CEINTURE
CETOTllRE. Le mot cehsture a eu des siguificatioiis difierentes : on a désigné sous ce nom la p.irtie du corps située entre les côtes et les crêtes iliaques, désignation encore usitée quelquefois. L'herpès zona fut jadis appelé ceinture dartreuse à cause de sa forme ; on dénomma ceinture de Hilden (zonula Hddani) un appareil en cuir imaginé par Fabrice de Hilden pour être appliqué sur les membres luxés afin d'exercei' l'extension, etc. ; mais le mot ceintme doit s'enlendre exclusivement d'un objet ayant une largeur et une forme variables, destiné à entourer le tronc au niveau de la paroi abdominale, et construit de substances difierentes : coton, laine, soie, cuir, caoïîtciiouc.
La ceinture trouve son emploi dans trois circonstances spéciales ; elle peut faire partie du vêtement, jouer un rôle physiologique ou bien un rôle pathologique, dernier point de vue, auquel nous devons surtout l'envisager.
Partie intégrante de l'habillement des anciens revêtus delà toge, la ceinture est plutôt aujourd'hui un objet de luxe, qu'il ne nous appartient pas d'étudier ici sous ce rapport.
La ceinture a de tout temps été employée dans un but physiologique, car elle vient en aide à la paroi abdominale. Avec ses fibres musculaires, verticales, transversales et obliques en sens divers, le tout compris entre des lames fibreuses résistantes, la paroi de l'abdomen n'est autre chose, en effet, qu'une ceinture élastique, contractile, destinée à préserver et aussi à contenir les viscères renfermés dans sa cavité. Lors de la course, du saut, de l'effort, la paroi soutient utilement les organes pressée par le diaphragme; lorsqu'elle n'a plus sa résistance normale, lorsqu'elle a été distendue, affaiblie, l'homme éprouve le besoin d'y suppléer d'une façon artificielle. La ceinture vient donc s'ajouter à l'action physiologique de la paroi de l'abdomen; aussi les ouvrieis, les lutteurs, etc., ont-ils raison de s'en servir constamment ; elle facilite singulièrement les longues étapes, s'oppose aux secousses souvent violentes des viscères dans l'exercice de l'équitation.
Elle fournit, de plus, un point d'appui à la contraction des muscles des gouttières vertébrales pour l'accomplissement des violents ehorts.
Si la ceinture est utile pour s'ajouter au fonctioimement normal, régulier, de la paroi de l'abdomen, elle devient indispensable lorsque cette paroi ne suffit plus à contenir les viscères abdominaux ; elle joue alors un rôle pathologique qu'il nous fdut surtout signaler.
Les indications que remplissent les ceintures sont nombreuses. Déjà Cselius Aurelianus conseillait d'y avoir recours à la suite de la ponction des hydropiques pour faciliter le retrait de la paroi abdominale; nous employons aujourd'hui dans le même but un bandage de corps qui n'est autre qu'une véritable
ceinture.
L'emploi de la ceinture s'est considérablement accru depuis quelques années. Il a même été créé une expression nouvelle, ceinture hijpogastrique, sous laiiuelle la plupart des médecins désignent h. tort tout appareil destiné à soutenir la paroi abdominale antérieure. Ces appareils ont généralement comme base de construction le coutil, le tissu de caoutchouc, le cuir, et les pelotes en acier convenablement recouvertes.
La ceinture est destinée, soit à venir en aide à la paroi abdominale, saine d'ailleurs, mais impuissante à contenir des viscères déplacés ou hypertrophiés, soit à doubler la paroi, dont la tonicité et l'élasticité ont été plus ou moins détruites par une trop forte distension. Elle peut encore jouer un rôle secondaire, quoiciue fort utile, c'est-à-dire permettre de prendre un point d'appui pour appliquer des appa-