Mine, v. le suivant
Miner, creuser la terre pour extraire ou pour faire écrouler, origine probablement celtique. Substantif verbal mine, d'où mineur, minier, minière, qui ont eux-mêmes produit minéral et minerai ; dérivés de minéral : minéraliser, minéralogie, minéralogique, minéralogiste, v. logique^. Le verbe miner a aussi produit minable, « qui peut être renversé par une mine », d'où : fragile, misérable.
Minet, u. mine i. Minima, minime, mini- Mineur, V. miner ou moin- mum, v. moindre^, dre 1. Ministère, ministériel, mi- Miniature, V. minium. nistre, v. moindrc^^-^. Minier, v. miner.
Minium, mot latin désignant une substance colorante rouge, d'où miniature (dérivé : miniaturiste), qui est d'ori-
Mite] DU FRANÇAIS. 379
gine italienne et qui s"est d'abord appliqué à la peinture rouge sur parchemin.
Minois, V. mine^. minutieux, v. moindre 2,6,
Minorité, v. moindre K Mioche, v. mie i.
Minoterie, minotier, v. Miparti, d. partir.
mine 3. Mirabelle, v. noms propres
Minuit, V. nuit. (Mots tirés de).
Minuscule, v. moindre 1. Miracle, mirage, mire, v.
Minute, minuter, minutie, le suivant.
Mirer se rattache au latin mirari (cf. anglais smile), dont le sens primitif a sans doute été « sourire », puis s'étonner, admirer, regarder. Substantif verbal mire. Dérivés : mireur; mirage: miroir, d'où miroiter, miroitement, miroitier; miracle et miraculeux ; le mot de formation populaire merveille (latin mirabilia), et merveilleux, sémerveiller, émerveillement. Composés : admirer, d'où admiration, admirateur, admirable, admiratif: mirifique, qui produit l'émerveillement, V. faire"'. Sur mirobolant, v. myrobolan.
— Le mot grec qui signifie miracle est thauma, génitif thaumatos, d'où thaumaturge, thaumaturgie, v. chirurgie.
Mirliflore, Mirliton, mots Miroton, origine inconnue,
d'origine inconnue. Misaine, v. mi, adjectif.
Miroir, miroitement, miroiter, miroitier, v. mirer.
Misanthrope et misanthropie (comme misogyne, v. gynécée) contiennent le verbe grecmisein, haïr; v. anthropologie.
Mise, miser, v. mettre.
Misère. Au latin miserum, malheureux, se rattachent les dérivés français : misère, miséreux, misérable, et les composés : commisération ; miséricorde, miséricordieux, v. cœur. Miserere est l'impératif du verbe latin misereri et signifie proprt : aie pitié, doù le nom donné à des coliques intolérables.
Misogyne, v. misanthiope et Mistigri, origine inconnue.
gynécée. Mistral, v. magne"^.
Missel, mission, missionnaire, missive, v. mettre *.
Mitaine et l'ancien français mitoujle (d'où emmitouflé) dérivent du vieux mot mite, qui a le môme sens et qui parait se rattacher à médium {v. mi), c'est une moitié de gant.
Mite, insecte, se rattache au radical germanique mit-, qui
380 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mode
signifie « couper menu » ; autre dérivé : mitraille (jadis mitaille), d'où mitrailler, mitrailleuse.
Mitîger, latin mitigare, dérivé de mitem, doux, v. agir^.
Mitonner, origine incon- Mitoyen, mitoyenneté, v.
nue. mi, adj. i
Mitraille, v. mite.
Mitre, grec mitra; les garçons pâtissiers ont été probablement appelés mitrons parce qu'ils portent une coiffure spéciale qu'on a assimilée plaisamment à une mitre.
Mixte, mixture, v. mêler. Mobile, mobilier, mobili-
Mnémonique, mnémo- sable, mobilisation, mobilitechnique, v. mémoire^. ser, mobilité, v. mouvoir^.
Mode, du latiq modum, qui signifie mesure et manière.
1. Dérivés : modal, d'où modalité ; modique, proprt mesuré, d'où modicité ; modiste, qui soccupe des modes ou manières de se vêtir, et spécialement de la coiffure des dames ; moduler, doù modulation, proprt mesurer les sons, les cadencer; modérer, proprt mesurer, d'où modéré, immodéré, modération, modérateur, modérantisme ; modeste, modéré dans sa tenue, dans ses prétentions, d'où immodeste, modestie ; muid (latin modium), mesure de capacité, et moyeu de roue (qui ressemble à un petit muid); trémie pour trémuie, proprt mesure de trois muids.
— Le diminutif module désigne originairement la mesure diamétrale d'une colonne, à laquelle se rapportent les autres dimensions, d'où le sens de « type » attribué au doublet populaire moule (dérivés : mouler, mouleur, moulure, moulage, surmouler), et celui d'objet d'imitation attribué au diminutif italien modèle (dérivés : modeler, proprt faire un modèle, modeleur, modelage); modillon, également d'origine italienne, a la même racine.
2. L'adverbe modo signifie « dans un temps modiquement éloigné, récent », d'où moderne, moderniser, modernisme, moderniste.
3. Composés de modum ou de mode : comme (proprt de quel mode), où -me représente mode, et co- le pronom relatif h l'ablatif, latin quomodo ; sur comment, v. mémoire - ; démodé ; modifier, faire un arrangement, dérivé : modification, v. faire"'; commode (préfixe corn-), proprt qui s'arrange avec, approprié, dérivés : commodité, accommoder, accommoda-
Moindre] du français. 381
tion. raccommoder, raccommodement, raccommodeur, incommode, incommodité, incommoder.
Mod-. Chercher dans l'arti- cle précédent tous les mots
commençant ainsi.
Moelle, d'où moelleux, vient du latin mediiUa, d'où médullaire ; le mot grec qui signifie moelle est muelon, d'où myélite, affection de la moelle.
Moellon, origine inconnue.
Mœurs, du latin mores, coutumes, caractère. Dérivés : morose, latin morosum (qui a trop de caractère, original, singulier, grognon); l'adjectif moral, relatif aux mœurs, ou relatif à l'âme, ou conforme aux bonnes mœurs, d'où : le substantif morale, moraliser, moraliste, moralité, immoral et amoral {v. a- préfixe), immoralité ; démoraliser, proprt ôter le moral, qui a produit à son tour démoralisation, démoralisateur.
— Le mot grec qui signifie mœurs est êthos, d'où le substantif éthique, qui équivaut à morale; le mol ithos dans la locution a l'ilhos et le pathos » (les mœurs et la passion) n'est autre chose qu'une graphie d'êthos conforme à la prononciation grecque moderne.
Mohair est la forme anglaise de moire, d'origine arabe; du sens d'étoffe brillante en poil de chèvre, qui est encore le sens de mohair, on a passé au sens d'étoffe chatoyante, dérivé : moirer, d'où moirage.
Moi, V. me. Moignon, origine inconnue.
Moindre (d'où amoindrir), latin minor, et moins, latin minus, sont originairement deux formes, l'une masculine et féminine, l'autre neutre, d'un mot qui signifie « plus petit », cf. allemand minder.
1. Le doublet savant de moindre est mineur, qui se retrouve sous la forme tout à fait latine dans le dérivé : minorité. La forme latine du neutre moins se retrouve dans le diminutif minuscule. Minus lui-même a produit, outre moins, notre préfixe péjoratif mes-, mé-, qu'on peut traduire ordinairement par « mal », mais qui signifie proprt moins ou en moins (l'évolution du sens a peut-être été favorisée par le préfixe germanique missa).
— Le superlatif qui correspond à ce comparatif est minime, dont la forme latine neutre est au singulier
382 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Moîne
minimum et au pluriel minima, mots que nous avons empruntés tels quels.