‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales Volume 91Chapitre 66 sur 145 · SUCRE VERMIFUGE MERCL'RIEL · texte numérisé non relu

SUCRE VERMIFUGE MERCL'RIEL

2f Sulfure noir de mercure 1

Mercuie 3

Sucre 7

Triturez le mercure avec 1'etliiops mineral, et ajoulez le sucre.

SUCRE FERRUG1NEUX (JEANNEL)

%> Hydrate ferrique gelatineux stable (SO /pour 100 d'eau). . . I Cassonade blanche en gros cri.-t;mx 20

Melez sans triturer, faites secher a 1'air libre (20 grammes representent 2 decigrammes de peroxyde de fer anhydre).

SUCRERIES et RAFFINERIES (llYGIE.NE PROFESSIOi\NELLE ET I^'DUSTRIELLE) .

I. A. OPERATIONS PROPRES AUX SUCRERIES. Les operations que Ton fait subir aux betteraves dans les fabriques de sucre sont les suivantes :

1° Le lavaye des betteraves, qui s'opere dans des appareils laveurs, a pour but de les debarrasser, en les frottant les unes contre les auties, du sable, de la terre et des petites pierres qui se trouvent avec elles ;

2° Le rapage et palotage, par lesquels on reduit les betteraves en pulpe, que Ton recoit inimediatemeiit dans des sacs de laine pour la soumettre a la pression ;

5° L1 extraction du jus de belterave. Les sacs remplis de pulpe sont soumis a 1'action de la presse hydraulique, et, sous cette eiiorme pression, tout le jus s'ecoule rapidement; il ne reste plus dans les sacs que les residus de la pulpe dont on les debarrasse en les lavant immediatemeut , d'abord a 1'eau froide, puis a 1'eau chaude.

Dans beaucoup de fabriques, la pulpe pressee, desagregee dans des appareils speciaux, est soumise a uue nouvelle pression .

Quelques fabric.mts emploient coacurreinment avec la methode par expression celle par maceration, qui consistc a deplacer lejus sucre de la betterave par

PICT. ENC. be £. XH. 4 )

exosmose; mais cette combinaison du lavage et de 1'expression de la pulpe n'est le plus generalement employee que pour utiliser la pulpe epuisee.

Les operations qui precedent se praliquent dans des ateliers spe'ciaux ou raperies, quelquefois, comme dans leNord, fort eloignes desusines, parce qu'il y a avantage a les etablir a proximite des champs de culture; alors le jus de la betterave exprime' dans les raperies est conduit aux fabriques de sucre par des tuyaux souterrains;

4° Traitement du jus par la chaux ou defecation. La defecation se fait dans une chaudiere a double fond, chauffee par la vapeur. La chaux eteinte, passee au tarn is, delayee sous forme de lait de chaux, est versee dans le jus trouble a defequer porte a la temperature de-f-90 degres. On agite le melange., et un degagementassezprononce d'ammoniaque, que la chaux volatilise, annonce la re'action. Bientot des flocons seforment, nagent dans le liquide. et une ecume boueuse, d'un brun verdatre, vient couvrir sa surface. A mesure que la tempe rature s'eleve, la masse separee du jus devient de plus en plus volumineuse et epaisse; elle se caille, se fend ct laisse echapper des bouillons de vapeur avec du jus clair. A.ce moment, on ferme le robinet de vapeur, on laisse reposer quelques minutes et on soutire le liquide, en meme temps qu'on enleve les ecumes avec des cuillers.

Ces ecumes sont ensuite pressees dans des sacs et donnent encore ainsi une quantite de jus ;

5° La carbonalation. Cette operation, qui a pour but de decomposer IQ saccharate de chaux qui s'est forme dans la defecation et de mettre le sucre en liberte, se fait dans une chaudiere a carbonater. Le gaz, refoule dans cette chaudiere ou le jus defeque a ete amene, produit en soulevant le liquide une mousse volumineuse et persistante, que Ton empeche de deborder en introduisant de 1'huile ou un aulre corps gras, et mieux encore en la faisant tomber par un jet de vapeur.

La chaux qui sert a la defecation est preparee, dans la sucrerie meme, dans un four special, et c'est 1'acide carbonique qui provient de cette preparation qui est utilisee ;

6° La filtration du jus. Lorsque la carbonatation est achevee, on decante la partie claire du liquide, et les jus troubles sont passes dans des [litres-presses ou toutes les substances solides sont arretees et s'accumulent entre les plaques de ces filtres, sous forme de tourteaux. Le liquide qui sort des filtres-presses est alors conduit, ainsi que le jus clair provenant de la decantation, clans les appareils a noir ou le jus doit etre decolore et perdre les dernieres traces de sels de chaux ou autres qu'il peut encore retenir.

Quelques usines fabriquent elles-rnemes le noir dont elles out besoin. Presque toutes pratiquent sa revivification dans des fours speciaux. Le plus repandu en France dans les sucreries est le four Stevenaux. La fabrication du noir et sa revivification ont ete decrites a 1'article Os (Hygiene industrielle) de ce Dictionnaire : nous n'y revieudrons pas ;

7° Evaporation des jus de'feq lie's et filtres ou cidte. L'evaporation se pratique encore dans quelques fabriques, dans des chaudieres a cuire a 1'air libre; mais c'est le plus gene'ralement d'une chaudiere operant par le vide que Ton se sert aujourd'hui pour concentrer les liqueurs sucrees. Ce systeme de cuite se fait au moyen de Yappareil a triple effet compose de trois chaudieres cylindriques, dans lesquelles on produit un vide partiel au moyen d'une pompe

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aspirante. Le lavage des chaudieres a cuire a 1'air libre se fait a grande eau additionnee souvent d'acide chlorhydrique ou sulfurique, et on les frotte avec une brosse ronde, afin de detacher les depots ou incrustations. La plus grande proprete doit en effet y etre entretenue, car la fermentation se declare trespromptement, si quelque matiere est restee adherente aux parois.

Pour 1'evaporation des sirops qui ne se font pas dans 1'appareil a triple effet, on se sert d'une chaudiere qui opere egalement par le vide, mais qui est plus petite et qu'on appelle chaudiere a cuire en grains, parce que le sirop y est araene jusqu'au point ou il fournit des cristaux ou des grains de sucre. La caramelisation, c'est-a-dire la decomposition du grain de sucre par la chaleur, y est evitee;

8° Egoitttage des sirops. La masse cuite, composee de cristaux et de sirops contenant les matieres etrangeres qui n'ont pu etre climinees des jus, ainsi qu'une grande partie du sucre plus ou moins cristallisable, est amenee dans les cristallisoirs . Ces cristallisoirs sont de grands bacs rectangulaires ou formes dont le fond, en toile metallique, permet au sirop de s'egoutter. Le plus souvent cette operation est remplacee par 1'emploi de la turbine, appareil a force centrifuge peu different de celui dont on se sert depuis longtemps pour essorer les toiles au lieu de les tordre. Le sucre reste en grains presque sees, blancs et parfaitement cristallisables. On 1'etale dans un grenicr aere ou chauffe, afin de le dessecher completement avant de 1'introduire dans les sacs qui servent a 1'expedier au dehors.

B. OPERATIONS PROPRES AUX RAFFINERIES. Les sucres bruts ou cassonades, tels qu'ils arrivent des colonies ou tels qu'ils sortent des sucreries indigenes, sont sous forme de poudre sableuse ou granules, plus ou moins coloree en jaune ou en brun; ils sont impregnes de melasse et ils contiennent de 5 a 4 pour 100 de matieres etrangeres (eau, sable, terre, debris organiques, sels de chaux, de potasse, de soude, de magnesie et d'ammoniaque), en sorte qu'ils ont toujours un gout plus ou moins desagreable et la propriete de fermenter tres-facilement. II y a done necessite de purifier ou de rafftner les sucres bruts, pour les amener a 1'etat de sucre blanc et en pains.

Raffinage des cassonades. On passe d'abord les cassonades au crible, puis on precede a la fonte ou a la dissolution qui s 'opere dans une chaudiere a double fond, semblable a celle qui sert pour la defecation dn jus de betterave. On clarifie en y delayant successivement du noir animal et du sang de boeuf; apres quoi on procede a la filtration de la clairce ou sirop purifie.

La clarification operee au moyen du sang et du noir est une operation trespenible; le sang se decompose rapidement et vicie 1'air aux alentours des raffirieries, parfois jusqu'a une grande distance. Dans quelques fabriques on a remplace le noir et le sang par un compose de chaux et de sucre (procede Boivin et Rousseau) ou par la baryte et le phosphate d'ammoniaque (procede Lagrange). La decoloration une fois effectue'e, la clairce est passee une premiere fois au filtre Taylor pour y etre debarrassee des matieres en suspension, puis esit filtree de nouveau a travers une couche epaisse de noir en grains, dans des filtres Dumont; apres quoi on procede a la cuite pour 1'amener au point necessaire pour sa cristallisation.

A ce moment-la on fait couler le sirop bouillant dans de vastes reservoirs appeles rechauffoirs, situes dans une piece nominee empli, C'est dans ces reser voirs que se pratique le mouvage ou agitation du liquide, a 1'aide de rateaux,

pour empecher le sucre de se prendre en masses compactes. Alors a 1'aide de puisoirs ou pucheux, grandes cuillers hemispheriques munies de longs manches en bois, les ouvriers raffineurs remplissent des bassines qu'ils vont vider dans les formes.

Ces formes sont des cones en terre cuite, ouen tole, perces a leursommet, la pointe en has. A mesure qu'on les remplit, on les mouve et on agile a 1'aide de contcaux en bois longs de lm,55, pour distribuer egalement les cristaux dans toute la masse.

Apres les travaux de Yempli viennent les travaux des greniers, vastes pieces, basses de plafond, ou les formes sont placees air des planches mecaniques, plantees par leur pointe de facon a laisser ecouler le sirop non cristallise. C'est ce qui constitue la purge ou I'egouttage.

Les greniers ou sont placees les formes doivent avoir une temperature de + 25 a 30 degres.

Apres la purge on precede au claircage, qui consiste a verser sur les pains egouttc's une dissolution de sucre blanc qui penetre rapidement la masse et s'egoutte par la poinle du pain, en le debarrassant du sirop et de la glycose mele's an sucre cristallisable ou de cunne.

La melasse, residu final de toutes les ope'rations, est ramassee dans des citernes pour etre vendue aux brasseurs et aux iabricants de pains d'epices.

II. 11 etait indispensable de resumer ainsi que nous venous de le faire les diverses operations des sucreries et rafiineries, pour bicn saisir les causes memes de 1'insalubrile prolessionnelle ou insalubrite intrinseque qui concerne plus specialement les ouvriers et celles qui constituent I'msalubrite extrinseque qui se rapporte au voisinage. ,

A. MALADIES DES OUVRIERS DES SUCRERIES ET DES RAFFINERIES. Au point de vue de 1'hygiene et dc la pathologic professionnelles, on ne saurait separer ces deux catenurics d'ouvriers. Les uns et les autres sont soumis aux memes causes

de maladies qui sont : la chaleur humije des ateliers ; la presence dans 1'almosphere ambiante de gaz et d'emanations nuisibles produits par la fermentation des matieres employees dans la fabrication; le contact des jus et des liquides sucres.

a. Kuntz, qui a observe dans les rafiineries de Magdebourg, dit que les refroidissements auxquels sont exposes les ouvriers les disposeut aux affections catarrbales des branches et de 1'estomac. Nous avons siguale nous-meme le mauvais e'tal des voies digestives cliez les ouvriers raffineurs (in Hygiene des professions, 1875). La chaleur humide entretient cliez eux une tendance a la debilitation et au lymphatisme, que les emanations qui se degagent des cuves, des cliaudiercs a deie'quer, a evaporer, a cuire, des bassins de depot, etc., provoquent ou exagerent.

11 regne dons les salles de travail une odeur forte et penetrante, provenant des matieres organiques en voie de decomposition dont le sol est impre'gne'. Les o^az nuisibles auxquels les ouvriers sont exposes sont : le gaz ammoniaque qui se degage au moment de la defe'cation, le gaz acide carbonique qui provient de la preparation de la cliaux et de la carbonatation des jus, le gaz hydrogene carbone qui se degage des citernes a melasses, le gaz hydrogene sulfure, le gaz oxyde de carbone.

11 faut faire entrer en ligne de compte dans ie mauvais etat de saute des ouvriers des sucreries, les deplorables conditions d'hygieiie prive'e qu'ils pre-

sentent le plus sou vent. Kuntz nous apprend qu'a Magdebourg ceux-ci, qui arrivent aux fabriques au commencement de la campagne, viennent generalement des cantons tres-miscrables de 1'Eichsfeld; ils y retournent au printemps ; quelques-uns demeurent a la fabrique, en etc, pour cultiver les champs de betteraves. Cesouvriers habitent degrandes cites destinees les unes aux families, les autres aux celibataires. Ces cites ne sont nullement etablies suivant les lois de 1'hygiene; elles sont encombrees et malpropres ; les cours sont trop petites et servent de de'pots d'ordures. L'eau n'y est pas en quantite suffisante. Les sexes sont insuffisamment separes ; plusieurs families habitent dans la meme chambre; plusieurs personnes partagent le meme lit (Kuntz, in Jahresbericht de Virchowet Hirsch, 1868, t. I, p. 465).

La fievre typhoide est frequente chcz ces ouvriers. L'abus des boissons, de la biere et de 1'alcool, vient encore favoriser 1'apparition des affections gastrointestinales auxquelles ils ne sont deja que trop disposes.

b. Les maladies speciales que Ton rencontre dans les sucreries et raffmeries sont des eruptions eczemateuses, pustuleuses ct mronculeuses. Le docleur Nivet a signale chez les ouvriers de la sucrerie de Bourdon (Puy- de-Dome) unc eruption pustuleuse se developpant sur les avant-bras, les mains, les jambes et les pieds, et qu'il caracterise du nom A'impetiyo glycosique. Les membres exposes nus au contact des jus de betteraves et du sucre liquide s'irritent, et, si les ouvriers n'ont pas recours a de frequentes et soigneuses ablutions, ils ne tardcnt pas a etre alteints d'une dermite legere qui donne lieu a des eruptions d'ectbyma et d'impetigo.

De la une gene notable dans leurs mouvcments qui les oblige souvent a suspendre leurs travaux ; parfois, 1'action legerement escharotique du sucre produit des ulcerations profondes et des inflammations analogues au furoncle. La maceration de I'epidermc, 1'irritation par les cristaux, que les liquides charges de sucre abandonment en s'evaporant, expliquent tres-bien la formation de ces pustules.

Le docteur Fredet, medecin de 1'usine de Bourdon, a pu reunir dans la raffmerie, dans 1'espace de deux ans, 17 cas de cet impetigo glycosique (Nivet, in Bulletin des travaux du Conseil d'hyyiene du Puy-de-D6me, 1871). Le docteur Nivet a aussi decrit chez les ouvriers de la sucrerie de Bourdon un phymosis diabetique.

c. A cote de ces affections nous devons signaler les accidents qui se presentent dans les sucreries et raffmeries et qu'on divise en :

1° Accidents de machines. C'est principalement dans la raperie que ces accidents se produisent. Ils sont dus le plus souvent aux courroies de trans mission ;

2° Explosions de chaudiere;

3° Endures par jets de vapeur, jus bouillant, eaux de condensation, etc.;

4° Asphyxies par dcgagement des gaz acide carbonique et hydrogene carbone';

5° Incendies.

d. L'hygiene professionnelle concerne plus specialement les prescriptions qui se rapportent a 1'assainissement des ateliers et aux garanlies prises pour affranchir les ouvriers de tout danger ou accident. Ces prescriptions sont les suivantes :

1° Le sol de tous les ateliers sera pave en pierres dures rejoinloye'es au ciment hydraulique ;

2° Les bois apparents de la charpente seront recouverts d'une couche de mortier ;

5° Les tuyaux des appareils de chauffage des purgeries seront eloignes des charpentes et de toutes matieres susceptibles de s'enflammer. Mieux vaut recouvrir les purgeries de voiites en fer, sans emploi de bois, pour e'viter tout danger d'incendie;

4° Les roues, engrenages, poulies, courroies, seront garanties de maniere a preserver les ouvriers de tout accident;

5° Les chaudieres a defequer, a saturer, a carbonater, a evaporer, etc., seront placees dans un endroit largement ventile et surmontees de hottes aboutissant a des cheminees d'appel, destinees a porter dans I'atmosphere, au-dessus du faitage des toils, les buees et 1'acide carbonique;

6° Les citernes a melasse doivent etre surmontees d'une cheminee d'appel a 1'effet d'eviter les explosions et les asphyxies dues a 1'accumulation du gaz hydrogene carbone;

7° Les residus de toute nature seront enleve's fre'quemment ;

8° On repandra du lait de chaux, au moins une fois par an, apres les travaux de fabrication, sur toutes les parties du sol qui auront ete en contact avec les residus de fabrication : e'cumes, boues, compost, etc., afin de neutraliser toute fermentation insalubre ;

9° L'atelier de revivification du noir sera parfaitement ventile et le toit surmonte d'auvenls pour permettre aux vapeurs de se degager facilement;

10° Les fours a chaux seront construits de telle sorte que le gaz ne puisse incommoder les ouvriers.

Voici maintenant quels sont les reglements qui regissent le travail des enfants dans les sucreries. 11 est a remarquer qu'il a ete fait pour cette industrie une exception a la loi qui prohibe dans tous les ateliers, jusqu'a 1'age de seize ans revolus, 1'emploi des enfants a un travail de nuit. Nous ne croyons pas inutile de transcrire ici les motifs allegues par la Commission supe'rieure (1876) :

« Dans I'industrie de la sucrerie, la grande alterabilite de la matiere raise en ceuvre rend impossible la suspension du travail. De plus, la campagne doit etre eonduite avec activite. II faut en effet qu'elle soil accomplie dans 1'intervalle fort court de cent jours de duree environ, qui separe 1'e'poque de la recolte de la bettcrave de celle pendant laquelle les jus sucres, par 1'effet de la douceur de la temperature et de 1'activite vitale des germes, deviennent susceptibles de ferment er. »

L'article premier du reglement d'administration publique, en date du 22 mai 1875, determine ainsi qu'il suit, conformement a la loi, les travaux des enfants dans les sucreries : « Dans les sucreries, les enfants sont autorises a cooperer aux travaux de raperie suivants : alimenter le lavoir, secouer les sacs de pulpe, porter les sacs vides, pre'seuter les sacs et les claies. Us pourront etre charges de la manoauvre des robinets a jus et a eau, et etre appeles a aider les ouvriers d'etat, en cas de reparations urgentes. »

Au surplus, le travail des enfants employes la nuit sera coupe par des interfiles de repos representant un temps total de repos egal au moins a deux heures. En outre, conformement a la loi, ces enfants ne peuvent etre employes plus de six nuits par quinzaine. Enfm, si la loi permet encore le travail des enfants de douze a seize ans les dimanches et jours feries dans les sucreries,

ils ne peuvent etre employes, ces jours-la, qu'a partir de midi, et aux travaux specifies pour le travail de nuit.

B. Les sucreries et raffmeries sont ran gees dans la deuxieme classe des etablissements insalubres, incommodes ou dangereux, a cause des degagements de gaz nuisibles provenant des diverses operations et des odeurs infectes produites par la fermentation des matieres residuaires. Une des causes d'insalubrite exterieure sur laquelle 1'attention a du se porter plus particulierement, c'est celle qui re'sulte de 1'alteration des cours d'eau par les liquides qni s'ecoulent des fabriques de sucre. G'est la un point d'une extreme importance et qui constitue la partie essenlielle de I'hygiene de cette Industrie dans ses rapports avec le voisinage.

a. Nature des eaux qui sortent des sucreries. Ces eaux sont de plusieurs sortes. Ce sont, d'apres une tres-interessante etude de M. Meurein :

1° Leau de lavage des betteraves. Cettc eau coutient toujours en suspen sion des matieres terreuses tres-divise'es qui, peu a pen, forment des atterrissements dans les cours d'eau qui les recoivenl ; mais les plus grands inconvc'nients resultent des matieres organiques et inorganiques dissoutes. Si les radicules et les fragments de racines se rendent dans les bassins consacres au depot des terres, il se produit une maceration augmentant la quantite de matieres en dissolution et par suite 1'alterabilite de 1'eau par les decompositions reciproques qu'eprouvent les matieres organiques et inorganiques;

2° L'eau de lavage des sacs. Les sacs de laine ayant servi a 1'expression de la pulpe de betteraves conservent encore, apres avoir ete secoues, une certaine quantite de cette derniere dont il faut les debarrasser avant de les re'employer au meme usage ; pour cela, on les lave a 1'eaucbaude, et cette eau, ayant dissous les substances dont le tissu est impre'gne, ainsi que les matieres solubles de la pulpe, e'prouve une alteration d'autant plus rapide que la temperature y favorise les fermentations lactique, butyrique et putride. En outre elle entraine mecaniquement toute la pulpe qu'elle a enlevee aux sacs et qui vient former a la surface des bassins une croute ecumeuse, epaisse, soutenue par les gaz qu'elle renferme entre ses particules ;

5° L'eau de lavage du noir animal. Avant de proce'der au lavage du noir charge de matieres colorantes, salines, de chaux, il faut Ten debarrasser au moyen d'une fermentation favorisee par de 1'acide chlorhydiique qui, avec de 1'acide lactique forme, dissout la chaux et desagrege les matieres organiques. C'est alors que, pour enlever toutes ces matieres etraugeres, on procede a un lavage a grande eau.

Le noir et 1'acide chlorhydrique contiennent de 1'acide sulfurique libre ou combine qui rcste en dissolution dans 1'eau de lavage, et, si cette eau est stagnante avec des dissolutions de matieres organiques, .ces dernieres reduisent les sulfates en sulfures qui, decomposes par 1'acide carbonique, forment des carbonates et de 1'acide sulfhydrique, lequel est a son tour decompose par Toxygene de 1'air en eau et en soufre; ce dernier, restant longtemps en sus pension a cause dc sa division moleculaire, colore 1'eau en bleu ardoise a de grandes distances el finit par se prccipiter;

4° L'eau de lavage des chaudieres a defecation. Pour enlever les incrus tations calcaires operees sur les chaudieres, on les lave de temps en temps avec de 1'eau acidulee par 1'acide chlorhydrique du commerce, qui contient toujours une quantite notable d'acide sulfurique dont la presence, apres combinaison

avec les bases, donne lieu a des reactions et a des produits analogues a ceux du lavage du noir;

5° L'eau de lavage des ateliers. Cette eau contient du jus de betteraves, de la pulpe, des ecumes de defecation, du noir tres-divise, enfm toutes les matieres plus ou moins alterees qui souillent le sol de la fabrique. Par suite de sa composition elle eprouve tres-facilement les fermentations dont nous avons parle;

6° Veait cliaude provenant de la condensation des vapeurs produites dans le vide des appareils a evaporer et a cuire. Cette eau, qu'on serait tente de considerer comme pure, a entrame me'caniquement des matieres organiques et inorganiques tres-alterables, et, en outre, une ccrtaine quantite d'amraoniaque et de sels ammoniacaux, de sorte que dans les aqueducs ou elle s'e'coule on voit adherer aux parois des matieres floconneuses a odeur infecte qui augmentent sans cessede volume et finissent par se detacher et etre entraine'es par le conrant. Quand cette eau impure se melange aux autres eaux de 1'usine, elle en clove la temperature ct hate leur decomposition.

L'experience a demontre les dangers qu'il y a a faire ecouler ces diverses caux dans des fosses, marais et rivieres stagnantes. Peu a peu la masse liquide est completemcnt desoxygenee et, s'il y a des poissons, ils meurent tous; puis elle sc colore en noir et repand une odeur insupportable de sulfhydvate et de butyrate d'ammoniaque, etc.

L'eau ainsi polluee est devenue impropre aux usages alimentaires ou merae domcstiques (Meurcin, Travaux du Conseil central de salubrite du Nord, 1872-1875-1877).

b. Ce qui precede demontre toute 1'importance qu'il y a, a ne pas permettre 1'ecoulement des eaux residuaires des sucreries dans les cours d'eau. Seule, i'eau de lavage des betteraves peut etre suffisamment clarifiee pour qu'a la sortie des bassins de depot il n'y ait aucun inconvenient a la deverser dans une riviere.

Toutes les autres eaux doivent etre retenues, pour etre utilisees par I'agriculture. G'est la en effet le seul moyen de se debarrasser de leur insalubrite. Les matieres organiques qu'elles tiennent en dissolution et en suspension se decomposent alors dans le sol en s'oxydant et deviennent un element de fertilite pour les terrains sur lesquels elles sont deversees.

Voyons maintenant quelles sont les prescriptions a formuler pour obvier aux causes d'insalubrite inherente aux eaux residuaires provenant des fabriques de sucre.

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