Pie, substantif, v. pic i
2. Pie, adjectif (dans œuvre pie), du latin pium. Dérivés et composés : pieux, piété, impie, impiété; pitié, piteux, pitance, pitoyable, impitoyable, les acceptions primitives de cette seconde catégorie de mots se rattachent à l'idée de charité inspirée par la piété. Sur pie-mère, v. mère. Composé de piété (au sens de pitié) : mont de piété. Sur l'adjectif pium, les Latins avaient fait le verbe piare, offrir des sacrifices, apaiser, dont nous avons le composé expier, proprt purifier par un sacrifice, puis subir la peine d'une faute, dérivés : expiation, expiatoire, inexpiable.
Pièce, origine douteuse. Dérivé : piécette. Composés : dépecer, rapiécer, empiècement,
Pied vient du latin pedem; cf. grec poda, allemand ff^ss, anglais foot. Les dérivés de ce mot où le suffixe commençant par une voyelle est précédé d'un d comme dans pédestre, sont des mots d'emprunt; dans les mots de formation populaire française, le d a disparu devant une voyelle conformément aux lois phonétiques, mais on trouve parfois un t de liaison.
1. Nous avons plusieurs diminutifs : la forme familière peton, la forme piédouche, d'origine italienne, les mots de la langue botanique pétiole (d'où pétiole), pédicule et pédoncule. — Autres dérivés : piétiner, pédale et pédaler; péage, droit de passer (« à pied » d'abord) sur un chemin ou sur un pont; les doublets pédestre et piètre d'une part, piéton et pion (d'où pionnier) d'autre part. La valeur péjorative de piètre et de certaines acceptions de pion attestent le mépris où l'on tenait les gens qui voyageaient sans monture. — Noms composés avec pied ou pedem : piédestal, V. stalle; pédicure, v. cure^; palmipède, v. palme; trépied, instrument à trois pieds; bipède, quadrupède; prendre le contre-pied, terme de chasse, c'est proprt suivre à rebours les traces de la bête. Verbe composé avec pied : empiéter, d'où empiétement.
2. Verbes latins composés avec pedem : impedire, entraver la marche, d'où le mot savant impedimenta, pluriel neutre latin; expedire, dégager la marche, permettre d'aller vile (d'où le sens dexpéditif) ou simplement, par atténuation, envoyer, dans les dérivés français expéditeur et expédition. Ce dernier signifie envoi (d'où l'un des sens d'expéditionnaire) et spécialement envoi de troupes, envoi de cher-
Pierre] du français. 453
cheurs; il a aussi le sens de mise au point, mise au net, d'où une autre acception d'expéditionnaire. Notre mot expédient vient du participe présent d'expedire, c'est un moyen de débarrasser la marche (d'une affaire, au figuré). Sur expédient, mais en pensant aux sens d'expédition, a été fait le verbe expédier, faire aller les choses vite, envoyer.
3. Un dérivé latin de pedem a une importance particulière, c'est pedica, entrave pour les pieds et engin où les pieds se prennent. Il a produit en français : 1° piège, 2» empêcher (d"où empêchement, empêcheur), qui signifie mettre une entrave, au figuré; cf. entrave lui-même, dérivé d'un mot latin qui désigne une grosse pièce de bois, et empêtrer {v. paître *), formé sur un mot désignant une entrave qu'on mettait aux animaux dans les pâturages. Dépêcher, c'est proprt enlever l'entrave, d'où la synonymie partielle avec expédier, signalé plus haut; une dépêche est une communication envoyée par voie expéditive.
4. De la forme grecque poda dérivent : myriapode, millepieds (proprt dix mille pieds); podagre, goutte aux pieds et goutteux; antipodes, ce qui est sur la terre à l'opposé de nos pieds ; et aussi le mot grec podion, latin podium, piédestal, support, balcon, place élevée. Podium a produit notre mot puy, montagne, et le verbe appuyer, proprt placer contre un support, substantif verbal appui. Galoche se rattache à kalopoda, qui signifie pied de bois. Polype et ses deux doublets pieuvre et poulpe, viennent du latin polypum, qui a été fait sur le grec polupoda, proprt aux pieds nombreux. Le mot grec pedon signifie sol (où posent les pieds) et epipcdon « surface », de là parallélipipède, solide aux « surfaces )> parallèles. Trapeza, pour *tetrapeza [v. quatre)^ français trapèze, signifie proprt table à quatre pieds.
Piège, v. pied 3. Pie-mère, v. mère.
Pie-grièche, v. grec.
Pierre, du Ihimpetra, rocher, d'origine grecque. Dérivés : pierraille , pierreries , pierreux . perron. Composés : empierrer, pétrifier et pétrification, v. faire "^i persil, V. céleri: pétrole, proprt huile de rocher, d'où pétroler, pétroleuse, pétrolette.
— Deux autres mots latins avaient le sens de « pierre » : calculum, français calcul, v. chaux, et lapis, accusatif lapidem, conservé dans lapis-lazuli [v. azur), et dans : style
454 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [PinCCr
lapidaire, « qui rappelle les inscriptions sur pierre » ; un lapidaire, ouvrier en pierres précieuses; lapider, qui a produit lapidation, dilapider, détruire comme à coups de pierres, et dilapidation, dilapidateur.
— Le mot grec qui signifie pierre est lithon, qu'on trouve dans : lithographie, v. graphie'^; monolithe, v. moine; monuments mégalithiques, faits en grandes pierres, v. magne ^.
Pierrot, diminutif du prénom Pierre, nom donné au moineau et à un personnage de pantomime. V. ce mot à l'article noms propres (Mots tirés de).
Piété, y. pie 2. Pieuvre, v. pied ^.
Piéter, piétiner, piéton. Pieux, v. pic 2.
piètre, v. pied i. Piffre, v. piper.
Pieu, V. pal.
Pigeon, d'où pigeonneau, pigeonnier, latin pipionem.
Pigment, v. peindre. Pignocher, v. épine.
Pignon se rattache au latin pinna, créneau de muraille, d'où dérive pinacle.
Pilastre, et 1. Pile, u.pefrm. Piler, v. pétrin.
2 Pile, revers d'une mon- Pileux, v. poil.
naie, origine inconnue. Pilier, u. pétrin.
Piller, d'où pillard, pillage, se rattache au latin pilare, dont le composé compUare a donné le mot savant compiler, d'où compilation, compilateur.
Pilon, V. pétrin. Pilot, v. pétrin.
Pilori, origine inconnue.
Pilote, doù piloter, pilotage, italien piloto, d'origine douteuse.
Pilotis, V. pétrin. Piment, pimenter, i». pein- Pilou, V. poil. drc.
Pilule, V. pelote. Pimpant, v. piper.
Pimbêche, origine incon- Pimprenelle, origine inconnue, nue.
Pin, latin pinum, dérivés : pinéal, en forme de pomme de pin; pineau, plant de vigne dont la grappe rappelle la pomme de pin; pinasse ou ^inace {nng\. pinnace, v. péniche)^ bateau originairement en bois de pin.
Pinacle, v. pignon. Pince, u. pincer.
Pinceau se rattache à penicilliim, prnprt petite queue. Pincer, d'où pince, pincette, pinçon, origine inconnue.
Pis] DU FRANÇAIS. 45a
Pinéal, pineau, v. pin. Pinte, origine inconnue.
Pingouin et Pingre sont Pioche, piocher, piocheur,
des mots d'orjfiine inconnue. piolet, v. pic 2.
Pinson, origine douteuse. Pion, pionnier, v. pied^. Pintade, v. peindre.
Piper a été fait sur le latin pipare, et signifie d'abord * pousser de petits cris, en parlant d'un oiseau, et imiter un cri d'oiseau (cf. piauler et piailler au mot pic 1), d'où le sens de « tromper, falsifier ». Au sens extensif de « produire un son », on dit encore : ne pas piper mot. Substantif participial pipée.
— Le substantif verbal de piper, pipe, et son diminutif pipeau, ainsi que les mots d'origine germanique, mais de même famille, fifre, piffre (italien piffero) signifient proprt instrument pour piper, puis espèce de flûte. Comme l'instrument est creux, on comprend que l'un de ces mots, pipe, par l'intermédiaire du sens de « tuyau », ait pu arriver aux significations actuelles de pipe de fumeur, et de mesure pour les liquides, futaille. Comme, d'autre part, cet instrument peut prendre la forme d'une cornemuse, on comprend que, par comparaison avec le sac de la cornemuse (ou avec les' joues gonflées du joueur), un autre de ces mots, piffre, ait pu prendre le sens de k personne ventrue », d'où s'empiffrer.
— Par connexion de sens, le mot pipeau désigne non seulement l'instrument qui sert à attirer les oiseaux, mais aussi la baguette enduite de glu, où ils viennent se prendre.
— L'adjectif participial pimpant est considéré comme une autre forme de pipant, au sens de « attirant, séduisant ».
Piquage, piquant, pique, piquette, piqueur, piqûre,
piqué, y. pic 2. v. pic 2.
Pique-nique, origine in- Pirate, piraterie, v. expé-
connue. rience.
Piquer, piquet, piqueté, Pire, y. par 2.
Pirogue, mot américain.
Pirouette, d'où pirouetter, 1. Pis, adverbe, v. par 2.
origine inconnue.
2. Pis, substantif, du latin peclus, génitif pec/on's, poitrine. Nous employons la forme italienne petto dans la locution <c in petto », proprt « dans la poitrine », dans le secret du cœur- l'italien parapelto, proprt pare-poitrine
456 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [PlaCC
(u. pair'^), nous a fourni le mot parapet. Dérivés : pectoral, mot savant, et poitrine, — d'où poitrinaire, — poitrail, d'où le néologisme dépoitraillé. Composés : expectorer, expectoration, action de rejeter hors de la poitrine. Le substantif pis, qui s'est restreint au sens de mamelle d'animal, s'employait encore au xvii*' siècle dans le sens primitif : se battre le pis, se frapper la poitrine.
Pisciculteur, piscine, u. Pisé, u. pétrin,
poisson.
Pisser, d'où pissat, pisseux, pissotière, origine inconnue ; composé pissenlit, nom dune plante diurétique. Le mot latin exprimant la même idée est mingere, supin mictum, d'où miction, action d'uriner.
Pistache, doù pistachier, grec pistakion.
Piste, pistil, v. pétrin.
Pistolet, italien pistolese, signifie proprt arme de Pistoie, poignard, et, par comparaison, petite arme à feu qu'on tient d'une main comme un poignard. Sur pistolet, en considérant la désinence -et comme le suffixe diminutif, on a fait pistoie, pour désigner un gros pistolet de cavalerie. Gomme le mot écu, nom d'une arme défensive, servait à désigner une monnaie {v. écu), on a, par plaisanterie, donné une fonction semblable aux mots pistolet et pistoie, particulièrement au dernier.
Piston, V. pétrin. Pitre, origine inconnue.
Pitance, piteux, pitié, v. Pittoresque, v. peindre,
pie 2. Pituite, v. pépie.
Piton, origine douteuse. Pivert, v. pic i. Pitoyable, v. pie 2.
Pivoine, fleur « de Péon », médecin des dieux. Pivot, doù pivoter, origine inconnue; pour l'emploi figuré, comparez le mot cardinal.
Placage, placard, placarder, v. plaquer.
Place, latin /)/a/ea, mot d'origine grecque, qui se rattache à ladjectif platun (féminin plateia), large. Dérivés : le vieux mot placet, au sens de tabouret; le verbe placer, mettre à une place, d'où : placement, placier, placeur; emplacement, proprt mise en place;, puis, par connexion, lieu pour la mise en place; déplacer, déplacement; replacer ; remplacer, proprt remplir la place de, remplacement.
Piain] DU FRANÇAIS. 457
— On a rattaché aussi à Tadjectif grec platun non seulement le mot platane, qui est un mot grec et qui désigne un arbre au large feuillage, mais notre adjectif et substantif plat, dérivés : plateau, platée, platitude, platine au sens de plaque et au sens plaisant de langue: aplatir et aplatissement; méplat, proprt dune platitude inégale (préfixe péjoratif mé-) ; plafond (plat fond), doù plafonner, plafonneur.
— La locution « vaisselle plate » désigne à l'origine les pièces plates par opposition aux pièces de vaisselle « montées )>, et comme ces pièces étaient de métal précieux, la locution est arrivée à signifier « vaisselle dargent », cf. le mot espagnol plata, argent, et son dérivé platine, nom dun métal précieux, appelé autrefois or blanc.
Placenta, i'. planche. Placier, plafond, plafon-
Placet, V. plaire. nage, plafonner, plafonneur.
Placeur, v. place. v. place.
Placide, placidité, u. plaire.
Plage, du latin plaga, étendue.
Plagiaire, doù plagier, plagiat, vient du latin plagiarium, qui se rattache au grec plagion, « oblique, employant des moyens obliques, fourbe », et qui désignait spécialement les voleurs d'esclaves. •