V. noms propres (Mots tirés de
Mort, latin mortem, de la même famille que ambroisie et meurtre, v. ces mots, et que l'anglais murder et Tallemand mord. Dérivés et composés : mortel, mortalité (et immortel, immortaliser, immortalité); mortuaire; malemort, V. mal, adjectif. Du verbe latin mari, issu de la même racine, participe passé mortuum , dérive mourir, d'où: moribond; mortifier, rendre mort (la chair), et mortification, V. faire'; amortir, uniquement employé au figuré, d'où amortissement, amortissable.
Mortadelle, v. mortier. Mortalité, mortel, v. mort.
Mortaise, origine inconnue.
Mortier, du latin mortariiim, vase à piler, et sable pilé, mélangé à la chaux ; la mortadella italienne, français mortadelle, est faite avec de la chair pilée.
Mortif ication , mortifier, Morue, origine inconnue,
mortuaire, v. mort.
Morve, d'où morveux, origine douteuse ; morfondu signifie proprt fondu en morve, et s'est dit d'abord d'un cheval catarrheux; sens figuré : « pénétré de froid ».
Mosaïque, mosaïste, u. mwse.
Mosquée, origine arabe.
Mot, d'où motet (petit morceau de chant) et peut-être aussi le mot plaisant motus (pas un mot!), parait se rattacher au latin muttum, grognement.
Moteur, motif, motion, Motte, origine inconnue,
motiver, v. mouvoir^. Motus, v. mot.
Mou, mol, latin mollem. Dérivés : mollet, adjectif (d'où molleton) et substantif; mollasse; mollesse; mollusque; mollir, latin mollire, d'où émollient, mot savant, ramollir et ramollissement. Mouiller, d'où mouillette, mouillage (endroit où on mouille les ancres) et mouillure, vient d'un dérivé *molliare, du latin populaire, proprt amollir.
Moudre] du français. 387
Mouche, latin musca. Dérivés : moucheron; moucherolle, petit oiseau; mouchet, devenu émouchet, petit faucon; mouchard, comparé à la mouche qui sïnsinue partout; moucheter, parsemer de points (de mouchetures) ou garnir d'un petit tampon, assimilé à une mouche; moustique (d'où moustiquaire), tiré de l'espagnol mosquito, avec une métathèse de consonnes semblable à celle qu'on constate dans étincelle, v. ce mot. Composés : émoucher, débarrasser des mouches, d'où émoucheur; démoucheter, enlever la (( mouche » d'un fleuret.
— Le mot français mousquet (d'où mousqueton, mousqueterie, mousquetaire), vient delà forme italienne d'^'mouchet, et signifie proprt faucon, l'arme ayant été comparée à l'oiseau de proie et de chasse.
Moucher, mouchette, moucheur, mouchoir, v. mucus.
Moudre, anciennement moldre, latin molere, broyer, supin molitum. Le d n'a de raison d'être qu'à linfinitif et aux temps qui en dérivent), où il a été consonne de transition entre / et r.
1. Dérivés : mouture; moulin, d'où mouliner, moulinet (faire le moulinet, c'est proprt faire le petit moulin); meunier (jadis mounier) et meunerie; meule à moudre (latin mola), d'où pierre meulière ; par comparaison, le nom de meule a été donné aussi aux pierres à aiguiser, et aux tas arrondis de foin ou de paille; toutefois meule, dans le dernier sens, a été rattaché à une racine celtique ou au latin molem, v. môle. De mola dérivent molette et molaire (dent qui broie).
2. Les composés émoudre, part, passé émoulu, et rémouleur, se rattachent pour le sens à la signification de « pierre à aiguiser » attribuée à meule. Le mot rémoulade, d'origine italienne, a désigné jadis un onguent où entraient des éléments moulus très menus.
3. Le latin emolumenium, français émolument, s'est d'abord appliqué au gain du meunier.
4. Le composé latin immolare signifie proprt : mettre sur la victime la mola ou gâteau sacré en forme de meule, puis sacrifier; en français immoler, d'où immolation.
5. Le mot grec qui correspond au latin mola est mule, d'où le dérivé amulon (qui n'a pas été préparé à la meule, aprivatif) devenu en français amidon.
388 DICTIONNAIREÉTYMOLOGIQUE [MoUStiqUC
Moue, probablement onomatopée.
Mouette, racine germanique, cf. anglais mew, ail. môwc. Moufle, espèce de gant et système de poulies, origine germanique.
Mouflon (mouton sauvage), mot sarde.
Mouillage, mouiller, mouil- Moulage et 1. Moule, u.
lette, mouillure, v. mou. mode.
2. Moule, espèce de mollusque, et son doublet savant muscle (d'où musclé, musculaire, musculature), viennent du latin miisculiim, qui signifie proprt petit rat, souris. Les muscles sont ainsi appelés en raison de leur forme allongée, et il y a aussi une certaine analogie de forme entre la moule et la souris. Musaraigne signifie proprt « rat araignée ».
— La forme grecque du mot qui signifie « souris, moule et muscle » est mus, génitif miios (cf. ail. maus, angl. moiise): composés : myosotis, proprt oreille de souris, v. oreille, et myotomie, dissection des muscles.
Mouler, mouleur, v. mode. Mouron, origine inconnue.
Moulin, mouliner, mouli- Mousquet, mousquetaire,
net, V. moudre. mousqueterie, mousqueton,
Moulure, u. mode. v. mouche.
Mourir, v. mort.
1. Mousse. La mousse est molle, humide, boursouflée, arrondie; de là les sens divers qu'ont pris les deux formes, moite et mousse, de l'adjectif populaire muscidum dérivé du latin muscum (qui désigne la plante mousse, ail. moos) : mousse employé substantivement, la plante et l'écume; mousse adjectif, « qui ne coupe pas », dérivé émousser; moite, d'où moiteur, légèrement humide. Ambroise Paré réunit les deux formes : « yeux pleurans, moites ou mousses ».
— Dérivés de mousse plante : mousseron, espèce de champignon, et moussu. Dérivés de mousse écume : mousser et mousseux.
2. Mousse, apprenti marin, de l'italien mozzo ou de l'espagnol mozo.
Mousseline, u. noms propres Mousser, mousseron, mous-
(Mots tirés de). seux, v. moufse i.
Mousson s6 rattache à un mot arabe qui signifie saison.
Moussu, V. mousse 1. Moustiquaire, moustique
Moustache, moustachu, u. v. mouche, manger.
Moyeu] du français. 389
Moût, latin mustiiin; la moutarde (dérivé moutardier) est faite de graine de sénevé broyée avec du moût de vin. Sur Tautre sens de moutarde, v. sénevé.
Moutard, origine inconnue. Moutier, v. moine.
Mouton, origine douteuse, dérivés : moutonnier, moutonneux, moutonner, moutonnement, ces derniers s'appliquant aux accumulations de petits nuages blancs ou de petites vagues blanches qui font penser à la toison des moutons.
Mouture, v. moudre.
Mouvoir, latin movere, supin motum {*movitam en latin populaire).
1. Dérivés : mouvance, terme féodal, et mouvement idoù mouvementé), dont moment est le doublet savant (la durée se mesurant par des mouvements, cf. la locution en un clin d'œil). Dérivé de moment : momentané.
— A la racine de movere se rattachent l'adjectif mobile (automobile, v. auto-, locomobile, v. lieu) et son doublet meuble, proprt qui peut se mouvoir, d'où mobilité, mobiliser, mobilisable, mobilisation, mobilier, meubler, démeubler, ameublement, ameublir, immobilité, immobiliser, immobilier, immeuble. On a dit a le premier mobile », dans l'ancienne astronomie, en parlant de « la première sphère céleste, qui, tout en se mouvant, donne le mouvement aux autres », c'est ainsi que premier mobile, devenu ensuite mobile tout court, a passé (sauf en mécanique) du sens de u qui se meut » au sens de « qui meut », mobile d'une action.
— Au supin se rattachent : meute, mise en mouvement (d'où partie de chasse, puis troupe de chiens), ameuter, mutin, se mutiner, émeute et émeutier; moteur et locomoteur, V. /feu; motion et locomotion; motif et locomotive; motion et motif [d'où, motiver) expriment l'un et l'autre, à des points de vue différents, une idée de mise en mouvement ; faire une motion, c'est mettre une idée en avant.
2. Composés de mouvoir et du latin movere : amovible, qui peut être écarté, inamovible, inamovibilité; commotion, mouvement d'ensemble, ébranlement; émouvoir, mouvoir hors de (hors du repos), troubler, et émotion: promouvoir, mouvoir en avant, au figuré, et promotion, promoteur; remous, d'origine provençale, action de mouvoir en arrière.
Moyen, moyennant, v. mi^. Moyeu, v. mode^.
390 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mulet
Muciis, mot tout latin, qui désigne proprt l'écoulement nasal, d'où le sens de liquide visqueux. Dérivés savants : muqueux, muqueuse, mucosité, mucilagineux. De mucus viennent deux verbes latins : mucere en latin classique, *maccare en latin populaire. Le premier a produit moisir, d'où moisissure; le second a produit moucher, doù mouchoir, mouchettes, moucheur; mouchoir a d'abord désigné un morceau d'étoiTe carré pour se moucher, puis, par extension, un morceau d'étofîe carré soit pour se moucher, soit pour se couvrir le cou, ou, dans certains pays, la tête.
Muer (d'où mue), vient du latin mutare, changer. Dérivés et composés : mutation; immuable, immutabilité; commutateur, commuer; remuer, remuement; permuter, permutation ; transmuer, transmutation. A ladjectif dérivé muhuim, réciproque, se rattachent : mutuel, doù mutualité, mutualiste ; ce même adjectif latin s'employait substantivement au neutre dans le sens de << prêt » (réciprocité d'engament pécuniaire) et le composé prom«/««m [pro= en avant) signifiait proprt avance d'argent, d'où le surcomposé populaire *impromutuare qui a produit le français emprunter, où pru- est une forme exceptionnelle du préfixe pro-, et où nt est ce qui reste de la racine mutuum; substantif verbal emprunt, dérivé : emprunteur. Un air emprunté est un air qui semble ne pas appartenir à la personne, qui n'est pas naturel, d'où le sens de « gauche ».
Muet, diminutif de l'ancien français mu, dont il reste trace dans la locution « rage mue » et qui vient du latin mulum; dérivé savant : mutisme; composé : samuïr, en parlant d'un son.
Mufle, museau, et, au figuré, homme méprisable (d'où muflerie), origine inconnue.
Mugir, d'où mugissement, latin mugire.
Muguet, v. musc. Muid, v. mode^.
1. Mule, latin mula; dérivés : mulet, d'où muletier; mulâtre, produit d'un croisement analogue à celui d'où vient le mulet.
2. Mule, pantoufle, est proprt le nom d'un poisson qu'on appelle ordinairement mulet (latin mullum) ou rouget: la chaussure ainsi nommée était à l'origine de couleur rou^e.
Mulet, V. mule 1 et mule 2.
Musculature] du français. 391
Nulot, souris des champs, mot d'origine germanique, cf. anglais mole et ail. maulwurf.
Multi-. Les mots commençant ainsi se rattachent à ladjectif latin multum qui signifie « beaucoup de » et qui avait donné en vieux français molt, moût, écrit à tort moult. Dérivés et composés de mu//ant : multitude; multiple, proprt à beaucoup de plis, souvent répété, d"où multiplicité, multiplier, multiplication, multiplicateur, multiplicande proprt qui doit être multiplié, part, futur passif) ; multicolore, multiforme, etc.
— Le mot maint, d'origine douteuse, a le même sens que multum, et de même le préfixe poly-, qui vient du grec polu, (cf. plèbe au mot peuple), de telle sorte que polychrome équivaut à multicolore et polymorphe à multiforme, v. couleur et forme. Toutefois poly- indique souvent la simple pluralité plutôt que le grand nombre.
Municipal, municipalité, municipe, munificence, v.
commun.
Munir, du latin munire, apparenté à murum, mur; dérivé : munition; composés : démunir; prémunir, munir d'avance.
Muqueux, u. mucus.
Mur, latin murum (cf. munir); dérivés : muraille, mural, murer, emmurer.
Mûr, V. demain.
Mûre, subst., d'où mûrier, se rattache au latin morum^ grec 7/jdro/i, d'où sycomore, v. figue.
Mûrir, u. demain.
Murmurer, d'où murmure, latin murmurare.
Musaraigne, v. moule 2. Musard, musarder, v. muse.
Muse, latin muséum. Dérivés : musqué; muscat et muscade, d'origine provençale, qui signifient proprt musqué, musquée, d'où muscadier, arbre qui produit la noix muscade ; muscadin, tiré de lïtalien moscardino, signifie proprt pastille au musc. Notre mot muguet, nom de fleur, semble bien se rattacher aussi à musc. Au figuré on a appelé muguets et muscadins de jeunes élégants qui se parfument. Par une autre figure, on appelle encore muguet une exsudation blanchàlre de la bouche.
Muscle, musculaire, musculature, u. moule 2.
392 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Myrobolan
Muse, latin masa, qui est le grec mou^a. Les Muses présidaient à la poésie, à la danse, à la musique, etc., de là les divers sens des dérivés : musique, d'où musical, musicien, musiquette; musette et cornemuse [v. cor), instrument de musique: muséum, mot tout latin, et son doublet musée, qui signifie proprt « temple des muses, des arts » ; mosaïque, travail artistique spécial (d'où mosaïste), le mot nous vient de ritalien; probablement aussi muser, dont le sens propre serait « cultiver les muses », d'où flâner comme un artiste, dérivés et composés : musard, d'où musarder, amuser, d'où amusement, amuseur.
Museau, d'où museler, muselière, démuseler, origine incertaine.
Musée , muser , musette , Mutabilité , mutation , u.
muséum, musical, musicien, muer.
musique, musiquer, v. muse.
Musqué, V. musc.
Mutiler, d'où mutilation, latin mutilare
Mutin, mutiner, mutine- Mutisme, v. muet.
rie, V. mouvoir^. Mutualité, mutuel, u. muer.
Myope (d'où myopie), grec muôpa; sur le second élément du mot, V, voir^, le premier élément est le verbe miiein, fermer; le myope ferme à demi les yeux. Au verbe muein se rattachent : mystique (d'où mysticisme), proprt qui a une signification fermée, cachée; mystère, d'où mystérieux; et sans doute mystifier, mystification {v. faire ') ; le mot grec muein avait, entre autres sens, celui de fermer la bouche, ne pas révéler.
Myélite, v. moelle. Myosotis, myotomie, v.
moule 2.
Myriade, du grec muriada qui signifie à la fois « nombre infini » et « nombre de dix mille », d'où myriamètre, myriapode [v. pied).
Myrmidon, v. fourmi.
MYrobolan, du grec murobalanon, proprt gland parfumé, préparation pharmaceutique; on a tiré de ce mot, par plaisanterie et en songeant sans doute h la racine du verbe admirer, l'adjectif mirobolant, merveilleux. On rattache à muron, parfum, le mot grec miirrhê, français myrrhe.
Naître] du français. 393
Myrte, d'où myrtille (proprt petit myrte), vient du grec
murlon.
Mystère, mystérieux, mys- ticisme, mystification, mystifier, mystique, i'. myope.
Mythe, du grec muthon, récit, fable cf. fable au mot ajfnble*]. Dérivés : mythique, mythologie, mythologique, mythologue, v. logique *.
Nabab, mot arabe.
Nabot, origine inconnue. Nacelle, v. nef.
Nacarat, v. nacre.
Nacre, origine persane; dérivé : nacré, dont la forme espagnole nacarado, français nacarat, désigne une couleur rougeàtre à reflets analogues à ceux de la nacre.
Nadir, mot arabe qui signifie « opposé »; le zénith, « chemin droit », désigne le point du ciel qui est directement au-dessus de nos têtes, et le nadir, celui qui est directement au-dessous de nos pieds; les deux mots sont dorigine arabe.
Nage, nageoire, nager, na- Naguère ou naguères, u.
geur, v. nef. guère.
Naïade, du grec naiada, qui se rattache au verbe naieiriy couler.
Naïf, V. naître.
Nain, latin naniim, d'origine grecque.
Naître (jadis naistre), d'où renaître, se rattache au latin nasci. Le t n'a de raison d'être qu'à l'infinitif et aux temps qui en viennent, comme le d de moudre, v. ce mot ; on ne le trouve pas dans les dérivés naissance, renaissance. Le verbe latin commençait jadis par un g, il est de la même famille quegénUal. Le participe passé latin est nalum, d'où né, inné (né en nous), aîné, v. ant-^ puîné, i'. puis.
— Dérivés de natum : natif, né et naturel, et son doublet populaire na'if, naturel, sans art, d'où nativité et na'iveté; natal (d'où natalité), et son doublet populaire Noël (jour nalal); nature, ensemble de la création, principe créateur,
3Ô4 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Navct
caractère inné ; dénaturer; naturel, d'où surnaturel, naturalisme, naturaliste, naturaliser (assimiler aux naturels d'un pays), naturalisation; nation, proprt race, puis peuple, d'où national, qui a produit à son tour nationalité, nationalisme, nationaliste, nationaliser, dénationaliser, international.
Naïveté, u. naître.
Nanan, mot enfantin.
Nankin, v. noms propres (Mots tirés de).
Nantir, d'où nantissement, origine germanique. Naphte, d'où naphtaline, mot d'origine persane. Nappe, dérivé napperon, vient du latin mappa, d'où mappemonde, « nappe du monde ».
Narcisse, v. le suivant.
Narcotique se rattache au grec narkê, assoupissement, comme narcisse, nom de fleur, donné ensuite à un person. nage mythologique.
Nard, grec nardon.
Nargue et narguer, origine incertaine.
Narguilé, mot persan.
Narine, v. nez.
Narquois, mot d'argot.
Narrateur, narratif , narra- User, nasarde, naseau, nasiltion, narrer, v. connaître, G. lard, nasillement, nasiller, Nasal, nasalisation, nasa- v. nez.
Nasse, latin nassa.
Natal, natalité, v. naître.
Natation, natatoire, se rattachent au latin /lafare, nage-.
Natif, nation, national, na- tionaliser, nationalité, nativité, y. naître.
Natron, origine arahe.
Natte, d'où natter, dénatter, latin malta.
Naturalisation , naturali- Naumachie , nauséabond,
ser,naturalisnie, naturaliste, nausée, nautique, nautonier, nature, naturel, v. naître. naval, i', nef.
Naufrage, naufragé, v. nef
et fraction •*.
Navet, diminutif du latin napum.
Nef] DU FRANÇAIS. 395
Navette, navigabilité, na- gation, naviguer, navire, v. vigable, navigateur, navi- nef.
Navrer, d'où navrant, proprt blesser, origine germanique, cf. ail. narbe.
Ne et non viennent des adverbes latins ne {ni- comme préfixe dans nihil, v. annihiler] et non = ne unum. Nul est formé de ne et d'un dérivé de unum, ulluni, et a produit nullité, annuler, annulation. Nenni est formé de non et du pronom il, cf. oui au mot ce, pronom'.
— A côté de ne, le latin avait nec, conjonction négative représentée en français moderne par ni; c'était jadis ne, conservé dans la locution archaïque « ne plus, ne moins ». Le latin nec est préfixe dans négliger, v. lire^, et dans négoce, v. oiseux. Il est racine dans negare, supin negatum, d où vient nier, dérivé : niable, composés : dénier, d'où déni et indéniable, et renier; dérivés et composés savants : négatif, négation, dénégation, renégat, « qui a renié », abnégation, renoncement. — Sur néant et ses dérivés, v. être '.
Nébuleux, d'où nébulosité, vient d'un dérivé du latin nebula, brouillard (cf. l'allemand nebel), qui a produit nielle (maladie du blé) en formation populaire. On a la même racine dans ninibum, fr. nimbe, qui signifie proprt nuage.
Nécessaire, latin necessarium, dérivé de necesse, qui a le même sens; autre dérivé : nécessité, doù nécessiter, nécessiteux.
Nécro- (Mots commençant par), v. noyer 2.
Nectar, grec nektar.
Nef, latin navem, vaisseau. Dérivés : navette, proprt petit bateau; navire, nacelle, naval. Composés : naviguer {v. agir ^) et son doublet nager, qui a encore, comme terme de marine, le sens archaïque de ramer; naufrage, v. fraction^. Dérivés de naviguer : navigable, d'où navigabilité; navigateur, navigation. Substantif verbal de nager: nage; substantif participial : nagée. Dérivés et composés : nageur, nageoire, surnager.
— Le mot grec qui correspond au latin navem est, au nominatif, naus, et la plupart des dérivés et composés par nausont d'origine grecque : noliser, pour nauliser, qui nous vient par l'italien, affréter un navire; nautique, nautonier; aéronaute, v. air; nausée, d'où nauséabond, mal de navire,
396 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Neuf
mal de mer, avec son doublet populaire noise dont le sens ancien est tumulte; naumachie, combat sur des bateaux, cf. logomachie au mot logique-; nocher, proprt patron de bateau, ce mot nous vient, par l'italien, du grec nauklêron, cf. clerc.
Néfaste, V. faste 2.
Nèfle, d'où néflier, latin mespilum, d'origine grecque.
Négatif, négation, v. ne. ciant, négociateur, négocia- Négligé, négligeable, né- tion, négocier, v. ne et oiseux. gligence, négligent, négliger, Nègre, négresse, négrier, V. ne et lire *. négrillon, v. noir.
Négoce, négociable, négo-
Neiger (d'où neige et neigeux), névé, du patois des Alpes, et nivôse, se rattachent au latin nivem, neige, cf. anglais snow, ail. schnee.
Nenni, v. ne.
Nénufar, origine arabe.
Néo- (Mois commençant Néphrétique, néphrite, v.
par), V. neuf 2. rein.
Népotisme, v. neveu.
Nerf, latin nerviim, qui correspond au grec neiiron. Dérivés : nerveux, d'où nervosité, nervosisme; nervure; énerver, d'où énervement; et les dérivés et composés grecs : névrose, état nerveux; névralgie, d'où névralgique, comparez coxalgie au mot cuisse.
Néroli,u. noms propres (Mots Nerprun, v. prune.
tirés de).
Net, latin nitidum, brillant; dérivés : netteté et nettoyer, d'où nettoyage.
i. Neuf, nom de nombre, latin novem, qui correspond à l'allemand /leun et à l'anglais nine. Dérivés : neuvième, neuvaine ; novembre, neuvième mois de l'année romaine ; nones, latin nonas, le neuvième jour en comptant à rebours à partir des ides; none, la neuvième heure de la liturgie catholique; nonidi, v. jour; nonante, vieux mot pour neuf dizaines; nonagénaire, qui a neuf dizaines d'années.
2. Neuf, latin novum, qui correspond au grec néon (cf. l'ail, neu et langl. new). Dérivés : nouveau, nouvelle, d'où nouvelliste, nouveauté, renouveler, renouvellement; novice, d'où noviciat; novateur et les composés innover d'où
Nid] DU FRANÇAIS. 397
innovation, rénovateur, rénovation. Au grec néon se rattachent néologisme, v. logique"^, et néophyte, proprt nouveau rejeton, v. physique.
— On rattache aussi à novum le mot nuntium, messager (celui qui donne les nouvelles), forme française nonce (d'où nonciature, et internonce, nonce intérimaire). Composés de muitiuni : annoncer, annonce et annonciation ; dénoncer, proprt déclarer, et dénonciation, dénonciateur; énoncer et énonciation; prononcer, proprt annoncer publiquement, à haute voix, et prononciation, prononçable ; renoncer, annoncer qu'on se retire, d'où renoncement, renonciation.
Neume, v. pneumatique.
Neutre, d'où neutraliser, neutralité, vient du latin neatrum qui contient la négation ne et signifie proprt ni l'un ni l'autre.
Neuvaine, neuvième, u. Névé, v. neiger,
neuf 1.
Neveu vient du latin nepotem (cf. ail. neffe), qui signifie à lorigine petit-fils; un dérivé du féminin nepiim a produit nièce. Sur nepotem a été fait népotisme, prédilection qu'on manifeste pour ses neveux.
Névralgie, névralgique, névrose, i'. nerf.
Nez, latin nasum. Dérivés : naseau; nasal, d'où nasaliser, dénasaliser, nasarde, proprt chiquenaude sur le nez; nasiller, d'où nasillard. Une autre forme latine, nares, a produit narine. Sur punais, v. pourrir. Renâcler, renifler avec répugnance, semble se rattacher aussi à nasum.
— Le mot grec qui signifie nez est rhina, d'où : rhinoplastie [v. plastique), réfection du nez; rhinocéros, qui aune corne sur le nez, v. cerf.
Ni, niable, v. ne. Niche, nichée, nicher, v.
Niais, niaiserie, v. nid. nid.
Nickel, d'où nickeler, mot d'origine Scandinave. Nicodème, Nicotine, v. noms propres (Mots tirés de).
Nid, latin nidum. Le dérivé niais, doù niaiserie, déniaiser, signifie proprt « qui n'a pas encore quitté le nid »; nigaud, dont la seconde syllabe n'est pas encore expliquée, semble se rattacher à la même idée. Nidificnre. faire son nid (i'. faire"'), devenu *nifficare, a produit nicher en formation
398 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Noix
populaire; substantif participial nichée. Composé de nid : dénicher, doù dénicheur. Le mot niche, petit réduit, malgré sa ressemblance avec l'italien nicchia, semble être le substantif verbal de nicher, employé au figuré; niche, au sens de (c attrape », est peut-être un autre mot.
Nièce, V. neveu. Nihilisme, nihiliste, v. an-