QUANTITE DE SELS ALCALI.NS CONTENU; DANS CE.M PARTIES DE CENDRES
Bois.
Chêne blanc 7,o
Tilleul 10,8
Pin 13,6
Châlaignier 14,6
Chêne de Paris 15,0
Hêtre de Paris 16,0
Bouleau 16,0
Charme 18,0
Aulne 18,8
Arbre de Judée 19,0
Vigne de Nemours 21,0
Sapin d'Allevard 25,7
Faux ébénier 31,5
Sureau 35,0
Sapin de Korwége 50,0
l'ianies herbacées.
Fougère 0,7
Tabac 12,3
Bruyères 15,4
Paille de froment 17,0
Prêle 23,0
Tanaisie 29,0
D'après Berthier, les cendres végétales ne contiennent jamais d'alumine, bien que ce corps existe toujours, et quelquefois en proportion considérable, dans tous les sols cultivables. Les traces d'alumine trouvées quelquefois par ce ciiimisle lui paraissent provenir d'argile adhérente aux racines des plantes. L'absence d'alumine s'explique par l'insolubilité dans l'eau et les acides faibles de cette terre, surtout en présence du carbonate de chaux, toujours en excès, et bien plus apte à saturer les acides. Quelques chimistes pensent cependant que la plante peut, dans certains cas, absorber une faible proportion d'alumine ; dans tous les cas, l'extrême rareté ou même l'absence de cette terre dans l'économie du végétal est un fait remarquable.
Au point de vue de la composition, on peut diviser les cendres des végétaux en quatre grandes classes qui sont les suivantes :
!• Cendres alcalines;
CENDRES (emploi médical). 785
2" Cendres calcaires ;
3° Cendres phosphatées ;
4° Cendres silicatées ;
1° Cendres alcalines. Ces cendres, traitées par l'eau, laissent de 20 à 30 pour 100 en poids de résidu insoluble, La liqueur filtrée est très-alcaline au papier de tournesol, et fait effervescence par le contact d'uu acide. Telles sont, par exemple, les cendres d'un grand nombre de végétaux herbacés.
2" Cendres calcaires. Celles-ci sont bien moins solubles dans l'eau. Le résidu insoluble qu'elles laissent produit avec les acides une elîervescence tumultueuse et bien plus considérable que dans les autres cas. Telle est, par exemple, la cendre du peuplier d'Italie.
3" Cendres phosphatées. Ces cendres abandonnent 12 à 16 pour 100 de parties solubles dans l'eau. Le résidu insoluble, traité par l'eau acidulée, se dissout dans la proportion de 70 à 80 pour 100, presque sans effervescence. Telle est la cendre de graine de blé.
4" Cendres silicatées. Elles ne cèdent qu'une minime proportion de substances solubles, soit à l'eau pure, soit à l'eiiu acidulée. Le résidu insoluble de la lixiviation simple fait à peine effervescence avec les acides. U est presque entièrement constitué par de la silice. Telle est la cendre de paille de blé.
Les éléments les plus importants contenus dans les cendres sont, ainsi qu'on peut le voir par ce que nous venons de dire : 1" les alcalis, 2" l'acide phosphorique.
Les alcalis sont faciles à doser, puisqu'ils représentent presque en totalité, à rétatde carbonate, la partie solubledos cendres. On peut, pour une analyse plus exacte, avoir recours à l'alcalimétrie {voy. ce dictionnaire, t. II, p. 549).
L'acide phosphorique peut se reconnaître et se doser par le procédé suivant.
La cendre est épuisée par l'acide chlorbydrique. On ajoute à la liqueur filtrée un léger excès d'ammoniaque, puis de l'acide acétique. Dans ces circonstances, le phosphate de fer reste insoluble ; on le lave, on le calcine et on le pèse. On obtient ainsi en général tout le fer contenu dans la cendre, et une portion seulement de l'acide phosphorique ; l'autre portion est à l'état de phosphate terreux dissous dans l'excès d'acide acétique. On précipite la chaux contenue dans cette liqueur par l'oxalate d'ammoniaque en excès, et la liqueur filtrée est traitée à froid par l'ammoniaque en excès, et au besoin par le sulfate de magnésie ammoniacal. En présence de l'excès de sel magnésien, tout l'acide phosphorique est précipité à l'état de phosphate ammoniaco-raagnésien, qui est calciné et pesé sous forme de pyrophosphate de magnésie. Si l'acide phosphorique contenu dans la cendre n'était pas à l'état d'acide tribasique, il faudrait préalablement calciner la cendre avec un excès de carbonate de soude. P. Goulier.
§ II. Emploi médical. Un certain nombre de substances minérales médicamenteuses étaient autrefois coimues sous le nom de cendres. Exemples : la. cendre d'aniimome (acide antimonieux) , la cendre bleue (carbonate de cuivre), la cendre de plomb (protoxyde de plomb), la cendre î^erfe (carbonate de cuivre), la cendre d'étain (oxyde d'ctain). Il ne saurait être question ici de ces produits dont il est traité au nom des métaux qui en sont la base, et nous ne dirons un mot que des cendres animales et végétales.
Un certain nombre de cendres d'animaux étaient autrefois employées en médecine. Les plus connues sont la cendre d'écrevisse {cinis cancrorum. fluviaticorum) et la cendre d'alcyon. La première était réputée contre la morsure des chiens
DICT. E.NC. XUI. ôO
786 CENTAURÉE (botanique).
enragés. Les écrevisses, et sans doute aussi les homards et les crabes, étaient brûlés vifs sur des plaques rouges, quelquefois avec des sarments de vigne blanche, et l'on ajoutait à la cendre de la poudre de gentiane et d'encens. Le tout était administré dans du vin. Quant à la poudre d'alcyon, on remployait en topique contre certai nés affections de la peau, et à l'intérieur contre l'hydropisie, l'obstruction abdominale, etc. Du reste, même aujourd'hui, il n'est pas très -rare de voir les paysans avaler, dans diverses maladies, des cendres d'animaux comburés, de taupe, de pigeon, de souris, etc.
Les cendres végétales ont été plus usitées encore, et l'on peut consulter dans l'ouvrage de Galiensur les médicaments simples, une dissertation sur ce sujet. On distinguait surtout les cendres des arbres acerbes, comme le chêne, et celles des
. arbi'es acres, comme le figuier; les premières étant plus utiles comme astringentes et les secondes comme détersives. Là cendre de sarment, que nous avons déjà vue tout-à-I'heure administrée contre la rage, l'était aussi contre la morsure des vipères, et on l'appliquait encore sur les articulations contuses, sur les nerfs noués (nervorum nodi), sur les excroissances de chair. La cendre de laurier et celle de figuier étaient célèbres encore, la première surtout, contre les morsures des reptiles. Pendant longtemps, on a employé, sous le nom de sels lixiviels, les T^roAuïts de la combustion de l'absinthe, de la centauiée, du genévrier, du sureau, du pin et de beaucoup d'autres plantes, pour la plupart astringentes ou aromatiques. De nos jours, les cendres végétales paraissent avoir joué un grand rôle dans le traitement de la teigne ; car elles constitueraient, suivant Figuier, la base de la pommdae et de la poudre des frères Mahon.
C'est par les alcalins qu'elles renferment en grande proportion qu'on peut expliquer l'efficacité de ces cendres contre la teigne ; et cette remarque peut s'étendre, d'ailleurs, à presque toutes celles dont il a été question plus haut. Ou leur action était illusoire, ce qui était l'ordinaire, ou elles n'agissaient que par les alcalins contenus dans le résidu de la combustion.
Signalons, en terminant, une cendre végétale resiée dans la pratique commune,
■quoique un peu délaissée, et figurant au Codex parmi les substances « qui doivent se trouver dans toutes les pharmacies » : nous voulons parler de l'éponge torréfiée ou cendre d'épongé, employée spécialement contre la scrofule, et dont le principe actif est l'iode (zjoy. Éponge). A. D.
CÉXOMïCE Voy. Gladonie.
CGniSORIlM était un savant grammairien du troisième siècle, dont un ouvrage, intitulé De die natali, n'est pas sans quelques rapports avec la médecine, bien qu'il concerne plutôt l'histoire. Il traite, d'après les doctrines de l'antiquité clialdéenne, de la formation du foetus et de l'époque de l'accouchement, qui sont soumis à des lois astronomiques. Son chapitre sur les années climatériques {voy. Ages dans ce dict., t. II, p. 144) reproduit les idées anciennes sur les époques de la vie, d'après le système septénaire; cependant l'auteur ne semble pas partager les craintes qu'inspirait l'année néfaste par excellence, c'est-à-dire la soixantetroisième (7x9). Cet ouvrage, bien connu en Httérature, a été imprimé un grand nombre de fois ; la plus ancienne édition est de Venise, sans date, in-4" ; puis Parisiis, 1514, in-8", etc., etc. E. Bgd.
CENTAURÉE. ^ i. Botanique. Centaurea L. Genre de plantes Dycotylédones, appartenant à la famille des Composées, tribu des Carduacées ou Cynarées.
CEÎSTAURÉE (boiakique). 787
Ce genre établi par Linné, est resté, à peu de changements près, dans les limites que lui avait assignées l'ilhiptre botaniste. On en a seulement distrait quelques i!spèces, pour les reporter dans des genres voisins. Tournefort, avant Linné, et après lui Jussieu et quelques autres botanistes, avaient établi plusieurs genres aux dépens des Centaurea, sous les noms de Crocodilium, Calcitrapa, Seridia, Jacea, Cyanus, Centaurea, etc., mais de CandôUe, après Lesson, a de nouveau réuni tontes ces coupes génériques, ne les considérant que comme des sections d'un grand genre naturel. Ainsi limité, le genre contient des plantes, le plus souvent herbacées , d'une taille assez élevée , dont les capitules ont l'involucre formé d'écaillés imbriquées, tantôt mutiques et scarieuses, tantôt épineuses et vulnérantes. Le réceptacle est couvert de paillettes sétacées. Les fleurs de la circonférence sont, en général, stériles, et alors plus grandes que celles du centre et rayonnantes. Les achaines sont oblongs, comprimés latéralement, lisses et marqués d'un hile latéral placé au-dessus de la base : ils sont tantôt nus au sommet, tantôt couronnés d'une aigrette à poils paléiformes denticulés. Ces poils sont placés sur plusieurs rangs, plus courts et connivents dans la série interne.
Les centaurées sont des plantes de l'Europe centrale et méridionale, de l'Asie moyenne et de la région méditerranéenne. Presque toutes ont une amertume trèsmarquée et ont été employées comme toniques et fébrifuges. Le genre contient un nombre considérable d'espèces, dont voici les plus importantes :
1" La grande centaurée ou centaurée officinale {Centaurea Centaurium L.). C'est une plante des montagnes d'Italie. Sa racine est vivace, charnue, rougeâtre, aromatique; sa tige droite, rameuse, glabre, d'une hauteur de 1"' à f'^jSO, porte de grandes feuilles alternes, embrassantes à la base, pinnatifides, à lobes lancéolés et dentés. Les capitules sont gros, presque globuleux ; ils ont un involucre à écailles ovales, obtuses, scarieuses, entières sur les bords, sans épines. Les fleurs sont purpurines.
Cette plante donnait autrefois sa racine et ses fleurs à la matière médicale; elle est à présent à peu près inusitée.
2° A la même section appartient le Centaurea Behen L., plante des lieux secs et arides de la Perse et de la Cappadoce, à laquelle on a atlribué le Behen blanc {voy. Behen).
i" A côté de ces plantes, quoique dans une autre section, il faut placer la Jacée des prés [Cent. Jacea L.), extrêmement répandue dans tous les prés de l'Europe centrale, plus rare dans les régions méridionales. C'est une plante de 2 à 6 décimètres de hauteur ; sa tige dressée, ferme, est rameuse à la partie supérieure; sts rameaux sont courts, épais et dressés. Les feuilles sont rudes au toucher; les inférieures pétiolées, lancéolées, sinuées, dentées, pinnatifides; les supérieures sessiles, oblonCTues, lancéolées, presque entières. Les capitules sont globuleux, à écailles imbriquées, se recouvrant de façon à ne montrer que leurs appendices concaves, orbiculaires et frangés.
La Jacée est extrêmement voisine du Cent, amara L., qui est commune dans le Midi autant que dans le Nord, et qui se distingue surtoiit par les appendices des écailles de l'involucre entiers, par ses rameaux^ grêles, par ses feuilles caulinaircs, étroites, linéaires, et par sa floraison plus tardive. Ces deux espèces sont confondues pour l'usage : toutes deux sont amères et toniques.
4° Le Bluet, Bleuet ou Barbeau {Cent. Cyanus L.) appartient à une section voisine de la précédente, caractérisée par les appendices des écailles de l'involucre appliqués, scarieux, longuement décurrents sur les bords de l'écaillé et dentés
788 GtlNTAL'RÊE (iharwacologie).
ciliés sur toute leur longueur. Tout le monde connaît la belle espèce qui forme le type de la section et qui croît en si grande abondance dans les moissons. Ses capitules ovoïdes, à fleurons bleus, très-dé veloppés sur la circonl'éreiice, sa lige colonneuse, à feuilles alternes, sessiles, linéaires, la font facilement reconmître.
Cette fleur, peu odorante, servait cependant autrefois à préparer une eau distillée, réputée excellente contre diverses maladies des yeux. De là le nom de Casselunettes donné à la plante. Aujourd'hui elle n'est remarquée que pour l'élégance de ses fleurs.
5° Une autre section comprend les Centaurées à écailles de l'involucre armées à leur extrémité d'une épine plus ou moins vulnérante, spinuleuse à sa base. La Chausse-trape {Cent. Calcitrapa h.) est la plus connue de ces espèces. Elleinleste les bords des routes et les endroits arides, au point de les rendre parfois difficilement accessibles. C'est une plante de 3 à 4 décimètres, très-rameuse et formant buisson. Ses feuilles sont molles, vertes, pubescentes, sessiles, pennatilobées; ses capitules ovoïdes, solitaires au sommet de très-courts rameaux ou presque sessiles, ont un involucreà écailles contractées sous l'appendice formé de 5 à 7 épines dont la terminale, très-étalée, est large, forte et vulnérante. Les fleurs sont purpurines et toutes égales ; les achaines petits, sans aigrette. La plante est amère et employée vulgairement comme tonique.
A la même section appartient une espèce très-répandue dans le Midi, accidentellement dans le Noi'd : c'est le Cent, solstitialis L. La plante a 2 à4 décimètres de baut; des rameaux grêles, étalés, munis d'ailes étroites : des feuilles blanches tomenteuses, presque épineuses au sommet. Les capitules de grosseur moyenne, solitaires au sommet des rameaux, ont les écailles munies d'une très-longue épine. Les fleurs sont jaunes.
D'autres espèces rentraient, avons-nous dit, dans le genre tel que Linné l'avait défini ; nous n'en citerons que deux dans le nombre : le Centaurea benedida h. ou Chardon bénit, qui est devenu le type du genre Cnicus Vaill. (voir ce mot), et \e Centaurea Rhapontica L., qui est actuellement le Rhaponticum scariosum Lara. {voy. Rhaponticum).
Le genre Centaurea tire son nom du centaure Chiron ; d'autres espèces, appartenant à un genre et même à une famille différents, portent une désignation semblable: ce sont certains Erythrœa {voy. Erythrée) de la famille des Gentianées, qui se groupent autour de ï Erythrœa Centaurium Pers., sous le nom de petite centaurée. Enfin, on a également donné les noms de Centaurée blanche dM Laserpitium latifolium L.; Centaurée jaune au Chlora perfoliata L. {vûy. Chlore) ; de Centaurée bleue au Scutellaria galericulata L. {voy. Scutellaria).
Linné. Gênera, 984, Species plant., 1287, etc. — Lessos. Syn., p. 7. — Endlicher. Gênera, n°2871. — Lasupck. Dicl. Eitcycl. ,66i. — De Candolle. Flore française, 88 et Prodromus, VI, 565. — Grenier et Godron. Flore de France, II, 240. — Guibodrt. Drogues simples, 6' éd., III, 27 Pl.
§ II. Pharmacologie et Emploi médical. Plusieurs espèces de centaurées ont été employées en médecine. Elles ont uniformément, à divers degrés, les propriétés des toniques amers. La plus usitée est la petite centaurée, à laquelle nous devons en conséquence la première et la plus longue mention.
1" Petite centaurée. Parties usitées : les sommités fleuries. Celles-ci se récoltent en juillet et en août, à l'époque oii la floraison est complète et dans toute sa vigueur, ce qui concorde avec la plus grande activité médicale de la plante. On les dessèche rapidement, en les enveloppant dans des cornets de papier, afin de
CENTAURÉE (pharmacologie). 789
conserver la couleur et les propriétés des fleurs. La plante sauvage est plus amère et plus active que la plante cultivée.
Pharmacologie. Les fleurs de petite centaurée sont presque inodores ; elles ont une saveur amère franche, très-prononcée ; la tige a plus d'amertume, et la racine en possède encore davantage. Celle-ci néanmoins est inusitée aujourd'hui.
Dulong d'Astafort avait retiré de la petite centaurée un principe, qu'il nommait centaurine, et qu'il considérait comme le principe actif de cette plante.
Dans une analyse plus récente, Méhu en a extrait un principe cristallisé, non azoté, qu'il appelle érithro- centaurine. Celle-ci se présente sous forme d'aiguilles brillantes, incolores, inodores, insipides, très-solublesdans l'eau bouillante, à peine dans l'eau froide, solubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme. Sa propriété caractéristique est de passer successivement à l'orangé, au rose, puis au rouge vif, sous l'influence des rayons directs du soleil, et sons subir néanmoins aucune modification dans sa composition chin)ique. Elle ne serait pas le principe actif de la petite centaurée. Celle-ci devrait ses propriétés à une matière amère, que l'on obtient, soit par l'eau distillée, soit par l'alcool ou l'éther, et qui est formée de deux substances, également amères, mais d'aspect différent ; l'une solide et sèche, l'autre molle comme une térébenthine, et donnant son odeur à l'eau distillée. En outre, Méhu a trouvé dans la petite centaurée une matière céroïde, dont il a extrait une matière résineuse qu'il appelle centaurée-résine.
Les formes pharmaceutiques sous lesquelles a été présentée la petite centaurée, sont nombreuses. Le codex n'a conservé que la tisane, la poudre et l'extrait, qui suffisent en effet aux besoins de la pratique ordinaire.
La tisane est recommandée par infusion : somnités fleuries, 10 ; eau bouillante, 1,000. On a conseillé jusqu'à 20 et 30 des premières ; mais la tisane possède alors une extrême amertume, et irrite certains estomacs délicats.
La décoction est réservée pour les usages externes, lotions, fomentations, etc. On l'emploie aussi en lavements.
L'extrait se donne en pilules, soit seul, à la dose de 1 à 2 grammes, prescrit même jusqu'à 4 et 5; soit comme excipient de pilules toniques, stomachiques, fébrifuges, etc.
\a poudre se donne en nature, ou en électuaire, à doses variables, selon l'indication ; par exemple : de 1 à 4 grammes comme toni-stomachique, à 10, 15 et plus comme fébrifuge.
EUefaitpartie de la powdre antigoutteuse, poudre antiarthritique amère, nommée par les w\\%poudre du duc de Portland, par les autres poudre du prince de la Mirandole, dont les formules varient (voir Jourdan, Pharmacopée universelle).
On a préparé avec la petite centaurée une eau distillée, un sirop, un suc, une conserve, un vin, une bière, une teinture.
Elle est entrée dans les haumes et les espèces vulnéraires. Elle est un des ingrédients de la thériaque, de l'eau générale, de Vesprit carminatif de Sijlviiis ' ainsi que de plusieurs anciennes préparations officinales. Parmi celles-ci on pourrait citer, comme ayant quelque valeur, les pilules stomachiques de Tronchin : extrait de petite centaurée, 1 gros ; myrrhe, 2 gros ; baume du Pérou, 1 scrupule. — F. des pilules de 3 grains; 12 par jour en 5 fois.
Elle fait partie des espèces amères du codex : feuilles sèches de chardon bénit, sommités fleuries de chamaedrys, sommitésfleuries de petite centaurée, de chaque parties égales.
Action physiologique. La petite centaurée a une grande analogie d'action
790 CENTAUREE (pharmacologie).
avec la gentiane ; elle a un peu moins d'activité ; elle convient donc dans les cas où il n'est pas nécessaire de recourir aux propriétés plus énergiques de cette dernière. Elle a de plus, quoique à un faible degré, quelque chose des amers aromatiques ; de sorte que là où il n'y a pas seulement à produire un effet tonique, mais à calmer aussi un de ces états douloureux se liant fréquemment à l'atonie du tube digestif, la petite centaurée convient mieux que les amers purs. Elle est donc un peu calmante en même temps que tonique pour l'estomac, comme nous le verrons dans certaines de ses applications. A doses trop élevées, sur une muqueuse digestive irritable, à plus forte raison si celle-ci est enflammée, elle peut déterminer des douleurs d'estomac, des vomissements même ou delà diarrhée. Ce sont surtout les fortes doses qui détermineront ces évacuations intempestives ; mais des doses moindres suffiront parfois à irriter l'estomac. Tous les amers sont susceptibles d'occasionner ces accidents, si l'on ne sait pas en reconnaître l'opportunité et en modérer, surtout au début, la dose. Il faut toujours s'assurer de la tolérance de l'estomac pour obtenir de ces médicaments le bien qu'ils peuvent produire. Si l'on a lieu de redouter l'irritabilité de ce viscère, et bien plus encore si elle est acquise, il faut associer à la centaurée ou à ses analogues, soit les opiacés, soit quelque aromate antispasmodique et sédatif, tels que le safran, la cannelle, le castoréum, les essences de menthe et d'anis. J'ai souvent trouvé, particulièrement dans ce dernier genre de médicaments, le moyen de faire tolérer de hautes et persistantes doses de substances amères, commandées par la nécessité de combattre énergiquement des fièvres opiniâtres, des anémies profondes, des débilités extrêmes, et dans lesquelles l'application de la médication tonique était contrecarrée par les mauvaises dispositions, si fréquentes en pareils cas, des organes digestifs.
Action thérapeutique. La petite centaurée a été préconisée comme fébrifuge, tonique, stomachique, antigoutteuse et vermifuge.
Vulgairement employée depuis longtemps et dans beaucoup de pays comme fébrifuge, elle peut en effet rendre des services comnie telle, mais elle ne mérite pas plus que beaucoup d'autres substances analogues le titre de succédané du quinquina ; le titre d'adjuvant de ce médicament incomparable lui conviendrait tout au plus. Que Biett, Roques, Frank, Gesner, Wauters prétendent en avoir obtenu des succès dans le traitement des fièvres intermittentes, je n'en soutiendrai pas moins, avec tous les médecins qui ont exercé au sein des graves endémies paludéennes, qu'elle n'offre qu'un moyen très-insuffisant, très -précaire, très-incertain d'enrayer leurs manifestations périodiques. Si l'on était obligé d'y recourir à défaut de la quinine, il faudrait l'employer à hautes doses, soit seule, soit combinée avec quelque autre amer, particulièrement avec la camomille ; il se peut qu'ainsi on coupe quelques accès de fièvres non paludéennes ou de fièvres dues à une impaludation peu intense ; il se pourra encore que l'on réussisse sur des sujets impaludés chez lesquels l'action de la quinine se sera en quelque sorte usée ; mais il est impossible de mettre en parallèle l'action de la quinine et celle de la centaurée ou de tout autre substance amère, dans la médication antipériodique et fébrifuge; l'action de la première est presque assurée, celle de la seconde et de ses pareilles n'est que relative et contingente. Le véritable rôle des amers dans les fièvres paludéennes est de concourir avec le quinquina à tonifier l'organisme, à le rendre moins sensible aux influences palustres, à combattre les états dyspeptiques et anémiques qui en résultent, àrelever et à exciter les fonctions nutritives. Mais ce n est qu'exceptionnellement que les amers coupent les accès, et encore ne le foii!-ils
CENTAURÉE (pharmacologie). 791
qu'au bout d'un temps plus ou moins long. Dans cet ordre de moyens, la petite centaurée n'est pas l'un des moins intéressants, si l'on se borne à lui demander le concours secondaire dont j'ai parlé plus haut. Ce sera donc avec d'incontestables avantages, que j'ai souvent vérifiés dans ma pratique, que l'on prescrira son infusion, prise comme tisane, ou bue aux repas coupée de vin, pendant que d'autre part on dirigera contre les accès fébriles ou névralgiques la quinine ou l'arsenic. Cette médication combinée permet d'économiser la dose des antipériodiques, les amers contribuant avec eux à prévenir le retour des accès en même temps qu'ils produisent leurs effets toniques et réparateurs.
Ces effets, quoique indirects, n'en sont pas moins bons. Si les principes amers ne sont pas de ceux qui s'assimilent, ils favorisent du moins les fonctions d'assimilation en stimulant les organes qui, par suite, n'en acceptent que mieux les éléments nutritifs qui leur sont offerts. La petite centaurée convient donc, au même titre que la gentiane, pour combattre l'atonie des fonctions assimilatrices dans la chlorose, dans les anémies, dans les cachexies, chez les valétudinaires et les convalescents.
Ce médicament se recommande aussi comme stomachique, et agit particulièrement comme toni-sédatif dans les dyspepsies douloureuses. Il peut être employé comme carminatif contre les flatuosités gastriques et intestinales ; comme apéritif, contre l'anorexie. Dans ces divers cas, on a souvent donné le vin et la bière de centaures. Mais là encore, on peut, plus simplement, faire boire aux repas l'infusion de cette plante coupée avec du vin, comme on emploie également l'infusion de houblon.
La petite centaurée a été préconisée contre la goutte atonique, contre la cachexie goutteuse ; elle y peut être utile comme tonique amer ; elle est encore niipux indiquée contre les gastralgies fréquentes chez les goutteux, sauf à lui adjoindre un calmant plus énergique" lorsque les douleurs d'estomac revêtent un haut caractère d'intensité. Le remède antigoutteux connu sous le nom de poudre du duc de Portland, est composé de petite centaurée, gentiane, aristoloche ronde, germandrée et ivette; mais l'appréciation de ce remède en particulier et des amers en général dans le traitement de la goutte, nous entraînerait à des considérations qui, pouvant appartenir à l'histoire de chacun de ces médicaments, ne doivent en définitive trouver place que dans l'article Goutte.
La plante en question possède, comme la plupart des végétaux amers, quelques propriétés vermicides. Cazin conseille la décoction concentrée, en quarts de lavements contre les oxyures vermiculaires. Ajoutons que ces injections doivent être faites à froid et le soir au moment où ces animalcules descendent dans la portion inférieure de l'intestin ; l'eau froide, pure, suffit souvent à les tuer, et Debout a conseillé de la sucrer assez fortement. J'ai expérimenté que le moyen esf encore plus efficace si l'on y ajoute de la centaurée, et mieux encore de la camomille. Les amers purs sont généralement moins vermicides que les amers aromatiques.
Wedeîius dit avoir guéri, avec des cataplasmes de petite centaurée, des ulcères fistuleux auparavant incurables. Cazin en cloute, tout en certifiant que lui-même en a retiré des avantages appréciables dans les ulcères atoniques, scrofuleux ou scorbutiques.
BiBLioGBAPHiE. — GALiEjf. De vîrtutibus centaureœ liber. — Leiielids (S.). Centaurium minus, aura tamen niajiis. Francfort-sur-le-Mein, lb94. — Wedelius (S.-W.). De centaurio minori. léna, 1713. — Schlevost (J.-H.). Invitalio ad. diss. de centaurio minori. léna, 1713.
792 CENTAUREE (pharmacologie).
— Méiiu (C], Recherches imur servir à l'histoire chimique et jiharmaceutique de la petite centaurée. Thèse de l'école de pharmacie de Paris, et thèse inaugurale à la faculté de médecine de Paris, 1862.
2" Grande centaurée {Centaurea Centaurium L.). Partie usitée : la racine. La fleur et les feuilles ont été employées autrefois, celles-ci surtout, comme vulnéraires. On peut la récolter toute l'année pour l'employer fraîche, au printemps et à l'automne pour la conserver. On la fend pour la sécher plus facilement.
Pharmacologie. La racine de grande centaurée, grosse, longue de 80 à 90 centimètres, est brune à l'extérieur, rougeâtre intérieurement, fortement amère et un peu aromatique.
F. Scribe a trouvé dans la grande centaurée, ainsi que dans toutes les plantes de la tribu des cynarées, du cnicin. Il sera question de ce principe amer à l'article Chardon bénit, plante d'où il a été primitivement extrait.
Formes pharmaceutiques et doses. Décoction : 50 à 60 grammes par litre d'eau.
Poudre ; 4 à 8 grammes, en pilules, en électuaire, ou dans du vin.
Vin : 60 grammes pour un litre de vin ; se prescrit de 60 à 100 grammes.
Cette racine entrait, d'après Ferrein {Mat. méd , t. 111), dans la poudre de la Mirandole.
Emploi médical. Pline décrit la grande et !a petite centaurée, qu'il distingue parfaitement l'une de l'autre. La première paraît avoir été employée de préférence par les anciens. L'auteur romain nous apprend que la seconde était réputée comme alcxipharmaque par les Gaulois, qui l'appelaient exacon (liv. XXV, oi), La grande centaurée, mise au nombre des panacées, était censée avoir été découverte par le centaure Chiron, ce qui valut à cette plante les noms de centaurion et de chironion; mais elle fut aussi appelée pharnacéon, du nom du roi Pharnace, auquel la découverte ou le premier emploi en avaient été attribués (liv. XXV, 14). La fable prétend que Chiron, s'étant blessé au pied en maniant les armes d'Hercule, fut merveilleusement guéri par la centaurée. Dès lors, celle-ci conquit l'un des premiers rangs parmi les vulnéraires en faveur, et Pline déclare que rien n'égale son pouvoir adhésif dans le traitement des plaies.
Les anciens n'ont pas ignoré non plus les propriétés toniques et fébrifuges des deux centaurées. Mais, si la petite s'est maintenue jusque dans la pratique moderne, la grande a fini par tomber dans un oubli qui n'était pas mérité. Si l'on revenait encore à l'emploi de la racine de grande centaurée, on pourrait en attendre des services pareils à ceux que nous rendent les meilleurs amers indigènes.
Bibliographie. — Hiil (J.). Centaury the Great, Stomachic its Préférence, etc. London,
3° Centaurée chausse-trape. Parties usitées : la racine, les feuilles et les fleurs.
Cette plante doit se récolter avant l'épanouissement des fleurs ; plus tard, elle est desséchée et sans suc.
Pharmacologie. Les feuilles et les fleurs sont inodores, très-araères; la racine et les semences sont douces.
D'après une analyse de Figuier, de Montpellier, cette plante contiendrait une substance résini forme et une matière azotée. D'après Colignon, pharmacien à Apt, elle ne contient pas d'alcaloïde, et sa saveur amère serait due à un acide calcitrapique, dont il donne les caractères suivants : amertume très-intense et styptique,
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couleur ambrée, transparente; consistance sirupeuse; non volatil; déconiposable par la chaleur; rougissant fortement le papier de tournesol ; iiicristallisable ; trèssoluble dans l'alcool et dans l'étlier ; peu soluble dans l'eau bouillante ; lormaiit avec les bases solubles, potasse, soude, ammoniaque, des sels solubles dans l'eau, mais incristallisables. L'alcool qui le tient en dissolution, devient très-difficile à distiller, même à feu nu. Une très-petite quantité, dissoute dans ce véhicule, lui communique une amertume très-intense. {Répert. de pharmacie, octobre, 1853.)
François Scribe a trouvé dans la chausse-trape du cnicin, qui doit aussi contribuer à son amertume.
Figuier y a trouvé des sels de chaux et de potasse; ces derniers peuvent expliquer en pai tie les propriétés diurétiques attribuées à la chausse-trape.
Formes pharmaceutiques et doses. (Pour l'intérieur.)
Décoction : 15 à 60 grammes par litre d'eau.
Suc des feuilles : de 120 à 160 grammes, comme fébrifuge.
Feuilles en poudre ; de 1 à 4 grammes, en nature, en électuaire, dans du vin.
Extrait aqueux ; 4 à 8 grammes. Peut être administré à fortes doses, d'après" Cazin, 15 à 60 grammes.
Extrait alcoolique : 50 centigrammes à 2 grammes.
Fleurs en poudre ; 4 à 12 grammes (Buchner).
Fruits : 4 grammes, macérés dans du vin blanc, comme puissant diurétique (Cazin).
Vin : 50 à 60 grammes pour un litre; doses : 60 à 100 grammes (Cazin).
Emploi médical. La chausse-trape ou chardon étoile offre iÀ la médecine, dans ses feuilles et ses fleurs, ou ensemble dans ses sommités fleuries, un tonique amer ; dans ses semences et dans sa racine, un diurétique.
Gomme tonique amer, elle a pour similaires la gentiane et la petite centaurée, et elle peut remplir les mêmes indications. Elle peut aussi, comme l'a l'ait Cazin, être substituée au quassia amara.
Sa principale réputation lui vient de propriétés fébrifuges qui lui ont été attribuées par un assez grand nombre d'observateurs : Bauhiu, Tournefort, Séguier, Geoffroy, Buchner, Linnée, Gilibert, Chrestien, Valeiitin, Ptoques. Cette réputation fut confirmée par des expériences faites sur une grande échelle par Clouet, médecin mihtaire, à Verdun, en 1787, qui administra avec succès la chausse-trape à plus de deux mille soldats atteints de fièvres intermittentes. Il prescrivait, soit l'infusion, soit l'extrait. En 1818, Lando rapportait de nouveaux faits de guérison de fièvres intermittentes par cette plante ; il préférait la décoction vineuse : deux poignées de fleurs dans trois htres de vin blanc; et il en donnait six à huit onces, tant dans l'apyrexie qu'au moment de l'accès. En 1853, Bertiu, de Montpellier, reprit ces expériences; il employa l'extrait de chausse-trape aux marnes doses que le sulfate de quinine, ne dépasi>ant pas la dose de ls'",20, et réussit également contre des fièvres périodiques de divers types, même d'origine palustre; toutefois, il ne crut pas, et avec raison, devoir se fier à ce médicament en présence de fièvres pernicieuses {Revue thérapeutique du Midi, 1853). Enfin, Cazin regarde la cliausse-trape comme l'un de nos meilleurs fébrifuges indigènes, et paraît préférer le suc de cette plante à ses autres préparations.
Quant à ses propriétés diurétiques, signalées depuis longtemps, elles sont attestées par Cazin; mais, tandis qu'on les faisait résider particulièrement dans la racine, cet auteur les a trouvées plus prononcées dans les semences. 11 a fait prendre la poudre de semences avec du vin blanc dans des cas d'hydropisie, et
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les a vus provoquer une sécrétion abondante d urine. La racine de chausse-trape était préconisée autrefois dans les maladies des reins, et passait surtout pour favoriser l'expulsion des graviers. Desbois de Rochefort dit qu'elle était la base du remède de Baville, longtemps resté secret, et réputé très-efficace contre les coliques néphrétiques et contre la gravelle.
Bibliographie. — Yacquant. Topographie médicale de la Ville de Verdun-sur-Meuse. In Journ. de médecine militaire, t. VI, 1787. On y trouve mentionnées les observations cliniques de Clouet. — Bnciioz. Diss. sur la chausse-trape, reconnue comme spécifique dans les fièvres intermittentes. 1787. — Lando (V.-B.). Mém. sur la vertu fébrifuge de la centaurea calcitraim. In Nouveau Journ. de méd. chir. et jjharm., t. III, 1818. — Valentin (L.). Tîeflexions sur la centaurea calcitrapa. In même Journal, t. IV, 1819. — Cazin (F.-J. et H.). Traité des jAanles médicinales indigènes, 'o" éd. Paris, 1868.
4" Centaurée bleue, Bluet ou Bleuet, Centaurea Cyanus, Cyanus segehim. Sa fleur a joui d'une réputation vulgaire comme unti-ophlhalmique, d'oii lui venait son nom de casse-lunette. Elle servait à la préparation d'une eau distillée, empiriquement employée comme véhicule des collyres. Il est plus rationnel d'employer une simple inlusion, qui, en dissolvant un peu de tannin contenu dans le calice commun et dans le pétiole, peut agir comme moyen résoluLif et astringent contre les affections des yeux et des paupières.
L'infusion et la poudre des fleurs étaient supposées diurétiques et conseillées contre l'hydropisie et l'ictère. Les semences passaient pour être purgatives.
En somme, c'est une plante dont les propriétés médicales sont problématiques, et, en tous cas, fort peu actives. On ne comprend pas qu'elle ait été vantée contre une foule de maladies, dont plusieurs très-graves. D. de Savignac.
Bibliographie. — Bœhmer. Prolusio quo Cyani segetum nuper expertœ vires laudantur. Wittemberg-, 1787.
cSivtaiiritve;. Substance qui se trouve dans la centaurée, mais aussi dans toutes les plantes amèresdelatribudescynarocéphales. (Foî/. Centaurée et Cnicin).
CEIVTELLA. Linné avait donné ce nom à quelques espèces de la fmiille des Ombellifères,que Linné fils fitrentrerplus tard dans legenre Hydroodiple. Ces espèces sont du cap de Bonne-Espérance et n'ont pas grand intérêt pour la médecine. Avant Linné, on trouve ce nom de Centella dans les œuvres de Monardès, appliqué à une plante de l'Amérique du Sud, qu'il est très-difficile de reconnaître à cause de l'insuffisance des renseignements. « On guérit en ce pays-cy, dit Monardès, les tumeurs qui viennent aux pieds et aux jambes provenant d'humeurs froides, avec une herbe laquelle ils appellent Centella, car étant broyée et mise sur ces tumeurs, tout soudain elle y excite des pustules, desquelles sort quantité d'humeur, jusqu'à ce que l'enflure soit entièrement guérie. »
Monardès (Nie). Histoire des simples médicaments apportés d'Amérique, traduit par Colin. Lyon, 1619, p. 160. — Linné. Gênera, n" 1051. — De Candolle. Prodromus, IV, 68.
Pl.
CElVTlinORBIit. Nom donné par les anciens auteurs à la Nummulaire {Lysimachia NummuJaria L.), qu'on croyait utile contre un grand nombre de maladies {voy. Nummulaire). Pl.
CEl\fTll\ERVlA. Nom donné autrefois au grand plantain (Plantago major L.) {voy. Plantain).
cei\tram; de liA RËTiiVE (Artère). Votj. Ophthalmique (Artère).
CEî^TRAIV'TIIïjS DC. Genre de dicotylédones de la famille des Valérianées. Ce genre a été établi par de GandoUe pour un certain nomLre de Valérianes, caractérisées par leur étaniine unique et par leur corolle tantôt éperonnée, tantôt munie d'une gibbosité naissant non point à la base de la corolle, mais près de la gorge. En dehors de ces caractères, les Centranthiis rappellent tout à fait les Valérianes, Ce sont, comme elles, des plantes herbacées, à feuilles opposées, entières ou pinnatifides, à inflorescences à cimes terminales ou axillaires rapprochées de manière à figurer des corymbes serrés. Les fleurs, x'ouges ou blanches, ont un calice adhérent à l'ovaire, surmonté d'une aigrette d'abord roulée en dehors, se déployant après la chute de la corolle. Le fruit est unilociilaire par avortement de deux loges de l'ovaire : il contient une seule graine suspendue; sans albumen.
L'espèce la plus connue de ce genre est le Centranthus ruber DC.,plantede 7 à 8 décimètres de liant, à feuilles larges, lancéolées, en généra} entières, qui croît dans les endroits pierreux de la région méditerranéenne et qu'on cultive souvent dans les jardins. On lui donne les noms de Valériane rouge, Behen ronge, Barbe de Jupiter, Carnoccia. Elle n'est réellement plus usitée en médecine, pas plus que ses congénères, le Cent, angustifolius DG. et Cent. Calcitrapa Dnfr.
De Candolle. Flor. française, IV, 65L — Endlicher. Gênera, n" 2185. — Grenier et Godron. Flore de France, II, b'i. Pl.
ciîîVTiîE-AiwÉRiQiiE, Centra- America. C'est Je nom que se donnent les cinq républiques (Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua et Cosla-rica), qui occupent l'étroit espace de terre situé entre le Mexique et la Golombia ou Nueva- Granada. Ce boyau, inégalement renflé, a 1,530 kilomètres de long sur une largeur maximum de 530, qui se réduit au milieu à 200, et au sud à 440 kilomètres. Situé tout entier dans la zone torride, il s'étend du 8^ au 47« degré de latitude septentrionale, et de 84" et demi à 96° et demi de longitude à l'ouest du méridien de Paris. Sa superficie, à défaut de mensuration cadastrale, est évaluée très-diversement. On peut l'estimer (en y comprenant la Mosquitie, indépendante et presque inconnue) à 614,000 kilomètres carrés, qui se décomposent comme il suit ;