même couleur sur les deux faces. Il porte à Java le nom de Suren. On l'a aussi appelé Quinquina des Indes orientales, à cause des propriétés fébriluges que l'on attribue à son écorce. Les échantillons de cette écorce sont en morceaux roulés, rugueux, d'un brun rouge, astiigents et amers. Elle contient, entre autres substances, une matière résineuse, astringente, et une soi te de gomme brune également astringente. Blume la vante beaucoup et dit l'avoir employée avec succès dans les fièvres rémittentes et même pernicieuses, et à titre de tonique dans les fièvres continues.

Loureiro, dans sa Flore de Cochinchine, a rapporté au genre Cédrel, sous le nom de C. Rosmarinus, une plante qui n'appartient point à ce groupe et que Blume a reconnu devoir être rangée dans les Myrtacées, section des Leptospermées. C'est le Bœkea Cochinchinensis. Cette plan'.e, originaire de Cochinchine et de quelques parties de la Chine, est un arbrisseau de 4 pieds, à. rameaux ascendants, portant des feuilles opposées, linéaires, glabres, rappelant les feuilles de romarin, mais plus petites et plus odorantes. Les fleurs ont un calice, dont le tube, subcampanulé, porte cinq dents caduques ; une corolle de cinq pétales blancs ; cinq étamines, un ovaire semi-infère, auquel succède une capsule, triloculaire, polysperme, déhiscente au sommet. La plante donne une eau distillée, que Loureiro dit aussi odorante et aussi efficace que l'eau de la Reine de Hongrie ou l'esprit de lavande. L'huile essentielle qu'on en retire est fluide, jaunâtre et d'une odeur fragrante. On emploie ces divers produits, feuilles, fleurs, essence, comme céphaliques, nervins et diurétiques.

Lamarck. Illustrât, des genres, pi. 137. — Adrien de Jussieu. Méliacées. In Mémoires du Muséum, XIX, 254. — Descourtilz. Floi-e des Antilles, VI, 120, pi. 411. — De Candolle. Prodromus, I, 6'i4. — Endlicher. Gênera, W 5556. — Bentham et Hooker. Gênera, I, 538. — Roxburgh. Flora Indien, 425. — Blume. Bijdragen., 180. — Guibourt. Drogues simples, G" édit., III, 589. — Loureiro. Flora Cochinchin., 161. Pi.

CÉDRÈXE. Partie liquide de l'essence de cèdre. Le cédrène bout à 257o, Sa formule est, suivant Gerhardt, C'^H^*.

CEDRIA. Voy. Cèdre.

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