‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales volume 13Chapitre 54 sur 64 · CÉDRON · texte numérisé non relu

CÉDRON

CÉDRIIVE. Substance cristallisable retirée des fruits du Cimaba Sedron

(Lévy).

CÊDBOM. § I. Botanique. La lioix de Cédron, comme on l'appelle vulgairement, est l'embryon d'niie plante de la Colombie, qui a été désignée jusqu'ici sous le nom de Simaba Cedron (Pl, , in Hook. Lond. Journ., Y, 566). Le plus souvent, l'embryon n'est pas entier ; mais les personnes qui se croient exposées à l'employer comme remède, ne portent sur elles, dans le pays natal, qu'un des cotylédons, entier ou percé d'un trou dans lequel est passé un cordon ou un ruban. Ces cotylédons sont aussi expédiés le plus souvent isolés en Europe. Ils ont une forme ellipsoïde-allongée, sont plans-convexes, épais, d'autant plus durs qu'ils sont plus anciennement desséchés, d'un jaune brunâtre à la surface, beaucoup plus pâles ou presque blancs ù l'intérieur. Leurs dimensions moyennes sont : longueur, 4 { centimètres ; largeur, 2 -1 centimètres; épaisseur, 1 \ centimètres. A l'une des extrémités de leur face interne ou plane se voit une petite cicatrice irrégulièrement trapézoïdale, qui répond à la place qu'occupaient la tigelle et la radicule ; au-dessous de cette surface se voient deux auricules, peu prononcées formées par les bases des bords du cotylédon. Pour nous qui pensons que le genre Simaba ne doit pas être conservé comme distinct, mais doit simplement constituer une section du genre Quassia, nous proposons de désigner l'arbre à la noix de Cédron sous le nom de Q. Cedron. C'est un bel arbre, ordinairement non ramifié et dont le tronc dressé se couronne d'un large bouquet de feuilles composées-pennées. La hauteur totale de l'arbre est de 6 à 10 mètres, et sa grosseur de 2 à 3 décimètres. Les feuilles ont une vingtaine ou même un nombre plus considérable de foholes. Celles-ci sont étroitement elliptiques, un peu allongées et insymétriques, à sommet légèrement apiculé-glanduleux, glabres ou à peu près, d'un vert pâle ou sublivide en dessus, phis j)âles dessous. Les inflorescences sont allongées, formées, comme dans la plupart des Simaba de grappes lâches et ramifiées de cymes, plus courtes que les feuilles, étalées. Les fleurs sont allongées, blanchâtres, couvertes en dehors de poils brunâtres, plus ou moins abondants. Elles ont cinq parties aux verticilles de périanthe, dix étamines, dont les filets sont garnis en dedans d'une écaille basilaire, et dont les anthères sont biloculaires et introrses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. Leur réceptacle s'allonge, dans l'intervalle du gynécée et de l'androcée, en une sorte de colonne cannelée sur les cinq acettes de laquelle se moulent, pour ainsi dire, cinq des écailles qui accompagnent intérieurement les filets. Le gynécée, porté sur le sommet du réceptacle, lequel figure une sorte de plate-forme, est formé de cinq ovaires uniloculaires, libres, oppositipétales, dans l'angle interne desquels il y a un ovule presque basilaire, ascendant, à micropyle extérieur et inférieur. Chaque ovaire est surmonté d'un style qui s'unit aux quatre styles voisins pour former une colonne commune à sommet stigmatifère.

Le fruit du Cédron est formé d'un nombre variable de drupes réunies sur un réceptacle commun de forme un peu renflée. Le plus souvent, dit-on, une seule de ces drupes est arrivée à son entier développement. Elle .i une forme de poire insymétrique, à sommet souvent obtus et arrondi, plus rarement légèrement atténué en pointe courte, tandis que sa base est assez régulièrement obconique. La face dorsale de la drupe est plus arrondie et convexe que la face centrale, vers le haut de laquelle on trouve, sur la ligne médiane, une petite cicatrice qui répond au point d'insertion du style. Les dimensions moyennes de la drupe sont : Ion-

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gueiu', 7 centimètres ; largeur, 5 centimètres; épaisseur, 4 centimètres. La cicacatrice assez large de la base répond à l'insertion de la drupe siu- le réceptacle. L'épaisseur du péricarpe est assez considérable. Dans les fruits desséchés qui nous "viennent en Europe, elle est encore de 1 centimètre environ. En dehors se trouve un épiderme (épicarpe) mince, glabre, qu'on dit de couleur jaunâtre à l'étal fiais, et qui est brun à l'état sec. Plus intérieurement se trouve un mésocarpe dont la consistance ne nous est pas connue à l'état frais, mais qui est mince, piobablemenl peu charnu et qui, à l'état sec, n'a guère que 1 millimètre d'épaisseur, est de couleur brune et ressemble un peu à une lame de cuir. L'cndocar|)e ou noyau est bien plus épais que le mésocarpe ; il a environ 6 millimètres d'épaisseur ; il est blanchâtre, d'une structure fibreuse et comme feutrée, et sa consistance est celle d'un bois peu résistant. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'e>t que cette couche est doublée intérieurement d'une autre lame, phis mince, plus sèche, brunâtre, glalire, qu'on prendrait au premier abord pour le véritable endocarpe ; de sorte qu'en somme le péricarpe de ce Irnit est réelltmeiit i'ormé de quatre couches distinctes superposées. La graine remplissait sans doute à peu près, à l'état frais, la cavité du péricarpe; il n'en est plus de même dans le fruit desséché. La semence, attachée par la portion supérieure de sa face ventrale , présente là un large liile sessile. Les téguments sont minces, fragiles, glabres, bmnàtres, décomposcibles seulement en deux lames très-minces. Ils se brisent facilement et laissent échapper les deux cotylédons que ne retient que faiblement l'un à l'autre la portion centrale de l'embryon. Celle-ci est cuboïde, ou elle a la forme d'un petit tronc de pyramide dont la plus grande base répond à la gemmule. Cette dernière est surbaissée ( t ses feuilles sont à peine distinctes. Le sommet tronqué de la radicule ne dépasse pas la surface des cotylédons et ne fait aucune saillie sur le reste de l'embryon. Toutes les parties du fruit et de la graine, comme celles de l'arbre tout entier, sont d'une grande amertume. Le Gédron est un arbre du littoial de l'Amérique tropicale. Nous en avons vu des exemplaires provenant de Costa-Rica, des bords de Rio Magdalena, dans la Nouvelle-Grenade, du Venezuela et du Brésil.

H. Rn.

DC., Prodr., I, 733. — Besth. et Hoor., Gen., 1, 308. n. 2 [Simaba]. — Guic, Drog. simpl., éd. 6, III, 5Gi. — Saffray, in Tou)' du inonde, XXIV, 10. — H. Bâillon, Hist. des plantes, ly [Rutacées]. H, Bn.

§ IL Emploi noédical. La noix de cédron a , dans les pays d'origine, une grande réputation comme remède aux maladies d'estomac, aux fièvres uitermittentes, aux morsures de serpent. Elle passe aussi, nous a dit un ancien consul de France à Lima, pour un spécifique contre la rage. La seule notion scientifique que nous sachions sur les vertus médicinales du cédron est due à Rayer, qui en a vérifié expérimentalement les vertus fébrifuges. La grande amertume de cette graine permet de croiie, en effet, qu'elle puisse être de quelque efficacité contre les fièvres intermittentes, contre certaines formes de dyspepsie et d'autres états morbides de caractère asihénique; mais on peut douter qu'elle ait jamais guéri la rage.

Le cédron ne doit pas être employé à une dose qui dépasse 75 centigrammes à 1 gramme par jour; à une dose plus élevée il détermine des douleurs gastriques, des nausées, des vomissements même et de la diarrhée. C'est, en un mot, une substance irritante qui paraît devoir ses propriétés à la cédrine.

CEIBA, synonyme de Bombax {voy. Fromager).

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