CEINTURE
reils contre les chutes de l'utérus, du rectum, etc. La ceinture de chasteté peut être rangée dans cette catégorie.
Nous énumérerons successivement les principales espèces de ceintures employées de nos jours, en signnlant leur usage.
Ceinture hypogastrique. La véritable ceinture hypogastrique consiste en une sorte de pelote triangulaire, à base supérieure, à sommet inférieur. Aux deux angles latéraux de cette pelote sont fixées les courroies qui se bouclent en arrière.
Le caractère de cette pelote est d'être mobile, de presser d'avant en arrière, sur la région hypogastrique, par un mouvement de bascule qui se fait de haut en bas ou de bas en haut, à l'aide d'un mécanisme fort simple. On conçoit que cet appareil exerce une pression considérable sur l'hypogastre et convienne surtout dans le cas d'hypertrophie utérine, de corps fibreux, d'antéversion, etc.
A la pression directe d'avant en arrière, M. Colin a eu l'ingénieuse idée d'ajouter la pression latérale pour certaines déviations utérines. Cette pression latérale s'obtient par le dédoublement de la paroi postérieure de la pelote.
Nous devons rapprocher de la ceinture hypogastrique ces énormes plaques concaves destinées à contenir les éventrations.
2" La ceinture dite ventrière. Elle est construite en coutil, ou en tissu de caoutchouc, et porte alors le nom de ceinture élastique. Des baleines, situées au centre et en arrière, en maintiennent la forme. Cette ceinture est surtout destinée aux ventres gros et douloureux.
3° Ceinture des femmes enceintes. Elle ne diffère des ventrières ordinaires qu'en ce qu'elle se lace en avant et en ai'rière pour permettre l'ampliation du ventre.
4° Ceinture en cuir moulé pour le hassin et les symphyses. La désignation de cette ceinture indique l'usage qu'elle est destinée à remplir après l'accouchement.
5" Ceinture pour écartement de la ligne blanche. Ce sont deux bourrelets verticaux qui exercent une pression de chaque côté de la ligne médiane.
6° Ceinture abdominale en caoutchouc vulcanisé du docteur Clavel (Gazette hebdomadaire, 1865, n° 1, p. H).
Les précédentes ceintures n'ont d'autre but que de déterminer une pression plus ou moins forte sur la paroi abdominale ; elles exercent une action mécanique.
Le docteur Clavel a proposé l'emploi de ceintures en caoutchouc vulcanisé qui, suivant lui, auraient pour propriété : 1" préserver la surface du corps, sur une grande étendue, du contact de l'air; 2" développer une action électrique incontestable; 3° une action sulfureuse que l'odorat suffit pour reconnaître; 4° produire une révulsion par les sueurs et l'éruption cutanée; 5° exercer la compression.
M. Clavel dit avoir employé sa ceinture avec succès dans les gastralgies, les entéralgies, les névroses du tube intestinal. Nous pensons que les ceintures ordinaires sont de beaucoup préférables quand il ne faut que soutenir la paroi abdominale relâcbée ou distendue par les organes hypertrophiés ou déviés, le contact du caoutchouc vulcanisé sur la peau, longtemps prolongé, étant presque toujours intolérable.
7° Ceinture de chasteté. Cette ceinture est destinée à combattre l'onanisme chez les garçons et chez les filles. Les organes génitaux externes sont emprisonnés dans une cuirasse métallique dorée à l'inlérieur et percée de trous pour laisser passer l'urine.
Il existe encore d'autres ceintures : la ceinture dite d'épaules, la ceinture ortho= pédique^ dont la description se trouve à ce mot. Tillaux.
CEI1\ITURES ORfnoPÉDlQiJES. Une ceinture, de largeur variable, de matière diverse, entre dans la composition d'un assez grand nombre d'appareils orthopédiques destinés à agir sur les membres inférieurs, la tète ou le cou. La description de cette pièce ne peut évidemment être séparée de celle des appareils, bandages ou machines, dont elle fait partie. Mais on a réservé le nom de ceinture orthopédique pour un genre d'appareil essentiellement constitué par une ceinture agissant au moyen de quelques pièces qui lui sont annexées, sur l'ensemble du tronc et, par conséquent, sur la colonne vertébrale, siège des mouvements de cette partie centrale du corps. Ces appareils diffèrent des corsets orthopédiques en ce que ceux-ci embrassent presque tout le tronc, tandis que les ceintures ne l'entourent que dans une beaucoup moindre étendue {voy. l'art. Corsetsj.
On peut distinguer quatre sortes de ceintures orthopédiques: l°les ceintures de sui..port ou de soutien ; 2° les ceintures à extension -, 3° les ceintures à pression latérale; 4° les ceintures à inclinaison.
La croix dite de Heister, mais connue avant lui, paraît être le point de départ de ce genre d'inventions. La longue branche de cette croix s'appliquait le long de la colonne vertébrale ; elle était fixée au tronc par ime bande d'étoffe en forme de ceinture et par des rubans ftusant le tour des épaules, et s'attacliant aux deux extrémités de la branche transversale. Un collier, destiné à la région cervicale, surmontait cette croix.
Plus tard, il y a juste un siècle, Portai décrivit, dans les Mémoires de V Académie des sciences pour 1772, une ceinture munie de deux supports latéraux, terminés par des croissants qui embrassaient les hanches, d'une part, et de l'autre le dessous des aisselles. Une crémaillère permettait de hausser à volonté chacun de ces supports.
Les ceintures orthopédiques se sont singulièrement multipliées depuis cette époque; on en trouve des descriptions dans un grand nombre d'écrits publiés en France ou à l'étranger, dont les principaux sont mentionnés à la fin de cet article.
Nous omettons à dessein dans cette liste les travaux de Levacher, Venel, Sheldrake, et autres, dont les appareils ne rentrent pas dans le sujet de cet article et se rapportent plutôt au genre d'appareils conrms sous le nom de Minerves.
Jusqu'en 1855, on n'eût généralement pour but, dans l'emploi des ceintures orthopédiques, que la sustentation ou le soulèvement de la partie supérieure du tronc, la compression de ses parties saillantes et le redressement de la colonne vertébrale, qu'on supposait devoir résulter de ces effets mécaniques ; de là, les trois premiers ordres de ceintures que nous avons établis plus haut. Si quelques appareils antérieurs à celte date, comme une ceinture figurée dans l'atlas de Delpech, tendaient à porter le corps de côté, à l'incliner latéralement, leurs auteurs ne paraissent les avoir i^ecommandés que pour des cas particuliers, en quelque sorte exceptionnels. Le principe de l'inclinaison n'était appliqué, d'une manière générale, que dans l'usage de certains lits orthopédiques et dans quelques exercices de gymnastique spéciale.
En 1835, M. Hossard présenta la méthode à'inôlirtaison comme une panacée pour toutes les divisions latérales de l'épine chez les jeunes sujets, et proposa pour réaliser celte méthode, une ceinture de son invention, dite ceinture à inclinaison ou ceinture à levier.
Cet appareil était assez simple. Un fort cuir étant assujetti autour des hanches et retenu, en outre, par un sous-cuisse, on adaptait à sa partie postérieure une tige plus ou moins inclinée, suivant l'indication. Cette tige, le levier, recevait, au
moyen de boutons que portait son extrémité supérieure, les chefs d'une large bande de peau contournée en spn aie, sur un côté du tronc, et dont les chefs opposés se fixaient à des boucles cousues sur le devant de la ceinture. On ajoutait quelquefois un support sous l'aisselle du côlé opposé à celui qu'enlourait la bande de peau. Quoique cet appareil ait élé loin de répondre aux espérances de son inventeur, la faveur dont il a joui un moment, son utilité dans certains cas, lui ont acquis de nombreux imitateurs ; ce qui a produit les ceintures de noire quatrième ordre, les ceintures à inclinaison.
Nous allons examiner, d'une manière générale, la disposition des ceintures orlhopédiques ; nous décrirons ensuite, en particulier, quelques-unes des ceintures les plus usitées; nous terminerons par une courte appréciation du mode d'action de ces appareils.
I. Des ceintures orthopédiques en général. On peut considérer dans ces appareils : 1" la ceinture proprement dite ; 2" les supports ; 5" les pièces annexées aux supports.
A. Ceinture proprement dite. La ceinture qui porte le reste de l'appareil est tantôt en cuir simple ou renforcé de bandes d'acier minces, tantôt en acier tremp6, souple et élastique, plus rarement en coutil, lacée, ou bien mélalhque dans une partie de sa circonférence, et formée d'une simple peau dans le reste. Les ceintures mettalliques doivent être beaucoup plus élroiles que les autres et plus mollement rembourrées. On leur donne le moins de poids possible et seulement l'épaisseur nécessaire pour ne pas se briser ou se tordre trop aisément. Il en est qui se composent de plusieurs pièces destinées, soit à glisser les unes sur les autres, pour élargir le cercle, soit à faciliter son application en formant une articulation entre elles ; ces ceintures s'ouvrent ordinairement par devant ; il n'y a guère que les ceintures lacées, en cuir ou en toile, qui s'ouvrent par derrière. On les ferme habituellement avec des courroies bouclées; les extrémités des ceintures métalliques doivent être réunies par un mode de fermeture qui les empêche de chevaucher l'une sur l'autre. Ces ceintures se placent autour du bassin et de la partie inférieure de l'abdomen. Les ceintures de soutien et d'extension, ayant à supporter plusd'eflori dans le sens vertical, s'appliquent un peu plus haut que les autres et s'appuient en partie sur les crêtes iliaques, qui les empêchent de descendre trop bas. Afin de rendre cet obstacle plus efficace, onles taillede manière, qu'étant appliquées, elles représentent uiie sorte de cône tronqué, plus évasé par en bas, plus étroit par en haut : c'est ce qu'on appelle ceintures en cloche. Les ceintures métalliques en forme de cercle étroit, qui se prêtent moins à cette disposition, sont retenues au besoin par des espèces de coques, de goussets en peau, qui embrassent la partie la plus élevée des hanches.
Les ceintures à pression latérale unique et à inclinaison sont soumises à un autre genre d'effort qui tend à les faire basculer latéralement, à les abaisser sur une hanche en les relevant du côté opposé. Pour lutter contre cette cause de déplacement, on les applique plus bas que les crêtes iliaques, on ne donne pas ou presque pas d'évasement à leur circonférence inférieure, et on les serre, s'il se peut, un peu plus que celles dont nous venons de parler. On ajoute souvent, dans ce cas, un sous-cuisse du côté ou la ceinture est incessamment attirée vers le haut.
Dans les flexions antériLures du tronc, la ceinture est exposée à un autre genre de déplacement: c'est un mouvement de bascule dans le sens antéro-postérieur, qui la relève en arrière en l'abaissant par devant. On combat cette tendance à l'aide des supports, placés plus en avant et arc-boutés au-devant des aisselles. On retient
la ceinture en arrière par des sous-cuisses ou mieux avec des cuissarts portant des courroies qui s'attachent à sa partie postérieure. De pareilles courroies, partant de la partie antérieure des cuissarts, peuvent s'opposer au renversement de la ceinture en sens contraire, dans les flexions postérieures de la lordose.
La pression circulaire, exercée par ces ceintures, quelles qu'elles soient, réclame une attention particulière. Pour que cette pression soit égale, il faut les mouler, en quelque sorte, sur la circonférence du bassin. Il est essentiel d'adoucir la pression, surtout chez les sujets maigres, vis-à-vis des saillies osseuses, telles que les épines iliaques, oii les tégumens seraient facilement excoriés. Il faut aussi éviter de trop comprimer l'abdomen. Une disposition avantageuse des ceintures métalliques, à ce point de vue, est celle qui leur fait décrire, non une courbe réguhere, mais plusieurs courbes en rapport avec la configuration des parties, de façon à soustraire l'abdomen à toute pression nuisible à l'aide d'une plus forte courbure de la bande métallique au-devant de cette région.
B. Supports. Fixés à la ceinture, tantôt de manière à faire corps avec elle, tantôt de façon à se mouvoir sur elle dans un sens ou dans un autre, les supports Bu,.t des pièces ordinairement métalliques, rigides ou peu élastiques, qui doivent unir la légèreté à la solidité. Ils sont placés le long du tronc, sur ses parties latérales ou sur sa ligne médiane postérieure, ou bien dans des points plus ou moins éloignés de cette ligne. Bonnet {Maladie des artic, t. Il, p. 527) en a fait mettre à une époque, dans le mal de Pott, sur les côtés de la région antérieure ; il paraît ■y avoir ensuite renoncé. Quelques ceintures à inclinaison portent, en avant, un ou deux supports bas, qui répondent à la région abdominale. On comprend que la nécessité de ménager l'abdomen, la présence des seins dans le sexe féminin, aient écarté la pensée de donner aux supports une position analogue à celles des buses de corsets, le long de la partie antérieure du tronc ; ce qui, dans certains cas, pourrait être avantageux au point de vue purement mécanique.
Il n'y a souvent qu'un seul support postérieur, alors médian : tel est le levier des ceintures à inchnaison. Telle est encore la plaque mince, étroite dans le bas, plus large à la hauteur des épaules, quelquefois percée au milieu ou complétée dans ce point par du cuir, que l'on trouve dans les ceintures de Delacroix, de Ferd. Martin et de beaucoup d'autres. Il peut y avoir deux supports placés à droite et à gauche des apophyses épineuses et reliés entre eux comme les barreaux d'une grille. Il est rare qu'on en mette davantage à la région postérieure. Les régions latérales n'en présentent quelquefois qu'un seul, soit à droite, soit à gauche; le plus ordinairement", les deux côtés en sont pourvus. Quelques appareils ont tout à la fois des supports postérieurs et des supports latéraux.
A l'exception de la plaque médiane indiquée plus haut, tous ces supports ont la forme de tiges étroites, oblongues, plus ou moins aplaties, droites ou légèrement recourbées, parallèles à l'axe du tronc ou un peu inclinées sur cet axe. Les supports latéraux sont généralement surmontés de croissants qui embrassent le dessous des aisselles, comme le feraient de petites béquilles. Ils font, en effet, l'office de ces dernières et, au moyen du point d'appui que la ceinture leur fournit, soutiennent ou soulèvent les membres supérieurs, et, avec eux, la partie supérieure du tronc; ce qui leur a fait donner le nom de tuteurs. Dans les ceintures de sustentation à supports postérieurs, ceux-ci l'emplissent le même usage à l'aide de croissants, le plus souvent articulés, mais fixes dans le sens vertical, qu'ils portent des deux côtés à leur partie supérieure. Quelques-unes de ces ceintures de soutien à tuteurs postérieurs, comme celle de Taylor, qui sera décrite
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plus loin, ne portent pas de semblables croissants ; les épaules sont entourées de simples courroies sous-axillaires, servant moins à les supporter qu'à les attirer en arrière, et à fixer les tuteurs le long du rachis. Ces derniers agissent alors moins directement de bas en haut, et plutôt à la manière d'une attelle qui maintient la rectitude d'un membre à l'aide des liens qui l'attachent sur lui.
Peu de supports sont formés d'une seule pièce dans toute leur longueur. La plupart se composent de deux pièces, disposées de manière qu'on puisse, à volonté, allonger ou raccourcir les deux tuteurs ou l'un d'eux seulement, et arrêter le glissement de leurs deux parties à une hauteur déterminée. On obtient cet effet au moyen d'un engrenage qu'on met en mouvement avec une clé ou de deux vis qui se fixent sur l'une des deux pièces après avoir traversé une fente pratiquée sur l'autre. Dans certains appareils, les tuteurs dorsaux ou sous-axillaires sont brisés et articulés dans un point de leur longueur, qui se meut en pivot ou en charnière, soit dans le plan de la tige métallique, soit perpendiculairement à ce plan, et dans une étendue souvent limitée par la construction même de cette articulation. Cette mobilité a, en général, pour but de permettre aux tuteurs de suivre les mouvements du tronc dans le sens où ceux-ci ne nuisent pas à 1 action de l'appareil. C'est dans la même intention que l'on dispose quelquefois les croissants ou crosses sous-axillaires de manière à leur donner un mouvement de pivot sur le support qu'elles terminent, ou bien un mouvement alternatif d"incUnaison en avant et en arrière.
L'emploi des supports de toute espèce, tuteurs ou leviers, exige, comme celui de la ceinture proprement dite, des soins particuliers pour prévenir une lésion des parties molles, ou un trouble quelconque des actes organiques. La forme, la direction, les courbures des tiges métalliques doivent être calculées de telle sorte qu'elles ne causent pas de gène notable dans les mouvements, qu'elles n'exercent pas de pression dure sur l'abdomen, les crêtes et les épines iliaques, le sacrum, les apophyses du rachis, les côtes ou les omoplates. Ces tiges peuvent rester à nu là oii elles ne sont pas trop rapprochées de la peau ; on les garnit mollement partout où elles peuvent se trouver dans un contact intime avec les téguments. Les croissants sous-axillaires, en particulier, dont la pression sur la peau est inévitable, doivent en être séparés par une couche suffisante de laine, recouverte d'une peau douce. On croit trop souvent pouvoir se dispenser de cette précaution en se servant de croissants très-minces, moins incommodes, en effet, que ceux qui offrent une trop grande épaisseur. Mais la dureté des premiers n'en est pas moins nuisible, pour peu qu'ils doivent soulever le dessous des bras, contourner les bords de l'aisselle et appuyer fort en avant entre la poitrine et le moignon de l'épaule. Il est d'ailleurs facile de rendre leur pression plus douce sans leur donner trop de volume. On diminue encore les inconvénients de cette pression en la rendant élastique, soit par l'interposition d'un tissu de caoutchouc, tendu dans la concavité du croissant métallique, soit, comme le fait Goldschmidt, de Berlin, au moyen d'un ressort en spirale, placé à l'extrémité du tuteur et analogue à ceux qui communiquent la même propriété aux béquilles dites a pompe. Eu tout cas la construction ou l'application des tuteurs doit toujours être dirigée de manière à éviter une compression des vaisseaux et nerfs axillaires, capables d'entraver la circulation ou l'action nerveuse dans les membres supérieurs.
C. Pièces annexées aux supports. Les unes servent à assurer la position des supports, leurs rapports entre eux et avec le tronc, les autres à agir directement sui^ celui-ci d'une manière favorable au rétablissement de ses formes normales, et
au redressement des courbures vicieuses du rachis. Telles sont, parmi les premières : les épaulettes ou liens scapulaires qui, seuls ou avec les croissants axiJlaires, décrivent une circonférence plus ou moins com})lèl,e autour des épaules ; les bandes étroites d'acier ou de peau qui, dans la région dorsale, vont transversalement d'un tuteur à l'autre ; les bandes beaucoup plus larges de tissu souple, souvent élastique, également fixées aux tuteurs, qui recouvrent une partie plus ou moins étendue du thorax et de l'abdomen, et que l'on dispose quelquefois comme le devant d'un corset ordinaire.
Les pièces destinées à agir sur les parties osseuses, déviées ou déformées, sont, tantôt des bandes en peau ou en tissu peu extensible, rarement élastiques, de configuration diverse, tantôt des coussins, des pelotes plus ou moins fermes, ou des plaques métalliques minces, convenablement matelassées. Ces pièces se fixent aux différents supports, postérieurs ou latéraux, qui n'ont quelquefois d'autre usage que de leur fournir leur point d'appui.
C'est la présence ou l'absence de ces pièces qui forme le principal caractère distinctif des divers ordres de ceintures orthopédiques. Les ceintures de simple soutien, les ceintures à extension ou à soulèvement, souvent réunies sous le nom de ceintures à tuteurs^ en sont dépourvues. Elles constituent, au contraire, la partie essentielle des ceintures qui n'agissent que par la pression horizontale ou l'inclinaison latérale. Disons toutefois qu'on les rencontre dans presque tous les appareils en usage, où l'on, combine généralement les pressions latérales et la sustentation ou même le soulèvement du tronc.
Pour les courbures antéro-postérieures du rachis, on trouve une grande facilité à appliquer, au moins dans un sens, les puissances qui doivent rétablir ou conserver la direction normale de la colonne vertébrale. Toute la région médiane postérieure du tronc se prête merveilleusement à l'emploi des coussins, des pelotes, des plaques rembourrées, avec lesquels on repousse directement la partie moyenne de l'épine, si la convexité de la courbure est dirigée en arrière, ou ses deux extrémités, quand cette convexité est tournée en avant. Nous supposons le cas d'une seule courbure bien marquée ; car le pr^oblème est plus compliqué lorsqu'il en existe deux à peu près égales. A part cette dernière circonstance, on ne rencontre de difficultés sérieuses que pour élablir les pressions opposées au^. précédentes à la région antérieure, oii il faut user de grands ménagements et où il n'est pas toujours possible de faire parvenir, sans inconvénient, jusqu'aux vertèbres une action mécanique réellement efficace.
Le but est plus difficile à atteindre dans les courbures latérales, qui ne peuvent être modifiées que par des forces agissant sur les régions latérales du tronc. Là, le rachis n'est nulle part accessible à nos pressions, les côtes et la paroi molle de l'abdomen ne les lui transmettent qu'imparfaitement. Mellet avait pensé que sa plaque à charnière repoussait directement l'un des côtés des apophyses épineuses ; cela nous panùt être le produit d'une illusion.
De nombreux mécanismes ont été imaginés, pour presser sur les régions latérales du tronc, dans la construcLiou des ceintures orthopédiques. Que ce soit à l'aide d'une bande molle ou d'une plaque métallique, cette pièce est toujours placée sur la convexité latérale des côtes ou des lombes, et en quelque sorte moulée sur elle ; elle se prolonge plus ou moins au delà, et en général davantage du côté du dos. Sa direction est ordinairement transversale ; il faut en excepter la grande bande à inclinaison de Hossard et de ses imitateurs qui rentre évidemment dans celte catégorie d'agents mécaniques ; car l'effort d'inclinaison n'est qu'une près-
sion exagérée, agissant dans un seul sens. Au lieu de cela, la plupart des appareils présentent des pressions opposées, placées à des hauteurs différentes et tout à la fois antagonistes et congénères dans leur mode d'action.
La pression des bandes est facile à graduer avec les séries de trous percés dans les chefs de leurs deux extrémités. On règle de même aisément la pression des pelotes ou des plaques métalliques, unies le plus souvent aux supports par des charnières, et presque toujours mues par des vis qui les font appuyer plus ou moins contre les parties qu'elles embrassent. On peut d'ailleurs diminuer ou augmenter à volonté leur action, en relâchant ou en serrant toutes les attaches de l'appareil.
C'est surtout en variant ainsi au besoin l'effort produit, qu'on évite les inconvénients d'une compression exagérée, les excoriations de la peau, la lésion des tissus sous-cutanés, les douleurs locales, les troubles de la respiration, de l'action du cœur, des fonctions digestives, qui peuvent être l'effet de la construction ou de l'application défectueuse des agents décompression. Les plaques métalliques réclament plus de surveillance à ce point de vue; on doit préférer les bandes chez les enfants très-jeunes, et chez les sujets débiles, d'une santé délicate ou d'une excessive sensibilité. On a soin de n'en pas placer à la région antérieure du tronc, où les bandes et les croissants, prolongés dans ce sens et bien garnis, fournissent un point d'appui suffisant aux pressions postéro-latérales de l'appareil. Les bandes, au surplus, ne seraient pas moins nuisibles si l'on négligeait de surveiller leur. action. Leur constriction ne doit jamais être portée trop loin ; on doit éviter, autant qu'il se peut, qu'elle s'exerce circulairenient autour du tronc ; elle doit toujours .être faible vis-à-vis des parties peu résistantes, telle que la paroi abdominale. La compression de l'abdomen par la grande bande de la plupart des ceintures à levier n'est pas, sous ce rapport, un des moindres défauts de ce genre d'appareils à inclinaison.
II. De quelques ceintures orthopédiques en particulier. Pour compléter notre exposé sur ce point spécial de chirurgie mécanique, nous donnons ici la description particulière des appareils suivants.
A. Ceinture de Taylor pour le mal de Pott (fig. 1 et 2). Cet appareil est destiné à soutenir le rachis, et même, d'après son auteur, à corriger la courbure antéro-postérieure du mal de Pott. C'est, dit-il, un système de leviers verticaux placés sur les côtés du rachis, et dont l'aclion se combine de manière à exercer dans le voisinage de la gibbosité une pression d'arrière en avant. Il résulte de là que pendant la station debout, l'action de la pesanteur agit avec moins d'intensité sur les corps vertébraux et les ligaments inter-articulaires malades.
Cet appareil (fig. 1), se compose: 1" d'une demi-ceinture métallique complétée en avant par vme bande de peau MM ou par une pièce d'étoffe KK ; 2° de deux montants BB, B'B' soite de tuteurs postérieurs placés le long du dos à droite et à gauche des apophyses épineuses; 3° d'un tablier en étoffe KKKK qui couvre les deux tiers du busle en av.uit, et s'étend du milieu de la poitrine au pubis.
Les montants sont formés de trois pièces dont deux aux extrémités BB, BB' et une vers sa partie moyenne CGC, vis-à-vis de la lésion vertébrale. Cette pièce GG, est une plaque de tôle oblongue dont h face antérieure porte une pelote épaisse G (fig. 2) qui s'applique sur le côté de la gibbosité. La fuce postérieure est articulée avec les deux autres pièces BB', tiges plates en acier dont l'une descend jusqu'à la ceinture oîi elle est fixée (fig. 1), tandis que l'autre monte jusqu'à la hauteur des épaules. L'articulation de ces tiges se fait à l'aide d'un tourillon HH' (fig. 1 et 2),
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et n'est mobile qu'en arrière où une vis PP' (fig. 2) limite son mouvement. Deux petites bandes de tôle C, C" (fig. 1) placées en travers sur les tige** supérieures et une autre C sur les tiges intérieures, maintiennent l'écartement des moulants. Ceux-ci sont fi>;és sur le dos, d'abord, par des bretelles DD' qui entourent les épaules, et s'attaclient aux extrémités de la première et de la troisième traverse, ensuite, par le tablier KKKK, large pièce d'élol'te qui complète l'appareil en avant. Ce tablier soutient le ventre, et se boucle, en haut, aux extrémités MM de la seconde traverse; en bas, à celles de la demi-ceinture MM ; et au milieu, directement sur les montants.
La disposition des diverses pièces dont se composent ces montants, permet , suivant Taylor, d'utiliser toute l'action des muscles spinaux: en effet, dit-il, lorsque ceux-ci se contractent pour redresser le rachis, les épaules poussent d'avant en arrière l'extrémité supérieure des tiges BB, dont l'extrémité inférieure appuie alors, en sens inverse, sur la pelote où elle est fixée ; le même phénomène se produit pour les tiges intérieures, de sorte que l'appareil agirait comme deux leviers qui auraient un point d'appui commua au Voisinage de la gibbosité où ils exerceraient une pression constante d'arrière en avant, et, pendant la station debout, tendraient ainsi à redresser la colonne. Cette explication ingénieuse est une pure hypothèse, au moins dans la généralité des cas; car, les malades, au lieu de redresser le rachis, le courbent sans cesse en avant. C'est pour atténuer les conséquences fâcheuses de cette flexion antérieure que la ceinture Taylor nous paraît surtout utile. Nous admettons avec lui que ce mouvement, au lieu de se faire sentir sur les vertèbres et sur les ligaments inter-articulaires malades, se porte sur l'appareil, et que celui-ci exerce une constante protection sur la colonne vertébrale pour laquelle il jouerait, en réahté, le rôle d'une nttelle postérieure.
B. Ceinture pour la lordose (Erichsen, Sci. ofSurg., p. 829). Cet appareil est destiné à produire le redressement de la lordose par l'inclinaison de la partie supérieure du tronc en avant, et par une contre-pression sur l'abdomen.
Les pièces principales qui constituent cette ceinture sont : 1" un cercle pelvien surmonté d'une large bande d'étofie, prenant une forme conique lorsqu'elle est appliquée sur le sujet ; 2° deux tuteurs latéraux ; 5" un levier médian postérieur, et 4" une plaque de pression postéro-supérieure.
Les tuteurs, reliés en avant par une large bande lacée sur l'abdomen, sont terminés par des crosses auxquelles tiennent des épaulettes qui s'attachent en
Fig. 1 et 2.
arrière à la plaque dorsale. Cette dernière, appliquée au milieu de la région dorsale, au niveau des épaules, est adaptée au levier à une hauteur qu'on peut augmenter ou diminuer, suivant les indications. Le levier est fixé en bas sur le cercle pelvien au niveau du sacrum ; il est brisé vers son tiers inférieur par une articulation mobile dans le sens antéro-postérieur, et munie d'une roue dentée, c'est à l'aide de cette roue que l'on peut augmenter graduellement la oression de la plaque, et repousser les épaules en avant. Dans ce mouvement, le levier trouve un point d'appui sur le sacrum, en même temps que la ceinture lacée en avant déprime le sommet de la courbure lombaire, et empêche le cercle pelvien de basculer en arrière. Nous pensons, avec M. Gaujot, que cet appareil, probablement construit par Bigg, et employé par Erichsen contre la cyphose, peut exercer une influence favorable sur la lordose. Il nous paraît préférable aux autres ceintures proposées par Bigg contre la même difformité {Orthopraxy, p. 223).
C. Ceintdre a soulèvement et a pressions latérales de Bigg {loc. cit., p. 271). Cet appareil est constitué par un cercle pelvien rembourré, sur lequel s'articulent, en arrière deux montants ou leviers inégaux, et légèrement incurvés à leur partie inférieure, de façon à présenter un angle obtus du côté de la ligne médiane. Le montant le plus court correspond à la courbure lombaire, le plus long, à la courbure dorsale; chacun d'eux est muni d'une plaque de pression concave dont on fait varier l'élévation et l'inclinaison. Le soulèvement est effectué par deux tuteurs sous-axillaires, munis de crosses, à l'angle antérieur desquelles se trouve une épaulette qui s'attache, soit à l'extrémité postérieure de celles-ci, soit au sommet du levier correspondant. Une large bande de coutil fixée aux tuteurs se lace par devant.
Bigg a cherché, par cet appareil, à remplacer autant que possible l'action des mains pressant sur le sommet des courbures pour les redresser. Il espère avoir atteint ce but par le mécanisme de l'articulation des leviers et des plaques qui permet à ces dernières d'imprimer aux épaules un mouvement horizontal de rotalion. Bigg signale encore comme un des avantages de cette ceinture, celui de laisser la presque totalité du buste à découvert, et surtout la colonne vertébrale, ce qui pendant son application, donné la faculté de se rendre un compte exact de l'effet qu'elle produit.
D. Ceinture a tuteurs et a pression latérale de Colin. Cet appareil se compose d'un cercle pelvien métallique, de deux tuteurs latéraux susceptibles de s'allonger, et d'un arc métallique, presque droit au milieu, qui réunit en arrière les deux montants latéraux, à leur partie supérieure, au-dessous du point oià se fixent les crosses axillnires. La pression est exercée par une pièce quadrilatère, d'un tissu élastique, agrafée en arrière à un point variable de l'arc, et, en avant, au béquillon correspondant à la convexité de la courbure dorsale. Lorsqu'on tend cette pièce de tissu, elle s'écarte de l'arc dont elle forme la corde, et presse contre la saillie postérieure des côtes qu'elle pousse obliquement d arrière en avant, et de dehors en dedans ; la partie antérieure de la crosse du côté de la concavité sert de résistance en avant.
Cet appareil n'a été employé, jusqu'à présent, que contre les déviations commençantes ; la plupart même n'étaient que de simples flexions pathologiques. Au dire de M. Colin, les résultats, constatés par M. Bichet, ont été des plus satisfaisants.
E. Ceinture a tractions élastiques de M. Duchenne de Boulogne. M. Duchenne applique sa ceinture sur un corset d'étolfe formé de deux parties distinctes : l'une, supérieure, qui représente le tiers de la hauteur totale, porte une plaque
CEINTUUES ORTHOPÉDIQUES. 551
rigide au niveau de la convexité dorsale, l'autre inférieure, porte aussi une plaque qui correspond à la courbure lombaire. Ces deux parties sont unies transversalement par une bande de tissu de caoutcbouc qui assure à chacune d'elles une sorte d'indépendance. En arrière, ce corset est fermé dans toute sa hauteur par un lacet, tandis qu'en avant, il n'est lacé que sur le ventre. M. Duchenne place sur ce corset une ceinture métallique, soigneusement matelassée, et fermée devant. Sur ce cercle pelvien, au niveau du sacrum, il fixe, à quelques centimètres d'écartement, deux montants inégaux ; l'un s'élève jusqu'aux épaules, l'autre dépasse à peine la région lombaire ; tous les deux portent des boutons saillants sur leur face postérieure. L'extrémité supérieure du buse le plus élevé est maintenue par une courroie transversale, cousue au niveau de la plaque dorsale; même disposition pour le buse le plus court. Pour déterminer et fixer l'inclinaison convenable de ces leviers, M. Duchenne emploie les bretelles élastiques dont il se sert pour la prothèse musculaire des membres. Ici il fixe ces bretelles d'une part, au sommet des leviers, et, en bas, à des boutons rivés sur la ceinture ; il donne à ces bandes élastiques une direction oblique de haut eu bas, et de dedans en dehors, de telle sorte que chaque partie du corset est attirée en sens inverse de la courbure sur laquelle elle est appliquée.
Ce corset est léger ; on peut cependant augmenter à volonté la force de traction en doublant ou triplant le nombre des bretelles, de manière à approprier ce corset à la plupart des cas auxquels s'adressent les appareils de ce genre. Cette ceinture agit non-seulement par ses plaques, mais encore par l'indépendance de chacune des moitiés du corset qui enveloppant une grande partie de la circonférence du tronc, se comporte, à la manière des bandes compressives, pour entraîner le rachis en deux sens opposés.
F. Ceinture a inclinaison et a pression élastique de M. Mathieu. Cette ceinture a pour but de simplifier la construction de la ceinture Hossard, tout en conservant le même principe. A cet effet, M. Mathieu a remplacé l'engrenage qui retient le levier, dans les autres appareils à inclinaison, par un système de tractions élastiques. Sa ceinture se compose : 1" d'un cercle métallique bien rembourré, et fermé devant ; 2° de deux tuteurs latéraux, qui supportent des crosses sous-axillaires; 3° d'un levier postérieur, articulé à l'aide d'un pivot sur la ceinture; 4" d'une bande de compression ; 5° de cinq ou six bretelles élastiques, qui agissent en sens inverse de cette bande.
Les tuteurs sont fixés sur la ceinture, et peuvent se rallonger à volonté; ils sont munis d'une courroie servant à assujettir l'épaule. Le levier est une tige droite, qui porte à sa face postérieure des boutons destinés aux bretelles élastiques et à la bande compressive. Celle-ci, formée d'un long morceau de cuir mince, s'adapte à la partie supérieure du levier, s'il s'agit, par exemple, d'une courbure dorsale principale, s'applique sur la convexité des côtes qu'il contourne, et se fixe en avant sur la ceinture, près de la ligne médiane. Les bretelles, agrafées aussi aux boutons supérieurs du levier, se dirigent en sens inverse de la bande compressive, et s'attachent en bas à la ceinture et à la base du tuteur du côté opposé à la convexité dorsale. La direction de ces bretelles, oblique de dedans en dehors, et de haut en bas, tend à redresser l'axe du rachis incliné, en même temps que le tuteur soulève l'épaule correspondant au côté de la concavité de sa courbure; on ajoute au besoin un sous-cuisse dans ce dernier sens.
L'application de cet appareil est des plus simples, mais il est très-important de surveiller l'action des bretelles qui s'affaiblit rapidement. En outre, quoique
les tractions élastiques aient leur point d'appui sur le montant latéral, le cercle pelvien manque encore de fixité, et peut être entraîné par le levier, en vertu dt l'action de la pesanteur et de la résistance du rachis. Aussi, pour peu que la déviation soit un peu prononcée, devient-il nécessaire de replacer l'appareil plusieurs fois par jour.
G. Ceinture a pression latérale unique et a inclinaison, pour les courbures LATÉRALES DORSALES PRINCIPALES, (fig. 3). Gct appareil cst constitué : 1° par une ceinture d'acier A, soigneusement rembourrée ; 2° par deux tuteurs latéraux BB',
supportant des crosses axillaires EE'; 3" par une plaque de tôle concave K, matelassée, et destinée à presser sur la convexité; 4" par un demi-corset d'étoffe R ou par une large bande de tissu élastique qui complète l'appareil en avant.
La ceinture est formée de deux parties réunies en arrière par une plaque à coulisse qui permet d'agrandir le cercle à mesure que le sujet se développe; l'arc qui correspond à l'abdomen appartient à un cercle dont le rayon est plus petit que celui du reste de la ceinture. Celle-ci supporte deux tuteurs latéraux pouvant se rallonger à volonté, et terminés par des crosses axillaires EE'. A l'angle ''''''■ antérieur de ces dernières, sont
attachées des bretelles DD' qui assujettissent les épaules, et vont s'agrafer en arrière, l'une, D', à la plaque dorsale, et l'autre, D, à la courroie transversale C. Les tuteurs ne sont pas tout à fait d'égale hauteur. Dans le modèle que représente le dessin, le montant droit est un peu moins élevé que le gauche, parce que cet appareil, destiné à combattre une courbure dorsale droite principale avec inclinaison de l'axe du rachis à droite, doit pousser le buste vers la gauche, et soulever l'épaule de ce côté . C'est encore pour remplir la même indication que les tuteurs ont une inclinaison oblique de droite à gauche, et de bas eu haut, plus prononcée à droite. On peut ajouter un sous-cuisse du côté gauche de la ceinture, afin d'augmenter la fixité de celle-ci, et de rendre par là plus solide le point d'appui du tuteur droit. La plaque de pression K s'articule à 5 centimètres en avant du tuteur droit, à l'extrémité d'une bande de tôle verticale fixée sur ce tuteur immédiatement an-dessous de l'aisselle. A l'aide de la vis de pression M, qui traverse la tige du tuteur, cette plaque exerce sur la convexité postérolatérale droite une pression oblique dirigée de dehors en dedans, et d'arrière en avant. Pour empêcher la plaque de compression de se déformer par suite de la résistance qu'elle éprouve, on applique sur toute sa longueur une lame étroite en acier trempé P, et c'est directement sur celle-ci que la vis M vient agir. Enfin des courroies transversales CC, réunies par un lacet, relient en arrière les tuteurs ; en avant, leur fixité est assurée par le demi-corset d'étoffe R pour les jeunes filles, par la Jjande élastique pour les garçons.
H, Ceinture a pression latérale double pour les courbures lombaires principales. L'appareil que nous venons de décrire devient inapplicable, si les deux courbures sont égales, ce qui se voit dans le second degré de la scoliose, ou si la courbure lombaire est dominante. Pour remplir les indications qui se présentent alors, il faut faire subir à celle ceinture les modifications représentées dans la (ig. 4.
Le cercle pelvien A reste le même, mais les tuteurs ont une disposition différente. Ici, le droit n'est plus incliné, et sa courbure est tr^,s-faible ; le gauche, fortement cintré à sa partie inférieure, est presque parallèle au tuteur droit dans le haut; les crosses sont de même hauteur; au niveau de la convexité lomb;iire, se trouve une plaque de compression 0, qui est mue par le même mécanisme M que la plaque dorsale K (fig. o). Enfin la plaque dorsale est fixe, et dépourvue de vis de pression ainsi que de la lame d'acier P qui se trouve sur la plaque 0 ; c'est que, dans ce cas, cette pièce joue un rôle passif; elle sert de point d'appui dorsal, l'action se passant sur la convexité lombaire, qui est comprimée à l'aide de la vis de pression M, et par l'intermédiaire de la plaque 0. Gel appareil et le précédent, fabriqués par M. H. Martin, sont employés depuis plus de trente ans par l'iiu de nous dans le traitement de la scoliose.
m. Appréciation générale des ceintures orthopédiques. C'est à l'article des déviations du Rachis que nous aurons à établir les indications et le degré d'utilité de ces appareils dans les différentes espèces de courbure de l'épine. Nous nous bornerons ici à de courtes considérations sur leurs effets les plus généraux.
Comme soutiens du tronc et en particulier du racbis, dans le mal vertébral de Pott, dans Texcurvation ou cyphose essentielle, dans certaines lordoses et même dans les courbures postéro-latérales de la scoliose, les ceintures orthopédiques rendent des services incontestables en s'opposant à un excès de flexion du tronc en avant ou en arrière, et en corrigeant, au moins en partie, les flexions qui ont déjà pu se produire. Néanmoins, dans les cas graves, leur pouvoir est limité par le défaut de fixité des épaules, sur lesquelles elles agissent immédiatement, ainsi que par l'impossibilité où l'on est de donner une résistance absolue, dans tous les sens, à la ceinture qui fait la base de ces appareils.
Quant à l'extension du rachis proprement dite, il est permis de penser qu'elle est nulle pendant l'application des ceintures destinées à la produire. Le soulèvement, même forcé, des épaules par les tuteurs et leurs crémaillères n'a guère d'autre effet que de distendre les muscles allant des omoplates au tronc, et ne soulève pas d'une manière sensible la colonne vertébrale directement de bas en haut, comme on l'a souvent supposé. Si l'on s'obstine à vouloir produire une véritable extension par l'exhaussement de plus en plus exagéré des tuteurs, on ne fait qu'ajouter une élévation disgracieuse des épaules aux difformités qu'on prétendait faire disparaître par l'usage de ce moyen.
Fig. i.
Les pressions latérales sont utiles dans la scoliose ou courbure latérale de l'épine, en ce qu'elles opposent un obstacle plus ou moins puissant à l'impulsion tendant à mouvoir les vertèbres horizontalement de droite à gauche ou de gauche à droite ; en ce qu'elles les rapprochent même quelquefois visiblement de la ligne médiane et favorisent leur accroissement dans une situation moins anormale. Ces résultats seraient plus certains et plus étendus, si le poids des parties supérieures, dans la station, n'annulait pas en partie l'eifet de ces pressions, et si elles pouvaient, comme aux membres, s'appliquer immédiatement sur le rachis. Leur influence pour diminuer ou arrêter la courbure exagérée des côtes, quoique bornée, paraît réelle dans certains cas.
Nous verrons ailleurs que la méthode dite d'inclinaison ne saurait être entendue comme Hossard et Tavernier l'ont comprise. L'excès de pression latérale, dans un sens unique, qui force le tronc à pencher de coté, et qui fait le fond de cette méthode, serait plus nuisible qu'utile dans bon nombre de scolioses. Aussi a-t-on souvent ajouté à la ceinture de Hossard une seconde bande de peau ap- ■ puyant plus bas que la grande bande à inclinaison et du côté opposé; mais alors, suivant la juste remarque de M. Gaujot {loc. cit.), l'appareil n'est plus une ceinture à inclinaison et rentre dans la classe des ceintures à double pression latérale.
La pression dans un sens, poussée jusqu'à incliner le tronc, par quelque procédé qu'on l'effectue, peut être opposée avec avantage à l'inclinaison inverse, qui accom pagne presque constamment les courbures dorsales uniques ou principales ; seulement il faut généralement que l'appareil soit construit de manière à maintenir la partie supérieure du tronc et à l'empêcher de suivre le mouvement de la région dorso-lombaire. Ce qui malheureusement limite la puissance de ce moyen, c'est l'extrême difficulté que l'on trouve, dans un assez grand nombre de cas, à fixer la ceinture autour du bassin de telle sorte qu'elle ne puisse être déplacée ni céder au poids du corps, à l'action musculaire et à la réaction de la colonne vertébrale, qui tendent à détruire l'effet de la pression. On a, dans ces circonstances, fortement ligaturé une des cuisses pour qu'elle retînt la ceinture du côté où elle est soulevée; on a été jusqu'à attacher la ceinture, dans ce sens, à des tiges métalliques articulées, fixées le long du membre inférieur. Tout ce qu'on obtenait par là, c'était d'élever tout le membre inférieur avec le côté correspondant du bassin, et de produire ainsi une claudication artificielle sans bénéfice pour la difformité qu'on voulait effacer.
Terminons en répondant à deux reproches qu'on a faits aux ceintures orthopédiques. On les a accusées d'entraîner l'inaction des muscles du rachis, et par suite leur faiblesse, et, a-t-on même dit, leur paralysie (Shaw, loc. cit.). Ceci se rattache à la question, élernellement agitée, de la préférence à accorder, en orthopédie, aux machines ou aux exercices musculaires, deux ordres de moyens qu'il faudrait bien plutôt allier, selon nous, au lieu de les opposer sans cesse l'un à l'autre. Cette question sera examinée dans son lieu ; nous nous contenterons pour le moment d'affirmer que, d'après de nombreux essais comparatifs faits au dynamomètre, nous sommes autorisés à penser que l'emploi des ceintures orthopédiques ne détermine ni la faiblesse ni l'atrophie ou la paralysie des muscles spinaux.
On a dit, en second lieu, que ces ceintures pouvaient déformer le bassin chez les jeunes sujets, ce qui serait un grave inconvénient dans le sexe féminin (Ludwig, Adversaria medico-practica, 1771; Wilson, Observations on the Incurvations oftheSpine, 1821, p. 50). Nous croyons celte crainte mal fondée. La constriction exercée par la ceinture pelvienne est bien loin d'être jamais supérieure à la
CELASTRUS. 555
force de développement du bassin; s'il en était autrement, on en serait averti par la sensibilité des parties molles, qui ne supporteraient pas une pareille pression. Des milliers de sujets ont été soumis, de nos jours, à l'action de ces appareils, et personne n'a cité un seul exemple d'un résultat semblable. Même, dans le rachitisme, à la période de mollesse des os, on ne voit pas cet effet se produire, parce qu'on donne beaucoup moins de force aux ceintures chez les très-jeunes enfants. Il faudrait une véritable ostéo-nialacie pour qu'il fût à redouter, et dans ce cas le plus léger examen suffirait pour éloigner l'idée de soumettre le bassin à une compression quelconque. Bouvier et Pierre Bouland.
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B. et P. B.
CELASTRUS) L. Genre de Dicotylédones dé la famille des Célastrinées. Les plantes de ce groupe sont des arbrisseaux souvent grimpants, dont les rameaux sont couverts de feuilles alternes, pétiolées, entières ou dentées.
Les fleurs sont disposées en grappes ou eu panicnles axillaires et terminales. Elles sont quelquefois unisexuées. Leur calice est gamopétale, à cinq divisions ; les pétales, au nombre de cinq, sont insérés au-dessous d'un disque cupuliforme ou concave à cinq lobes, dans les sinus desquels s'attachent cinq étamines. L'ovaire, posé sur le sommet du disque, est à deux ou quatre lobes, correspondant à deux ou quatre loges, qui contiennent chacune deux ovules collatéraux, dressés, enveloppés à la base par une expansion cupuliforme du funicule. Le fruit est une capsule globuleuse ou oblongue, coriace, de deux à quatre loges, à déhiscence loculicide ; elle contient dans chaque loge une ou deux graines dressées, enveloppées d'un grand arille charnu et renfermant sous un testa membraneux un albumen abondant et un embryon à radicule infère et à cotylédons foliacés.
Quelques espèces de ce groupe intéressent la médecine locale des pays oijt elles croissent, mais elles ne sont point utilisées en Europe.
Parmi les espèces de l'Asie méridionale et orientale, qui sont la patrie la plus fréquente des Gelastrus, il faut citer: le Celastrus nutans Roxb., qui habite les montagnes de Mysore et de Gircas dans les Indes orientales. Les graines donnent par distillation une huile fluide, noire, empyreumatique, qui a été préconisée comme stimulante et antirhnmatismale.
Le Celastrus Senegalensis Lam., que plusieurs botanistes ont séparé des Celastrus pour les faire entrer dans le genre Gymnosporia, est un petit arbrisseau
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épineux, dont les feuilles, courtementpétiolées, varient beaucoup de. forme ; tantôt ellipliques étroites, tantôt ovales atténuées à la base. Les fleurs sont nombreuses, blanches, en corymbes. Il croît dans la Séné.i^ambie où il porte le nom de Suatt, Deck ou Glienondek. Les indigènes emploient l'écorce des racines dans le traitement de la dysenterie chronique. Les racines eut une saveur amère et astringente et des propriétés doucement purgatives.
Enfin une espèce de Madagascar, de Maurice et de l'île Bourbon, leCelastrus undM/a<MsLam., porte le nom de ftois de Merle. Ferreinrapporte qu'elle est employée contre les gonorrhées quelle arrêterait en peu de temps.
Le Celastnis edulis rentre actuellement dans le genre Catha [voij. Gatha).
De Candolle. Prodromus, II, 5. — Endlicher. Gênera, n" 5679. — Bentham et Hooker. Gênera, p. 364. — Roïle. Hymal. illuslr. 107. — Mérat et Db Lens. Dict. mat. médicale. II, 169. — O'S. Hanghwessi. Bengal. Dispensatonj . — Guillemin et Perroteï. Flora Seiiegambiœ. 145. I'l.
CÉLERI. On cultive deux variétés de céleri : le céleri ordinaire [Apium dulce) et le céleri rave [Apium rapaceum). Chacune a des sous-variétés telles que ; le céleri turc, le céleri violet, le céleri blunc, le céleri nain frisé; et pour le céleri rave : le céleri rave ordinaire, le céleri rave frisé et celui d'Erfurth.
Le céleri destiné à nos tables subit l'opération du blanchiment qui lui fait perdre son goût acre et stimulant et fait prédominer dans son tissu des sucs séveux et agréables. On mange, de cette plante, la racine ou plutôt la tige charnue et la base blanche et féculente des feuilles. Les bestiaux s'accommodent du reste. Le céleii entre dans la confection des potages qu'il aromatise agréablement. Bouilli et diversement assaisonné, il sert de garniture à des mets divers et constitue un de nos légumes les plus usuels. 11 a avec lui son condiment et se digère bien. La salade de céleri n'est pas dans le même cas et ne convient qu'aux estomacs vigoureux.
Le céleri a été jadis un médicament. On lui attribuait des propriétés diurétiques et apéritives; on en employait le suc et les semences dans diverses maladies du foie, dans les engorgements laiteux. Le cataplasme de feuilles d'aclie bouillies dans du saindoux est encore en usage dans les campagnes. Cazin dit avoir constaté ses bons effets. La racine d'ache est employée dans les hydropisies.
Remarquons, du reste, que les applications médicales du céleri se rapportent au céleri sauvage ou persil des mai*ais; pour le céleri, comme pour la carotte, la culture a développé en effet les propriétés alimentaires au détriment des propriétés thérapeutiques. Le céleri est un aliment sain, mais peu nourrissant. Quant à ses propriétés aphrodisiaques, elles sont consacrées dans le Midi par un proverbe grivois, mais leur réalité n'est rien moins qu'établie. F.
CÉLIBAT. Voy. Mariage, Mortalité, Population.
CELLARIUIS. VoiJ. Kelner.
CELLES-LES-BAixs (Eaux MINÉRALES ET CURE DE RAISIN de) athermales OU hypothermales , bicarbonatées calciques ou bicarbonatées ferrugineuses faibles, carboniques fortes. Dans le département de l'Ardèche, dans l'arrondissement de Priva;?, dans la commune de Rompon, au fond d'un vallon arrosé par le torrent Le Montélier, à près de 2 kilomètres de la rive droite du Rhône, entre les petites villes de Lavoulte et du Pouzin (chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, embranchement de Livron à Privas, station de Lavoulte-sur-Rhône).
CELLES-LES-BAINS (eaux minéi\ales de). o57
La vallée de Gelles-les Bains est abritée de tous les vents, excepté de ceux du raidi. Les orages sont fréquents pendant l'été ; la pluie qui les accompagne presque toujours, l'agitation de l'air qui en est la conséquence, tempèrent les grandes chaleurs des mois de juillet, d'août et de septembre, et servent à donner un peu de verdure à un pays qui est ordinairement assez aride.
Les sources de Celles sont connues depuis très-longtemps (1650); mais elles ne sont utilisées que depuis l'année 1833, époque à laquelle M. le docteur Barrier de Vernoux (J.-A.) fit bâtir l'établissement dont nous dirons bientôt les ressources balnéaires.. Elles émergent d'une couche de micaschiste, voisine du terrain oxfordien, et près d'un gisement de fer oxydé. Les sources de Celles-les-Bains sont au nombre de huit; elles se nomment : la Source du Puits artésien, la Source de la fontaine Ventadour, \:\ Source Bonne- Fontaine, la Source de La fontaine des Cèdres, la Source de la fontaine des yeux ou Source Cicéron, la Source de la fontaine Lévy, la Source de la fontaine Elisabeth, et la Source des Roches- Bleues.
1" Source du Puits artésien. Cette source, ainsi que son nom l'indique, a été obtenue après un sondage ; elle avait, au début, un débit continu ; mais son captage et son tubage défectueux ne tardèrent pas à empêcher son jaillissement d'être régulier. Elle est intermittente, et elle donne environ 100 mètres cubes d'eau en vingt-quatre heures, et plus de 40 mètres cubes de gaz acide carbonique pendant la même période de temps. Ce gaz est recueilli, comme à Alban (Sai.m-) et à Les Roches {voy. ces mots), sous une cloche qui a été établie, comme un gazomètre, au-dessus de la margelle du puits. Des tuyaux aboutissent à cette cloche, et conduisent le gaz aux diverses parties de l'établissement où il est utilisé. L'eau de la Source du Puits artésien est limpide, incolore, inodore; sa saveur est piquante; elle laisse déposer un sédiment ocracé. Elle rougit instantanément les préparations de tournesol ; sa température est de 25" centigrade. L'analyse de cinq des sources de Celles a été faite, en 1836, par M. Balard, membre de l'Institut. Nous réunissons, dans un tableau qui suit la description de la Source de la fontaine Lévy, les résultats obtenus par ce chimiste.
2" Source de la fontaine Ventadour. Elle a ses griffons au fond d'un puits de 5 mètres de profondeur et de 2 mètres de diamètre, creusé dans un minerai ferrugineux, au travers duquel elle transsude, de la même façon que l'eau ordinaire, sur la paroi extérieure d'un alcarazas (J.-A. Barrier et V. Frachon). 11 n'est pas possible d'élever le niveau de l'eau dans le puits Ventadour, quoique son débit soit assez considérable pour que la pompe à vapeur de l'établissement soit insuffisante pour l'épuiser ; plus elle fonctioime, plus elle augmente le rendement des griffons, dont l'eau sort avec un bruit qui s'entend à distance, et qui est produit par le dégagement du gaz qu'elle laisse échapper, en quantité moins notable pourtant que la source précédente. Aussi la saveur de l'eau de la Source de la fontaine Ventadour est-elle moins piquante que celle de la Source du Puits artésien ; son dépôt est éo^alement moins marqué ; sa couleur est moins foncée ; elle est d'un jaune plus clair. La température de cette source était autrefois de 18» centigrade, elle n'est plus aujourd'hui que de 13" centigrade. Nous n'avons pas fait, à propos de la Source du Puits artésien, une remarque qui trouve ici sa place, puisque les deux premières sources de Celles ont a peu près la même propriété, les eaux de ces deux sources laissent précipiter, après qu'on les a lait bouillir et passer au travers des mailles d'un morceau de toile, un sédiment blanc, abondant, en poudre très-fine et d'une grande légèreté. Ce dépôt, composé de sels calcaires et magné-
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siens, est connu sous le nom de Poudre de Celles; il sert aux habitants à nettoyer l'argenterie, qui, après un frottement de peu de durée, devient immédiatement très-brillante. Nous rapportons l'analyse de cette source au tableau qui suit ce que nous dirons de la fontaine Lévy.
5" Source Bonne-Fontaine. C'est l'efficacité de son eau qui a principalement fait la réputation de Celles-les-Bains ; c'est elle encore qui, aux yeux des habitants du pays, est la source par excellence de la station thermale ; ils ont une telle confiance dans ses vertus, qu'aucun d'eux, loisqu'il passe près d'elle, ne manque de s'arrêter pour étancher sa soif ou pour l'ingérer, avec la croyance qu'elle peut empêcher la production des maladies. L'eau de cette source émerge par plusieurs griffons de la roche calcaire; elle est captée dans un petit bassin couvert, d'où elle s'écnappe par un robinet toujours ouvert. Elle est claire, limpide et transparente; sa saveur est agréable ; des bulles gazeuses s'en dégagent, en montant grosses et nombreuses à la surface du vase qui la contient, ou en se fixant en perles bril- ' lantes sur ses parois intérieures. Sa température est de 12»,5 centigrade; son débit est de 19,160 litres en vingt-quatre heures. Un pavillon abrite la buvette de la Source Bonne-Fontaine, et préserve ceux qui la fréquentent des changements atmosphériques. Soncaptage hermétique ne garantit pas ses eaux de tout mélange avec celles du ruisseau qui coule près d'elle, lorsque des pluies abondante? le font déborder ; le captage de cette source ne lui sert que contre les éboulements de la montagne voisine, qui l'ont autrefois complètement supprimée. Son analyse chimique est représentée à la suite de la description de la Source Lévy.
4° Source de la fontaine des Cèdres. Appelée ainsi, parce qu'elle émerge à l'ombre d'un arbre de ce nom, à l'un des angles de la maison des bains ; sou eau, limpide, transparente et très-gazeuse, a un goût agréable, qui fait qu'elle est surtout employée comme boisson d'agrément. Sa température est de 25" centigrade ; son débit est de 2,756 litres en vingt-quatre heures. Elle n'a jamais été analysée. h" Source de la fontahie des yeux ou Source de Cicéron. Les divers griffons qui la constituent sortent d'une couche de kaolin à base magnésienne, qui existe sur les flancs de la montagne d'oià elle émerge. C'est, comme on le constatera, au tableau où se trouve son analyse, l'eau la moins chargée de principes fixes et gazeux de la station de Celles-les-Bains. Elle est limpide, mais elle laisse déposer sur les parois de son bassin une couche notable ^e rouille, et une couche irisée recouvre sa surface en contact avec l'air extérieur; son débit est de 5,000 litres en vingt-quatre heures; sa température est de 15°,8 centigrade; son goût est sensiblement ferrugineux, mais nullement désagréable. Des bulles gazeuses la traversent ou se déposent sur l'intérieur du verre qui la contient, mais elles sont beaucoup moins nombreuses que celles de toutes les autres sources de Celles. Elle tire sa première appellation de ses usages locaux, et sa seconde de ce que de Perrin prétendait que son eau avait beaucoup de ressemblance avec celle de la source qui existe à Tusculum, dans l'ancienne villa de Cicéron.
6" Source de la fontaine Lévy. Elle émerge au nord-ouest de l'établissement, au pied de la montagne principalement composée de granit, de schiste, de galène et de pyrites de fer et de cuivre. L'eau de la fontaine Lévy n'est pas claire et limpide comme celle des autres sources de Celles, elle est louche ou même d'ime couleur laiteuse; sa surface en contact avec l'air se recouvre d'une matière caséuse, qui ressemble à du savon blanc non dissous. Elle laisse déposer à froid un sédiment ocracé ; après avoir bouilli, le dépôt est rougeâtre. Son eau tache le linge ; elle lui donne une couleur jaune nankin, que la lessive même ne parvient
GELLES-LES-BAINS (eaux minérales de). 559
pas à lui faire perdre. La saveur de l'eau de la Source Lévy est franchement et désagréablement ferrugineuse ; elle est styptique ; elle happe la langue. Son débit est de 2,042 litres en vingt-quatre heures; sa température varie de 14" à 21° centigrade; son poids spécifique n'est pas justement connu, mais il est plus considérable que celui de l'eau distillée.
M. le professeur Balard a trouvé, dans 1,000 grammes de l'eau de chacune des sources de Gelles-les-Bains, qu'il a chimiquement examinées, les principes suivants :