‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 105 sur 169 · V. neuf 2. Noyau, 1. Noyer, v. noix · texte numérisé non relu

V. neuf 2. Noyau, 1. Noyer, v. noix

2. Noyer, d'où noyade, latin necare, dont le sens propre est : faire périr de mort violente. A la même famille se rattachent pernicieux, nuire (v. ce mot), et le grec nekron, mort, qu'on trouve dans les mots : nécrologe, liste des morts, nécrologie, notice sur un mort, nécrologique, v. logique^; nécromancie et nécromancien ou nécromant, v. cartomancie: nécropole, v. police 1; nécrose, proprt mortification.

Nu, latin nudum, dérivés et composés : dénué, dénuement, dénuder, nudité.

Nuage, nuageux, nuance, Nubile, v. noce.

nuancer, v. nue. Nudité, v. nu.

Nue, substantif, se rattache au latin nubem. Dérivés : nuée, nuage, d'où nuageux ; nuances d'où nuancer), tons dégradés comme les reflets des nuages, et différences de tons.

Nuire, latin nocere, apparenté à necare, d'où vient le verbe noyer. Dérivés : nuisible et les mots savants : nocif; innocent, innocence, innocenter; innocuité.

Nuit, d'où nuitée, nuitamment, minuit {v. mi^), vient du latin noctem (ail. nachi, angl. nighl , d'où les mots savants : nocturne, noctambule et noctambulisme, v. anibu-

408 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [OboIC

lanl: équinoxe, — d'où équinoxial, — qui signifie proprt égalité de la nuit, v. équité.

Nul, nullité, v. ne, mérique, numéro, numéro -

Numéraire, numéral, nu- tage, numéroter, v. nombre. mérateur, numération, nu-

Numismate et numismatique se rattachent, pari intermédiaire dune forme latine, au grec nomisma, monnaie, génitif nomismatos , apparenté au mot nomon, sur lequel i'. autonome.

Nuptial, u. noee.

Nuque, de l'arabe nukha^ moelle épinière.

Nutritif, nutrition, v. nour- Nymphe, nymphéa, v. lym-

rir. phe.

Oasis, mot grec, qui paraît être d'origine égyptienne.

Ob- et o-, préfixe qui est apparenté au grec epi, mais qui a des acceptions différentes. Ob- signifie proprt devant, comme pro- et pré-, et c'est ainsi que offrir (proprt porter devant) et proposer (proprt poser devant) expriment des idées analogues; mais, pour ob-, l'idée de « devant » a évolué dans le sens de « en face, en opposition », d'où la grande différence de signification entre proposer et opposer. Quant à pré-, il exprime surtout lidée de « avant dans le temps », ou une idée comparative, v. pour.

Obédience, obéir, obéissance, v. oreille.

Obélisque, grec obeliskon, proprt broche.

Obérer, v. airain. Obligatoire, obligation,

Obèse, obésité, v. manger. obligataire, obligeance, obli-

Obier, v. aube. géant, obliger, ii. lier. Obit,obituaire,u.(î7Ver 2, A. Oblique, obliquer, obli-

Objecter, objectif, objec- quité, v. lice 3.

tion, objectivité, objet, u. Oblitération, oblitérer, v.

jeter'-. lettre.

Objurgation, v. jurer ^, Oblong, v. long.

Oblat, oblation, i'. offrir 2.

Obole, grec obolon.

Odeur] du français. 409

Obscène, doù obscénité, latin obscemim, d'explication incertaine, sens primitif : de mauvais augure. Obscur, doù obscurité, obscurcir, obscurcissement,

latin obsciiriim.

Obsécration, v. sacrer. Obstacle, obstétrique, obs-

Obséder, v. seoir ^. tination , obstiné, obsti-

Obsèques, obséquieux, ob- ner (s'), i'. estera.

séquiosité, v. suivre -. Obstruction, obstruer, v.

Observable, observance, structure.

observateur, observation. Obtempérer, v. temps-.

observatoire, observer, v. Obtenir, obtention, v. te-

serf^. nir 2.

Obsession, obsidional, u. Obturateur, obturation,

seoir '^. obturer, obtus, v. contondant.

Obus, doù obusiep, allemand haubitze, d'origine tchèque.

Obvier, v. voie^. Occlusion, v. clou^.

Ocarina, origine inconnue. Occultation, occulte, v.

Occasion, occasionnel, oc- celer.

casionner, occident, occiden- Occupant, occupation, octal, V. choir ^. cuper, v. capable-^.

Occipital, occiput, u. cap^. Occurrence, v. courir.

Occire, v. césure.

Océan, grec ôkeanon.

Ocellé, V. œil.

Ocre, grec ôkhron, qui exprime l'idée d'une couleur jaune

pâle.

Octante, octave, in-octavo, Octroi, octroyer, v. auteur.

octidi, octobre, octogénaire. Oculaire, oculiste, v. œil.

octogone, v. huit.

Odalisque, proprt femme de chambre, turc odalik.

Ode, doù odelette, du grec ode, chant. Dérivés et composés savants : odéon, proprt salle de musique; mélodie et comédie (v. ces mots), où od-, éd- représente le mot ode et exprime l'idée de chant; parodie, proprt chant à côté, et palinodie, chant à rebours; prosodie, proprt chant d'accord avec; psalmodie, v. psaume; cf. aussi rapsodie.

Odeup, d où odorat, odorant, subodorer, odoriférant {v. ojfrir^), latin odorem. A la forme al- de la racine od- se rattache olfactif, proprt qui fait l'action de sentir. Du grec ozcin, exhaler une odeur, dérive ozone, oxygène modifié par l'électricité, qui a une odeur caractéristique.

410 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Œuvre

Odieux vient d'un dérivé du substantif latin oclium, qui signifie à la fois désagrément et haine, et sur lequel a été fait en latin populaire le verbe *inodiare, français ennuyer, d'où ennui, ennuyeux, désennuyer.

Odontalgie, u. dent et coxal- Odorant, odorat, odorifé-

gie. rant, v. odeur.

Œcuménique, v. économe.

Œdème, œdémateux, du grec oidêma, génitif oidêmatos, qui signifie gonflement.

Œil, latin oculain (cf. ail, auge, angl. eye). Dérivés populaires : œillet, proprt petit œil, œillade, œillère; cuiller un tonneau, proprt le remplir jasquà l'œil (jusqu'au trou de la bonde); andouiller du cerf, ramification qui lui pousse devant les yeux {and- pour ant-, v. ant-, préfixe); aveugle (préf. ab-), d'où aveugler, aveuglement, à l'aveuglette. Aveugle a été aussi expliqué ipar * alboculum, à l'œil blanc, V. aube. Dérivés et composés savants : oculaire, oculiste, binocle,!;, bis; inoculer (d'où inoculation), proprt insérer, greffer, un œil ou bouton de plante ; ocellé, formé sur le diminutif ocellum.

— Le mot grec ophthalmon, qui signifie œil, appartient à la même famille; dérivés : ophtalmie; ophtalmologie, V. logique *•. Sur les autres mots tirés de la même racine grecque, v. l'article voir^.

Œillette, v. huile. Œnologie, v. vin.

Œsophage, grec oisophagon, proprt qui porte les aliments; sur -phage, v. anthropologie.

Œstre, grec oistron.

Œuf et son doublet ove, terme d'architecture, latin ovum, d'où : ovaire, ovule, ovale; ovo'ide, v. forme; ovipare, V. parent^. A la forme grecque don se rattache le diminutif oïdium, proprt petit œuf.

Œuvre, avec son doublet italien opéra, est le mot latin opéra, à côté duquel il y avait la forme opus, d'où opuscule et office, officine, v. faire \ Composé : manœuvre, nom de personne et nom d'action {v. main ^), d'où manœuvrer. Le verbe operarc a produit les doublets opérer et ouvrer.

— Dérivés d'ouvrer : ouvrier, ouvrable (jours ouvra!)les, où l'on travaille), ouvroir; ouvrage, d'où ouvragé. Dérivés et composés d'opérer : opération, opérateur, opérable, inopérable, inopérant, coopérer, coopération, coopéra-

Offrir] DU FRANÇAIS. 411

teur, coopératif. Le composé désœuvré est formé directement sur œuvre, et désœuvrement, sur désœuvré.

— I/idée d'œuvre est exprimée en grec par le mot ergon, sur lequel v. chirurgie.

Offense, offenser, offen- officiant, officiât, officiel, of-

seur, offensif, v. défendre. ficier (verbe et substantif),

Offertoire, v. offrir-. officieux, officinal, officine.

Office, officiai, officialité, v. faire '.

Offrir se rattache au latin offerre, composé de ferre, porter, qui est de la même famille que l'anglais to bear et que l'allemand ge-baren.

1. Dérivé déferre : fertile, « qui porte » des fruits, d'où fertilité, fertiliser, fertilisable.

2. Les composés ont donné, à côté de deux formes populaires en -frir, offrir et souffrir, des formes savantes en -férer. D'autre part, le supin de ferre, emprunté à un verbe tout différent [v. tolérer), était latum, de telle sorte que, par exemple, à côté de l'infinitif transférer, on a le nom d'action translation. Nous allons reprendre ces différents composés dans l'ordre alphabétique de la première lettre du préfixe.

— Tout d'abord le participe passé avec le préfixe ad-, allatum, qui signifie proprt porté vers, est peut-être l'origine du participe allé qui nous sert pour le verbe c< je vais », auquel cas l'infinitif aller et les autres formes en ail- auraient été créées d'après le participe passé. Afférent, qui revient à quelqu'un, en parlant d'un droit, d'une part. — Ablation, enlèvement, et ablatif, cas auquel on met le nom de l'objet d'où on enlève. — Circonférence, ligne qui entoure. — Conférer, c'est porter avec, d'où rapprocher, attribuer, se rapprocher pour s'entretenir; confer, impératif latin, abrégé en cf., « rapprochez » ; conférence, entretien ; collation, rapprochement, avait aussi, dans les couvents, le sens de u conférence » du soir, et de u léger repas » à la suite de cette conférence, et on arrive ainsi au sens actuel de « petit repas ». — Déférer, c'est proprt porter d'un endroit à un autre, d'où traduire quelqu'un devant une juridiction, attribuer quelque chose, s'en remettre à la décision d'un autre, ce qui explique la signification du substantif déférence et de l'adjectif déférent; la délation (nom d'agent : délateur), c'est l'action de délérer quelqu'un à une autorité, mais en se dissimulant, restriction

412 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Offrir

qui est naturellement étrangère au sens propre du mot, — Différer, c'est propt porter de côté et d'autre, d"où, en parlant de plusieurs objets, ne pas se ressembler, c'est aussi porter à un autre moment, d'où retarder (comparez reporter) ; au premier sens se rattachent différent et différend (deux orthographes pour deux emplois du même mot), différence, différencier, différentiel, indifférent (qui ne se porte d'aucun côté), d'où indifférence; au second sens se rattache la signification de Tadjectif dilatoire. — Inférer, c'est porter (un raisonnement) d'un point à un autre, conclure; comparez induire, au mot diiire ^. — Offrir, c'est porter en face, présenter, d'où : offre, offrande, offertoire et ohlation; oublée, devenu oublie, d'abord pain d'autel préparé pour Toblation et l'offertoire; oblat, laïque qui s'offre à un couvent avec sa fortune.— Préférer (d'où préférable, préférence), c'est porter devant, mettre devant; un prélat, c'est proprt celui qui est mis devant, à la tête, et se prélasser, c'est s'allonger nonchalamment comme un prélat. — Proférer, c'est porter (la parole) en avant, prononcer. — Se référer, d'où référence, référé, c'est se reporter, une relation est un rapport, relater, c'est faire une relation ; une chose relative est en rapport avec d'autres; un conseiller référendaire est chargé de ce qui doit être rapporté; une corrélation, d'où corrélatif, est une relation de deux termes l'un avec l'autre. — Souffrir, d'où souffrance, c'est proprt « porter dessous », on comprend dès lors la synonymie fréquente de souffrir et de subir [v. errer 2, A), supporter; suggérer [v. gérer '^) a la même valeur étymologique, mais a pris une acception très spéciale. — Superlatif, porté au plus haut point. — Transférer, d'où transfert, translation, c'est porter au delà.

3. Composés avec des substantifs : crucifère, qui porte les pétales en croix; somnifère, qui apporte le sommeil, etc.; odoriférant; légiférer, proprt porter une loi, et législateur, législation, législatif, législature, v. loi. Sur vociférer, V. voix.

4. A la forme grecque déferre se rapportent : périphérie, proprt ce qui est porté autour, surface extérieure; métaphore (d'où métaphorique), transport du sens d'un mot, par comparaison, d'une idée à une autre; phosphore, proprt qui porte la lumière; amphore, vase qu'on porte par deux anses [v. amphi-); ampoule, d'où ampoulé, vient d'un diminutif latin archaïque d'amphore.

Oiseux] DU FRANÇAIS. 4l3

Offusquer, latin offiiscare, proprt obscurcir.

Ogive, d'où ogival, origine douteuse.

Ogre, origine inconnue; on y a vu un doublet de hongre, hongrois.

Oïdium, y. œuf. Oignon, u. un.

Oie, V. oiseau.

Oindre, latin ungere, supin undum; dérivés : onction, onctueux, onguent; composé : axonge, v. ais.

Oiseau et oie viennent de dérivés du latin auem, oiseau, nominatif avis.

1. Dérivés d'oiseau : oiselet, oisillon, oison, oiseleur. Dérivés savants d'avis : aviculture, v. colon ; aviation, aviateur, avion; le mot aviation figure comme néologisme dans le Dictionnaire Général (fin du xix^ siècle) avec cette définition : « système de navigation aérienne où Ton se servirait dappareils plus lourds que l'air ».

2. Le mot grec qui signifie oiseau est omis, génitif or/u7/ios, doù ornithologie, ornithologiste, v. logique''.

3. Pour désigner les prêtres qui prédisaient l'avenir en observant les oiseaux, les Latins avaient formé deux mots composés, l'un avec la racine qu"on a dans épice et qui signifie « regarder », l'autre avec la racine qu'on a dans goût et qui signifie « éprouver ». Au premier se rattache auspices, proprt présage; au second se rattache augure, prêtre et présage, doù augurer, et inaugurer, inaugural, inauguration qui comportent étymologiquement Tidée d'une consultation des dieux au début dune entreprise. Auguste parait signifier « consacré par les augures »; le sixième mois de l'année romaine avait été appelé auguste, du nom de l'empereur; la forme française (populaire) du mot est août, cî. juillet et juin. — Le doublet populaire d'au^ure-présage est le vieux moteur devenu heur, v. ce mot.

4. Autres composés : autruche, où au- vient d'auis, et la seconde partie du mot du grecstroulhion, autruche; outarde, proprt oiseau lent, cf. tard.

Oiseux, sur lequel s'est formé oisif, d'où oisiveté, vient d'un dérivé du latin otiuni, repos, loisir. Négoce {v. ne) signifie proprt absence de loisir, occupation, afl'aires, dérivé : négocier, d'où négociant, négociable, négociateur, négociation; parmi ces dérivés, les uns se rattachent à l'idée de faire du commerce, les autres à l'idée de s'entremettre dans une affaire quelconque.

-il^ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Onde

Oison, u. oiseau i. Olibrius, v. noms propres

Oléagineux, v. huile. (Mots lires de).

Olfactif, V. odeur. Olifant, v. éléphant.

Oligarchie, d'où oligarchique, commandement du « petit nombre )>, mot d'origine grecque ; sur -archie, v. arch-, archi-.

Olivâtre, olive, olivier, v. huile.

Olographe {v. graphie^), mot formé avec le grec holon, « entier », apparenté peut-être à sauf et qu'on retrouve dans holocauste, proprt entièrement brûlé [v. brûler) et dans catholique, proprt répandu dans le monde entier (préfixe distributif cala-).

Olympiade, période entre deux célébrations des jeux d'Olympie.

Ombelle , ombellifère , v. Ombilic, ombilical, v. nom-

ombre, bril.

Ombre, latin umbra. Dérivés: ombreux, ombrer; ombrage, ombre des feuilles (d'où ombrager), et ombrageux, qui a peur d'une ombre; ombrelle, « petite ombre» portative, dont la forme ombelle, d'où ombellifère, est un terme de botanique. Sur le préfixe de pénombre, v. île. — Ombre est aussi un nom de poisson, comme le latin umbra.

Omelette, v. lame. Omettre, omission, v. met-

tre 3.

Omnibus signifie proprt «pour tous ». C'est le datif pluriel du latin omnis, tout, qu'on trouve dans omnipotence, v. pouvoir, omniscience, v. savoir, omnivore, v. dévorer. Sur le mot grec qui a le même sens, v. panacée.

Omoplate, v. humérus. Onagre, v. âne.

On, V. homme.

Onques, latin unquam, même sens.

Once, latin uncia, qui désigne à la fois un poids et une longueur; comme longueur, c'est un pouce, et les lettres onciales sont proprt des lettres d'un pouce; le latin quincuncem désigne une monnaie de cinq onces figurées par cinq boules, dont la disposition est l'origine de la signification de notre mot quinconce.

Oncle, i'. aïeul. Onction, onctueux, v. oin-

dre.

Onde, latin unda, de la même famille que le grec liudôr^

Opprimer] du français. 415

V. hydr-. Dérivés : ondée, ondine; ondoyer, se mouvoir comme les ondes et asperger, d'où ondoyant, ondoiement; onduler, d'où ondulation, ondulatoire, onduleux. Composés : abonder, proprt déborder, d'où abondant, abondance, surabonder, surabondance; inonder, d'où inondation; redondant, proprt qui reflue, d'où redondance.

Onéreux se rattache au mot latin omis, génitif oneris, qui signifie fardeau. Composé : exonérer, d'où exonération.

Ongle, d'où onglée, engourdissement du bout des doigts, et onglet, vient d'un diminutif du latin unguem, même sens. La forme grecque du mot est oniix, d'où onyx, nom donné à une pierre précieuse en raison de sa transparence cornée. Le latin panaricium, d'où vient panaris, est considéré comme une déformation de parôniikliia, proprement mal « à côté de l'ongle )).

Onguent, v. oindre. Onomastique, onomatopée.

u. connaître, B, U°.

Ontologie, grec onlologia {v. logique *), proprement science de l'être, comme la paléontologie {v. paléo-) est la science des êtres anciens, fossiles.

Onyx, V. ongle. Onze, onzième, v. un.

Opale, d'où opalin, grec opallion.

Opaque, d'où opacité, latin opacum.

Opéra, opérateur, opérer, opérette, i\ œuvre.

Ophicléide et ophidien contiennent le mot grec ophin, serpent; Y ophicléide est un « serpent » d'église avec des clefs; le grec Idcida, clef, est de la même famille que clavem, v. clou.

Ophtalmie, u. œil. Opiler, v. pétrir.

Opiacé,, opiat, v. opium. Opime, u. copie.

Opiner, latin opinari. penser, exprimer sa pensée. Dérivés cl composés: préopinant; inopiné, à quoi on ne pensait pas; opinion, d'où opiniâtre, tenace dans ses opinions {v. acaridlrc'^, sur lequel ont été faits opiniâtreté, s'opiniâtrer.

Opium, forme latine du grec opion, proprt extrait d'un suc (le suc de pavot), d'où opiacé et opiat (médicament opiacé). Opoponax (pour opopanax) est formé avec opon, suc, et un second élément sur lequel v. panacée.

Opportun, opportunisme, ser, opposition, v. site *.

opportuniste, opportunité, v. Oppresser, oppresseur, op-

porl. pressif, oppression, oppri-

Opposablc, opposant, oppo- mer, i'. près.

4J6 dictionNxVire étymologique [Oral

Opprobre, latin opprobrium.

Opter, du latin optare, qui signifie choisir, puis souhaiter. Dérivés : option, choix ; optatif, mode du souhait. Composés : adoption, choix pour soi, adopter et adoptif; cooptation, proprt choix par entente commune.

Opticien, v. voir^. Opulent, opulence, u. copie.

Optimisme, optimiste, cf. Opuscule, v. œuvre,

aristocrate et v. copie. 1. Or, adverbe et conjonc-

Option, V. opter. tion, v. ce, pronom 3. Optique, v. voir^.

2. Or, substantif, latin aurum. Dérivés : auréole, d'où auréolé, proprt couronne d'or; loriot, pour Voriot, l'oiseau au plumage doré. Composé dorer (préfixe de-), d'où doreur, dorure, dorade (forme provençale), poisson aux écailles dorées, eldorado, mot espagnol, qui signifie proprt « le pays doré », et dédorer. Autres composés : aurifier, aurification, V. faire'^; aurifère, v. offrir^; oriflamme, proprt flamme d'or; orfroi, broderie d"or, proprt or phrygien, orfèvre, doù orfèvrerie, proprt ouvrier en or, v. fabrique; oripeau, proprt peau ou feuille d'or (qui brille comme de l'or). Or a contribué à la formation d'orange et d'orpailleur, v. ces mots.

— Le mot grec qui exprime la même idée est khruson, d'où chrysalide, cocon doré, chrysanthème, proprt fleur d'or, V. /leur, chrysocale, pour chrysocalque, proprt cuivre d'or, V. archal.

Oracle, v. oral.

Orage, d'où orageux, se rattache au latin aura, souffle, vent. Composé : le vieux verbe essorer, mettre à l'air, substantif verbal essor. Aura est apparenté à aer, air.

Oraison, v. le suivant.

Oral est formé sur le substantif latin os, génitif oris, bouche. Un orifice est ce qui forme bouche, au figuré, V. faire"^.

— Le verbe dérivé orare, qui a produit oraison et orateur, oratoire, adjectif et substantif, signifiait à la fois parler et prier [oraison a encore le sens de discours dans « oraison funèbre ») ; pérorer, doù péroraison (conclusion), c'est proprt discourir jus(iu'au bout; un oracle, c'est ])roprt la « parole » d'un dieu. Le mot tout l^tin orémus, prière, emprunté à la liturgie catholique, est un subj. à la première pers. du plu-

Ordre] Du français. 417

riel, et signifie « prions )>. Adorer, d'où adoration, adorateur, signifie proprt adresser une prière (ou porter la main à la bouche, geste d'adoration): le composé exorare, sur lequel a été fait inexorable, avait le sens de « arriver au résultat que Ton poursuit en priant », fléchir. Un oratorio (forme italienne) est une sorte dopera religieux sous forme de symphonie.

Orange, d'où orangeade, oranger, orangerie, et le mot provençal oronge (champignon qui rappelle l'orange), a été d'abord *arange, de l'arabe narandj : est devenu orange sous l'influence du mot or.

Orang-outang, mot malais qui signifie homme des bois.

Orateur, oratoire, oratorio, v. oral.

Orbe, du substantif latin orbis, accus, orbem, rond. Dérivés : orbiculaire, de forme courbe; orbite, cavité ou ligne de forme courbe, d'où exorbitant, proprt qui sort de son orbite, qui dépasse les bornes.

Orchestre, d'où orchestrer, orchestration, vient du grec orkhêstra, lequel se rattache à un verbe qui signifie « danser, évoluer »; l'orchestre était la partie du théâtre grec où le chœur faisait ses évolutions.

Orehis, d'où orchidée, plante dont la racine a la forme dune glande, grec orkhis.

Ordinaire, ordinal, ordina- car, ordonnateur, ordonner, tion, ordonnance, ordonnan- v. le suivant.

Ordre, d'où désordre, vient du latin ordinem, qui signifie proprt rangée, puis arrangement (cf. orner). Le mot avait aussi en vieux français la forme orne, d'où ornière, et désignait particulièrement sous cette forme les rangs de tranchées ouvertes par la charrue, c'est-à-dire les sillons; les ornières sont les sillons des roues. Les dérivés tout à fait savants sont enordin-, pour les autres on a passé de ordener à ordonner, probablement sous l'influence de donner.

— Le mot ordre réunit les sens suivants : 1^ Rang; dérivé dans ce sens : ordinaL 2" Rang hiérarchique (les trois ordres, les ordres majeurs et mineurs) ; dérivés dans ce sens : ordonner un prêtre, l'ordination. 3° Arrangement; dérivés : ordonner au sens d'arranger, ordonnance au sens d'arrangement, ordonnateur dans une de ses acceptions, coordonner et coordination. 4° Arrangement normal (ordre des choses); dérivé : ordinaire, d'où extraordinaire, abrégé en extra dans

DICT. KlYM. KHANÇ. 27

418 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Oreilie

certaines acceptions, par exemple « un extra » en parlant d'un garçon employé momentanément comme suppléant ou auxiliaire. 5" Arrangement prescrit; donner un ordre, c'est proprt prescrire un arrangement, puis, par extension, prescrire une action quelconque; dérivés : ordonner, au sens de commander, ordonnance, aux sens de commandement et de militaire chargé spécialement de faire exécuter des ordres (puis domestique militaire d'un officier), subordonner, proprt placer sous les ordres de quelqu'un, subordination, insubordonné, insubordination. 6*^ Prescription de payer; dérivés dans ce sens : ordonnancer, ordonnancement, ordonnateur dans une de ses acceptions.

Ordure, ordurier, v. horreur.

Orée, dérivé du latin ora, bord; le diminutif *oriilam a produit le vieux français ourle; d'où le sous-diminutif ourlet, }3ord replié, et le verbe ourler.

Oreille (d'où le vieux verbe français essoriller, couper les oreilles), vient du latin aiiricuJa, — diminutif de aurein, — sur lequel a été fait le moi savant auriculaire. Dérivés d'oreille : oreiller, oreillette, oreillons. A aurem se rattache le verbe audire {v. dé à jouer 3), français ouïr, d'où ouïe, inouï, ouï-dire, prononciation archaïque pour ouir-dire, et les dérivés savants : auditeur, auditoire, auditif, audition. Audience a signifié auditoire; sens actuels : réception d'un postulant qui demande à être entendu, et séance d'un tril3unal pour entendre les débats.

— Le composé oboedire, français obéir, signifie proprt avancer ou prêter l'oreille, écouter quelqu'un, dansle sens de faire ce qu'il dit, dérivés : obéissant, obéissance, désobéir, désobéissance, et le mot savant obédience. — Ausculter (doublet : écouter) contient la vieille forme ans- = oreille, et la racine verbale qu'on a dans client, v. ce mot. Dérivé d'ausculter : auscultation; dérivés d'écouter : écoutes, écouteur, écoutille, ouverture par laquelle on communique d'un étage à l'autre d'un bateau.

— Le mot de la même famille qui signifie oreille en grec est ous, génitif o/os, d'où otite, maladie de roreille, parotide, glande à côté de l'oreille (préfixe para-), et myosotis, proprt oreille de souris, v. moule 2; les otaries sont des phoques à oreilles apparentes. — Au mot grec qui signifie entendre, akoueiiif se rattache acoustique.

Orient] DU français. 419

Orémus, v. oral. Organdi, origine inconnue.

Ores, V. heure. Organe, organique, orga-

Orfèvre, orfèvrerie, v. or 2 nisateur, organisation, orga-

et fabrique. niser, organisme, organiste,

Orfraie, i'. os. v. orgue.

Orfroi, v. or 2.

Organsin, italien organzino, d'origine douteuse.

Orge, doù orgelet (proprt petit grain d'orge), orgeat, du latin hordeum.

Orgie, d'où orgiaque, grec orgia, proprt fêtes deBacchus.

Orgue, doublet d'organe, se rattache, par l'intermédiaire du latin, au grec organon, qui signifie proprt instrument. Un organe, d'où organique, organisme, inorganique, est l'instrument d'une fonction, notamment d'une fonction vitale. Organiser, d'où organisation, organisateur, c'est arranger les choses de manière à en faire les instruments d'une entreprise. Les orgues, ce sont proprt les organes, les différents tuyaux d'un instrument de musique qui s'est d'abord appelé pour cela orgues au pluriel, puis orgue au singulier, la signification originelle du pluriel s'étant effacée; c'est par archaïsme qu'on dit encore les orgues en parlant d'un seul instrument. Dérivé : organiste.

— Le genre primitif du mot français orgue était le féminin: employé au singulier, il est devenu masculin, sous l'influence du genre du mot instrument, et il conserve ce genre quand on l'emploie au pluriel pour désigner plusieurs instruments. Il est donc faux de dire que orgues au féminin pluriel est le pluriel du masculin orgue, ce n'est un pluriel que pour la forme, c'est un singulier pour le sens actuel.

Orgueil, d'où orgueilleux, s'enorgueillir, origine germanique,

Orichalque, y. archal.

Orient est proprt le participe présent du verbe latin oriri, supin orlum. qui signifie s'élever, prendre naissance. Dérivés : oriental, d'où orientalisme, orientaliste; orienter, proprt tourner vers l'orient, d'où orientation, désorienter. L'orient d'une perle, c'est son reflet particulièrement coloré, considéré comme la marque de son origine orientale.

— Dérivés du verbe oriri : origine, d'où originaire ; original, « qui est l'origine d'une chose, qui sert de modèle, qui n'imite pas »,d'où originalité; originel, doublet du précédent, mais qui en a été différencié par le sens (« qui remonte à

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l'origine »); aborigène, originaire d'un pays, comparez indigène au mot génital ^.

— Dérivé du supin : avorter (préfixe ab-), ne pas naître, ne pas donner naissance, d'où avortement, avorton, proprt produit mort-né, et le mot savant abortif.

Orifice, v. oral. nalité, origine, originel, v.

Oriflamme, v. or 2. orient.

Originaire, original, origi- Oripeau, v. or 2.

Orme, doù ormeau (jadis petit orme), latin ulmun Orner, du latin ornare, qui signifie proprt arranger, même famille que ordre. Dérivé : ornement, doù ornemaniste, ornemental, ornementer, ornementation. Composé : suborner, doù suborneur, proprt orner pour séduire.

Ornière, v. ordre. Orographie, orographique,

Ornithologie, ornitholo- v. mont. giste, V. oiseau^. Oronge, v. orange.

Orpailleur, v. harpie.

Orphelin, d"où orphelinat, se rattache au mot grec orphanon.

Orphéon, v. noms propres Orpiment, u. peindre.

(Mois tirés de). Orteil, v, art.

Ortho- vient du grec orthon, qui signifie droit : orthodoxe, d'où orthodoxie, conforme à la droite croyance, V. dogme; l'orthographe, d'où orthographier, orthographique, est censée la bonne manière décrire; lorthopédie, d'où orthopédique, orthopédiste, c'est proprt le redressement des enfants, v. pédagogie; lorthoépie, c'est la prononciation correcte; sur -épie, v. épopée.

Ortie, latin urtica, d'où urticaire.

Ortolan, v. horticulteur. Orviétan, v. noms propres

Orvet, origine inconnue. (Mots tirés do).

Os, latin os, génitif ossis. Dérivés : osselet, ossements, osseux, ossature, fait sur le modèle d'armature; ossuaire. Composés : désosser; ossifier, ossification, v. faire"'; orfraie, latin ossifraga, proprt qui brise les os, v. fraction^.

— La forme grecque du mot est osteon, doù ostéite, maladie des os, ostéologie, v. logique^, périoste, enveloppe des os, préfixe pé/'i-. V. aussi Juiitrc.

Osciller, d'où oscillation, oscillatoire, se rattache au latin osciUum, balançoire.

Outre] DU FRANÇAIS. 421

Oseille, origine inconnue, Oser, v. audace.

cf. oxalique.

Osier, doù oseraie, origine inconnue; l'ancienne graphie par au éloigne ce mot du grec oison.

Ossature, osselet, osse- Ostracisme, ostréiculture,

ments, osseux, ossification, u. huître.

ossifier, ossuaire, v. os. Otage, v. seoir 3.

Ost, V. hostile. Otarie, v. oreille.

Ostéite, u. os. Oter, u. ester'*-.

Ostensible, ostensoir, os- Otite, v. oreille.

tentation, v. tenir '*. Ottomane, v. noms propres

Ostéologie, v. os. (Mots tirés de).

Ou, conjonction, latin aw/.

Où, adverbe, vient du latin ubi, apparenté au pronom relatif qui, et qui signifie « dans quel ou dans lequel endroit »; le dérivé ubique, d'où ubiquité, signifie : dans n'importe quel endroit.

Ouaille, diminutif du \aXin ovem, brebis, doù : race ovine. Le verbe latin avare, d'où ovation, parait être fait sur ovem^ le petit triomphe se célébrant par le sacrifice d'une brebis.

Ouate, doù ouater, semble venir d'Egypte.

Oublie, subst., v. offrir '-.

Oublier, doù oubli, oubliettes, oublieux, se rattache au supin oblitum du verbe oblivisci qui signifie proprt effacer.

Ouest, anglais west. Cf. est.

Oui, ouiche, u. ce, pronom '. Ouiller, u. œil.

Ouï-dire, orne, u. oreille. Ouïr, v. oreille.

Ouistiti, onomatopée (cri de l'animal).

Ouragan, mot des Antilles.

Ourdir, latin ordiri, ourdir et commencer, d'où exorde, proprt mise des fils sur le métier, et primordial, de tout premier commencement, v. prime au mot pour ^.

Ourlet, ourler, v. orée. Outil, outillage, outiller.

Ours, oursin, ourson, u. v. us. arctique. Outrage, v. le suivant.

Outarde, v. oiseau *.

1. Outre, préposition et adverbe, latin ultra, au delà. Dérivés et composés : outrage, proprt parole ou acte qui dépasse les bornes, d'où outrager, outrageux; outrer, doù

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outrance; outrecuidant, outrecuidance, v.agir^; outremer (le bleu d'outremer est le bleu d'orient) ; outrepasser. Composé avec ultra : ultramontain, v. mont, d'où ultramontanisme. Ultra s'emploie comme préfixe superlatif, de même q\lextra [v. é-^), et substantivement au sens de : personne aux idées extrêmes.

— Le comparatif d'ultra est ultérieur, et le superlatif est ultime, « tout à fait au delà, dernier », d'où pénultième {v. île), et ultimatum, dernier mot. Comparez, à larticle é- -, extérieur et extrême.

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